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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 18:52
Mali : l’Alat en première ligne

en vol de jour à bord d’une Gazelle Viviane.

Visibilité excellente, vulnérabilité maximale. 

(photo MinDefFR)

 

12.01.2013 par Frédéric Lert (FOB)

 

On s’était familiarisé avec Nijrab, Tagab puis Brega, Bengazi… A chaque année son théâtre d’opération et sa géographie nouvelle. Voici donc venir Konna et Mopti sur l’atlas des guerres françaises. Ces villes placées au centre du Mali, à l’exacte limite entre le sud et le nord du pays, sont à présent les points focaux de l’opération Serval qui a pour but d’arrêter l’offensive djihadiste.

 

Des moyens français ont été positionnés à Mopti dans la nuit du 10 au 11 janvier. Certaines informations parues dans la presse font état de huit rotations de Transall. Dans le même temps, des hélicoptères étaient mis en place à Ouagadougou, au Burkina Faso voisin. C’est de cette ville qu’est parti un premier raid français hier dans l’après-midi, pour stopper une offensive rebelle partie de Konna en direction de Mopti.

 

Un coup d’œil rapide sur une carte montre qu’il y a environ 200 km de Ouagadougou à la frontière malienne. Ajoutez une centaine de kilomètres pour aller de la frontière à la zone des combats, entre Konna et Mopti. Un raid direct au départ de la capitale ne passe pas en terme d’autonomie : les hélicoptères ont donc bénéficié d’une zone de ravitaillement avancée, proche du Mali. Les Gazelle utilisées par l’Alat, et en l’espèce le 4ème RHFS (Régiment d’Hélicoptères des Forces Spéciales) disposent d’une autonomie d’environ 1h30 en ordre de combat. Ce qui laisse donc, déduction faite de l’aller-retour, et à condition de décoller au plus près de la frontière, une demi-heure de « playtime » au maximum sur la zone des combats.

 

L’intervention des hélicoptères aurait été décisive pour casser la dynamique ennemie et les rebelles auraient reculé « de plusieurs dizaines de kilomètres » selon des sources maliennes. Reste que cette intervention s’est faite de jour selon les informations officielles, ce qui s’est sans doute payé par le décès d’un pilote, le lieutenant Damien Boiteux du 4ème RHFS. Agé de 41 ans, le lieutenant Boiteux était très expérimenté, avec à son actif de multiples opex au Kosovo, en Bosnie et en Côte d’Ivoire. Le ministre évoquait une blessure par balle tandis que certaines sources font état d’un éclat qui lui aurait sectionné l’artère fémorale alors que son hélicoptère était déjà engagé sur le chemin du retour, après le raid.

 

Envoyer les Gazelle de jour contre une colonne fortement défendue est une décision qui ne peut se justifier que dans l’urgence. Rappelons ici en deux mots que la Gazelle comme son nom l’indique, est à l’origine un appareil pacifique, conçu pour le transport « corporate », qui a effectué  son premier vol en 1967. Séduite par sa rapidité et sa manœuvrabilité, et faute de mieux, l’Alat en a fait par la suite la clef de voûte de ses capacités d’attaque. La Gazelle est un appareil rapide, bien adapté au vol à très basse hauteur, mais n’offrant aucune protection à son équipage. Celui-ci est assis face au danger, dans sa bulle de plexiglas, avec pour seule protection le gilet pare-balle et la visière du casque Gueneau… Sans influence sur les munitions de 7,62 à 23 mm dont disposent les rebelles maliens…

 

Le 4ème RHFS dispose d’une douzaine de Gazelle de deux modèles différents : les SA341 équipées d’un canon de 20mm et les SA342 « Viviane » mettant en œuvre le missile HOT. Les deux types d’hélicoptères seraient engagés dans les combats, avec sans doute une prééminence accordée à la Viviane. Celle-ci peut à priori décocher ses missiles à distance de sécurité mais elle doit pour cela se découvrir et s’exposer en demeurant en stationnaire une vingtaine de secondes, le temps que le missile filoguidé frappe sa cible.

 

Pour réduire cette vulnérabilité, l’Alat privilégie le combat de nuit pour lequel a été conçu le viseur Viviane. La quasi totalité des entraînements, et particulièrement au sein du 4ème RHFS, se fait après le coucher du soleil. Ce mode opératoire a parfaitement réussi en Libye : face à des ennemis solidement armés, les Gazelle ont accumulé plusieurs dizaines de raids sans recevoir un seul impact. Mais en Libye, l’Alat maîtrisait tous les paramètres de son intervention, ce qui n’a sans doute pas été le cas pendant ce premier raid malien.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:55

Gazelle sa 342 l1 credits Sirpa Terre

 

12/01/2013 Par SudOuest.fr, avec AFP

 

Le lieutenant Damien Boiteux du régiment "hélicoptères des forces spéciales" a été mortellement blessé lors des combats contre les islamistes

 

Un soldat français a été tué vendredi lors des raids par hélicoptères menés car les terroristes islamistes de l'Aqmi au Mali.

 

Il s'agit du lieutenant Damien Boiteux du régiment d'hélicoptères de combat de Pau, 4e RHFS (hélicoptères des forces spéciales). C'est le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian qui l'a annoncé ce samedi lors d'une conférence de presse consacrée aux interventions militaires au Mali et en Somalie.

Ce raid a été mené "vers 16h00" et "en appui de l'armée malienne a permis la destruction de plusieurs unités" terroristes et "stoppé leur progression", a affirmé Jean-Yves Le Drian indiquant que "dans ce combat intense, l'un de nos pilotes (...) a été mortellement blessé".

 

Un communiqué publié sur le site de l'Elysée salue sa mémoire :  "C’est avec une vive émotion que le Président de la République a appris le décès au Mali du lieutenant Damien Boiteux, chef de bord d’un hélicoptère du 4ème régiment d’hélicoptères des forces spéciales de Pau. Le chef de l’Etat adresse à la famille et aux proches du défunt ses sincères condoléances et s’associe pleinement à leur douleur. Il salue le courage et le dévouement de nos soldats engagés aux côtés des forces maliennes contre les mouvements terroristes.

 

Jean-Yves Le Drian, a indiqué que des unités françaises étaient déployées à Bamako, capitale du Mali, depuis la veille au soir en particulier pour "assurer la sécurité de nos ressortissants".

 



Vendredi, la contre-attaque de l'armée malienne, appuyée par des appareils militaires aériens français, est partie de Sévaré, localité à 70 km au sud de Konna, dotée du plus important aéroport de la région de Mopti (centre) d'où ils islamistes voulaient partir à la conquête du sud du Mali sous contrôle gouvernemental.

 

"Les hélicoptères ont frappé les véhicules des jihadistes qui se sont dispersés dans la nature. L'armée nettoie la ville", a indiqué l'armée malienne.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:46

Drapeau-Francais-en-berne-source-LignesdeDefense.jpg

 

12 Janvier 2013 Elysée.fr

 

C’est avec une vive émotion que le Président de la République a appris le décès au Mali du lieutenant Damien BOITEUX, chef de bord d’un hélicoptère du 4ème régiment d’hélicoptères des forces spéciales de Pau.

 

Le chef de l’Etat adresse à la famille et aux proches du défunt ses sincères condoléances et s’associe pleinement à leur douleur.

 

Il salue le courage et le dévouement de nos soldats engagés aux côtés des forces maliennes contre les mouvements terroristes.

 

Son action a contribué à arrêter l’avancée des forces terrestres vers Mopti et restera dans nos mémoires.

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 08:55

Mindef

 

09/01/2013 Ariane Nicolas - francetvinfo.fr

 

POLITIQUE - L'armée française craint le pire. Quatre ans seulement après le rapport commandé par Nicolas Sarkozy, un nouveau document sur son avenir, impulsé cette fois par François Hollande, doit être rendu en février prochain. Deux "Livres blancs" en seulement quatre ans : l'armée sait-elle encore où elle va ? 

 

Dans ses vœux aux armées, mercredi 9 janvier, le président a voulu calmer les craintes sur les moyens dont disposera l'armée à venir. Au-delà du retrait des troupes françaises d'Afghanistan, finalisé en décembre, difficile en effet de savoir clairement à quoi ressemblera l'armée ces prochaines années. Quelles nouvelles contraintes pèsent sur elle ? Comment le gouvernement compte-t-il y répondre alors que depuis plusieurs mois, les militaires de tous rangs font part de leurs inquiétudes ? Eclairages. 

 

Autant de militaires qu'au XVIIe siècle pour l'armée de terre

 

Contrairement aux budgets consacrés à l'éducation ou à la sécurité, dont l'augmentation est prévue, celui du ministère de la Défense stagnera en 2013, à 30 milliards de crédits budgétaires, dans l'attente des conclusions du Livre blanc. Le projet prévoit par ailleurs 7 200 nouvelles suppressions de postes après 29 000 emplois gommés en 2011. En tout, 54 000 suppressions de postes sont programmées entre 2009 et 2014, soit 17% des effectifs de la Défense.

Profondément restructurée depuis 2008, l'armée de terre est particulièrement touchée. Elle est passée cette année sous le "seuil symbolique des 100 000 militaires", soulignait son chef d'état-major, le général Bertrand Ract-Madoux, fin juillet. Selon le blog Secret défense, seuls 70 000 hommes sont réellement mobilisables. "Il faut remonter au XVIIe siècle pour retrouver un tel niveau." Pour rappel, en moyenne, 12 000 militaires français ont été déployés dans le monde depuis 2008, sur sept théâtres principaux (Afghanistan, Libye, Côte d'Ivoire, Liban, Balkans, Tchad, Somalie).

 

Des contraintes budgétaires croissantes

 

Malgré cet effort, la Cour des comptes reproche au ministère de la Défense de ne pas en faire assez, et notamment d'avoir laissé enfler sa masse salariale depuis 2009. Elle épingle notamment "l'augmentation continue de l'encadrement supérieur" des armées, en particulier du nombre d'officiers supérieurs.

Dans un rapport rendu en juillet, les magistrats recommandaient un renforcement de la maîtrise des coûts, soit "au moins 1 milliard d'euros d'économies" pour atteindre les objectifs de la Loi de programmation militaire (2009-2014) que le nouveau Livre blanc doit contribuer à corriger. Les magistrats préconisent aussi une série d'économies supplémentaires (rationalisation des achats, économie sur la politique immobilière...), sans oublier de concentrer "les moyens budgétaires sur les capacités opérationnelles" des armées. 


 

Devant les députés, Jean-Marie Guéhenno, le diplomate qui préside la commission chargée d'établir le nouveau Livre blanc, n'a pas dit l'inverse. "Il faut partir d’un monde qui est celui de l’après-crise économique et financière, tirer les leçons de ce changement économique et financier du monde", a-t-il martelé, selon des propos relatés par le blog Opex 360. 

 

Des impératifs stratégiques à redéfinir

 

Mais les nouveaux défis stratégiques n'ont que faire des politiques de rigueur. Afin de guider les réflexions du Livre blanc, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) y est allé de sa contribution (PDF) ; ce texte reprend certains constats du Livre blanc de 2008 tout en signalant de nouvelles menaces : décentrement d'Al-Qaïda sur des terrains locaux, augmentation des risques de cyberguerre et cyberespionnage, incertitudes liées au "printemps arabe", grande instabilité au Sahel, etc. Avec un constat général : "Le spectre de la violence armée s'élargit." 

 

A ces menaces "classiques" s'ajoutent d'autres missions dont l'armée pourrait avoir la responsabilité, comme la protection des ressources énergétiques ou les défis climatiques. Le rapport note ainsi qu'après le tsunami au Japon en 2011, plus de 100 000 militaires ont été mobilisés pour faire face à la crise sanitaire. C'est plus que l'effectif total des troupes françaises de l'armée de terre.

 

Une mise en garde assénée depuis le plus haut niveau

 

Même les hauts gradés des armées redoutent les conclusions du Livre blanc. L'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, a récemment mis en garde contre une fragilisation du corps militaire. "Toute discontinuité dans les financements a des impacts qui peuvent être irréversibles. (...) C'est pourquoi les prochaines décisions budgétaires ne devront pas céder au leurre du 'court-termisme'." Et l'amiral de pointer le manque de systèmes de lutte contre les menaces sur l'aviation, de drones, d'avions ravitailleurs et un niveau insuffisant des stocks de pièces de rechange.

 

Le chef des armées a également dit redouter "la suraccumulation de réformes", qui provoque "une véritable lassitude" parmi les militaires. "Or, le moral des troupes affecte leur combativité", souligne-t-il. Interrogé par L'Express, Edouard Guillaud évoque trois dossiers "insuffisamment pris en compte" dans le rapport de 2008 : l'Afrique, l'outre-mer et les espaces maritimes. "Pour résumer ces inquiétudes, ces inerties, ces rigidités, je dirais que la Défense est comme un grand navire lancé à 32 milliards d'euros : on ne peut réduire sa vitesse aussi rapidement qu'on le voudrait."

 

Des garanties encore limitées

 

Face aux critiques et aux craintes, le gouvernement a tenté de réagir. Sur la forme, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé que tous les militaires pourraient s'exprimer via un site intranet sur le Livre blanc. "Quel avenir pour nos forces armées ? La réponse, nous devons la formuler collectivement. Pour cette raison, j'ai souhaité que ceux qui avaient un point de vue à exprimer, des propositions à partager, puissent le faire et ce, quelle que soit leur armée ou leur grade."

