05.10.2012 Le Monde.fr avec AFP et Reuters
Alors que la Turquie poursuivait les bombardement sur le sol syrien, jeudi 3 octobre, en représailles à une attaque au mortier sur un village à la frontière entre les deux pays, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné l'attitude syrienne et appelé les deux parties au calme.
Saisi par la Turquie, le Conseil a "condamné dans les termes les plus fermes les tirs d'obus par les forces syriennes" contre le village turc d'Akcakale, qui ont fait cinq morts. Les 15 pays membres du Conseil "exigent que de telles violations des lois internationales cessent immédiatement et ne se répètent pas" et "demandent au gouvernement syrien de respecter totalement la souveraineté et l'intégrité territoriale de ses voisins". Le Guatemala, qui préside actuellement le Conseil, a précisé que l'appel "à la retenue" était "adressé aux deux" pays.
"DISSUASIVE"
Le gouvernement turc a obtenu de son Parlement, jeudi, le droit mener des opérations militaires en Syrie au nom de la "sécurité nationale". Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a tenté de rassurer la communauté internationale en assurant que son pays n'a "pas l'intention de déclencher une guerre avec la Syrie". Mais il a prévenu le pouvoir syrien que son gouvernement "est capable de protéger ses citoyens et ses frontières". "Que personne ne s'avise de mettre notre détermination à l'épreuve sur ce point", a-t-il mis en garde.
Le vice-premier ministre turc, Besir Atalay, a estimé qu'il s'agissait avant tout d'une motion "dissuasive" et s'est félicité que la Syrie ait admis la responsabilité des tirs de mercredi et présenté ses excuses. Damas a a annoncé l'ouverture d'une enquête sur l'origine des tirs.
Pendant que les deux pays s'affrontent diplomatiquement, la répression menée par le pouvoir syrien se poursuit. L'armée a bombardé sans relâche plusieurs régions où sont retranchés des rebelles, jeudi. L'Armée syrienne libre a multiplié les attaques contre les forces du régime, en tuant 46 membres, dont 21 appartenant à la force d'élite de la Garde républicaine, selon une ONG syrienne, qui fait état, pour la seule journée de jeudi, d'un bilan de 123 morts – 56 civils, 46 soldats et 21 rebelles.
