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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 13:55

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13/11 L. R., Les Echos

 

Les industriels misent massivement sur les marchés étrangers. Longtemps retardé, l'assouplissement des barrières à l'exportation est attendu dans les quatre prochains mois.

 

Pour compenser la baisse des budgets du Pentagone, c'est dans l'exportation que les groupes de défense américains cherchent des relais de croissance. Boeing, notamment, s'est fixé comme objectif de réaliser le quart de son chiffre d'affaires à l'étranger, contre 17 % jusque-là. Problème : la réglementation sur le trafic international d'armes (Itar), toujours très restrictive, les empêche de décrocher certains marchés.

 

Pour pouvoir être exportés, les composants soumis à cette réglementation - et ils sont nombreux -donnent lieu à un véritable casse-tête administratif. Dès lors qu'elle est destinée à l'étranger, toute vente d'équipement de plus de 15 millions de dollars doit par ailleurs transiter par le Congrès. « Ces règles datent de la guerre froide et sont totalement obsolètes », estime Loren Thompson, expert du secteur. « Les procédures sont beaucoup plus lourdes qu'en Europe. Plutôt que de pinailler sur des composants à faible impact, l'administration devrait renforcer les contrôles sur les équipements réellement stratégiques », renchérit Joel Johnson, directeur de Teal, un cabinet de conseil consacré à la défense.

 

La pression vient également des autres pays, qui subissent une double contrainte : ils doivent obtenir l'accord des Etats-Unis avant d'exporter leurs propres produits, dès lors que ceux-ci incluent un composant Itar. Et ils doivent franchir de nombreux obstacles administratifs avant de pénétrer le marché américain.

 

Les entreprises font donc le siège à Washington pour obtenir la levée de ces barrières à l'exportation. Le dossier est sur la table depuis plusieurs années. En avril 2009, Barack Obama a ouvert le chantier et promis une réforme à grand échelle. Mais les quatre responsables de la défense au Congrès - les rapporteurs et les présidents des commissions dans chaque Chambre -ont fait de la résistance.

 

« La bonne nouvelle est qu'à l'exception de John Kerry, qui va peut-être rejoindre le gouvernement, aucun n'a été réélu la semaine dernière ! », se réjouit Joel Johnson. Selon lui, il ne faudra attendre que trois ou quatre mois pour que soient levées ces barrières à l'exportation. « Les missiles vendus à l'Arabie saoudite feront toujours l'objet de contrôles sévères. Mais les petits composants vendus aux pays amis échapperont à Itar », poursuit-il.

 

Concrètement, ce sont les échanges avec l'Europe qui devraient le plus en profiter. Joel Johnson s'attend à un accroissement des ventes de 10 % dans les prochaines années, dans les deux sens. « Avec la réforme, les Européens auront eux aussi plus de facilité à vendre aux Etats-Unis », explique-t-il.

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