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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:54

Carte-Regionale-AQMI-344 2 0

 

29.11.202 slateafrique.com

 

Le chroniqueur algérien Chawki Amari dresse un tableau des ressemblances entre les situations au Mali et en Afghanistan

 

Par définition en géométrie euclidienne, des droites parallèles ne se croisent jamais. Sauf par courbure de l'espace-temps, avec l'intervention des puissances internationales.

  • L'islamisme

Force morale et militaire, l'islamisme n'est plus à présenter. Mélange de religion, de tribalisme, de guerre et d'infiltration de tous les services secrets du monde, le djihadisme, courant radical du radicalisme islamiste, a encore le vent en poupe, alimenté par l'impasse démocratique et l'injustice des puissances mondiales.

Si l'islamisme, matrice idéologique du djihadisme, est plus ou moins financé par des Etats riches et conservateurs comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar, son excroissance s'autofinance dans une large mesure grâce aux prises d'otages, razzias et prélèvements forcés d'impôts islamiques, commerce de drogue et contrebande transfrontalière.

 

Pour asseoir un ordre moral paramilitaire et comme l'on fait les Talibans avec les Bouddhas du Bâmiyân, les islamistes ont commencé leur carrière au Nord Mali en détruisant des marabouts, symboles «païens» d'un islam traditionnel du culte des Saints. La méthode est signée, il s'agit du wahhabisme saoudien, purisme archaïque des origines qui vise à délaisser tous les symboles d'adoration à d'autres qu'à Dieu, y compris la tombe du Prophète Mohamed lui-même, abandonnée (en Arabie Saoudite) pour éviter qu'on aime l'homme plus que son message.

 

Moteur de la résistance, fourre-tout d'illuminés et de paramilitaires, c'est encore une fois l'islamisme qui va jouer dans l'intervention étrangère, étendard de ralliement. D'autant que contrairement au sexe ou à la religion, l'islamisme ne fait pas de distinction de race ou d'appartenance ethnique. Touaregs, Noirs ou Blancs, Songhaïs, Peuls, Berabiches, Reguibats, Toubous ou Arabes sont les bienvenus, pourvu qu'ils aient une arme (voire un arsenal) et une dent (voire un dentier) contre l'Occident. Une auberge espagnole, sans alcool et sans Espagne.

  •  
    L'afflux des combattants étrangers

Ils étaient déjà présents avec l'arrivée des groupes de Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) dans les régions Sahélo-sahariennes et ont profité de la démission de l'État malien et de l'offensive des Touaregs du MNLA (indépendantistes) pour s'installer entre la boucle du fleuve Niger au Sud, le Niger à l'Est, la Mauritanie à l'Ouest et l'Algérie au Nord, pour y consolider leurs bases.

 

Mais depuis l'imminence de l'intervention internationale, les services secrets, qui observent en permanence la région, ont pu noter l'arrivée d'une nouvelle vague de combattants djihadistes: mauritaniens, nigériens ou algériens, mais aussi soudanais, yéménites ou saoudiens, et même nigérians de la secte Boko Haram, venus en renfort pour l'un des combats finaux entre Dieu et le Diable, même si dans certaines régions, ils semblent se faire tout petit en prévision de l'attaque.

 

Reste à définir le rôle à jouer de tous ces groupes qui évoluent dans ces zones grises: groupes du crime organisé, spécialisés dans la vente d’armes, le trafic de drogue ou la traite humaine, connectés aux groupes djihadistes, mais pas forcément avec l'envie de se battre contre le reste du monde. Dans tous les cas, c'est une Internationale, fixée pour combattre l'autre Internationale, dans un combat à l'air de déjà-vu, entre les forces du bien et du mal.

  • L'absence d'État

Comme en Afghanistan ou en Somalie, l'islamisme se greffe sur des zones désertées par l'État, par un processus de maturation en plusieurs phases, dont la première est de se relier, de s'allier et d'épauler les groupes du crime organisé ou de revendication politique déjà présents dans la région, puis de les ramener à eux en leur prêtant aide militaire, protection et assise internationale.

 

Mais en l'absence d'État et de règles claires, les groupes deviennent souvent rivaux. Comme en Afghanistan d'ailleurs, les forces étrangères partie prenante de l'intervention, vont s'appuyer sur le MNLA (Touaregs laïcs indépendantistes). La question du rôle de Ansar Dine (Touaregs islamistes, opposés à l'indépendance de l'Azawad), n'est pas encore définie, celui-ci préférant prendre ses distances avec le MNLA et Al-Qaïda, mais sans  condamner ni l'un ni l'autre, pour des raisons de survie.

 

Mais comme en Afghanistan encore, les liens tribaux vont jouer. Une partie des djihadistes pourra trouver refuge dans les pays voisins, au Niger, Mauritanie, Algérie, Libye et Tchad, où les États centraux ont du mal à intervenir dans leurs zones tribales, à l'image du Waziristan pakistanais, où Ben Laden vivait comme un panda protégé avant de finir comme un poisson sous l'eau.

  • Le relief

Contrairement à ce que l'on pense, le Nord du Mali n'est pas un désert plat où le moindre mouvement peut se détecter à partir de satellites ou de drones. En réalité, au-delà des grandes plaines sableuses au Nord du fleuve Niger, la région est un ensemble de montagnes, avec comme en Afghanistan, d'innombrables grottes (comme à Bouressa ou Okawan, marché d'achat d'armes) et de plateaux, regs caillouteux, mines de sels labyrinthiques (Taoudeni), collines (Tigharghar), vallées arides (Tilemsi) ou touffues (aux abords de l'Adrar des Ifoghas) ou de villes serrées comme Tombouctou et Gao, où il est relativement aisé de survivre caché.

 

De fait, et comme en Afghanistan, les bombardements aériens et les avancées au sol vont être compliquées par un terrain difficile que seuls les Touaregs connaissent bien. Si les djihadistes se préparent déjà, le MNLA (indépendantistes touaregs du Nord) va probablement jouer le rôle de l'Alliance du Nord afghane, et épauler, voire jouer les éclaireurs dans cette guerre contre Al-Qaïda et les mouvements djihadistes affiliés.

 

Les affrontements entre le MNLA et le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique) ont d'ailleurs déjà commencé, rendus difficiles par l'immensité du territoire. En effet, on estime à deux millions de kilomètres carrés, soit quatre fois la surface de la France, la zone où se déroulera l'intervention des forces alliées.

  • L'armement

En plus de l'armement malien abandonné par l'armée au Nord (les 3/4 selon les experts), pendant les premières offensives du MNLA, les islamistes sont lourdement armés, présents sur le marché international dérégulé des armes grâce aux fonds essentiellement récupérés dans les prises d'otages (de un à 10 millions d'euros par tête) et le trafic de drogue (40% des drogues dures en provenance d'Amérique du Sud transitent par le Sahel pour arriver en Europe).

 

Mais depuis le démantèlement de l'armée libyenne, d'autres armes sont arrivées dans le Nord Mali. Contrairement au Niger, où les Touaregs kadhafistes n'ont pas pu rapatrier leurs armes, les Touaregs maliens qui opéraient dans les armées libyennes ont pu faire entrer leurs cargaisons en rejoignant le Mali. Si ces combattants démobilisés n'ont pas tous rejoint les troupes de l'AQMI, du Mujao ou de Ansar Dine, un nombre d'entre eux ont revendu leurs armes aux mouvements islamistes, la région étant complètement abandonnée, en proie au chômage et à l'inactivité.

 

Après une phase de nomadisme dans les régions sahélo-sahariennes, c'est dans cette région entre le massif de l'Ifoghas et les frontières des États voisins que les islamistes se sont constitués des bases et ont caché un stock impressionnant d'armes de tous types, lance-grenades, mitrailleuses avec visée anti-aérienne, fusils automatiques (près de 80.000 kalachnikovs sont disséminés dans le Sahel), munitions, grenades, explosifs (Semtex), ainsi que l’artillerie légère anti-aérienne montée sur véhicule (calibre légers bitubes), selon le rapport de l'ONU de 2012.

 

Libya defenceWeb

 

Ce sont ces dernières armes, canons aériens et antichars (RPG 7), missiles MILAN (livrés par la France à Kadhafi) et les soviétiques Strela-2 et SA-7 Grail, des lance-roquettes très légers qui peuvent atteindre des appareils volants à 1.500 mètres, qui font peur à tout le monde. Comme en Afghanistan, où les missiles américains Stinger avaient été distribués par l'armée US pour combattre l'Union soviétique, les redoutables missiles sol-air russes sont un véritable danger pour tout avion ou hélicoptère circulant dans la région.

 

L'utilisation de drones sera le principal atout des armées étrangères, avant une éventuelle intervention au sol, avec un coût déjà estimé à un milliard de dollars pour une année. On estime à 2.000 au jour d'aujourd'hui l'effectif des djihadistes, contre 3.300 pour l'instant, celui des armées étrangères. Si dans le désert, des parallèles peuvent se croiser, les dommages collatéraux sont imprévisibles. La géométrie et la théorie des chocs n'y sont pas une science exacte.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 14:03

ISAF-Logo

 

20/11/2012 Sources : EMA

 

Le 20 novembre 2012 à 10h, a eu lieu la cérémonie officialisant le transfert de la base opérationnelle avancée (FOB) de Nijrab au 201ème corps de l’armée nationale afghane. Le départ des soldats français de Nijrab marque la fin des opérations françaises en Kapisa et le retrait des troupes participant directement aux actions de combat en Afghanistan.

 

Jusqu’à cette date, 500 militaires étaient encore présents sur la FOB de Nijrab : les derniers soldats du Battle Group Acier, des conseillers (advisory team) du kandak 33 et des éléments de la Task Force (TF) La Fayette.

 

A l’issue de la cérémonie de transfert, entre le général Hautecloque, commandant la TF La Fayette,  et le général Waziri, commandant le 201ème corps de l’armée nationale afghane, les militaires français présents ont rejoint le camp de Warehouse à Kaboul, avant de rentrer en France d’ici la fin de l’année. Il s’agit principalement de soldats du 16èmebataillon de chasseurs de Bitche (16ème BC), du 13ème régiment du génie (13èmeRG) de Valdahon et du 19ème régiment du génie (19ème RG) de Besançon.

 

Le désengagement de la FOB de Nijrab s’est parfaitement déroulé. L’ensemble du matériel présent sur la FOB a fait l’objet de plusieurs convois logistiques vers Kaboul. Il sera rapatrié vers la France dans les mois à venir.

 

Les derniers éléments français encore présents à Naghlu et à Mahmud E Raqi seront désengagés dans les prochains jours. Il s’agit des AT des kandak 34 et 35 et d’un détachement de liaison.

 

Les militaires français opèrent en Kapisa depuis l’été 2008, lorsqu’un groupement tactique interarmes (GTIA) a été déployé afin de permettre l’implantation de la 3ème brigade du 201èmecorps de l’armée nationale afghane (ANA) et des OMLT (Operationnal Mentor and Liaison team) chargées d’accompagner sa montée en puissance.

 

Le premier GTIA a été déployé sur les bases de Tagab et de Nijrab, succédant à un contingent américain. Durant l’hiver 2008 et au printemps 2009, des opérations d’envergure ont permis la construction de trois postes avancés en vallée d’Alasay et l’installation de postes de combat et de contrôle le long de l’axe Vermont, permettant aux forces de sécurité afghanes (ANSF) de reprendre pied dans ce sanctuaire des insurgés.

 

Le 1er  novembre 2009  a été créée la brigade française Task Force La Fayette,  placée sous les ordres du commandement régional Est (RC-E). Les unités françaises déployées en Surobi et Kapisa ont alors été rassemblées sous un même commandement. Les OMLT françaises déployées dans les provinces du Wardak et du Logar, ont été redéployées en Surobi et Kapisa, permettant ainsi le mentoring de la totalité de la 3ème brigade afghane.

 

Au printemps 2010, les militaires français ont concentré leurs efforts avec l’armée afghane (ANA), dans le Sud de la Kapisa, pour repousser les forces insurgées et renforcer les postes et bases de l’ANA. Les opérations Synapse (lien vers la brève) et Hope 4 Reaction (lien vers la brève) ont permis de renforcer le contrôle le long de l’axe Vermont. Fin 2010, une OMLT supplémentaire est mise en place par la France pour mentorer les unités supplémentaires de la 3ème  brigade qui poursuit sa montée en puissance.

 

Fin 2010 et début 2011, les militaires français ont conduit une campagne d’opérations, avec en particulier la jonction entre les éléments du Nord de la Kapisa et du Sud, qui se fait le 15 février 2011 lors de l’opération Storm Rumbling (lien vers la brève). Les progrès réalisés par les soldats afghans ont permis aux militaires français d’adapter leur mode d’accompagnement. Ainsi, à la mi 2011, la brigade afghane et la brigade française établissent un partenariat entre leurs unités pour opérer conjointement.

 

Dorénavant, les militaires français se placent en appui des soldats de l’ANA qui opèrent en première ligne.

 

Le désengagement du dispositif français a commencé à l’automne 2011, avec le transfert des premières emprises aux ANSF. Aujourd’hui, sur 6 000 hommes des forces afghanes déployés en Kapisa et Surobi, environ 4 000 le sont en Kapisa dont 2 200 militaires et 1 800 policiers (nationaux et locaux). Aujourd’hui, les forces afghanes sont capables de planifier et de conduire les opérations de sécurisation de façon autonome.

 

Tous ces progrès ont permis d’aboutir à l’inscription de la province de Kapisa au processus de transition et à la cérémonie officielle le 4 juillet 2012.

 

Intervenant après le désengagement de la FOB de Tagab, le 30 septembre dernier (lien vers la brève), le transfert officiel de la FOB Nijrab marque le départ des derniers éléments du BG Acier et de la TF La Fayette. Cette cérémonie marque la fin de l’appui direct aux opérations des ANSF et donc une autonomie renforcée de celle-ci dans la province.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 17:25

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/00/00/265661017.jpg

 

14.11.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Après les Africains qui se sont mis en ordre de marche dimanche dernier à Abuja, c’est au tour des Européens de préciser leurs intentions sur la question sahélienne et la reconquête du nord du Mali.

 

Jeudi, les cinq pays du groupe Weimar+ (France, Allemagne, Pologne, Italie et Espagne) se réuniront à Paris, à l’initiative du ministre français de la Défense qui entend toujours relancer l’Europe de la défense. Outre les questions industrielles et capacitaires (on pense aux drones, aux ravitailleurs et aux services de santé qui pourraient être mutualisés), la question des opérations conjointes (dont la très probable intervention au Mali) sera abordée.

