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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 05:47

EADS BAE

 

25/09 Par David Barroux – LesEchos.fr

 

Personne ne peut reprocher aux politiques de défendre les intérêts des pays qu'ils gouvernent. Voir François Hollande, Angela Merkel et David Cameron se pencher sur le projet de rachat du britannique BAE par le groupe à dominante franco-allemande EADS est à ce titre normal. Quand des géants industriels, employant des dizaines de milliers de personnes et contribuant positivement à notre balance commerciale, parlent union, les officiels ont le devoir de consulter les bans de mariage. Surtout si ces industriels sont en prime actifs dans un domaine de souveraineté comme la défense.

 

Cependant, si des questions méritent d'être posées, toutes ne sont pas parfaitement justifiées. Le politique est dans son rôle quand il demande des garanties stratégiques : les contrats militaires les plus sensibles seront-ils protégés du regard d'un pays tiers ? Est-il logique de se renforcer dans la défense au moment où cette industrie est fragilisée par le recul des budgets militaires ? Aurai-je le moyen de bloquer une prise de contrôle ? Mais le politique outrepasse ses droits lorsqu'il cherche à peser sur la stratégie d'un groupe privé. Le rôle d'un Etat n'est pas de nommer les dirigeants d'une entreprise dont il n'est qu'un actionnaire minoritaire. Il ne doit pas plus chercher à infléchir sa stratégie industrielle en imposant une usine par-ci, des créations d'emplois par-là. Les industriels de la défense sont de toutes les façons si dépendants des commandes publiques que jamais ils ne négligeront la dimension politique de leurs choix industriels.

 

Si les politiques français, allemands et britanniques considèrent que cette alliance est bonne pour ces trois pays, ils doivent tout faire pour rendre le mariage possible. Ils doivent jouer un rôle moteur plutôt que de freiner.

 

A ce stade, les bruits en provenance des différents palais gouvernementaux incitent à la prudence. Londres souffle officieusement le chaud mais Paris et Berlin semblent réservés. Un peu comme si, au lieu de voir tout ce que cette union pourrait avoir de bénéfique, ils se concentraient sur les risques. Or il ne faudrait pas que François Hollande et Angela Merkel soient tétanisés par ce qu'ils risquent de perdre, mais plutôt qu'ils analysent tout ce qu'ils peuvent gagner. Car s'ils vont jusqu'à faire capoter le deal, ils finiront par jeter BAE dans les bras d'un autre partenaire qui pourrait bien être un américain comme Boeing. Les britanniques auraient en effet beau jeu de dire que, après avoir essayé sans succès un mariage européen, ils n'ont pas d'autre choix que de convoler avec un autre anglo-saxon.

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