Overblog Tous les blogs Top blogs Entreprises & Marques Tous les blogs Entreprises & Marques
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 17:45

Opération Serval - Secteur Sévaré Mopti, le 22 janvier 2

 

3 février 2013 François Clemenceau - Le Journal du Dimanche

 

Sans l'appui profil bas des Européens ni l'aide efficace des États-Unis en matière de renseignement et de ravitaillement en vol, l'opération Serval aurait été bien plus compliquée et plus lente.

 

Trois semaines. "Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi rapide", confie le colonel Michel Goya, ex-analyste à l'état-major des armées et enseignant à l'École de guerre. Deux phénomènes expliquent cette percée. "La véritable inconnue de départ était la résistance de l'ennemi", poursuit l'expert de la doctrine d'emploi des forces. À partir du moment où les groupes narco-djihadistes ont préféré ne pas livrer combat, la montée en puissance des troupes françaises a été facilitée. Mais ce qui a fait l'admiration des alliés, c'est justement la "prouesse logistique" de l'opération Serval. "Nous sommes les seuls en Europe, avec les Anglais, à pouvoir réaliser ce genre de projection de forces", admet, sans modestie, un diplomate qui a suivi le dossier jour après jour. 

 

Aurait-ce été possible sans l'aide des Européens et des Américains? "Oui, mais les choses auraient été moins faciles, moins rapides et moins efficaces", ajoute-t-il. Si dès le 11 janvier, les États-Unis n'avaient pas mis à disposition 24h/24 leurs moyens de renseignement et de surveillance au profit de la France sur l'ensemble de la zone d'opérations, notamment leur drone Global Hawk de classe HALE (haute altitude et longue endurance), les bombardements français sur les cibles djihadistes en auraient peut-être été ralentis. Idem pour le renseignement électromagnétique, qui permet de repérer des convois de véhicules importants en zone désertique.

 

Avec les Américains, ce partage d'informations a été incessant, même avant le début des opérations. "Dès le 17 mai dernier, confie un conseiller, l'un des premiers sujets de discussion entre Jean-Yves Le Drian et son homologue Leon Panetta porte sur la situation au Sahel". "Les Américains ont progressivement compris les enjeux, l'attaque terroriste sur le site gazier d'In Amenas leur a fait comprendre la dangerosité de la situation", commente un proche du président François Hollande. Une version que conteste le Pentagonepour qui la menace terroriste a été admise d'entrée de jeu.

En attendant le Livre blanc

En tout cas, ce n'est qu'à partir du 26 janvier que les États-Unis apportent leur soutien de ravitaillement en vol pour nos avions de chasse. En les attendant, nos équipements ont été "mis sous tension", explique Michel Goya, selon lequel notre capacité en ravitaillement en vol reste l'un des points les plus faibles de notre force armée. Ce qui a fait écrire au Wall Street Journal le 28 janvier : "Voilà pourquoi la France ne peut pas se battre", reprenant ainsi une rengaine sur le manque de moyens budgétaires et logistiques de nos armées. C'est ignorer que, malgré une visibilité quasi inexistante, les Européens ont participé à l'effort. Sans les avions anglais, danois, belges, néerlandais, suédois, espagnols et italiens, les capacités de transport de troupes et de fret auraient été freinées.

 

Partager et mettre en commun, voilà la nouvelle philosophie à dynamiser. Réussir également à placer l'US Air Force sous commandement français, hors Otan, dans une opération tolérée par les Nations unies, montre également que les temps changent. Autant de leçons à tirer avant la modification probable et la présentation, fin février, du fameux Livre blanc de la défense pour la programmation militaire des années à venir.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : RP Defense
  • : Web review defence industry - Revue du web industrie de défense - company information - news in France, Europe and elsewhere ...
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Categories