 

Lundi 19, ce seront les contours de la future mission EUTM Mali (EU Training Mission Mali) qui devraient être esquissés lors de la réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, à Bruxelles.

 

Cependant, tous ceux qui attendent qu’un inventaire détaillé et un agenda précis soient rendus publique à l’issue de ces deux réunions risquent d’être déçus. « On ne se situe pas encore dans le décisionnel », prévient-on au cabinet de Jean-Yves Le Drian où l’on se félicite toutefois des progrès réalisés sur le dossier malien : « Le Mali, c’est la première case qui a été cochée dans la colonne Europe de la Défense ». Effectivement, si les espoirs français se concrétisent, c’est bien une opération de formation et de soutien européenne qui sera effectuée au Mali.

 

eutm.jpg

 

La comparaison avec l’UETM Somalie est tentante. Cette mission de formation a été lancée en avril 2010 (son mandat court jusqu’à la fin 2012) pour former, en territoire ougandais, les troupes gouvernementales somaliennes. Seize Etats de l’UE ont contribué et fourni 125 instructeurs qui ont déjà encadré 3 000 soldats somaliens. Belle mission, mais qui a bénéficié de l’aide logistique et financière US et qui a impliqué au moins une entreprise privée : Medical Support Solutions (un marché initial de 4,9 millions d'euros) puisqu’aucun pays n’avait fourni de contribution dans le domaine médical.

 

 

 

Dans le cas de la future EUTM Mali, plusieurs questions attendent toujours des réponses :
- qui va fournir des formateurs et/ou du financement ? Combien de formateurs faudra-t-il pour que l’armée malienne soit rapidement opérationnelle ?
- combien de soldats maliens seront formés ?
- Où aura lieu la formation ? En fonction du lieu se posera aussi la question de la « force protection ».

 

Quid du SAV ? La formation ne constitue qu’un pan de l’effort européen pour contribuer à la reconquête du Nord. Un soutien logistique (tant au profit des forces maliennes qu’au profit des forces UA/Cédéao) est impératif. La question du renseignement est également posée : faut-il ne compter que sur les capacités européennes (dans ce cas, un recours au privé pour des opérations aéroportées est envisageable) ou espérer que l’aide US se concrétisera par le déploiement de moyens satellitaires et aériens ?

 

mali.jpg

 

Dernier aspect, et non des moindres : la planification (faiblesse africaine persistante). Au moins trois experts français ont pris part aux études qui ont débouché sur le fameux concept opérationnel entériné à Bamako ; mais il va falloir faire davantage. Les réponses à ces questions pourraient être données seulement après le feu vert de l’Onu qui va se pencher, fin novembre, sur un éventuel mandat sous chapitre VII. Le conseil de sécurité devra, s’il donne ce feu vert, nommer une « lead nation ». Paris ne tient pas à assumer ce rôle puisque la reconquête est une affaire africaine et le soutien une affaire européenne. L’Union africaine (qui a hier soir approuvé l'envoi d'une force internationale au Mali) pourrait se voir confier ce rôle (qu'elle tient déjà en Somalie) ; un tel choix impliquerait alors des pays comme l’Algérie, la Mauritanie, l’Afrique du Sud…

 

A l’Afrique donc de fournir les troupes combattantes ; aux Européens de fournir des formateurs et des moyens « en soutien pour une réponse globale », comme l’a encore rappelé, mardi, Jean-Yves Le Drian. L'air est désormais connu puisque c'est celui que joue la France en Afghanistan. Pourtant, François Hollande l'a assuré hier: c'est au Sahel "qu'il y a les plus grands dangers pour notre pays".

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 08:00
British general reports on Afghanistan progress

Lieutenant General Adrian Bradshaw talks about security in Tagab Valley with a French Army serviceman, in a guard tower at Forward Operating Base Tagab, Afghanistan – Picture ISAF

 

18 Oct 12 UK MoD -A Military Operations news article

 

Lieutenant General Adrian Bradshaw, having recently completed his 12-month tour in Kabul as the Deputy Commander ISAF and UK National Component Commander, gave a briefing to media in the MOD's Main Building yesterday, 17 October.

 

The General began by saying that it might come as a surprise, given that some of the media commentary on the Afghan campaign had not been one of unmitigated success, that his message was essentially one of good news.

 

He said that ISAF was stepping back from the combat role that it had had in the early days and was increasingly mentoring and advising the Afghan National Security Forces (ANSF) who were successfully taking over that responsibility. As a result of disengaging from the combat role, ISAF was suffering between 38 and 40 per cent fewer casualties when compared to last year's figures.

 

Around three-quarters of the Afghan population now lived in areas of transition where the ANSF were taking the lead in providing security.

 

The insurgent threat

 

Over the years the insurgents' objective has been to achieve dominance in the populated areas of Helmand and Kandahar provinces. Last year they campaigned strenuously to recover and get control of the districts that had been ceded to the Afghan Government:

    "In trying to do that the insurgents manifestly failed, and in fact they saw reverses in their fortunes" said the General. "Instead we saw the influence of the government and of the ANSF extended over the year up to Kajaki, and security was established in places like Marjah, which you may remember was once described as 'the bleeding ulcer of Helmand'.

    "I walked down there a number of months ago with US and Afghan forces without body armour, without helmet, I went into an internet café, talked to members of the local Afghan police and the place was very changed from the picture 12 months ago."

 

Across the country there has been a nine per cent decrease in enemy attacks, a steady downward trend that has continued throughout 2012.

 

British general reports on Afghanistan progress

An Afghan National Army honour guard leads a parade formation of newly-graduated non-commisioned officers during a ceremony at Camp Ghazi, Kabul, Afghanistan – Picture ISAF

 

This trend could be seen in an even more favourable light said General Bradshaw as they had been coloured by the fact that there had been a number of significant operations into insurgent sanctuaries in northern Helmand and elsewhere which prompted quite a lot of response from the insurgents in terms of direct fire attack:

    "One of the effects that we have seen this year which is quite marked is the displacement of violence out of the main populated areas and out to the margins," he said.

 

In the second quarter of 2012 compared to the same period of last year statistics show a 30 per cent reduction in the number of Afghans living within one kilometre of an enemy-initiated attack, and in the third quarter the figure had gone down to 13 per cent:

    "We are seeing the effects of this on the population in our survey data," said the General. "The level of concern about security has dropped in relation to other concerns such as employment, provision of electricity and missing bridges - which is a good sign."

 

All of the signs showed that the insurgents were under pressure. Thanks to a poor poppy harvest and vigorous counter-narcotics activities, such as eradication programmes, seizures of caches and very effective interdiction operations, the insurgents' traditional revenue had been hit and they had made very little money from narcotics last year.

 

As a result the insurgents are short of equipment. Partly because of this, improvised explosive device (IED) attacks are ten per cent down across the country compared to last year's numbers.

 

An indicative example being the increasing cost of making IEDs:

    "Last year an IED would cost on average $200 [US dollars] to make, whereas now they are costing between $600 and $800."

 

 

British general reports on Afghanistan progress

Lieutenant General Adrian Bradshaw checks ground position from a Black Hawk helicopter carrying him and the commander of Task Force Lafayette, Brigadier General Eric Hautecloque Rayz of the French Army, over Afghanistan – Picture ISAF

 

The insurgents' response to this is grim and points to desperation:

    "In Sangin, insurgents are targeting people whose family members have accidentally triggered IEDs, usually with dire consequences, forcing them to publicly apologise; they then flog them and recover the cost of the IED from them."

 

There has been a 15 per cent reduction in explosions across the country since last year which points to an improvement in the find and clear procedures. And in the last three years the number of IED attacks resulting in deaths of ISAF troops has reduced from 25 to 12 per cent:

    "We continue to bear down on the use of IEDs; of course they remain a significant threat, and it is never time to get complacent about it," said the General.

 

Insurgents lose heart

 

General Bradshaw went on to describe the effect that all this was having on the Taliban's leadership which was showing ever-widening fractures. He referred to an unclassified open source report by a senior Taliban leader published in a newspaper. The context was surprisingly downbeat, free from the usual insurgent rhetoric:

    "The Taliban capturing Kabul," one paragraph began, "is a very distant prospect."

    "This tells us that they are beginning to realise that they cannot achieve their aims by military means alone. That means they know they have to choose the political path," explained the General, who also pointed out that the text made no reference to 2014 or the possibility that things might improve for the insurgents after that.

 

Reintegration

 

As it seemed that the message was beginning to seep into the insurgent's mind that it was time to engage with the legitimate political process, reconciliation and reintegration were gaining momentum to bring the low-level fighters back into the communities:

    "There is a very effective bureaucracy across the country to allow this to happen, and we have already 5,000 folk in the programme with several hundred more in waiting," said Lt Gen Bradshaw. "The beneficiaries of this are the communities, and the elders vouch for those in the programme."

 

He acknowledged that although this was not yet a game-changer, it was significant.

 

British general reports on Afghanistan progress

Afghan soldiers document siezed bomb-making materials following a successful strike operation. Lieutenant General Bradshaw explained that the success of such operations across Afghanistan has made the devices very costly for insurgents to produce – Picture ISAF

 

Afghan National Security Forces

 

The ANSF had surprised many with the level of progress they had made, said the General. Now a third-of-a-million-strong, three-quarters of the Afghan National Army who were being partnered by ISAF were now in the top three categories of proficiency and improving all the time:

    "The ANSF are doing between 85 to 95 per cent of all their own training, Afghan instructors are training their own soldiers, with us advising, but more and more standing back."

 

Their forces in the field have for some time been doing the planning for their operations, and leading in the field, executing very competently at brigade-level, which the General described as 'operations of some sophistication'.

 

Where the terrain allowed, such as in Regional Command (East), the ANSF were also leading operations at Corps-level, with brigades manoeuvring in the field:

    "There's a bit of tough love in our support, if our advisers see a kandak is running short of water, then they will ask the commanders what they intend to do, but you won't see lots of ISAF water for the troops to drink. A few days going thirsty drives home the lesson," said General Bradshaw.

 

As a consequence, logistics, which had been a weak link, was now being solved. The process for getting supplies was better understood and being factored into the planning.

 

The strength of the ANSF artillery and special forces had proved themselves and even close air support was developing nicely, as was the Afghan casualty evacuation capability. All in all, this progress, said General Bradshaw, was instilling confidence not only in the ANSF but in the communities that they serve.

 

British general reports on Afghanistan progress

Lieutenant General Adrian Bradshaw welcomes Danish Prime Minister Helle Thorning-Schmidt to ISAF Headquarters in Kabul – Picture ISAF

 

Insider threat

 

The General stressed that the insider threat, known as 'green on blue' incidents, was being taken extremely seriously at the very highest level:

    "Any family who loses a family member to combat operations has our deepest condolences. If they lose a family member to an insider attack, clearly this can be even tougher to deal with and understand," said the General.

 

He said that Commander ISAF was dealing with this personally and was determined to grip this issue, and that the Afghan President, Hamid Karzai, was also taking the problem seriously.

 

General Bradshaw went on to say that the Afghan Army was now a very professional organisation with good systems within it, geared up to spotting and dealing with soldiers who looked as if they were becoming disenchanted, or whose behaviour was causing concern.

 

The General was also keen to stress that ISAF and Afghan security forces had many thousands of interactions every day of the week:

    "Every day we see their professionalism and their commitment, and we also see the very effective and close working relationship that we have with them."

 

Still much to do

 

General Bradshaw acknowledged that there was still a lot to do but pointed out that there was still two years of development time and he was robust in his view that improvements, partly inspired by the tough love of the ISAF advisers, would be sufficient. The ISAF model, to carefully draw back in graduated stages as the various levels of ANSF capability and confidence grew, was proving to be effective:

    "There will be no sudden cliff-edge draw back, it will all be carefully managed and modulated, and at the end we are confident the Afghans will be well able to take over the job," said the General.

 

He said that it was impressive to see how the locals viewed their security forces and clearly took pride in having their sons and brothers looking after their security.

 

Lt Gen Bradshaw concluded by paying tribute to UK and ISAF troops and the achievements they were making thanks to their skill, patience, courage and great endurance.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 12:59

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelle-du-theatre-afghan-1/2008653-1-fre-FR/desengagement-de-4-gazelle-du-theatre-afghan-1.jpg

 

12/10/2012 Sources : EMA - Opérations

 

Dans la nuit du 6 au 7 octobre 2012, quatre Gazelle du bataillon d’hélicoptères (BATHELICO) ont quitté le sol afghan pour regagner la France.

 

Dans le cadre du désengagement des troupes françaises d’Afghanistan, un Antonov 124 en provenance de la base aérienne d’Istres a embarqué quatre hélicoptères de manœuvre de type Gazelle ainsi que du fret technique le 6 octobre dernier. L’opération, réalisée en moins de trois heures par le détachement de transit interarmées, met un terme à cinq années de présence du détachement Gazelle en Afghanistan.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-3/2008692-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-3.jpg

 

Les équipages Gazelle ont réalisé près de 7000 heures de vol, partagées en missions d’appui, de renseignement ou d’escorte. 5000 missions de jour comme de nuit, contribuant à la sécurité des opérations conduites par l’ensemble des bataillons français engagés dans les vallées d’Uzbeen et de Kapisa ou entre Kaboul et Nijrab. Au cours de ces missions, ce sont plus de 60 missiles HOT qui ont été tirés, que ce soit en appui des troupes ou en destruction d’objectifs à forte valeur ajoutée tels que des caches d’armes ou des véhicules IED.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-4/2008697-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-4.jpg

 

Le retrait des hommes et des matériels avance à grands pas. Les moyens du BATHELICO sont passés de 14 à 8 aéronefs. Clin d’œil du jeu des relèves, ce sont les équipages du 1er régiment d’hélicoptères de combat qui, après avoir ouvert aux Gazelles le ciel afghan en septembre 2008, les raccompagnent à Pau. Le BATHELICO conserve 4 hélicoptères de manœuvre de types Cougar et Caracal et 4 hélicoptères Tigre afin de poursuivre sa mission d’appui des troupes au sol ou d’évacuation médicale (MEDEVAC).

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-5/2008702-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-5.jpg

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 17:20
Afghanistan: les "attaques de l'intérieur" pourraient accélérer le retrait de l'Otan

 

02/10/2012 Par LEXPRESS.fr

 

Une cinquantaine de soldats occidentaux ont été tués par des attaques "green on blue" de soldats ou policiers afghans qui retournent leurs armes contre les militaires de l'Otan, en 2012. Cette situation pourrait accélérer le retrait prévu en 2014, a admis le secrétaire général de l'Otan.