 

Sur le fond, on rassure également, sans toutefois donner plus de détails sur l'orientation des réformes. Jean-Yves Le Drian martèle que la défense française ne sera pas "sacrifiée" pour des raisons budgétaires, mais nul ne sait encore quels secteurs seront privilégiés tant que le Livre blanc n'est pas sorti. Et encore, rien ne garantit qu'il sera suivi à la lettre. Seules certitudes, il est, selon le ministre, "hors de question" de toucher à la force de dissuasion nucléaire française, et les baisses des effectifs prévues sont définitives. "Les chiffres ont été annoncés, ils ne bougeront pas."

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 22:00
Focus sur 2013 (2) : Défense, du sang et des larmes

07/01/2013 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges Supersonique

 

2013, année de la dégradation des ambitions stratégiques de l’armée française ? L’épée de Damoclès tangue dangereusement au-dessus des trois armes. L’année 2013 s’annonce décisive pour les ambitions stratégiques du pays et le format de ses armées : la commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale doit rendre ses conclusions au président de la République en février, avant la présentation au Parlement, à l’été, d’une nouvelle loi de programmation militaire (LPM). Dans le contexte budgétaire actuel, l’exercice risque de virer aux grands coups de hache dans le budget de la défense. Industriels et militaires craignent que le Livre blanc acte une baisse drastique des ambitions militaires de la France, et que la nouvelle LPM en tire les conclusions en réduisant fortement l’effort de défense français (1,5% du PIB estimé en 2013).

 

A première vue, l’édifice de la défense française tient encore debout. Les arbitrages du ministère de la défense ont préservé, pour un budget 2013 "de transition", des commandes jugées incontournables. La DGA doit notamment commander cette année un premier système intermédiaire de drones MALE pour remplacer les Harfang actuels (probablement des drones américains Reaper de General Atomics), mais aussi 3 systèmes de drones tactiques SDTI (Sagem), 4 400 postes de communication tactique CONTACT (Thales), 220 armements AASM (Sagem), 20 torpilles lourdes Artémis (DCNS). Le ministère a aussi prévu de lancer la rénovation des avions de transport maritime Atlantique 2, et surtout de commander – enfin…- les ravitailleurs A330 MRTT (Airbus Military), qui ont fait cruellement défaut lors de l’opération Harmattan en Libye. Les forces françaises prendront aussi livraison de 11 Rafale, 4 hélicoptère d’attaque Tigre, 3 appareils de transport A400M, 12 hélicoptères de transport NH-90, 83 blindés VBCI, ou encore 4036 panoplies du fantassin Félin.

 

Mais on voit mal comment Jean-Yves Le Drian pourrait éviter des mesures d’économies drastiques. Le diagnostic est connu : le budget de la défense français a décroché par rapport à la trajectoire financière fixée par la loi de programmation militaire 2009-2014, basée sur des hypothèses macroéconomiques très - trop- ambitieuses. La trajectoire d’une croissance annuelle de 1% a été abandonnée, du fait de la crise de la dette, au profit d’un maintien du budget en euros constants (« zéro volume »), lui-même remplacé par un maintien en euros courants (« zéro valeur »). Ce qui signifie, en clair, une baisse du budget, si l’on tient compte de l’inflation. Selon le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, il manquera ainsi fin 2015 10 milliards d'euros au budget de la Défense par rapport à la loi de programmation militaire, et 40 milliards en 2020 – 130% du budget annuel de la défense- si la trajectoire financière reste la même.

 

La conséquence prévisible, c’est l’avis de la commission de la défense du Sénat sur l’équipement des forces qui le résume le mieux : « Dans ces conditions, le format des forces tel que dessiné par le Livre blanc de 2008 [30 000 hommes déployables en 6 mois pour un an, 70 avions de combat projetables, 1500 hommes projetables en quelques jours à 7-8000 km, NDLR] est définitivement hors de portée, écrivaient le 22 novembre les sénateurs Daniel Reiner, Xavier Pintat et Jacques Gautier. Une renégociation des grands contrats d'équipement des forces semble inéluctable, car les huit premiers programmes représentent 80 % des crédits d'équipement. La renégociation de contrats, déjà renégociés en 2008, va être très difficile et ne se traduira que par de maigres économies budgétaires, le plus souvent dans le long terme, au prix d'une réduction des cibles, d'un accroissement des délais de livraison voire d'une dégradation de la qualité des équipements. » Pour résumer, du sang et des larmes, à la fois pour des industriels qui vont devoir accepter des baisses de cibles, et pour les militaires, qui ne toucheront probablement pas tous les matériels promis.

 

Quels programmes seront touchés ? Le lugubre jeu des pronostics est ouvert : « Les décisions les plus faciles, à défaut d’être les plus avisées, sont de ne pas lancer les futurs programmes, comme le programme Scorpion de renouvellement des blindés de l’armée de terre, ou de limiter au maximum leur taille, souligne un spécialiste. Les cibles des grands programmes déjà lancés pourraient aussi être revues. » La dissuasion étant sanctuarisée par le président de la République (813 millions d’euros de crédits de paiements en 2013 pour le missile balistique M51 et son adaptation, 614 millions pour la simulation...), les décisions douloureuses pourraient se faire sur les autres programmes : le Rafale, dont la cible est de 286 appareils, pourrait rester bloqué à la commande actuelle de 180 avions ; les cibles de l’A400M, des frégates FREMM, des sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda, des blindés VBCI, ou encore des hélicoptères Tigre et NH-90 pourraient aussi être revues à la baisse. Rien de décidé à l’heure qu’il est, mais d’ores et déjà une certitude : le millésime 2013 aura un goût âcre pour la défense française.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 17:07

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/p1000483.jpg

Crédits photos: NHIndustries (Patrick Brunet)

 

11.12.201 par Guillaume Belan (FOB)

 

C’est le futur des opérations de projection aéroportée française qui a eu lieu en méditerranée du 3 au 14 décembre dernier. Sur le BPC (Bâtiment de Projection et de Commandement) Dixmude, les trois machines les plus modernes de l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre) étaient rassemblées pour une campagne d’essais : Tigre HAD (Appui Destruction: version munie de missiles Hellfire) soit la dernière version de l’hélicoptère d’attaque ; NH90 TTH (version terrestre) et Cougar rénové. A noter qu’il s’agissait du premier embarquement du NH90 Caïman version Armée de terre sur un BPC de la Marine Nationale.

 

L’objectif était triple : la mise en œuvre des appareils les plus modernes de l’ALAT ; leur maintenance ainsi que de tester les appontages de jour et de nuit sous conditions difficiles (vent de 35 nœuds et mer formée avec des creux de 2,5 mètres). Les essais continuent cette semaine, mais cette fois-ci en situation avec un débarquement d’une force amphibie de 300 soldats que doivent appuyer les trois hélicoptères de l’armée de terre.

 

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/p1000508.jpg

 

Le succès de l’aventure libyenne l’a récemment prouvé, les opérations se mènent aujourd’hui en interarmées. Et avec le Tigre et le Caïman, l’ALAT va bénéficier de capacités nouvelles.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 13:55

Caïman (NH90 TTH) – photo GAMSTAT P.Gillis

 

10 décembre 2012 Aerobuzz.fr

 

La Marine nationale procède du 3 au 14 décembre 2012, à des manœuvres conjointes en Méditerranée, avec l’Armée de terre et la DGA, impliquant l’hélicoptère de combat Tigre HAD, un Cougar rénové et pour la première fois sur un navire un NH 90 Caiman « Terre ».

 

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Premier appontage du Caïman sur le BPC Dixmude de la Marine Nationale photo Marine Nationale

Quelque part en Méditerranée, le 5 décembre 2012, le BPC Dixmude, malgré ses 21.000 tonnes pour 200 m de long roule doucement par une mer affichant des creux de 2,5 mètres et un vent de 40 kts. Dans la passerelle Avia, le capitaine Cindy. C coordonne les opérations aériennes en cours tout en gardant un œil sur les six spots d’appontage du pont. Soudain la radio crépite…

« BPC de Caïman : demande autorisation apponter sur spot 4 »

« De BPC, autorisé à l’appontage au spot 4 vent 38 kts du 233  »

« De Caiman reçu  »

 

Sur le pont les « chiens jaunes « prennent en charge l’imposant hélicoptère de nouvelle génération NH90 Caiman flambant neuf. Malgré ses 10,6 T, l’appareil apponte sans difficulté et s’aligne sur les repères du pont avant de repartir quelques secondes plus tard pour un nouveau tour de circuit. Pas le temps de se relâcher, cette fois c’est un Tigre qui se présente suivi de près par un Cougar rénové.

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Le BPC (Bâtiment de Projection et de Commandement) Dixmude, dernier fleuron de la Marine Nationale.
photo Marine Nationale

Toute la journée et jusqu’à une heure avancée de la soirée, les machines vont enchainer les tours de circuit et les appontages jusqu’à ce que les automatismes soient adoptés. Les responsables du pont, reconnaissables à leurs tenues rouges, jaunes et vertes se rodent à la mise en œuvre de machines qu’ils n’avaient pas jusqu’alors l’habitude de côtoyer. Enfin, après 22H00, dans une obscurité totale, les pilotes, équipés de jumelles de vision nocturne font leur dernier appontage.

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Le BPC de la Marine Nationale met en œuvre pour la première fois un Cougar rénové, un Tigre HAD et un hélicoptère NH90 Caiman « Terre » - photo Aerobuzz.fr

Le vent ne faiblit toujours pas. Et malgré l’arrêt des turbines, les pales des rotors dansent sous le vent. Une complication de plus pour les mécanos qui doivent saisiner (arrimer) solidement au pont les hélicoptères, replier les pales et descendre une à une les machines dans le hangar. Mission accomplie et réussie ! Il n’empêche malgré la fatigue, le Capitaine de Vaisseau Goutay, le « Pacha » du BPC (Bâtiment de projection et de commandement) et le COMALAT (Commandant de l’ALAT) le Général Olivier de la Motte sont réjouis. Ils ont conscience que ce qui se joue dans ces manœuvres conjointes Marine-ALAT est tout simplement le futur des opérations héliportées.

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Les chiens jaunes dans un ballet bien réglé dirigent les opérations sur le pont malgré des conditions parfois difficiles. photo Aerobuzz.fr

Les manœuvres vont se poursuivre jusqu’au 14 décembre avec la participation d’éléments de la 6ème Brigade de l’armée de terre, soit 300 militaires et 80 véhicules. Cette coopération exemplaire dessine le futur des opérations militaires, et à bord, chacun a conscience de mettre au point l’armée de demain, faite d’interopérabilité, de polyvalence et d’excellence, explique un pilote du Gamstat.

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Malgré sa jeunesse, le Caïman s’est bien comporté en milieu marin ; les pilotes apprécient sa motorisation, son casque HMSD et ses commandes de vol électriques. photo Aerobuzz.fr

Sous le pont d’envol, les techniciens ont saisiné les hélicoptères. Le lendemain, il faudra procéder à l’entrainement de maintenance. Il s’agit de s’entrainer à ravitailler les appareils en carburant et en armements, et de procéder à des opérations de maintenance telles que le changement d’une turbine ou l’inspection d’une cellule. Les techniciens ont des outils high tech tels que des tablettes contenant toute la documentation technique dont ils ont besoin.

 

Pour le NH90 Caiman, cette campagne est une première. Aussi le Gamstat n’a rien laissé au hasard. Une armada de techniciens, de logisticiens et des personnels d’Eurocopter et NHI étaient présents en soutien. Il s’agissait de tester le comportement du Caïman en milieu maritime, ses qualités de vol dans les turbulences de sillage du navire, de jour comme de nuit, sa résistance à la corrosion, la compatibilité de son avionique complexe avec les systèmes du navire, et surtout de familiariser, pilotes et mécanos de l’ALAT avec leurs homologues marins.

 

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Le Tigre HAD, un hélicoptère de combat ultra moderne qui se pilote comme un jouet ; il est caractérisé par une agilité et une polyvalence hors pair. photo Aerobuzz.fr

Pour les pilotes de l’ALAT, rompus aux situations les plus périlleuses, l’appontage des Tigre, Cougar et NH90 ne présente pas de difficultés particulières. « Il faut intégrer la problématique du vent relatif et les procédures du bord » explique un pilote. A terme, il est probable que tous les pilotes de l’ALAT devront obtenir leur qualification sur navire dans leur cursus de formation.

 

Pour les équipes techniques, le navire est bien pensé, il offre toute la place voulue pour mettre en œuvre des appareils imposants en un temps record. Un impératif qui se traduit par la présence de locaux de stockage des pièces de rechange et des locaux de travail adaptés. Avec pour tous une règle d’or : la sécurité. « Certes, des ajustements seront nécessaires sur certaines interfaces, mais c’est précisément le but de ces manœuvres  » explique un commandant.

 

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Le futur se joue aussi dans le hangar : la clé des opérations aériennes passe par une bonne maintenance à bord.
photo Aerobuzz.fr

Ce genre d’opérations combinées, marqué par une coopération exemplaire avec la Marine ne doit rien au hasard, il a bénéficié du retour d’expérience de l’opération Harmattan, au large des côtes de Libye. Dans la passerelle Avia le capitaine Cindy C. annonce la fin des vols, les coursives sont depuis longtemps éclairées d’une lumière rouge qui permet aux marins de différencier le jour de la nuit.

