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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 07:15

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/marine/photos-des-breves/mise-a-l-eau-de-la-fremm-normandie/2040465-1-fre-FR/mise-a-l-eau-de-la-fremm-normandie.jpg

photo Marine Nationale

 

22/10/2012 Michel Cabirol - latribune.fr

 

Au moment où s'ouvre lundi le salon Euronaval, l'avenir de DCNS reste en suspens. Avec qui et comment le groupe naval, aujourd'hui en pleine forme, doit-il poursuivre son cap ?

 

Et vogue DCNS... Depuis quelques années, le groupe naval (2,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011) est devenu l'un des fers de lance de l'industrie de défense française après avoir joliment réussi sa mutation passant d'un arsenal vieillot vers une société compétitive. Aussi bien à l'export où il a réalisé ces dernières années les plus beaux coups de l'industrie tricolore (quatre sous-marins Scorpène au Brésil pour un montant de 6,7 milliards d'euros dont 4,1 milliards pour la France, vente de deux BPC à la Russie, design des Gowind à la Malaisie...) que sur la qualité reconnue de ses matériels (BPC, frégates multimissions Fremm, sous-marins Scorpène....) et ses performances financières. Son carnet de commandes affichait au compteur 14,2 milliards d'euros à la fin du premier semestre 2012 et représentait plus de cinq années d'activité. Il ne faut pas non plus oublier l'audacieuse diversification de DCNS dans les énergies renouvelable et dans le nucléaire, en bonne voie mais qui reste toutefois à confirmer dans la durée.

 

Le programme Fremm confirmé

 

Le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, natif de Lorient et qui a grandi à quelques mètres des chantiers de DCNS, ne s'y est pas trompé quand il a confirmé jeudi dans sa ville natale à l'occasion de la mise à l'eau de la deuxième Fremm destinée à la marine nationale (Aquitaine) la poursuite de ce programme emblématique pour DCNS. Le ministre le considère comme "le plus grand programme naval européen" dans un contexte où "l'enjeu maritime est majeur au XXIè siècle". "Au terme du programme, la Marine aura ainsi onze frégates performantes permettant d'assurer une partie significative de ses missions", a-t-il assuré. Ce qui va donner une "visibilité à 10 ans" du site de Lorient, qui emploie quelque 2.000 personnes. En outre, la maritimisation, un sujet très à la mode actuellement,  plaide pour le développement de DCNS "L'enjeu maritime est l'enjeu du XXIe siècle", a estimé Jean-Yves Le Drian. Tout comme tout lBref tout irait dans le meilleur des mondes mais...

 

Deux scénarios pour l'avenir de DCNS

 

Mais DCNS doit, pour continuer à grandir, s'adosser à un industriel ou nouer une alliance stratégique avec un partenaire du secteur. "Les deux scénarios sont sur le bureau de Jean-Yves Le Drian", explique-t-on à "latribune.fr". Le ministre refuse de trancher tant qu'il n'a pas plus de visibilité sur le nom du prochain patron de Thales et sur la recomposition de l'actionnariat du groupe d'électronique, précise-t-on. En tout cas, les deux scénarios passent par la vente par Thales de ses actifs navals à DCNS (Thales Underwater systems et Thales Nederland).

 

Premier scénario, soutenu par DCNS, qui a adressé un courrier à Jean-Yves le Drian. Dans le cadre de la recomposition de l'industrie de défense, DCNS hérite des activités navales de Thales pour devenir un groupe naval majeur en Europe ... avant un rapprochement avec le chantier allemand TKMS après les élections législatives allemandes prévues en septembre ou octobre 2013. DCNS vise la majorité du nouvel ensemble, selon nos informations. Une telle opération sera très compliquée à réaliser au regard des leçons du fiasco du mariage EADS-BAE Systems torpillé par Berlin. "Il y a un tel ressenti contre la France en général, et en particulier contre les groupes détenus par l'Etat français", souligne un observateur. Deuxième scénario, soutenu par Thales. Le groupe d'électronique est d'accord pour céder ses activités navales à DCNS... mais pour mieux se renforcer dans son capital, soit autour de 60 à 70 %. "Thales n'est pas complètement vendeur de ses activités navales", explique-t-on au sein du groupe. Un scénario qui est très dépendant de l'avenir même de Thales...

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 12:52
Nouveau succès pour la JIM LR de Sagem

 

20 octobre, 2012 FOB

 

L’optronique portable permet d’assurer la veille, l’observation, la détection et le ciblage de jour comme de nuit, dans une logique de numérisation croissante des théâtres d’opérations. Dans le contexte actuel des conflits asymétriques, face également aux contraintes posées par des règles d’engagement de plus en plus strictes, le mariage de l’optique et de l’électronique apporte une aide essentielle aux troupes occidentales placées face à un adversaire évoluant bien souvent sous le couvert de la population civile.

 

C’est dans ce contexte que Sagem annonce avoir vendu 126 Jumelles Infrarouges Multifonctions – Long Range  JIM LR (pour « longue portée ») au profit du Ministère de la défense danois. Les JIM LR intègrent dans un même boitier les fonctions vision jour et infrarouge, télémétrie, compas magnétique, GPS, pointeur laser et transmissions de données. « Les JIM LR destinées au Danemark intégreront en outre une fonction fusion d’images infrarouge et visibles, permettant le décamouflage » précise le communiqué de presse de Safran. Elles disposeront également d’une capacité d’enregistrement images et vidéo, la maîtrise de la numérisation des images obtenues par les capteurs optroniques faisant également partie des savoir-faire de pointe de Sagem. La présence de sorties numériques permet aux JIM LR d’être intégrées à des réseaux pour y transmettre des images fixes ou des vidéo. Il peut s’agir tout à la fois d’informer le chef de section ou de garder les images d’une action pour répondre aux impératifs de la médiatisation.

 

L’annonce de cette commande vient de facto confirmer la bonne expérience déjà accumulée par le Danemark déjà possesseur d’un premier lot de JIM LR et de jumelles MATIS également réalisées par Sagem. Environ 5000 JIM LR sont aujourd’hui en service et en commande dans une douzaine de pays dans le monde, dont 2000 pour les seules forces françaises.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 10:25

FREMM Normandie

 

20 octobre 2012 par Yann BESSOULE - ouest-france.fr

 

Industriels et états-majors se retrouvent au salon Euronaval qui ouvre ses portes lundi. On va y parler contrats, stratégie, diplomatie. Les industriels français sont aux premières loges.

 

Sur l’agenda des chefs d’États majors du monde entier, les dates sont cochées, depuis longtemps. Pas un ne raterait Euronaval, qui se déroule du 22 au 26 octobre, au Bourget. Tous les deux ans, ce salon, le plus important au monde de l’armement naval, réunit le gotha industriel et militaire.

 

Les nouveautés en matière de navires de surface, de sous-marins, d’armement, de systèmes de communication en tous genres, sont regardées à la loupe par clients et concurrents… Les premiers contacts se nouent, les prémices de contrats s’ébauchent. Et la diplomatie n’est pas absente des travées du salon.

 

Pour sa 23e édition, Euronaval devrait être un bon cru. 370 exposants sont attendus, dont 50 % viennent de l’étranger (37 pays représentés). C’est moins qu’en 2010, lors de la précédente édition (400 exposants). Cette baisse s’expliquerait par un regroupement de sociétés et la situation tendue de certaines PME du secteur.

 

Pas de quoi inquiéter l’organisateur, le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (Gican). « Ce salon est « le » salon de référence et il faut y être quand on est un industriel du secteur, souligne Jean-Marie Carnet, le délégué général du Gican. Nous attendons 35 000 visiteurs qui viennent du monde entier. »

 

La demande est là

 

Dans un monde fragilisé par une crise économique et financière violente, et qui dure, l’industrie navale militaire fait figure d’îlot de stabilité. Voire, parfois, de prospérité. Même si les contrats sont toujours longs et délicats à négocier, les industriels savent que la demande est là.

 

De nombreux pays émergents, voire de grandes puissances, veulent investir massivement dans la construction d’une flotte de surface et sous-marine.

 

Ces perspectives ne peuvent que plaire aux industriels français. Sans pour autant les faire tomber dans un optimisme béat. Car, si les grands groupes, qui tirent les contrats, comme DCNS, Thales, MBDA, ont des perspectives à long terme, c’est plus difficile pour les nombreuses PME du secteur, dont de nombreuses dans l’Ouest.

 

Beaucoup travaillent et pour le secteur de la défense, et pour celui des navires civils. Et là, les marchés (navires de transports, de servitude, paquebots) sont beaucoup moins porteurs. De nombreuses PME sont, ainsi, fragilisées. Petit bémol…

 

 


 

« L’industrie française est technologiquement très forte »

 

Salon Euronaval. Le gotha de l’industrie navale militaire au Bourget

Entretien avec Jean-Marie Carnet, délégué général du Groupement des industries de construction et activités navales (Gican).

 

Comment se porte l’industrie navale militaire ?

 

Plutôt bien. Les grands groupes, comme DCNS, Thales, Sagem, MBDA, STX, et la centaine de PME qui la composent peuvent s’appuyer sur des programmes au long cours, comme ceux de la construction de frégates multimissions et de sous-marins nucléaires d’attaque pour la marine nationale. Leur activité est également tirée par les opérations dans le cadre du Maintien en condition opérationnelle (MCO) des bâtiments de la marine.

 

Ces longs travaux d’entretien permettent aux entreprises d’avoir de la visibilité, de la stabilité. Ainsi, DCNS vient de signer avec la marine un contrat de quatre ans pour l’entretien du porte-avions Charles de Gaulle.

 

Ces programmes peuvent-ils être remis en cause au vu de la situation budgétaire ?

 

Ils se déroulent, pour l’instant, normalement. Nous ne sommes pas inquiets. Mais il faut rester vigilants. Un programme qui glisse d’un exercice budgétaire à l’autre génère des surcoûts.

 

Les marchés export sont-ils porteurs ?

 

Les pays d’Asie et du Moyen-Orient ont de grandes ambitions dans le domaine naval. Pour des raisons de sécurité, face à de nouvelles menaces. Mais également pour des raisons politiques. Ils veulent jouer dans la cour des grands.

 

Beaucoup d’États veulent bâtir une flotte de sous-marins, ou moderniser l’existante : le Brésil, l’Inde, la Malaisie, l’Australie, Singapour. D’autres souhaitent se doter d’une flotte de surface hauturière. Là aussi, d’importants programmes - frégates, corvettes, porte-hélicoptères - sont en gestation.

 

C’est bon signe…

 

Les demandes ne sont pas simples à satisfaire. Les clients veulent des navires sophistiqués. Et, surtout, des transferts de technologies. Impossible de refuser. Cela fait désormais partie des contrats. Ce qui est problématique : accepter ces transferts, c’est donner la possibilité à votre client de vous concurrencer à terme.

 

C’est-à-dire ?

 

L’Allemagne et la France étaient les leaders sur le marché du sous-marin à propulsion classique (NDLR : non nucléaire). Puis, l’Allemagne a vendu des bâtiments à la Corée du Sud, il y a quelques années. Aujourd’hui, la Corée construit des sous-marins. Elle vient d’en vendre à Indonésie.

 

Quels sont les atouts de l’industrie française ?

 

Elle est technologiquement très forte. Et c’est la seule au monde à proposer une gamme complète de produits, allant du patrouilleur jusqu’au porte-avions, en passant par le sous-marin, la frégates, le porte-hélicoptères… Elle est ainsi compétitive sur tous les marchés.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 10:09

Predator over Afghanistan photo USAF

 

19/10/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le ministère de la Défense a engagé des discussions informelles avec l'industriel américain, qui fabrique le Predator. Paris veut franciser le drone MALE américain en vue de garder son indépendance opérationnelle vis-à-vis des Etats-Unis.

 

La France et les Etats-Unis discutent à propos d'un achat français d'un drone MALE (Moyenne Altitude, Longue Endurance) américain. Plus précisément, le ministère de la Défense a "entamé à cette fin des discussions informelles avec l'industriel américain General Atomics", fabricant du fameux Predator, a expliqué la semaine dernière le délégué général de l'armement, Laurent Collet-Billon, aux députés de la commission de la défense de l'Assemblée nationale. "Si nous voulons doter nos forces très rapidement de moyens opérationnels, la seule source, ce sont les États-Unis, avec tous les inconvénients" connus, notamment "en matière de maîtrise des logiciels et de certains capteurs". Pourtant la période ne semble pas propice à une accélération des négociations.

 

Pourquoi ? "La période électorale aux États-Unis ne favorise pas un aboutissement immédiat de cette démarche", a-t-il précisé. Surtout et c'est lié, comme le fait valoir, le député PS de Meurthe-et-Moselle, Jean-Yves Le Déaut, "acheter du matériel américain" ne va "pas sans poser des problèmes de codes sources, que les Américains ne livrent jamais, pas même aux Britanniques". En clair, détenir les codes sources, qui relèvent souvent de la souveraineté nationale, c'est contrôler les missions des drones des pays clients, via les systèmes de commucation des drones (liaisons de données). Les pays clients "dépendent opérationnelles des Américains", explique un bon connaisseur du sujet. Cela peut être dérangeant pour la France d'être surveillée par les Etats-Unis ou de soir interdire une opération pour des raisons de stratégie américaine. D'où la volonté de la France de négocier une francisation des capteurs du Predator, qui se heurte aujourd'hui à la campagne présidentielle américaine. L'élection aura lieu le mardi 6 novembre.

 

Une européanisation du drone ?

 

"Nous travaillons sur la possibilité de distinguer la chaîne de pilotage de la chaîne de mission, de manière à doter ces drones de capteurs ou d'armements européens", a détaillé Laurent Collet-Billon. D'où les discussions avec General Atomics, qui ne produit ni les capteurs ni les armements. Pour autant, rappelle le délégué général pour l'armement, la France a réservé des crédits budgétaires à l'achat du système de drone MALE intermédiaire. "J'ai préservé les crédits qui nous permettront en 2013 de commander des drones, notamment le drone MALE intermédiaire", avait confirmé début octobre aux députés le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

Pour Laurent Collet-Billon, l'achat du Predator apparait logique dans la mesure où "le Royaume-Uni et l'Italie possèdent déjà des drones de General Atomics. L'Allemagne a déposé en janvier 2012 une demande de FMS - Foreign Military Sale - pour l'acquisition de Predator". En outre, a souligné le délégué général pour l'armement, "l'Allemagne et la France ont engagé une réflexion, en cohérence avec nos travaux avec le Royaume-Uni, sur la possibilité d'entreprendre en commun une démarche d'européanisation des équipements et, progressivement, du drone". À plus long terme, "c'est-à-dire au-delà de 2020, le calendrier dépendra de nos capacités budgétaires et des priorités que nous aurons définies", a-t-il conclu

 

30 millions d'euros dépensés sur le drone Talarion abandonné

 

Sur le projet de drone MALE Talarion développé par EADS, "les crédits dépensés dans le cadre du programme se sont élevés à quelque 30 millions d'euros", a affirmé Laurent Collet-Billon. Et de souligner que "l'opération a été arrêtée parce qu'elle conduisait à un objet trop volumineux qui ne correspondait pas aux besoins de l'armée française". La première partie du travail sur Talarion portait sur la création d'un porteur. "Or cette opération, qui aurait été intégralement réalisée en Allemagne, nous aurait conduits jusqu'en 2017", a-t-il précisé. "Se posait aussi la question de la participation de notre industrie à la réalisation des capteurs. Nous n'avons donc pas poursuivi cette opération. Cela n'a d'ailleurs laissé aucune séquelle dans les relations entre l'Allemagne et la France", a-t-il assuré.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 07:45
Comment la France planifie l'intervention au nord du Mali

 

19/10/2012 Par Isabelle Lasserre, Service infographie du Figaro

 

INFOGRAPHIE - La première phase du dispositif doit être lancée dès novembre. Paris n'enverra pas de troupes au sol.

 

L'opération militaire destinée à reconquérir le nord du Mali occupé par des groupes islamistes liés à al-Qaida n'est plus, selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, «qu'une question de semaines». Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné 45 jours aux pays d'Afrique de l'Ouest pour proposer un plan concret d'intervention. Poussée par la France, l'Union européenne proposera dans les mêmes délais un projet de gestion de crise. Après, la voie sera libre. «Si on rate la fenêtre météo, nous serons obligés d'attendre un an», prévient une source proche du dossier. Tout doit être largement engagé avant la fin du mois de mars, date du début de la saison des pluies. Concrètement, dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian, on planche sur un programme en trois phases: un, stabiliser le sud du Mali et protéger Bamako dès la fin du mois de novembre ; deux, mettre en place la formation des armées africaines en janvier ; trois, amorcer la reconquête du nord début mars au plus tard.

 

Officiellement, ce sont les armées africaines qui mèneront l'opération. Bien qu'étant désigné comme l'ennemi principal par Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique), Paris, qui prétend rompre avec les habitudes passées de la «Françafrique» et ne veut pas se voir reprocher une nouvelle fois son passé colonial, refuse d'être en première ligne. La France se cache derrière l'Europe, elle se pose en soutien des pays africains qui seront assistés dans la planification et la logistique et promet qu'il n'y aura «pas de troupes au sol».

Trois mille hommes

Les autorités françaises communiquent plus discrètement sur les forces spéciales à pied d'œuvre dans la région, dont la mission est indépendante du calendrier officiel. Elles se préparent à intervenir en amont pour fournir du renseignement et guider les forces africaines sur place. Elles pourraient agir plus rapidement encore si les intérêts de la France ou la vie des otages venaient à être menacés.

 

Comme en Libye et en Côte d'Ivoire en 2011, des moyens clandestins sont mis en place pour épauler les forces locales, notamment l'armée malienne, sous-équipée et démoralisée après sa défaite contre les islamistes. Dans l'ombre, Paris a aussi pris en charge l'élaboration du programme d'intervention qui doit être proposé par les pays de l'Ouest africain.

 

Restés jusque-là en retrait sur le dossier du Sahel, les États-Unis ont changé de posture après l'attaque commise contre leur représentation diplomatique à Benghazi, le 11 septembre dernier, qui s'est soldée par la mort, dans des «conditions atroces», de leur ambassadeur Chris Stevens. «Le Sahel est devenu un enjeu pour eux. Ils veulent désormais être associés de manière plus étroite à l'intervention», confirme un proche du ministre français de la Défense, lequel s'est longuement entretenu du sujet avec son homologue américain, Leon Panetta. Les Américains, qui ont des drones armés dans la région, n'excluent plus d'intervenir directement au nord du Mali, en menant par exemple des frappes aériennes ciblées.

 

Tous les détails de l'opération militaire ne sont pas encore réglés. Si les pays africains doivent normalement fournir 3000 hommes, la liste des États qui participeront à l'intervention contre les combattants islamistes, qui sont armés de lance-missiles et de lance-roquettes, n'est pas encore finalisée. Pas plus que le règlement politique. Or tous les pays candidats en sont conscients: sans solution diplomatique durable, l'intervention militaire ne sera pas suffisante pour régler le problème d'Aqmi au Sahel.

 


Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie.


La reconquête militaire en discussion à Bamako

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a souligné vendredi «l'urgence»  d'une intervention armée étrangère pour libérer le nord de son pays  à l'ouverture d'une réunion internationale dans la capitale malienne ayant pour but  d'accélérer cette intervention.

 

«Nous ne devons plus perdre  la moindre seconde.  Il y a un caractère d'urgence,  nous sommes engagés dans  une course contre la montre»,

 

a déclaré Dioncounda Traoré devant de hauts responsables internationaux réunis pour harmoniser leurs positions avant l'envoi  dans le nord du Mali d'une force ouest-africaine soutenue par l'ONU.