 

Les attaques "green on blue" vont sans doute accélérer le retrait des forces de l'Otan basées en Afghanistan, a déclaré Anders Fogh Rasmussen dans une interview au Guardian, publiée lundi. Le secrétaire général de l'Alliance admet que la pression causée par les attaques de soldats ou policiers afghans qui retournent leurs armes contre les militaires de l'Otan (green on blue) sape le moral des troupes de la force multinationale en Afghanistan (Isaf).  

 

"D'ici à 2014, nous allons adapter notre présence. Nos troupes pourraient être redéployées, assumer d'autres tâches, voire se retirer; ou bien nous pouvons réduire leur nombre" a répondu le secrétaire général aux questions du quotidien britannique.  

 

Rasmussen a en effet reconnu que la cinquantaine de soldats de l'ISAF tués par des attaques "green on blue" a nui à la relation entre l'ISAF et les forces de sécurité afghanes. Début septembre, l'une de ces attaques a conduit à la suspension de l'entraînement des policiers Afghans. 

 

>>> Lire La police afghane infiltrée par les talibans 

 

La dernière en date de ces "attaques de l'intérieur", celle d'un homme vêtu d'un uniforme de policier a causé la mort de trois soldat de l'Isaf, et d'au moins 13 civils afghans lundi. Environ 1 soldat de de l'Otan sur 5 est tué par une attaque green on blue a de son côté estimé, dimanche, le général John Allen, le commandant de l'Isaf lors de l'émission 60 minutes de CBS.  

 

Le plan de départ des forces occidentales en Afghanistan, fin 2014, prévoit le passage de relais de la sécurité du pays aux 352.000 membres des forces afghanes, après leur formation. La croissance rapide de l'appareil de sécurité aux ordres du gouvernement de Kaboul est jugée indispensable pour le succès de ce transfert.  

Une stratégie d'Infiltration des talibans

Le général français Olivier de Bavinchove, chef d'état-major de l'Isaf et numéro 3 de la coalition, attribue en partie ces attaques à une différence culturelle: "Une des raisons profondes des green on blue, c'est beaucoup plus une question d'éducation. Les Afghans ont été habitués pendant des siècles à régler les conflits par la violence, y compris les conflits domestiques". 

 

Mais Anders Fogh Rasmussen voit quant à lui dans cette hausse des attaques une stratégie d'infiltration des talibans, facilitée par le recrutement accéléré exigé pour le plan de retrait de l'Otan. Jusqu'à présent, l'Otan évaluait que 25% des attaques green on blue étaient liées à l'infiltration d'insurgés dans les rangs des forces afghanes. Le reste des pertes serait dû, selon certains analystes, au ressentiment des soldats et policiers afghans vis-à-vis de l'Alliance.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 16:40

Mali slodiers 400x300

 

01/10/2012 Jean-Dominique Merchet Tribune libre

 

Le nord du Mali s’étend, à peu de choses près, sur la même superficie que l’Afghanistan (650.000 km2). Comme lui, c’est un pays enclavé, une zone sans débouché sur la mer. Leur principale différence : la population y est clairsemée avec moins d’un million et demi d’habitants, soit deux par km2…  Il n’y a que trois villes : Gao, Kidal et la célèbre Tombouctou. C’est un territoire immense et vide, au cœur de l’Afrique. Un territoire refuge tombé sous la coupe des islamistes radicaux, l’équivalent africain des talibans afghans. Ils ne sont pas nombreux : quelques milliers de combattants tout au plus, sans doute moins pour le noyau dur.

 

A la suite de la chute de Kadhafi en Libye et de troubles politiques à Bamako, la capitale du Mali, trois groupes armés (AQMI, Mujao et Ansar el-Dine) ont pris le contrôle de cet immense territoire et ils y imposent, de force, la charia. Accusés d’être des lieux d’idolâtrie, les sites religieux de l’islam traditionnel sont détruits ; les couples adultères sont, au sens propre, lapidés à coups de pierre jusqu’à ce que mort s’en suive ; la musique et l’alcool sont strictement prohibés. Le mollah Omar pourrait s’y sentir chez lui. Onze ans après l’intervention occidentale en Afghanistan, avec les succès que l’on sait, nous voilà avec un nouveau front à 3000 kilomètres de Paris.

 

Depuis des années, on évoquait ce scénario avec inquiétude dans les cercles stratégiques et les écoles militaires : il est désormais réalisé ! Et que fait-on ? Rien. A part de grands moulinets diplomatiques qui, à défaut de modifier la situation sur le terrain, occupent les médias et donnent au moins l’illusion de l’action.

 

Le 25 septembre, depuis la tribune des Nations Unies, le président François Hollande a, par exemple, décrit la situation malienne comme « insupportable, inadmissible, inacceptable », ajoutant que «nous avons le devoir d’agir, d’agir ensemble et d’agir vite, car il y a urgence ». On se croirait dans un opéra italien, lorsque les cuivres sonnent et que, sur scène, les troupes partent à la bataille… en marchant vaillamment mais sur place !

 

Quelle est, en effet, la situation réelle ? A la veille de la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies, le gouvernement malien – ou ce qui en tient lieu depuis l’insurrection militaire de mars dernier et la partition de fait du pays – a réclamé du bout des lèvres une intervention extérieure pour l’aider contre les islamistes. Par la voix de François Hollande, la diplomatie française n’a pas manqué d’enfourcher ce cheval aimablement fourni, mais qui, pour l’heure, se révèle être plutôt une rosse.

 

Avant d’agir, il faut encore attendre une résolution du conseil de sécurité des Nations Unies, sous le chapitre VII, qui autorise l’usage de la force armée. Contrairement à la Syrie, la Russie ou la Chine ne devraient pas bloquer l’adoption d’un tel texte lorsqu’il sera déposé. Quand ? On l’ignore.

 

Deuxième étape et non des moindres : la constitution de la force. On a trouvé son nom mais c’est à peu près tout… Elle s’appellera le Micema, l’acronyme de Mission de la Cedeao au Mali. Il s’agira d’une force africaine de l’ordre de trois milles hommes. Elle sera mise en place par la Cedeao, la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, qui regroupe 15 pays de la région, dont le plus puissant d’entre eux, le Nigéria. Cette Micema sera soutenue par quelques parrains occidentaux, au premier chef, la France qui fournira une aide logistique, de la formation et des moyens de renseignements.

 

La France est déjà militairement présente sur place, de manière discrète. Quelques dizaines d’hommes du Commandement des opérations spéciales (COS) sont à pied d’œuvres avec des avions et des hélicoptères, dans le cadre de l’opération Sabre – qui dure depuis trois ans. Des moyens de renseignements aériens supplémentaires sont en cours de déploiement dans des pays voisins.

 

Paris espère toujours embarquer d’autres pays européens dans cette nouvelle aventure africaine et se dépense sans compter pour tenter de convaincre des partenaires peu motivés. Les pays africains ne le sont en réalité guère plus. Au premier rang desquels le Mali lui-même. François Hollande le reconnaissait dans son discours aux Nations Unies quand il disait : « Je sais qu’il peut y avoir encore la tentation de mener des négociations » avec « les groupes terroristes ». Car, à Paris, chacun sait que le Mali s’accommodait fort bien et depuis longtemps de la présence de ces « groupes terroristes » sur son territoire, contrairement à la Mauritanie voisine qui, elle, les traquent sans merci.

 

Autre épine dans le pied : l’Algérie. Le grand voisin n’est pas mécontent d’avoir « exporté » les terroristes, souvent d’origine algérienne, hors du sol national… Et, passé colonial oblige, il voit d’un très mauvais œil toute intervention militaire de la France dans ce qu’Alger considère être son arrière-cour. Un récent roman d’espionnage « Katiba » (Flammarion 2010), rédigé par un ancien ambassadeur très bien informé, Jean-Christophe Rufin, éclaire bien la réalité complexe du terrain et les coups tordus qui peuvent en résulter…

 

« Négocier avec des groupes terroristes, il ne peut en être question » assure le chef de l’Etat français. Ah bon ? Mais alors avec qui discutent, ou tentent de le faire, les émissaires français dans cette région ? Car ces « groupes terroristes » détiennent six otages français, dont quatre d’entre eux ont entamé à la mi-septembre leur troisième année de détention. Leurs ravisseurs, des membres d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), n’ont pas manqué de le rappeler, dans une vidéo du 19 septembre : une action militaire française au Mali aboutirait à « la mort des otages ».

 

La France et son président sont aujourd’hui sur le fil du rasoir : il leur est impossible de laisser Al-Qaïda s’installer dans un nouveau sanctuaire en Afrique comme il est tout aussi impossible de sacrifier la vie de six otages français. L’habileté politique et les gesticulations diplomatiques suffiront-elles pour sortir de ce choix cornélien ? Pour l’heure, l’impuissance domine. Et ce n’est une bonne nouvelle pour personne.

 

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.

 

(1)  Jean-Dominique Merchet « Défense européenne : la grande illusion » Larousse 2009.

 

* Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les affaires de Défense. Auteur du blog français le plus lu sur ces questions, créé en 2007. Ancien de l’Institut des hautes études de défense nationale. Auteur de nombreux ouvrages dont : « Mourir pour l’Afghanistan » (2008), « Défense européenne : la grande illusion » (2009), « Une histoire des forces spéciales » (2010), « La mort de Ben Laden » (2012).

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 07:55

MFSV Mobile Strike Force Vehicle photo US Army

 

01.10.2012 Le Monde.fr avec AFP

La Maison Blanche a assuré dimanche que la mission de l'OTAN se poursuivait en Afghanistan, après une fusillade vendredi, dans des conditions obscures, entre la force internationale de l'OTAN (ISAF) et l'armée afghane, qui a abouti à la mort d'un soldat américain des forces spéciales et d'un civil américain travaillant pour elle ainsi que de trois militaires afghans.

Avec cet incident, les Etats-Unis dépassent le cap des 2 000 morts en Afghanistan depuis qu'ils sont intervenus dans ce pays, le 7 octobre 2001, pour en chasser les talibans, indique la BBC.

 

Le site Internet indépendant icasualties.org, qui compile les données sur les soldats tués au cours de l'opération Enduring Freedom ("Liberté immuable"), qui a débuté en octobre 2001, évoque de son côté 2 036 morts américains. Le Washington Post en indique 2 098.

 

Les militaires américains passent le cap des 2 000 morts en Afghanistan

 

"Ces attaques n'affaiblissent en aucune manière l'engagement du président, l'engagement de nos hommes et de nos femmes en uniforme ou l'engagement de nos alliés à poursuivre et à achever avec succès la mission qui vise à mettre fin à la guerre en Afghanistan en 2014", a déclaré le porte-parole adjoint de la présidence américaine Josh Earnest.

 

M. Earnest a rappelé que les Etats-Unis et leurs alliés avaient pris un certain nombre de mesures pour diminuer les risques d'attaques présumées "de l'intérieur", c'est-à-dire menées contre l'ISAF par des hommes portant l'uniforme afghan.

 

Les opérations associant l'OTAN et l'armée afghane ont d'ailleurs repris "normalement", avait indiqué samedi le secrétaire américain à la défense Leon Panetta, après avoir été limitées en raison d'une hausse de ces attaques "de l'intérieur".

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 07:35

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/120809-afghanistan-desengagement-de-150-militaires-francais/desengagement-de-150-militaires-francais-12/1895986-2-fre-FR/desengagement-de-150-militaires-francais-1.jpg

 

09/08/2012 Sources : EMA

 

Dans le cadre du désengagement suite à la transition de la Surobi, le jeudi 9 août 2012, sur le tarmac de l'aéroport de militaire de Kaboul, un airbus A340 de l'escadron Esterel ramène 150 militaires français en France. Principalement composé du Battle group Wild Geese, mais aussi du bataillon d'hélicoptères et des mentors des Advisor Team.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 18:24
À Kaboul, Hollande adapte le calendrier du retrait d'Afghanistan

 

25/05/2012 Jean Guisnel Le Point.fr

 

Au 1er janvier 2013, 42 % des effectifs militaires français en Afghanistan s'y trouveront toujours. Si tout se passe comme prévu, la promesse du président sera tenue avec six mois de retard.

 

Au cours d'une visite de huit heures sur le sol afghan qui n'avait pas été annoncée publiquement, le président de la République et chef des armées François Hollande a confirmé le retrait "ordonné et coordonné" des troupes françaises qu'il avait annoncé durant la campagne. Ses précisions sur place rendent ce mouvement beaucoup moins rapide qu'annoncé. Aux journalistes que l'Élysée avait invités à l'accompagner à Kaboul, François Hollande a déclaré que 2 000 "troupes combattantes" quitteront le pays d'ici la fin 2012. Ce qui veut dire concrètement que 1 500 soldats resteront sur place après la fin de 2012, soit 42 % des effectifs actuels.

 

Plus précisément, 3 550 militaires - dont 150 gendarmes - se trouvent actuellement en Afghanistan. Ils seront 2 000 de moins au 31 décembre 2012, soit une accélération notable par rapport aux 800 retours prévus à cette date par Nicolas Sarkozy. Au 1er janvier 2013, une partie des gendarmes seront rentrés, à savoir ceux qui sont affectés aux POMLT (Police Operational Mentor and Liaison Team), tandis que ceux assurant la formation de la gendarmerie afghane dans la province du Wardak resteront sur place. 1 000 militaires assureront jusqu'au début du second semestre 2013 les opérations de désengagement, y compris ceux qui seront spécifiquement chargés de la protection des logisticiens. Ne resteront plus ensuite sur place que les 400 soldats français intégrés à l'Isaf, que ce soit dans l'état-major, dans les centres de formation ou dans l'hôpital Role 3 installé sur l'aéroport de Kaboul.

Principe de réalité

De fait, le président de la République s'est trouvé confronté à la réalité, ce qui l'a contraint à faire évoluer son discours depuis le début de l'année. Le 20 janvier 2012, quatre soldats français (un cinquième a perdu la vie depuis) étaient assassinés par un militaire afghan. Le jour même, le candidat socialiste confirme le calendrier qu'il appliquera, s'il est élu : "Je renouvelle ma volonté de retirer nos forces d'Afghanistan, le plus rapidement possible, au plus tard à la fin de l'année 2012, en concertation avec nos alliés."

