28/09/2011 par Alain Ruello – Les Echos.fr
En 2012, les crédits de la mission défense doivent augmenter de 1,6 %, pour atteindre 30,6 milliards d'euros. Les militaires attendent 1 milliard supplémentaire de recettes exceptionnelles.
Hausse modérée, mais hausse tout de même : en 2012, le budget du ministère de la Défense va augmenter de 1,6 % pour atteindre 30,6 milliards d'euros. En ces temps de ri-gueur, les militaires apprécieront. Tout comme ils apprécieront sûrement que le gouvernement ait accordé un coup de pouce de 100 millions pour compenser la hausse des prix du carburants. Si l'on rajoute le milliard de recettes exceptionnelles attendues de la poursuite de la vente de fréquences hertziennes et d'emprises immobilières, l'ensemble de la mission défense peut compter sur 31,7 milliards l'an prochain (hors pensions).
Priorité aux équipements
En présentant ces chiffres ce matin, le gouvernement va probablement se féliciter de tenir ses engagements : mis à part le coup de rabot de 350 millions imposé l'été dernier pour réduire les déficits, on reste dans l'épure de la loi de programmation militaire 2009-2014. Rapporté au PIB, la France entend donc consacrer 1,9 % de sa richesse à sa défense, ce qui en fait de loin le leader sur ce point en Europe, légèrement derrière les Britanniques.
La priorité affichée en matière d'équipements se confirme avec 16,5 milliards prévus, soit 500 millions de plus que cette année. Le millésime 2012 sera encore riche en livraison de matériels avec, pour ne citer que les plus emblématiques, 11 Rafale, une frégate multi-mission (la première de la nouvelle génération) ou encore le troisième porte-hélicoptères, commandé dans le cadre du plan de relance. Les esprits chagrins noteront que les coupes dans les effectifs - 7.500 postes supprimés par an -tardent à se traduire en économies substantielles. Ou que l'équilibre général reste précaire, comme le montre le bouclage du budget de cette année. Côté positif, le milliard de recettes exceptionnelles attendu sera bien au rendez-vous grâce à la générosité des opérateurs de télécoms (« Les Echos » du 23 septembre). Il était temps.
Tout n'est pas « nominal » - terme cher aux militaires -pour autant. D'abord, parce que le ministère de la Défense va devoir décaisser 210 millions correspondant à sa part de crédits supprimés pour compenser l'amende assumée par l'Etat dans l'affaire des frégates de Taiwan. Il faudra bien les trouver quelque part. Ensuite, parce que la guerre en Libye a coûté cher. Si on additionne toutes les opérations extérieures en cours, il manque un demi-milliard par rapport à ce qui avait été prévu dans le budget 2011. La réserve interministérielle doit y pourvoir. En principe.
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