08.06.2011 LeMonde.fr AFP
L'Alliance atlantique veut renforcer ses capacités de défense contre des attaques informatiques avec la création d'une "cyberéquipe rouge", a déclaré, mercredi 8 juin, un expert de l'OTAN au cours d'une conférence à Tallinn, en Estonie.
"L'OTAN envisage de se doter d'une 'cyberéquipe rouge' qui contribuerait largement à améliorer ses capacités de défense en identifiant les manques et les insuffisances dans les solutions techniques et les procédures de traitement des incidents", a indiqué Luc Dandurand, expert de la NATO C3 Agency. Selon la société informatique Symantec, le nombre d'attaques sur la Toile en 2010 a bondi de 93 % par rapport à 2009. "Le besoin d'une telle équipe est évident. Nous devons notamment évaluer l'importance des dégâts que des attaques informatiques peuvent causer au niveau militaire", a-t-il ajouté.
L'OTAN NE VEUT PAS D'ATTEINTES À LA VIE PRIVÉE
M. Dandurand a souligné la nécessité de se pencher sur les questions de la légalité et de l'impact sur la vie privée des solutions recherchées avant la mise en place de la cyberéquipe de l'OTAN. "Les deux principales questions identifiées à ce stade portent sur la nécessité de légitimer les activités de la cyberéquipe rouge pour éviter qu'elles ne soient perçues comme un usage malveillant ou non autorisé des systèmes informatiques, et le risque potentiel d'atteinte à la vie privée qui en résulterait", a-t-il indiqué pendant la conférence qui réunit à Tallinn trois cents experts de trente-sept pays.
L'"équipe rouge" pourrait procéder à des simulations de menaces et contrôler l'état de préparation en vue d'y parer, surveiller les réseaux, collecter et exploiter les informations publiques en provenance de sources ouvertes, mais aussi conduire des attaques de déni de service contre des réseaux ou des services spécifiques, selon M. Dandurand.
"Les cyberattaques contre l'Estonie au printemps 2007, pendant l'opération russe en Géorgie en 2008 et beaucoup d'autres que nous avons pu observer depuis à travers le monde nous ont montré que nous avons affaire à une nouvelle sorte de guerre qui peut causer beaucoup de dégâts", a souligné le général britannique Jonathan Shaw. "Nous avons besoin d'un système de réponse et nous devons apprendre à répondre vite", a-t-il ajouté.
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