 

Lors d'un point de presse qui se tient le même jour, il enfonce le clou : "Si les Français m'accordent leur confiance le 6 mai prochain, je retirerai nos troupes d'Afghanistan fin 2012. Ce retrait se fera rapidement, en concertation avec les autorités afghanes et avec nos alliés, et avec toutes les garanties pour que nos soldats, dans ce délai, puissent être protégés. C'est une décision ferme, que je défends depuis longtemps (...) Cette opération n'a que trop duré." Deux jours plus tard, lors de son grand meeting au Bourget, le candidat socialiste fustige la décision de Nicolas Sarkozy d'accélérer le retrait en lançant : "Présider la République, c'est savoir aussi prendre des décisions difficiles, pas simplement à la suite d'un drame. Leur sacrifice suscite le respect de la nation tout entière. Mais il faut aussi avoir la lucidité de dire (...), d'affirmer que notre mission est terminée."

Pas avant l'été 2013

Ces mots très fermes se sont pourtant heurtés à l'impossibilité matérielle d'évacuer tous les hommes et tout le matériel avant l'été 2013. L'état-major des armées avait déjà fait ses calculs, réminiscence des problèmes scolaires de robinet et de baignoire : sachant qu'en l'absence de routes ouvertes et de chemins de fer, seuls des avions russes et ukrainiens peuvent évacuer les 1 200 véhicules, les 1 600 containers et tout le fatras d'une armée en campagne, impossible de faire plus vite ! Quant aux soldats français, ils passent six mois en Afghanistan, puis rentrent chez eux et doivent être remplacés. Les avions français suffisent à faire les navettes, mais une chose est sûre : pendant le retrait, de nouveaux soldats français vont arriver en Afghanistan ! Sentant venir le pépin, les armées se sont rapprochées des conseillers du candidat socialiste, notamment de Jean-Yves Le Drian, pour expliquer que la date de fin 2012 était juste impossible à respecter... Il ne fut pas plus difficile à convaincre que le candidat.

 

Le discours a donc changé. Début février, la notion de "troupes combattantes", pourtant maladroite, a été reprise par l'équipe de François Hollande, qui la présentait en personne dans son discours sur la défense du 11 mars : "Nous accélérerons dans les meilleures conditions de sécurité le retrait de nos forces combattantes pour que, fin 2012, nos soldats soient rentrés." François Hollande aurait été mieux inspiré de dire, ce qui est vrai, qu'il poursuivra la politique engagée depuis l'été 2011, et confirmée depuis janvier dernier, à savoir que les troupes françaises ne seront plus engagées dans des opérations de combat. La feuille de route que le président de la République a donnée au chef d'état-major des armées, l'amiral Édouard Guillaud, ce matin à Kaboul est on ne peut plus claire : "Le retrait ne sera pas facile à organiser. Nous devons prendre toutes les précautions. Le chef d'état-major des armées est là, et il aura comme mission d'assurer le succès de cette opération comme il y a eu des succès jusque-là. Nous devons limiter autant qu'il sera possible nos pertes, faire en sorte qu'il n'y ait aucun risque pour nos soldats, rapatrier notre matériel. Voilà votre mission."

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 11:59
The Beast

 

May 23, 2012: STRATEGY PAGE

 

Pakistan has agreed to allow NATO to resume trucking supplies into Afghanistan via Pakistan, but only if an additional fee of $4,750 be paid per cargo container. Most of this cash would go into the pockets of senior officials. That comes to $14 million a month in bribes. The Pakistanis consider this a good deal, because it is costing NATO $38 million a month in additional transportation costs because the Pakistani route is not available. American politicians note that the U.S. has been giving Pakistan over $80 million a month in military aid, so that aid is being withheld and may be cancelled completely if Pakistan does not open the border. The Pakistanis are also aware that the U.S. withdrawal from Afghanistan will involve the shipment of over 100,000 containers (and half a billion dollars in loot for Pakistani leaders, not the Pakistani people). So far, NATO and the U.S. refuse to give in to these extortionate demands, which include the U.S. taking the blame for last November's friendly fire incident that left 26 Pakistani soldiers dead. There is a long history of Pakistani troops firing across the border at NATO and Afghan forces. Giving the Pakistanis the apology they demand would be bad for NATO morale, as American and NATO troops are still facing a lack of cooperation from Pakistani forces along the Afghan border.

 

Meanwhile, the Pakistani military continues fighting selected Islamic terrorists in the tribal territories. While these Islamic radicals want to turn Pakistan into a religious dictatorship, an unpopular prospect with most people in the territories, there is widespread anger at the corruption and incompetence of the Pakistani government. Thus while the Islamic terrorists have destroyed several thousand schools in the tribal territories in the last decade (to protest educating girls and secular education in general), a very unpopular tactic, the people are appalled at the inability of the government to stop this violence or rebuild all the destroyed schools. Pakistanis are also angry at continued government support for some Islamic terror groups (that are supposed to restrict their attacks to India or foreigners outside Pakistan, like Western troops in Afghanistan). The problem with this strategy is that these terror groups tend to eventually slip off their leash and attack Pakistanis. Three decades of this military strategy has created a large minority of Pakistanis who are Islamic radicals and who advocate things (no school for girls or jobs for women or entertainment for anyone) that most Pakistanis oppose. At the same time the military feasts off the corruption their power enables them to indulge in. The Pakistani military is supposed to exist to defend Pakistan, but to a growing number of Pakistanis their military is an uncontrollable beast that just feeds off Pakistan.

 

Several years of fighting in the Pakistani tribal territories has created over half a million refugees and a lot of unhappy civilians. After September 11, 2001, Pakistan had an opportunity to renounce its two decades of support for Islamic terrorism. But the Pakistani generals tried to have it both ways. That approach failed. Now, once NATO leaves Afghanistan, Pakistan will have to deal with Pushtun Islamic radicals (mainly Taliban) on both sides of the border by themselves. Even with a determined effort to eliminate this scourge, it will take a decade or more to deal with it.

 

Pakistani government incompetence is getting more publicity than the senior officials are comfortable with. Wikileaks documents proved very embarrassing, as they detailed government support for the "secret" American UAV operations over the tribal territories. The officials publicly opposed these UAV operations. Wikileaks also documented a lot of the corruption in Pakistan, and now some retired generals are arguing via the media about rigged elections in the 1990s. This is nothing new for most Pakistanis, but the perpetrators going public about it is. The generals are saying they rigged elections "for the good of the country." But they used the power they obtained to get rich and get away with murder.

 

Despite the continuing terrorist threat from Pakistan, India is focusing on the military threat from China. The Indian Ocean is of particular concern, with more Chinese warships showing up along with the huge number of Chinese merchant ships already there. So over the next decade, the Indian Navy will receive an average of five new ships a year. This will include aircraft carriers and nuclear subs. While the Chinese fleet is larger, the Chinese have more immediate naval threats (Japan, South Korea, Taiwan, America) off their Pacific coast. Thus the Indian buildup is meant to be sufficient to handle anything the Chinese might be able to spare for Indian Ocean mischief.

 

May 22, 2012: Three senior Pakistani naval officers were punished, for incompetence, because of command failures that enabled a terror attack on a naval base exactly a year ago. At the time six Taliban gunmen got onto a major naval base in Karachi, Pakistan, killed ten people and destroyed two American made P-3C maritime reconnaissance aircraft (worth over $100 million each). All the attackers were killed, but it took the military 17 hours to do so. It was early the following day before the sound of gunfire ended. What was most disturbing about this was that this heavily guarded base was supposed to have a degree of security similar to that provided for the bases where nuclear weapons are stored. While the six Taliban who attacked the naval base were killed, that in itself was scary, as the attackers did not seem concerned about surviving. The attack was later described by the Taliban as an act of revenge for the death of bin Laden. While the navy had three more P-3Cs, the loss of two of them greatly reduced the ability to patrol the long Pakistani coast.  The attackers were believed to have had inside help, but the military has not released any information on that (and rarely does.)

 

In Indian Kashmir, three Islamic terrorists were picked up by sensors as they sought to sneak in from Pakistan. An army patrol was sent to intercept and the resulting gun battle left one terrorist dead and the other two apparently headed back into Pakistan.

 

Gunmen attacked a political rally in Karachi, Pakistan, leaving 11 dead. Karachi, Pakistan's largest city (18 million), has ethnic and religious violence that is again growing, causing hundreds of casualties a week and chaos in some neighborhoods. The violence has been high all this year, although in the last month the security forces thought they had put a lid on it. The lid is rattling.

 

In Pakistan's North Waziristan a U.S. UAV killed four Islamic terrorists with a missile.

 

Indian police attacked a meeting of Maoists in eastern India (Jharkhand), and captured some weapons and equipment, but the twelve Maoist gunmen got away. The police acted on a tip.

 

May 21, 2012: Indian police arrested two Islamic terrorists in Punjab, and seized three bombs, two timers, three detonators, two Chinese pistols and 11 rounds of ammunition. The explosives came from Pakistan.

 

May 20, 2012: Pakistan blocked national access to Twitter for most of the day, apparently because of blasphemous (to some Moslems) activity on Twitter. Every day, if not every hour, there is something on Twitter that Islamic conservatives would consider blasphemous. What the Pakistani government particularly dislikes about Twitter is that it is a speedy conduit of reports on bad behavior by the Pakistani government. Shutting Twitter down for a sustained period would be enormously unpopular. Over the past two decades the military has backed off on its efforts to enforce censorship because of public anger. At this point, the government has lost control of most media. Some journalists can be bought or intimidated, but most roam free, sniffing out government misbehavior.

 

May 19, 2012: In Indian Kashmir, Islamic terrorists made two grenade attacks, wounding four policemen and ten civilians.

 

May 18, 2012:  Maoists in eastern India (Chhattisgarh) attacked the home of a senior politician and were driven off. One bodyguard was killed. 

 

May 17, 2012: Another sign of peace returning to Indian Kashmir is the army announcement that some of the minefields, surrounding eight of its camps, would be removed. This is mainly because there are far fewer Islamic terrorists operating in the area now.

 

In Pakistan, four pilots were killed when two military aircraft collided during a training exercise. Because if its large number of older Russian and Chinese designed warplanes, Pakistan has a much higher accident rate than Western air forces, or even neighboring India (which also has a lot of Russian warplanes).

 

May 13, 2012: Maoists in eastern India (Chhattisgarh) ambushed a police patrol and killed six policemen and a civilian driver.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 16:51
Looming end of Afghan mission leaves NATO with identity crisis

22 May 2012defenseWeb (Reuters)

 

NATO put on a brave face at its Chicago summit but the reality is that the alliance has been weakened by the euro zone crisis and faces an identity crisis about what its role will be once it ends its intervention in Afghanistan in 2014.

 

NATO leaders sealed a landmark agreement to hand control of Afghanistan over to its own security forces by the middle of next year, putting the Western alliance on an "irreversible" path out of the unpopular, decade-long war.

 

The big question mark hanging over the summit was how will NATO, a 28-nation grouping originally designed for the Cold War, adapt to the world beyond 2014?

 

In an era where governments are slashing defence spending to cut budget deficits, the United States is increasingly tilting towards defence challenges in Asia while many of NATO's other members, preoccupied by economic problems, have little appetite for foreign adventures, Reuters reports.

 

That raises the question of whether the United States, which accounts for three-quarters of NATO defence spending, will remain committed to the 63-year-old organization despite its frustrations at European allies' reluctance to contribute more towards their own defence.

 

"The U.S. has been NATO's quarterback since the alliance was founded. That's OK by us, but we're increasingly concerned that - in light of economic pressures in Europe - we're going to have to play quarterback, running back, and wide receiver all at the same time. That's not good for the team," said a senior U.S. official, speaking on condition of anonymity.

 

SOFT TARGET

 

While the Pentagon is also being forced to cut defence spending - by $487 billion over the next decade - the gap between the United States and its European allies is only likely to widen as many governments see defence as a "soft target" for budget cuts they are being forced into by the debt crisis.

 

Big European nations such as Germany and Britain are sharply cutting defence and only five allies meet NATO's benchmark of spending 2 percent of their gross domestic product on defence.

 

Belgian Defence Minister Pieter de Crem said he agreed with former U.S. Defence Secretary Robert Gates's warning last year that NATO risked "collective military irrelevance" unless alliance members acted to reverse declining capabilities.

 

"NATO is a political-military organization for collective defence and one cannot have all the advantages and all the assets without participating or bringing in a fair share," he told Reuters during the summit.

 

He said the challenge was to have fair burden-sharing between the two sides of the Atlantic "taking into account budgetary constraints."

 

NATO's answer to the money shortage is "smart defence," saving money by sharing equipment and facilities between allies and having countries specialise in different areas of defence.

 

"I think this summit sent a very clear message that the European allies are committed to acquiring the necessary military capabilities in the future, despite the economic crisis, despite declining defence budgets," NATO Secretary-General Anders Fogh Rasmussen told Reuters in an interview.

 

"We won't get more money for defence in the very near future - let's face it ... That makes it necessary to do business in a new way and I think multinational cooperation is the way forward," he said.

 

The summit approved an initial package of 20 multinational projects, including enabling fighter jets to use munitions from various sources and countries and a scheme to pool maritime patrol aircraft from various nations.

 

A broader question being asked in Chicago was what role should NATO have in the future - should it continue to fight fires in different parts of the world or pull in its horns and concentrate on defending its own territory?

 

REINVENTION

 

NATO has reinvented itself several times before. Originally a mutual defence pact that bound North America and Western Europe together during the Cold War, the alliance survived the collapse of the Soviet Union and intervened in wars in the former Yugoslavia during the 1990s.

 

Afghanistan was NATO's first mission outside its traditional area of operations and its most ambitious. NATO forms the core of the 50-nation International Security Assistance Force that is battling the Taliban in Afghanistan.

 

Last year, with the United States taking a low profile but providing critical capabilities and supplies, Britain and France led a NATO air operation in Libya that helped rebels topple Muammar Gaddafi, a key milestone in the Arab Spring.

 

Czech Defence Minister Alexandr Vondra argued that the crucial issue for the alliance now was not enlargement, or out-of-area operations, but common defence of its member countries.

 

NATO's article 5 commitment to mutual defence was the "bedrock" that justified NATO in the eyes of its population, he said.

 

Other leaders, like British Prime Minister David Cameron, disagreed that NATO should lower its ambitions and "look inwards."

 

"I argued, and this summit agreed, that NATO should actually do the opposite," he told a news conference. "We should look outwards, reassert NATO's relevance and make sure it is ready and capable to tackle the threats that may lie outside its territory but nonetheless are very real threats to us at home."

 

Jamie Shea, NATO's deputy assistant secretary general for emerging security challenges, wrote recently that NATO could soon be an alliance without a major operation under way.