 

Demain est un autre jour, révisées et réapprovisionnées, les machines seront prêtes pour de nouvelles opérations. Les marins, de leur côté regardent déjà plus loin, le BPC, fleuron de la Royale est compatible avec les tous les types d’hélicoptères en service de par le monde, des imposants CH53 et V22 Osprey américains jusqu’au Ka-50 Russe. Le futur est en marche et il s’écrit aujourd’hui… A suivre.

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 12:55
Menace sur le VHM

06.12.2012 Par Guillaume Belan (FOB)

 

Dure période pour l’armée de terre. Les ressources budgétaires, bien que très officiellement affichées en stricte application de la LPM (Loi de programmation militaire), ne sont manifestement pas au rendez-vous. L’étendu des dégâts n’est d’ailleurs pas encore totalement cernée… Et le budget terrestre, c’est devenu une tradition, trinque un peu plus que les autres. Facilité oblige.

 

Dernier arbitrage à l’étude, dont FOB a eu écho, le programme VHM (Véhicule Haute Mobilité), qui pourrait être amputé… de moitié! Annoncé il y a une semaine par la DGA (Direction Générale de l’Armement), le premier véhicule BVs10 Viking Mk2 de Hägglunds (filiale du groupe américano-britannique BAe) commandé en 2009, a été réceptionné le 7 novembre dernier. 53 véhicules haute mobilité seront livrés d’ici 2013.

 

Au final, la cible affichée devait atteindre 120 de ces chenillés blindés. Une première commande ferme de 53 VHM a été signée et deux tranches conditionnelles doivent-être confirmées, dont la première avant mai 2012. Or, de très fortes menaces pèsent sur ces commandes ultérieures et l’armée de terre planche très sérieusement sur un scénario à une cinquantaine de BVs10. Initialement, les 120 VHM devaient équiper deux brigades. Ce véhicule articulé blindé de transport de troupes, particulièrement adapté aux terrains difficiles, devait être mis en œuvre par la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM), qui dispose déjà de son prédécesseur le BV206, et la 9e brigade légère blindé d’infanterie de marine (9e Blbima).

 

Aujourd’hui, il est question de ne disposer que d’un parc centralisé dédié aux opex, qui serait basé à Canjuers. Cette solution permettrait de pouvoir armer deux SGTIA (Sous-groupement tactique interarmes) déployés en opérations extérieures, à savoir 25 véhicules par SGTIA projeté. Cette centralisation du parc permettrait par ailleurs d’éviter une usure prématurée des véhicules en unité. Car le VHM est un véhicule « précieux ». Véritable véhicule de combat, il dispose de capacités de franchissement inégalées. Et pouvoir évoluer hors des axes offre des avantages opérationnels importants. Récemment les britanniques l’auraient utilisé pour mener un raid en Somalie. Simple d’utilisation, il offre une liberté d’action et peut transporter 11 fantassins (équipés Felin), là où d’autres véhicules seraient incapable d’évoluer.

 

Très utilisé par les britanniques en Afghanistan pour évoluer hors des axes et donc loin de la menace des IED (bombes artisanales), la France pourrait le projeter en opérations dès 2013.

 

Construit par Hägglunds, la société française Panhard est associée au projet. Le constructeur de blindés légers est en charge de l’intégration des équipements spécifiques : armements de 7,62 ou 12,7 mm, radios, systèmes d’information… La France disposera de trois versions : transport de troupes (11 combattants), PC et logistique. Le VHM est protégé contre les munitions de petit calibre, les roquettes RPG, les mines et les IED.

Menace sur le VHM
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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 13:07

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Sissonne, le 29 novembre 2012 sagem-ds.com

 

A l’occasion de la démonstration des capacités en zone urbaine « Decazub » de l’armée de Terre au CENZUB (1) le 29 novembre 2012, le groupement TNS formé par Thales, Nexter Systems, Sagem (groupe Safran) met en avant le résultat de ses travaux réalisés dans le cadre de la préparation du programme Scorpion.

 

A cette occasion, le groupement TNS dévoile en situation réelle le démonstrateur LOCC (Logiciel Opérationnel de Conduite du Combat). Le LOCC a été développé en équipe intégrée (Forces terrestres/DGA (Direction générale de l’armement)/TNS) dans le cadre de la BOA (Bulle Opérationnelles Aéroterrestre). Il permet la mise en oeuvre des fonctionnalités d’un futur système de conduite du combat en vue d’accroître les capacités opérationnelles d’un GTIA (Groupement Tactique InterArmes).

 

Sous l’impulsion de l’armée de Terre et de la DGA, le démonstrateur BOA a été orienté vers la préparation du programme Scorpion. Le groupement TNS capitalise sur ces travaux pour répondre aux exigences du combat collaboratif à partir des technologies de numérisation de l’espace de bataille.

 

Le LOCC a ainsi été expérimenté en 2012 par l’armée de Terre et mis en oeuvre au CENZUB lors de l’expérimentation « Tactic » avec un excellent retour des opérationnels. Ce système est considéré aujourd’hui comme le précurseur des futurs systèmes d’information de l’armée de Terre.

 

Par ailleurs, Thales, Nexter et Sagem sont partenaires de la société commune MARS. Créée en juillet 2010, cette société a pour mission de mettre en commun les compétences des trois maisons mères au profit des enjeux capacitaires des unités au contact, avec le souci de cohérence et de meilleure performance économique - en assistance à la DGA, en tant qu’architecte industriel du programme Scorpion. MARS conduit cette mission en liaison étroite et permanente avec les équipes de la DGA, les états-majors et les forces terrestres dans un cadre coopératif nouveau organisé à la fois en plateau et en réseau, et en constant dialogue avec les différents partenaires industriels.

 

(1) Centre d’entraînement aux actions en zone Urbaine, le CENZUB est implanté dans le camp national de Sissonne (120 km au nord-est de Paris). Decazub comprend une démonstration de combat aéroterrestre numérisée dans le village de combat de Jeoffrecourt. L’exercice permet de mettre en évidence les savoir-faire des forces terrestres, les gains capacitaires attendus du programme Scorpion et le pôle d’excellence que représente le CENZUB.

 

***

 

Thales est un leader mondial des hautes technologies pour les marchés de la Défense et de la Sécurité, de l’Aérospatial et du Transport. Fort de 67 000 collaborateurs dans 56 pays, Thales a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires de 13 milliards d’euros. Avec 22 500 ingénieurs et chercheurs, Thales offre une capacité unique pour créer et déployer des équipements, des systèmes et des services pour répondre aux besoins de sécurité les plus complexes. Son implantation internationale exceptionnelle lui permet d’agir au plus près de ses clients partout dans le monde.

Pour plus d’information : www.thalesgroup.com

Suivez nous sur Twitter : @ThalesPress

 

Nexter Systems, grâce à sa maîtrise des systèmes blindés de combat terrestre, a pour vocation de répondre aux besoins des armées de Terre française et étrangères. Son domaine d’activité s’étend à la fourniture de systèmes et de munitions pour les armées de l’Air et de Terre, et la Marine. Le chiffre d’affaires de Nexter s’est établi pour 2011 à 851 M€ et l’entreprise alloue 16% de son chiffre d’affaires aux activités de Recherche & Développement. La gamme de produits proposés par Nexter est notamment composée du char Leclerc, de véhicule multimissionsARAVIS®, véhicule de combat VBCI, système d’artillerie CAESAR® et 105 LG, munition intelligente BONUS, services clients, soutien et revalorisation.

Pour plus d’informations : www.nexter-group.fr

 

Sagem, société de haute technologie du groupe Safran, est un leader mondial de solutions et de services en optronique, avionique, électronique et logiciels critiques, pour les marchés civils et de défense. N°1 européen et n°3 mondial des systèmes de navigation inertielle p our les applications aéronautiques, marines et terrestres, Sagem est également n°1 mondial des commandes de vol pour hélicoptères et n°1 européen des systèmes optroniques et des systèmes de drones tactiques. Présents sur tous les continents via le réseau international du groupe Safran, Sagem et ses filiales emploient 7 500 personnes en Europe, en Asie du Sud-est et Amérique du Nord. Sagem est le nom commercial de la société Sagem Défense Sécurité.

Pour plus d’informations : www.sagem-ds.com

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 09:05

Mindef

 

07/11/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Grandeur et décadence des armées françaises... Mercredi après-midi débute l'examen en séance des crédits de la mission Défense du projet de loi de finances (PLF) pour l'année 2013. Le PLF devrait en principe être voté le 20 novembre. En trois volets, voici les principales déclarations à l'occasion de leur audition à la commission de la défense de l'assemblée nationale du chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, puis des chefs d'état-major terre, air, marine et enfin du délégué général pour l'armement.

 

Après un premier volet sur les déclarations d'Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, voici dans ce deuxième volet les principaux points évoqués par le chef d'état-major de l'armée de terre, Bertrand Ract-Madoux, le chef d'état-major de l'armée de l'air, Denis Mercier, et, le chef d'état-major de la marine, Bernard Rogel, lors de leur audition devant la commission de la défense de l'assemblée nationale au mois d'octobre :

 

Le chef d'état-major de l'armée de terre, Bertrand Ract-Madoux

 

"J'ai pu constater que ce budget avait été, à juste titre, qualifié de budget d'attente ou de transition par le ministre de la défense et le chef d'état-major des armées. Cette attente ne sera pas sans conséquence pour une armée de terre qui représente, comme j'ai coutume de le dire, 20% du programme 146, 20% de la préparation opérationnelle hors titre 2 (personnel) des armées et 20% de l'entretien programmé des matériels (EPM) des armées. Or dans ce processus de recherche d'économies de court terme, elle supportera, en 2013, une grande part des efforts du ministère. L'armée de terre supportera ces efforts, tout d'abord, dans le domaine des équipements dans la mesure où, sur les années 2012 et 2013, l'armée de terre devra contribuer à hauteur d'environ 40% du total des reports ou annulations en autorisations d'engagement ainsi que des crédits de paiement. Cet effort apparaît encore plus disproportionné pour la seule année 2013, avec une part dans la réduction des engagements estimée à 76%. Cela s'explique par ses nombreux petits programmes particulièrement propices aux économies de court terme et par le fait que plusieurs programmes majeurs tels SCORPION et le porteur polyvalent terrestre (PPT), n'ayant pas encore été notifiés, pouvaient donc être décalés".

 

"Les conséquences immédiates en seront notamment le décalage à l'été 2013 de la notification des travaux complémentaires d'architecture pour le programme SCORPION. Si cette mesure qui affecte le programme majeur de l'armée de terre est surtout emblématique, d'autres auront des conséquences capacitaires plus importantes telles que l'impossibilité de projeter plus de 4 hélicoptères Caïman (NH90, ndlr) jusqu'à fin 2016 ou la rupture capacitaire sur le segment des porteurs logistiques terrestres à partir de 2015".

"L'armée de terre supportera également une part importante des efforts du ministère dans le domaine des effectifs. Sa contribution ira ainsi au-delà de l'objectif fixé par la loi de programmation militaire (environ 2700 postes en 2013) en raison d'une accentuation de la pente de déflation, consécutive aux décisions contenues dans la lettre plafond de cet été".

 

"Récemment pointée du doigt sur les questions de masse salariale et d'avancement, souvent à tort, l'armée de terre saura, enfin, prendre les mesures qui s'imposeront pour maîtriser sa masse salariale. Mais il va sans dire que les révélations de l'été 2012, par médias interposés, ont été un choc. J'étais d'ailleurs lundi avec les représentants des officiers de l'ensemble des régiments réunis en séminaire. Ce sujet d'inquiétude était sur toutes les lèvres. Il dépasse bien évidemment la seule catégorie des officiers car la restriction de l'avancement, dont je rappelle qu'il se fait presque essentiellement «au choix», c'est-à-dire au mérite, aura un impact sur «l'escalier social» qui est la force des armées et qui permet, à chacun, selon ses capacités, d'accéder à des responsabilités supérieures. Je vous rappellerai ainsi que 70% des sous-officiers sont issus des militaires du rang et que 70% des officiers ne sortent pas directement des écoles de Coëtquidan".

 

"Il y a derrière mes propos l'inquiétude de voir la cohérence d'un outil efficace et aguerri, affaiblie par des mesures budgétaires de court terme et de voir les données budgétaires préempter les débats stratégiques en cours (...). La France possède aujourd'hui avec l'armée de terre un outil remarquable qui, malgré les réformes lourdes, n'a jamais fait défaut pour répondre à ses engagements opérationnels. Mais elle est dans une situation d'équilibre qu'il lui est de plus en plus difficile de préserver. Son format est tout «juste insuffisant», expliquait un récent rapport du Sénat. Il ne faut, en effet, pas oublier qu'en 2009, l'armée de terre, avec le même format, était en situation de «surchauffe» opérationnelle. Je pense donc qu'elle a effectivement atteint un seuil plancher au-dessous duquel elle ne pourra descendre sans renoncements capacitaires, renoncements qui lui feront perdre sa cohérence et son efficacité et pourrait affecter l'image de la France. Car c'est bien avec le volume de la force terrestre projetable (aujourd'hui 73.000 hommes) que doivent se raisonner les contrats opérationnels et non avec les effectifs de l'armée de terre au sens large (135.000 militaires et civils)".

