02/10/2012 CNE Laetitia Périer Economie et technologie
Trois jours durant, Bordeaux et sa région ont accueilli les principaux acteurs du maintien en condition opérationnelle (MCO) aéronautique de Défense. L’ADS Show Europe, premier salon du genre, a permis à chacun de mettre en avant ses compétences et de rencontrer ses partenaires pour réfléchir aux enjeux et aux axes d’effort de cette thématique majeure pour la Défense.
25, 26 et 27 septembre. Trois jours d’informations, d’expositions, de rencontres et de discussions du maintien en condition opérationnelle (MCO) aéronautique de Défense pour les principaux acteurs, industriels ou étatiques, de ce domaine quelque peu méconnu mais essentiel au bon fonctionnement des forces armées. Son but : permettre aux unités de remplir leurs missions en opération et à l’entraînement en assurant la disponibilité d’un moteur ou d’un système.
Pour démontrer leur savoir-faire, pas moins de 84 exposants ont répondu présents, parmi lesquels des industriels tels que Dassault, Thalès, Cassidian ou Safran mais aussi des acteurs de la Défense comme la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la Défense (SIMMAD), le Service industriel de l’aéronautique (SIAé), la Direction générale de l’armement (DGA ), l’armée de l’Air, l’armée de Terre ou la Marine. Temps forts de ces trois jours : la venue du ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, et du chef d’état-major de l’armée de l’Air, le général Denis Mercier, ainsi que le survol du salon par l’A400M, nouvel avion militaire polyvalent attendu dans les forces en 2013.
Alors que la première journée s’est avant tout axée sur l’aspect formation et recrutement en invitant les lycéens et étudiants à découvrir les métiers liés au MCO aéronautique sur le campus de Latresne, les deux dernières journées se sont particulièrement attachées à permettre aux professionnels du secteur de se rencontrer et d’exposer sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac.
Sur plus de 16 000 m², tables rondes, ateliers, stands professionnels et expositions de matériels (sièges éjectables, moteurs, systèmes embarqués…) ont permis notamment de montrer que les armées sont un acteur incontournable du MCO aéronautique et ont développé des compétences qui leur permettent, en dehors de toute logique industrielle, d’intervenir sur les théâtres d’opérations pour garantir la disponibilité opérationnelle des forces. Dans cette logique, l’armée de l’Air a par exemple exposé un Mirage 2000 et fait une démonstration de recul moteur alors que l’armée de Terre a présenté des opérations de soudage sur hélicoptère.
« […] le MCO, ce n’est pas que du soutien au sens de la logistique mais que c’est une vraie capacité militaire. »
Pour le général Jean-Marc Laurent, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, officier général chargé, pour la Défense, de la zone de soutien de Bordeaux, commandant le soutien des forces aériennes et coordinateur de la contribution de la Défense au salon, il s’agissait « de montrer que le MCO, ce n’est pas que du soutien au sens de la logistique mais que c’est une vraie capacité militaire .[…] Ce qui est très important dans ce salon, c’est de montrer que la Défense a bien entendu des compétences industrielles au travers du SIAé par exemple, des compétences programmes au travers de la DGA, de gestion au travers de la SIMMAD mais nous avons également des compétences opérationnelles, qui relèvent de chacune des armées, qui sont de l’ordre du militaire ».
Autre objectif de ce salon : renforcer les liens entre les armées et l’industrie et trouver des voies innovantes dans la maîtrise du MCO. Il s’agit notamment de jouer sur la proximité géographique des acteurs civils et militaires, proximité particulièrement marquée dans le Sud-Ouest où l’on trouve tout à la fois des bases aériennes, des régiments d’hélicoptères, Dassault, Thalès, Sabena Technics et tout un tissu dense de PME et PMI spécialisées dans l’aéronautique. L’arrivée de la SIMMAD à Bordeaux après celle du Commandement du soutien des forces aériennes (CSFA) entre d’ailleurs dans cette logique comme le souligne le général Laurent : « Aujourd’hui, le MCO c’est en grande partie une bataille contre le temps [….] Le fait que la SIMMAD nous rejoigne à Bordeaux va permettre d’accélérer le temps et de travailler en direct. […] Or plus on gagne du temps, plus on génère d’économies sur le coût global du MCO. »
Avec près de 3 700 visiteurs enregistrés durant ces trois journées, le salon peut se targuer d’avoir rencontré un succès certain qui conduira peut-être à une seconde édition d’ici deux ans.