 

While crises could come out of the blue, NATO interventions of the future were unlikely to follow past patterns, he said in an article on the website of the Carnegie Endowment for International Peace think tank.

 

"They are likely to be more spaced out and more focused on air and naval operations than on land deployments," Shea wrote. "The objectives are more likely to be limited and short-term, involving more intelligence-gathering and special forces, to say nothing of the increased use of robotics and drones in place of soldiers.

 

"Moreover, if Libya is to be the model for the future, not all the allies will decide to participate, particularly in the sharp end of the operation," he said.

 

Clara O'Donnell, visiting scholar at the Brookings Institution, said the fact that countries traditionally active in NATO operations, such as Poland and the Netherlands, chose not to take part in the Libya operation showed a dwindling desire to show solidarity with other NATO members, reflecting the unpopularity of foreign expeditions in many countries.

 

In a sign that NATO remains a controversial organization, baton-wielding police clashed with anti-war protesters marching on the summit on Sunday while leaders met behind heavy security in a cavernous convention centre.

 

Despite the doubts, few see the United States walking away from NATO or the alliance breaking up because Washington knows it can generally count on its European allies in time of crisis and derives valuable political support from them in pursuit of its interests.

 

"Afghanistan will end, some day, it's not going to be tomorrow, but there's going to be something else - I can't predict where, when - and the West is going to need a tool to act and until we find a better one, I'd like to keep the alliance around for a while," Leo Michel of the Institute for National Strategic Studies at the U.S. National Defence University said in London recently.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:32
Sommet de l'OTAN : comment sortir du bourbier afghan ?

 

21/05/2012 P.C. ladepeche.fr

 

Le Président Barack Obama accueille depuis hier le sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, à Chicago. Objectif affiché: dégager une stratégie claire de sortie du bourbier afghan, après plus d'une décennie de guerre, et alors que la France annonce le retrait de ses unités combattantes d'ici fin 2012. Les alliés doivent aussi faire face à une crise plus inquiétante : celle de la dette.

 

L'Afghanistan… où comment s'en sortir ? L'éternelle question. Et celle qui fait tanguer l'OTAN depuis hier, au bord du lac Michigan, puisqu'elle est au cœur du sommet de Chicago qui se poursuit ce lundi. Dans la foulée du sommet du G8 à Camp David, Barack Obama, accueille en effet dans « sa » ville, une cinquantaine de dirigeants du monde entier pour ce rendez-vous que l'Alliance atlantique n'a pas hésité à présenter comme « le plus important » depuis la création de l'Otan, en 1949.

 

Aux 28 pays d'Europe et d'Amérique du Nord membres de l'Alliance atlantique, se sont en effet ajoutées pour l'occasion des nations d'Asie ou du Moyen-Orient ayant participé à la coalition internationale en Afghanistan.

Réunis dans un immense palais des congrès ultra-protégé, les dirigeants doivent ainsi discuter de la stratégie à mettre en œuvre pour « terminer la mission » en Afghanistan, censée ouvrir la voie à un retrait d'ici la fin 2014 des 130 000 soldats actuellement déployés. Bref, pour en finir avec l'enlisement afghan, s'il faut appeler les choses par leur nom.

 

« Nous sommes entrés ensemble, nous en sortirons ensemble » reste le leitmotiv du secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui, hier, a cependant adapté son propos à l'exception française. Car la France, par la voix de François Hollande a fait savoir, dès vendredi, que ses troupes combattantes rentreraient au pays d'ici la fin de l'année.

 

Une promesse faite pendant la campagne électorale qui n'était « pas négociable » a souligné le Président de la république. Certes, « Je ne dis pas que le président Obama a adhéré à ce que je lui disais », a-t-il reconnu. Mais la position française a été « comprise », a assuré samedi le nouveau ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

De fait, écartant toute idée de retrait « précipité » et se voulant rassurant, Anders Fogh Rasmussen a fait remarquer hier que la décision française étant « une promesse de campagne », « un homme politique doit toujours tenir ses promesses ».

 

Pour lui, le plan français est « en accord » avec la stratégie de l'Otan d'un retrait progressif, au fur et à mesure de la prise de contrôle de la sécurité par les forces afghanes, policiers et militaires que la France continue à former elle aussi. De plus, M. Hollande « a indiqué que la France était prête à soutenir d'une façon différente », a souligné le patron de l'Otan… visiblement plus compréhensif que l'ancien ministre UMP de la Défense Gérard Longuet qui, ce dimanche, a jugé « intenable » la position de François Hollande, Jean-François Copé estimant pour sa part qu'il s'agissait d'une « mauvaise décision ».

 

Hier, deux soldats de l'Isaf, la force armée de l'Otan en Afghanistan, ont été tués dans une attaque suicide d'insurgés dans le sud du pays.

 


Avoir des alliés, c'est une garantie !

Divergence entre la France et les États-Unis sur l'Afghanistan, menace de la dette publique qui impacte directement les budgets militaires : L'OTAN joue-t-elle sa survie à Chicago, comme le pensent certains analystes ?

 

Non. L'OTAN a joué sa survie il y a 20 ans, au lendemain de la guerre froide, quand il s'agissait de savoir si une alliance créée pour faire face à l'Union soviétique avait toujours sa raison d'être, une fois l'Union soviétique disparue. Mais depuis 20 ans, l'OTAN s'est beaucoup transformée. C'est devenu une alliance de pays occidentaux apte à faire des opérations militaires à l'extérieur de leurs frontières. Balkans, Afghanistan, Libye : sur trois grands conflits de ces vingt dernières années, on a vu qu'elle avait trouvé sa raison d'être. On verra d'ailleurs que le gouvernement socialiste français continuera à s'y inscrire pleinement. S'il y a donc un risque pour l'OTAN, il est plus dans la crise financière et l'avenir de la zone euro qu'à ce sommet de Chicago.

 

Les Américains souhaitent donc que les Européens paient davantage ?

 

Depuis des années, les Américains voudraient que les Européens payent plus pour l'OTAN. Or il est certain que la crise de la zone euro n'incite pas ces derniers à dépenser davantage pour la défense. Cela risque donc de tendre une nouvelle fois les relations entre d'une part les Américains qui sont en train de se dégager de l'Europe au profit du Pacifique, pour faire face à la Chine, et d'autre part les Européens qui vivaient tranquilles sous la protection américaine en ne consacrant que 1 % de leur PIB à la défense. Cela fait partie des discussions à Chicago et se concrétise par le concept de la « smart defence », la « défense intelligente », en fait, la mutualisation des moyens.

 

C'est-à-dire ?

 

Les Américains disent « puisque vous n'avez pas les moyens de vous payer des systèmes de haut niveau, des systèmes de guerre électronique, de reconnaissance, des drones… eh bien ! on va mettre ça en commun et, en fonction des besoins, on utilisera ce matériel mis dans des pools ». Toute la question est de savoir qui va payer et à qui on va acheter nos matériels. Tout le monde comprend bien que si c'est un système dominé par les Américains, les pools seront à base de matériel américain et sous contrôle américain. C'est l'un des enjeux majeurs de Chicago. Car la plupart des pays européens n'achètent à l'Alliance atlantique qu'une garantie de sécurité. Ils se moquent de savoir qui fournit le matériel.

 

En revanche, pour des grands pays comme la France, le Royaume Uni ou l'Allemagne, qui ont une histoire militaire, une industrie d'armement et une ambition politique, c'est une menace pour leur existence en tant que puissances militaires indépendantes et crédibles.

 

Quelle est la position de la France aujourd'hui au sein de l'OTAN ?

 

La France n'est pas sur un strapontin, elle a obtenu l'un des deux commandements suprêmes de l'Alliance, celui de Norfolk, en Virginie, la « tête chercheuse » de l'OTAN, un commandement de prospective et de stratégie. Cependant… la démonstration de l'utilité du retour de la France au sein de la structure intégrée de l'OTAN n'a pas encore été faite. Ça coûte cher, ça absorbe des centaines d'officiers. Et, posons-nous la question : est-ce que ça a accru l'influence de la France dans le monde ? Cela reste toujours à démontrer. Cependant, il faut aussi rappeler qu'il n'y a aucune obligation dans l'OTAN : c'est une alliance. Et avoir aujourd'hui des alliés dans un monde instable, c'est toujours une bonne chose, une garantie.

 

L'OTAN est-elle adaptée aux défis militaires actuels ?

 

L'OTAN est une organisation internationale, lourde, bureaucratique… mais elle oblige les pays membres à se donner les capacités de travailler ensemble, à faire des opérations militaires en commun et ça, aujourd'hui, c'est fondamental. Les systèmes d'armes actuels utilisent énormément de communications, de systèmes électroniques de transmission. Pendant les opérations en Libye, les avions de dix nationalités ont volé ensemble dans le ciel avec un commandement commun et l'OTAN ça sert à ça : avoir des procédures communes. Or comme on intervient de plus en plus dans le cadre de coalitions, nos armées doivent être techniquement préparées à le faire durant les temps de paix. Et cela ne s'improvise pas.

 

C'est l'OTAN, mais c'est aussi l'Europe, car les procédures sont les mêmes. Une fois qu'on sait travailler avec les Anglais, les Allemands, les Italiens, les Belges, que ce soit dans le cadre de l'OTAN ou dans le cadre de l'Europe, peu importe.

 

Mais aujourd'hui quels sont nos « ennemis » ?

 

Toute la question est de savoir en effet quels sont nos ennemis potentiels. La Chine est un vrai problème et voir l'Iran se nucléariser n'est pas une bonne nouvelle, mais il est vrai que nous n'avons pas d'ennemi aussi clairement désigné que du temps de l'Union soviétique et de la Guerre froide. En définitive, grâce à sa souplesse, l'OTAN est une sorte de couteau suisse, avec plusieurs lames pour faire des choses différentes selon les menaces.

 

* Jean-Dominique Merchet publie fin mai « La Mort de Ben Laden » aux éditions Jacob-Duvernet

 

Jean-Dominique Merchet

Journaliste, spécialiste des questions militaires*

 


Afghanistan : «le retrait anticipé nous sera reproché»

Le retrait d'Afghanistan en 2012 est au cœur du débat. Au-delà de l'aspect financier, combien coûtera-t-il politiquement à la France, vis-à-vis de ses alliés ?

 

Jean-Dominique Merchet.- J'aurais tendance à minimiser les conséquences politiques. Tout le monde a compris depuis longtemps que la France allait partir et je voudrais rappeler que ce départ anticipé, par rapport aux Américains et à l'OTAN, c'est Nicolas Sarkozy qui l'a décidé en janvier dernier lorsqu'il a annoncé que les Français quitteraient l'Afghanistan fin 2013 alors que l'objectif annoncé de l'OTAN c'est 2014. La première rupture avec la vieille idée selon laquelle nous étions arrivés ensemble et donc nous repartirions ensemble est de Nicolas Sarkozy et non pas de François Hollande. Lui ne fait qu'accélérer ce retrait. Mais ce n'est certes pas le genre de chose qui crée de la confiance entre alliés. Cela nous sera reproché, peut-être moins par les Américains que par les autres Européens. En effet, lorsque la France viendra leur parler de défense européenne et d'efforts, parce qu'aujourd'hui l'essentiel des efforts repose sur ses épaules et sur le Royaume-Uni, les autres pays pourraient lui renvoyer à la figure ce départ d'Afghanistan, décidé unilatéralement.

 

Et par rapport aux Afghans ?

 

Ils savent qu'on va rester sous une autre forme notamment parce que l'on va financer l'armée et la police afghane, c'est-à-dire la sécurité intérieure du pays. Une fois tout le monde parti, il faudra bien que quelqu'un paye ces 300 000 hommes. L'Afghanistan n'a absolument pas les moyens d'entretenir une armée plus nombreuse que l'armée française et ce seront donc les alliés qui vont la financeront. Soit plusieurs dizaines de millions par an sans compter les contributions civiles. Il y a déjà eu beaucoup d'argent déversé sur l'Afghanistan, qui n'a pas servi à grand-chose, mais on va continuer à payer, çà c'est sûr…

 


zoom

Bouclier anti-missiles, Pakistan,les autres dossiers

A Chicago, l'Otan espère aussi obtenir un assouplissement de la position du Pakistan, sans qui « nous ne pouvons régler les problèmes en Afghanistan », a déclaré samedi M. Rasmussen.

 

L'Alliance souhaite en effet obtenir la réouverture de la frontière pakistano-afghane aux convois américains puisqu'elle est fermée depuis la fin novembre, en représailles à la mort de 24 soldats pakistanais tués par erreur lors de frappes aériennes américaines.

 

Le président pakistanais, Asif Ali Zardari, devait ainsi s'entretenir avec M. Rasmussen tandis qu'une rencontre entre l'Afghan Hamid Karzaï et Barack Obama était prévue hier matin, avant l'ouverture du sommet.

Mais la réunion de Chicago devait aussi débuter par l'officialisation de la première phase du bouclier antimissile de l'Otan. Il s'agit un ambitieux projet destiné à protéger l'Europe des tirs de missiles tirés du Moyen-Orient, en particulier d'Iran. Basé sur une technologie américaine, il est fortement critiqué par la Russie, qui y voit une menace à sa sécurité, ce que récuse l'Otan.

 

Ce lancement devrait cependant permettre au Président Américain, actuellement en pleine campagne de réélection, de rassurer ses pairs sur l'attachement de son pays au lien transatlantique même si la priorité stratégique des Etats-Unis concerne désormais l'Asie et le Pacifique, la puissance militaire chinoise étant en pleine expansion.

Plus d' ennemi direct face à l'Europe, mais aussi moins d'argent dans les caisses des pays européens : l'Otan tente également de s'adapter à cette situation, inédite depuis sa création en pleine Guerre froide, en appelant les alliés à coopérer davantage pour ne pas perdre leur suprématie technologique malgré la réduction générale des budgets de défense.

 

Rationnaliser et renforcer les capacités militaires des alliés : vingt-cinq projets de coopération, dans le cadre d'un programme surnommé « Défense intelligente » (»Smart defence », lire l'interview de Jean-Dominique Merchet) devraient ainsi être approuvés à Chicago, portant sur la formation des pilotes d'hélicoptères ou les missions de renseignement et ce, afin d'améliorer la contribution des pays membres de l'Otan, en matière de défense et de sécurité, malgré un contexte budgétaire restreint.

