Satellites de la constellation Galileo
21/10/2011 Alain Perez – LesEchos
Après deux jours d'extrême tension, les deux premiers satellites de la constellation Galileo, lancés de Guyane pour la première fois par la fusée russe Soyouz, sont désormais à poste et autonomes avec leurs panneaux solaires déployés
Embrassades, accolades, compliments en tout genre. Après deux jours d'extrême tension et un report de 24 heures, le premier tir du lanceur Soyouz depuis le centre spatial guyanais se termine en apothéose : les deux premiers satellites de la constellation Galileo sont désormais à poste et autonomes avec leurs panneaux solaires déployés.
Pendant les prochaines semaines, les centres de contrôle de Toulouse et de Darmstadt vont vérifier leur fonctionnement avant la mise en service opérationnelle. 'C'est un doublé historique', a estimé le président d'Arianespace Jean Yves Le Gall visiblement ému, en s'adressant aux nombreux VIP présents à Kourou.
Reste désomais à compléter la constellation Galileo qui comprendra 30 satellites dont 3 de rechange à l'horizon 2020. L'Union européenne devra débourser près de 7 milliards d'euros pour financer l'achat et le lancement des 28 satellites qui seront mis en orbite par des lanceurs Soyouz et Ariane 5, selon un calendrier encore indéterminé.
Les services liés au positionnement par satellite réprésentent actuellement un total de 124 milliards d'euros dans le monde et il devraient atteindre 244 mlliards d'euros en 2020. Il s'agit essentiellement de terminaux qui utiliseront les signaux diffusés par la constellation pour assurer des fonctions de guidage et de cartographie.
Pour le ministre de la recherche Laurent Wauquiez 'l'Union européenne doit investir dans l'espace qui est un nouveau champ de compétence, en s'appuyant sur les agences spatiales nationales existantes '.
Le prochain tir Soyuz est prévu pour le 16 décembre. Pour sa seconde mission en terre guyanaise, le lanceur russe emportera le satellite français d'observation de la terre Pléiades et un satelite d'observation pour les forces armées chiliennes. En vitesse de croisière, Arianespace table sur 2 à 4 lancements Soyouz par an qui viendront en complément des 6 tirs annuels effectués par le lanceur lourd Ariane 5.
A la fin janvier 2012, une nouvelle grande première est attendue à Kourou : le tir inaugural de la petite fusée Vega développée et financé majoritairement par l'Italie. Avec une capacité de 1,5 tonne, ce lanceur de poche est destiné à satelliser de petites charges utiles scientifiques. Il devrait assurer une ou deux missions par an à partir d'un nouveau pas de tir.
