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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:55

Mindef

 

02 avril 2013 par Romain Mielcarek - ActuDéfense

 

Tout au long du mois de mars, députés et parlementaires se sont mobilisés face aux hypothèses les plus sombres de Bercy. Tous réclamaient de maintenir le budget pour préserver le statut de la France.

 

Alors que les rumeurs les plus inquiétantes – qui ne seront restées que des rumeurs – circulaient quant au futur budget de la Défense, qu’est ce qui a poussé François Hollande à sanctuariser celui-ci pour les années à venir ? Le président de la République s’est-il senti, poussé par l’opération au Mali, une âme de grand chef des armées ? Il beaucoup plus probable, en politique, que certains rapports de force aient largement joué en faveur de cette soudaine vocation découverte sur le tard, qui aura rassuré tant bien que mal une partie des acteurs du secteur.

 

Car face à Bercy et à sa volonté de réaliser le maximum d’économies possibles – c’est aussi leur job en ce moment finalement -, les parlementaires, députés et sénateurs, ont mené une véritable campagne en faveur du budget de la Défense. Au cours des dernières semaines, ils ont été nombreux à publier, à titre individuel ou collectif, des tribunes dénonçant les risques pour la sécurité nationale.

 

Cette opposition à Bercy à commencer à se manifester au sein même des groupes socialistes, parmi les membres de la commission de rédaction du nouveau Livre blanc. Patricia Adam, présidente à la fois de cette commission et de celle de la Défense nationale à l’Assemblée, a répondu à plusieurs sollicitations dans lesquelles elle a clairement exprimé ses inquiétudes. Plutôt modérée, elle a laissé le rôle du « mauvais flic » à Eduardo Rihan Cypel, membre de ces deux commissions ainsi que celle chargée d’enquêter sur le fonctionnement des services de renseignement. Plaidant en faveur des dizaines de milliers d’emplois dépendant de la Défense, il n’a pas hésité à dénoncer des « tentations destructrices et irréversibles ».

 

A droite, la mobilisation a été la même, quoi que parfois teintée de piques contre le gouvernement. Après la publication d’un communiqué du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Guy Teissier, reprochant à Bercy de vouloir « torpiller le budget de la Défense », en attribuait la responsabilité à l’équipe de Jean-Marc Ayrault. D’autres, comme Christophe Guilloteau, lui-même membre de la commission de rédaction du Livre blanc, ont préféré jouer la carte de la cohésion en appelant les parlementaires de tous bords à faire front.

 

Au Sénat, les voix se sont faites moins dispersées. C’est le président de sa commission Affaires étrangères et défense nationale et membre de la commission de rédaction du Livre blanc, qui se sera exprimé au nom de tous. « Nos armées sont déjà au bord du point de rupture », « un passage au delà du seuil de 1,5% du PIB compromettrait la sécurité de la France », a-t-il expliqué pour annoncer cette « initiative de la commission soutenue par les partis ». Tous les partis … sauf le groupe écologiste, qui reste fondamentalement opposé aux investissements de défense.

Enfin, c’est certainement au plus haut niveau qu’a été actionné ce lobbying. L’un des députés les plus actifs sur ce dossier aura été le socialiste Gwendal Rouillard. Lui même chargé de travailler sur une mission exploratoire de la prochaine Loi de programmation militaire, il est très proche de Jean-Yves Le Drian, tous deux étant des élus de Lorient, ville et région où la défense est stratégique pour l’économie locale. Il est difficile d’imaginer que tous deux n’aient pas pu dialoguer sur ce sujet ô combien crucial pour leurs carrières respectives.

 

On s’attardera enfin sur le rôle qu’à pu jouer le tout juste nommé ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve. Arrivé au débotté le 19 mars, pour remplacer un Jérôme Cahuzac poursuivi par une affaire médiatico-judiciaire, il est beaucoup plus sensible aux questions de défense que son prédécesseur. Lui aussi originaire d’une région où la problématique est stratégique – la Manche -, il a été secrétaire de la commission Défense nationale lorsqu’il était député. Lors de l’élection de François Hollande, certains pronostics le voyaient d’ailleurs bien recevoir le portefeuille de l’Hotel de Brienne

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