 

L'ONU et l'Union africaine (UA)  ont annoncé, de leur côté, l'ouverture  de bureaux permanents à Bamako  afin de coordonner leurs actions respectives face à la crise. Mais  des divergences demeurent entre responsables d'Afrique de l'Ouest  et représentants des organisations internationales sur les conditions  de déploiement de la force africaine susceptible de participer  à une initiative militaire dans la partie du Mali contrôlée par al-Qaida  et ses alliés.

 

Cette réunion du Groupe de soutien et de suivi sur le Mali ne devrait  ainsi déboucher sur aucune avancée spectaculaire tant la situation paraît bloquée à la fois par la confusion  sur le partage du pouvoir  à Bamako après le putsch en mars  et par les désaccords internationaux sur le bien-fondé d'un éventuel dialogue avec les rebelles avant l'emploi de la force.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 11:40

satellite canadien Sapphire

 

18 octobre 2012 par Nicolas Laffont - 45enord.ca

 

Le ministre de la Défense Peter MacKay a annoncé, ce 18 octobre au laboratoire David-Florida de l’Agence spatiale canadienne, que le premier satellite militaire canadien Sapphire serait lancé en décembre depuis l’Inde.

 

« Comme l’espace constitue un élément important au chapitre de la sécurité mondiale, les données d’observation provenant du satellite Sapphire seront essentielles pour accroître notre capacité de protéger nos biens et nos intérêts dans l’espace, déclare le ministre MacKay. Les activités des Forces canadiennes liées au domaine de l’espace représentent une composante essentielle d’une défense solide pour le Canada et l’Amérique du Nord. »

Avec près de quatre ans de retard sur le calendrier initial, le lanceur indien Polar Satellite Launch Vehicle doit ainsi effectuer son vol C20 le 12 décembre 2012.

 

À son bord, PSLV-C20 transportera pas moins de quatre satellites canadiens: CanX-3A et CanX-3B, NEOSSat et Sapphire.

 

CanX-3A et CanX-3B sont deux satellites construits au University of Toronto Institute of Aerospace Studies / Space Flight Laboratories. Ils auront pour mission d’observer les étoiles les plus grosses et les plus brillantes du ciel.

Construit par Microsat Systems Canada Inc., NEOSSat sera le premier télescope spatial au monde à détecter et à suivre les astéroïdes et les satellites.

 

Enfin, Sapphire est le premier satellite militaire canadien. Faisant partie du réseau de surveillance spatiale des États-Unis, Sapphire permettra aux Forces canadiennes d’assurer la sécurité et la souveraineté du Canada dans l’espace.

 

Une fois mis en orbite, le satellite subira d’abord une batterie de tests pendant une période de trois mois. Au bout de ces trois mois, Sapphire devrait être déclaré pleinement opérationnel et agira comme un radar.

 

Sapphire possédera toutes les fonctions lui permettant de surveiller des objets dans l’espace lointain (c’est à dire à une distance de 6 000 à 40 000 km) et de fournir sur demande des données de surveillance. Il fournira alors des données de poursuite pertinentes et précises sur des objets en orbite autour de la Terre.

 

Une entente signée à Ottawa le 4 mai 2012 prévoit que les données recueillies par le satellite Sapphire seront relayées sur le réseau de surveillance spatiale des États-Unis, ce qui aidera les deux pays à mieux détecter les débris orbitaux afin d’éviter qu’ils entrent en collision avec la Station spatiale internationale ou des satellites.

 

À lire aussi:

 

Sapphire prêt à s’envoler dans l’espace >>

 

L’espace à portée de main pour les Forces canadiennes >>

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 08:00
British general reports on Afghanistan progress

Lieutenant General Adrian Bradshaw talks about security in Tagab Valley with a French Army serviceman, in a guard tower at Forward Operating Base Tagab, Afghanistan – Picture ISAF

 

18 Oct 12 UK MoD -A Military Operations news article

 

Lieutenant General Adrian Bradshaw, having recently completed his 12-month tour in Kabul as the Deputy Commander ISAF and UK National Component Commander, gave a briefing to media in the MOD's Main Building yesterday, 17 October.

 

The General began by saying that it might come as a surprise, given that some of the media commentary on the Afghan campaign had not been one of unmitigated success, that his message was essentially one of good news.

 

He said that ISAF was stepping back from the combat role that it had had in the early days and was increasingly mentoring and advising the Afghan National Security Forces (ANSF) who were successfully taking over that responsibility. As a result of disengaging from the combat role, ISAF was suffering between 38 and 40 per cent fewer casualties when compared to last year's figures.

 

Around three-quarters of the Afghan population now lived in areas of transition where the ANSF were taking the lead in providing security.

 

The insurgent threat

 

Over the years the insurgents' objective has been to achieve dominance in the populated areas of Helmand and Kandahar provinces. Last year they campaigned strenuously to recover and get control of the districts that had been ceded to the Afghan Government:

    "In trying to do that the insurgents manifestly failed, and in fact they saw reverses in their fortunes" said the General. "Instead we saw the influence of the government and of the ANSF extended over the year up to Kajaki, and security was established in places like Marjah, which you may remember was once described as 'the bleeding ulcer of Helmand'.

    "I walked down there a number of months ago with US and Afghan forces without body armour, without helmet, I went into an internet café, talked to members of the local Afghan police and the place was very changed from the picture 12 months ago."

 

Across the country there has been a nine per cent decrease in enemy attacks, a steady downward trend that has continued throughout 2012.

 

British general reports on Afghanistan progress

An Afghan National Army honour guard leads a parade formation of newly-graduated non-commisioned officers during a ceremony at Camp Ghazi, Kabul, Afghanistan – Picture ISAF

 

This trend could be seen in an even more favourable light said General Bradshaw as they had been coloured by the fact that there had been a number of significant operations into insurgent sanctuaries in northern Helmand and elsewhere which prompted quite a lot of response from the insurgents in terms of direct fire attack:

    "One of the effects that we have seen this year which is quite marked is the displacement of violence out of the main populated areas and out to the margins," he said.

 

In the second quarter of 2012 compared to the same period of last year statistics show a 30 per cent reduction in the number of Afghans living within one kilometre of an enemy-initiated attack, and in the third quarter the figure had gone down to 13 per cent:

    "We are seeing the effects of this on the population in our survey data," said the General. "The level of concern about security has dropped in relation to other concerns such as employment, provision of electricity and missing bridges - which is a good sign."

 

All of the signs showed that the insurgents were under pressure. Thanks to a poor poppy harvest and vigorous counter-narcotics activities, such as eradication programmes, seizures of caches and very effective interdiction operations, the insurgents' traditional revenue had been hit and they had made very little money from narcotics last year.

 

As a result the insurgents are short of equipment. Partly because of this, improvised explosive device (IED) attacks are ten per cent down across the country compared to last year's numbers.

 

An indicative example being the increasing cost of making IEDs:

    "Last year an IED would cost on average $200 [US dollars] to make, whereas now they are costing between $600 and $800."

 

 

British general reports on Afghanistan progress

Lieutenant General Adrian Bradshaw checks ground position from a Black Hawk helicopter carrying him and the commander of Task Force Lafayette, Brigadier General Eric Hautecloque Rayz of the French Army, over Afghanistan – Picture ISAF

 

The insurgents' response to this is grim and points to desperation:

    "In Sangin, insurgents are targeting people whose family members have accidentally triggered IEDs, usually with dire consequences, forcing them to publicly apologise; they then flog them and recover the cost of the IED from them."

 

There has been a 15 per cent reduction in explosions across the country since last year which points to an improvement in the find and clear procedures. And in the last three years the number of IED attacks resulting in deaths of ISAF troops has reduced from 25 to 12 per cent:

    "We continue to bear down on the use of IEDs; of course they remain a significant threat, and it is never time to get complacent about it," said the General.

 

Insurgents lose heart

 

General Bradshaw went on to describe the effect that all this was having on the Taliban's leadership which was showing ever-widening fractures. He referred to an unclassified open source report by a senior Taliban leader published in a newspaper. The context was surprisingly downbeat, free from the usual insurgent rhetoric:

    "The Taliban capturing Kabul," one paragraph began, "is a very distant prospect."

    "This tells us that they are beginning to realise that they cannot achieve their aims by military means alone. That means they know they have to choose the political path," explained the General, who also pointed out that the text made no reference to 2014 or the possibility that things might improve for the insurgents after that.

 

Reintegration

 

As it seemed that the message was beginning to seep into the insurgent's mind that it was time to engage with the legitimate political process, reconciliation and reintegration were gaining momentum to bring the low-level fighters back into the communities:

    "There is a very effective bureaucracy across the country to allow this to happen, and we have already 5,000 folk in the programme with several hundred more in waiting," said Lt Gen Bradshaw. "The beneficiaries of this are the communities, and the elders vouch for those in the programme."

 

He acknowledged that although this was not yet a game-changer, it was significant.

 

British general reports on Afghanistan progress

Afghan soldiers document siezed bomb-making materials following a successful strike operation. Lieutenant General Bradshaw explained that the success of such operations across Afghanistan has made the devices very costly for insurgents to produce – Picture ISAF

 

Afghan National Security Forces

 

The ANSF had surprised many with the level of progress they had made, said the General. Now a third-of-a-million-strong, three-quarters of the Afghan National Army who were being partnered by ISAF were now in the top three categories of proficiency and improving all the time:

    "The ANSF are doing between 85 to 95 per cent of all their own training, Afghan instructors are training their own soldiers, with us advising, but more and more standing back."

 

Their forces in the field have for some time been doing the planning for their operations, and leading in the field, executing very competently at brigade-level, which the General described as 'operations of some sophistication'.

 

Where the terrain allowed, such as in Regional Command (East), the ANSF were also leading operations at Corps-level, with brigades manoeuvring in the field:

    "There's a bit of tough love in our support, if our advisers see a kandak is running short of water, then they will ask the commanders what they intend to do, but you won't see lots of ISAF water for the troops to drink. A few days going thirsty drives home the lesson," said General Bradshaw.

 

As a consequence, logistics, which had been a weak link, was now being solved. The process for getting supplies was better understood and being factored into the planning.

 

The strength of the ANSF artillery and special forces had proved themselves and even close air support was developing nicely, as was the Afghan casualty evacuation capability. All in all, this progress, said General Bradshaw, was instilling confidence not only in the ANSF but in the communities that they serve.

 

British general reports on Afghanistan progress

Lieutenant General Adrian Bradshaw welcomes Danish Prime Minister Helle Thorning-Schmidt to ISAF Headquarters in Kabul – Picture ISAF

 

Insider threat

 

The General stressed that the insider threat, known as 'green on blue' incidents, was being taken extremely seriously at the very highest level:

    "Any family who loses a family member to combat operations has our deepest condolences. If they lose a family member to an insider attack, clearly this can be even tougher to deal with and understand," said the General.

 

He said that Commander ISAF was dealing with this personally and was determined to grip this issue, and that the Afghan President, Hamid Karzai, was also taking the problem seriously.

 

General Bradshaw went on to say that the Afghan Army was now a very professional organisation with good systems within it, geared up to spotting and dealing with soldiers who looked as if they were becoming disenchanted, or whose behaviour was causing concern.

 

The General was also keen to stress that ISAF and Afghan security forces had many thousands of interactions every day of the week:

    "Every day we see their professionalism and their commitment, and we also see the very effective and close working relationship that we have with them."

 

Still much to do

 

General Bradshaw acknowledged that there was still a lot to do but pointed out that there was still two years of development time and he was robust in his view that improvements, partly inspired by the tough love of the ISAF advisers, would be sufficient. The ISAF model, to carefully draw back in graduated stages as the various levels of ANSF capability and confidence grew, was proving to be effective:

    "There will be no sudden cliff-edge draw back, it will all be carefully managed and modulated, and at the end we are confident the Afghans will be well able to take over the job," said the General.

 

He said that it was impressive to see how the locals viewed their security forces and clearly took pride in having their sons and brothers looking after their security.

 

Lt Gen Bradshaw concluded by paying tribute to UK and ISAF troops and the achievements they were making thanks to their skill, patience, courage and great endurance.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:55

article 20541

 

18.10.2012 par Guillaume Belan

 

Près de 90 personnes avaient répondu à l’invitation du cercle Prospective Terre (GICAT) en début de semaine, dont de nombreux parlementaires, pour une soirée aux Invalides consacrée au thème « Penser autrement le programme Scorpion ». Trois intervenants: côté militaire le général Guillet, en charge des programmes à l’état-major de l’armée de terre, un industriel, Jean-François Pellarin de la Société TNS-MARS (Thales, Nexter, Sagem), en charge de définir l’architecture du programme ainsi que pour la DGA, Thierry Perard, de la direction de la stratégie.

 

Une soirée pour faire le point, expliquer l’importance des enjeux du renouveau des capacités du GTIA (Groupement Tactique Inter-Armes). Et constater que le périmètre et la manière de faire sont maintenant bien définis. Scorpion, c’est résoudre la difficile équation entre besoins militaires, visibilité pour les industriels et diminution des crédits. Programme structurant pour l’armée de terre et vital pour l’industrie terrestre, le périmètre budgétaire c’est 500 millions d’euros sur 10 ans s’inscrivant dans le cadre des 1.8 milliard d’euros affecté au programme 146 (Équipement des forces). En plus d’être un programme « modulaire et pas cher » qui accélérera et fluidifiera la manœuvre, c’est aussi 10 000 emplois pour l’industrie française.

 

La phase première, rappelons le, comprend le VBMR (successeur VAB), l’EBRC (successeur des AMX10RC, ERC90 et VAB HOT), la valorisation du char Leclerc, le système d’information scorpion et la simulation. Une première phase qui devait être lancée cette année et qui vient d’être repoussée par les arbitrages du Ministère.

 

A relire pour bien comprendre, notre interview de l’officier de programme Scorpion: partie 1, partie 2 et partie 3.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:50
Proposition pour un schéma directeur des moyens de l'Action de l'Etat en Mer

 

18.10.2012 Le Fauteuil de Colbert

 

C'est par la plume, toujours aussi bien informée, de Michel Cabirol (La Tribune) que l'on apprend deux décisions qui peuvent autant inquiéter que réjouir : le report des programmes BMM (Bâtiment Multi-Missions) et BATSIMAR (BATiment de Souveraineté et d'Intervention MARitime).

 

Des richesses maritimes à préserver

 

La chose est inquiétante car si la France dispose d'un empire maritime de 11 millions de km², il est d'une nature binaire. C'est-à-dire que soit sa valeur est de 0, soit elle vaut 1. Pour être plus illustratif, cela veut dire qu'en ces temps de disette budgétaire :

  • soit nos 11 millions de km² de zones économiques exclusives qui recèlent, avec l'Archipel, des ressources considérables (halieutiques, pétrolières, gazières, du nickel, des terres rares, des énergies renouvelables, etc...) sont sous le contrôle de l'Etat grâce à une surveillance maritime digne de ce nom, et la valeur est de 1.
  • Soit les 11 milllions de km² ne saut pas surveillés. Dans cette optique, les ressources seront encore plus pillées qu'aujourd'hui, les compagnies étrangères ne prendront même plus la peine de demander des permis d'exploitation, les pêcheurs du monde entier viendront pêcher sans la moindre conscience environnementale et l'ensemble sera pillé. 

Une question d'intégrité territoriale

 

La mer n'est pas fondamentalement différente du milieu terrestre sous bien des aspects. Ainsi, il convient de le montrer sous deux angles différents :

  • Que se passerait-il dans les territoires terrestres si on retirait la Gendarmerie ? Imaginait que le territoire ne soit plus encadré par des policiers ou des gendarmes : ne serait-ce pas le début de l'anarchie ? Comment les lois républicaines seraient-elles respectées ? Serait-ce différent en mer ? Ces zones économiques exclusives françaises seraient livrées à la loi du plus fort, et au train où vont les choses, ce ne sera pas celle de la République. Pour dire, dans une pareille situation, bien des choses pourraient arriver. Par exemple, les somaliens se plaignent de rejets toxiques sur leurs côtes.
  • Mais dans un pays où l'on cherche le redémarrage industriel, peut-on se priver de ce que la mer nous offre ? Des ressources sans maître seront exploitées par d'autres. La Guyane devrait produire 200 000 barils de pétrole jour vers 2020.  Wallis et Futuna, archipel français du Pacifique, posséderait des terres rares : ces gisement qui contiennent tout les méteaux précieux dont les industriels de l'électronique ont besoin. Si la production devait être importante, elle permettrait à un pays comme le Japon de contrebalancer un peu les exigences de Pékin qui détient les deux tiers des réserves mondiales de terres rares déclarées...

C'est pourquoi, depuis la fin de la Guerre froide, la France est une "île artificielle" : la paix européenne lui permet, et même l'oblige, à faire le choix de la Mer puisque le continent de menace plus l'intégrité de nos frontières en Europe. Il en va de notre devoir que de protéger l'Archipel France qui, s'il nous permet une couverture mondial et d'être aux portes de l'Asie, où le centre géopolitique du monde a basculé, n'est pas protégé de bien des menaces, contrairement à nos territoires d'Europe. C'est pourquoi la Marine nationale est devenue la première force armée garante de l'intégrité territoriale de la France.

 

Un déficit inquiétant en patrouilleurs


Mais le gouvernement ne peut pas inventer, celui-ci comme le précédent ou le suivant, des ressources budgétaires qui manquent ou une politique de l'Action de l'Etat en Mer qui n'a pas les moyens adéquats depuis plusieurs décennies. Il resterait encore entre 20 et 30 patrouilleurs. Pour 11 millions de km², ce chiffre pourrait se tromper à 5 navires près que le monde n'en serait pas changé !

Le volume quantitatif des moyens affectés à l'Action de l'Etat en Mer est un défi impératif à relever : il faut des coques, cela ne s'invente pas, c'est le seul moyen pour être présent dans nos mers et nos océans.

 

La qualité n'est pas non plus au rendez-vous puisque les seuls patrouilleurs un tant soit peu modernes sont les frégates Floréal et le patrouilleur Adroit (une location). Qu'ont-ils de si moderne ? Ils sont les seuls :

  • à être capable de mettre en œuvre des moyens aéronautiques,
  • et d'être doués d'une grande autonomie, d'une grande endurance à la mer.

Pour patrouiller dans un domaine aussi vaste (qui se compte en millions de km²), il faut des navires endurants. Mais ce n'est pas tout car l'endurance va de paire avec une motorisation adaptée. Elle doit donc être la plus économique possible. Mais cela implique que la vitesse de pointe soit faible. Ce choix de s'auto-limiter, afin d'optimiser la consommation de carburant, et de réduire le coût d'achat (tout nœuds se paie cher en mer), est réalisable dans la mesure où la Marine canadienne a eu l'intelligence d'installer un hélicoptère sur une frégate en 1958. C'était dans la perspective de la lutte anti-sous-marine et l'idée était révolutionnarie car le sous-marin ne pouvait plus échapper depuis au sonar aéroporté ou à la torpille du binôme constitué par la frégate et la voilure tournante.
Mais dans le cadre des missions de l'Action de l'Etat en Mer, l'hélicoptère est capital afin de permettre d'intercepter, grâce à un canon téléopéré ou à des tireurs d'élites, les Go Fast et autres cargos récalcitrants qu'il faudrait aborder de vive force. C'est cela qui dispense la frégate de l'Action de l'Etat en Mer d'avoir une vitesse de pointe.

