29.11.2012 Jean-Dominique Merchet
Parmi les évolutions notables depuis le précédent Livre blanc (2008), trois points importants sont aujourd'hui mieux pris en compte et figureront sans doute en très
bonne place dans le prochain document : la cyberdéfense, l'outre-mer et l'Otan.
1) La cyberdéfense. Comme l'avait pointé le sénateur Jean-Marc Bockel dans un
récent rapport, ce sujet devient "un enjeu mondial et une priorité nationale". En 2008, les prodromes de cette thématique de sécurité nationale avait été posé et l'on parlait déjà, non
seulement de cyberdéfense, mais prudemment de "lutte informatique offensive". Comme le constate un proche du dossier, "depuis lors, on a fait trois marches en avant !". Si les armées
sont concernées, elles ne sont pas les seules - toutes les administrations et les grandes entreprises le sont également ainsi que les services de sécurité.
2) L'outre-mer. En 2008, la tentation était forte de se désengager militairement des DOM-COM, avec une réduction de la voilure de l'ordre de 40%
des forces. Manifestement, on en revient... Ne serait-ce que parce qu'une des principales opérations militaires en cours, Harpie, se déroule en Guyane ! Dans les réflexions en cours, l'outre-mer
est systématiquement associé à la notion de "protection du territoire et des populations". Une manière de dire que cette fonction de protection n'est pas un repli sur l'Hexagone, mais
une présence aux Amériques, dans l'océan indien et le Pacifique.
3) Le livre blanc de 2008 ouvrait la porte au retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, effectif l'année suivante. Le texte
actuellement en préparation est donc le premier (après ceux de 1972, 1993 et 2008), qui prend en compte cette présence pleine et entière dans l'Alliance, comme l'a récemment pointé le rapport d'Hubert Védrine. Quelles obligations ce retour crée-t-il pour notre
pays, en particulier pour la participation à la défense collective, avec les NRF (Nato Response Forces) ? Alors que Paris souhaite relancer la défense européenne, sur des bases concrètes et moins
institutionnelles - ce qui sera également mis en avant dans le futur Livre, il est politiquement difficile pour Paris de se désengager de la défense commune - qui reste le principal souci de
beaucoup d'alliés, notamment à l'Est.
