19.06.2012 Cyrille PITOIS.- ouest-france.fr
L'armateur marseillais CMA-CGM a remporté la semaine dernière un appel d'offres lancé par le ministère de la Défense pour l'affrètement de cinq navires rouliers. Le partenariat public-privé prévoit que deux bateaux seront affrétés en permanence par la Défense. Les trois autres seront exploités par l'armateur, mais disponibles pour les militaires dans un délai de deux semaines, en cas de besoin.
Trois en Corée, deux en Europe
Ces navires capables de transporter des gros véhicules mesurent environ 200 m de long et offrent plus de 3 200 m linéaires de garage. Notre confrère Le Marin indique que la commande est passée pour trois d'entre eux auprès des chantiers coréens Hyundaï Mipo. Mais CMA-CGM ne confirme pas.
En revanche, l'armateur indique qu'il a bien sollicité les chantiers STX-France pour les deux derniers navires. « Les chantiers de Saint-Nazaire ont décliné l'offre. Nous étudions la possibilité de les faire réaliser par d'autres chantiers en Europe », indique sobrement le service communication de CMA-CGM.
Contexte de sous charge
Déception sur les bords de Loire, alors que le carnet de commandes de la navale touche le fond. « Ces navires sont livrables en 2014 et auraient donc pu nous donner un fond d'activité en 2013 », estime Marc Ménager, délégué CFDT. Même s'il s'agit de bateaux peu sophistiqués, avec aucun travail de décoration et d'aménagement pour les sous traitants.
Concurrence insoutenable
La direction de STX explique pourtant avoir travaillé le dossier. « Plusieurs armateurs nous ont consultés. STX France a remis un prix, affirme le directeur des ressources humaines, Christophe Mabit. Mais un chantier spécialisé dans les navires à haute valeur ajoutée a très peu d'atouts pour soutenir la concurrence face à un chantier de production en série de navires très simples. »
L'État, actionnaire à hauteur de 33 % des chantiers nazairiens, et le ministre du Redressement productif auraient-ils pu intervenir pour conserver cette commande dans l'Hexagone ? « Alors que la situation demande des solutions urgentes, cette annonce apparaît comme une faute lourde », dénonce Augustin Grosdoy pour le Parti de gauche.