 

Mais d'autres besoins sont apparus :

  • les frégates Floréal ont été livrés avec des armes de guerre : un canon de 100 mm et des missiles anti-navires Exocet (qui ont acquis une respectabilité mondiale pendant la guerre des Malouines de 1982). Il y a nécessité pour la France de faire respecter son pavillon, en plus de le montrer. Il y a bien des zones de notre archipel ou nos voisins n'oserait pas se frotter à ce pragmatique armement.
  • La capacité à mettre en œuvre des moyens de lutte contre les pollutions maritimes. Si les dernières marées noires ont pu avoir lieu au large des côtes américaines ou européennes, que se passerait-il si elle avait lieu au large de la Réunion ? De la Nouvelle-Calédonie ? Il faudrait combien de temps pour trouver les moyens maritimes nécessaires pour la combattre ? Les moyens MARPOL sont centrés en Europe. La France ne pouvait pas apporter son aide lors de la dernière catastrophe maritime au large de la Nouvelle-Zélande. C'était certainement du au fait que nous n'avons rien là bas pour agir dans un tel cadre, et pourtant les naufrages arrivent (la preuve). 
  • Du choix précédent découle des caractéristiques dimensionanntes pour les futurs patrouilleurs : s'ils doivent mettre en œuvre des moyens de lutte contre les pollutions, ils devront donc avoir une large plage arrière et une grue de manutention. Equipements bien utiles pour des navires appelés à faire de la logistique entre les îles.
  • Une partie des patrouilleurs devra aussi reprendre les missions qui étaient dévolues aux BATRAL (BAtiment de TRAnsport Léger). Ils étaient autant des patrouilleurs que des navires amphibies auxiliaires ou des moyens bien pratiques pour les missions humanitaires. Comme navire amphibie, ils pouvaient s'affranchir d'un port pour pouvoir débarquer hommes et équipements grâce à la capacité de "beacher" (s'échouer sur une plage).

L'état-major de la Marine doit faire face au remplacement de tout les patrouilleurs, et pour ce faire, a concocté trois programmes :

  • les BSAH (Bâtiment de Soutien et d'Assistance Hauturier) qui doivent remplacer les bâtiments de soutien de région et autres remorqueurs de haute mer. Ce sont eux, justement, qui doivent lutter contre les marées noires et autres désastres. Ils seront au nombre de huit navires affrêtés par la Marine nationale au près d'un armateur privé.
  • Les BMM ou B2M (Bâtiment Multi-Missions) qui doivent remplacer les BATRAL. Ils ressembleront plus à des transports de munitions pour effectuer des manœuvres logistiques infra-théâtre (entre nos îles antillaises, par exemple). Mais ils n'auront plus les capacités amphibies de nos aînés. Ils seront trois.
  • Les BATSIMAR (BATiment de Souveraineté et d'Intervention MARitime) qui doivent remplacer le gros des patrouilleurs hautiers, et innover car les deux premiers de la série seront à fond plat afin de patrouiller les fleuves Maroni et Oyapock où se produisent très régulièrement des incidents violents avec les orpailleurs illégaux et les pêcheurs brésiliens. Ils doivent être au nombre de 18 navires.

Au vu des caractéristiques qui sont demandées précédemment, pourquoi existe-t-il trois programmes ?

  • Si tout les futurs patrouilleurs disposent d'une grue et d'une large plage arrière, alors ils pourront mettre en œuvre des moyens anti-pollutions. Mieux, si ceux-ci sont aérotransportables ou suffisamment nombreux pour être pré-positionnés, alors c'est la sécurité maritime nationale, voire mondiale, qui y gagnera.
  • Les futurs patrouilleurs s'annoncent aussi volumineux que les frégates Floréal (2 à 3000 tonnes) et si l'on regarde ce qui s'est fait pour l'Adroit, alors ils auront eux aussi de grands volumes pour transporter des conteneurs. A quoi peuvent bien servir trois navires dont la seule vocation sera la logistique sans être doués d'aucune capacité amphibie ?
  • Ils devront être capable d'opérer des drones aériens et de surface. L'avènement de ces senseurs déportés décuplent en mer les capacités de surveillance d'un navire, ce qui lui permet de couvrir une plus large surface.

L'architecture retenue par l'état-major a ses raisons, ses logiques, aussi bien financières qu'opérationnelles. Mais ces logiques peuvent être mises en doute.

Le patrouilleur générique existe-t-il ?

 

Si l'on regarde plus près ce que propose les industriels, alors on constate que le patrouilleur générique (n'en déplaise à un ancien chef d'état-major de la Marine) existe : c'est l'étude UT-527 de Rolls-Royce Marine :

  • 92,4 mètres de longueur pour une largeur de 18 mètres et 1800 tonnes de déplacement. Son autonomie est de 16 000 nautiques à 16 nœuds et sa vitesse maximale est de 20 nœuds. Le navire dispose d'une plateforme pour hélicoptère lourd (de la classe des 10 tonnes). Tout comme il a une rampe arrière pour la mise en œuvre d'embarcations. Le navire possède également un treuil de remorquage de 130 tonnes au point fixe (contre 160 tonnes pour l'Abeille Bourbon). Le navire est mis en œuvre par un équipage de 12 hommes. Il peut embarquer un SGTIA de 320 hommes ou bien un élément de gendarmerie (120 hommes, vingt véhicules).

Ce patrouilleur fait tout ce qui peut être demandé aux navires des programmes BSAH, BMM et BATSIMAR. Son seul défaut est l'absence d'un hangar pour hélicoptère et l'absence d'un radier, en bonne et due forme, ou d'une capacité à "beacher".

 

Patrouilleur de souveraineté, patrouilleur logistique

 

A dire vrai, il vaudrait peut être mieux miser sur deux navires de l'Action de l'Etat en Mer car il sera difficile d'allier toutes les caractéristiques sur un seul navire. C'est comme si l'on souhaitait réaliser la frégate unique : même en se donnant les moyens, elle sera bonne en tout, excellente en rien  -ou bien ce serait possible au prix d'un coup unitaire exhorbitant et un nombre de coque réduit : l'économie du projet est-ele la bonne ?

Pour l'Action de l'Etat en Mer, il convient peut être d'imaginer deux patrouilleurs avec chacun un domaine de spécialité :

  • un patrouilleur dédié aux missions de souveraineté et à la patrouille hauturière. A cette fin, il recevra les armes nécessaires pour dissuader tout adversaire de contester notre souveraineté en tout point de notre archipel. Si jamais il était dépassé, alors il faudrait s'attendre à voir réagir l'échelon supérieur : le groupe aéronaval.
  • Un patrouilleur spécialsé dans les missions logistiques et servant lui aussi de patrouilleur. Il excellerait dans les missions de transport et de soutien d'un SGTIA, de missions de dépollutions et de soutien logisitques aux îles isolés de l'archipel.

L'avantage d'une telle répartition est de faire tout ce qui est demandé aux trois programmes précédents. Ceux-ci prévoyaient 29 unités :

  • ce ne serait pas de trop pour avoir un ou deux patrouilleurs logisitques dans chaque grande zone (Antilles, Réunion, façade Atlantique, Méditerranée et Nouvelle-Calédonie/Polynésie). Cela nécessiterait entre 8 et 10 unités selon les arbitrages.
  • Les patrouilleurs de souveraineté devraient être dispersés de la même manière.

Le budget devra aussi tenir compte des nécessaires équipements de cohérences : hélicoptères légers (programme HC4), drones aériens, embarcations semi-rigide, drones de surface, moyens de lutte contre les mines, sonar remorqué (concept de l'OPV ASM : pas inutile alors que les sous-marins prolifèrent), pièce d'artillerie navale, missiles anti-navires, artillerie légère téléopérée, moyens anti-aériens, etc...

 

Le groupe amphibie auxiliaire

 

Enfin, il faudrait prévoir de pouvoir utiliser les deux types de patrouilleurs combinés car, ensemble, ils pourraient former un pion d'action aéroamphibie auxiliaire. Ainsi, les deux navires pourraient déployer un SGTIA pour les missions de basse intensité : l'un se servirait de ses capacités amphibies quand l'autre pourrait faire le coup de force sur une côle mal défendue. Ensemble, ils pourraient mettre en œuvre plusieurs voilures tournantes et drones pour appuyer leur action.

 

Cette capacité inédite permettrait de faire la jonction entre l'Action de l'Etat en Mer et les missions plus traditionnelles de la Marine nationale, marine de Guerre. Cela préserverait dans chaque zone de l'Archipel France une capacité minimale d'intervention contre tout coup de force audacieux. Après tout, il manquait simplement une telle capacité aux anglais quand les Malouines furent envahi par les Argentins. Chose qui ne serait peut être pas arrivé s'il y avait eu un patrouilleur de souveraineté anglais dans les parages.

 

Un format difficilement contournable

 

Ce sont là les capacités que l'on peut souhaiter pour les 30 prochaines années. Il sera bien difficile de trouver le moyen de faire mieux ou aussi bien avec moins de coques. La République est une et indivisible, donc, en l'état actuel des choses, il faudra bien que la Marine puisse assumer les missions qui lui incombent pour protéger le territoire national. Et si l'on ambitionne de tirer parti des richesses qui nous sont octroyées par la convention de Montego Bay de 1982, grâce aux zones économiques exclusives, alors il faudra être présent sur mer.

 

Des solutions paliatives pour "faire la soudure"

 

En attendant que le budget de la Défense se lance enfin dans la construction de ce nécessaire édifice, il existe peut être des solutions pour préparer l'avenir sans le sacrifier avec des programmes conçu beaucoup trop justement pour durer dans le temps.

 

http://www.malango-actualite.fr/photos/20121015-2011_02_17_thonier_breton_aux_seychell.jpg© Inconnu. Un thonier.

 

La première solution éventuelle consisterait à avoir recours à la flotte de pêche française et à ses marins-pêcheurs. Ce n'est pas une nouveauté puisque les chalutiers français ont d'ores et déjà servi comme patrouilleurs auxiliaires pendant les deux confits mondiaux, notamment pour la lutte anti-sous-marine.

 

Après tout, la Marine a bien sous son pavillon des navires de pêche (Albatross et Mali) qui ont été soit racheté, soit confisqué à de indéliquats pêcheurs étrangers.

 

Cela pourrait aussi constituer une bouée de sauvetage pour la flotte de pêche française qui navigue entre les aides de Bruxelles pour réduire ses capacités, les pertes d'emplois qui en découlent, des quotas qui sont trop peu pour nourir tout les navires, et donc des campagnes de pêche qui sont trop courtes.

 

Il s'agirait pour la Marine de louer des navires et des équipages pour combler ponctuellement des besoins capacitaires dans certaines zones. La Marine nationale, en coordination avec le comité directeur de la fonction garde-côtes, passerait contrat au près de certains patrons pêcheurs et armateurs pour louer navires et équipages afin de mener des missions bien précises. Pourquoi ne pas imaginer de les verser dans la réserve ?

 

Il n'y aurait pas de grandes modifications à réaliser sur ces navires qui seraient voués à des missions de contrôle des pêches et de lutte anti-pollution. S'ils ne seront pas apte à mettre en œuvre des hélicoptères (mais pourquoi pas des drones moyennant une petite plateforme ?), ils seront bien assez utiles pour ces missions, et pour le reste, il restera les navires de la Marine. Par ailleurs, les thoniers ont un tel potentiel que l'un d'eux a été transformé pour les besoins du site de la DGA des Landes, en remplacement de l'Aquitaine Explorer.

 

Le gain politique n'est pas à négliger car une flotte de pêche employée d'une telle manière pourrait plus facilement respecter les normes européennes et permettre de prendre ses rivales en défaut... et ainsi préserver les stock halieutiques.

 

http://www.meretmarine.com/objets/500/1944.jpgPatrouiller Thémis des Affaires Maritimes.

 

La seconde solution est une réforme latente que la création de la fonction garde-côtes a pu annoncer pour certain : la mainmise par la Marine sur toutes les embarcations de l'Action de l'Etat en Mer. Il serait grand temps qu'un schéma directeur, à l'échelle de l'Archipel France, soit créé afin de coordonner l'Action de l'Etat en Mer depuis les vedettes côtières jusqu'aux patrouilleurs de haute mer !

 

Chacune des administrations -Affaires maritimes, Gendarmerie maritime, DGA et Douanes- à ses vedettes et ses patrouilleurs. En contemplant l'état de cette flotte d'auxiliaires (grâce à Net-Marine), il est tout aussi de se demander si :

  • les vedettes de servitude ne font pas doublon avec d'autres vedettes qui ne sont pas "de servitudes".
  • Il y a tellement de pousseurs et de remorqueurs alors qu'il y a de moins en moins de navires : ne faudrait-il pas moins de remorqueurs, mais que certains d'entre-eux soient plus gros pour effectuer des missions en dehors des ports, comme de l'assistance aux exercices ?
  • De même qu'il y a bien des navires de soutien des plongeurs-démineurs : ne pourrait-on pas utiliser des patrouilleurs ou de grands remorqueurs dans certains cas ?
  • Que dire qu'il puisse exister autant de bâtiment écoles alors qu'il y a de moins en moins d'élèves.

N'y aurait-il que la flotte d'auxiliaires pour échapper aux logiques de la rationalisation et de la polyvalence des plateformes ?

 

L'idée serait de rationaliser autour d'une structure de forces simple, mais efficace :

  • un patrouilleur côtier apte à patrouilleur jusqu'aux limites de la zone économique exclusive depuis la côte (bande des 200 miles nautiques),
  • qui serait capable d'opérer des drones aériens et de surface,
  • et aussi d'embarquer ponctuellement des vedettes côtières afin de remplacer l'hélicoptère qui ne serait pas embarqué à bord.
  • Ce dernier, si besoin était, pourrait venir de la terre.

Ce patrouilleur pourrait servir à toutes les missions de l'Action de l'Etat en Mer qui ne dépasseraient pas l'horizon des côtes. Il pourrait même servir de navire-écoles, et les élèves se familiarisrait avec des outils (drones, hélicoptères, embarcation rapide embarquée) qu'ils connaîtront durant toute leur future carrière.

En allant plus loin, s'il y avait suffisamment de patrouilleur côtier, alors il serait imaginable qu'ils servent, eux-aussi, d'autres missions qui soulagerait les unités hauturières de la Marine nationale :

  • par exemple, si la Marine continue à s'orienter dans le cadre du SLAMF (Système de Lutte Anti-Mines Futur) sur un programme à six vecteurs, alors il restera bien moins de navires que les actuels 13 chasseurs de mines triparties. Il ne serait pas inutile d'imaginer qu'un patrouilleur côtier puisse embarquer une équipe de plongeur-démineurs et ses matériels. Même schéma de pensée pour les patrouilleurs hauturiers : cela permettrait de déployer une capacité anti-mines mondiale et résiduelle.
  • Autre exemple, ces patrouilleurs côtièrs, ou les remorqueurs côtièrs d'assitance, pourraient aussi servir à remorqué des sonars, notamment au service de la FOST, dans l'optique du remplacement des BRS (Bâtiment de Remorquage de Sonar) et de la diminution du nombre de chasseurs de mines (SLAMF).
  • Que dire de ces futurs patrouilleurs s'ils pouvaient se charger des missions anti-pollution maritime, et ainsi soulager en partie les patrouilleurs hauturiers ?
  • Ne faudrait-il pas envisager que le systèmes de forces proposait, le patrouilleur côtier, ait un rayon d'action suffisant pour pratiquer la diplomatie navale en effectuant un certain nombre d'escales chaque année dans des ports étrangers ? L'influence de la France en serait autant augmentée partout dans le monde.

 

L'intérêt du schéma-directeur établi par le comité directeur de la fonction garde-côtes serait de rationnaliser le dispositif, mais aussi de l'étendre, dans la mesure du raisonnable :

  • si le système de forces ainsi proposée permet de travailler sereinement et ponctuellement dans la bande des 200 miles nautiques avec des outils (marsupialisation) améliorés,
  • alors le besoin en patrouilleurs hautirers (de souveraineté et logistique) sera bien moindre qu'avant dans certaines zones. Ainsi, ces navires hautueris pourront être déployés dans les zones les plus éloignés, les plus isolés où leurs capacités sont indispensables.

L'administration serait même plus que prête pour régler les éventuelles difficultés découlant d'une telle rationalisation puisque l'autorité unique de l'Etat en mer, c'est le préfet maritime. L'organe qui coordone les programmes de matériels intéressant l'Action de l'Etat en Mer, c'est le comité directeur de la fonction garde-côtes.

 

Il serait même intéressant que les différentes administrations gardent leurs équipages car, dans le cas où les élèves de la Marine embarqueraient à bord du système de forces proposé, alors ils pourraient découvrir différentes cultures maritimes et différentes manières d'aborder la mère. Ce ne serait pas de trop. C'est actuellement l'esprit de la formation des officiers de la Marine de l'administration des Affaires maritimes qui embarquent ainsi comme officier chef de quart sur un navire de la Marine nationale, un navire de la marine marchande et un navire de pêche.

 

L'actuel gouvernement ne peut être qu'inciter à construire une flotte, et ses différentes branches, sur le long terme : toute l'histoire navale montre que les flottes savamment étudiées sont les moins coûteuses à mettre en œuvre, mais aussi les plus efficaces. En ce qui concerne les patrouilleurs, il faut impérativement mieux penser l'articulation entre la côte et la haute mer afin de lisser les besoins d'un boût à l'autre de la chaîne. Le schéma directeur qu'il faudrait que le gouvernement établisse pourrait être soutenu par le recours aux navires et équipages de la flotte de pêche française, ce qui permettrait de combler les pertes capacitaires qui apparaîtrait le temps de la transformation.

 

Enfin, il convient de relever que plus les moyens affectés à la fonction garde-côtes, à l'Action de l'Etat en Mer, seront nombreux et cohérent entre eux, plus les forces de haute mer de la Marine nationale (groupe aéronaval, forces sous-marines, groupe de guerre des des mines, groupe amphibie, etc...) seront libérés de missions pour lesquelles ils sont en situation de surcapacités !

 

Il est donc urgent d'attendre, de réfléchir à ce que l'on peut faire avec ce que l'on a, avant de se projeter dans l'avenir par un grand plan d'ensemble qui permettra une manœuvre aisée d'un bout à l'autre de l'action maritime et navale de la France.

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:35
Optique – La plus petite caméra infrarouge cryogénique du monde

 

18.10.2012 ONERA

 

Sans attendre la fin de sa thèse à l'Onera, Florence de la Barrière – docteur et prix de thèse ONERA 2012 - a achevé la réalisation d'une caméra extrêmement compacte adaptée à une fabrication industrielle.  

 

La caméra sur puce infrarouge développée dans le cadre d’une thèse à l’ONERA par Florence de la Barrière  est en rupture technologique avec les systèmes infrarouge existants : le système optique complet est intégré sur le détecteur infrarouge cryogénique lui-même. La caméra, extrêmement compacte (longueur totale 4 mm), dotée d’un très grand champ d’observation (égal à 120°), est adaptée à une éventuelle fabrication industrielle à l’échelle du wafer.

 

L’objectif est la réalisation d’une caméra infrarouge haute performance ultra-compacte pour des applications de surveillance ou d’aide au pilotage. La compacité permettra de diffuser une capacité d’observation infrarouge vers des systèmes à faible capacité d’emport comme les drones ou les véhicules légers.

