22/06/2011 par Adrien Dentz. - lalsace.fr
Le fabricant mulhousien de machines de cartoucherie compte s’assurer rapidement une nouvelle phase de croissance, avec l’appui financier d’un industriel indien ou européen.
« Nous sommes en pourparlers avancés avec deux industriels étrangers du secteur de la Défense. L’accord devrait être signé avant fin juillet », a annoncé Rémy Thannberger, président du groupe Manurhin à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires, hier à Mulhouse. Les noms des deux partenaires pressentis, qui participent actuellement au salon de l’aéronautique du Bourget, n’ont pas été communiqués.
« Activité stratégique »
Le conseil d’administration devra choisir entre un industriel indien, un « petit Tata » dont le chiffre d’affaires s’élèverait à cinq milliards d’euros et qui semble avoir la préférence de Rémy Thannberger, et un industriel de l’armement d’un pays de l’Union européenne. « Nous sommes d’ores et déjà d’accord sur le montant de la recapitalisation et le pourcentage du capital cédé en échange », a précisé Olivier Sauty de Chalon, le directeur général. L’opération porterait sur une augmentation de capital d’au moins 5 millions d’euros, à l’issue de laquelle le nouveau partenaire détiendrait une participation minoritaire au sein de MNR Group SA, la holding du Groupe Manurhin cotée à la Bourse de Paris.
Depuis septembre 2010, cette société emblématique de l’industrie mulhousienne est contrôlée par Rémy Thannberger, actionnaire de référence avec 34 % du capital, qui s’est associé à des investisseurs irlandais, belges et locaux. Mulhousien d’origine, le patron de Manurhin n’a pas réussi à convaincre le Fonds de consolidation et de développement des entreprises (FCDE) à voler au secours d’une « activité stratégique » de l’industrie française. Il a dénoncé l’attitude du Fonds souverain français, qui « n’est même pas venu visiter le site mulhousien », contrairement aux deux industriels étrangers intéressés par le savoir-faire de Manurhin et un carnet de commandes de plus de 100 millions d’euros.
Retour à la croissance
L’absence de fonds propres suffisants pour honorer les commandes explique en grande partie la forte chute d’activité (-33 %) enregistrée en 2010, dont l’exercice s’est soldé par une perte de 1,7 M€ pour un chiffre d’affaires de 18,2 M€. Un exercice « particulièrement difficile », marqué par une « crise de gouvernance, de financement et de confiance qui ont bienfailli avoir raison de l’entreprise », selon son nouveau président L’ouverture du capital à un industriel étranger devrait permettre à Manurhin de disposer des moyens lui assurant « quatre ans de croissance, d’activité rentable et de plein-emploi à Mulhouse ».
Héritier du fleuron mulhousien créé en 1920 et devenu célèbre par sa production de revolvers, Manurhin n’emploie plus que 130 personnes et s’est recentré sur la conception et la fabrication de machines à produire des munitions militaires de petits et moyens calibres, domaine dans lequel la PME revendique la position de n°1 mondial.
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