 

"Je vous ai dressé, pour reprendre l'expression du chef d'état-major des armées, un panorama de l'armée de terre parfois sombre mais sans concession. Je ne peux vous cacher, non plus, que l'adhésion aux réformes s'érode sensiblement. En l'absence de perspective d'améliorations rapides, la lassitude commence à gagner les esprits".

"Toutes les difficultés de l'armée de terre ont une seule origine: la lente et immuable érosion du budget de la défense. Les intentions du Livre blanc de 2008 étaient pourtant bonnes, puisque l'effort a porté sur les équipements et nous sommes très heureux de ceux que nous avons reçus. Mais nous n'avons plus aujourd'hui les moyens suffisants pour les faire fonctionner, compte tenu de la réduction des crédits consacrés au fonctionnement, à l'entretien du matériel et la contraction de la masse salariale. Nous avons par exemple perdu, sur quatre ans, une année complète de crédits d'entretien programmé du matériel pour nos hélicoptères. Pour les autres équipements, nous avons perdu une part significative du budget. Dans le même temps, près de 4000 postes de maintenanciers ou mécaniciens ont été supprimés. Le Livre Blanc de 2008 nous avait été présenté comme la perspective d'une armée plus petite mais avec plus de moyens. Ce n'est en réalité pas le cas. Nous sommes aujourd'hui encore capables d'assurer les contrats opérationnels de 2008 mais plus de les soutenir dans la durée".

 

"Je n'ai pas parlé de rupture mais de risques de rupture capacitaire sur certains équipements. C'est notamment le cas pour les véhicules légers tout-terrain P4, les hélicoptères, les camions logistiques. Ces programmes sont souvent victimes de leur taille modeste. Nous pouvons déployer 30.000 hommes mais nous ne pouvons pas les faire tenir dans la durée sur le plan des munitions. La réduction des stocks nous interdit de fait la soutenabilité dans la durée. La Libye a affecté certains stocks, avec notamment la consommation de 425 missiles Hot par nos hélicoptères de combat. Il n'y a néanmoins pas de carence car nous disposons de stocks de crise et de guerre. Il faudra également lancer le programme MMP dans le domaine de l'antichar, le remplacement des MILAN étant impératif".

 

Le chef d'état-major de l'armée de l'air, Denis Mercier

 

"La première concerne le maintien de l'activité aérienne pour nos équipages. Elle est essentielle pour garder des compétences, préserver un niveau suffisant de sécurité aérienne et garantir le moral de nos aviateurs. Nous sommes confrontés à la difficulté de contenir les coûts de maintien en condition opérationnelle (MCO). En 2012, l'écart entre les ressources disponibles et les besoins d'entretien programmé des matériels aéronautiques de l'armée de l'air a atteint 300 millions d'euros. Cela se traduit par une pression de plus en plus forte sur la formation et l'entraînement des forces et en conséquence une érosion du capital des savoir faire opérationnels. Malgré les efforts que je salue du ministère sur le domaine, en 2013, le déficit d'activité sera d'environ 20% par rapport au besoin nominal d'entraînement des équipages. C'est acceptable dans un budget d'attente, mais nous approchons d'un seuil qui pourrait devenir critique. Notre cohérence repose sur notre capacité à trouver le bon équilibre entre notre format et les ressources dédiés à l'entretien programmé de nos matériels".

 

"Ma dernière crainte concerne la construction budgétaire. Les trajectoires financières actuellement envisagées nous amènent à court terme sous le seuil des engagements déjà passés. En poursuivant dans cette direction, nous serons amenés à annuler certaines commandes, avec des pénalités à la clé, et nous serons dans l'impossibilité de procéder aux nouvelles acquisitions, celles qui nous permettront de mettre en place des modes de fonctionnement source d'économies. Les drones, les MRTT, qui n'entrent pas encore dans la construction budgétaire, sont en position de vulnérabilité. La phase 2 de la quatrième étape du système de commandement et de conduite des opérations aériennes (SCCOA) n'est pas prévue dans le projet de loi de finances 2013. Ses reports successifs fragilisent notamment nos capacités de détection sur le territoire national".

 

"Le report de nombreux programmes d'équipement, décidés en amont des travaux du projet de loi de finances, pourrait aussi s'avérer préjudiciable à notre capacité opérationnelle. C'est le cas par exemple de ceux liés aux obsolescences du missile Aster30, du pod RECO NG, du simulateur Mirage 2000C, de la mise aux normes civiles des hélicoptères Puma et Fennec, de la rénovation des C130 et de la flotte de Mirage 2000D. Sur ce dernier point, je souligne que le Mirage 2000D au potentiel de vie encore élevé nous permettrait de disposer d'un avion, dont il nous faut déterminer le niveau de rénovation et le format, capable d'effectuer à moindre coût une large gamme de nos missions en complément du Rafale. Il existe un véritable risque de perte de capacités opérationnelles, mais aussi de capacités industrielles nationales dont les conséquences pourraient être irréversibles. Je milite pour l'étude de solutions de court terme qui permettent de conserver la réversibilité nécessaire à la préparation d'un avenir qui pourra être différent de celui d'aujourd'hui. Un avenir qui sera porté par le personnel s'il n'est pas tourné vers une simple diminution des formats mais bien vers un véritable projet".

 

"Aujourd'hui, le volume horaire de formation de nos pilotes est inférieur aux objectifs fixés : 160 heures au lieu de 180 pour les pilotes de chasse - et encore, certains ne volent que 120 heures. Le différentiel est encore plus marqué pour les pilotes d'avions de transport, qui devraient voler 400 heures par an, et qui n'en effectuent en moyenne que 250. Cette situation peut créer un vrai problème de compétences ; c'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons demandé et obtenu l'acquisition de huit CASA. Certes, la simulation permet de pallier une partie du problème, mais elle ne remplacera pas le vol".

 

Le chef d'état-major de la marine, Bernard Rogel

 

"La modernisation de notre outil est amorcée. Elle constitue la réponse à une urgence : les réductions, temporaires ou non, de capacité - rappelons que nous avons désarmé 20 bâtiments depuis 2009, et que cela continue - et l'âge de nos outils - près de 40 ans pour la frégate De Grasse, 34 ans en moyenne pour les frégates Georges Leygues, Montalm et Dupleix ou l'aviso lieutenant de vaisseau Le Hénaff - nous placent au bord d'une rupture franche. Seules deux frégates ont été livrées au cours des dix dernières années. Quant aux forces outre-mer, elles auront perdu leur capacité en patrouille et en bâtiments de transport léger (Batral) en 2016 si elles ne sont pas remplacées. Ne resteront plus que 6 frégates de surveillance et deux patrouilleurs pour 10 millions de km2 de zone économique exclusive (ZEE). Il n'est plus possible de retarder le renouvellement de la flotte".

 

"Si la disponibilité des bâtiments est satisfaisante, les crédits prévus ne permettent pas d'atteindre les objectifs de la LPM, avec, pour la flotte de surface notamment, une prévision de réalisation des heures de mer de l'ordre de 12% en dessous de l'objectif de la loi de programmation militaire (LPM) 2009/2014. Par ailleurs, nous sommes contraints d'immobiliser les sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) neuf mois avant leur période d'entretien majeur afin de respecter l'enveloppe allouée à leur maintenance. Afin d'optimiser la disponibilité, nous menons aujourd'hui une réforme importante d'organisation sur l'entretien de la flotte, nommée Dispoflotte 2015, pour gagner toutes les marges possibles. Celle de l'aéronautique est quant à elle préoccupante. Elle a conduit à réduire de 9% l'activité au deuxième semestre 2012. C'est la conséquence d'un déficit de financement d'environ 20%. Le risque est, au-delà d'un taux de disponibilité en retrait, d'affaiblir le potentiel des flottes car les stocks de rechange ne sont plus recomplétés. Là encore, toutes les solutions d'optimisation sont recherchées avec la structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la défense (SIMMAD) pour limiter les conséquences des contraintes budgétaires".

 

"Les crédits d'équipements d'accompagnement font l'objet d'une forte contrainte financière, qui pèsera en grande partie sur les munitions, repoussant d'une année la perspective de reconstituer les stocks. 2012 aura déjà été une année de forte réduction en matière de munitions d'infanterie et aéronautiques : cette situation doit être comprise comme une solution transitoire dans l'attente d'une nouvelle LPM, qui permettra par ses arbitrages de lever, ou tout au moins de mieux cibler, les efforts d'économies".

 

"S'agissant des équipements, nous avons besoin de l'ensemble des composantes pour remplir les missions qui nous incombent. Pour prendre une image, votre question équivaut à demander à un bricoleur de choisir, dans la composition de sa caisse à outil, entre le marteau et le tournevis pour intervenir sur une panne qu'il ne connaît pas encore. C'est un choix impossible ! Nous sommes dans une phase de renouvellement urgent, mais qui était prévu dans la loi de programmation militaire (LPM). C'est le cas notamment pour les frégates de premier rang et les patrouilleurs. Encore une fois, si nous ne faisons rien, il ne nous restera plus que 6 frégates de surveillance outre-mer : comme ces patrouilleurs n'étaient pas considérés prioritaires dans le dernier Livre blanc, on a assisté à une réduction temporaire de capacité (RTC), qui nous conduit aujourd'hui à désarmer tous les P 400 - lesquels ne pourront être prolongés - et les Batral, sans les remplacer tout de suite".

 

"Le contexte financier rend les choses difficiles : nous devons réduire la dette, qui est un enjeu majeur, faute de quoi la défense pourrait être la première touchée. La question est de savoir combien de temps va demander l'effort demandé à la défense, ce qui déterminera les réponses capacitaires. Si cet effort dure trois ou quatre ans, on retardera des programmes et on continuera à réaliser des trous capacitaires, mais on pourra garder une dynamique positive avec l'espoir de réinvestir ensuite. S'il devait au contraire prolonger une dizaine d'années, nous serions obligés de faire des choix capacitaires, qui impliqueraient d'établir des priorités entre les missions".

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 08:55
Armée française : la ruine en héritage ?

05/11/2012 Par Georges-Henri Bricet des Vallons - lenouveleconomiste.fr

 

Il semble que la phase d’autodestruction de notre défense soit désormais irrémédiablement engagée

 

L’Afghanistan a-t-il été le chant du cygne de l’ère des opérations extérieures de l’armée française ? A prendre au mot le concept de “betteravisation” qui fait florès dans nos états-majors (entendre retour au pays et fin de l’époque expéditionnaire), tout connaisseur de la chose militaire est porté à le croire. Coupes continues des crédits, purge massive des effectifs, cession gratuite du patrimoine immobilier, des milliers de militaires qui ne sont plus payés depuis des mois… La situation de la Défense est entrée dans une phase critique qui pourrait déboucher sur une crise sociale, capacitaire, et des vocations sans précédent historique. L’institution militaire sera vraisemblablement la principale victime de la politique ultra-récessive poursuivie par le gouvernement Ayrault, qui, en cela, ne fait que parachever les décisions prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy. L’armée de terre sera la plus touchée, mais la Marine et l’armée de l’air auront aussi leurs lots.

 

L’affaire Louvois

 

Le volet le plus sensible politiquement et médiatiquement est d’abord celui des soldes non versées lié aux dysfonctionnements chroniques qui affectent le logiciel bien mal-nommé Louvois, du nom de l’énergique ministre de la guerre de Louis XIV. Problème récemment qualifié d’“invraisemblable” par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui-même. Dans la continuité de la politique de rationalisation budgétaire actée par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le ministère de la Défense a décidé la mise en place de plusieurs systèmes d’information de “ressources humaines” (SIRH). Dans l’armée de terre, ce système d’information a été baptisé Concerto. Louvois (Logiciel unique à vocation interarmées de soldes) est la déclinaison du volet “salaires” de l’ensemble des SIRH des armées (Rhapsodie pour la Marine, Orchestra pour l’Armée de l’Air, Agorha pour la Gendarmerie). Problème : ce logiciel vendu à prix d’or et dont la maîtrise d’oeuvre et la maintenance sont assurées par l’entreprise Steria, ne fonctionne pas. Depuis le raccordement de Louvois à Concerto et le basculement unilatéral de la gestion des soldes en octobre 2011, les ratés du système perdurent et se multiplient : frais de déménagement non remboursés, indemnités de campagne non perçues, soldes non versées, ou versées avec six mois ou un an de délai, ou alors versées de manière aberrante (seul un cinquième du salaire est perçu), autant d’accrocs dus à la pléiade de bugs qui affectent Louvois. La conséquence directe est une précarisation radicale des familles : une manifestation de femmes de militaires a eu lieu l’année dernière, première du genre, mais le mouvement a vite été étouffé par les pressions exercées sur leurs maris. Résultat : certains militaires, qui attendent le versement de leurs soldes, sont ruinés, interdits bancaires et sont obligés d’emprunter pour rembourser des crédits déjà contractés alors même qu’ils ne sont plus payés ! Dans les cas les plus extrêmes, leurs femmes divorcent pour acquérir un statut de femme seule et toucher des allocations.