 

Florence de la Barrière a reçu le prix des doctorants Onera pour ces travaux, menés avec le Cea Leti et financés dans le cadre d’un programme d’étude amont de la DGA. La revue internationale Applied Optics a également retenu la caméra pour faire sa couverture du numéro du 10 mars 2012, à l’occasion de la publication des travaux

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:35
La piraterie : du détroit de Malacca à la Somalie et le golfe de Guinée

 

13.10.2012 Le Fauteuil de Colbert

 

Il y a des missions qui sont à la charge d'une marine de Guerre et qui, les siècles passant, devaient disparaître puisque la modernité avance et la mer en serait pacifiée tout naturellement. Il ne s'agit pas de missions ou de variantes de la guerre navale héritées d'une guerre mondiale, comme celles consistant à faire débarquer de vives forces un contingent sur une côte ennemie hostile et qui seraient aujourd'hui désuètes. Dans ce registre là, il ne faudrait pas oublier, non sans une certaine émotion, qu'au cours de l'année 1949, le général Bradley (ne serait-ce pas à un char que son nom a été donné ?) affirmait devant le Sénat américain que plus aucune grande opération amphibie n'aurait lieu. Le 15 septembre 1950, près de 30 000 Marines débarquaient sous le feu protecteur de l'US Navy à Incheon, pendant la guerre de Corée. Par ailleurs, le secrétaire d'Etat à la défense des Etats-Unis, de l'époque, cherchait à faire disparaître le corps des Marines (action logique découlant de l'affirmation précédente).

 

Si ce "détail" de l'Hisoire peut prêter à sourire, qu'est-ce qui serait dangereux de croire que ce genre de "détails" ne se répète pas encore aujourd'hui. Par exemple, la protection de la flotte de pêche est une mission discrète qui refait, plus souvent que l'on pourrait le croire, son apparition.

 

Dans la France d'avant la guerre de Cent ans, c'était même par de véritables escarmouches, pour ne pas dire bataille navale, que commençait d'ores et déjà à s'affronter la France et ses alliés à l'Angleterre sur les mers ! C'est-à-dire que le conflit entre pêcheurs précédait l'affrontement naval entre flottes de guerre.

 

Le professeur Coutau-Bégarie expliquait dans le café stratégique numéro 3 que c'était, notamment, d'un conflit maritime lié à la pêche que les zones économiques, ou presque, étaient nées (les évènements qui conduisirent à cette création commencent dès la déclaration du président Truman, en 1947). Ainsi, les Etats d'Amérique du Sud, dont le Brésil, souhaitaient se réserver l'exclusivité de la pêche à l'anchois. Ils fixèrent arbitrairement une frontière en mer en deça de laquelle ils estimaient que leurs flottes de pêche avaient l'exclusivité de l'exploitation. Cette limite recouvrait tout simplement la distance jusqu'à laquelle les bancs de poissons passaient près de leurs côtes, au-delà leur présence était nul ou presque. Finalement, et malgré les démenées de pays comme la France, qui envoya piteusement l'escorteur d'escadre Tartu protégeait les pêcheurs français (l'ensemble tomba sur cinq escorteurs brésiliens), ce sont les continentaux qui obtinrent gain de cause. Leurs revendications aboutirent à la création des zones économiques exclusives dans la convention onunisenne de Montego Bay.

 

Plus près de nous, ce sont les discussions autour de l'avenir du Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP) -doté d'un budget de 6,5 milliards d'euros- qui pourraient aussi faire évoluer les principes du droit maritime communautaire (et mondial ?) : "Bruxelles propose de favoriser financièrement les Etats qui adopteront ce principe de quotas individuels de prises que les pêcheurs ou les armateurs pourraient revendre. La France considère cette mesure comme excessivement libérale, une sorte de privatisation des mers".  

 

La pêche a été la source d'une dynamique guerrière et juridique qui influença lourdement les principes maritimes mondiaux, et de fait, la répartition des richesses maritimes mondiales. Mais, c'est une autre mission normalement dévolue à la marine de guerre qui a été dangereusement délaissée : la lutte contre la piraterie.

 

Pourtant, c'est la raison même de l'existance d'une marine de guerre ! En effet, la piratie n'est bien souvent que la matérialisation de l'absence de l'autorité politique en mer. Généralement, le vide laissé par les Etats en mer, et remplit par les pirates (puisque la nature a horeur du vide), conduit à ce que la libre ciruclation sur les mers soit menacée par les pirates. C'est ce qui se passe encore en Asie du Sud-Est, ce qui se passe avec plus de virulence au large de la Somalie et dans le golfe de Guinée. Mais c'est aussi une lutte que Rome eu à engager au cours du premier siècle avant notre ère.

 

Abou Djaffar1 nous rappelait, à bon compte, cette réalité historique. Ainsi, en 67 avant J.C., la Méditerranée, tant son bassin occidental qu'oriental, était infestée de pirates. Les problèmes navals posés par ces différents foyers de piraterie étaient tellement importants que les liaisons maritimes de l'empire romain étaient plus que coupées, elles étaient même coupées par en droit. Alors, un tribun romain, Gabinius, proposa :

 

"qu’un des consulaires fût investi pour trois ans, avec une autorité absolue et irresponsable, du commandement des mers et de toutes les côtes de la Méditerranée jusqu’à 400 stades dans l’intérieur. Cet espace renfermait une grande partie des terres soumises à la domination romaine, les nations les plus considérables, les rois les plus puissants. La loi donnait en outre à ce consulaire le droit de choisir dans le Sénat quinze lieutenants pour remplir les fonctions qu’il leur assignerait, de prendre chez les questeurs et les fermiers de l’impôt tout l’argent qu’il voudrait, d’équiper une flotte de deux cents voiles et de lever tous les gens de guerre, tous les rameurs et tous les matelots dont il aurait besoin.

 

Les nobles s’effrayèrent de ces pouvoirs inusités qu’on destinait à Pompée, bien que Gabinius n’eût pas prononcé son nom ; ils faillirent massacrer le tribun. César appuya fortement la loi, c’était le premier pas du peuple, las d’une République en ruine, vers l’empire fort et puissant. L’assemblée du peuple doubla les forces que le décret avait fixées et accorda au général 500 galères, 120.000 fantassins et 5.000 chevaux".

 

La suite est à lire sur le blog d'Abou Djaffar. Les escadres romaines chassèrent les pirates d'un bout à l'autre de la Méditerranée et rabattirent les dernières forces en Cicilie. Les derniers pirates qui se rendirent furent disseminés à l'intérieur des terres.

 

Abou Djaffar conclut que cet effort naval romain (le plus important depuis la lutte contre Carthage ?) est le fruit de la conjonctions de plusieurs conditions favorables au succès des armes :

  • la création d'un commandement dédié à l'opération de lutte contre la piraterie,
  • une mission aux objectifs définis,
  • des règles d'engagement clairs, et donc, un mandat bien défini,
  • des moyens militaires atteignant la masse critique suffisante pour obtenir la supériorité sur mer,
  • un soutien sans faille des autorités politiques aux opérations militaires et à leurs conséquences.

Il faudrait aussi relever que l'existence sur mer d'un danger apte à menacer l'existence du commerce maritime, quand une puissance dépend de ce dernier (que ce soit Athènes, Rome, Londres ou Washington), est un catalyseur formidable de bonnes intentions pour construire une marine de guerre. Elle n'existe pas pour elle-même mais bien pour remplir une ou des missions. Mais elle existe aussi, et un peu, par elle-même puisque s'il n'y avait pas une marine étatique alors la piraterie ne pourrait que refaire surface. Autrement dit, la réussite de toute opération lancée pour la piraterie suppose qu'il y ait une puissance qui dépende des routes maritimes, que le phénomène de piraterie menace ces routes et que cette puissance prenne conscience du danger représenté par la piraterie pour sa prospérité.


Au final, c'est aussi une manière de souligner par des voies détournées que les buts premiers d'une marine de guerre ne sont pas la destruction de flottes adverses, mais bien la protection des routes maritimes et des gens de la mer de son Etat. L'existence même de forces navales étatiques (ou relevant d'un groupement politique ?) exprime simplement la souveraineté de cette puissance politique sur les mers et qu'elle entend tirer profit des richesses et du commerce maritimes.

 

Les enseignements à tirer de l'expérience romaine semble très simple. Pourtant, bien des puissances politiques n'ont ni l'envie, ni les moyens de faire respecter leur souveraineté, que ce soit sur terre ou en mer. Le Sénégal vient d'annuler toutes les concessions de pêches consenties à des flottes de pêches étrangères : est-ce que cela sera suivi d'une surveillance des zones économiques exclusives sénégalaises ? Si la réponse est non, alors les eaux sénégalaises pourraient bien être pillées sans que l'Etat sénégalais perçoive l'ombre d'une redevance. Situation paradoxale où l'après est pire que l'avant, malgré une volonté politique forte. Après tout, c'est bien parce que les Etats du Sahara ont refusé d'assumer leur souveraineté sur leurs territoires que des bandes étrangères s'en sont octroyés la libre circulation, à leur convenance.

 

Au XXIe siècle, rien ou presque ne change. Il y a, au moins, trois grands foyers de piraterie qui ne sont traités avec toute la vigueur requise :

  • le détroit de Malacca,
  • la Corne de l'Afrique,
  • le golfe de Guinée,

Il convient de relever que ces trois foyes de piraterie se situent à la conjonction entre les routes maritimes les plus fréquentées et des détroits parmi les plus importants du monde. Autre remarque, le golfe de Guinée et la Corne de l'Afrique donnent directement sur les lieux de production et d'exportation de l'or noir. Le détroit de Malacca est "juste" le trait d'union entre les océans Indien et Pacifique. En outre, c'est une concentration des assaillants sur des lieux de passage obligé des flux commerciaux. C'est la même histoire que les bataillesde l'Atlantique : il convient d'attaquer le commerce maritime là où il se concentre pour avoir une concentration des cibles, tout comme il est nécessaire pour les défenseurs de concentrer les buts à protéger afin de forcer les assaillants à s'attaquer à des convois protégés.

 

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Tout ce qui concerne la piraterie dans le détroit de Malacca est tiré d'un mémoire d'Alexandre Besson, "Questions maritimes en Asie du Sud-Est - Déclin et résurgence de la piraterie", (janvier 2011, Paris) réalisé pour l'IRIS)2. Les propos qui vont suivre et qui traiteront de ce sujet sont donc largement inspirés de son travail. 

Le détroit de de Malacca est historiquement infesté de pirates. Au début des années 2000, la piraterie déborde au point de menacer sérieusement la libre circulation dans le détroit. L'année 2000 fut la pire année rencontrée par les armateurs : 75 attaques dans le détroit, et 119 au large de l'Indonésie, plus largement. Si le nombre d'attaques chuta dans les années suivantes, les Etats côtiers eurent à coopérer pour s'attaquer de manière significative au problème posé. C'était motivé en partie par le fait que japonais et américains menaçaient d'intervenir dans le cadre d'une opération internationale pour juguler la menace. La réaction locale fit que les Etats de la région préfèrent prendre, enfin, le taureau par les cornes plutôt que de voir d'autres puissances maritimes le faire.

 

Il y a une chose qui tranche avec la situation romaine : des marines de guerre existent bel et bien dans chacun des Etats riverains. Mais ils prennent à peine le temps de constater qu'il y a un problème. C'est-à-dire que les gouvernements ne prennent pas la mesure des menaces que font peser les pirates sur le traffic maritime alors que, une cité-Etat comme Singapour, dépend de la vitalité du commerce maritime mondial pour prospérer.

 

La menace ne représentait que brigandage maritime dans 90% des cas, dans les ports du nord de l'île de Sumatra. Il y eu alors des cas de kidnappings au larfe d'Aceh. Les détournements ne concernaient que des petits navires en transit..

 

Le mémoire d'Alexandre Besson cite le Dr. Eric FRECON, jeune chercheur français spécialisé sur les questions de piraterie en Asie du sud-est qui identifie plusieurs raisons pouvant expliquer la multiplication des attaques à cette période.

  • "La crise financière de 1997-1998, qui a poussé de nombreuses personnes venant de l’ensemble de l’Indonésie à converger vers les réputées dynamiques Riau Islands, et notamment vers les îles de Batam et de Bintan, zones franches au sud de Singapour. Mais la crise frappa également durement les Riau et certains hommes n’y trouvant pas de travail et voyant passer dans un flux continu et à quelques brassées seulement les navires de commerce furent tentés d’aller chercher en mer l’argent qu’ils ne trouvaient pas sur terre. La piraterie est apparue pour certains un moyen facile d’arrondir coquettement les fins de mois".
  • "Le manque de moyens adéquats pour combattre ce phénomène, avec une marine et une police indonésiennes très mal équipées d’anciens bateaux de patrouille d’Allemagne de l’est dont seulement un tiers était opérationnel. Ces navires étaient par ailleurs très mal adaptés aux patrouilles en haute mer".
  • "La corruption affectant les autorités locales est également un facteur non-négligeable qui a permis ce boom de la piraterie. En charge des missions de police qu’ils sont sensés assurer en partie sur les fonds propres, les gouverneurs n’étaient pas en mesure de contenir l’influence de parrains mafieux locaux capables d’acheter la négligence – voire la coopération, par des fuites sur le planning des patrouilles – des policiers".
  • "Un autre problème à considérer est la question de la surpêche qui a poussé certains pêcheurs locaux à se laisser aller à arrondir leurs fins de mois par des actes illicites de brigandage en mer".
  • "Enfin, à partir de 1998, les problématiques liées à l’ère post-Suharto (nouveaux leaders politiques, séparatismes, dossier Aceh…) ont profondément affecté l’agenda politique et la lutte anti-piraterie était loin de figurer sur la liste des priorités du moment".

 

Après le pic des attaques de l'an 2000, la situation s'améliora progressivement jusqu'à ce que le détroit soit considéré comme sûr dans les années suivantes. Alors que le détroit avait acquis le statut de zone de guerre, il perdit finalement ce statut lors du déclin de la gravité des attaques : recrudescende des kidnappings.

 

Alexandre Besson explique dans son mémoire que ce sont plusieurs niveaux actions qui permirent au cours de la première décennie du troisième millénaire de faire chuter significativement la piraterie dans le détroit :

  • l'émergence d'une coopération régionale par la prise de mesures aux niveaux national, bilatéral et multilatéral,
  • les implications extrarégionales. 

Aucun des Etats de la région n'avait, par lui-même, les moyens suffisants pour affronter le problème. De l'autre côté, les riverains étaient hostiles à l'entrée en action de forces exogènes. La dernière voie restante était la coopération régionale. Cele-ci résulte d'une montée en puissance de la réponse apportée au phénomène de la piraterie depuis 2004. A partir de cette date, les pays riverains du détroit de Malacca réagirent d'abord au niveau national, puis par le biais de coopération bilatérales :

 

  • "Au niveau national tout d’abord : chaque pays côtier améliora ses dispositifs de contrôle, augmenta ses capacités de surveillance du trafic maritime et multiplia le nombre et la fréquence des patrouilles et des exercices dans les zones affectées par la piraterie".
  • "Au niveau bilatéral également : des patrouilles coordonnées ont été organisées conjointement par l’Indonésie et Singapour, l’Indonésie et la Malaisie, la Malaisie et la Thaïlande, afin de mieux se prémunir contre des pirates traversant les frontières maritimes du détroit pour mener des attaques d’un côté et se réfugier de l’autre sitôt le larcin commis.15 Parallèlement, la coopération et la communication entre les différents centres opérationnels nationaux ont été améliorées".

La mise en place de ces mesures "domestiques" s'élargit par la suite à la coopération régionale :

  • "Première mesure prise dans ce cadre multilatéral, les Malacca Straits Sea Patrols (MSSP) ont été inaugurées en 2004 par l’opération “MALSINDO” (acronyme pour MALaisie-SINgapour-INDOnésie). Cette opération mobilisa 17 navires de Malaisie, de Singapour et d’Indonésie. Les différentes marines menèrent des patrouilles dans leurs eaux territoriales et Zone Economique Exclusive (ZEE) respectives. Ces patrouilles ont plus tard été renommées Malacca Straits Patrol (MSP) et la Thaïlande rejoignit le groupe des trois en octobre 2008".
  • "La deuxième mesure entreprise, Eyes in the Sky (EiS), l’a été en septembre 2005. Cette opération consiste en des patrouilles militaires aériennes destinées à identifier les bâtiments suspects et à dissuader les pirates. Chaque pays participant contribuait ainsi initialement avec deux patrouilles hebdomadaires. Contrairement aux patrouilles maritimes, limitées aux eaux souveraines de chacun des acteurs, les avions de patrouille ont été autorisés à voler au-dessus des eaux de tous les pays participant au dispositif. Par la suite, des équipes combinées ont été embarqués dans les différents aéronefs (Combined Maritime Patrol Teams, CMPT). Cette mesure permet la participation d’Etats non côtiers aux patrouilles aériennes, mais aucun acteur extrarégional n’a été invité jusqu’à présent".
  • "Enfin, troisième phase de cette coopération multilatérale, l’Intelligence Exchange Group (EIG), groupe d’échange de renseignements, a été formé en 2006. Il comprend les différentes agences de renseignement de chaque partie et sa mission est d’analyser chacun des incidents en vue d’identifier des tendances aidant à l’élaboration de réponses opérationnelles. L’information est partagée en temps réel grâce à un système d’information commun : le Malacca Straits Patrol Information System (MSP-IS). Ce Système d’Information (SI) permet à ses différents utilisateurs de partager de l’information maritime blanche16 et d’en améliorer la vitesse de transmission entre chacun des Etats côtiers. Le premier exercice de partage d’information maritime s’est tenu deux ans plus tard en mars 2008. L’EIG s’est montré particulièrement utile ces dernières années : il a par exemple permis la recapture dans le détroit de Singapour d’un bateau détourné au large de Sumatra le 22 septembre 2007 et sitôt renommé de MV KRATON à MV RATU".

Enfin, il convient de relever que la sécurisation durable du détroit de Malacca intéressait les acteurs régionaux du sud de l'Asie qui entendait que leur prospérité ne soit pas troublée par un manque d'action des Etats riverains du détroit :

  • Les Etats-Unis ont largement financé l’installation de radars sur tout le pourtour des principales routes maritimes régionales (IMSS) et ont fourni des bateaux de patrouille, plus modernes et plus maniables, afin de mieux pouvoir se déplacer dans les dédales formés par les nombreuses îles et servant d’abris aux pirates17;
  • Le Japon18 a également fourni des avions et des bateaux de patrouille19 et a entraîné certains officiers (law enforcement officers) ;
  • La Chine a apporté son aide en matière de capacity-building ;
  • L’Inde a conduit des patrouilles conjointes avec l’Indonésie au large des îles Andaman et Nicobar, à l’entrée ouest du détroit de Malacca.

Ces Etats apportèrent, outre une participation financière aux opérations, des aides plus pratiques comme l'aide à l'acquisition de capacités nationales. In fine, il s'agit d'apprendre aux services des Etats riverains d'affirmer leur souveraineté en mer pour le bien de tous.

 

"En parallèle de ces mesures opérationnelles prises pour éradiquer la piraterie dans les eaux sud-est asiatiques, deux structures de coopération multilatérale destinées à partager l’information d’intérêt maritime ont été inaugurées dans le début des années 2000 : l’Information Sharing Centre (ISC) et l’Information Fusion Centre (IFC).

 

L’ISC a été établi par l’accord de coopération régionale sur la lutte contre la piraterie et le brigandage
maritime en Asie (Regional Cooperation Agreement on Combating Piracy and Armed Robbery against Ships in Asia, ReCAAP), premier accord intergouvernemental traitant de la piraterie en Asie.20 Son but est d’améliorer la
coopération multilatérale entre 16 Etats régionaux.21 Finalisé le 11 novembre 2004 à Tokyo (Japon), il est entré en vigueur le 4 septembre 2006.
ReCAAP repose sur trois piliers :

  1.  Le partage de l’information,
  2. L’acquisition de capacités,
  3. Des accords de coopération.

L’ISC a été officiellement inauguré le 29 novembre 2006 à Singapour. Quatre missions lui sont attribuées :

  1.   Echanger des informations utiles concernant les actes de piraterie et de brigandage en mer dans la région,
  2. Faciliter la coopération opérationnelle entre les parties,
  3. Analyser les réalités et tendances de la piraterie,
  4. Soutenir les efforts en termes d’acquisition de capacités des différentes parties.

