photo Marine Nationale (Archives)
06 octobre 2012 laprovence.com
Jusqu'à demain soir, une centaine de plongeurs et d'experts militaires français, américains, anglais et slovènes participent à un immense exercice de déminage organisé par l'Otan dans les bassins du port de Marseille
Situé au coeur d'un conflit régional susceptible de prendre rapidement des proportions inquiétantes, le Grand port maritime de Marseille est depuis quelques jours l'objet de toutes les convoitises. Les forces de l'Otan voudraient en effet l'utiliser pour débarquer des hommes et du matériel mais l'ennemi n'entend pas lui offrir cette tête de pont sur un plateau. Tout porte à croire que les bassins et les approches maritimes du premier port de France ont été minés...
C'est sur la base de ce scénario parfaitement plausible que depuis hier et jusqu'à demain soir, se déroule l'un des volets les plus techniques de l'immense exercice organisé par l'Otan en Méditerranée occidentale. Baptisé Noble Mariner 2012, cet exercice mobilise une force navale de 25 navires dont le commandement a été confié à la France, avec un enjeu majeur : certifier la capacité de notre pays à diriger en situation réelle la composante maritime de la force de réaction de l'Otan.
Sur le terrain, cette partie "guerre des mines" de l'exercice mobilise le savoir-faire et les moyens de quatre nations alliées particulièrement bien équipées pour faire face à ce genre de problème : la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Slovénie.
Découvrir de nouvelles méthodes de travail
Neutralisation de mines sous-marines par visibilité quasi-nulle, désamorçage d'engins explosifs comme cette roquette de RPG-7 tirée depuis les immeubles qui dominent le port (photo en haut à droite), mise en oeuvre de drones, etc. ; les interventions sont nombreuses et diversifiées, mettant à rude épreuve les nerfs des démineurs.
Comme l'explique le lieutenant de vaisseau Stéphane Morizur, plongeur-démineur en charge de l'animation de l'exercice à Marseille, "il s'agit en premier lieu bien sûr d'entraîner les unités spécialisées dans la guerre des mines, mais nous travaillons également des situations vécues sur des théâtres d'opération extérieures comme lors de l'intervention en Libye. Nous en profitons aussi pour confronter nos méthodes de travail et découvrir les nouveaux matériels utilisés par nos homologues étrangers".
Et si les AUV américains ne passent pas inaperçus, la France fait sensation avec son scaphandre Crabe, considéré par les Anglo-saxons comme le "must" en la matière. En dotation depuis seulement trois ans dans la Marine nationale, cet équipement offre aux plongeurs une autonomie de près de 3 heures et leur permet de descendre jusqu'à 80 mètres sans avoir à redouter la fameuse narcose (ivresse des profondeurs).
Les professionnels qui en expérimentent chaque jour le potentiel, pensent d'ailleurs pouvoir l'utiliser jusqu'à 100m sous la surface et augmenter son autonomie de près d'un tiers. Un scaphandre construit dans un matériau amagnétique et dont l'une des particularités est de fractionner les bulles de gaz expirées afin de les rendre moins audibles. Très capricieuses, certaines mines ne supportent pas le bruit...

