Overblog Tous les blogs Top blogs Entreprises & Marques Tous les blogs Entreprises & Marques
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 11:15

Rade de Brest. L'île Longue source LeTelegramme

 

21/06/2012 Jean Guisnel Le Point.fr

 

L'ancien Premier ministre propose de nouveau de supprimer la dissuasion pour faire des économies. Et se plante dans les chiffres !

 

Michel Rocard s'est livré à un nouvel assaut contre la dissuasion nucléaire, le 18 mai sur BFMTV, arguant : "C'est 16 milliards d'euros qui ne servent absolument à rien." Passons sur le chiffre, qui est faux, puisque l'ancien Premier ministre confond le budget total d'équipement pour la défense en 2012, avec la part consacrée à la dissuasion, qui représente moins du cinquième de cette somme, soit environ 3,5 milliards d'euros. C'est énormément d'argent, certes, mais au regard du budget de l'État, c'est acceptable. C'est d'ailleurs l'équivalent de la contribution du ministère de la Défense à la réduction des déficits publics sur trois ans, de 2011 à 2013, décidée en 2010. 3,5 milliards d'euros, c'est encore le prix auquel le précédent gouvernement a vendu les licences de téléphones 4G aux opérateurs en décembre 2011. C'est également le montant des subventions agricoles versées aux agriculteurs français en 2011 par Bruxelles.

François Hollande et Alain Juppé vent debout

L'intervention de Michel Rocard n'a provoqué que peu de commentaires, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, estimant cependant qu'"on ne fait pas d'économies sur son assurance-vie". Le président de la République François Hollande, qui s'était exprimé dans le même sens lors de la campagne présidentielle, a réitéré son point de vue de chef des armées, seul décideur en matière nucléaire : "Renoncer à la dissuasion nucléaire pour des raisons d'économie budgétaire n'est pas aujourd'hui la position de la France. Je me suis engagé devant les Français pour préserver la dissuasion nucléaire parce que c'est un élément qui contribue à la paix. Il y a des négociations et une discussion sur le désarmement nucléaire, la France doit y prendre toute sa part et nous le ferons." Le discours tenu à cette occasion par l'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé est conforme à la doxa : "Ce serait une très, très grave erreur stratégique que de baisser la garde de la défense française aujourd'hui." Il a qualifié au passage les propos de Michel Rocard d'"irresponsables". Ah bon ? Alain Juppé serait-il un partisan du double langage, ou atteint par des troubles de la mémoire ? L'ancien hôte de l'hôtel de Matignon du temps du premier mandat présidentiel de Jacques Chirac fait à tout le moins peu de cas d'un texte retentissant cosigné avec Michel Rocard, l'ancien ministre de la Défense Alain Richard et le général aviateur Bernard Norlain, publié le 14 octobre 2009 dans Le Monde sous le titre Pour un désarmement nucléaire mondial, seule réponse à la prolifération anarchique". Nous avions présenté en son temps ce texte pour ce qu'il était, un événement politique marquant une réelle rupture du consensus des partis de gouvernement français sur la dissuasion. Aucun signataire n'est revenu depuis sur ses positions, sauf Alain Juppé qui avait une première fois tempéré son propos quelques mois avant de prendre ses fonctions de ministre de la Défense, mais sans s'en prendre personnellement à Michel Rocard.

D'autres options à l'étude

Aujourd'hui, le gouvernement socialiste ne compte pas changer de position sur la dissuasion. Il estime qu'au plan des investissements les efforts ont déjà été réalisés et qu'aucune décision, concernant une modernisation des équipements existants, n'est à prendre avant fin 2014. Encore s'agirait-il de lancer des études, pas de décider du maintien (ou non) de la dissuasion à deux composantes. C'est en 2016 ou en 2017 qu'il s'agira d'engager les premiers budgets de renouvellement de l'ensemble des composantes, dont la refonte à mi-vie des missiles M-51, la rénovation des Rafale. Pour autant, cela ne veut pas dire que la posture actuelle demeurera figée dans les prochains mois. De fait, les contraintes budgétaires sont là et la défense y participera. Nous avons évoqué ces points dans cet article en rappelant que les possibles évolutions pourraient concerner la présence permanente à la mer d'un sous-marin lanceur d'engins ou le budget du laser Mégajoule. Mais aucune décision n'est validée à ce stade et ces options ne seront pas prises avant que la commission du Livre blanc, qui n'est toujours pas annoncée, ne publie son rapport.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : RP Defense
  • : Web review defence industry - Revue du web industrie de défense - company information - news in France, Europe and elsewhere ...
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Categories