Ces missions doivent être menées dans le respect de trois principes de fonctionnement clairement identifiés :

  1. Le respect de la souveraineté de chacune des parties,
  2. Un souci d’efficacité,
  3. Et de transparence".


Il est à noter que la sécurisation du détroit de Malacca montrait déjà la montée en puissance du Japon, de la Chine et de l'Inde dans la sécurisation des routes maritimes. Ce sont les mêmes nations qui participeront à la lutte contre la piraterie au large de la Somalie. Mais c'est le Brésil qui brille par son absence, tout comme la Russie. Ces deux membres des BRICS n'avaient peut être pas les moyens d'être physiquement sur zone ou n'entretenaient peut être pas assez de liens diplomatiques avec les Etats riverains. La notion de BRICS devrait même être élargie à une autre qui prendrait en compte les puissances émergentes tant sur le plan économique qu'international : par exemple, si le Japon n'est pas puissance émergente, c'est bel et bien un acte maritime émergent.

 

L'auteur du mémoire tente de revenir sur les raisons du déclin de la piraterie dans le déclin : est-ce bien du seul fait du volontarisme des Etats ?

Premièrement, les mesures prises par les Etats ont rassuré les compagnies maritimes et les équipages, indépendemment du succès réel de ces mesures. Il y a un effet moral certain produit par l'action, qui n'est pas à négliger quand on pense au fait que ce souvent les augmentations des primes d'assurance qui paralyse le trafic.

Deuxièmement, des lacunes perdurent puisque :

  • les patrouilles sont coordonnées et non conjointes,
  • le planning des patrouilles pourrait "fuiter" du fait de la corruption,
  • absence de coordination entre la surveillance aérienne et l'action des patrouilleurs,
  • manque de transparence quand aux résultats des patrouilles.

Mais en revanche, Alexandre Besson souligne que :

  • "le processus de coopération dans le partage de l’information d’intérêt maritime s’est avéré à plusieurs reprises efficace pour ce qui est de la récupération de navires piratés. Il sera intéressant de surveiller les développements futurs de l’IFC qui n’en est qu’à ses débuts. Si l’idée est de pouvoir fusionner l’information disponible, le partage de renseignements d’intérêt maritime, sensible par nature comme toute coopération en matière d’intelligence, ne peut se faire au sein de cette communauté que sous le principe des échanges bilatéraux. Ce principe vient donc de fait limiter l’ambition partagée et affichée, sans même évoquer les éventuels problèmes liés au manque de standardisation des agences impliquées ou ceux, plus techniques, liés à la fusion de bases de données nationales. On peut également regretter l’absence d’acteurs régionaux de premier ordre comme la Malaisie ou l’Indonésie (également non-signataires de ReCAAP). Si ces dernières ont sans doute souhaiter d’abord observer où menait l’initiative de leurs voisins singapouriens, il semblerait qu’elles envisagent de rejoindre le centre prochainement".
  • D'autre part, l'auteur rapporte que l'enquête de terrain du Dr. Eric Frecon a mis en évidence que c'est la publicité des mesures prises par les riverains du détroit, par voie de presse (journaux, radio, télévision) qui eu un effet dissuasif sur les candidats à la piraterie.
  • Les effets du Tsunami de 2004 ne sont pas à négliger en ce qui concerne la mort de pirates ou de la destruction d'embarcations servant à ces attaques.
  • La disparition de "coordinateurs crédibles" (soit par arrestation, par nécessité de disparaître de la circulation pour se protéger) aptes à monter des ataques aurait fait défaut aux pirates restants et incapables de monter par eux-mêmes des attaques sans ces cadres de valeur.

La situation semble suffisamment pacifiée dans le détroit pour permettre, tout du moins, la libre circulation du commerce maritime mondial. Néanmoins, la piraterie, à défaut de disparaître, semblerait ressurgir en d'autres lieux pas si éloignés que cela du détroit : "Ainsi, les développements récents en Mer de Chine du sud avec la multiplication d’actes de piraterie et de brigandage maritime au large des îles Natuna, Anambas et Mangkai mais aussi au large de la côte est de la péninsule malaisienne (Pulau Tioman) ont donné lieu à des alertes émises par l’IMB, ReCAAP et l’IFC.31. Avec 13 attaques recensées en 2009, c’est-à-dire plus que lors des cinq années précédentes réunies, et 15 pour le seul premier semestre 2010, la situation en Mer de Chine du sud suscite l’inquiétude des spécialistes". A ces constatations alarmistes, il faut ajouter que la piraterie se développe désormais dans le détroit du Mékong...

Par rapport à la situation de l'Empire romain, il y a deux choses qui tranchement franchement : s'il y un a développement de la volonté des Etats sur mer pour faire respecter leur souveraineté, cela semble tout de même assez timide. Aussi, il faut remarquer que la piraterie est plus jugulée qu'elle n'est rééllement traitée : le problème est à terre et rien ne semble avoir été fait pour été fait pour traiter les foyers de ce phénomène. Pire, cela révèle qu'il y aussi un problème de souveraineté à terre. Si des solutions policières ont été mises en œuvre, il reste encore à trouver une solution politique de long terme. Le déplacement de la piraterie et son irruption dans d'autres zones montrent combien le phénomène est économique à la base.

 

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En Somalie, la situation de la piraterie est tout autre. Aux environs de l'année 1992, le pays s'effondre. Le drame alimentaire est tel que l'ONU doit monter une opération. Mais le pays, alors en pleine guerre civile, voit les différentes factions armées qui se disputent le pouvoir très mal recevoir cette aide internationale. Les Etats-Unis montent l'opération Restore Hope qui se termina par le fiasco de la bataille de Mogadiscio. L'ONU occupa néanmoins une partie du terrain jusqu'en 1995, ce qui n'empêcha pas la désagrégation du pays. Deux régions sont en situation d'indépendance auto-proclamée : le Somaliland (1997) et le Puntland (1998).

 

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La piraterie3 aurait commencé à poindre avant même le complet éclatement du pays. Ce qui peut être dit, c'est que :

  • si naissance de la piraterie il y a eu,
  • alors la disparition de l'autorité étatique en mer n'a pu que favoriser son émergence,
  • l'endroit est propice puisque les cibles sont nombreuses : les côtes somaliennes sont à la croiser des plus importantes routes maritimes mondiales,
  • et des flottes étrangères se seraient livrées à un pillage en règle des ressources locales, notamment halieutiques, ce qui aurait privé les habitants du littoral de ressources impérieuses dans un pays en situation de famine dans certaines de ses régions.

Par rapport au détroit de Malacca, l'éclosion du phénomène de la piraterie a été favorisée par l'absence d'une marine étatique somalienne qui a disparu dans les limbes de la guerre civile. Comme dans la situation de l'Asie du Sud-Est, il semblerait que le phénomène de la piraterie en Somalie soit resté, depuis 1991 jusqu'à 2006, assez marginal pour ne pas menacer le commerce maritime mondial. Non pas qu'il n'y avait pas d'actes de piraterie pouvant être classés comme "graves", mais ils étaient suffisamment aléatoires et espacés dans le temps pour ne pas inquiéter. L'Organisation Maritime International (OMI) fait partie des organisation qui tire la sonnette d'alarme depuis 2005. Ce constat invite à relativiser la croyance qui veut que la pauvreté de populations littorales entraîne l'apparition de foyer de piraterie : si c'était vrai, alors bien des littoraux seraient très dangereux pour la navigation, d'autre part, l'exemple somalien montre une très lente montée en puissance.

 

C'est la mainmise des tribunaux islamiques depuis juin 2006 sur la Somalie qui offre un répit au commerce maritime international. La piraterie est arrêtée net dans son élan puisqu'il y avait 67 faits de piraterie en 2005 quand il n'y en a plus que 23 en 2006. Une solution a été apportée à terre puisque la piraterie est condamnée, avec toute la souplesse que l'on peut prêter à une telle organisation politique, ce qui dissuade, manifestement et de facto, nombre de pirates de reprendre la mer.

 

Néanmoins, c'est un autre bouleversement de la situation politique intérieure de la Somalie qui relance la piraterie : la parenthèse offerte par l'Union des tribunaux islamiques est très vite refermée quand l'Ethiopie opère une courte invasion dans le nord de la Somalie en décembre 2006. Les mauvaises habitudes sont vites reprises et les faits de piraterie grimpe à 32 actes répertoriés dès l'année 2007.

2008 est l'année qui marque un tournant majeur dans la lutte contre la piraterie. D'une part, il y a une ascencion dans la violence des faits puisque si le nombre d'incidents explose, cela va de pair avec l'aggravation des faits en eux-mêmes : nombre de bâteaux sont détournés et leurs équipages retenus en otage. Au 17 novembre 2008, 17 navires sont aux mains des pirates avec 250 membres d'équipage !

 

Comme dans le détroit de Malacca, la réaction à ces méfaits en mer ne viendra pas d'un pays de la région, mais bien des puissances étrangères à la région qui liées par un intérêt commun : la libre circulation sur les mers. S'il n'y a pas d'obstacle véritable à une opération étrangère, il n'y a pas non plus de partenaires sur qui se reposer, tout du moins, dans un premier temps. Le premier niveau d'action sera une mesure unilatérale : ainsi, le gouvernement fédéral de transition de la Somalie autorise les navires militaires étrangers à venir intervenir dans ses eaux territoriales au cas par cas. Aucun droit de poursuite n'est accordé, même au cas par cas. Mais il aurait été surprenant de trouver de suite des candidats à l'intervention sur le sol somalien, même en passant par des opérations commandos, depuis les résultats de Restore Hope. La décision du gouvernement somalien est portée au niveau de la communauté internationale par la résolution 1816 qui transcrit ce mandat dans le droit international.

 

Plusieurs prises d'otages pressèrent les Etats d'agir, notamment les plus médiatiques d'entre-elles. Par exemple, le fait que les navires français, comme le Ponant, soit pris en otage ne doit pas être étrangé à un activisme français pour répondre au défi lancé par les pirates Somaliens. Par ailleurs, cette opération française fera date puisqu'elle donne lieu à une poursuite des preneurs d'otages à terre : depuis, la France n'aura de cesse de promouvoir les raids terriens pour désorganiser les foyers de la piraterie.

 

S'il ne faut pas compter sur les Etats riverains, ou sur l'Etat concerné, pour monter une véritable opération contre la piraterie, alors ce seront les puissances extérieures qui le feront. Il est temps d'agir car, comme cela est illustré sur la carte précédente, les pirates opèrents d'ores et déjà à plus de 400 miles nautiques depuis leurs côtes... Cette prouesse -et il s'agit bien d'un exploit logistique- a été permise par un développement des capacités logistiques des pirates : leurs frêles skiffs, s'ils sont inaptes à la navigation hauturière de longue durée, ils sont par contre parfaitement apte à opérer depuis des bâteaux-mères. Ce sont souvent de gros navires de pêches qui permettent d'embarquer quelquels skiffs et de les lâcher sur leurs proies. L'endurance des pirates augmente, tout comme leur succès.



Dans un premier temps, c'est la task force CFT-150 qui se charge en partie de lutter contre la piraterie. Cette formation navale avait pour but initial de traquer les liaisons maritimes entre la Corne de l'Afrique et le Yemen et qui pouvait servir à des groupes djihadistes. La qualité première de cette force est d'exister et d'être du ressort de l'OTAN, ce qui permet d'impliquer aussi bien les Américains que les européens qui ont intérêt à agir et qui en ont les moyens. Cependant, les limites de la CFT-150 sont rapidement atteint puisqu'elle n'est pas conçue pour agir dans la durée contre la piraterie : pas de mandat clair outre les autorisations du gouvernement somalie transposées dans la résolution 1816 et pas de stratégie globale de lutte contre la piraterie : que faire des pirates capturés ? Où les juger ? Où les détenir ? L'opération doit durer à la mer à partir de quelles forces ? De quelles bases ? L'OTAN aura bien du mal à le reconnaître, mais cette opération a surtout le mérite d'exister et de pouvoir s'adapter à sa nouvelle mission grâce aux qualités intrinsèques des navires qui peuvent basculer d'une mission à l'autre en pleine mer. Mais cela ne remplace pas la construction d'une véritable opération de lutte contre la piraterie depuis la terre, comme l'avait fait Rome...

C'est l'Union européenne qui apportera une réponse bien plus construite à la problématique posée par la piraterie en Somalie. Le Conseil de l'Union adopte, le 10 novembre 2008, une action commune portant création d'une opération militaire pour lutter contre la piraterie. L'opération, dénommée Atalante, est conçu dans le cadre des résolutions 1814, 1816, 1838, 1846 et 1851 de l'ONU. Cette opération prévoit le déploiement d'une force navale au large des côtes somaliennes pour une durée de 12 mois. Les objectifs premiers sont :

  •  à la protection des navires du PAM qui acheminent de l'aide alimentaire aux populations déplacées de Somalie,
  •  la protection du trafic maritime au large de la Somalie par la répression des actes de piraterie.

Si c'est la première opération navale de l'Union européenne dans le cadre de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD), il ne faut pas oublier que l'UEO avait, du temps de son existence, menée plusieurs opérations navales réussies, de la guerre Iran-Irak (ou première guerre du golfe) aux guerres de l'ex-Yougoslavie.

 

La force navale s'organise alors autour de trois composantes majeures :

  • le contrôle politique est exercé par le Conseil européen par le biais du Comité politique et de sécurité (COPS) qui exerce également la direction stratégique.
    Le Comité Militaire de l'UE (CMUE) assure le suivi de la bonne exécution de l'opération conduite sous la responsabilité du commandant de l'opération.
  • Le Rear-Admiral Duncan L. Potts a été désigné premier commandant de l’opération. L’état-major opératif est basé à Northwood au Royaume-Uni. Le commandant de l'opération assure la planification et la conduite de l’opération en liaison avec les autorités militaires (Etat-major de l’UE) et politiques de l’UE.
  • Le contre-amiral (espagnol) Jorge Manso commande la force navale européenne depuis l’état-major de la force (FHQ) sur le théâtre. Ce dernier est embarqué à bord d’un bâtiment, il a été réduit au strict minimum, soit environ une vingtaine de militaires dont un Français.

L'organisation de l'opération perdurera par la suite.

 

Le dispositif naval s'articule autour d'une demi-douzaine de frégates et d'un navire-amiral, qui est bien souvent une unité amphibie et logistique. Mais, et surtout, l'escadre coalisée est appuyée par plusieurs avions de patrouille maritime qui, stationnait à Djibouti, permette un éclairage quasi constant des frégates. C'est bien indispensable pour surveiller une telle zone. Mais c'est une liaison aéronavale qui n'avait pas été observée dans les opérations de lutte contre la piraterie dans le détroit de Malacca.

La maîtrise de l'information et sa diffusion pour lutter contre les pirates n'est pas non plus négligée puisque l'opération Atalante est dotée d'une cellule qui centralise l'information maritime dans cette région. Cellule de coordination européenne de lutte contre la piraterie maritime (EU NAVCO), sa création avait été décidée par le conseil européen des affaires étrangères et relations extérieures. La structure est mise en place au 15 septembre 2008. Elle coordonne autant les moyens des Etats membres mis en place dans le cadre de missions nationales que l'information à diffuser au près des armateurs. A partir du lancement de l'opération Atalante, EUNAVCO cesse toute activité au profit d'EUNAVFOR. C'est le centre de sécurité maritime de ce dernier qui assure la liaison entre forces navales et armateur. Cette plateforme de communication est un moyen indispensable pour coordonner l'information dans la zone, comme cela avait été fait en Asie du Sud-Est.

Enfin, c'est dans l'optique de l'opération Atalante que des accords judiciaires sont passés entre ses pays membres et des pays riverains des eaux somaliennes pour prendre en charge les éventuels pirates capturés. C'est une action essentielle qui a le grand mérite d'extraire une partie, même faible, des pirates du circuit. Mais c'est à se demander si les marines ne sont bien préparées à cette action judiciaire par l'emploi de moyens d'investigation permettant d'apporter des éléments de preuves. Au vu des quelques procès qui ont eu lieu, il faut malheureusement répondre que non. Aussi, il ne semblerait pas que les "cadres" des pirates soient visés en priorité par ces actions judiciaires. Pourtant, c'est bien le fait de viser ces véritables démultiplicateurs de forces qui avait été un des facteurs permettant de réduire la piraterie en Asie.

L'opération Atalante est prolongée d'une année à partir du 13 décembre 2009. Le 23 mars 2012, le conseil des ministres de l'Union européenne prolonge l'opération de deux années supplémentaires : jusqu'en décembre 2014.

 

C'est la protection des flottes de pêche européenne qui motive une autre évolution du conflit. En 2009, l'extension de la zone d'action des pirates est spectaculaire : ils agissent désormais à 1000 miles nautiques de leurs côtes pour les plus aventureux, soit du nord de Madagascar jusqu'au Golfe d'Aden. Les pirates finissent par envahir les zones de pêches. Les armateurs doivent faire face à cette menace nouvelle qui révèle les limites de l'opération Atalante, et de facto, celles de la CFT 150 qui continue ses opérations, centrée sur la protection des navires du PAM et sur la protection du détroit de Bab El-Mandeb. Les deux opérations, otanienne et européenne, ne parviennent par à obtenir la concentration en mer pour réduire les attaques. La formation de convois est une mesure parfois utilisée, mais n'est pas encore à l'ordre du jour. Pour palier à cette carence des marines dans la protection du trafic et des activités de pêche, les armateurs de navires de pêche français se tourne vers le recours à des équipes de protection embarquées. Les hommes sont fournis par les fusiliers-marins et l'Etat facture ce service aux armateurs qui le désirent. Cette mesure qui est dans un premier temps française, finit par se généraliser à bon nombre de marines. Certaines ne pourront pas s'offrir les moyens de recourir à de telles équipes étatiques et ouvriront donc la porte au secteur privé. D'autres feront de même, non pas par obligation, mais bien par choix.

 

Cette phase est celle qui donne véritablement le coup d'envoi aux palliatifs du secteur privé pour parer aux insuffisances des marines de guerre pour juguler la piraterie. D'une part, il y a le recours à ces équipes de protection embarquée qui ouvre un grand marché pour le privé. De l'autre côté, il y a les propositions d'adaptation de systèmes d'auto-défense non-léthaux sur les navires de commerce puisque le droit international interdit strictement qu'ils soient armés.
Entre parenthèse, l'une des mesures qui demeure assez efficace contre la piraterie de la part de la marine marchande demeure la manoeuvre : c'est-à-dire la capacité d'un capitaine ou d'un commandant à manoeuvrer son navire pour rendre difficile toute évolution hostile ayant pour but l'abordage. Bien des navires doivent leur salut à ces évolutions.

 

La situation ne s'améliore pas pendant l'année 2010. Au contraire, les records sont battus à la fin de cette année : au moins 28 navires sont, encore, aux mains des pirates avec un demi-milier de marins à bord. Si l'opération Atalante produit ses effets, ils sont masqués par les actes de plus en plus enhardis de la part des pirates. Ils prennent tellement confiance qu'ils se permettent même de confondre à plusieurs reprises des navires militaires avec des navires civils !