 

L’affaire des soldes pourrait, à condition de se cantonner à une lecture de surface, ne relever que d’un simple bug. En réalité, le problème pourrait aller bien au-delà du raté informatique et concerner aussi la trésorerie de l’Etat. Les capacités d’emprunt auprès des marchés s’épuisant avec la crise, la priorité va au paiement des salaires des institutions syndiquées et dotées d’une forte capacité de nuisance médiatique (Education nationale), à l’inverse exact des militaires. Officiellement 10 000 dossiers sont en attente de traitement dans l’armée de terre (chiffre reconnu par le ministère). En réalité l’ensemble de la chaîne des soldes (troupe, sous-officiers et officiers) est impactée (120 000 bulletins de soldes touchés) et le chiffre réel pourrait atteindre 30 % des effectifs totaux. Pire, ces ratés touchent en majorité des militaires qui sont sur le point de partir en opérations ou qui en reviennent (60 % des dossiers). Là encore, impossible de faire la lumière sur le nombre exact de militaires touchés puisque le ministère n’en a aucune idée précise et vient de lancer un appel aux parlementaires pour faire remonter les doléances. Le ministre Le Drian a parfaitement conscience du scandale même s’il feint de le découvrir avec sa prise de fonction, puisqu’il était chargé des questions de défense auprès de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Si Bercy ne freinait pas, le ministère aurait évidemment débloqué des fonds spéciaux pour gérer l’urgence, ce qu’il commence à faire. L’annonce récente d’un plan d’urgence et la mise en place d’un numéro vert suffiront-elles ? Les services concernés sont déjà débordés par le flot des plaintes et, faute de compétence technique, n’ont d’autre choix que d’intimer la patience.

 

Sur le fond, une autre hypothèse – conditionnelle – pourrait être émise : les ratés de Louvois pourraient relever d’une stratégie mise en place par les grandes entreprises de conseil qui ont vendu ces logiciels de gestion intégrée pour démontrer au gouvernement l’incapacité des services de l’Etat à faire fonctionner des systèmes aussi complexes et obtenir une externalisation totale de leur gestion (Louvois est géré en interne par les services de ressources humaines du ministère qui sont épaulés par des équipes de Steria). Paradoxe ? L’Etat envisagerait de confier la totalité de la gestion du parc informatique du ministère à Steria. Aucune sanction financière n’a pour l’heure été prise contre l’entreprise, ce qui ne laisse pas d’interroger, tout comme l’absence de réactivité du contrôle général des armées, pourtant censé superviser et auditer ce type de dossier. Dans un contexte aussi opaque, il est de toute façon impossible de détailler avec exactitude les responsabilités de chacun. Seule une commission d’enquête parlementaire serait en mesure de le faire.

 

On notera que seul l’ex-chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Paloméros, constatant ces défaillances à répétition, a eu le courage de refuser le passage à Louvois. Il est depuis parti servir au sein de l’OTAN comme commandant suprême allié à Norfolk.

 

Le dépérissement des PME de Défense

 

La situation financière critique du ministère de la Défense recoupe également le problème des délais de paiement (9 à 18 mois en moyenne) aux PME de Défense (qui ont souvent pour seule clientèle l’Etat). La conséquence est que les PME n’ont pas les fonds de roulement nécessaires pour survivre à de tels délais et que la crise faisant, les banques ne prêtent plus. A cela il faut ajouter la perspective d’une contraction inéluctable des commandes de l’Etat liée aux coupes budgétaires dans les équipements. 211 millions d’euros avaient déjà été annulés sur la mission Défense 2011 pour rembourser une partie des 460 millions d’euros dus à Taïwan dans l’affaire des frégates après le rendu de l’arbitrage international. Pour le budget 2013, plus de 1,8 milliard pourraient être annulés ou décalés sur un total de 5,5 milliards. Il est à craindre que le tissu industriel des PME de Défense, déjà précarisé et très faiblement soutenu par l’Etat (à l’inverse de la politique pratiquée en Allemagne), risque à court terme la mort clinique. L’autre incidence de cette rétractation budgétaire est que l’effort de recherche et développement de programmes indispensables à notre autonomie stratégique, comme celui d’une capacité “drone”, va être dramatiquement entravé, entraînant l’achat sur étagères de Reaper américains.

 

Le “dépyramidage” et le gel des avancements

 

Autre dossier brûlant : le gel de 30 % des avancements. Matignon a enjoint début septembre, via une lettre de cadrage, le ministère de la Défense d’impulser une politique de dépyramidage brutale de la structure de ses effectifs et pour ce faire de réduire du tiers les volumes d’avancement de ses personnels militaires sur les trois prochaines années. C’est l’autre bombe à retardement avec l’affaire des soldes : plus de perspective d’avancement au grade, plus d’augmentation salariale pour un tiers des militaires. Du jamais vu. Une politique de dépyramidage courageuse consisterait à acter une loi de dégagement de cadres (trop de colonels et de généraux en proportion par rapport aux officiers subalternes, sous-officiers et troupe) et à ponctionner dans les avantages du régime spécial de la 2e section (5 500 généraux en retraite dite “active”, soit l’équivalent d’une brigade de réserve, pour seulement 95 rappels annuels). Le ministère ne s’y risquera sans doute pas car, contrairement à un sergent ou à un lieutenant, les généraux ont un poids politique (en interne) et une telle option susciterait des mouvements de solidarité redoutables dans un milieu pourtant sociologiquement marqué par l’individualisme.

 

Au final, on ne peut que constater avec dépit l’inefficacité totale de la politique de rationalisation engagée avec la RGPP de 2008. Au lieu de baisser comme prévu, la masse salariale de la Défense a augmenté : à mesure que le ministère ponctionnait dans les effectifs opérationnels, il a embauché des hauts fonctionnaires civils (+1 438 depuis 2008) comme le rapportait la Cour des comptes en juillet dernier.

 

Le bradage du patrimoine immobilier

 

Il faut également ajouter à ce triste constat le dossier du patrimoine immobilier de la Défense. Le gouvernement envisage en effet d’offrir sur un plateau les emprises parisiennes du ministère à la Mairie de Paris via une cession gratuite ou une décote de 100 % (en partie déjà opérée sur le budget 2013) pour y construire des logiciels sociaux et complaire aux demandes de Bertrand Delanoë. Ces recettes extrabudgétaires liées à la vente de l’immobilier (rue Saint-Dominique et autres emprises dans le cadre du transfert vers Balard), qui représenteraient entre 350 et 400 millions d’euros, étaient pourtant censées compenser les coupes dans les crédits d’équipement.

 

L’empilement des réformes non menées à terme et celles à venir

 

A ce contexte déjà tendu, il faut ajouter les problèmes liés à l’empilement des réformes depuis 2008. Une réduction de 55 000 personnels de la Défense avait déjà été actée par le Livre blanc passé. La Défense supportera ainsi 60 % des réductions de postes dans la fonction publique pour l’exercice 2013 : 7 234 supprimés sur les 12 298 au total. De surcroît, la refonte de la carte régimentaire (dissolution de dizaines de régiments, parfois décidée en fonction de calculs purement politiciens) qui a abouti à la création des Bases de défense, censées centraliser au niveau régional la gestion logistique et financière des emprises, et qui a été menée en fonction de postulats purement technocratiques, a abouti à créer des usines à gaz et à promouvoir un chaos gestionnaire. Les BdD ne fonctionnent pas et il est également prévu de réduire leur nombre initialement prévu (90).

 

Sur les difficultés non digérées des réformes passées vont enfin se greffer celles des réformes à venir et qui seront entérinées par le Livre blanc à paraître en février prochain. Si pour l’heure, ces perspectives ne relèvent que des secrets d’alcôve qui agitent les couloirs de la Commission du Livre blanc, elles semblent déjà quasi actées : le gouvernement projeterait de supprimer une annuité budgétaire complète sur la période 2014-2020, c’est-à-dire pas moins de 30 à 40 milliards sur les 220 milliards prévus sur la période par le Livre blanc¹ précédent . Une purge budgétaire qui serait corrélée à un projet de réduction de 30 000 postes opérationnels dans les armées (la quasi-totalité dans l’armée de terre, 3 000 dans la Marine et 2 000 dans l’armée de l’air)². Ce qui porterait les effectifs terrestres d’ici peu à un volume équivalent à celui de l’armée de terre britannique (80 000 hommes). Jamais l’armée française n’aura connu un volume de forces aussi faible dans son histoire depuis la Révolution.

 

Un format d’armée mexicaine

 

Aucune des lois de programmation militaire décidées par les gouvernements de droite et de gauche, et qui sont pourtant censées fixer le cap stratégique des armées et sanctuariser les investissements budgétaires, si cruciaux pour maintenir un modèle d’armée cohérent, n’ont été respectées depuis la professionnalisation de 1996. L’horizon d’un tel processus est clair : un effondrement radical des moyens humains et matériels de nos forces, un format d’armée mexicaine (l’armée de terre compte actuellement 173 généraux en 1re section pour un effectif de moins de 110-120 000 hommes, là où le Marines Corps n’en recense que 81 pour un effectif quasi double de 220 000) avec une haute hiérarchie civile et militaire à peu près épargnée en raison de considérations politiques (puisque c’est elle qui exécute les réformes), un taux de disponibilité des matériels extrêmement faible, des forces incapables de se projeter hors des frontières et des programmes militaires vitaux qui ne pourront être pleinement financés (drones, renouvellement véhicules terrestres, développement d’une capacité de cyber-défense).

 

Le décrochage géostratégique de la France

 

La parade, qui consiste à tout miser sur un modèle d’intervention indirecte (formation à l’arrière de forces étrangères avec l’appui de notre aviation et de petits contingents de forces spéciales, comme ce qui est prévu au Mali et ce qui a été fait en Libye) et le renseignement, ne suffira pas à empêcher le décrochage brutal de notre influence géostratégique. Il se pourrait surtout que le Livre blanc acte définitivement l’idée de smart defense et de mutualisation des capacités nucléaires avec l’Angleterre (qui en tirera tous les bénéfices), achevant de décapiter ce qui restait de souveraineté stratégique à la France après la réintégration dans l’OTAN. La route du désastre est donc parfaitement balisée.

 

Comment expliquer cette pression extrême sur le budget de la Défense ? Très simplement par le fait que l’armée est la seule institution publique à ne pouvoir compter sur un contre-pouvoir syndical et que le politique se sent, en conséquence, autorisé à toutes les oukases. On pense notamment au scandale de la campagne double refusée jusqu’en 2011 aux militaires ayant servi en Afghanistan.

 

Voilà plus de soixante ans, le général de Gaulle avertissait déjà dans un discours fameux : “La Défense ? C’est la première raison d’être de l’Etat. Il ne peut y manquer sans se détruire lui-même !” Il semble que cette phase d’autodestruction soit désormais irrémédiablement engagée. Si le politique choisit la facilité et s’entête dans ce processus de désossage budgétaire de notre puissance militaire, et si le haut commandement n’y trouve rien à redire, il ne restera bientôt à nos forces, en lieu de drapeau et de fierté, que l’héritage de la ruine. On pourra alors graver au frontispice des régiments les mots de Shelley flétrissant l’orgueil du roi Ozymandias : “Rien à part cela ne reste. Autour des décombres / De ce colossal naufrage, s’étendent dans le lointain / Les sables solitaires et plats, vides jusqu’à l’horizon.”

 

 


¹ Le Livre blanc 2008 tablait sur une enveloppe budgétaire de 377 milliards d’euros d’investissement sur la période 2009-2020, avec une progression nette du budget entre 2015 et 2020 (160 milliards ayant été virtuellement consommés sur la tranche 2009-2013).

 

 

² Ces 30 000 postes ne pourraient représenter qu’une première tranche et suivis de 30 000 autres sur les dix prochaines années, ce qui rapporterait le volume des forces terrestres à un seuil critique de 60 000 hommes.

 

³ Pour 2013, les programmes touchés sont les suivants : le camion blindé PPT, l’Arme individuelle du futur (remplaçant du Famas), le VLTP (successeur de la P4), le programme-cadre Scorpion de modernisation des forces terrestres et des GTIA.

 

⁴ Le ministère de la Défense précédent ayant en effet refusé de qualifier l’engagement en Afghanistan de “guerre” jusqu’en 2011, les militaires partis en Opex n’ont pu prétendre aux bénéfices du dispositif de la campagne double. Parmi les régimes d’opérations qui ouvrent un droit à une bonification des cotisations de retraite, on distingue communément la campagne double (6 mois de service valent 18 mois au titre de la pension) de la campagne simple (6 mois valent 12 mois) et de la demi-campagne (6 mois valent 9 mois). Ce n’est ni le lieu ni la durée de l’engagement qui détermine le régime de campagne mais sa “nature”.

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 13:00
L'armée française commence à tester le drone Watchkeeper

09 novembre 2012 Par Elodie Vallerey - Usinenouvelle.com

 

La direction générale de l'armement (DGA) française procède aux premières phases d'expérimentation du drone tactique déjà utilisé par l'armée britannique.

 

L'accord-cadre entre la France et la Grande-Bretagne entre enfin en application. Signé en juillet dernier par le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian et son homologue britannique Philip Hammond, il prévoit une campagne d’expérimentation du drone tactique Watchkeeper, qui a débuté le 22 octobre dernier comme vient de l'annoncer la DGA.

 

Le drone, conçu conjointement par Thales UK et l'israélien Elbit Systems, sera évalué par la France jusqu'à mi-2013 avant d'être acheté ou non par la DGA pour les troupes au sol afin d'observer les zones de conflit. Huit millions d'euros ont été alloués à cette campagne d'expérimentation.

 

"L’évaluation du système britannique Watchkeeper par l’armée de terre française va permettre à nos forces de définir les conditions d’une coopération opérationnelle étroite", a expliqué la DGA lors d'un point presse le 8 novembre.

