02/04/2013 par Ludovic BASSAND – dna.fr
La mission de l’Union européenne au Mali (EUTM) accueille aujourd’hui le premier bataillon de soldats qu’elle va former.
Les instructeurs européens sont à pied d’œuvre au camp de Koulikoro, à une soixantaine de kilomètres de Bamako, là où va se dérouler la formation de l’armée malienne.
La tâche n’est pas simple. Il s’agit quasiment de construire une armée à partir de rien ! Un premier bataillon de 670 soldats est accueilli aujourd’hui. Objectif affiché par le général de brigade François Lecointre, commandant de la mission de l’Union européenne au Mali (EUTM) : permettre à l’armée malienne d’assurer la défense de son pays à long terme.
« Restauration de la force morale »
Alors que la guérilla semble s’enkyster à Gao et Tombouctou (lire aussi ci-contre) , avec le soutien d’une partie de la population, la crainte est celle d’une situation à l’afghane.
Face à des djihadistes défaits par l’Armée française mais toujours présents, infiltrés dans les villes du Nord, les soldats maliens auront fort à faire.
Les instructeurs de l’EUTM devront tout leur apprendre. La mission européenne comptera à terme 550 hommes dont 200 formateurs, 150 personnels de protection et 200 autres répartis dans les états-majors, la logistique et le soutien médical. Sur le contenu de la formation, le général Lecointre reconnaît qu’il y aura « un gros travail de structuration de l’armée malienne et de sa chaîne d’autorité ». Plus généralement, il indique que l’EUTM travaillera sur la capacité des Maliens « à délivrer des feux, à manœuvrer, à conduire une action coordonnée ». En clair, le B.A.-BA.
Selon lui, la clé de cette mission de formation, « c’est la restauration de la force morale, cette dernière repose sur un lien hiérarchique basé sur la confiance, le respect mutuel et le sentiment d’appartenance collective ».
22 nationalités
L’EUTM, qui regroupe des personnels de 22 nationalités européennes n’a pas mission à combattre. Elle aura cependant des officiers de liaison avec l’opération française Serval et avec la force africaine MISMA.
Dans ce contexte de reconstruction d’une armée malienne, le désengagement progressif des 4 000 militaires français présents sur le terrain malien doit commencer fin avril. En juillet, il ne devrait plus rester que 2 000 hommes sur place, puis 1 000 à la fin de l’année. Des forces françaises seront toutefois maintenues prépositionnées dans les pays voisins de façon à intervenir rapidement en cas de reprise du conflit. Une hypothèse qui ne peut être totalement exclue après les très durs affrontements du week-end à Tombouctou, et la semaine précédente à Gao.