 


Se retirer aura aussi un coût

L'engagement des forces françaises à un coût en Afghanistan. Un lourd coût humain, tout d'abord, puisque 83 militaires y ont perdu la vie. La première préoccupation aujourd'hui, pour les forces françaises, est donc de ne pas subir d'autres morts, avant le retrait des troupes combattantes, voulu pour la fin de l'année.

 

Au delà, les dépenses militaires sont allées toujours croissantes depuis 2001 et elles consomment actuellement plus de la moitié des crédits alloués aux opérations extérieures, soit environ 54 %. Concrètement, l'engagement français en Afghanistan, c'est en effet une dépense de 1,3 M€ par jour, en moyenne, soit plus de 470 m€ par an. Mais faire rentrer au pays les unités combattantes et leur matériel ne sera pas synonyme d'économies immédiates : cela devrait entraîner au bas mot un surcoût de quelques dizaines de millions d'euros.

 

Pour situer… début 2011, il y avait sur le théâtre d'opération afghan 1016 véhicules militaires dont 450 véhicules de l'avant blindés (VAB), 6 CAESAR (canon de 155 mm montés sur un camion), des véhicules blindés légers et des blindés VBCI pour la riposte en première ligne. Pour entretenir ce parc, il y avait 12 000 pièces référencées en stock à Kaboul… sachant qu'un Antonov 124 ne charge « que » quelques blindés à la fois, emportant 90 à 100 tonnes de fret, et qu'il coûte 300 000€ la rotation… cela donne une première idée de l'addition lorsqu'il faudra évacuer le matériel lourd, vers la base aérienne d'Al Dhafra, aux Émirats Arabes Unis, avant de le recharger sur des bateaux à destination de la France… à moins qu'une autre option soit disponible par l'Asie centrale. Ce surcoût devrait cependant être rapidement compensé par l'économie de dépense que représentera le poste afghan sur le budget opex…

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:14
Le retrait français d'Afghanistan, dossier chaud avant le sommet de l'Otan

 

11-05-2012 nouvelobs.com

 

La décision de François Hollande de retirer d'ici fin 2012 les "troupes combattantes" françaises d'Afghanistan met Paris en situation délicate avant le sommet de l'Otan des 20 et 21 mai, et oblige la défense à revoir ses plans.

 

A peine entré en fonction, le nouveau chef de l'Etat devra convaincre ses partenaires réunis à Chicago du bien-fondé d'une accélération du désengagement des soldats de l'Alliance atlantique, au moment où les forces afghanes peinent à assurer la sécurité des régions dont elles ont la charge, face à la poussée islamiste.

 

Dès mardi à Berlin, il aura l'occasion d'évoquer le sujet avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui a appelé jeudi à respecter le calendrier international de retrait des troupes, fixé à fin 2014 par l'Otan.

 

Convaincu que la mission de la force internationale est terminée, François Hollande entend retirer les soldats français "en bonne intelligence" avec les alliés de la France, "sans prendre le moindre risque pour nos troupes".

 

Durant le débat télévisé qui l'a opposé le 2 mai à Nicolas Sarkozy, il a complété son dispositif en précisant que le retrait du matériel, qu'il faudra également évacuer, "prendra sans doute plus de temps".

 

"On a l'ébauche d'un plan : le gros de la troupe rentre dès la fin de l'année, ce qui est relativement simple. La deuxième partie, c'est sortir le matériel dans un laps de temps indéterminé, et a priori avec des difficultés majeures", résume François Heisbourg, président de l'International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres, interrogé par l'AFP.

 

Ces derniers mois, Jean-Yves Le Drian, un proche de François Hollande, dont le nom est cité pour le ministère de la Défense, s'est rendu à Washington, Londres et Bruxelles, pour déminer le terrain.

 

Il a notamment fait valoir à ses interlocuteurs que le calendrier de l'Otan avait déjà été remis en cause par Nicolas Sarkozy, qui avait avancé d'un an le retrait des troupes après la mort en janvier de quatre soldats français.

 

Seule concession à la réalité du terrain, François Hollande limite à présent le retrait des forces fin 2012 aux seules "troupes combattantes". Ce qui signifie clairement que tous les soldats français n'auront pas quitté le pays à cette date.

 

Avant la France, les Pays-Bas en 2010, ou le Canada en 2011, ont déjà retiré leurs troupes, et les Etats-Unis s'apprêtent à rapatrier 23.000 hommes cet été.

 

Pour François Heisbourg, le retrait français ne devrait pas provoquer de clash à Chicago. "Du fait que différents pays adoptent des stratégies de retrait à des moments différents, ce ne sera ni un précédent, ni une surprise, ni une calamité, compte tenu du volume que représentent les forces françaises", souligne-t-il.

 

Concrètement, la France compte encore 3.400 soldats et 150 gendarmes en Afghanistan, notamment à Kaboul et en Kapisa (est), au sein de la force internationale (Isaf) d'environ 130.000 hommes.

 

Le retrait français a déjà commencé avec le départ de 600 soldats depuis octobre 2011. Et 83 militaires français ont été tués dans le pays depuis le début de l'intervention internationale, fin 2001, après les attentats du 11 septembre.

 

Depuis plusieurs mois, les planificateurs du ministère de la Défense s'activent pour anticiper les ordres. "Des planifications, il en existe quelle que soit la situation. Après, il faut attendre les ordres, c'est à dire une décision", souligne le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard.

 

Le désengagement du matériel a également débuté, en proportion des troupes françaises retirées depuis octobre. Mais environ 900 véhicules, 1.400 containeurs, 3 Mirage 2000D, et 14 hélicoptères, restent encore sur le terrain.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 07:25
Le ministre MacKay annonce le déploiement du NCSM Charlottetown dans la région de la mer d’Arabie

 

22 avril 2012 NR 12.065 - forces.gc.ca

 

OTTAWA - Aujourd’hui, l’honorable Peter MacKay, ministre de la Défense nationale, a annoncé le déploiement du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Charlottetown dans la région de la mer d’Arabie, il se joint ainsi à la Force opérationnelle multinationale 150 (CTF 150) dans le but de mener des opérations de sécurité maritime. La CTF 150, une flotte de la coalition multinationale, a été créée en octobre 2001 au début de l’opération Enduring Freedom. Elle mène des opérations de lutte contre le terrorisme et de sécurité maritime dans le golfe d’Aden, le golfe d’Oman, la mer d’Arabie et l’océan Indien.

 

« Au cours de la prochaine semaine, nos marins à bord du Charlottetown travailleront au sein d’une imposante coalition internationale en continuant d’illustrer le leadership du Canada en matière de sécurité internationale », a déclaré le ministre MacKay. « Je suis fier du dévouement et des réalisations des hommes et des femmes du NCSM Charlottetown pendant le déploiement en appui à l’opération Active Endeavour dans la mer Méditerranée. Leur transition vers la région de la mer d’Oman illustre bien la détermination du Canada à contribuer à l’avenir du monde en général. »

 

« Notre Marine royale canadienne contribuera de manière significative à une importante opération courante de sécurité maritime internationale», a commenté le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

 

Depuis la formation de la CTF 150, le Canada fournit régulièrement des navires. Plus récemment, le NCSM Fredericton a été déployé dans la région sous l’égide de la CTF 150 d’octobre 2009 à avril 2010. Fait notable : le Canada a assuré le commandement de la CTF 150 entre juin et septembre 2008.

 

Le NCSM Charlottetown appuie l’opération Active Endeavour, soit l’opération de lutte contre le terrorisme de l’OTAN dans la mer Méditerranée, depuis fin janvier. Entretemps, le navire a parcouru plus de 13 000 milles marins dans le cadre de ses opérations de sécurité maritime et afin d’aider à établir les conditions essentielles à la sécurité et à la stabilité en mer dans la région.

 

Le NCSM Charlottetown est une frégate de la classe Halifax basée à Halifax (Nouvelle-Écosse). Son équipage compte plus de 250 membres et comprend un détachement d’hélicoptères CH-124 Sea King.

 

Cette frégate est commandée par le Capitaine de frégate Wade Carter.

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 07:35
L'unité de l'OTAN à l'épreuve de l'Afghanistan

18.04.2012 Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, OTAN, correspondant )- LE MONDE

 

Réunis à Bruxelles durant deux jours, mercredi 18 et jeudi 19 avril, les ministres de la défense et des affaires étrangères de l'OTAN doivent "dégager le terrain pour le sommet de Chicago", selon la formule de la porte-parole de l'OTAN. Ils tenteront, en réalité, d'atténuer le plus possible les tensions et les désaccords avant le sommet que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Alliance atlantique tiendront aux Etats-Unis les 20 et 21 mai.

 

La Maison Blanche ne veut pas le moindre accroc pour ce sommet qui, espère-t-elle, verra notamment le lancement officiel d'une "capacité intérimaire", ébauche du système de bouclier antimissile censé protéger le territoire et les populations du Vieux Continent en 2018. Les Européens, de leur côté, entendent compléter une liste de projets concrets de coopération dans le domaine de l'équipement, signe de leur volonté de se prendre davantage en charge, comme les y invite avec insistance le Pentagone. La France va présenter une initiative conjointe avec les Etats-Unis en vue d'améliorer le système de surveillance, de renseignement et de reconnaissance de l'OTAN, qui a montré ses lacunes lors du conflit en Libye.

 

C'est toutefois un autre dossier, celui de l'Afghanistan, qui focalisera une fois encore l'attention à Bruxelles. Les attaques menées le 15 avril par des groupes de talibans, notamment à Kaboul, ont frappé les esprits. L'Alliance a, en vain, tenté de minimiser ces offensives contre diverses institutions comme elle l'avait fait, en janvier, lors des attaques de soldats étrangers - notamment français - par des militaires afghans.

 

"C'EST INTERPELLANT"

 

Selon la porte-parole de l'OTAN, d'autres actions des insurgés sont prévisibles mais, en tout état de cause, elles ne modifieront pas la stratégie de transfert progressif du contrôle du pays aux forces de sécurité afghanes. Pas plus que les objectifs de l'OTAN ou son calendrier (un retrait total en 2014). Les autorités américaines tiennent des propos identiques et résument les événements du week-end à "des attaques isolées conduites pour des raisons symboliques", selon la formule du secrétaire à la défense, Leon Panetta.

 

Un diplomate européen se veut plus prudent: "Les forces afghanes ont, pour l'essentiel, géré seules l'intervention et c'est une bonne chose. Mais l'inquiétude est de voir les talibans resurgir, même dans des zones prétendument sécurisées." "La guérilla s'est étendue à presque tout le pays et peut frapper de manière coordonnée, c'est interpellant", commente une source militaire interne à l'Alliance.

 

Dans certaines délégations, un énervement très perceptible se manifeste à l'égard du discours constant du secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Pour lui, la stratégie suivie par son organisation ne souffre pas la critique. "Le problème, à Chicago, sera de conserver le soutien d'opinions publiques de plus en plus sceptiques, qui ne se retrouvent ni dans des slogans ni dans des formules soigneusement négociées entre diplomates", assène une source de haut niveau.

 

Premier ministre australien, Julia Gillard est venue ajouter au doute, mardi, en indiquant que son pays retirerait ses troupes en 2013. Les 1 550 soldats australiens, stationnés pour la plupart dans la province d'Uruzgan (sud), devraient quitter l'Afghanistan un an plus tôt que prévu. Le président Nicolas Sarkozy avait adopté, en février, une position semblable concernant les 3 550 soldats français, précipitant un débat - non achevé - sur la date du transfert complet du contrôle de la sécurité aux forces afghanes. C'est ce calendrier qui doit être fixé plus précisément à Chicago. A fortiori si François Hollande est élu, le 6 mai, à la présidence de la République et s'il maintient son projet d'un retrait des soldats français fin 2012.

 

QUESTIONS ÉPINEUSES

 

Le rôle exact de l'OTAN en Afghanistan au-delà de 2014, ainsi que le financement de l'armée et de la police afghanes sont d'autres questions épineuses. Washington est pressé de boucler la discussion et chiffre à 4,1 milliards de dollars (3,1 milliards d'euros) par an le coût global, proposant d'en prendre 2,3 milliards à sa charge. Les Européens et d'autres donateurs devraient assumer le solde. Problème : certains estiment qu'il ne s'agit que d'un "modèle", soumis à divers aléas: la tenue d'élections, l'attitude du Pakistan, une éventuelle réconciliation avec les talibans, etc. Paris et d'autres capitales refusent donc d'être enfermés dans un schéma trop contraignant.

 

L'administration américaine prône, par ailleurs, la réduction du nombre de militaires et de policiers de 352 000 à 228 500 en 2017, ce qui laisse entière la question de la menace potentielle que pourraient représenter ces dizaines de milliers d'hommes formés militairement et, au bout du compte, privés d'emploi. Susceptibles, dès lors, d'être recrutés à tout moment par les groupes d'opposants...

 


Un lent enlisement

 

20 décembre 2001 Après le renversement du régime taliban au pouvoir à Kaboul, la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) est créée en Afghanistan, dont l'OTAN prend la direction le 11août 2003.

4 octobre 2006 Le mandat de la FIAS est étendu à l'ensemble du pays; les forces armées déployées par 47 pays (mais essentiellement américaines) s'élèvent progressivement à plus de 120 000 hommes.

22 juin 2011 Le président des Etats-Unis, Barack Obama, annonce une accélération du retrait des troupes américaines, lequel doit s'achever théoriquement en 2014.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 23:12
L’après 2014 et la délicate question de la réduction des forces… afghanes

 

Avr 18, 2012 Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2)

 

La transition en Afghanistan n’est pas une petite affaire. Et nombre de points restent encore à régler aux cotés desquels les aspects logistiques du retrait ne paraissent qu’une « petite » partie immergée de l’iceberg de difficultés. La réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères des 28 qui a démarré ce matin à Bruxelles a donc pour objet de préparer le sommet de Chicago et d’aboutir à un « petit consensus ».

 

Trois points sont particulièrement en débat lors de cette réunion, selon nos informations :

  • 1) Quelle posture doit adopter l’Alliance atlantique d’ici 2014, quelles répercussions sur la conduite des opérations, sur les forces quand ce qu’on appelle la « bascule de 2013″, l’ensemble des provinces afghanes seront entrées en transition ?
  • 2) Que va-t-il se passer après 2014 ? Comment bâtir la période qui suit l’intervention durant dix ans de l’ISAF (depuis 2003) dans sa version combat actif ? Comment assurer la soutenabilité des forces afghanes (financement dans la durée et évolution de l’effectif) ?
  • 3) Que fera l’OTAN ensuite dans le pays ? Quelles missions « résiduelles » assurera-t-elle ? Et quel sera le volume des troupes restant sur place ? Un point qui parait difficile à fixer, selon plusieurs pays, dès 2012 pour une période après 2014 qui va dépendre de beaucoup d’éléments : notamment la mise en place du processus de réconciliation intra-afghan et le rôle du Pakistan. On pourrait ajouter également la « bonne résistance » des forces afghanes ou la dynamique des talibans et autres forces d’opposition.

