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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 09:14

Hargfang pic12 source FB Armee de l Air

 

28 Octobre 2012 Jean-Dominique Merchet

 

Cet automne, le "brouillard" de la guerre de Clausewitz s'étend même sur une guerre tout juste annoncée, celle du Mali. Depuis le discours du président Hollande devant les Nations Unies, le 25 septembre, les déclarations les plus contradictoires et les spéculations les plus hasardeuses se multiplient, au point que plus personne ne sait où l'on en est. En une semaine, le ministère de la défense a, par exemple dit que l'intervention était "une question de semaines" (le 16 octobre), puis que "l"heure n'est pas à l'intervention" (le 24 octobre). Ici et là, on a vu fleurir des scénarios en trois phases ou cru apercevoir des drones français là où ils seront bientôt. Tentons d'y voir clair, au moins sur le plan militaire.

 

La résolution 2071, adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies le 15 octobre, n'est pas un feu vert donné à une intervention militaire. Elle demande simplement au "Secrétaire général des Nations unies de présenter un rapport, en concertation notamment avec la CEDEAO et l’Union africaine sur la base duquel le Conseil de sécurité pourra autoriser dans 45 jours le déploiement d'une opération africaine". 45 jours nous amène fin novembre, mais on parle déjà de début décembre... Si une nouvelle résolution est alors adoptée, ce qui est probable, les opérations pourront débuter.

 

La CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) regroupe 15 pays de la région - dont le Mali. Le principal d'entre eux est le Nigéria et c'est dans la capitale de celui-ci, Abuja, que siège son organisme militaire qui travaille actuellement sur une planification d'une opération de la future Micema (mission de la cedeao au Mali). Quatre officiers français, dont l'officier de liaison permanent, y participent.

 

La France a exclu toute intervention militaire directe dans cette affaire. Le président de la République l'a assuré : "pas d'hommes au sol", mais un "soutien logistique". "Pas d'hommes au sol" est sans doute un raccourci un peu rapide, comme l'était la fin de la présence des troupes en Afghanistan, fin 2012... mais passons. La consigne est claire : pas d'implication directe dans d'éventuels combats. On fera avec les Africains ce que les Américains ont fait avecnous en Libye, un "leadership from behind".

 

La France assurera pour une bonne part la formation des FAM (forces armées maliennes) dont la valeur militaire est aujourd'hui proche de zéro, ainsi que celle du contingent que la CEDEAO parviendra finalement à dépêcher. On parlait le mois dernier de 3300 hommes, on est aujourd'hui beaucoup plus vague.

Cette mission de formation sera assurée par les Eléments français au Sénégal (EFS), qui non seulement connaissent bien la région, mais dont c'est le premier métier. Ces hommes (450 au total) fourniront les DIO, détachements d'instruction opérationnelle nécessaires.

 

Quels pays africains participeront ? Sur les 15 membres de la CEDEAO, seuls trois d'entre eux ont répondu présent : la Cote d'Ivoire, le Nigeria et le Burkina.  Le Tchad (non membre) est évoqué. La Mauritanie voisine et militairement accrocheuse ne participera pas.

 

La France déploiera ses drones Harfang en décembre, selon toute vraisemblance. Ils seront basés à Niamey, capitale du Niger. L'armée n'en possède que quatre - dont seuls trois peuvent voler, le quatrièrme servant de magasins de pièces de rechange... Les Harfang, dont l'optique est assez obsolète, ne sont pas armés. Ils seront utiles, mais ne fantasmons pas ! Rien à voir avec ce que les Américains font avec les leurs au Pakistan ou au Yémen.

 

Les  forces spéciales sont présentes dans la région depuis plus de deux ans dans le cadre de l'opération Sabre. Leur détachement est basé à Ouagadougou (Burkina) et dispose de moyens aériens de l'escadron Poitou (hélicoptères, avions de transport tactiques).

 

Enfin, l'armée de l'air aligne quatre avions de combat (3 Mirage 2000D pour les frappes et un Mirage F1CR de reconnaissance) appuyés par un ravitailleur en vol C-135 à N'Djaména (Tchad).

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