 

L'année 2011 n'est pas porteuse d'amélioration. Au contraire, les chiffres sont toujours aussi mauvais. Le rayon d'action des pirates a même ponctuellement augmenté. Si le nombre d'attaque ne diminue pas, le nombre de navire détourné décroit : d'une cinquantaine en 2010, ils ne sont plus qu'une trentaine en 2011.

 

Du côté de l'action judiciaire, les chiffres sont spectaculaires : d'avril 2008 à octobre 2010, plus de 1200 personnes ont été arrêtées, dont 500 qui sont passées en justice pour 250 qui ont été condamnées. Une cinquantaine de pirates ont été tués en mer. Il semblerait que les effets de l'action judiciare ne soit pas aussi efficaces qu'en Asie.

Il convient aussi de relever que les marines exogènes qui avaient apporté leur soutien à lutte contre le phénomène de la piraterie en Asie du Sud-Est sont aussi présentes dans la Corne de l'Afrique : outre les Etats-Unis qui soutiennent la CFT 150, la Chine, l'Inde, la Russie et le Japon se font remarquer. Le problème devient préoccupant pour l'Inde dans la mesure où la piraterie se rapproche dangereusement de ses côtes. Ces pays, outre Washington, auront tendance à agir dans le cadre de missions nationales, même s'il semble impératif pour eux de montrer qu'ils participent à la sécurisation du commerce maritime mondial.

 

2011 consacre aussi que sur le plan défensif, tout ce qui a pu être fait a été fait dans la protection passive intrinsèque des navires eux-mêmes, par l'embarquement d'EPE ou par la diffusion de l'information, des itinéraires sûrs. Mais tout a plus ou moins été fait en matière de protection active. Les politiqes et les officiers généraux ont beau retourner le problème dans tout les sens, la situation est à terre. Face aux coûts suscités par les opérations de lutte contre la piraterie (estimés à plusieurs miliards de dollars) et au fait qu'il y ait une montée des connexions entre la piraterie somalienne et d'autres puissances politiques non-étatiques sur le continent, la solution de l'action à terre est remise au goût du jour. Les français, les espagnols et les russes poussent en ce sens.

En attendant, la presse se fait de plus en plus l'écho d'actions coup de poing qui intervienne sur les côtes somaliennes : soit du fait de forces spéciales, soit du fait d'une artillerie navale, et soit du fait de moyens aériens. Si les Etats riverains acceptent la présence de drones américains, dont les Seychelles, c'est avec le doute qu'ils n'iront pas agir seulement au Yemen contre des bandes djihadistes.

 

La décision de prolongation de l'opération Atalante du 23 mars 2012 contenait un volet supplémentaire qui autorise les Etats membres à agir à terre. Cette avancée majeure est octroyée par le gouvernement somalien à l'Union européenne : "Le GFT a en effet accepté de déléguer à l'Union Européenne, et à sa force Atalante, la décision d'opportunité de l'action militaire sur son territoire. Un précédent important en droit international et en droit de la mer, qui s'inscrit dans une action globale de l'UE dans la Corne de l'Afrique. A côté de l'opération militaire, l'Union a, en effet, déployé un important programme de coopération avec la Somalie dans laquelle elle apporte son concours tant au niveau économique que politique. Fin février, l'Europe a proposé au GFT le principe d'une « coopération étendue », renforçant tous les volets de l'accord initial, y compris la zone d'action militaire. Début mars, le GFT donnait son accord et le notifiait également aux Nations Unies, validant par là-même le nouveau cadre juridique d'action". 

 

Depuis les coups de force européens se multiplient en Somalie. Il n'y aurait plus que 8 navires et 235 marins retenus en otages en Somalie, ce qui est une sévère décrue par rapport au pic de l'année 2011.

 

Cette avancée et ces réussites doivent certainement à la capacité de l'Union européenne de construire des opérations civilo-militaires qui durent dans le temps, et d'autre part à une situation intérieure favorable en Somalie où l'avenir s'annonce plus radieux. Si la piraterie n'est pas encore totalement maîtrisée, il y a de quoi sereinement espérée qu'elle sera réduite à sa plus simple expression, d'avant son niveau de 2008. Mais cela suppose, comme en Asie du Sud-Est, une solution politique durable qui permettent de sortirent des populations entière de la pauvreté. Si la misère n'est pas créatrice automatique de pirates, il ne faudrait pas espérer que des populations dans le besoin qui ne connaissent plus que la piraterie pour nourir leurs familles ne se retournent pas à nouveau vers ces solutions. Si les questions liées à la pêche sont un problème à résoudre pour trouver une solution politique durable, alors il faudra doter tout ce qui ressemble à un gouvernement en Somalie d'une force de garde-côtes. Cette action, nécessaire dans tout les cas, prendra encore quelques années.

 

Avant de crier victoire trop vite, et malheureusement, il faut constater que le golfe de Guinée, après de nombreuses alertes, devient un nouveau foyer de pirates. Un chimiquier a été récemment capturé puis relâché. La France est d'ores et déjà sur les rangs puisque c'est la raison d'être de la mission Corymbe que de participer à la résolution de crises locales ou de permettre aux Etats riverains de ce golfe de répondre aux défis maritimes par la fourniture de formations et d'équipements...

 

Ce qu'il faut retenir de ces trois foyers de piraterie, c'est que, comme dans l'Antiquité, le recours à une force navale militaire est le prérequis pour disputer la liberté d'action des pirates. Mais cela suppose une action complète, ou opération civilo-militaire dans le vocable actuel, pour permettre aussi bien d'employer la force que de jeter les bases d'une situation politique durable.

Mais il faut aussi remarquer que ces opérations concernent des menaces de basse intensité qui ont fini par menacer le commerce maritime mondial. Ces opérations ont été l'occasion d'apprécier que bien des Etats étaient attachés, via leurs marines, à la libre circulation sur les mers, dont le Japon, la Chine, l'Inde et l'Iran.

La lutte contre la piraterie a aussi démontrée que, à l'heure actuelle, aucune marine de la planète n'avait les moyens de lutter seule contre foyer de piraterie. Même l'US Navy ne se permet pas de le faire, elle en est incapable puisque son format est taillé pour détruire la flotte soviétique. Cela montre que, à l'heure actuelle, les missions premières des marines sont d'exister et de participer au contrôle des flux maritimes dans le cadre de coalitions. Cela suppose d'avoir suffisamment de navires pour être présent, pour chaque Etat, dans les points clefs de son espace géostratégique maritime, et de savoir utiliser politique sa flotte pour peser dans une coalition.

 

 

 


Notes de bas de page :

 

1 "Les pirates et l'Empire : comment les Occidentaux veulent faire la guerre sans tuer personne", Abou Djaffar, 4 mai 2009.

2 "Questions maritimes en Asie du Sud-Est - Déclin et résurgence de la piraterie", Alexandre Besson, janvier 2011, Paris, réalisé pour l'IRIS.

3 Le site Bruxelles 2 est à consulter pour tout ce qui touche à la piraterie dans les eaux somaliennes.

 

Pour aller plus loin :

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 07:25

Barack Obama Crédits photo Susan Walsh AP

 

16.10.2012, Amel Brahmi - LeParisien.fr

 

Les Etats-Unis, pays qui dépense le plus au monde en matière de Défense, doivent-ils encore augmenter leur budget ? La question devrait faire l’objet d’un vif échange mardi soir lors du deuxième débat présidentiel à Hempstead (New York). En particulier après l’attaque terroriste du 11 septembre en Libye, qui a coûté la vie à quatre fonctionnaires US dont un ambassadeur.

 

En 2011,  les Etats-Unis ont dépensé à eux seuls cinq fois plus que la Chine, 2è puissance militaire mondiale et plus que les 10 premières puissances militaires mondiales réunies ! Républicains et Démocrates ont des visions radicalement opposées sur la question. Obama, pour qui le premier débat avait un été un désastre (au lendemain il était devancé de 4 points par Mitt Romney dans les intentions de vote), peut s’attendre à des attaques virulentes de la part de son opposant Romney.

 

Une réduction de 1000 milliards pour les démocrates

 

Pour l'actuel président, il est temps que les Etats-Unis réduisent leur budget. Les démocrates ont longtemps accusé les républicains, et surtout l’administration Bush, d’avoir « financé deux guerres avec la carte de crédit des Américains ». Obama table sur l’instauration d’une paix durable en Afghanistan avec un retrait des troupes en 2014 et sur une pacification des relations internationales sur la région : il estime que les dépenses militaires ne sont plus justifiées.

 

Barack Obama a proposé environ 5,8 milliards de dollars de dépenses sur les dix prochaines années. Ce qui ramènerait le budget de la défense en 2022 à environ 11% des dépenses totales de l'Etat. Cette proposition prend en compte la réduction de 487 milliards de dollars décidé en 2011 pour les dépenses à la défense mais pas celle des 500 milliards, une réduction automatique également annoncée en 2011 et programmée pour l'année prochaine.

 

Le président a indiqué qu'il s'opposerait à tout projet de loi cherchant à supprimer ces réductions. Il ne les accepterait que si les dépenses étaient financées par une hausse du taux d'imposition des plus riches. Une idée qui fait grincer des dents les Républicains.

 

Une hausse de 2000 milliards pour les républicains

 

Mitt Romney et son colistier Paul Ryan ont martelé pendant la campagne la nécessité pour les Etats-Unis de rester la première puissance militaire au monde et de conserver son rôle de "pacificateur". Romney a indiqué dans son projet que l'une de ses priorités était d'empêcher toute réduction de budget.

 

Le candidat à la Maison Blanche préconise un budget de défense  équivalent à au moins 4% du PIB, et cela avant toute augmentation. Il a déclaré le mois dernier que son but était de « s’assurer que la force militaire américaine est tellement forte que personne n’oserait la tester. Et à mon sens cela passe par un niveau de dépense à 4% du PIB. » Cela reviendrait à des dépenses d’environ 8000 milliards de dollars sur les dix prochaines années, soit un peu plus de 2000 milliards de dollars de plus que les démocrates.

 

Mitt Romney qui perçoit l’Iran comme l’ennemi numéro 1 des Etats-Unis mais aussi d’Israël, souhaite que les Etats-Unis continuent de renforcer leur force de frappe. Difficile de défendre une telle position tout en niant l'intention d’attaquer.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 11:47

China Carrier (Liaoning)

 

October 16th, 2012 defencetalk.com (AFP)

 

Military spending by Asia’s major powers increased dramatically over the past decade with China leading the way, as its defense budget quadrupled since 2000, according to a study released Monday.

 

Defense spending in China and four other Asian countries doubled over 10 years and will surpass Europe’s military expenditures this year, said the Center for Strategic and International Studies, a Washington-based think tank.

 

Asia’s arms race still leaves it trailing US defense spending, but it will ensure the United States likely will stick to its plan to shift the country’s strategic focus towards the Asia-Pacific region, it said.

 

Defense spending in China, India, South Korea and Taiwan reached a total of $224 billion in 2011, which “equates to almost twice the amount spent by these five countries in 2000,” said the CSIS study.

 

“With Asian defense spending projected to overtake that of Europe by the end of 2012, the United States’ posture rebalancing toward the Asia-Pacific region is likely to continue,” it said.

 

In 2005, China’s military budget outstripped Japan’s as the largest in Asia and recorded a 13.4 percent annual rise that year.

 

Among all countries, China now ranks second behind the United States in total military spending, though the Pentagon budget still dwarfs Beijing’s defense spending at more than $600 billion (463 million euros) year.

 

Experts say China’s emergence as a global economic giant has driven the spike in military spending, as Beijing seeks to assert its influence beyond its borders to safeguard its access to sea lanes and resources.

 

In 2011, Beijing spent $25.8 billion on new weapons and related research and development, up from $7.3 billion in 2000, the report said.

 

China’s total defense budget grew from $22.5 billion to $89.9 billion between 2000 and 2011, said the report, citing official figures from the Beijing government.

 

But the study acknowledged that independent estimates put Chinese spending at a much higher level, with the Stockholm International Peace Research Institute estimating Beijing’s 2011 defense budget at $142.2 billion.

 

India’s defense spending grew 47.6 percent over the decade, reaching $37 billion in 2011. Japan’s military budget rose from $40 to $58.2 billion.

 

South Korea’s defense investments swelled from $17 to $29 billion, while Taiwan’s defense budget expanded at a slower pace, from $8 billion in 2000 to $10 billion in 2011.

 

Apart from Japan, which spent $238,000 per soldier in 2011, the four other countries devoted $28,000 to $44,000 to training, paying and equipping each of its soldiers, the study said.

 

“This discrepancy was predominantly caused by the small size of the Japanese forces, approximately 244,300 troops in 2011, relative to the other countries,” it said.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 07:40

milipol12

 

October 14 – 2012 ameinfo.com

 

Milipol Qatar, the region's most influential trade exhibition dedicated to internal State security -wrapped up three days of showcasing the state-of-the-art in security products and services from hundreds of international exhibitors.

 

The Doha Exhibition Centre was the venue for the ninth edition of the biannual event which ran from October 8 to 10, organised jointly by Qatar's Ministry of Interior and the France-based security event experts Milipol. The exhibition was inaugurated by H.E. Minister of State for Interior Affairs of Qatar, Sheikh Abdullah Bin Nasser Bin Khalifa Al Thani.

 

5,820 visitors (up 5.5% on the 2010 figure) from 66 countries attended Milipol Qatar 2012 and witnessed firsthand the 'cutting edge' of today's internal security industry as presented by an eclectic roster of 'blue chip' multi-national and innovative SMEs that are shaping internal security policy in the Gulf and beyond.

 

244 exhibiting companies (up 10% on the 2010 figure) from 37 countries were joined by a record number of delegates and media representatives. The former were making the deals which made Milipol Qatar 2012 the most successful edition of the event to date, while the latter were spreading the news worldwide about what makes this event the most influential of its kind in the Middle East. Media representation at Milipol Qatar 2012 came from all over the Gulf, the Levant countries, and from Europe.

 

On the first day of the exhibition the sizeable French delegation honoured His Excellency Sheikh Abdullah Bin Nasser Bin Khalifa Al-Thani, The Minister of State for Internal Affairs, as he received the 'Medal of the French National Gendarmerie' from the Director General of the Gendarmerie, Major General Jacques Mignaux. Sheikh Abdullah is the first senior official in the GCC to receive such a medal, as recognition for his achievements in conjunction with the French Gendarmerie.

 

The exhibitors utilised a total 5,403 square metres of floor space at the Doha Exhibition Centre - an increase of 19% on the area used for the 2010 edition. As anticipated, business was brisk throughout the event.

 

The first day witnessed Qatar's Itqan Holding sign lucrative deals with Bertin Technologies and CEIS (both of France).

 

On day two, Itqan Holding was in action again, tying up a deal with the French firm Safran Morpho, which specialises in security and identity checking equipment. Meanwhile, Qatar's Ministry of Interior also inked agreements with ten companies (among them Cassidian, the pan-GCC IT specialists Gulf Business Machines, Safran Morpho, and Itqan Holding).

 

On the final day, Qatar's Internal Security Force signed a multi-million euros contract with Renault Trucks for the supply of heavy vehicles vital to the security of the State of Qatar and the Qatar Ministry of Interior signed a QR122m deal with Nuctech from China. Indeed, the Ministry of Interior alone signed deals worth QR262m over the course of the exhibition.

 

The curtain finally came down on Milipol Qatar 2012 with a closing ceremony at 7pm but business is still going on behind the scenes: many other deals are still being negotiated to be signed later.

 

Milipol's Director of Security Events, Michael Weatherseed, said of the event: "We were confident that Milipol Qatar 2012 would be the biggest and most popular edition of this influential security event to date and that proved to be the case. The event has been a superb success with new products launched, and 'world firsts' displayed in cyber security, border security, crowd control, sensitive site protection, law enforcement and so on. Milipol continues to provide the perfect showcase for companies to exhibit the 'state-of-the-art' in terms of internal security products and services, and this has led directly to the amount of business we saw done over the course of the event; the deals mentioned above are merely a fraction of the total business concluded and being prepared."

 

"Internal and state security is a burgeoning market and Milipol is helping companies tap into the opportunities created. The international nature of the internal security market means that in order for customers' needs and expectations to be achieved, Milipol Qatar needed to become more international, and we've seen this in 2012 with the massive number of different countries exhibiting here, and the number of different nationalities of our visitors," Michael added.

 

"Security problems will always need new solutions and that is why you'll find Milipol Qatar right on the cutting edge of internal security technology. So while we say 'farewell' to Milipol Qatar 2012 and its exhibitors, delegates, honoured guests and visitors, we are already looking ahead to doing it all again in 2014 - and bigger and better once more!"

 

GCC-based representation at Milipol Qatar 2012 was very strong indeed overall, with big numbers of regional companies descending on Doha. From KSA, the Saudi Chemical Company; from Bahrain, Impact Canine Solutions and Janada, and from the UAE, Elements Business Media FZ, Tawazun Holding, Adasi, Burkan, Remaya, Caracal International, Tawazun Advance Defence Systems, Caracal Light Ammunition, Nimr Automotive, Motorola Solutions, Morse Middle East, Stratign FZco, Al Hamra Trading, Advanced Middle East Systems, Safa Telecom, and Al Majdal Trading.

 

Jordanian representation came from the KADDB Investment Group; from Kuwait, the Al Hadaf Company, and from Oman, the Oman Textile Mills Company.

 

The local presence was augmented by exhibitors from Europe, America, and Asia through a representation of big names in the field such as Cassidian, Thales, Motorola, NEC, Rheinmetall AG, Alsetex (SAE), Finnmeccanica, IBM as well as a large number of innovative SMEs.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 07:30

asia-pacific source harvard.edu

 

October 15, 2012 China Military News

 

2012-10-15 — On the afternoon of Oct. 4, 2012, seven Chinese naval warships passed through the international waters between Okinawa and Miyako and headed for the Pacific for an ocean-going exercise, which caused vigilance of Japanese side. Hong Kong media outlets speculated that the activity of Chinese submarines on the First Island Chain and even Pacific Ocean is about to open to the public. In this regard, Rear Admiral Yin Zhuo, director with the Chinese Navy Advisory Committee for Informatization, said in an interview with the People’s Daily online that it is very common that Chinese submarines departed from the First Island Chain to carry out exercises and the ocean-going exercise was determined by the depth of water. Meanwhile, Yin warned Japanese side to treat the routine training of Chinese navy rationally.

 

Depth of water determined the training of Chinese navy in ocean-going regions

 

According to news released by Japanese Defense Ministry, seven Chinese warships passed through the water channel between Okinawa and Miyako on Oct. 4, which include guided missile destroyers, frigates, submarine rescue ships and depot ships. The foreign media paid close attention to the participation of submarine rescue ships in the training, speculating that there might be submarines in Chinese naval warships. “The Sun,” a Hong Kong-based newspaper, also said on Oct. 8 that the public debut of Chinese submarine rescue ships might imply Chinese submarines’ coming out into the open on the First Island Chain and even Pacific Ocean.

 

To these speculations, Yin said that the water in the continental shelf of the East China Sea is shallow, which is about 100 meters deep in average, and it is unable to meet the training needs of nuclear submarines and large conventional submarines, therefore the Chinese submarines must head for the First Island Chain for exercises in recent years.

 

The best anti-submarine training place is the sea area in the east of the First Island Chain and behind the Miyako Strait, in which the depth of water reaches 2 to 3 kilometers. It is common that the navy of a country goes to such waters to carry out combat drills and anti-submarine drills on water surface. Yin stressed, “I think any country having naval forces will understand it.”

 

Japan should treat regular blue water training of China rationally

 

For a long time, Japan has been tracking and monitoring China’s military exercises on the Pacific Ocean and more than once dispatched surface ships to close to Chinese naval vessels during regular blue water trainings, which seriously interfered with China’s normal exercises.

