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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 12:30

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31 décembre 2012 par Romain Mielcarek  - ActuDefense

 

Comment contrôler les activités terroristes sur les réseaux sociaux ? C’est un dilemme qui se pose aux services de sécurité et aux prestataires de service : de la protection à la censure, il n’y a qu’un pas. Une porte grande ouverte pour des groupes, comme les talibans afghano-pakistanais, vers des horizons médiatiques sans aucune limite géographique.

 

Comme d’autres organisations terroristes, les talibans afghans et pakistanais s’intéressent de près aux réseaux sociaux et aux opportunités qu’ils offrent. Début décembre, une page soupçonnée d’être éditée par le TTP pakistanais (Tehreek-e-taliban), était supprimée par Facebook. L’animateur y annonçait que « le stylo est plus puissant que l’épée », proposant à des volontaires anglophones d’utiliser cette puissante arme en écrivant pour son groupe. Il y proposait notamment des offres d’emploi pour des traducteurs ou des vidéastes.

 

C’est le réseau social lui-même qui, à l’époque, a communiqué sur cette clôture rapide. Seuls 270 personnes avaient eu le temps « d’aimer » la page. « Nous avons des règles qui interdisent tout discours de haine, toute attaque contre des individus ou des groupes ou encore faisant l’apologie du terrorisme », annonçait le géant américain. Des équipes spécialisées seraient consacrées à cette chasse aux sorcières, islamistes ou autres, dont les propos peuvent cacher une toute autre réalité.

 

Les réseaux sociaux seraient aujourd’hui l’un des principaux vecteurs de sensibilisation, d’argumentation et de recrutement des groupes terroristes. 90% d’entre eux seraient actifs sur ces derniers, Facebook et Twitter en tête. Ils y diffusent leur propagande, sous forme de textes et de vidéos. Ils y rencontrent aussi des candidats potentiels à une radicalisation voire au djihad : la toile est un formidable moyen de créer des réseaux et de nouer des contacts.

 

QUELLE LIBERTE D’EXPRESSION SUR LE WEB ?


Les talibans n’en étaient pas, avec cette page, à leur premier coup. Quelques semaines plus tôt, fin septembre, la presse australienne s’inquiétait de l’émergence d’une curieuse campagne d’espionnage sur Facebook. Des talibans créaient des profils de jeunes femmes séduisantes qu’ils utilisaient pour entrer en contact avec des soldats déployés en Afghanistan. Un moyen d’obtenir des informations et du renseignement sur des opérations potentiellement stratégiques. Un phénomène qui a rappelé le besoin de pédagogie sur cette question, devenue une réalité du quotidien pour toute une génération de jeunes militaires. La Grande-Bretagne avait notamment lancé une campagne choc pour avertir des risques liés à Facebook.

 

Que peuvent interdire les réseaux sociaux concernés ? Le sujet fait polémique au sein de la communauté du numérique. Les pages supprimées, notamment de groupes talibans ou du Hezbollah, le sont surtout parce qu’ils sont considérés par les pays occidentaux comme des groupes terroristes. Les réseaux sociaux n’ont pas osé, à l’inverse, couper le fil twitter du Hamas palestinien (43 000+ followers), dont la nature est plus délicate à identifier.


La même problématique s’est posée lors de la campagne de communication numérique menée par l’armée israélienne en parallèle de son opération Pilier de Défense sur la Bande de Gaza en novembre dernier. Si une vidéo du drone ayant éliminé le chef militaire du Hamas a été censurée par le site Youtube, d’autres propos tout aussi polémiques ont été largement diffusés, comme le portrait ensanglanté de ce dernier, sur fond d’accusation de terrorisme.


En France, le débat est né avec l’affaire Merah. L’attention s’est alors portée sur un certain nombre de sites islamistes aux propos particulièrement agressifs. Nicolas Sarkozy avait alors envisagé une mesure des plus difficiles à appliquer, qui devait permettre de pénaliser les internautes fréquentant les sites en question. Le principal danger de ces plateformes, dont certains chercheurs minimisent la capacité à recruter, reste sa capacité à atteindre directement, sans aucun filtre, les publics cibles (alliés, neutres ou adverses). Reste à s’interroger sur le niveau de compétence des utilisateurs d’Internet quand à l’identification de leurs sources d’informations dans l’immense toile d’araignée qu’est le web actuellement.

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