25/06/2012 Par Théo Corbucci – leFigaro.fr (avec agences)
Alors que la Syrie réaffirme que l'avion turc abattu vendredi avait violé sa souveraineté, l'UE vient d'adopter à son encontre un 16e train de sanctions.
• Défections de militaires syriens vers la Turquie
Un général, deux colonels et deux commandants. Ces hauts gradés de l'armée syrienne ainsi que 30 autres soldats ont déserté dans la nuit de dimanche à lundi pour se rendre en Turquie, rapporte l'agence de presse turque Anatolie. CNN Türk note que les déserteurs se sont présentés à la frontière turque avec leurs familles, soit un total de 224 personnes.
La Turquie, qui a cessé ses relations avec la Syrie pour protester contre la répression des mouvements d'opposition au régime de Bachar el-Assad, héberge au sud du pays la direction de l'Armée syrienne libre et accueille les réunions du Conseil national syrien, plate-forme de l'opposition. Selon Anatolie, 13 généraux syriens auraient déjà déserté pour se rendre en Turquie.
• La Syrie persiste, sur fond de nouvel incident aérien
En Syrie, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a réaffirmé que l'avion militaire turc, abattu vendredi, avait «violé la souveraineté syrienne» et qu'il «s'est abimé à l'intérieur des eaux territoriales syriennes». Selon Ankara, l'avion F-4, qui n'était pas armé, effectuait une mission d'entraînement et se trouvait dans l'espace aérien international lorsqu'il a été abattu, après une brève incursion de 3 minutes dans l'espace syrien.
Selon une source diplomatique européenne, citée par l'Agence France Presse, un nouvel incident aérien est survenu entre les deux pays: un avion turc, à la recherche des deux pilotes du F-4, a été pointé par un système de défense sol-air syrien, l'étape qui précède généralement l'ouverture du feu. Selon cette source, «lorsqu'un avion est pointé par un système de défense, il en est averti par ses instruments, et c'est ce qui s'est produit».
• Un nouveau train de sanctions de l'Union européenne
Alors qu'une réunion de l'Otan doit se tenir à Bruxelles mardi, les ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne, réunis à Luxembourg, ont décidé d'adopter lundi un nouveau train de sanctions à l'encontre de la Syrie. Cette seizième série étend l'embargo sur les ventes d'armes et vises de nouvelles sociétés. Au total, plus de 120 personnes sont désormais visées par des gels d'avoirs et des interdictions de visa, de même que plus de 50 sociétés, administrations et ministères, comme celui de la Défense et de l'Intérieur.
Suite à l'affaire du cargo russe Alaed, qui s'est vu retirer son assurance britannique lorsque l'entreprise a appris qu'il transportait des hélicoptères à destination de la Syrie, les assurances de livraison d'armes seront désormais explicitement concernées par l'embargo. Cependant, aucun accord n'a été trouvé sur le blocage des exportations syriennes de phosphates, qui s'est heurté à l'opposition de certains États dépendants de cette ressource, comme la Grèce.
