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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 11:25

EADS BAE

 

11/10/2012 Par Julie de la Brosse - lexpansion

 

Il ne faut pas s'y tromper. L'échec de la fusion EADS-BAE n'a pas fait que des perdants. Dans le secteur de l'aéronautique et de la défense, nombreux sont ceux qui voient s'envoler avec soulagement le projet de mariage entre les deux groupes.

 

 

Au lendemain de l'échec de la fusion entre EADS et BAE, tous les participants au grand projet vont faire leurs comptes : les Etats déjà -France, Allemagne, Grande Bretagne- qui vont s'évertuer à nier leur responsabilité, les entreprises actionnaires - Lagardère, Daimler-, qui se retrouvent de facto dans une grande inconnue. Mais pas seulement. De fait, ce sont tous les industriels de la défense qui avaient à craindre de la fusion entre EADS et BAE. Pour certains, c'est donc avec soulagement qu'ils voient s'envoler les projets de mariage entre les deux groupes.


>>> EADS-BAE: Pourquoi la fusion du siècle a échoué


Lagardère et Daimler: la grande inconnue - A priori, les deux actionnaires privés d'EADS n'avaient pas forcément intérêt à la fusion. En effet, cette dernière aurait eu pour conséquence de diluer leurs parts dans le futur l'ensemble, de sorte qu'elles deviennent financièrement moins intéressantes. Toutefois, c'était l'occasion ou jamais pour les deux entreprises de rendre ces participations plus liquides, et de s'en débarrasser, comme ils le souhaitent depuis des années.


Les perdants

-Tom Enders - Pour Tom Enders, le patron d'EADS, qui n'a pas attendu six mois à la tête du groupe pour tenter ce gigantesque coup de poker, les lendemains risquent d'être douloureux. Sa responsabilité sera forcément examinée dans cette affaire. Celui qui croyait pouvoir sortir l'Europe de la Défense de l'ornière dans laquelle elle s'est enfoncée, a mal calculé son coup. Celui qui croyait qu'il était possible de se libérer de l'infernal couple franco-allemand s'est trompé. Paris et Berlin n'étaient pas du tout prêts à tirer un trait sur leurs intérêts. Et à faire d'EADS un groupe comme les autres.


- La stratégie d'EADS dans le militaire et aux Etats-Unis - Le groupe avait affiché sa volonté de développer ses activités militaires pour réequilibrer des activités très largement tournées vers le civil (80% du chiffre d'affaires). De ce point de vue, l'alliance avec BAE était idéale. La question de l'avenir du pôle défense au sein du groupe est désormais posée. Tom Enders l'a lui-même reconnu mercredi soir dans une lettre à ses salariés. L'arrêt du projet met également fin à la possibilité de compter sur les liens étroits tissés par BAE aux Etats-Unis pour s'implanter en force sur le territoire américain.


-BAE Systems - Plus encore qu'EADS, BAE avait un besoin vital de cette fusion. Le groupe d'armement, qui réalise 45% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, va devoir faire face aux coupes du budget américain de la défense, notamment avec le retrait des troupes de la coalition en Irak. Pour le britannique, la fusion avec EADS était l'occasion de se renforcer dans l'aéronautique civile dont la croissance ne se dément pas. L'incertitude va donc continuer de peser sur son avenir.


-L'Europe de la Défense - Elle ne sortira pas grandie de cette affaire. Les voix qui plaidaient en faveur de la naissance d'un géant européen de l'armement, estimaient également que cela apporterait une pierre à l'édifice de la grande Europe de la Défense. Mais une fois encore, les intérêts nationaux ont primé sur les intérêts européens.


Les gagnants

- Le cours de Bourse d'EADS - Il a bondi de 5,29% en clôture après l'annonce de l'échec de la fusion. Pour les investisseurs, en effet, il n'y a plus à s'inquiéter de la dilution provoquée par un projet qui aurait accordé 40% du capital du nouvel ensemble aux actionnaires de BAE. Les réserves de cash seront également préservées.

 

-Boeing - Le projet devait permettre à EADS de dépasser l'américain Boeing dans l'aéronautique civil et militaire... Autant dire que Boeing n'avait pas intérêt à la naissance d'un tel mastodonte dans le ciel européen. D'autant que grâce à son alliance avec BAE, très présent sur le marché américain, EADS espérait également pouvoir enfin pousser les portes du Pentagone, un sanctuaire qui lui était jusque là réservé. Pour certains observateurs, de grands groupes américains, Boeing en tête, pourraient d'ailleurs profiter de l'échec pour s'emparer de BAE Systems, et conforter ainsi son ancrage aux Etats-Unis.

 

-Dassault- Le constat doit être à peu près identique chez Dassault. L'industriel français ne pouvait voir d'un très bon oeil l'alliance entre le géant européen et son concurrent britannique. Selon le courtier Oddo, Dassault aurait d'ailleurs été l'acteur français le plus fragilisé par la création du nouvel ensemble. Le courtier estimait qu'en cas de fusion, Dassault aurait sans doute été obligé de participer à son tour au mouvement de consolidation, chose que le français a toujours refusé. La fusion BAE-EADS aurait été d'autant plus difficile pour Dassault que ce dernier travaille avec EADS sur plusieurs programmes importants, et notamment celui du futur drone sans pilote, très stratégique pour les Européens. Une coopération qui n'aurait sans doute pas survécue à un mariage avec BAE.

 

-Finmecanicca - Pour certains, c'est le grand gagnant de l'échec des négociations. L'italien, déjà en grandes difficultés financières, aurait été extrêmement marginalisé par cette fusion, notamment au sein du consortium Eurofighter, et du numéro 2 mondial des missiles MBDA. Au lendemain de l'annonce d'une possible fusion entre les deux groupes, Société Générale a d'ailleurs dégradé la note du spécialiste italien de l'armement. Aujourd'hui, le ciel s'éclaircit donc pour le groupe italien qui nourrit secrètement des projets de rapprochements avec.... BAE Systems.

 
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