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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 11:30

Europe Flag

 

19 juillet 2011 par Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2)

 

Les discussions sur l’idée d’un QG militaire européen ont achoppé, lundi (18 juillet) au Conseil des ministres des Affaires étrangères, sur le veto britannique. Pour qui lit ce blog (lire : Seul contre tous, Londres bloque l’idée d’un QG européen (maj)) ce n’est pas une surprise. Et le ministre britannique, Wiliam Hague, n’a laissé planer aucun doute sur la marge de négociation. Il a répété que « ce gouvernement comme les gouvernements précédents (et les gouvernements futurs) n’acceptait pas et n’accepterait jamais cette idée ».

 

L’isolement britannique


Il s’est retrouvé cependant plutôt isolé autour de la table. Les Etats membres étaient tous d’accord sur l’intérêt de ce projet, même si certains (comme l’Irlande qui reste toujours très prudente sur les avancées militaires de l’UE) ont tenu à exprimer certaines nuances. Cette quasi-unanimité, sur ce sujet aussi délicat, témoigne d’une nette évolution depuis le « sommet des Pralines » où France, Allemagne, Belgique et Luxembourg étaient plutôt seuls à proposer cette option d’un QG européen face au clan des « Irakiens ».

 

La Haute représentante n’a cependant pas profité de ce rapport de force qui jouait en sa faveur et tout de suite présenté une proposition de compromis qui signifiait la revue à la baisse de ses ambitions, ne parlant plus des « options du rapport » mais seulement d’options. Une petite correction, apparemment anodine, qui signifiait en fait un véritable retour en arrière puisqu’il revenait à supprimer le mandat que lui aurait donné le Conseil pour travailler une des deux options présentées (*).

 

Un couple franco-allemand reconstitué


Alain Juppé ayant dû s’absenter, c’est l’Allemand Guido Westerwelle qui a défendu la position des « Weimar » (Allemagne, France, Pologne) et a refusé la nouvelle formlation. « Cela ne me va pas ni à Alain. » a-t-il expliqué. « Ce n’est pas ce que nos concitoyens veulent. Nous avons besoin d’un QG européen. Nous voulons mentionner les options du rapport. » a-t-il mentionné en substance selon les propos qui ont rapporté à ‘B2′. Plusieurs ministres autour de la table ont approuvé. Mais la Haute représentante a préféré tiré le constat de « l’absence d’un accord sur les conclusions. Tant pis nous ne ferons pas de conclusions sur le sujet » a-t-elle expliqué, apparemment pressée de passer à autre chose et d’enterrer son propre rapport.

 

Les pays membres du triangle de Weimar ont cependant publié à l’issue de la réunion un communiqué (**) dans lequel ils rappellent notamment que « Le rapport de la Haute Représentante reste sur la table. Nos trois pays souhaitent qu’elle poursuive le travail sur cette base, avec les Etats membres. »


Une défaite personnelle pour la Haute représentante


Face à un veto prévu et prévisible, la Haute représentante n’a rien fait ni pour l’amadouer ni pour le contourner. Devant la presse, elle a même caché les véritables rapports de force et a préféré présenté la position britannique comme une fatalité historique contre laquelle on ne peut rien faire. « L’unanimité est de règle dans ce domaine » a-t-elle expliqué pour se justifier. Ce qui est une erreur à la fois politique et juridique (le Traité de Lisbonne donnant des possibilités qui n’existaient pas dans le passé).

 

En l’occurrence, Catherine Ashton s’est donc davantage comportée comme un fidèle « toutou » des intérêts britanniques que comme une Haute représentante, indépendante, appliquant les Traités européens. Elle a également loupé une occasion personnelle de prouver sa capacité. Dommage, elle avait, là, l’occasion rêvée de démontrer ce que nombre de personnalités lui reprochent : son manque d’audace, son défaut d’appétence pour les questions de sécurité et de défense, son tropisme britannique, son talent à préférer sa carrière personnelle de l’autre coté de la Manche plutôt que l’intérêt général de tout un continent, etc.

 

(*) La première option consistait à établir une « capacité de conduite militaire de planification opérationnelle » comprenant toutes les compétences requises (du J1 au J9), qui viendrait compléter la capacité civile de conduite et de planification (CCPC) ; véritable centre d’opération, doté de toute l’infrastructure nécessaire, il pourrait  être co-localisé avec les autres structures de gestion de crise de l’UE afin de permettre une interface et une meilleure coordination entre les militaires et civils, avec la planification politico-stratégique et le SITCEN. La seconde option moins ambitieuse consiste à faire une meilleure utilisation des actifs et des structures existants.

Lire également :

 

  • Les deux options prévues par le rapport Ashton (docs de B2)
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