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- © Hawker Beechcraft
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6 février 2013 Aerobuzz.fr
Face à un adversaire mobile se déplaçant à pied ou en véhicule léger, les Mirage 2000D et autre Rafale employés par l’armée française au Mali sont disproportionnés, voire inadaptés. Le Super Tucano A39 d’Embraer ou le T6 Texan 2 de Hawker Beechcraft semblent mieux appropriés à ce type de conflits asymétriques. Avec les réserves d’usage…
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Afghanistan, Mali, même combat ? Dans les deux cas de figure, les combattants connaissent le terrain et s’inscrivent dans la durée ! Ils sont rapides, organisés et fanatiques. Très légers, ces guerriers sans uniforme se déplacent à pied, à dos d’animal et au mieux dans des véhicules légers. Leur armement consiste le plus souvent en des fusils AK47, des mortiers légers portables, des lance-roquettes RPG et parfois des canons de 23mm, mais pas un seul avion !
Pour lutter contre ces bandes organisées mobiles, les occidentaux, USA en tête, tirent parti de ce qu’ils ont, c’est-à-dire des hélicoptères AH64 Apache, des chasseurs bombardiers F15E et F16, tandis que la France au Mali a mis en œuvre des Tigre et Gazelle, des Mirage 2000D, Mirage F1CR et des Rafale. Ces plates-formes sont équipées de bombes guidées laser et GPS, de roquettes et de canons de 30mm.
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- Patrouille de deux AT-6 A2A de Hawker Beechcraft © Hawker Beechcraft
Ces appareils très performants capables au cours d’un même vol de détruire plusieurs types de cibles tout en restant à distance de sécurité sont redoutablement efficaces. Alors oui, c’est vrai, les véhicules 4X4 tout terrain des terroristes, une fois bien ciblés ne font pas un pli.
Mais ces appareils dont le prix catalogue oscille entre 15 et 100 M$ pièce sont hors de portée économique des pays africains. Et quand bien même les armées africaines pourraient en obtenir à un prix d’ami, leurs coûts de mise en œuvre et d’entretien s’avèrerait vite prohibitif. Il n’est qu’à observer le nombre de MIG-21 et autres MI-35 abandonnés après un an ou deux d’exploitation dans certains pays pour s’en convaincre.
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- Embraer remporte des succès commerciaux en Amérique Latine et en Afrique avec son A39 Super Tucano © Embraer
La solution idéale pour contrer des combattants « low cost » est donc une plate-forme économique, polyvalente et endurante, capable de mettre en œuvre des roquettes, des canons et des armements guidés laser. Un besoin bien compris par de nombreux pays qui envisagent de se doter d’avions anti guérilla de type « Coin » (Counter insurgency). Les deux principaux candidats sont l’Embraer Super Tucano A29 et le Hawker Beechcraft AT6 Texan 2, un descendant sur-vitaminé du Pilatus PC9 .
L’Embraer Super Tucano est doté d’une turbine PT6 A68C de 1.600 ch. Il file à plus de 500 Km/h. Il peut emporter des armes de 12.7mm, des canons de 20mm, des roquettes et des armes guidées laser (légères) sous ses ailes. Il a été vendu à plus de 160 unités à des pays africains et sud-américains. L’Angola a reçu le premier de ses six A29 pas plus tard que la semaine dernière. Hawker Beechcraft propose de son côté un dérivé du T6 Texan 2, ultime évolution du Pilatus PC9. Sa motorisation repose là encore sur l’inusable turbine PT6.
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- AT-6 Texan 2 armé © Hawker Beechcraft
Ces avions présentent de nombreux avantages : vitesse, endurance, puissance de feu et maniabilité hors pair. Les armements qu’ils peuvent mettre en œuvre sont largement suffisants pour mettre en déroute des bandes armées ou des véhicules légers. Mais à la différence d’un F16, ou d’un Rafale, qui tirent leurs armes à plusieurs kilomètres de distance, les avions anti-guérilla imposent d’intervenir à proximité immédiate de l’adversaire car la portée des armements utilisée est limitée.
Bien sûr ces warbirds évolués sont le plus souvent proposés avec des kits de blindage et des moyens d’autoprotection contre les fameux « Manpads », à savoir les missiles sol-air légers de type Stinger ou SA7/14/16, mais ils ne peuvent rien contre les redoutables canons de 23mm montés sur véhicule léger. Ce genre d’avions, impose donc de revenir au combat de contact avec pour prix à payer des risques accrus pour les pilotes. Il n’empêche de nombreux pays d’Amérique du sud et d’Afrique ont déjà fait le choix de ces types d’appareils polyvalents, économiques et parfaitement adaptés à leurs besoins. Les USA qui ont fortement encouragé l’Irak à se doter d’AT6 Texan 2 pour 210 M$ se disent qu’après tout, ils en auraient, eux aussi besoin pour gérer les conflits asymétriques à moindre coût.
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- A36 Super Tucano © Embraer
Une idée pas vraiment nouvelle chez l’Oncle Sam qui pendant la guerre du Viet Nam a utilisé des Skyraider, des OV10 Bronco et même des Cessna T37 pour des frappes d’opportunité contre des groupes isolés et mobiles. Entre autres !
Pour l’heure Washington qui est embourbé dans des batailles juridiques et des arbitrages financiers complexes n’a pas encore vraiment tranché concernant sa future monture. Au grand désespoir de Hawker Beechcraft, le favori est le Brésilien Embraer avec son A29 pour une commande initiale comprise entre 15 et 50 avions. Et Boeing qui avait un temps envisagé de ressusciter le légendaire OV10 Bronco semble avoir renoncé, pour le moment. Nul doute que Bamako, après le départ des français se penchera sur l’acquisition de ces petits avions qui font « tout comme les grands ».