 

Comme le rappelle le site spécialisé Opex360.com, pour l’armée de Terre, le WK 450 pourrait remplacer le système de drone tactique intermédiaire (SDTI) “Sperwer” de Sagem, qui ne peut voler que 6 heures avec une charge utile de seulement 50 kg.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 14:12

Mindef

 

24/10/2012 Michel Cabirol - latribune.fr

 

Fin 2015, il manquera 10 milliards d'euros au budget de la Défense par rapport à la loi de programmation militaire initiale, selon le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud. En 2020, ce seront 40 milliards qui feront défaut si les pouvoirs publics prolongent le tour de vis actuel. L'effort de défense dépassera "à peine 1,3 %" du PIB à l'horizon 2015, contre 2 % en 1997. Principaux extraits de l'audition de l'amiral Guillaud devant les députés de la commission de la défense de l'Assemblée nationale.

 

C'est donc bien l'heure de la retraite pour les militaires français, des ambitions rangées dans les cantines des soldats, de l'influence de la France... racontée dans les livres d'histoire. Car l'audition devant les députés de l'assemblée nationale de la commission de la défense du chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, apparait comme un véritable électrochoc. La France rentre vraiment dans le rang. "Le ministre de la défense a obtenu que les crédits soient plus importants en 2013, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir : leur niveau actuel n'est pas loin de remettre en cause le choix d'une armée polyvalente et homogène, garantissant réactivité, souplesse d'emploi et endurance", constate sévèrement l'amiral Guillaud aux députés.

 

40 milliards d'euros en moins en 2020

 

Comment cela se traduit-il ? Par des chiffres qui ne mentent pas. "Le modèle sous-tendu par la loi de programmation militaire (LPM) en cours était bâti, entre autres, sur une prévision d'augmentation en volume des ressources de 1 % par an à partir de 2012, rappelle le chef d'état-major des armées. Dans les faits, le budget de la défense diminuera de 4 % en valeur sur la période 2012-2015. Au résultat, la divergence cumulée entre les ressources prévues aujourd'hui et la programmation initiale atteint 10 milliards pour 2013-2015, soit presque une année de masse salariale du ministère hors pensions ou la totalité du programme des six sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) Barracuda. Si l'on prolonge la tendance actuelle, on obtiendra en 2020 un écart de 40 milliards en valeur de 2012, soit 130 % du budget total d'une année".

 

Les difficultés ont débuté dès l'été 2010, rappelle l'amiral Guillaud. Et de préciser que c'est à partir de 2012, que "la trajectoire des ressources diverge encore plus nettement de la trajectoire de référence tracée en 2008. La pression budgétaire s'est accrue après la révision des prévisions de croissance, compte tenu de l'obligation de redresser les comptes publics. En tenant compte des lois de finances rectificatives et du gel de crédits supplémentaires intervenu en juillet, les crédits de 2012 sont désormais en recul de 1,2 milliard par rapport à l'annuité initialement prévue. Conjugué à l'écart cumulé de 1,9 milliard de la fin de 2011 et sans préjuger des conditions de la fin de gestion de 2012, le recul dépassera les 3 milliards à la fin de l'année".

 

Des dépenses militaires réduites à 1,3 % du PIB

 

Pour l'amiral Guillaud, "un tel écart n'est pas de l'ordre de l'ajustement. Il nous impose de revisiter nos ambitions. Pour mémoire, l'effort de défense était, aux normes OTAN - c'est-à-dire hors pensions et hors gendarmerie -, de 2 % du PIB en 1997, avant de se stabiliser ces dix dernières années entre 1,6 % et 1,7 %. En 2012, il est de 1,55 %. À l'horizon de 2015, il dépassera à peine 1,3 %". Compte tenu de la situation des finances publiques, "le modèle en vigueur n'est plus soutenable. Nous devrons donc penser autrement", fait-il valoir. C'est-à-dire avec des ambitions à la baisse.

 

Une cessation de paiement en fin d'année ?

 

"Pour 2012, la fin de la gestion est sous tension, indique le chef d'état-major des armées. Ainsi, il a déjà identifié "les surcoûts des opérations extérieures (OPEX) et la hausse du carburant opérationnel, pour un total de 250 millions" et rappelle que "la levée des réserves n'a pas encore été obtenue. Enfin, le déficit structurel du titre II est en cours de consolidation". Pour l'amiral Guillaud, "il est essentiel d'appliquer les clauses de sauvegarde prévues par la LPM pour les OPEX, le carburant opérationnel et le titre II (fonctionnement). À défaut, pour éviter que certains postes ne soient en cessation de paiement dès la fin du mois d'octobre, il faudrait ponctionner une fois encore les crédits d'équipement ou aggraver le volume de nos factures en attente de paiement de fin d'année, autrement dit notre report de charges, ce qui n'est pas de bonne gestion".

 

En 2012, il évalue "à moins de 500 millions d'euros le surcoût des opérations en Afghanistan. En 2013, les surcoûts baisseront sous l'effet de la diminution du nombre d'hommes sur place - ils ne seront plus que 1.500 à partir du 1er janvier -, la fin de l'opération de désengagement étant prévue au 1er juillet. Les sommes consacrées à l'Afghanistan sont pratiquement équivalentes en 2011 et en 2012, mais les dépenses se sont déplacées des combattants vers les surcoûts logistiques". Pour 2013, "l'enveloppe de 630 millions consacrée aux OPEX me semble réaliste mais nous ne savons jamais exactement quelles seront les dépenses. Cette année, nous terminerons à 870 millions, pour 630 millions budgétés. Une loi de finances rectificative prendra l'écart en compte. Reste que le budget ne prévoit pas l'ouverture d'une opération nouvelle, qui pourrait intervenir en Afrique ou ailleurs".

 

Des matériels à bout de souffle

 

Sur l'achat de matériels, les économies réalisées sur les équipements représentent 850 millions. "Au total, la diminution des engagements atteint 5,5 milliards en 2012 et 2013, dont près de 4,5 milliards pour les seules opérations d'armement, le reste se répartissant entre les petits équipements des armées et l'infrastructure, souligne l'amiral Guillaud. Sur deux ans, elle représente plus de la moitié d'une annuité du titre V. Ces décalages, qui préservent les choix futurs, impliquent dans l'immédiat des aggravations ou de nouvelles réductions temporaires de capacité, sans parler de la prolongation d'équipements à bout de souffle : les cloisons intérieures de certains avions sont dans un triste état ; dans la coque de certains navires, l'épaisseur du métal n'est plus que d'un centimètre en comptant les couches de peinture ; le châssis de certains blindés montre des faiblesses..."

 

Rigidité du budget de la défense

 

Selon le chef d'état-major, la transition entre la LPM de 2009 et celle arrivant en 2013 "devra prendre en compte, outre les difficultés budgétaires du pays, les rigidités des dépenses du ministère à court terme - masse salariale, entretien des matériels, préparation opérationnelle ou fonctionnement courant -, tout en préservant les programmes nouveaux ainsi que la base industrielle et technologique de défense". Et d'estimer que "l'exercice sera difficile parce que les marges de manoeuvre sont étroites".

 

Pour résumer toutes ces inquiétudes, ces inerties, ces rigidités, il a estimé que "la défense est comme un grand navire lancé à 32 milliards d'euros : on ne peut pas réduire sa vitesse aussi rapidement qu'on le voudrait. Cela ne signifie pas qu'il n'existe aucune alternative à la situation tendue que nous connaissons, surtout si l'on considère l'ensemble des leviers, mais ceux-ci sont indissociables. Ne me demandez pas de choisir aujourd'hui : c'est la déclinaison de l'ambition nationale définie par le Livre blanc qui déterminera le levier à privilégier".

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 07:45
Comment la France planifie l'intervention au nord du Mali

 

19/10/2012 Par Isabelle Lasserre, Service infographie du Figaro

 

INFOGRAPHIE - La première phase du dispositif doit être lancée dès novembre. Paris n'enverra pas de troupes au sol.

 

L'opération militaire destinée à reconquérir le nord du Mali occupé par des groupes islamistes liés à al-Qaida n'est plus, selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, «qu'une question de semaines». Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné 45 jours aux pays d'Afrique de l'Ouest pour proposer un plan concret d'intervention. Poussée par la France, l'Union européenne proposera dans les mêmes délais un projet de gestion de crise. Après, la voie sera libre. «Si on rate la fenêtre météo, nous serons obligés d'attendre un an», prévient une source proche du dossier. Tout doit être largement engagé avant la fin du mois de mars, date du début de la saison des pluies. Concrètement, dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian, on planche sur un programme en trois phases: un, stabiliser le sud du Mali et protéger Bamako dès la fin du mois de novembre ; deux, mettre en place la formation des armées africaines en janvier ; trois, amorcer la reconquête du nord début mars au plus tard.

 

Officiellement, ce sont les armées africaines qui mèneront l'opération. Bien qu'étant désigné comme l'ennemi principal par Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique), Paris, qui prétend rompre avec les habitudes passées de la «Françafrique» et ne veut pas se voir reprocher une nouvelle fois son passé colonial, refuse d'être en première ligne. La France se cache derrière l'Europe, elle se pose en soutien des pays africains qui seront assistés dans la planification et la logistique et promet qu'il n'y aura «pas de troupes au sol».

Trois mille hommes

Les autorités françaises communiquent plus discrètement sur les forces spéciales à pied d'œuvre dans la région, dont la mission est indépendante du calendrier officiel. Elles se préparent à intervenir en amont pour fournir du renseignement et guider les forces africaines sur place. Elles pourraient agir plus rapidement encore si les intérêts de la France ou la vie des otages venaient à être menacés.

 

Comme en Libye et en Côte d'Ivoire en 2011, des moyens clandestins sont mis en place pour épauler les forces locales, notamment l'armée malienne, sous-équipée et démoralisée après sa défaite contre les islamistes. Dans l'ombre, Paris a aussi pris en charge l'élaboration du programme d'intervention qui doit être proposé par les pays de l'Ouest africain.

 

Restés jusque-là en retrait sur le dossier du Sahel, les États-Unis ont changé de posture après l'attaque commise contre leur représentation diplomatique à Benghazi, le 11 septembre dernier, qui s'est soldée par la mort, dans des «conditions atroces», de leur ambassadeur Chris Stevens. «Le Sahel est devenu un enjeu pour eux. Ils veulent désormais être associés de manière plus étroite à l'intervention», confirme un proche du ministre français de la Défense, lequel s'est longuement entretenu du sujet avec son homologue américain, Leon Panetta. Les Américains, qui ont des drones armés dans la région, n'excluent plus d'intervenir directement au nord du Mali, en menant par exemple des frappes aériennes ciblées.

 

Tous les détails de l'opération militaire ne sont pas encore réglés. Si les pays africains doivent normalement fournir 3000 hommes, la liste des États qui participeront à l'intervention contre les combattants islamistes, qui sont armés de lance-missiles et de lance-roquettes, n'est pas encore finalisée. Pas plus que le règlement politique. Or tous les pays candidats en sont conscients: sans solution diplomatique durable, l'intervention militaire ne sera pas suffisante pour régler le problème d'Aqmi au Sahel.

 


Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie.


La reconquête militaire en discussion à Bamako

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a souligné vendredi «l'urgence»  d'une intervention armée étrangère pour libérer le nord de son pays  à l'ouverture d'une réunion internationale dans la capitale malienne ayant pour but  d'accélérer cette intervention.

 

«Nous ne devons plus perdre  la moindre seconde.  Il y a un caractère d'urgence,  nous sommes engagés dans  une course contre la montre»,

 

a déclaré Dioncounda Traoré devant de hauts responsables internationaux réunis pour harmoniser leurs positions avant l'envoi  dans le nord du Mali d'une force ouest-africaine soutenue par l'ONU.

 

L'ONU et l'Union africaine (UA)  ont annoncé, de leur côté, l'ouverture  de bureaux permanents à Bamako  afin de coordonner leurs actions respectives face à la crise. Mais  des divergences demeurent entre responsables d'Afrique de l'Ouest  et représentants des organisations internationales sur les conditions  de déploiement de la force africaine susceptible de participer  à une initiative militaire dans la partie du Mali contrôlée par al-Qaida  et ses alliés.

 

Cette réunion du Groupe de soutien et de suivi sur le Mali ne devrait  ainsi déboucher sur aucune avancée spectaculaire tant la situation paraît bloquée à la fois par la confusion  sur le partage du pouvoir  à Bamako après le putsch en mars  et par les désaccords internationaux sur le bien-fondé d'un éventuel dialogue avec les rebelles avant l'emploi de la force.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:55

article 20541

 

18.10.2012 par Guillaume Belan

 

Près de 90 personnes avaient répondu à l’invitation du cercle Prospective Terre (GICAT) en début de semaine, dont de nombreux parlementaires, pour une soirée aux Invalides consacrée au thème « Penser autrement le programme Scorpion ». Trois intervenants: côté militaire le général Guillet, en charge des programmes à l’état-major de l’armée de terre, un industriel, Jean-François Pellarin de la Société TNS-MARS (Thales, Nexter, Sagem), en charge de définir l’architecture du programme ainsi que pour la DGA, Thierry Perard, de la direction de la stratégie.

