31.01.2013 21h24 Romandie.com (ats)
Naïf ou dangereux pacifiste selon ses détracteurs, l'ex-sénateur républicain Chuck Hagel a fait face jeudi à l'hostilité des anciens collègues de son parti lors de son audition de confirmation comme chef du Pentagone. Lui-même a cherché à endosser sans réserve la politique de Barack Obama.
Face à la levée de bouclier de certains élus de son propre camp contre la nomination de cet adepte du franc-parler, il a été mis sur la défensive par les sénateurs de la Commission des Forces armées. Ils ont concentré leurs questions sur ses positions passées et non pas sa vision de l'avenir du Pentagone.
Dans un échange tendu, son "vieil ami" John McCain l'a harcelé sur son opposition à la politique de renforts en Irak décidée par George W. Bush en 2007. Avait-il eu "raison ou tort" de s'y opposer, l'a pressé John McCain. Gardant son calme, Chuck Hagel a tenté de répondre que l'histoire en jugerait.
"L'histoire a déjà rendu son jugement sur les renforts et vous êtes du mauvais côté de l'histoire", l'a coupé le sénateur de l'Arizona. Cette politique dite du "surge" a entraîné 1200 tués américains supplémentaires en Irak. "Etait-ce nécessaire? (...) Je n'en suis pas certain. Cela ne veut pas dire que j'ai raison, cela ne veut pas dire que j'ai mal voté", a rétorqué l'ex-sénateur (1996-2008).
Colombe pacifiste mais forte
Soupçonné d'être une colombe, dont le pacifisme a été forgé sous le feu ennemi au Vietnam, il s'est voulu clair: "Nous n'hésiterons pas à recourir à toute la force de l'armée des Etats-Unis pour assurer notre sécurité. Mais nous devons aussi être intelligents, et plus encore, avisés, dans la façon dont nous employons la grande puissance de notre pays".
Il a repris mot pour mot la ligne politique du président Barack Obama sur les différents dossiers.
Sur l'Iran, "comme je l'ai dit dans le passé, toutes les options doivent être sur la table" pour empêcher Téhéran d'obtenir l'arme nucléaire. Son opposition au renforcement des sanctions remonte au début des années 2000: "Nous étions dans une situation différente avec l'Iran à cette époque".
Vis-à-vis d'Israël, il a promis de s'assurer que cet allié maintienne sa supériorité militaire sur le plan qualitatif par rapport au reste de la région. Sur le nucléaire, l'ex-sénateur qui avait soutenu l'initiative Global Zero, rassemblant de nombreuses personnalités internationales en faveur de l'élimination des armes nucléaires, s'est engagé à "maintenir un arsenal nucléaire puissant, sécurisé et prêt".
Et malgré les critiques, la Maison Blanche se veut confiante sur la confirmation par le Sénat de Chuck Hagel à la tête du Pentagone, malgré un faible soutien de la minorité républicaine.

