10.11.2011 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense
Article paru ce matin dans nos éditions bretonnes sous la la plume d'Olivier Cléro, mon confrère de la rédaction de Ploërmel (photos de Thierry Creux). Les Ecoles de Coëtquidan accueillent pendant deux jours un colloque consacré à la robotisation du champ de bataille.
À Saint-Cyr, on s'entraîne à la drone de guerre
Robots et drones sont de plus en plus utilisés par l'armée. Pendant deux jours, les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan organisent un colloque sur la robotisation du champ de bataille pour réfléchir à
leur utilisation.
Reportage
Ce n'est pas encore Star wars et ses batailles de clones robotisés, mais les robots sont de plus en plus présents aux côtés de nos militaires. Hier, dans le cadre de son colloque
international sur la robotisation du champ de bataille, les écoles de Saint-Cyr ont préparé un petit scénario : deux membres d'une ONG sont pris en otages dans un village abandonné près
d'une zone de combat. Les militaires français ont une mission : les retrouver et les délivrer, sans perdre de vie.
Pour les aider, pas de R2D2 ni de C3PO, les deux fidèles compagnons robotisés de Luke Skywalker, mais Spy Arrow, Cobra, Packbot 510 et Eye drive. Il fait nuit, l'équipe de renseignement lance son Spy Arrow, un drone volant à 50 à 100 km/h à 250 mètres d'altitude. Avec ses caméras infrarouges, il permet de repérer les lieux et constater que la garde n'a pas été renforcée. Sur terre, le robot Cobra est lancé, petit, léger (5,6 kg) et lui aussi muni de caméras, avec ses quatre roues motrices, il s'approche discrètement du camp. Les informations qu'il recueille valident le choix d'infiltration de la section. La section d'intervention peut entrer en jeu.
Elle est rapidement stoppée. Un engin explosif improvisé menace le convoi. L'équipe du génie lance son Pacbot 510. Muni d'un bras télescopique pouvant soulever jusqu'à 13 kg et d'une arme à feu, il détruit la mine. L'assaut va pouvoir avoir lieu.
Le premier à se lancer est à nouveau un robot : PRM. Il se déplace à 10 km/h et est muni d'une caméra panoramique, d'un bras manipulateur et d'un lance grenades qu'il utilise pour diffuser un gaz incapacitant. Toujours renseigné par son robot Cobra cachés sur place depuis le début de la mission, le chef de section lance l'assaut.
Les otages sont libérés, restent à les évacuer. Le Spy Arrow redécolle, il permet de repérer un pick-up rebelle sur la piste prévue. La section change d'itinéraire et remercie encore une fois son drone.
Un scénario de science fiction ? Pas vraiment répondent les militaires. « Pour une telle opération, nous n'aurions peut-être pas utilisé autant de robots; là, c'est pour la
démonstration, mais certains de ces robots sont déjà utilisés. » C'est le cas du drone Spy Arrow et du robot Cobra qui ont été testés en Afghanistan. L'armée française
s'équipe également du Pacbot 510 pour le déminage. Les autres pourraient suivre.
« La France va être forcée d'y venir : dans des missions dangereuses, par exemple, ou dans des environnements contaminés », pense Didier Danet, responsable du pôle Action globale et forces terrestres à Saint-Cyr Coëtquidan. Le seul frein actuellement : leur coût et des questions déontologiques, comme celle de savoir si on peut y greffer des armes. La technologie le permet.
