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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 17:05

F-35 du constructeur Lockheed Martin photo PC Lockheed Mart

 

04 avril 2012 Raymond Giroux Le Soleil Avec La Presse Canadienne

 

(Ottawa) Ottawa gèle à 9 milliards$ l'enveloppe budgétaire des futurs chasseurs F-35 et met la Défense nationale sous la tutelle d'un nouveau secrétariat particulier géré par le ministère des Travaux publics.

 

Ce groupe de travail coordonnera l'achat des appareils sous la gouverne d'un comité de sous-ministres, dans le cadre d'un programme de rémission en sept points pour corriger les failles dénoncées hier par le vérificateur général Michael Ferguson.

 

Cette réponse des conservateurs est tombée une heure à peine après le dépôt d'un rapport critiquant sévèrement le ministère de la Défense pour les carences du processus d'achat du F-35.

 

Le premier ministre Stephen Harper a par la suite rappelé aux Communes que le Canada n'avait encore acheté aucun de ces appareils et qu'aucun contrat n'avait été signé à cette fin.

 

M. Harper s'en est tenu à sa déclaration officielle devant les questions du chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, tandis que le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, n'a pas dit un seul mot durant la période des questions.

 

«C'est proprement scandaleux que le gouvernement conservateur ait sciemment, intentionnellement induit le Parlement en erreur», a par la suite répliqué M. Mulcair en point de presse.

 

«Ils ont fourni de l'information qu'ils savaient fausse et au Parlement et au public canadien. C'est du jamais-vu, a-t-il ajouté. J'ai demandé clairement si le premier ministre le savait. Il a refusé de répondre, comme vous avez bien vu.»

 

À ses yeux, la réaction du gouvernement «est du chiqué total. Ils n'ont absolument aucune intention de revoir quoi que ce soit. Leur décision est prise depuis des années», dit-il.

 

La ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, a précisé de son côté que le gouvernement n'achètera aucun appareil tant qu'il n'aura pas corrigé le tir.

 

Effectuant un recul spectaculaire après des mois, sinon des années à défendre le choix de l'appareil furtif de la Lockheed Martin pour remplacer les CF-18, cinq ministres ont signé hier la capitulation du gouvernement.

 

Un premier rapport du directeur parlementaire du budget, Kevin Page, en mars 2011, avait déjà évoqué l'absence de crédibilité des coûts du programme tels que présentés par la Défense nationale.

 

M. Page a par ailleurs annoncé qu'il était «tout à fait disposé» à poursuivre ses études sur de «nouvelles options que le gouvernement souhaiterait envisager».

 

L'annonce d'hier remet ainsi en question cet appareil choisi par les militaires hors de tout processus concurrentiel. Selon le ministre associé de la Défense, Julian Fantino, qui a perdu au passage son seul mandat, «nous ferons l'acquisition du F-35 uniquement si nous pouvons le faire dans les limites de ce budget» de 9 milliards$.

 

Le Conseil du Trésor fera par ailleurs «un examen indépendant des hypothèses du projet» avant son approbation finale et en rendra les résultats publics.

 

«Malhonnêteté et incompétence», ont répliqué les libéraux par la voix de Dominique Leblanc en accusant le gouvernement d'avoir «complètement trompé la population».

 

Son collègue Marc Garneau, de son côté, a exigé la démission pure et simple du ministre de la Défense, Peter MacKay. M. Garneau juge «absolument inconcevable» que ce dernier n'ait pas été au courant des vrais coûts du projet.

 

Le Bloc québécois, favorable au F-35 au départ, exige maintenant l'arrêt complet de la participation canadienne à ce projet. Selon le chef Daniel Paillé, «il y a eu négligence grave et le processus complet est à revoir».

 

Le gouvernement sévèrement réprimandé

 

Coûts sous-estimés, décisions prises sans autorisations ou documentation, cachotteries aux parlementaires : le vérificateur général Michael Ferguson réprimande sévèrement le gouvernement pour son processus d'achat des avions F-35.

 

Dans son premier rapport déposé hier, le nouveau vérificateur général déplore que la Défense nationale n'ait pas fait preuve «de la diligence nécessaire pour un engagement de 25 milliards$». Car bien que le gouvernement se soit engagé à remplacer ses avions CF-18, bientôt arrivés à leur fin de vie utile, ses démarches faites jusqu'à maintenant pour les remplacer comportent «des faiblesses importantes», a relevé M. Ferguson.

 

En commençant par l'évaluation du prix. Le budget d'acquisition des 65 aéronefs F-35 est estimé à 9 milliards$, alors que celui du maintien en service frise les 16 milliards$. Il n'existe cependant aucune documentation qui pourrait venir soutenir ce dernier chiffre.

 

D'autre part, les retombées pour l'industrie canadienne ne sont aucunement assurées, prévient le vérificateur. Il s'agit là pourtant d'un des arguments principaux des conservateurs dans la promotion des F-35. Des lacunes majeures sont également relevées dans le processus d'achat de ces fameux chasseurs.

 

Dès 2006, quand il s'est engagé dans la troisième phase du programme d'avions de combat interarmées, la Défense aurait dû s'assurer que l'avion F-35 convenait au Canada. Mais la décision d'aller de l'avant a été prise «sans les approbations nécessaires ou la documentation à l'appui». «Cela suscite des interrogations au sujet de l'intégrité du processus», écrit M. Ferguson.

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