17/10/2011 Aspirant Florian Martin Marine nationale
L’Aéronautique navale a dans son siècle d’Histoire compté de nombreux avions, souvent excellents et quelquefois mythiques. Le Breguet 1150 Atlantic , ou ATL1 dans notre jargon d’initiés, appartient à cette dernière catégorie. Issu d’une coopération internationale exemplaire, bien conçu, arborant des lignes harmonieuses et simples, il révèle lors de son premier vol le 21 octobre 1961 toutes les qualités aéronautiques d’un avion réussi. Sa mise en service opérationnelle au sein de l’Aéronautique navale en 1965 va confirmer cette réussite.
L’ATL1 va permettre aux marins du ciel des flottilles 21F, 22F, 23F et 24F d’apporter un soutien efficace à la Force océanique stratégique et à la flotte de surface. Le grand public apprendra à identifier ce bel oiseau blanc au fil de ses exploits en matière d’assistance aux navires en difficulté. L’oiseau devient canin : pêcheurs et coureurs des océans l’affublent du tendre surnom de « Saint-Bernard des mers ».
En 25 ans de bons et loyaux services, l’Atlantic va non seulement se révéler un redoutable chasseur de sous-marins et de bâtiments de surface mais aussi un infatigable patrouilleur des sables. Endurant, doté de nombreux capteurs et senseurs, l’appareil rend d’inestimables services en matière de connaissance des théâtres d’opérations et d’anticipation. Il est notamment de tous les engagements de la France en Afrique, guidant lorsque cela est nécessaire les strike de Jaguar ou Mirage F1 de nos camarades de l’Armée de l’Air.
Ces qualités « génétiques », l’Atlantic va les transmettre à sa descendance. En 1989, l’Aéronautique navale réceptionne l’Atlantique 2 . Le nouvel appareil reprend la cellule et la motorisation de son prédécesseur, mais se voit évidemment doté d’une avionique moderne. L’ATL2 n’a aucun mal à inscrire ses tours d’hélices dans ceux de son illustre père. Aujourd’hui, sa rénovation va permettre de moderniser ses capacités et d’envisager son maintien jusqu’en 2032.
Je salue aujourd’hui tous ceux qui ont contribué à cette belle réussite des « ailes françaises » : ingénieurs civils et militaires, personnels navigants et techniciens. Grâce à eux, l’Aéronautique navale aligne un des meilleurs avions au monde dans son domaine. Engagé parfois très médiatiquement ou « guerrier de l’ombre », l’ATL , qu’il soit Atlantic ou Atlantique , est aujourd’hui comme hier un des motifs de fierté de la Marine nationale.
Contre-amiral Hervé de Bonnaventure
commandant la Force de l’Aéronautique navale
A découvrir :
- L’Atlantic, une coopération internationale fructueuse. Histoire de l’atlantic 1.
- Parole d’un vétéran. Témoignage d’André Sonier qui fut l’un des premiers pilotes d’Atlantic.
- Un Atlantique chasse l’autre
- Sur la piste du sous-marin. Immersion à bord d’un ATL2 en pleine traque de sous-marins.

