07/09 Par Alain Ruello - LesEchos
La DGA doit notifier des contrats d'études aux deux industriels pour l'aider à préparer le renouvellement des satellites Syracuse III. Il s'agit aussi de confirmer ou non la piste d'une coopération avec la Grande-Bretagne.
Les caisses ont beau être vides, le ministère de la Défense n'a pas complètement fermé les robinets. La Direction générale de l'armement (DGA) a donné ce vendredi le coup d'envoi à un programme important pour les armées et les bureaux d'études industriels : le renouvellement des deux satellites de télécommunication militaire Syracuse III A et B. Pour l'aider à mener ses réflexions, la DGA a confié à la branche services d'Astrium (groupe EADS), et à Thales Alenia Space (TAS), la co-entreprise entre Thales et Finmeccanica, deux contrats d'études de 9 mois chacun, a-t-on appris de sources concordantes.
Pour la filiale d'EADS, il s'agit d'une victoire symbolique, puisque les satellites de la famille Syracuse ont été jusque là la chasse gardée de TAS. Surtout, Astrium rêve de transposer en France le modèle de partenariat public -privé vendu au Royaume-Uni, ce que la société n'a pas réussi jusque là. Ce n'est pourtant pas faute pour la DGA d'avoir étudié le concept.
En 2008, le précédent gouvernement, cherchant à boucler sa loi de programmation militaire, a imaginé de vendre les satellites Syracuse III au privé. Le but ? Récupérer de l'argent frais -environ 400 millions d'euros selon les estimations retenues à l'époque -en échange d'un contrat de location de minutes de télécommunication avec le prestataire retenu. Peu ou prou ce que Londres a fait avec Astrium au travers du contrat Paradigm.
Bien que peu favorables au projet (baptisé Nectar), la DGA et l'Etat-major ont planché sur le sujet. Un appel d'offres a fini par être lancé auquel Astrium et TAS ont répondu. Pour rien finalement, puisque Gérard Longuet, l'ancien ministre de la Défense, a mis un terme à la procédure, les offres des deux concurrents s'avérant nettement inférieures aux espérances (« Les Echos » du 20 mars).
Plusieurs scénarii de coopération
Les satellites Syracuse resteront donc dans le giron de l'Etat, mais il s'avère d'ores et déjà nécessaire de réfléchir à la génération suivante, leur durée de vie courant jusqu'en 2019. D'où les contrats d'études confiées à Astrium et TAS. Ce faisant, les militaires vont pouvoir affiner leurs besoins, avec l'optique de confirmer (ou non) si une coopération avec leurs homologues anglais est réaliste, conformément à ce que prévoit le traité de Lancaster House de novembre 2010.
Un groupe de travail bilatéral planche sur le sujet, et a mis à jour plusieurs scénarii de coopération, même si, a priori, le Royaume-Uni est moins pressé de remplacer ses satellites que la France.
L'autre piste de coopération c'est bien sûr l'Italie puisque, dans le domaine des télécommunications militaires, Paris et Rome mènent deux projets en commun, Sicral 2 et Athena-Fidus.
