18/05/11 par Emmanuelle Ducros - investir.fr
Le fabricant de batteries pour l’industrie et la défense publie ce soir un communiqué qui devrait provoquer des secousses sur le titre demain à l’ouverture.
Le groupe indique que Johnson Controls, qui est son partenaire dans une coentreprise fondée en 2006 (JCS) et visant à développer des batteries pour l’automobile, notamment sur le site en construction de Holland, dans le Michigan, demande à la justice de dissoudre cette coentreprise, dont Saft détient 49% actuellement.
Un litige oppose les deux sociétés sur le périmètre de JCS. Jonhnson Controls souhaiterait, selon Saft, produire des batteries à destination d’autres secteur que l’automobile, ce qui pour Saft, n’est pas l’objet de la coentreprise.
La justice américaine va désormais devoir se prononcer sur la paternité de la technologie mise en commun et sur la propriété des actifs. Pour ce qui concerne Saft, le groupe indique que « la valeur nette d’actif que représente JCS au bilan à la clôture de mars 2011 est d’environ 45 millions d’euros. Saft a enregistré une perte de 16,9 millions d’euros dans ses comptes 2010 au titre de sa participation à 49 % dans le résultat de JCS. »
Un impact potentiellement important sur la future croissance
Le groupe tente, dans son communiqué, de nuancer l’impact que pourrait avoir une décision de justice défavorable en indiquant être convaincu « qu’une séparation d’avec JCI ne l’empêcherait pas de se développer sur le marché des véhicules propres et réévaluera ses options une fois le litige résolu. »
On peut cependant légitimement penser que les développements du groupe vont prendre du retard, en cas de règlement défavorable de l’action judiciaire intentée par Johnson Controls. En effet, si l’on se rapporte aux projections faites par le passé par les dirigeants de Saft, la coentreprise JCS concentrait beaucoup d’espoirs.
Pour celle-ci, le groupe français était censé dépenser, toutes subventions déduites, 74 millions de dollars. Elle devait fabriquer à partir du second semestre 2011 des batteries pour véhicules propres, les mêmes que le groupe monte déjà à plus petite échelle en Gironde. Le potentiel était décrit comme «énorme» par John Searle, le PDG du groupe. Les revenus de l’ensemble devaient approcher 175 millions de dollars (130 millions d’euros) en 2012 ou 2013. Dans le même temps, l’équilibre opérationnel devait être atteint.
Au total, en 2015, la part de Saft dans ce projet et dans un autre développé en Floride , mais sans partenaire cette fois, devait équivaloir à un tiers des facturations de 2010.