 

Une soirée pour faire le point, expliquer l’importance des enjeux du renouveau des capacités du GTIA (Groupement Tactique Inter-Armes). Et constater que le périmètre et la manière de faire sont maintenant bien définis. Scorpion, c’est résoudre la difficile équation entre besoins militaires, visibilité pour les industriels et diminution des crédits. Programme structurant pour l’armée de terre et vital pour l’industrie terrestre, le périmètre budgétaire c’est 500 millions d’euros sur 10 ans s’inscrivant dans le cadre des 1.8 milliard d’euros affecté au programme 146 (Équipement des forces). En plus d’être un programme « modulaire et pas cher » qui accélérera et fluidifiera la manœuvre, c’est aussi 10 000 emplois pour l’industrie française.

 

La phase première, rappelons le, comprend le VBMR (successeur VAB), l’EBRC (successeur des AMX10RC, ERC90 et VAB HOT), la valorisation du char Leclerc, le système d’information scorpion et la simulation. Une première phase qui devait être lancée cette année et qui vient d’être repoussée par les arbitrages du Ministère.

 

A relire pour bien comprendre, notre interview de l’officier de programme Scorpion: partie 1, partie 2 et partie 3.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:10

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/exercice-amphibie/2034740-1-fre-FR/exercice-amphibie.jpg

Exercice amphibie

Crédits : ADJ G.Gesquière

 

16/10/2012 armée de Terre - Opérations

 

Du 16 au 26 octobre 2012 aura lieu l’exercice Corsican Lion en Méditerranée qui vise à regrouper les forces françaises et britanniques et auquel participera la 9e brigade blindée de marine (BLBMa), brigade faisant partie du Commandement des forces terrestres (CFT).

 

Les marines française et britannique ont planifié un exercice conjoint durant le déploiement du Response Force Task Group (RTFG) en mer Méditerranée, au large de la Corse, qui se déroulera du 16 au 26 octobre 2012 : Corsican Lion. Il permet d’établir le développement de la coopération technique et tactique avec les forces britanniques dans le cadre d’activités amphibies.

 

Cet exercice, basé sur un scénario élaboré par la partie britannique, fera participer la 9e BLBMa, force terrestre spécialisée dans le combat amphibie, à bord des bâtiments MISTRAL et HMS BULWARK (UK). A dominante marine, il fait valoir la collaboration entre un groupe amphibie sous commandement britannique et un groupe aéronaval sous commandement français. Il comprend notamment des menaces terrestre et maritime, l’interdiction des approches maritimes et l’évacuation de ressortissants.

 

Les objectifs principaux pour le côté français sont de développer un modèle de Commandement des forces terrestres binational, d’entraîner un Groupement Tactique Embarqué (GTE) et un Sous-Groupement AéroMobile (SGAM)à opérer au sein d’une force franco-britannique.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 12:59

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelle-du-theatre-afghan-1/2008653-1-fre-FR/desengagement-de-4-gazelle-du-theatre-afghan-1.jpg

 

12/10/2012 Sources : EMA - Opérations

 

Dans la nuit du 6 au 7 octobre 2012, quatre Gazelle du bataillon d’hélicoptères (BATHELICO) ont quitté le sol afghan pour regagner la France.

 

Dans le cadre du désengagement des troupes françaises d’Afghanistan, un Antonov 124 en provenance de la base aérienne d’Istres a embarqué quatre hélicoptères de manœuvre de type Gazelle ainsi que du fret technique le 6 octobre dernier. L’opération, réalisée en moins de trois heures par le détachement de transit interarmées, met un terme à cinq années de présence du détachement Gazelle en Afghanistan.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-3/2008692-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-3.jpg

 

Les équipages Gazelle ont réalisé près de 7000 heures de vol, partagées en missions d’appui, de renseignement ou d’escorte. 5000 missions de jour comme de nuit, contribuant à la sécurité des opérations conduites par l’ensemble des bataillons français engagés dans les vallées d’Uzbeen et de Kapisa ou entre Kaboul et Nijrab. Au cours de ces missions, ce sont plus de 60 missiles HOT qui ont été tirés, que ce soit en appui des troupes ou en destruction d’objectifs à forte valeur ajoutée tels que des caches d’armes ou des véhicules IED.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-4/2008697-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-4.jpg

 

Le retrait des hommes et des matériels avance à grands pas. Les moyens du BATHELICO sont passés de 14 à 8 aéronefs. Clin d’œil du jeu des relèves, ce sont les équipages du 1er régiment d’hélicoptères de combat qui, après avoir ouvert aux Gazelles le ciel afghan en septembre 2008, les raccompagnent à Pau. Le BATHELICO conserve 4 hélicoptères de manœuvre de types Cougar et Caracal et 4 hélicoptères Tigre afin de poursuivre sa mission d’appui des troupes au sol ou d’évacuation médicale (MEDEVAC).

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-5/2008702-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-5.jpg

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:50

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/logo-ceremonie-bfa/2007757-1-fre-FR/logo-ceremonie-bfa.jpg

 

11/10/2012 Armée de Terre

 

Les festivités commémorant le 20ème anniversaire de l'installation de la Brigade franco-allemande (BFA) à Müllheim (Pays de Bade) auront lieu vendredi 12 octobre à 16 heures sur la Markgräfler Platz.

 

« Bonjour, Soldaten ! », « Guten Tag, mon général ! » Des salutations bilingues ponctuent les cérémonies militaires qui se déroulent sur la place d'armes de la caserne Robert Schuman de Müllheim. Elles font partie de la routine particulière qui régit cette garnison abritant 644 soldats allemands et 481 soldats français assistés par 137 personnels civils des deux pays même si sur le terrain et en mission extérieure, la langue de travail est l'anglais. Et pour fêter ses 20 ans d’installation dans la ville, la BFA prévoit une cérémonie militaire suivie d’une représentation du chœur des enfants de la Michael Friedrich Wild Grundschule aux alentours de 16h30 devant la Martinskirche où un vin d'honneur sera offert aux habitants de Müllheim.

 

Siège de l'état-major et du bataillon de commandement et de soutien de la Brigade franco-allemande (BFA), la caserne de Müllheim a été créée en 1987, lors d'un sommet franco-allemand à Karlsruhe à l’initiative du président François Mitterrand et du chancelier Helmut Kohl. Elle était d’abord basée à Böblingen, près de Stuttgart avant de s'installer, le 1er octobre 1992 à Müllheim, à proximité du Rhin. C'est à cette occasion que la garnison a été baptisée Robert Schuman Kaserne, du nom d'un des pères fondateurs de l'Union européenne. La BFA compte au total 5 000 hommes et femmes dotée de matériel moderne et constitue une force d'entrée en premier du corps européen, opérationnelle avec un préavis de trois à cinq jours.

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 08:00

Scorpion source EMAT PP BPSA OP SCORPION

Source EMAT

 

28/09/2012 Par Véronique Guillermard, Cécile Crouzel - lefigaro.fr

 

Parmi la soixantaine de contrats gelés dans le cadre du budget 2013, le plus emblématique est le programme Scorpion de modernisation de l'armée de terre. Il est décalé au-delà de 2013.

 

Des efforts mais pas de coupes irréversibles. Le budget de la Défense 2013, le premier arbitré par le gouvernement Ayrault, ne marque pas de rupture avec celui de son prédécesseur de droite. Rien à voir avec ce qu'avait fait Lionel Jospin qui avait sabré dans les dépenses militaires. La Défense est devenue un sujet consensuel, politiquement.

 

«Nous avons un bon budget marqué par des ressources stabilisées en valeur par rapport à 2012. La défense est traitée de manière juste», réagit-on dans l'entourage du ministre, Jean-Yves Le Drian. À 31,4 milliards d'euros dont 1,2 milliard de recettes exceptionnelles, le budget des armées est, hors pensions, équivalent à celui de 2012. Cette stabilité apparente n'en creuse pas moins l'écart avec ce qui était normalement prévu dans la loi de programmation militaire 2009-2014, qui était de l'ordre de 3 milliards d'euros. Votée au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, cette LPM avait été élaborée à une période plus faste.

La dissuasion sanctuarisée, la recherche et la maintenance en hausse

2013 verra la poursuite de la réforme du format des armées avec le même niveau de suppressions de postes (-7234 précisément) qu'en 2012 et de la refonte de la carte militaire. «Nous restons dans une logique identique car cette réforme a du sens», souligne le ministère de la Défense. Un petit coup de pouce est prévu pour le fonctionnement des bases militaires avec une enveloppe de 720 millions d'euros, soit 70 millions de plus qu'en 2012.

 

Sans surprise, la dissuasion nucléaire est sanctuarisée avec un budget de 3,4 milliards d'euros. La recherche n'est pas sacrifiée avec une enveloppe en légère hausse, à 750 millions d'euros. Enfin, les dépenses d'entretien progressent de 8% à 2,9 milliards d'euros: il faut remettre à niveau les matériels ayant servi en Afghanistan et faire durer les équipements vieillissants. C'est le cas des drones de surveillance Harfang, dont le contrat de maintenance sera reconduit auprès d'EADS dans l'attente d'une décision sur leur remplacement.

Toutefois, cette continuité n'est pas totale. Le ministère gèlera l'année prochaine pour 5,5 milliards d'euros de commandes. Car il ne peut respecter ce qui était prévu en 2013 par la LPM 2009-2014.

Un exercice de transition en attendant le rapport du Livre blanc

Le ministère de la Défense et la Direction générale de l'armement (DGA) ont veillé à ne pas prendre de décision de nature à provoquer une rupture de capacité insupportable pour les militaires ou de plan de charge pour les industriels. Au lieu de cibler une poignée de programmes, ils ont saupoudré l'effort. Une soixantaine de programmes sont décalés, de quelques mois jusqu'à deux ans, selon les cas. On compte une seule annulation sèche: la commande de PVP (petits véhicules protégés) fabriqués par Panhard. C'est l'armée de terre qui fait figure de sacrifiée avec le report du programme de modernisation Scorpion. L'infanterie attendra pour engager le renouvellement de sa flotte de véhicules blindés de combat - transport de troupes, chars légers et lourds - datant des années 1970, 1980 et 1990.

 

Jean-Yves Le Drian a imposé le maintien de plusieurs commandes contre l'avis de ses services et de la DGA. Il confirme le remplacement des missiles antichar Milan de moyenne portée afin de ne pas déstabiliser le plan de charge du missilier MBDA. Ainsi qu'une tranche additionnelle d'hélicoptères de transport NH90 «afin d'affermir la ligne de fabrication d'Eurocopter à Marignane». Enfin, le principe d'une commande d'avions ravitailleurs fin 2013 est acquis.

 

Quant aux gros contrats en cours d'avions de combat Rafale, de sous-marins de classe Barracuda et de frégates, ils sont maintenus. «Nous attendons le rapport de la commission du Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale pour voir s'il est nécessaire de renégocier les contrats en cours avec les industriels concernés», explique-t-on à l'hôtel de Brienne.

 

Le budget 2013 est un exercice de transition, en attendant la redéfinition des besoins des armées afin qu'ils soient en cohérence avec les priorités stratégiques de la France définies en fonction de l'état des menaces. Mission confiée au Livre blanc dont les conclusions serviront à écrire la nouvelle LPM 2014-2019


Baisse des dépenses de personnel

 

C'est une première qui mérite d'être signalée: en 2013, les dépenses de personnel du ministère de la Défense, hors pensions, diminueront de 100 millions d'euros. Cette baisse est le résultat d'années de suppression d'effectifs (54.000 entre 2008 et 2015). Mais aussi d'un effort, plus récent, pour mieux maîtriser l'évolution du nombre d'officiers supérieurs. Depuis avril 2012, il a été mis en place un plafonnement d'effectifs par grade. Cela fait suite à des critiques de la Cour des comptes, qui avait noté que la réforme du ministère était allée de pair avec une hausse des taux d'encadrement, passé de 14,5% en 2007 à 16%.

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 07:55

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a7/DEU-FRA_Brig_%28V1%29.svg/442px-DEU-FRA_Brig_%28V1%29.svg.png

 

02/10/2012 par Hervé de Chalendar - lalsace.fr

 

En cette période de cinquantenaire du traité de l’Élysée, le dernier conseil franco-allemand de la défense s’est tenu hier à l’état-major de la brigade franco-allemande (BFA), à Müllheim. Mais on n’a pas seulement parlé de ces deux pays…

 

L’idée semble évidente : hier matin, c’était pourtant la première fois qu’un conseil franco-allemand de défense et de sécurité (CFADS) se tenait à l’état-major de la brigade franco-allemande (BFA), à Müllheim, à quelques kilomètres du Rhin. Le prétexte a été donné par le cinquantenaire du traité de l’Élysée, dont la BFA est l’un des plus beaux rejetons.

 

Pour ce 2 e CFADS de l’année, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays, respectivement Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian côté français, et Guido Westerwelle et Thomas de Maizière côté allemand, se sont retrouvés avec leurs chefs d’état-major et ambassadeurs respectifs pour deux heures et demie de réunion.

 

« Nous avons fait un tour d’horizon d’un certain nombre de grands problèmes et on a constaté une convergence de vue, qui n’a rien de surprenant mais est très étroite, entre l’Allemagne et la France », a débuté Laurent Fabius, dans un style forcément diplomatique. Cette unité de vue concerne notamment « une relance de l’Europe de la Défense de manière concrète, pragmatique », a précisé Jean-Yves Le Drian, en annonçant une « initiative » à venir dans ce domaine.

