Sous-marins. Un mariage franco-allemand aurait du sens.
Le constructeur naval militaire français DCNS aimerait réaliser une alliance avec l'Allemand TKMS.
Photo d'archives Marine Nationale.
2 août 2011 letelegramme.com
Selon le Financial Times Deutschland, le constructeur naval militaire français DCNS et l'aciériste allemand TKMS seraient en contact afin de travailler ensemble.
[A_GUISNEL-Q]Comme le monstre du Loch Ness, le sujet ressurgit de temps à autres des brumes, depuis plusieurs années : le constructeur naval militaire français DCNS (détenu à 75% par l'Etat et à 25% par Thales) serait sur le point de rapprocher ses activités dans le domaine des sous-marins avec la filiale navale de l'aciériste allemand ThyssenKrupp, TKMS (ThyssenKrupp Marine Systems). Selon le Financial Times Deutschland du 1er août, les contacts seraient bien avancés. Les directions des deux groupes et le gouvernement allemand auraient été associés dans des conversations ; un premier contact aurait été pris entre le chef du conseil de surveillance de ThyssenKrupp Gerhard Cromme et l'ambassadeur de France à Berlin Maurice Gourdault-Montagne. Ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé à l'hôtel Matignon et ancien conseiller diplomatique de Jacques Chirac à l'Elysée, ce diplomate est un familier des négociations internationales de haut niveau et des marchés d'armement. Depuis des années, les Français de DCNS cherchent à se rapprocher des Allemands dans le domaine des sous-marins. Cette éventuelle alliance aurait du sens : après l'échec du rapprochement avec Navantia, l'Europe produit toujours sept modèles différents de sous-marins à propulsion classique. Les Français ont le vent en poupe : le contrat des SNA Barracuda assure un bon plan de charge à moyen terme, tandis que celui des Scorpène au Brésil a mis une belle plaque de beurre dans les épinards.
ThyssenKrupp dément
Les Allemands sont davantage à la peine, ont connu de gros déboires sur plusieurs contrats de sous-marins, et doivent restructurer d'urgence leurs chantiers. Pour autant, TKMS dément les informations du journal allemand. Un rapprochement complémentaire à celui que les deux industriels viennent d'annoncer dans les torpilles, n'est sans doute pas d'actualité.
L'Etat français maître à bord
Les Français exigent une position de leadership, et veulent clairement soumettre les Allemands à leur volonté. Quant à ces derniers, ils refusent d'engager des discussions sérieuses avec leur homologue français tant qu'il sera détenu majoritairement par l'Etat, qui est le véritable maître à bord. Dans l'industrie navale militaire, nombreux sont ceux qui rêvent d'un « EADS de la mer. » Mais pour un mariage, il faut être deux. Et à ce jour, le Français DCNS demeure bien seul ! [/A_GUISNEL-Q]

