31/12/2012 Alain Ruello, Les Echos
Veolia , Daher , Ineo et Atalian se disputent un marché de 1,3 à 1,5 milliard d'euros.
Après des mois de report, c'est en principe fin février que Jean-Yves Le Drian doit décider du sort de l'un des plus gros projets d'externalisation en gestation au sein du ministère de la Défense : celui de la fonction habillement. Par sa taille, estimée entre 1,3 et 1,5 milliard d'euros sur huit ans, cet appel d'offres a suscité la convoitise des spécialistes de la logistique. Au point que quatre groupements, sur les six candidats au départ, ont remis des offres fermes fin septembre. Il s'agit de Daher, associé à Paul Boyé Technologies, de Veolia au travers de sa filiale « Défense environnement services » avec DCNS, d'Ineo (groupe GDF Suez), et d'un consortium associant notamment le canadien Logistik Unicorp et une société du groupe Atalian.
Le projet, qui a été lancé en juillet 2010, a néanmoins du mal à aboutir. Gérard Longuet, le prédécesseur de Jean-Yves Le Drian à l'hôtel de Brienne, devait décider en janvier dernier. Une échéance reportée en juin par l'équipe précédente puis, alternance politique oblige, au 18 décembre. Et à fin février désormais.
A cette date, le ministre de la Défense devrait en théorie trancher entre deux options. Conserver la fonction habillement en interne dans le cadre de ce que l'administration appelle une « régie rationalisée optimisée » (ou RRO). Ou bien la confier à l'un des quatre groupements en lice. Dans ce cas, l'externalisation de la fonction pourrait intervenir avant la fin de 2013.
Si Jean-Yves Le Drian confirme la piste du transfert au privé, le vainqueur de l'appel d'offres devra assurer pour le compte du ministère l'achat, le stockage, la livraison, voire l'adaptation (mesures, ourlets, poses de galons… aujourd'hui faite par des maîtres ouvriers tailleurs), de tout ce que portent les militaires des trois armées : chaussures, uniformes, chaussettes, képis…
Actuellement, cela représente 4.000 références gérées par le commissariat des armées (les gendarmes ne font pas partie de cet appel d'offres). Le lavage des effets pour les catégories de personnels concernés est même inclus dans le cahier des charges. On passerait alors d'un système dans lequel le commissariat lance chaque année des appels d'offres au mieux-disant, à un guichet logistique unique.
Compte tenu du contexte social, on peut imaginer que le ministre de la Défense apportera une attention toute particulière au volet social de l'externalisation, puisqu'elle implique le transfert d'une partie des 1.600 personnels de la fonction habillement. Ineo par exemple se serait engagé à réserver la moitié des 500 emplois qu'il créera en cas de victoire aux intéressés, selon nos informations. De source proche de Daher, on évoque le même pourcentage mais sur 700 à 800 postes au total.
L'autre volet sensible concerne la part de production qui se fera en France sur la durée du marché. Contactés, ni le ministère de la Défense ni aucune des entreprises citées n'a souhaité s'exprimer.
