Paris assure qu'aucun navire d'Atalante n'a ouvert le feu sur le sol somalien.
24 oct 2011 par Romain Mielcarek ACTUDEFENSE
La Marine nationale a ouvert le feu sur le territoire somalien, assurent les autorités militaires kényanes. Absolument pas, assure t-on à Paris, la seule aide se résumant à un soutien logistique léger. La situation dans ce pays est en pleine évolution : contrôle repris sur la capitale, invasion kényane dans le sud, menaces d’intervention de Washington. Les Occidentaux continuent de garder l’oeil sur ce qui fut 18 ans plus tôt un véritable guêpier.
« Aucune force française n’est engagée en Somalie », a assuré l’Etat-major des armées par la voix de son porte-parole, le colonel Thierry Buckard. Les navires de la Marine nationale déployées au large des côtes somaliennes pour lutter contre la piraterie ne sont donc pas intervenues. Une autre source militaire a admis une seule forme d’aide, logistique, sous la forme d’un Transall effectuant des rotations entre Nairobi et Wajir, base militaire proche de la frontière somalienne. L’appareil transporte des matériels kényans.
C’est pourtant bien un officier kényan qui a déclaré à l’agence Associated Press que des bâtiments français avaient tiré dés samedi sur Kuday, bastion des islamistes somaliens Al-Shabaab. Une information immédiatement relayée par la presse locale, des médias iraniens allant jusqu’à évoquer 14 morts dans le tir en question. Les troupes kényanes, déployées dans le sud de la Somalie depuis une semaine, font face à des difficultés logistiques et climatiques compliquant leur chasse aux terroristes. Alors qu’une attaque à la grenade dans une discothèque de Nairobi, a fait plusieurs blessés cette nuit, le dispositif de sécurité est en train d’être renforcé dans la capitale kényane.
Alors que les Shabaabs commencent à être repoussés de Mogadiscio par les autorités somaliennes aidées par l’Union africaine (Amisom), des raids ont été menés dans le nord du Kenya. Si les islamistes nient être liés aux quatre récents enlèvements d’occidentales, ils menacent de « guerre totale » en représailles des « incursions de certains pays qui participent à l’invasion chrétienne de la Somalie », déclarait dans un message l’un de leurs chefs, Mohamed Abdi Godane. Un casse-tête pour les autorités kényanes qui ont commencé à contrôler des personnes « de type somalien » dans leur capitale alors que de nombreux réfugiés continuent de vivre dans le nord du pays.
Faire revenir Washington et Paris en Somalie
Des soldats kényans à l'entraînement avec des formateurs américains.
Le Kenya a réclamé aide et assistance aux Occidentaux pour lutter contre les incursions des groupes islamistes somaliens. Le Premier ministre français François Fillon a promis la semaine dernière que la mort de l’otage française Marie Dedieu ne resterait pas impunie. La France essaie toujours de récupérer son corps que les ravisseurs tentent de monnayer. A Nairobi, la diplomatie américaine a commencé à réclamer des mouvements limités de sa population et semble également se préparer à des attaques terroristes.
La France dispose dans la région d’un important dispositif militaire. Quelques 2000 hommes sont toujours présents à Djibouti, base depuis laquelle plusieurs missions ont été organisées vers la Somalie. La Légion étrangère avait participé à l’opération Oryx aux côtés des Américains en 1993. Des détachements d’instruction forment les soldats de l’Amisom depuis 2006. La Marine et l’Armée de l’air sont présentes à proximité de la Somalie, respectivement dans le Golfe d’Aden et à la base d’Abu Dabi.
Les Etats-Unis sont toujours traumatisés par le carnage de la bataille de Mogadiscio où, en 1993, ils ont perdu 13 hommes dans le cadre de l’opération Restore Hope. Washington semble pourtant vouloir revenir sur le continent africain voir même en Somalie. Scott Gration, l’ambassadeur américain au Kenya, a admis dans le Financial Time être en train de « parler avec les Kényans pour trouver où ils ont besoin d’aide ».
Photos : Marine nationale & US Air Force / Sergeant Jeremy T. Lock
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