 

Pas de « mission de combat » au Mali

 

Les ministres ont signé des protocoles techniques concernant la BFA (des questions très matérielles liées par exemple au partage des charges en matière d’infrastructure) et discuté du cinquantenaire. Mais, très vite, ils ont abordé des sujets plus graves. La fusion EADS-BAE d’abord, pour laquelle les discussions se poursuivent : « Ce rapprochement est séduisant, mais les conséquences sont très complexes », a lâché Le Drian. Les grandes affaires du monde ensuite. Concernant la Syrie, Laurent Fabius a expliqué que les deux pays souhaitent mener des actions en direction des zones libérées « qui profiteraient directement aux populations » et appellent à « l’unité de l’opposition syrienne, pour montrer l’alternative indispensable à Bachar El Assad. […] On assiste dans ce pays à une catastrophe effrayante due à la volonté d’un homme et d’un clan de se maintenir au pouvoir. » Guido Westerwelle a plaidé pour un renforcement de l’aide humanitaire.

 

Concernant le Mali, les deux pays ont exclu d’y déployer des troupes de combat. « Aucun d’entre nous ne pense à une mission de combat, purement militaire », a assuré Thomas de Maizière, pour qui « il faut que le commandement d’une telle opération soit assuré par les Africains et que l’ONU donne son accord ». « Nous allons expertiser la manière dont nous pourrions accompagner une initiative qui serait prise par les Africains », a ajouté Jean-Yves Le Drian, tandis que Guido Westerwelle insistait sur l’importance pour l’Europe de ce qui se passe là-bas : « Il ne faut pas que cette région devienne un havre de paix pour les terroristes. »

 

Avant la conférence de presse, l’adjoint au commandant de la BFA, le colonel de Madre, avait laissé entendre que sa brigade était « disponible pour une mission de projection commune » franco-allemande, par exemple au Kosovo. « On souhaite une mission commune, a confié de Maizière, mais ça soulève beaucoup de questions juridiques. » L’Europe progresse toujours au même rythme : à petits pas…

 

Les 50 ans du traité de l’Élysée, signé le 22 janvier 1963 entre le chancelier Adenauer et le président de Gaulle pour sceller la réconciliation franco-allemande par la coopération, donneront lieu à une série de manifestations organisées dans les deux pays jusqu’au mois de juillet 2013.

 

En Alsace, un événement d’envergure aura lieu le 4 mai : une cérémonie sera organisée sur les deux rives du Rhin, à Neuf-Brisach côté français et Breisach côté allemand ; le grand public sera invité à assister au déploiement d’un millier de militaires issus de toutes les unités de la BFA, avec du matériel, dont des engins blindés.

 

Créée en 1989, la BFA compte aujourd’hui environ 6 000 hommes et femmes, dont environ 60 % sont Allemands et 40 % Français.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 07:15

Mindef

 

01-09-2012 Nouvel Observateur

 

Les chefs d'état-major des armées mettent en garde contre de nouvelles coupes budgétaires et réductions des moyens de la défense qui compromettraient à terme la capacité des armées à remplir leurs missions.

 

Des militaires très sollicités ces dernières années, en Afghanistan ou en Libye, dont le moral est, selon eux, "au seuil d'alerte".

 

Auditionnés durant l'été par la Commission de la défense de l'Assemblée nationale, à la veille des discussions sur le nouveau Livre blanc, les premiers militaires de France ont exprimé leur satisfaction d'avoir conduit depuis 2008 la rationalisation de la défense sans entamer l'efficacité des forces.

 

Mais ils ont aussi souligné la fragilité d'un dispositif soumis à de lourdes réductions d'effectifs et de moyens. Des coupes drastiques - 54.000 postes supprimés entre 2009 et 2015 -, qui pèsent sur le moral des militaires.

 

"La France dispose d'une belle armée, dont les succès sont reconnus sur la scène internationale. Mais cet outil présente des fragilités qui, dans le contexte économique et financier que nous connaissons, pourraient sous peu affecter sa cohérence", a prévenu l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées (CEMA), entendu mi-juillet par les députés, selon le compte-rendu d'audition.

 

Evoquant la "sous-estimation" dans le cadre de la réforme engagée en 2008 des moyens nécessaires notamment à la maintenance des matériels, l'amiral Guillaud estime qu'au final, "en termes de capacités, la traduction intégrale de l'ambition politique" fixée aux armées "n'est plus tenable".

 

Le CEMA s'inquiète en particulier de capacités "notoirement insuffisantes", en terme d'avions ravitailleurs, de drones, et du niveau des stocks de munitions.

 

Il attend "un cap clair" du nouveau Livre blanc, préalable à l'élaboration de la Loi de programmation militaire (2014-2019), mais prévient que "toute diminution du budget se traduira mécaniquement par un abandon de capacité".

 

Pour l'amiral Guillaud, "le moral des armées est aujourd'hui au seuil d'alerte" et ni les résultats opérationnels ni "la qualité des relations humaines" dans les armées "ne parviennent plus à masquer les inquiétudes pour l'avenir".

 

Le chef d'état-major de la marine, l'amiral Bernard Rogel, entendu le 18 juillet, considère pour sa part que le format de la marine est aujourd'hui "juste suffisant" pour remplir ses missions.

 

Le maintien en condition opérationnelle des bâtiments, des avions et hélicoptères embarqués, leur taux de disponibilité insuffisant, et le nécessaire renouvellement de la flotte, sont au coeur de ses préoccupations.

 

Inquiétude également quant à de nouvelles baisses d'effectifs, après une réduction de 6.000 postes décidée en 2008. "Si l'on nous demandait des réductions d'effectifs supplémentaires, la situation pourrait devenir grave", souligne-t-il.

 

La disponibilité des matériels est également la "plus grande préoccupation" du général Jean-Paul Paloméros, chef d'état-major de l'armée de l'air (nommé depuis à l'Otan, ndlr).

 

Satisfait que l'armée de l'air puissse "intervenir dans toutes les missions" qui lui ont été fixées par le Livre blanc de 2008, il constate que les armées "sortent assez fatiguées des réformes en cours".

 

Profondément restructurée depuis 2008, l'armée de terre a franchi pour sa part "à la baisse, cette année, le seuil symbolique des 100.000 militaires", a souligné son chef d'état-major, le général Bertrand Ract Madoux, entendu fin juillet.

 

"Si nous avons du mal aujourd'hui à assumer tous les contrats opérationnels, c'est du fait d'un problème de moyens : on a en effet +rogné+ au fil des années dans les munitions, les stocks, dans les pièces de rechange, dans les crédits d'entretien programmé du matériel", a-t-il regretté.

 

Le général résume en conclusion l'inquiétude de l'état-major avant l'élaboration du Livre blanc : "Nous ne souhaiterions pas que la +technocratie budgétaire+ nous fasse collectivement passer dans un cadre toujours plus petit, au détriment de la cohérence et au mépris d'une analyse objective des dangers de ce monde".

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 07:35

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/120809-afghanistan-desengagement-de-150-militaires-francais/desengagement-de-150-militaires-francais-12/1895986-2-fre-FR/desengagement-de-150-militaires-francais-1.jpg

 

09/08/2012 Sources : EMA

 

Dans le cadre du désengagement suite à la transition de la Surobi, le jeudi 9 août 2012, sur le tarmac de l'aéroport de militaire de Kaboul, un airbus A340 de l'escadron Esterel ramène 150 militaires français en France. Principalement composé du Battle group Wild Geese, mais aussi du bataillon d'hélicoptères et des mentors des Advisor Team.

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 16:35
Arrivée du 1er hélicoptère Caïman au Centre de formation interarmées NH90

 

31.07.2012 Armée de Terre

 

Le premier Caïman s’est posé [en Juillet] au centre de formation interarmées NH90 au Cannet des Maures (Var).

 

Après une cérémonie de livraison officielle sur le site d’Eurocopter à Marignane, l’hélicoptère Caïman s’est envolé pour rejoindre le nouveau centre de formation interarmées (CFIA) NH90. Il est le premier des 8 Caïmans attendus par le CFIA. L’appareil est destiné à la formation du personnel technico-logistique.

 

Depuis fin décembre 2011, le Caïman était en cours d’évaluation technico-opérationnelle à Valence au Groupement aéromobilité de la section technique de l’armée de Terre (GAMSTAT). Cette évaluation a permis de vérifier qu’il répondait bien aux attentes de l’armée de Terre. C’était donc un équipage commun GAMSTAT (chef de bord) et CFIA (pilote) qui a amené l’aéronef de Marignane au Cannet des Maures où les attendaient des autorités civiles et militaires.

 

Le Caïman sera employé au sein de la composante aéromobilité de l’armée de Terre et sera mis en œuvre par l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT). Il pourra embarquer 12 combattants équipés avec 5 membres d’équipage, ou bien 20 passagers. L’appareil reprendra les missions dévolues aux hélicoptères de manœuvre et d’assaut (type Puma et Cougar) : héliportage tactique de combattants et de matériel, évacuations sanitaires, soutien des civils lors d’opération d’urgence et de crise, recherche et sauvetage, poste de commandement.

 

La technologie déployée dans cet appareil de nouvelle génération va permettre une grande liberté d’action au chef et une permanence tout temps sur le terrain. Sa manœuvrabilité, son agilité, sa résistance, sa capacité de pénétration et son autoprotection vont faire de cet hélicoptère de l’armée de Terre un appareil incontournable de l’aérocombat à l’instar de l’hélicoptère d’attaque Tigre.

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 12:54
Défense : la France prête à s'offrir le drone anglo-israélien Watchkeeper

25/07/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Français et Britanniques ont franchi un nouveau pas dans la coopération en matière de drones. L'armée de Terre devrait s'équiper du drone tactique britannique Watchkeeper. Ils vont préparer en outre la succession des Rafale et Eurofighter en lançant la première phase du programme de démonstration du système de combat aérien futur.

 

Cela reste timide... mais la France a quand même fait un pas dans sa stratégie d'acquisition et industrielle en matière de drones. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et son homologue britannique, Philip Hammond, ont franchi "un nouveau pas dans la coopération franco-britannique en matière de drones", selon le communiqué du ministère de la Défense français. Ainsi, les deux pays ont signé deux accords-cadres (MoU). Le premier lance "la première phase du programme de démonstration du système de combat aérien futur (SCAF)", qui prendra le relais des Rafale et Eurofighter à l'horizon 2030. Soit un contrat d'études de 13 millions d'euros attribué à BAE Systems et à Dassault Aviation

 

Watchkeeper bientôt dans l'armée de terre

 

Le second concerne la coopération sur le drone tactique anglo-israélien Watchkeeper (à partir d'une plateforme israélienne Hermes 450), en coopération entre Elbit et Thales UK, pour remplacer les Sperwer à bout de souffle. L'évaluation de ce système sur une période d'un an (2013) a été confiée aux soins de l'armée de terre française. "En parallèle, les ministres ont évoqué la possibilité d'une coopération militaire entre les unités spécialisées des deux armées qui emploient les mêmes systèmes", a par ailleurs précisé le communiqué.

 

Paris prend son temps pour le MALE

 

En revanche, Paris souhaite prendre son temps pour l'acquisition d'un drone MALE (Moyenne altitude et de longue endurance). "Le temps ne presse pas tant la France a pris du retard dans ce domaine", explique-t-on dans l'entourage du ministre. D'autant qu'il n'y a pas encore de rupture capacitaire, estime-t-on. La rénovation des drones Harfang permettrait de faire la soudure avec une solution intérimaire. C'est là où la décision n'est pas facile à expliquer. Car Paris s'achemine bien vers l'acquisition du drone américain Predator de General Atomics, dont la plate-forme serait ensuite francisée par un industriel tricolore. Ce qui devrait rajouter un coût à un achat simple et sur étagère.

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 11:35

drone-SDTI-Sperwer.jpg

 

29 Juin 2012 Jean-Dominique Merchet

 

En plus de trois ans, douze engins ont été perdus sur ce théâtre

 

Le drone tactique SDTI de l'armée de terre a effectué le 23 juin dernier son dernier vol dans le ciel afghan. Armé par le 61ème régiment d'artillerie de Chaumont, le détachement basé sur la FOB Tora a ensuite fait les cartons pour revenir en France, dans le cadre du désengagement en cours. Les drones Harfang de l'armée de l'air sont, eux, déjà rentrés, en mars dernier.

 

Les SDTI (Sperwer) étaient arrivés en Afghanistan en octobre 2008, après l'embuscade d'Uzbine au cours de laquelle leur absence avait été pointée. Ils ont effectué leur premier vol le 9 novembre 2008 et auront donc opéré plus de trois ans et demi. Huit engins étaient déployés. Selon les chiffres fournis par l'état-major des armées (Ema), ils ont effectué 770 missions pour une durée totale de 2100 heures de vol (soit en moyenne des missions de 2h 45 mn - plus longues en hiver à cause d'une meilleure portance de l'air). Toujours en moyenne, les SDTI ont réalisé quatre missions par semaine sur toute la durée de l'opération.

 

Non sans casse : douze engins ont été perdus en cours de mission. Quatre lors des atterrissages - qui se font sous parachute, le choc étant amorti par des cousins gonflables, et huit en cours de mission, la plupart du temps par perte de contrôle de l'engin. Selon l'Ema, il ne semble pas que les insurgés aient pu abattre un drone en vol. Les appareils cassés ou perdus ont été remplacés.

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