 

Japan’s P-3C anti-submarine patrol aircraft almost scouts about Chinese naval vessels’ sailing on the open seas for one to two times every day. In addition, Japan also monitors and supervises the guided missile tests and target practices of guided missiles, recording the emission frequency of guided missiles and other data. All of these acts show unfriendly attitude. Therefore, Chinese side hopes that Japan can take into consideration the overall situation of China-Japan relations and treat China’s blue water trainings rationally and friendly.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 07:25

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/09/Admiral_Samuel_J._Locklear_III_2012.jpg/480px-Admiral_Samuel_J._Locklear_III_2012.jpg

 

16 October 2012 By Donna Miles / American Forces Press Service – Pacific Sentinel

 

WASHINGTON, Oct. 15, 2012 – In his first visit to India as commander of U.S. Pacific Command, Navy Adm. Samuel J. Locklear III encouraged a closer defense relationship between the United States and India in which they address shared interests to promote long-term regional security and stability.

 

Locklear emphasized the U.S. interest in taking its relationship with India to the next level during meetings with Defense Minister A.K. Antony, Chief of Integrated Defense Staff Vice Adm. SPS Cheema and other officials in New Delhi.

 

“Building a strong military relationship with India builds understanding and deepens established ties that will contribute to the larger Asia-Pacific region,” Locklear said during an Oct. 12 roundtable discussion at the Observer Research Foundation think tank following the sessions.

 

Locklear, who made a priority of developing the U.S.-India strategic partnership when he took the helm at Pacom in March, noted the two countries’ common values and their mutual interest in a secure environment that promotes stability and allows economies to grow.

 

He emphasized the impact of globalization, which has increased the importance of sea lanes as a conduit of global commerce and the free flow of information in cyberspace.

 

“The economic system is so interlocked that a disruption of the flow of … goods that disrupts the economy, in and of itself, is a security threat,” the admiral told a Hindustan Times reporter.

 

But globalization also has given rise to terrorist structures and groups conducting illicit activities no longer limited by national borders, he noted. That demands closer cooperation among regional nations so they can work together to support their shared concerns, Locklear said.

 

“We’re seeing an environment that demands more multilateralism,” he said. “A regional environment utilizing strengthened partnerships and alliances will uphold long-term diplomacy, security and prosperity.”

 

Locklear noted a “quite productive” effort to increase compatibility between the U.S. and Indian militaries, particularly in the maritime domain. But he encouraged closer future cooperation in two additional areas: counterterrorism and disaster response.

 

“I believe that where we have the most to gain in interaction is counterterrorism,” he said. “We both have similar concerns, not just about counterterrorism in the immediate area of any one country. It’s the spread of that terrorism, and its ability to upset the security environment in a way not productive for the future.”

 

Locklear also recognized the value of regional collaboration to provide better responses to natural disasters and reduce suffering. “Militaries have a role in being able to respond early and jump start [that response],” he said. “I believe the United States and India share a very similar perspective on the importance of that.”

 

To improve their ability to work cooperatively, the admiral acknowledged the need to increase technology-sharing. Defense Secretary Leon E. Panetta made that point when he visited India in June, and Deputy Defense Secretary Ashton B. Carter re-emphasized it during his follow-up visit to New Delhi in July.

 

“When it relates to our defense trade initiatives, there needs to be some streamlining, with more efficiency in it,” Locklear agreed. “Certainly the timelines and bureaucracies on both sides need to be streamlined.”

 

He applauded efforts both countries are making in that direction, recognizing that increasing compatibility benefits the entire region.

 

“We … need the Indian military to have the very best equipment it can,” Locklear said. “It is in the best interest of Pacom, and I believe of the security of the Asia-Pacific region, for the United States and our partners and allies in this region to be able for us to come together in a military way and be able to operate together effectively when necessary.”

 

Asked about China’s role, Locklear emphasized the importance of engaging positively with China as it emerges as a regional and global power and leader.

 

“If you step back and look at the strategic rise of China, it shouldn’t be unexpected that as China rises in both economic and military power, they will start to have a greater influence on their neighbors and the region in which they live, and eventually, on the global environment,” he said.

 

“The question is, ‘How do we as a global community … attempt to allow China to … become a productive member of the security environment?’” Locklear said. “India and the U.S. share that as a common concern, and it should be a common objective.”

 

The alternative, he said, is not good for anyone. Historically, turmoil has occurred when emerging powers like China entered into mature security environments that included a superpower like the United States. “In the past, we haven’t had a lot of success with that happening without conflict,” Locklear said.

 

“But today, the stakes are different. The world population is much more interlocked than in the past,” he said. “We must see a future where China emerges productively and is contributing to a secure, peaceful environment and is not on the outside, looking in, or vice versa.”

 

(Army Staff Sgt. Carl N. Hudson of U.S. Pacific Command contributed to this article.)

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 07:50
SMX-26 : Le nouveau concept de sous-marin de poche de DCNS

15.10.2012 par Mer et Marine

 

Un bâtiment de 40 mètres de long et 16 mètres de large, spécialement conçu pour s’approcher au plus près des côtes… Un navire pouvant évoluer dans des fonds d’une quinzaine de mètres seulement, avec des roues déployables pour se poser et demeurer une longue période, à l’affût de sa proie ou en mission de renseignement… C’est le nouveau concept de sous-marin conçu par DCNS. Baptisé SMX-26, il sera dévoilé au salon Euronaval, qui ouvrira ses porte le 22 octobre au parc des expositions du Bourget. Cet étonnant sous-marin, baptisé le « Caïman » par les ingénieurs français, fait partie des nombreuses nouveautés à découvrir dans notre second magazine spécial Forces Naval, qui paraitra le 22 octobre et que vous pouvez commander dès à présent sur Mer et Marine.

 

- Cliquez ici pour en savoir plus sur notre nouveau magazine et le commander en ligne

 

Le SMX-26 (© : DCNS)

Le SMX-26 (© : DCNS)

Le SMX-26 (© : DCNS)

Le SMX-26 (© : DCNS)

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 16:55
Adieux aux armes du général Abrial : « Quarante ans sous l’uniforme»

 

18/10/2012 Lieutenant Charline Redin - Armée de l'air

 

Vendredi 12 octobre 2012, le général Stéphane Abrial a fait ses adieux aux armes dans la cour d'honneur de l'École militaire. À l’occasion de cet événement, il a accepté de revenir sur sa carrière et les temps forts de ses quarante années passées au sein de l’armée de l’air. Rencontre avec cet aviateur qui n’a jamais eu peur « de sortir des sentiers battus ».

 

C’est toujours avec cette même élégance qui le caractérise que le général Abrial se retire de la vie militaire. «Quarante ans sous l’uniforme, cela vous marque», lance-t-il avec humour et un brin d’émotion. C’est avec un peu de nostalgie que l’officier va ranger définitivement sa casquette blanche d’aviateur. «La prochaine fois que je remettrai mon uniforme, ça sera pour le mariage de ma fille maintenant ! plaisante-t-il. Même si je quitte l’institution, je continuerai à en suivre les évolutions.»

 

Aujourd’hui, l’officier a décidé de poser ses valises, à Paris, avec sa famille, «mon fils a commencé la faculté à l’université du Panthéon, tandis que ma fille poursuit ses études aux États-Unis. Je conserve ainsi un lien transatlantique. Je suis content d’avoir retrouvé la France après une riche carrière à l’international». Pour cette cérémonie d’adieux aux armes, le général Abrial a convié ses amis militaires et civils, «tous ceux avec qui j’ai partagé des moments forts, aussi bien heureux que difficiles».

 

Désormais, le général se sent comblé et reconnaissant envers l’armée de l’air «pour tout ce qu’elle m’a permis de faire et de vivre. Ma carrière militaire aura été rythmée par l’international, l’opérationnel et le politico-militaire». Pas facile de revenir en quelques minutes sur ces années aussi riches qu’atypiques. Le leitmotiv de l’officier pendant quarante ans : «Il ne faut pas avoir peur de sortir des sentiers battus !»

 

Lorsque le général Abrial regarde par-dessus son épaule, il ne peut oublier ses débuts en tant que pilote de chasse et son expérience en Allemagne en 1981, lorsqu’il devient commandant d’escadrille sur Phantom à l’escadron 742 «Zapata» de la 74eescadre de chasse «Mölders» de la Luftwaffe. De retour en France en 1984, il devient commandant en second de l’escadron de chasse 1/2 «Cigognes» basé à Dijon, puis commandant de l’escadron 2/2 «Côte-d’Or» jusqu’en 1988. Des souvenirs encore très forts dans la mémoire du général, «ce fut pour moi une expérience formidable que de vivre les débuts du Mirage 2000 à Dijon», se remémore-t-il avec un soupçon de nostalgie. Fort de cette expérience, le général Abrial deviendra par la suite chef du détachement de transformation sur Mirage 2000 du premier escadron de l’armée de l’air hellénique, à Tanagra en Grèce. Après avoir commandé la 5eescadre de chasse d’Orange et l'avoir emmenée en opérations pendant la Guerre du Golfe, il s’envole en 1991 de l’autre côté de l’Atlantique au Air War College à Montgomery, aux États-Unis. À son retour, il occupera la fonction d’adjoint au chef de cabinet du chef d’état-major de l’armée de l’air à Paris, puis adjoint au chef de cabinet du chef d’état-major des armées en 1995. Il s’envole ensuite, direction Bruxelles, afin d’assumer la fonction de chef de branche à l’état-major international de l’Otan. En 2000, il revient à Paris en qualité d’adjoint au chef de l’état-major particulier du président de la République puis, en 2002, de chef du cabinet militaire du Premier ministre. « Cette expérience à l’Élysée et à Matignon m'aura apporté une compréhension des relations politico-militaires qui m'a beaucoup aidé dans la suite de ma carrière », confie-t-il lors de l’entretien. Il poursuit, «en 2005, j’ai eu l’honneur d’assurer le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA). Je conserve de ce passage au CDAOA le souvenir précis de deux opérations menées dans le cadre de la Force de réaction rapide de l’Otan, l’une pour les sinistrés américains après le passage de l’ouragan Katrina et l’autre au profit des victimes du tremblement de terre au Pakistan».

 

En 2006, le général Abrial est nommé chef d’état-major de l’armée de l’air. Après «ces trois années extraordinaires où j’ai eu le privilège de commander les hommes et les femmes de l’armée de l’air», il est envoyé aux États-Unis et devient le premier non-Américain à être nommé à la tête de l’un des deux commandements suprêmes de l’Otan, l’ACT (Commandement Allié pour la Transformation) à Norfolk, en Virginie. «Prendre ce commandement interarmées et international complètement tourné vers l’avenir fut une véritable ouverture de domaine. Et après trois ans extrêmement denses, c’est avec fierté que j’ai passé le relais le mois dernier au général Paloméros». 

 

Avant de quitter la vie militaire, le général Abrial souhaite transmettre à la nouvelle génération d’aviateurs son enthousiasme en cette période de restructuration des armées: «Il ne faut jamais rêver d'un soi-disant âge d’or du passé. Toutes les époques considèrent que demain est plus difficile qu'hier. Mais ceux qui ont fait le bon choix de servir la France, sous l’uniforme de l’armée de l’air, doivent faire face. Il faut s’adapter, c’est tout, et bâtir son propre âge d'or». Et d’ajouter, «il ne faut pas avoir peur de sortir des schémas traditionnels, d'aller vers l'inconnu. Toutes les expériences sont enrichissantes et contribuent à l’intérêt d’une vie».

Adieux aux armes du général Abrial : « Quarante ans sous l’uniforme»Adieux aux armes du général Abrial : « Quarante ans sous l’uniforme»
Adieux aux armes du général Abrial : « Quarante ans sous l’uniforme»
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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 16:50
photo molot.biz

photo molot.biz

 

 

MOSCOU, 12 octobre - RIA Novosti

 

Dix-sept pays de l'OTAN se doteront du fusil russe Vepr-12 conçu par l'usine Molot sur une base de Kalachnikov, a annoncé vendredi à Moscou le holding russe de hautes technologies Rostekhnologii.

 

"Les fusils semi-automatiques à canon lisse Vepr-12 seront livrés aux forces armées et autres services coercitifs de dix-pays membres de l'Alliance", lit-on dans un communiqué du holding.

 

La société allemande Schmeisser GmbH, partenaire de l'usine Molot et chargée de promouvoir le Vepr-12 en Europe, mène des discussions avec les pays membres de l'OTAN depuis le début de 2012. Lors d'une présentation du fusil tenue en septembre dernier en Allemagne, des officiers de la Bundeswehr munis de fusils Vepr-12 se sont entraînés à prendre d'assaut un édifice fortifié. L'OTAN a décidé de se doter de Vepr-12 suite à cette présentation.

 

L'usine Molot de Viatskie Poliany (région russe de Kirov) a créé plusieurs versions du fusil Vepr-12 qui seront mis en dotation pour l'OTAN après les formalités nécessaires.

 

Conçu en 2003 sur une base du fusil d'assaut Kalachnikov, Vepr-12 ("vepr" signifiant "sanglier" en russe) est un fusil de calibre 12/76 très fiable. La Russie l'exporte déjà "vers de nombreux pays dont l'Allemagne, l'Italie et la France", selon le communiqué de Rostekhnologii.

 

L'usine Molot poursuit en outre les travaux de conception du fusil Vepr-15 en coopération avec la société allemande Waffen Schumacher.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 16:30

pentagon source defenseWeb

 

11 octobre 2012. par Jacques N. Godbout – 45enord.ca

 

Si les hommes et les femmes politiques des États-Unis ne parviennent toujours pas à s’entendre d’ici le 2 janvier 2013 sur une façon de réduire le déficit, le couperet tombera et s’enclenchera alors un processus de ponctions budgétaires automatiques qui affecteront tant le budget de la Défense que les programmes sociaux américains et ne manqueront pas d’avoir des répercussions au Canada, comme chez tous les alliés des États-Unis.

 

On se rappelle qu’en 2011, devant l’impossibilité pour les républicains et les démocrates de s’entendre sur la réduction du déficit, une loi sur le contrôle budgétaire avait créé un « Super-comité » pour traiter de la réforme fiscale.

 

Ce « Budget Control Act » tient aussi lieu de budget. Cette loi définit en effet des plafonds discrétionnaires pendant 10 ans, au lieu de la seule année normalement située dans une résolution sur le budget et elle fournit des mécanismes d’application, y compris les ponctions budgétaires tant redoutées.

 

À défaut d’une entente, s’enclenchera donc bientôt ce processus de qui réduira le financement du Pentagone de 54,7 milliards de dollars de coupes additionnellespour l’exercice 2013, avec pour conséquences la réduction de la disponibilité opérationnelle des unités non déployées, un retard dans les investissements dans de nouveaux équipements et l’affaiblissement des programmes de recherche.

 

Voici quelles pourraient être les ponctions les plus importantes en matière de défense selon l’« Office of management and budget » de la Maison Blanche.

 

    15,3 milliards de dollars US proviendraient de coupes dans les programmes d’achat du Pentagone

    7,48 milliards de dollars proviendraient des programmes de recherche et de développement.

    Un montant supplémentaire de 26,4 milliards proviendrait de l’ensemble des opérations du Pentagone et des comptes d’entretien qui financent les opérations quotidiennes de l’armée américaine, indique le rapport.

 

Selon ce rapport, un tableau les réductions affecteraient différentes parties du budget de la Défense américaine.

 

    2,24 milliards de dollars des comptes de la Marine pour l’achat des avions, notamment les fonds utilisés pour financer le début de la production des avions de chasse F-35 de Lockheed Martin Corp et les achats supplémentaires d’avions à rotors basculants V-22 construits par Boeing Co et la division Textron Inc de Bell Helicopter.

    2,14 milliards de dollars des comptes de la construction navale de la marine utilisés pour financer les travaux sur un nouveau porte-avions en cours de construction par Huntington Ingalls Industries, ainsi que les fonds pour les sous-marins nucléaires et les destroyers, également construits par Huntington Ingalls et General Dynamics Corp

     843 millions de dollars d’achat d’avions pour l’Armée, des coupes qui pourraient frapper quelques gros hélicoptères de 2 fournisseurs, Boeing et Sikorsky Aircraft, filiale de United Technologies Corp

    1,25 milliard de dollars provenant d’autres comptes d’approvisionnement de l’armée

    2,01 milliards de dollars de coupes sur les achats d’avions par la US Air Force, dont une grande partie devait être utilisée pour l’achat des F-35

    2,23 milliards de dollars de ponctions sur l’argent que l’Air force devait dépenser sur les programmes d’armement classés

 

Parmi les ponctions qui affecteraient les opérations, il y aurait, notamment:

 

    3,27 milliards de dollars proviendraient du programme de santé du Pentagone

    4.29 milliards de dollars de coupes proviendraient des opérations de la Marine et de ses comptes d’entretien

    6,87 milliards de dollars des comptes d’opérations de l’armée

    4,27 milliards de dollars des comptes d’opérations de la Force aérienne

 

et, finalement,

 

    1,33 milliard de dollars de fonds du Pentagone pour aider l’Afghanistan à développer ses propres forces de sécurité.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 14:20

poolind and sharing

 

Brussels - 12 October 2012 European Defence Agency

 

During the latest session of the European Parliament’s Defence and Security subcommittee on 9 October, MEPs showed strong support for the European Defence Agency and its Pooling & Sharing initiative. Introducing EDA’s Chief Executive Claude-France Arnould, Arnaud Danjean the subcommittee’s chairman says, ”Pooling & Sharing is at the top of our list of priorities when it comes to defence.”

 

In her presentation, Claude-France Arnould stressed that the EDA worked only on the capabilities the Member States set priorities in. Successful examples like the Agency’s air-to-air refuelling initiative, field hospital project or multinational helicopter training exercises have been put forward and are led by Member States. The Chief Executive confirmed, “EDA works at the service of Member States. We provide à la carte  support where needed.”

 

The Agency invests particular efforts to avoid duplication with NATO. The EDA has recently also signed an agreement with Organisation for Joint Armament Cooperation (OCCAR) facilitating closer cooperation between these two bodies. Under the arrangement, EDA and OCCAR will share information on projects and programmes throughout their lifecycle, helping to guarantee a seamless handover in each case, with both parties remaining involved and informed at every stage.

 

The subcommittee received in the same session Catherine Ashton, High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy and Vice-President of the European Commission, European External Action Service (EEAS) Deputy Secretary General Maciej Popowski as well as Eric Huybrechts, Deputy Director of OCCAR-EA.

Further information:
  • Video of the subcommittee’s session
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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 12:59

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelle-du-theatre-afghan-1/2008653-1-fre-FR/desengagement-de-4-gazelle-du-theatre-afghan-1.jpg

 

12/10/2012 Sources : EMA - Opérations

 

Dans la nuit du 6 au 7 octobre 2012, quatre Gazelle du bataillon d’hélicoptères (BATHELICO) ont quitté le sol afghan pour regagner la France.

