14/02 Par Alain Ruello – LesEchos.fr
Jean-Yves Le Drian s'est fait présenté lundi les dossier du missile anti-navire léger, l'un des projets majeurs du traité de Lancaster House.
Antoine Bouvier ronge son frein. Le PDG de MBDA espérait que le comité ministériel d'investissement de lundi présidé par Jean-Yves Le Drian soit l'occasion pour le ministre de la Défense de donner son feu vert à l'un des projets les plus importants identifié dans le traité franco-britannique de Lancaster House : celui de missile anti-navire léger ou ANL. Raté. Le dossier a bien été présenté, mais la décision de faire ou de ne pas faire a été renvoyée à plus tard.
Dans les jours qui ont précédé le CMI, les augures étaient pourtant favorables, de l'avis général. Cherchant à montrer aux Britanniques qu'ils prenaient le traité de Lancaster House avec tout le sérieux nécessaire, les responsables politiques français du dossier avaient la ferme intention de lancer le programme. Estimé entre 400 et 500 millions d'euros, l'ANL (ou FASGW-ANL de l'autre côté de la Manche), est un missile de nouvelle génération destiné à armer des hélicoptères.
Date butoir
Les Britanniques sont pressés de s'équiper, à telle enseigne que leurs secrétaire à la Défense, Philip Hammond, a écrit à Jean-Yves Le Drian pour lui indiquer qu'il attendait une réponse fin février au plus tard. Le hic, c'est que les Français, eux, ne partagent pas du tout la même urgence : non seulement l'Etat major et la DGA rejettent un projet qu'ils ne jugent absolument pas prioritaire, mais en plus la situation budgétaire est telle, que le lancer demanderait se sacrifier autre chose.
Antoine Bouvier a semble-t-il fait des propositions d'aménagement de calendrier de production touchant d'autres programmes de missiles pour essayer de trouver une solution, mais cela n'a pas suffit à infléchir la position des militaires à ce stade.
Pour MBDA, l'enjeu est aussi industriel car l'ANL doit marquer le « T0 » du projet « One MBDA » de spécialisation des bureaux d'études du missilier entre les branches française et anglaise de l'entreprises. C'est l'un des objectifs du volet industriel du traité de Lancaster House.

