28 Octobre 2012 Par Ikram GHIOUA –lexpressiondz.com
Français et Américains tentent de coordonner leur riposte.Les puissances occidentales attendent le feu vert de l'ONU avant de passer à l'action au nord du Mali.
A quelques jours de l'expiration de l'ultimatum accordé par le Conseil de sécurité, à la Cédéao, devant permettre de présenter un plan d'action pour préparer une intervention militaire au nord du Mali, des responsables américains et français rejettent toute démarche qui soit imposée par des pays extérieurs et écartent de nouveau toute intervention militaire au Mali.
Les Etats-Unis d'Amérique, relève le secrétaire américain à la Défense, Léon Panetta, soutiennent «l'importance de la coopération avec les pays de la région pour résoudre la crise malienne afin d'empêcher Al Qaîda au Maghreb islamique de transformer le nord du Mali, en base de commande et de contrôle d'opérations terroristes». Plus déterminé encore, le responsable américain déclare en tant qu'homme averti: «Je me suis fait clair dans les positions que j'avais eues lorsque j'étais le directeur de la CIA et, maintenant, en tant que secrétaire à la Défense, je pense que nous devons nous assurer qu'Al Qaîda ne doit pas trouver d'endroit pour se cacher et nous devons continuer à aller la chercher là où elle est et là où ils tentent d'établir une base de commandement et de contrôle à partir de laquelle elle pourrait mener des attaques, que ce soit en Europe ou aux USA.»
Pour sa part, la France écarte toute intervention militaire au Mali. Lors d'un point de presse, le général Martin Klotz, porte-parole adjoint du ministère de la Défense a parlé d'une incompréhension des propos du ministre Jean-Yves Le Drian qui avait évoqué dernièrement une intervention militaire au Mali sous dominance des groupes terroristes et d'indépendantistes, depuis plus de six mois. Il déclare à ce sujet: «Je pense que, sur ce sujet, il y a peut-être une incompréhension de certains, en parlant de quelques semaines pour un délai qui serait donné pour une intervention, le ministre entendait le délai de mise en place du processus de planification et de soutien à la future force panafricaine qui pourrait être déployée au Mali.»
Pourtant, il n'y a aucune nuance dans les déclarations du ministre français de la Défense quand il avait assuré le 16 octobre dernier au journal Le Figaro que l'intervention militaire au nord du Mali n'était qu'une question de quelques semaines. Que s'est-il passé depuis pour que le ministre tente de se rattraper? De quelle incompréhension s'agit-il? Pourrait-on avancer qu'il s'agit de nouvelles donnes? En tout, le ministre s'est rétracté pour dire que «pour l'instant, l'heure est à la mise en oeuvre des dispositions qui ont été recommandées par le Conseil de sécurité de l'ONU».
C'est peut-être dans cette perspective qu'intervient la visite de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton à Alger. L'offensive dans le nord du Mali doit permettre, selon le département d'Hillary Clinton, «la réalisation d'objectifs importants consistant à imposer des sanctions ciblées contre les individus et entités d'Al Qaîda au Maghreb islamique au Mali, à soutenir le processus de négociations». Un processus d'où une solution politique durable menant à une sortie de crise pacifique que l'Algérie ne cesse de défendre pour éviter des débordements graves à ses frontières. Mais n'écarte, cependant, pas une éventuelle intervention militaire comme ultime solution.