 

Dans le cadre du désengagement des troupes françaises d’Afghanistan, un Antonov 124 en provenance de la base aérienne d’Istres a embarqué quatre hélicoptères de manœuvre de type Gazelle ainsi que du fret technique le 6 octobre dernier. L’opération, réalisée en moins de trois heures par le détachement de transit interarmées, met un terme à cinq années de présence du détachement Gazelle en Afghanistan.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-3/2008692-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-3.jpg

 

Les équipages Gazelle ont réalisé près de 7000 heures de vol, partagées en missions d’appui, de renseignement ou d’escorte. 5000 missions de jour comme de nuit, contribuant à la sécurité des opérations conduites par l’ensemble des bataillons français engagés dans les vallées d’Uzbeen et de Kapisa ou entre Kaboul et Nijrab. Au cours de ces missions, ce sont plus de 60 missiles HOT qui ont été tirés, que ce soit en appui des troupes ou en destruction d’objectifs à forte valeur ajoutée tels que des caches d’armes ou des véhicules IED.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-4/2008697-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-4.jpg

 

Le retrait des hommes et des matériels avance à grands pas. Les moyens du BATHELICO sont passés de 14 à 8 aéronefs. Clin d’œil du jeu des relèves, ce sont les équipages du 1er régiment d’hélicoptères de combat qui, après avoir ouvert aux Gazelles le ciel afghan en septembre 2008, les raccompagnent à Pau. Le BATHELICO conserve 4 hélicoptères de manœuvre de types Cougar et Caracal et 4 hélicoptères Tigre afin de poursuivre sa mission d’appui des troupes au sol ou d’évacuation médicale (MEDEVAC).

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/operations/afghanistan/121012-afghanistan-quatre-helicopteres-gazelle-quittent-le-theatre/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-5/2008702-4-fre-FR/desengagement-de-4-gazelles-du-theatre-afghan-5.jpg

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:50
BrahMos to Test Submarine-Launch Missile by Year-End

MOSCOW, October 12 (RIA Novosti)

 

BrahMos, the Russian-Indian supersonic cruise missile joint venture, is to test-fire their anti-ship missile from a submarine platform by year-end, the  Russian partner NPO Mashninostroyenie said Friday.

 

"We need a test-launch by the end of the year," said the company's Deputy General Director Alexander Dergachev. "A decision will be made on whether the weapon can be accepted for service with the Indian Navy, dependent on the outcome," he added.

 

The test will be a single demonstration firing from a submerged raft, he said. "When an operational carrier has been chosen, then further trials will continue," he said.

 

BrahMos, set up in 1998, produces three variants of the BrahMos missile, based on the NPO Mashinostroyenie 3M55 Yakhont (NATO SS-N-26) supersonic cruise missile already in service with Russia's Armed Forces.

 

The Indian Army has already taken delivery of the land-launched variant. The Navy already has the ship-launched missiles on ten vessels, Dergachev said. The Indian Air Force will also use the weapon, from an upgraded batch of 42 Sukhoi Su-30MKI strike fighters it is expected to order later this year, Russia's Defense Minister Anatoly Serdyukov said earlier this week in Delhi.

 

"The missile had a range of 300 kilometers (180 miles), and will be vertically-launched by a gas generator in its launch container, which will eject the weapon by gas pressure, after which it will reach Mach two," he said.

 

BrahMos can fly as low as 30 feet (10 m) or attack its target from a high angle, combined with supersonic speed and evasive maneuvering. BrahMos can carry a conventional warhead of up to 300 kg (660 lbs).

 

Earlier this week, Russian daily Izvestia quoted defense industry sources as saying India has uprated its BrahMos supersonic cruise missiles by installing the advanced satellite navigation systems from Russia's Kh-555 and Kh-101 strategic long-range cruise missiles, adding GPS-GLONASS technology to the existing doppler-inertial platform.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:55
Les enjeux de la coopération militaire franco-britannique pour l’industrie de défense européenne

photo MinDef FR - Exercice Calfex « Boars head ».

 

11.10.2012 Par Guillaume Goessens (GRIP) - marine-oceans.com

 

Les accords de Lancaster House, signés en novembre 2010, ont donné un nouveau tour à la coopération militaire franco-britannique qui ne sera pas sans effet sur l’industrie de défense européenne. Point de situation.

 

 Depuis la signature du traité franco-britannique de Dunkerque en 1947, et surtout depuis la mise en place d'un système de sécurité et de défense élargi durant les années qui ont suivi (Pacte de Bruxelles en 1948, Traité de l'Atlantique Nord en 1949, Traité sur l'Union de l'Europe Occidentale en 1954), la France et la Grande-Bretagne ont été au cœur des développements dans le domaine de la défense de l'Europe. Ces deux Etats tirent cette position d'un passé prestigieux partagé, d'abord empreint de rivalité, puis finalement marqué par un certain niveau de collaboration, essentiellement depuis l'Entente cordiale de 1904. Cet héritage historique a pour conséquence une certaine similarité entre les deux pays au niveau des budgets de défense, qui, si on les cumule, représentent près de la moitié des dépenses militaires de l'Union européenne (UE). Il est donc logique que chaque rencontre ou sommet bilatéral entre les dirigeants des deux pays touchant de près ou de loin la défense et la sécurité européenne suscite de nombreuses attentes, craintes, ou encore espérances. Le sommet du 2 novembre 2010 durant lequel MM. Nicolas Sarkozy et David Cameron ont engagé leur pays dans une coopération militaire et nucléaire n'a pas échappé à cette habitude. Les partenaires européens de la France et de la Grande-Bretagne se sont en effet montrés tantôt frustrés, tantôt heureux de la relance de la coopération franco-britannique.

 

Les enjeux de la coopération militaire franco-britannique pour l’industrie de défense européenne

Le 2 novembre 2010, le Président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron ont en fait signé deux traités. L'un porte sur une coopération en matière de sécurité et de défense, l'autre sur une collaboration limitée dans le domaine du nucléaire. Le premier traité vise à établir un « partenariat » à long terme entre les deux pays, au niveau de la défense et de la sécurité, dans de nombreux domaines, de la conception de matériel à l’envoi d’une force commune dans des conflits de haute intensité. Schématiquement, trois pôles de coopération peuvent être distingués dans ce premier document. Il s’agit des pôles « opérations et formations », « équipements et industries » et « cyber-sécurité et lutte contre le terrorisme ».

 

Les enjeux de la coopération militaire franco-britannique pour l’industrie de défense européenne

Le premier de ceux-ci a pour objectif la mise sur pied d’une force expéditionnaire commune interarmées (CJEF), composée de deux contingents de 5000 hommes issus des trois composantes de l’armée, et d’une force aéronavale intégrée. La CJEF devrait être disponible pour des opérations strictement bilatérales, mais également dans le cadre d’opérations menées par l’ONU, l’OTAN ou encore l’UE. Plusieurs exercices conjoints ont eu lieu en 2011 et en 2012, le principal obstacle restant cependant de s’accorder sur la définition du concept d’emploi de cette force. Bien que Nicolas Sarkozy et David Cameron aient souligné la communauté d’intérêts et de valeurs de la France et de la Grande-Bretagne, il n’existe aucune garantie que, le cas échéant, les deux pays tomberont d’accord sur l’emploi de la CJEF.  Malgré l’entente affichée face à la crise libyenne, le risque de voir ressurgir des divergences diplomatiques à l’image de celle de 2003 au sujet de l’invasion de l’Irak pourrait rendre compliquée l’utilisation d’une telle force.

 

Les enjeux de la coopération militaire franco-britannique pour l’industrie de défense européenne

Le problème est le même pour la force aéronavale intégrée qui aurait dû être opérationnelle pour 2020. La réalisation de cet objectif semble de surcroît de plus en plus compromise en raison de la configuration du futur porte-avions britanniques Prince of Wales. Les choix effectués par le gouvernement britannique, notamment au niveau des dispositifs de catapultage des aéronefs, ne devraient pas permettre aux appareils français de décoller du pont de ce bâtiment.  Ce simple fait porte un grand coup à l’interopérabilité franco-britannique dans le domaine aéronaval. Néanmoins, le 17 février 2012, à l’occasion d’une rencontre bilatérale, Français et Britanniques ont introduit l’idée subsidiaire de créer un groupe aéronaval conjoint comprenant des bâtiments des deux Etats.

 

Le second pôle, « équipement et industrie », concerne le développement de plusieurs projets tels qu’un plan de soutien franco-britannique pour l’entretien des avions de transport militaire A400M ou encore l’élaboration d’un démonstrateur de combat aérien. Le développement de la coopération au sujet des drones devrait également s’accélérer. L’utilité de tels équipements, tout comme le retard des européens en la matière, ont une nouvelle fois été démontrés lors des opérations en Libye. Il s’agit donc d’un point crucial du partenariat franco-britannique dans lequel les deux Etats semblent déterminés à accomplir des progrès. L’étude des risques techniques du drone MALE (moyenne altitude, longue endurance) « Telemos » a été confiée au début de l’année 2012 aux groupes Dassault Aviation et Bae Systems. Lors du sommet de février 2012, Nicolas Sarkozy et David Cameron ont également mis sur les rails le projet d’un drone de combat « UCAV », dont un premier prototype devrait aboutir pour 2020. Les deux Etats poursuivent déjà chacun de leur côté l’élaboration d’un nouveau démonstrateur technologique. L’idée serait donc de rapprocher ces deux programmes afin de faire aboutir un démonstrateur franco-britannique.

 

Enfin, les forces françaises se sont montrées très intéressées par l’acquisition de plusieurs drones de reconnaissance Watchkeeper, développé par la branche britannique de Thales et le groupe israélien Elbit System. Cet engin pourrait servir, si les tests sont concluants, à la surveillance maritime. L’éventuelle utilisation du même engin par les forces armées françaises et britanniques est porteuse d’espoir en matière d’interopérabilité.

 

Les enjeux de la coopération militaire franco-britannique pour l’industrie de défense européenne

Au niveau maritime, la coopération franco-britannique est également importante. Les deux partenaires ont réaffirmé leur volonté, en février 2012, de soutenir le développement d’un missile antinavires léger (ANL) par le missilier MBDA. Le coût de ce programme, qui s’élève à près de 200 millions d’euros, serait équitablement partagé par les deux Etats.  La France et la Grande-Bretagne se sont par ailleurs engagées dans une vaste opération de lutte contre les mines maritimes qui devrait débuter en 2013. En revanche, en ce qui concerne les sous-marins, le bilan est plus contrasté. La réalisation commune d’un nouveau sonar semble possible, mais la coopération dans ce domaine devrait se limiter à cet élément. Les deux partenaires se sont néanmoins mis d’accord sur le lancement d’un prototype de drone sous-marin qui pourrait jouer un rôle important dans la lutte contre les mines.

 

En ce qui concerne le pôle « cyber-sécurité et lutte contre le terrorisme », la collaboration franco-britannique semble avoir progressé depuis la signature des accords de Lancaster House au niveau de la cyberdéfense, c’est-à-dire la protection des systèmes d’information français et britanniques. Cette collaboration pourrait s’élargir à la lutte contre le terrorisme au travers d’un groupe bilatéral dédié à cette problématique.

 

Les enjeux de la coopération militaire franco-britannique pour l’industrie de défense européenne

Quant au traité sur la coopération nucléaire, il vise essentiellement à développer des installations communes aux deux Etats. L’une d’elles, l’EPURE, se situera en France, et sera adjacente au site existant de Valduc. Elle serait utilisée pour la modélisation des performances des têtes nucléaires et des équipements associés. La construction de cette première installation ne devrait cependant aboutir qu’en 2016. Un centre de développement technologique « TEUTATES » sera localisé quant à lui en Grande-Bretagne, à Aldermaston. Ce site devrait accueillir dans le futur une machine radiographique franco-britannique. Pour les deux sites, toutes les mesures propres à préserver la confidentialité, la souveraineté et l’indépendance nationale sont prévues par le traité du 2 novembre 2010.

 

Sur un plan purement industriel, la coopération franco-britannique pourrait s’avérer fructueuse. Comme la guerre de Libye l’a démontré à maints égards, les européens souffrent d’un certain retard dans plusieurs domaines cruciaux par rapport aux Etats-Unis : le renseignement, le ravitaillement en vol, les drones, les munitions de précision, les porte-avions,… Selon toute vraisemblance, les accords de Lancaster House ont pour but de ramener à niveau la France et la Grande-Bretagne dans le domaine de ces « multiplicateurs de puissance », pour in fine atténuer la dépendance matérielle vis-à-vis de Washington. Objectif louable, certes, mais qui risque d’irriter fortement les partenaires industriels européens des deux Etats. L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie pourraient se sentir totalement exclus, par exemple, du nouveau programme sur un drone de combat, alors que ces pays sont des pions importants sur l’échiquier de l’industrie de l’armement européenne. La probabilité que se développent alors plusieurs programmes rivaux serait d’autant plus élevée. Or, comme le démontre la lutte fratricide entre le Rafale français, le Gripen suédois et l’Eurofighter développé par la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, aucun constructeur ne ressort gagnant dans ce genre de situation.

 

En dépit de nombreux obstacles techniques et politiques, une culture industrielle européenne tend à se développer dans le domaine de la défense et de l’armement. Cependant, il manque  de réelles avancées politiques vers plus d’intégration en matière de politique étrangère et de sécurité européenne. Or, sur ce sujet, la France et la Grande-Bretagne ne semblent pas s’accorder. Londres reste fidèle à son attachement à l’Otan, alors que Paris, malgré certaines ambiguïtés, persiste à se présenter comme le moteur de l’Europe de la défense (une constante depuis la présidence de Charles de Gaulle). Au lendemain des Accords de Lancaster House – que les Britanniques souhaitent strictement bilatéraux – la France a donc relancé ses partenaires allemands et polonais du Triangle de Weimar (1) qui pourrait s’élargir à l’Italie et à l’Espagne. Suite aux élections présidentielles, la nouvelle équipe gouvernementale semble insister dans cette voie. Au début du mois de septembre, Jean-Yves le Drian, le ministre de la Défense français, était en tournée à Bruxelles afin de relancer l’Europe de la Défense. La coopération franco-britannique devrait cependant continuer sur sa lancée, la volonté de la France étant désormais que cette collaboration soit compatible avec l’engagement européen. La parution d’un nouveau Livre blanc sur la défense, auquel sont associés des Britanniques, pour la fin 2012, devrait permettre de mieux comprendre la position française à cet égard.

 

En ces temps de crise, l’attention des Etats européens se détourne quelque peu de la défense européenne. Celle-ci est cependant à un tournant de son évolution. Soumise à la concurrence des nouvelles puissances mondiales, l’Union européenne doit pouvoir se doter d’instruments militaires propres afin d’appuyer sa politique étrangère qui repose essentiellement sur le soft power. C’est une tâche qui incombe à tous les Etats-membres de l’UE. Cependant, dans le contexte de crise actuel, force est de constater que les budgets de défense des Vingt-Sept connaissent un certain recul. Maintenir une coopération franco-britannique strictement bilatérale en dehors du champ communautaire pourrait donc nuire à l’Europe de la défense, et par conséquent à la place de l’UE dans le monde. La Grande-Bretagne et la France restent plus que jamais les maîtres du jeu. Espérons qu’ils ne fassent pas perdre l’ensemble de leurs partenaires.

 


(1) Coopération trilatérale entre la France, l’Allemagne et la Pologne instauré en août 1991.  

 

Guillaume Goessens est chercheur-associé au GRIP

 

 Le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), créé en 1979, est un centre de recherche indépendant reconnu comme organisation d’éducation permanente par le Ministère de la Communauté française de Belgique. Le GRIP a pour objectif d’éclairer citoyens et décideurs sur les problèmes souvent complexes de défense et de sécurité, et souhaite ainsi contribuer à la diminution des tensions internationales et tendre vers un monde moins armé et plus sûr en soutenant les initiatives en faveur de la prévention des conflits, du désarmement et de l’amélioration de la maîtrise des armements. Le GRIP est composé d’une équipe de 22 collaborateurs permanents, dont 14 chercheurs universitaires, ainsi que de nombreux chercheurs-associés en Belgique et à l’étranger.

 

www.grip.org

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:55

bae systems

 

11 Oct 2012 By Richard Blackden, New York  - telegraph.co.uk

 

Shareholders and board directors at BAE should set their alarms for 2am on Wednesday morning. Where the future of their defence company is concerned, the second US presidential debate in Kentucky could ultimately be rather telling.

 

Last week’s first televised showdown drew 67m viewers and saw Mitt Romney, the gaffe-prone Republican challenger, deliver a performance that was as close to presidential as he has so far come. President Barack Obama, in turn, was bereft of ideas and offered the strong impression he would rather be somewhere else .

 

Romney’s polished showing dodged questions, but, more than a week later, the former governor of Massachusetts is leading in three national opinion polls. The performance has left the election poised on a knife edge, but it has also left Britain’s leading defence company in its own form of limbo.

 

For however much BAE chief executive Ian King insists it is business as usual after the collapse of his company’s planned £30bn merger with EADS, that is a hard sell. BAE has spent the past month spelling out the commercial logic of being part of a bigger group, and who does big better than the Americans?

 

The US is the only country from which a bid for all or part of BAE would now be politically acceptable. And such an American bid is, on balance, more likely if the Republicans reclaim The White House on November 6.

 

This is a function of the candidates’ respective plans, say analysts. In February, Obama laid out a plan to shrink the US military budget by $487bn (£303bn) over the next decade. The cuts may be modest – after all military spending has grown to about $520bn – but they’re in contrast to Romney’s plans as he proposes increasing spending.

 

The 65-year old has pledged to allocate a minimum of 4pc of US gross domestic product a year on defence. Although that is a lower ratio than under Ronald Reagan, it is more than Obama intends. As with much of the Republican’s policy pledges, there are few specifics. But, for now, it is the bigger picture that matters.

 

Under a Romney presidency, the largest buyer of weapons in the world is going to roll-up with a wallet full of freshly minted dollar bills. That would make most defence businesses, including a major US contractor like BAE, much more enticing for would-be suitors. “Right now the main objection to doing mergers is that valuations are too high versus future prospects,” says Lauren Thompson, a defence consultant at the Lexington Institute in Virginia.

 

America’s largest defence companies have said little over the last month as BAE and EADS frantically sought to make the European politics of their tie-up work.

 

In a rare public comment, Jim McNerney, the boss of Boeing, said the combination of the companies would not pose a “fundamental threat”. But there is little doubt that BAE has businesses US rivals would be happy to prize from its grasp. Joe Lissenden, a director at IHS Jane’s, a defence research firm, says five or six companies would be interested in BAE’s electronics warfare business that employs 12,000 people in America and makes gear including surveillance equipment.

 

BAE’s intelligence and cyber warfare division, based in Virginia, could also tempt buyers as the US shifts more of its dollars towards combating the threat from terrorists.

 

It’s enough to get BAE shareholders dreaming of a juicy bid arrowing across the Atlantic, but as with most things political, of course it’s not that simple. What Romney and Obama plan to do might turn out to be altogether different from what the economic situation allows. For starters, there’s the small matter of a $500bn cut to the Pentagon’s budget, scheduled in for January.

 

The reduction is part of the 'fiscal cliff’, shorthand for a series of tax rises and spending cuts due to take effect in 2013 because politicians in Washington spent the last three years failing to agree on a grown-up plan to cut the country’s debt.

 

Congress will almost certainly avoid sending the economy over the cliff, but how the defence budget will shake out in any agreement is anyone’s guess. BAE warned pm Thursday that the situation “clouds” its outlook in the US. Any potential American bidder won’t leave the starting blocks until the clouds clear.

 

And even if Romney wins The White House, there is no guarantee he will be able to bolster the Pentagon’s budget. With the US out of Iraq and withdrawing from Afghanistan, Chris Preble, a defence expert at Cato, expects military spending to fall whoever is victorious. “If I were a betting person, I would anticipate that US military spending goes down,” he says.

 

It may be that King persuades BAE investors that the best course is for the company to remain independent, and it may be that a US bid never emerges. But it is clear that following the collapse of the EADS deal, shareholders’ focus will shift across the Atlantic.

 

That means tuning into US politics at a time of bitter division. Next week’s debate is a good place to start. A word of warning though, shareholders should not expect any clarity from the US soon.

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