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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 13:55

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Photos : Ministère de la Défense polonais

 

29 oct, 2012 by Romain Mielcarek – ActuDefense

 

En 2013, la Pologne sera l’un des rares pays européens à augmenter son budget de défense. Le Premier ministre et son gouvernement y voient un potentiel de croissance et de création d’emploi à développer. Les plans de modernisation des forces polonaise représentent autant d’opportunités industrielles que Varsovie cherche à valoriser.

 

La crise ? Connaît pas. La Pologne sera l’un des seuls pays européens à signer un budget défense pour 2013. A l’ouest de l’Union, on cherche où rogner sur les programmes d’investissement pour rentrer dans les limites d’un portefeuille plus serré que jamais. A l’est, c’est peut-être encore pire : plusieurs pays ont littéralement abandonné leurs armées, à l’image de la Slovaquie qui passe sous la barre des 1% du PIB, signant une baisse supplémentaire de 6,5% par rapport à 2012 pour atteindre 746 millions d’euros pour l’année à venir. Une dégringolade qui se signe au grand damn du chef d’Etat-major qui annonce une « situation d’urgence » et un « risque majeur pour la sécurité nationale ».


Nombreux sont les Européens à miser sur l’OTAN pour assurer la sécurité collective. Sans pour autant toujours s’investir dans des démarches multinationales dignes de ce nom. Les grands pays en matière de Défense préfèrent pour l’instant travailler entre eux et la plupart des émergents du continent peinent à trouver leur place, aussi bien au sein d’une Europe de la Défense que d’une OTAN qui dénonce de plus en plus le peu d’efforts de ces Nations. Dépassés dans un certain nombre de domaines, les petits Etats décident pour certain de tout miser sur une spécialisation, comme l’Estonie avec la cyberdéfense par exemple. Au début de l’année, le site Bruxelles 2 évaluait entre 6 et 7 points la baisse globale des budgets défense des pays membres de l’UE.


Varsovie emprunte cependant une voie totalement différente. La Pologne persiste à augmenter son budget de défense chaque année. Celui de 2013 prend encore 6,7% pour atteindre les 9,84 milliards de dollars et ainsi frôler les 2% du PIB (1,95%). Poste de dépenses clef : la modernisation des forces qui dévore près d’un tiers du budget. L’armée polonaise est en pleine phase de transformation. Professionnalisée en 2008, elle repose encore sur un équipement hétéroclite composé de matériels soviétiques comme américains. L’armée de l’air polonaise est ainsi l’une des rares forces à aligner de concert dest F-16 et des MiG-29.

 

LA DEFENSE COMME MOTEUR DE CROISSANCE ?


Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, rencontre son homologue polonais Bronislaw Komorowski en juillet dernier.

 

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, assure qu’il voit dans les dépenses de défense un potentiel de création d’emploi. Il anticipe les retombées liées aux achats de matériels, évaluées à 24 milliards d’euros d’ici 2022. La Pologne s’est inscrite dans une politique industrielle reposant sur d’importants transferts de technologie. Lorsque Varsovie projette d’acheter des hélicoptères, c’est le constructeur national PZL Mielec qui se propose pour assembler les Black Hawk de l’Américain Sikorsky ou les NH-90 de l’Européen NH Industries. La santé des entreprises nationales reste cependant relative, le principal groupe du secteur, Bumar, bouclant l’année 2011 sur une perte de 152 millions d’euros.


Varsovie, en persistant à investir lourdement dans des équipements modernes, devient un client de choix pour les industriels. Sans avoir le potentiel du Brésil ou de l’Inde, la Pologne est devenue un client de choix pour de nombreux constructeurs qui démarchent ce pays avec zèle. Les Polonais peuvent ainsi rechercher le meilleur rapport qualité prix : des matériels performants mais bon marché. Cette approche qui préfère le pragmatisme au protectionnisme a amené le pays à faire affaire aussi bien avec des constructeurs américains, israéliens, européens que russes.

 

Donald Tusk est parvenu à imposer la Pologne comme un interlocuteur prioritaire pour ses différents alliés et partenaires. Les contrats d’armement se négocient au plus haut niveau de l’Etat. Nicolas Sarkozy aurait ainsi directement discuté avec le chef du gouvernement polonais un contrat du missilier tricolore MBDA portant sur l’assemblage de missiles VL Mica et Aster-30 sur le sol polonais … avec un important transfert de technologie à la clef. Toutes ces démarches sont orchestrées par une toute nouvelle agence d’acquisition mise en place au 1er janvier 2011.

 

PERCEPTION DE LA MENACE


Des soldats polonais se préparent pour une projection en Afghanistan.

 

Le chiffrage d’un budget défense dépend en grande partie de la situation sécuritaire et de la perception de la menace d’un pays donné. En France, à l’heure où le Livre Blanc est confronté à de difficiles débats, le niveau de menace perçu par la population s’est relativisé. Difficile dès lors de défendre de vastes plans d’armements modernes et l’investissement massif dans une nouvelle génération de véhicules blindés, systèmes d’informations et autres aéronefs en tous genres. Le priorité porte sur la lutte contre le terrorisme et la capacité à déployer de petits contingents pour conseiller et appuyer des alliés ou pour évacuer des ressortissants menacés. C’est dans un contexte semblable que la plupart des Etats européens se reposent de manière croissante sur l’OTAN pour assurer la sécurité collective. Ils n’hésitent plus à laisser la main aux acteurs majeurs pour investir dans les domaines les plus onéreux : aéromobilité, renseignement aérien et satellitaire, capacités aéronavales …


Or en Pologne, la perception de la menace est totalement inversée. Le pays et l’opinion publique restent très marqués par l’invasion nazie des années 1930 et par l’occupation soviétique. Malgré de bonnes relations avec Moscou ces dernières années, la Russie reste ainsi considérée comme un véritable danger par de nombreux observateurs polonais. Ce sentiment d’insécurité permet de justifier politiquement l’investissement dans des moyens militaires d’envergure.

 

En 2013, l’armée de l’air polonaise devrait être la force qui bénéficiera le plus de cette croissance budgétaire avec une augmentation de 8%. Suivent la marine avec +6% et les forces spéciales avec +4%. La Pologne a réussit ces dernières années à s’imposer comme un acteur clef des opérations menées par ses différents alliés. Varsovie a déployé jusqu’à 2600 hommes en Afghanistan et 2500 en Irak. Plus proche de nous, la Pologne avait été l’un des principaux contributeurs de la force EUFOR-Tchad avec 400 hommes et 3 hélicoptères, répondant ainsi à une initiative de la France qui n’avait pas convaincu tous ses partenaires.

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