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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 23:58

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20/03/2012 Alain Ruello – LesEchos

 

A deux mois du sommet de l'Otan à Chicago, le fabricant de missiles, filiale d'EADS, BAE et Finmeccanica, craint que la France ne soit obligée d'acheter du matériel américain sur étagère.

 

Antoine Bouvier tire la sonnette d'alarme. A deux mois du sommet de l'Otan, qui doit confirmer à Chicago l'engagement des pays de l'Alliance dans le très coûteux programme de défense anti-missile américain, le PDG de MBDA a averti le futur gouvernement français que rien ne serait pire que la politique de l'autruche. Faute de consacrer les investissements nécessaires au sujet -évalués entre 2 et 3 milliards d'euros sur les dix prochaines années -la France sera obligée d'acheter sur étagère des matériels « made in US », estime le patron du fabricant français de missiles.

 

Il en va de la survie d'une partie de l'industrie européenne de l'armement, a-t-il déclaré en substance ce mardi, lors de la présentation des résultats de la filiale d'EADS, BAE et Finmeccanica. Son chiffre d'affaires a progressé de 5 %, à 3 milliards d'euros, pour une marge opérationnelle de 10 %.

 

Héritée de la guerre des étoiles de Ronald Reagan, la défense anti-missile est un sujet très complexe, sur le plan technique mais aussi diplomatique. Il s'agit d'ériger une barrière capable d'arrêter des missiles balistiques, c'est-à-dire de plusieurs milliers de kilomètres de portée, avant qu'il ne frappent leurs cibles. Ce qui nécessite d'associer des radars de détection de tir, des satellites de suivi de la trajectoire, et, bien sûr, des intercepteurs.

 

Une facture de plusieurs milliards

 

L'efficacité d'un tel système fait débat, malgré quelques essais réussis. Cela n'empêche pas Washington de pousser à la roue, avec le but non avoué de faire payer par ses alliés une partie des matériels développés pour ses propres besoins. Fin 2010 à Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernements de l'Otan ont accepté de faire de la défense anti-missile une nouvelle mission de l'Alliance. La France, pour qui la dissuasion nucléaire suffit à se prémunir de la menace balistique, a fini par se ranger au projet. Le problème est que, compte tenu des règles en vigueur à l'Otan, tout Etat membre est obligé de participer -en nature ou en espèce -au financement d'un programme dès lors qu'il est décidé. Et la facture va se chiffrer en milliards !

 

Le train est donc parti, quasiment impossible à arrêter. S'il souhaite limiter les engagements financiers, le prochain chef de l'Etat pourra simplement jouer la montre. Pour honorer son ralliement de Lisbonne, la France a proposé dans un premier temps de mettre au pot son système de missiles sol-air SAMP/T, son futur satellite d'alerte avancée, ainsi qu'un logiciel de commandement. Comme les Américains proposeront bien plus, cela ne suffira pas.

 

A moins de claquer la porte du programme, quitte à provoquer un clash avec ses alliés de l'Otan, ou de sacrifier d'autres programmes d'armement, la France devra donc payer pour respecter sa quote-part. Et quitte à payer, autant que cela profite aux industriels français, avance MBDA. Pour réaliste qu'il soit, l'avertissement d'Antoine Bouvier obéit à un intérêt économique bien compris : récupérer des budgets.

 

 


 
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