La réduction délicate des forces

 

Afghan-National-Army--ANA----Deployment-18-apr-2012-source-.jpg

source Nato

 

C’est effectivement une question délicate sur laquelle les ministres de la Défense des « 28″ membres de l’Alliance atlantique se pencheront aujourd’hui, lors de leur réunion « jumbo » avec leurs homologues des Affaires étrangères. L’objectif d’avoir 352.000 membres des forces de sécurité (armée, police…) afghanes à l’automne 2012 est en passe d’être atteint. Mais à court terme, ce chiffre devrait retomber à 228.000 à partir de 2015, selon un modèle préparé par les Américains. Que faire des quelque 125.000 hommes qui vont être dégagés d’ici là. « Comment s’assurer que ceux qu’on met à la porte aujourd’hui ne deviendront pas un danger demain ? » La question est au centre des débats de cette réunion des ministres de la Défense. Les Américains ont bien une idée : la situation économique tout d’abord si elle s’améliore peut favoriser le retour de certains « anciens » à la vie civile, la constitution d’une réserve type Garde nationale (à l’image de ce qui se passe aux Etats-Unis) pourraient permettre cette réduction des forces, avec le taux « d’attrition » naturel qui reste particulièrement élevé.

 

La discussion sur l’après-Afghanistan

 

Le budget pour les forces afghanes se monte, selon une évaluation faite par les Américains, à 4,1 milliards de $ en rythme annuel pour les trois premières années ! Après cela, il n’existe pas d’évaluation disponible. Ce budget serait décomposé en trois parties : l’une supportée par les Afghans eux-mêmes (0,5 milliard $), l’autre par les différents partenaires engagés dans l’Ifas (1,3 milliard $), la dernière partie étant supportée par les Américains (2,3 milliards $). Une partie du débat se situe dans le montant lui-même et sa durée ; l’autre dans sa répartition et surtout son évolution au cours des années. Le projet présenté aux Ministres évoque une part variable des Américains qui décroitrait au fur et à mesure de la montée en puissance soit du budget afghan, soit d’autres partenaires. Point qui ne réjouit pas tous les Etats participants à l’IFAS.

 

Certains plaident que non seulement les partenaires de l’IFAS mais toute la communauté internationale soit engagée, et que cette part également puisse décroitre dans le temps. Côté français, notamment – mais c’est le cas d’autres pays – on estime qu’il faut prendre en compte ceux qui vont continuer à contribuer à l’effort de sécurité en Afghanistan après 2014, notamment en fournissant du matériel ou des hommes pour la formation des forces de sécurité notamment. Côté américain, on estime avoir déjà « beaucoup donné » pour l’Afghanistan ; ce pays occupe en effet le premier rang dans les contributions bilatérales du Département d’Etat (devant Israël !). Précisons que ce budget serait assuré par des « contributions volontaires » et non selon l’habituelle clé de répartition des dépenses communes de l’OTAN. Selon certaines informations qui nous reviennent, la Belgique aurait ainsi déjà promis 15 millions d’euros.

La répartition de cette somme va donner lieu à d’autant plus âpres débats que quasiment tous les pays – au moins européens – sont sujets à un rationnement budgétaire intense. Il parait aussi délicat de pouvoir justifier l’engagement de sommes importantes aux yeux des opinions publiques, alors que d’autres portions de l’aide extérieure (humanitaire, développement, défense…) sont soumis à rationnement.

 

La contribution européenne

 

Les Américains et l’OTAN font le tour actuellement des popotes pour ramener un maximum de contributions monétaires et matériels pour l’après 2014. Le secrétaire général de l’OTAN, A.F. Rasmussen, qui a récemment rencontré J.M. Barroso a ainsi obtenu de l’Union européenne une augmentation importante de sa contribution pour l’Afghanistan. Selon nos informations, l’effort de l’UE augmenterait de 50%, il passerait ainsi de 200 à 300 millions d’euros par an pour l’aide au développement sur la prochaine période budgétaire (2014-2021). Tandis que la contribution à la Lofta (Etat de droit, police, armée) passerait de 60 à 200 millions d’euros.

 

Il ne s’agit ici que de l’aide versée sur le budget communautaire. Pour mémoire l’UE et ses Etats membres ont versé sur la période 2002-2010 près de 8 milliards d’euros à l’Afghanistan. A.F. Rasmussen doit d’ailleurs rencontrer le 22 avril Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, et la contribution des Etats membres devrait également y être évoquée avec d’autres sujets très délicats – comme la future présidence chypriote de l’Union européenne – qui démarre le 1er juillet – et la difficile période qui va s’entamer entre les deux organisations, pour cause de conflit turco-chypriote non réglé.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:30
Par quelle route quitter l'Afghanistan ?

 

13 Avril 2012 Jean-Dominique Merchet - Secret Défense

 

Dans le meilleur des cas, le désengagement pourrait être accélérer de quelques mois.

 

Alors que l'armée française a transféré, jeudi 12 avril, le contrôle de la Surobi aux forces de sécurité afghanes, la question du retrait se heurte toujours à d'importantes difficultés logistiques. La France s'est engagé à retirer ses troupes combattantes fin 2013. François Hollande, au cas où il serait élu, a promis d'accèlerer ce calendrier, pour la fin de cette année, même s'il met progressivement de l'eau dans son vin...

 

Le défi logistique est colossal. Selon les chiffres américains et pour l'ensemble des troupes de la coalition, il s'agit de retirer en trois ans : 72.000 véhicules et 150.000 conteneurs, tout en rendant 1300 emprises. Les logisticiens américains ont calculé que cela signifiait enlever un équipement toutes les sept minutes et 150 conteneurs par jour pendant trois ans... A côté, la question du rapatriement de dizaines de milliers d'hommes semble être un jeu d'enfant.

 

Par où passer ? Les deux routes qui partent de l'Afghanistan vers le Pakistan (Khyber Pass au Nord et Quetta au Sud) sont fermées depuis cinq mois par les autorités pakistanaises et nul ne sait quand elles réouvriront...  La route du nord n'est pas plus simple. Même si les Russes acceptent le transit par leur territoire, il faut d'abord arriver en Russie. Et donc traverser des Républiques d'Asie centrale : Ouzbekistan, Tadjikistan, Kirghizistan et Kazakhstan. Pas simple dans tous les cas et forcément couteux...

 

Pour l'heure, la solution la plus simple semble être, pour la France, un "brouettage" aérien dans deux directions. La première est déjà utilisée : en avion gros porteur jusqu'à Abu Dhabi puis par la mer. L'autre reste à mettre en place : en gros porteur jusqu'en Russie ou au Kazakhstan, puis par la route ou mieux, le rail.

 

Quoi qu'il en soit, cette affaire prendra du temps. Dans les armées, on estime aujourd'hui que si le pouvoir politique l'exigeait, le délai pourrait être raccourci "de quelques mois au plus, pas plus de six, si l'on veut faire les choses de façon sécurisée et à condition que les routes pakistanaises soient réouvertes".

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 16:40
Alexandre Grouchko photo RIA Novosti

Alexandre Grouchko photo RIA Novosti

MOSCOU, 6 avril - RIA Novosti.

 

La nomination du vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko au poste de représentant permanent de la Russie auprès de l'Otan permettrait d'améliorer les relations entre Moscou et l'Alliance, a déclaré vendredi le directeur du Centre de prévisions militaires Anatoli Tsyganok.

 

"Peut-être sera-t-il en mesure d'améliorer les relations avec l'Alliance. (…) A la place du mauvais Dmitri Rogozine (représentant permanent de janvier 2008 à décembre 2011, ndlr), se trouvera un diplomate normal qui négociera avec l'Otan d'une manière plus diplomatique. Franchement (…), au cours de ces dernières années, l'Alliance considérait M.Rogozine comme un épouvantail qui se fait sa propre idée de la Russie", a estimé M.Tsyganok, interviewé par RIA Novosti.

 

"L'Otan souhaite actuellement coopérer avec la Russie. Le problème crucial à résoudre, c'est l'utilisation de l'espace aérien russe lors de son départ d'Afghanistan", a annoncé l'expert, avant d'ajouter que Moscou et l'Alliance coopéraient dans la lutte contre la drogue, le terrorisme et la piraterie.

 

Une source informée a auparavant fait savoir que M.Grouchko pourrait être nommé représentant permanent de la Russie auprès de l'Otan. Aucun autre détail n'a été pour le moment fourni.

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 08:50

UK MOD

 

March 8, 2012 Official Blog of the UK Ministry of Defence - defpro.com

 

The Daily Telegraph has published a comment piece by James Blunt criticising the Royal Air Force (RAF) air bridge following his and Katherine Jenkins' aborted trip to Afghanistan. He says 'our [the United Kingdom's] deployment of manpower is inefficient and costly'.

 

Due to some technical problems with our aircraft, the visit suffered a number of delays resulting in its cancellation. However, it should be noted that our air bridge aircraft work exceptionally hard and operate in tough environments which, unfortunately, can sometimes lead to unavoidable delays.

 

The air bridge as a whole is highly reliable, serving our operational theatres on a daily basis. We are due to take delivery of a new C-17 later this year which will boost our ability to move troops and equipment between Afghanistan and the UK. In addition, our new Voyager transport aircraft is due to come into service in 2014.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 13:20
Retrait d'Afghanistan: Paris et l'ISAF négocient avec des Ouzbeks exigeants

09.02.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Dans le cadre des négociations en cours entre la Force internationale déployée en Afghanistan et les pays voisins comme l'Ouzbekistan et le Tadjikistan (photo ci-dessus, l'aéroport de Douchanbé), les discussions sont ardues. Pour permettre le passage des troupes et des matériels retirés d'Afghanistan, Tachkent, par exemple, pose des conditions "coûteuses", a confié, hier, aux députés, le ministre de la Défense, Gérard Longuet.

 

Pour voir ou revoir l'audition du ministre de la Défense et du ministre des Affaires étrangères, cliquer ici.

 

"Nous avons en réalité trois solutions. Une solution que nous écartons: une voie aérienne de bout en bout, parce qu'elle est très coûteuse", a détaillé Gérard Longuet devant les commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.


Il y a ensuite "la solution pakistanaise, avec deux passages possibles, mais les relations sont actuellement encore très tendues avec les Pakistanais qui ne font guère preuve de bonne volonté.


La troisième possibilité est "la voie ferrée par l'Ouzbekistan, soit directement, soit par le Tadjikistan", a-t-il ajouté. Mais "l'Ouzbekistan pose des conditions matérielles assez coûteuses", a confié Gérard Longuet, précisant qu'une "négociation collective" avait été engagée avec ces pays voisins de l'Afghanistan par la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF).

 

 "Le retrait des forces françaises en Afghanistan est une affaire, sur le plan logistique, complexe", a enfin rappelé le ministre de la Défense, confirmant les chiffres évoqués sur ce blog: 1 200 véhicules dont plus de 500 véhicules blindés, 1 500 à 1 800 conteneurs....

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:30
Les enseignements stratégiques du conflit afghan

 

30 janvier 2012 Vincent DESPORTES*,  Officier, Général de division (2S) - magistro.fr

 

Intervention lors du colloque stratégique annuel de l’IRIS, le 11 mai 2011, sur le thème "Afghanistan, 10 ans de conflit".

 

Le conflit afghan nous offre l’occasion de revenir aux principes fondamentaux de la stratégie. Je voudrais montrer, à partir de quelques exemples, qu’il apporte une validation supplé¬mentaire de quelques concepts stratégiques persistants : ils réaffirment en chaque occasion leur pertinence, quel que soit le mépris que l’on puisse affecter à leur égard.

 

La première idée qui me semble ainsi ratifiée est celle de la "vie propre de la guerre", pour reprendre le concept de Clausewitz. Dès que vous avez créé une guerre, la guerre devient un sujet et non plus un objet. Elle possède une vie propre qui vous conduit là où vous n’aviez pas prévu d’aller.

L’exemple de l’Afghanistan est particulière¬ment frappant. La guerre commence le 7 octobre 2001 avec un objectif clair : faire tomber le pouvoir taliban à Kaboul et détruire le réseau d’al-Qaida en Afghanistan. L’objectif est atteint fin novembre et il y a, alors, moins de deux mille militaires occidentaux au sol. Dix ans après, les objectifs de guerre ont totalement changé et ce sont 140 000 soldats de la coalition qui sont déployés sur le théâtre. Le général Beaufre, qui a commandé l’opération de Suez en 1956 et qui est l’un de nos grands stratèges, synthétise clai¬rement ce phénomène en évoquant "le niveau instable des décisions politiques" : il conduit les stratèges militaires à adopter des modes de guerre successifs s’avérant souvent contre-productifs par rapport aux objectifs ultérieurs. Cette évolu¬tion afghane éclaire ainsi deux réalités éternelles de la guerre ; la première est que toute guerre est marquée par une dérive des buts et, le plus souvent, une escalade des moyens ; la seconde, que les "fins dans la guerre" influent toujours sur les "fins de la guerre", pour reprendre les expressions si signifiantes de Clausewitz.

 

La deuxième idée qu’il nous est donné de revisiter relève de l’essence même du raisonne¬ment stratégique. La guerre doit être conçue et conduite non pas en fonction de l’effet tactique immédiat, mais en fonction de l’état final recherché, c’est-à-dire du but stratégique. Autrement dit, la forme que l’on donne initialement à la guerre a de lourdes conséquences ulté¬rieures : ce qui est perdu d’entrée est très difficile à rattraper.

Prenons les deux premières phases de la guerre.

 

La première phase est celle du "modèle afghan" (2001) (ou de la "stratégie minimaliste" selon l’expression de Joe Biden). Elle associait les milices afghanes, la puissance aérienne et un faible contingent de forces spéciales américaines. Le modèle a fonctionné pour faire tomber le régime des talibans, mais beaucoup moins pour débusquer et détruire les membres d’al-Qaida qui vont se réfugier dans leurs zones sanctuaires. Cette stratégie a contribué, en revanche, à renforcer les "chefs de guerre" locaux, en parti¬culier ceux dont le comportement envers la population était honni et qui étaient hostiles au gouvernement central de Kaboul. Elle a aussi renforcé la puissance tadjike et donc aliéné d’autant la population pachtoune. Elle a donc finalement affaibli les deux piliers qui allaient se révéler ultérieurement essentiels, puisqu’ils sont le socle de la reconstruction : un État central et les conditions de la "bonne gouvernance".

