Pendant dix jours, les Marines américains s’associent aux forces sud-coréennes pour
mener un exercice militaire conjoint, Key Resolve
(Photo: Archives/Petty Officer 1st Class Bobbie Attaway/US Navy)
11/03/2013
par Gaëtan Barralon - 45enord.ca
Du 11 au 21 mars, 3 500 Marines américains participent à l’exercice annuel «Key Resolve» en compagnie de 10 000 soldats sud-coréens. Des manœuvres militaires conjointes qui interviennet
alors que la tension reste palpable suite aux invectives lancées par la Corée du Nord.
Un exercice militaire face à une menace de guerre. Ce lundi, les forces américaines du Pacifique ont débuté leurs manœuvres militaires annuels en compagnie de leurs homologues sud-coréens. Durant
dix jours, les deux armées vont poursuivre leur coopération dans le but affiché de défendre la péninsule coréenne.
Baptisé «Key Resolve», cet exercice symbolise leur méfiance conjointe à l’égard de la Corée du Nord. Si elles se veulent axer sur le plan défensif, ces manœuvres sont également une manière de
démontrer et de développer la puissance de l’association américaine et sud-coréenne.
Au cœur du dispositif «Foal Eagle», représentant une série d’exercices militaires menés du 1er mars au 30 avril, «Key Resolve» met en commun l’armée, l’aviation ou encore la force
maritime des deux pays afin de simuler plusieurs situations plus ou moins graves et importantes, tel qu’un changement éventuel de régime à Pyongyang.
Symbole de cette collaboration, un premier exercice, mené du 4 au 8 mars dernier, dans le cadre de «Foal Eagle», a permis de tester les capacités aériennes de chacun face à des scénarios simulés
contre une force hostile.
Comme chaque année, la Corée du Nord a réagi à ces manœuvres. Craignant une volonté d’isoler Pyongyang en vue d’une éventuelle attaque à son encontre, le régime nord-coréen s’est montré une
nouvelle fois vindicatif à l’égard de son voisin sud-coréen et des États-Unis.
Le directeur du département de l’information de l’Association générale des Coréens en Chine, Han Kil Su, est notamment monté au créneau devant de tels exercices à proximité du territoire
nord-coréen. «Les impérialistes américains et les forces fantoches sud-coréennes décrivent les exercices militaires conjoints en tant que «annuels et défensifs», mais les coups de sabre sont des
manœuvres et des exercices militaires typiques d’une guerre nucléaire contre la RPDC [République populaire démocratique de Corée, ndlr] de A à Z», a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par
KCNA, l’agence officielle nord-coréenne.
De son côté, Kim Jong-Un se veut être le sauveur du régime face aux menaces extérieures. Après avoir assuré qu’il abrogerait, dès aujourd’hui, l’accord d’armistice entre les deux Corées, le
président nord-coréen a également menacé Washington de «frappes préventives thermonucléaires». De plus, le «téléphone rouge» entre Séoul et Pyongyang est désormais coupé.
Séoul met ses troupes en état d’alerte
Pour sa part, la Corée du Sud a placé ses troupes en état d’alerte le long de la DMZ, la frontière barbelée qui sépare les deux pays et déchire la péninsule depuis soixante ans. «Le Nord va
passer à l’action, soit bombarder une île, comme celle de Yeonpyeong en 2011, soit mener une provocation ciblée sur la DMZ. S’ils ne font rien, ils perdront la face», a déclaré Paik Wooyeal,
expert à l’université Sungkyunkwan, à Séoul, dans des propos rapportés par le quotidien français Le Figaro.
De quoi poursuivre l’escalade de tensions actuelle dans la péninsule. Car depuis plusieurs semaines, le torchon brûle entre la Corée du Nord et ses «ennemis». En réponse au dernier essai
nucléaire de Pyongyang, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, cette semaine, une nouvelle résolution visant à sanctionner, notamment financièrement, le régime de Kim Jong-Un.
Les réponses apportées par le président nord-coréen ont rajouté de l’huile sur le feu. À tel point que la menace d’une nouvelle guerre de Corée est bel et bien présente. Alors que Pyongyang
poursuit sa propagande populiste sous l’image de Kim Jong-Un, ce dernier entend bien infléchir la position de la communauté internationale à l’égard de son régime autoritaire.
Des menaces qui ne semblent pas effrayer Washington et Séoul. Les deux pays ont notamment affirmé qu’ils seraient tout à fait en mesure de répondre à quelque action que ce soit de la part de la
Corée du Nord. Et le début des manœuvres conjointes de «Key Resolve» en est un symbole