 

La deuxième phase est celle du modèle américain (2002-2006). En raison de l’impossi¬bilité des milices afghanes à venir à bout des talibans – les Afghans du Nord ne souhaitant d’ailleurs pas s’engager au sud de Kaboul –, les Américains prennent la tête des opérations de ratissage. On se souvient des opérations Anaconda (2002), Mountain Viper (2003), etc., des opérations de "bouclage et fouille" (Cordon and Search) visant l’élimination des terroristes et la destruction de leurs caches. Selon les termes du général (US) Barno, il s’agissait d’une "enemy-centric raid stategy". Les résultats sont médiocres, mais les conséquences définitives. L’efficacité du "modèle américain" est limitée par un grand défaut de sensibilisation culturelle et politique, voire par les effets pervers de la supériorité technologique. Les bombardements aériens et leurs cortèges de dégâts collatéraux importants soulè¬vent des questions sensibles qui ont des coûts politiques considérables. Dès lors, en dépit d’un a priori favorable, les Américains vont susciter crainte et hostilité dans la population. Les troupes sont perçues comme des infidèles, des forces d’occupation. La population initialement neutre, voire favorable, est aliénée. À partir de 2006, la guerre enemy-centric se mue en guerre population-centric (suivant les nouvelles théories en cours sur la contre-insurrection), mais le premier mode de guerre aura commis des dommages irréparables.

 

Troisième idée : si le "centre de gravité" (1) de l’adversaire se situe au-delà des limites politiques que l’on s’est données, il est inutile de faire la guerre car il sera impossible de la gagner. Au sens clausewitzien, le centre de gravité des tali¬bans se trouve dans les zones tribales situées entre le Pakistan et l’Afghanistan, puisque c’est de ces espaces incontrôlables qu’ils tirent leur capacité de résistance. Or, il est impossible pour les Américains d’y mettre militairement bon ordre : cette cible se situe au-delà des limites politiques qu’ils se sont fixées, ne serait-ce que pour de simples raisons de logistique militaire, à cause de la vulnérabilité de leurs convois lorsqu’ils traversent le Pakistan.

 

La quatrième idée à laquelle il convient de faire appel n’est pas nouvelle, mais il est toujours nécessaire de la répéte r: sauf à le détruire (ce qui est impossible en Afghanistan), c’est avec son adversaire que l’on fait la paix. Selon le bon esprit de la guerre froide – qui n’a pas fini de nous faire du mal –, la conférence de Bonn, en décembre 2001, a été non pas la conférence de la réconciliation mais la conférence des vainqueurs. Elle a, de fait, rejeté les talibans – donc les Pachtouns – dans l’insurrection. Dix ans plus tard, nous n’en sommes pas sortis.

 

La cinquième idée qu’il s’agit de convoquer est aussi évidente que méconnue : ce qui est important, c’est le stratégique, et non le tactique. Le général Beaufre nous le rappelle : "En 1940, tout notre système de guerre était faux parce que fondé sur des tactiques… L’Indochine est perdue à coups de tactiques excellentes, vaincues par la stratégie adverse à laquelle nous n’avons su opposer aucune stratégie digne de ce nom… Suez, victoire tactique, débouche sur un épou¬vantable échec politique… [très souvent] l’ignorance de la stratégie nous a été fatale" (2)

En Afghanistan, nous sommes aujourd’hui plongés au cœur d’une véritable "quadrature du cercle tactique", entre protection et adhésion de la population, d’une part, protection de nos propres troupes, d’autre part, et destruction de l’adversaire taliban par ailleurs. Nous sommes engagés dans un travail de Sisyphe de micro-management du champ de bataille, comme si nous étions enfermés dans une "stratégie de tactiques", et son appareil d’indicateurs de performance (3). C’est une impasse. Nous ne trouverons pas de martingale tactique en Afghanistan : la solution est d’ordre stratégique.

Citant des officiers US, le New York Times regrettait récemment, je cite, "la déconnexion entre les efforts intenses des petites unités et les évolutions stratégiques". Une accumulation de bonnes tactiques ne constituera jamais une bonne stratégie : un problème politique au premier chef ne peut être résolu que par une solution politique.

 

Descendant d’un cran, je voudrais insister sur une évidence opérationnelle simple. Le nombre compte. "Mass Matters", comme disent nos amis anglo-saxons. Or, les coupes budgétaires successives conjuguées à l’exponentielle du coût des armements ont conduit nos armées à des réductions de format incompatibles avec l’efficacité militaire dans les nouvelles guerres au sein des populations. En contre-insurrection, gagner c’est contrôler le milieu. Les ratios sont connus. En dessous de vingt personnels de sécurité pour mille locaux, il est tout à fait improbable de l’emporter. En Irlande du Nord, pour une popu-lation d’un million d’habitants, les Britanniques ont maintenu une force de sécurité globale de 50 000 hommes et sont restés pendant vingt ans (ratio de 1 pour 20 et non 1 pour 50). En Irak, la population est de trente millions de personnes environ. Il a fallu mettre sur pied (avec les Irakiens) une force de 600 000 hommes pour que la manœuvre de contre-insurrection commence à produire ses effets. En Algérie, à la fin des années 1950, les effectifs français étaient de 500 000 pour une population de huit millions d’Algériens "d’origine musulmane" (1/20). Au Vietnam, les Américains sont parvenus, également grâce à la conscription, à établir ce ratio mais n’ont cependant pas réussi à l’emporter. En Afghanistan, nous en sommes loin. Alors que le théâtre est infiniment plus complexe, physiquement et humainement, que nous agissons en coalition, le ratio est de 1/120 000 (en comptant les forces de sécurité afghanes, à la qualité cependant contestable) pour trente millions, soit la moitié de ce qui est nécessaire. Nous le constatons tous les jours, nos ratios actuels "forces de sécurité/population" nous permettent de conquérir, mais pas de tenir. Encore une fois, gagner la guerre, c’est contrôler le milieu. Or, nous ne savons plus contrôler le milieu.

 

Pour conclure, je voudrais encore mettre en avant deux préoccupations.

La première est qu’une nation – ou un groupe de nations – pèse dans une guerre à hauteur de sa participation. En ce sens, le conflit afghan est bien une "guerre américaine". On se rappelle ce télégramme diplomatique révélé dans Le Monde par Wikileaks dans lequel l’ambassadeur des États-Unis à Paris demandait, à l’instigation de l’Élysée, que Washington trouve des façons de faire croire que la France pesait sur le choix des options stratégiques. On se rappellera aussi que – de McKiernan à Petraeus en passant par McCrystall – les chefs militaires de la coalition sont nommés et relevés par Washington sans que l’on en réfère aux autres membres. N’en doutons pas : les calendriers et les stratégies sont bien plus dictés par les préoccupations de poli¬tique intérieure américaine que définis par le dialogue avec des coalisés obligés de s’aligner. Ceux qui ont lu Les Guerres d’Obama (4), de Bob Woodward, ne me contrediront sur aucun de ces points !

 

Ma seconde préoccupation tient au fait que l’Afghanistan est une nouvelle preuve de l’échec de l’Europe. Je constate qu’il y a, ou qu’il y a eu, quinze pays de l’Union ayant engagé des forces militaires en Afghanistan : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Suède, République tchèque, Portugal. Les effectifs européens sont loin d’être négligeables puisqu’ils représentent environ trente mille combattants, soit un tiers de la force engagée. Or, il n’y a presque pas d’Europe, en tout cas aucune Europe de la défense, en Afghanistan. On pourra toujours expliquer que, historiquement, l’Europe a eu du mal à s’imposer en tant que telle dans cette guerre. Certes, mais le constat est là : l’Europe mène la guerre la plus longue qu’elle ait jamais conduite ; elle le fait avec des effectifs très importants, et elle n’existe pas. Cela donne une résonance forte aux propos de l’ancien ministre de la Défense, Hervé Morin, qui affirmait fin octobre : "L’Europe est devenue un protectorat des Etats-Unis" (5) Il est temps que l’Europe se reprenne en main.

 

* Vincent DESPORTES Officier, Général de division (2S) est un ancien commandant de l’École de Guerre

 

(1) D’où il retire sa force et sa capacité à durer, selon Clausewitz.

(2) Introduction à la stratégie, Pluriel, 1998, pp. 24, 25.

(3) Georges-Henri Bricet des Vallons, Faut-il brûler la contre-insurrection?, Choiseul, 2010, p. 19.

(4) Denoël, 2011.

(5) Le Monde, 31 octobre-1er novembre 2011.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 21:33
Les soldats français tués en Afghanistan n'étaient pas armés

 

photo Armée de Terre

20/01/2012 Par LEXPRESS.fr

Quatre militaires français ont été tués par un soldat afghan pendant leur entraînement sportif. L'attaque a également blessé seize soldats dont huit grièvement. Les talibans ont salué le geste du "soldat afghan patriote". 

Quatre soldats français ont été tués en Afghanistan par un militaire en uniforme de l'armée afghan, d'après une source de sécurité afghane ce vendredi. "Le tireur présumé a été appréhendé", a ajouté la force internationale de l'Otan (Isaf). Nicolas Sarkozy a de son côté confirmé que les quatre militaires tués sont français. 

"C'est dans le cadre d'un entraînement à l'intérieur de la base qu'un tireur a abattu, assassiné quatre de nos soldats dans des conditions qui sont inacceptables", a précisé le ministre français de la Défense Gérard Longuet. "Les Français étaient en train de terminer leur séance de sport à l'intérieur" d'une enceinte militaire, a précisé une source sécuritaire. "Les soldats n'étaient pas protégés. Ils ne pouvaient pas se défendre. [Le tireur] a tiré dans le groupe. Puis ils l'ont neutralisé ", a poursuivi cette source, sans donner plus de détails sur l'assaillant. 

 

L'homme a utilisé une arme automatique. Il "a ouvert le feu sur des Français, quatre ont été tués et 16 blessés, ce matin vers 8 heures locales dans le district de Tagab de la province de Kapisa" dont l'armée française a la charge, selon une source de sécurité afghane. Le ministère de la Défense a déclaré que parmi les soldats français pris pour cible, il y a "une quinzaine de blessés dont huit grièvement". 

 

"C'est une tragédie qui s'apparente à un assassinat", a déclaré le ministre français en précisant que les événements s'étaient produits dans la base de Gwam, dans le nord-est du pays. Le périmètre de la base française de Tagab a depuis lors été circonscrit par l'armée française, et interdite d'accès aux forces de l'ordre afghanes, a indiqué une autre source sécuritaire. 

 

L'armée afghane infiltrée?

 

"Le tireur était un soldat de l'armée afghane", selon Abdul Hamid Erkin, le chef de la police de la province de Kapisa. Auparavant, il avait été présenté comme un "homme portant un uniforme afghan", par une autre source sécuritaire. 

Le 29 décembre, deux légionnaires français avaient été abattus délibérément par un soldat de l'Armée nationale afghane (ANA) dont ils assuraient la formation dans la province de Kapisa, au nord-est de Kaboul, région très infiltrée par la rébellion des talibans où se trouve la vallée de Tagab.  

 

Plusieurs incidents similaires, meurtriers pour l'Otan, ont eu lieu ces deux dernières années en Afghanistan, alors qu'ils étaient rares auparavant. Si les motivations des meurtriers ne sont pas toujours établies, elles laissent craindre une infiltration croissante des forces afghanes par les rebelles. 

 

Les talibans ont pour l'heure salué le geste du "soldat afghan patriote" pour son attaque contre les soldats français. 

 

Accélérer le retrait ou non?

 

Le président français a posé la question d'un retour anticipé des troupes françaises. D'ores et déjà, "toutes les opérations de formation, d'aide au combat de l'armée françaises, sont suspendues", a fermement déclaré Nicolas Sarkozy. 

 

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a présenté ses condoléances à la France estimant qu'il s'agissait d'un "jour très triste" pour les troupes de l'Otan. "De tels incidents sont graves et font les gros titres, mais ils sont isolés", a déclaré Rasmussen, la réalité est que, chaque jour, 130 000 membres de l'Isaf, originaires de 50 pays, combattent et entraînent plus de 300 000 soldats afghans".  

 

"Nous avons le même objectif: un Afghanistan qui soit responsable de sa propre sécurité. C'est ce que veulent les Afghans. Et nous restons déterminés à les aider à réaliser cet objectif", a affirmé le secrétaire général, en visite vendredi à Riga. 

 

 


 

82 soldats français tués depuis 2001

 

Sur les quatre soldats décédés ce vendredi, trois appartiennent au 93e Régiment de montagne de Varces (Isère), le quatrième au 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol (Vaucluse). Ils portent à 82 le nombre de militaires français tombés en Afghanistan depuis le début du conflit en 2001.  
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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 08:40
Osprey Over Helmand

01/17/2012 STRATEGY PAGE

A Marine Corps MV-22B Osprey flies in the sky above Helmand province, Afghanistan, Jan. 17. This was the last mission flown during Marine Medium Tiltrotor Squadron 162's six-month deployment in Helmand province, Afghanistan. Photo by Cpl. Justin Boling

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:45
Watchkeeper Misses Key Schedule Milestone

Jan 10, 2012 By Robert Wall - AviationWeek.com

LONDON - The U.K.’s flagship unmanned aircraft program, the Thales Watchkeeper, has failed to meet its target for delivering the first air vehicles to troops in Afghanistan.

Watchkeeper is among the ongoing U.K. Defense Ministry procurements with the largest schedule delays, according to the National Audit Office. It was running more than a year behind schedule and also has come under scrutiny at the ministry.

The program only barely escaped being named to the ministry’s “programs of concern” list when it was first issued last year. At the time, the government said another review was expected “around the turn of the year.”

One of the key milestones for the program last year was to begin deliveries to deployed forces in Afghanistan. However, a Defense Ministry official notes that “Watchkeeper has not yet been delivered.” A reason for the delay was not given.

The military was hoping to have sufficient numbers of Watchkeepers fielded to sustain three orbits in April, with the number of orbits to reach six in October. Fifty-four Watchkeepers are being bought under current procurement plans.

The in-service date for the program was initially planned for June 2010.

Once Watchkeeper is fielded, it is supposed to allow the ministry to start drawing down Hermes 450 unmanned aircraft being used on a fee-for-service basis in Afghanistan.

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