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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 16:16

EADS BAE

 

11/10/2012 Valérie Lion, pour L'Express

 

Les Etats ne sont pas les seuls responsables de l'échec de la fusion entre EADS et BAE. Les actionnaires privés d'EADS, Lagardère et BAE, n'ont rien fait pour la faciliter. Ils avaient pourtant tout à y gagner à terme...

 

Si la fusion EADS-BAE a capoté en grande partie à cause des Etats, Arnaud Lagardère, le patron du groupe, et président du conseil d'administration d'EADS depuis le 31 mai, n'aura pas brillé dans cette affaire par son courage et sa vision. On est loin, très loin du père, Jean-Luc Lagardère, qui avait su convaincre Paris et Berlin de faire EADS, en quelques semaines, à l'été 1999. La position du groupe Lagardère (actionnaire à 7,5% d'EADS) sur le projet de fusion avec BAE s'est exprimée publiquement à travers deux communiqués de presse, le premier d'une extrême prudence, le 13 septembre, lendemain de la fuite, et le second, le 1er octobre, pour le moins vindicatif : Lagardère y réclamait carrément le " réexamen sans attendre du projet de rapprochement ", assurant que celui-ci n'avait pas démontré " qu'il était créateur de valeur ".

 

Effaré de voir sa participation dans EADS se dévaloriser de jour en jour depuis la révélation du projet, Lagardère n'a vu que son intérêt financier à court terme. Il est vrai que cette participation représente la moitié de l'actif net du groupe Lagardère. De quoi s'inquiéter... Lagardère est monté au créneau pour dénoncer la parité 60/40, insuffisante à ses yeux pour les actionnaires d'EADS. Il a sans doute aussi tenté d'obtenir un dividende compensatoire plus intéressant. En revanche, il n'en aurait pas profité, assure-t-on de source proche du dossier, pour négocier avec l'Etat français une garantie de sortie pour les 7,5% qu'il détient encore dans le capital d'EADS.

 

Car le but de Lagardère est bien de vendre ses titres, probablement fin 2013, une fois le nouveau long courrier d'Airbus, l'A 350, mis sur le marché. Et c'est là tout le paradoxe de sa position dans cette affaire : une fusion EADS-BAE aurait certainement rendu sa participation plus liquide. Alors que le maintien de la structure actionnariale actuelle d'EADS rend sa sortie beaucoup plus compliquée. L'Etat français devra lui trouver un repreneur, au risque de voir le pacte d'actionnaire voler en éclats. Certains murmurent déjà que le seul candidat crédible pourrait être... Dassault ! Dont EADS détient 46%...

 

Daimler aussi a joué à courte-vue

 

Lagardère n'est pas le seul actionnaire privé à vouloir quitter le navire. Daimler qui détient 22,5% des droits de vote d'EADS (mais seulement 15% du capital car 7,5% ont déjà été repris par un consortium public-privé, Dedalus), cherche à se débarrasser d'un nouveau bloc de 7,5% du capital et espérait bien conclure l'opération avant la fin de cette année. Le projet de fusion avec BAE est venu compliquer ses plans ; le groupe bancaire public allemand KfW devait reprendre ces 7,5%. Mais les discussions étaient délicates car si rien n'empêche KfW de racheter cette participation, les droits qui y sont attachés dans le cadre du pacte d'actionnaire ne peuvent lui revenir automatiquement... à moins de lancer une offre sur l'intégralité de la société, ce qui est évidemment impossible. Donc l'Etat allemand, via KfW et Dedalus, se retrouverait avec 15% du capital d'EADS mais sans aucun pouvoir ! Une situation inextricable... Là aussi, la fusion EADS-BAE aurait théoriquement amélioré la liquidité des titres Daimler en faisant voler en éclat le pacte d'actionnaires. Mais là encore, Daimler s'est davantage inquiété de la parité et de la valorisation de ses parts.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 15:59

Atlas 06.07.2012 photo EADS

 

11 octobre 2012 Par Hassan Meddah – USINE NOUVELLE

 

ENTRETIEN  Philippe Plouvier, directeur des activités aéronautique et défense chez Roland Berger, estime que le développement d'EADS dans le secteur de la défense peut attendre.

 

L'Usine Nouvelle - Que vous inspire l'échec des négociations ?

 

Philippe Plouvier - Les deux entreprises ont probablement sous-estimé la difficulté et le temps nécessaire pour convaincre trois Etats majeurs de la défense de regrouper leurs actifs dans ce domaine. Deux mois de négociations n'y suffisent pas, surtout en l'absence de grand projet fédérateur tel que le lancement d'un programme de coopération. Cela ne veut pas dire pour autant qu'un tel accord ne sera pas possible dans quelques mois.

 

Les Etats portent une part de responsabilité dans cet échec. La balle est maintenant dans leur camp. Ils devront dire comment ils comptent relancer l'Europe de la défense et soutenir leurs industriels pour faire face à la compétition américaine aujourd'hui et chinoise, russe ou brésilienne demain.

 

C'est aussi probablement un peu simple de faire porter le chapeau à l'Allemagne. Les Allemands avaient des craintes légitimes concernant le futur leadership de BAE sur les activités de défense. Le groupe britannique n'a pas hésité à tourner son activité massivement vers les États-Unis, à fermer les sites non productifs au Royaume-Uni à la manière de ce que l'on fait dans l'industrie automobile...ce n'est pas dans les habitudes du secteur de la défense en Europe continentale.

 

Y-a-t-il un plan B pour EADS ?

 

Cet arrêt des négociations est une opportunité pour Tom Enders de revisiter la stratégie 2020 définie par son prédécesseur Louis Gallois. Cette stratégie date de 2008 et vise un développement des activités de défense et de services. Les priorités ont changé car le groupe a mûri et la crise des Etats européens est passée par là. Dans l'état actuel, EADS peut vivre très correctement grâce à son beau carnet de commandes des ventes d' Airbus et d'Eurocopter. Se développer dans la défense n'est pas une urgence: les budgets des Etats sont en baisse en Europe et aux États-Unis, la concurrence sur les marchés internationaux s'intensifiera probablement du fait d'une plus grande agressivité des acteurs américains...

 

Dans 10 ans, quand de nouveaux programmes d'envergure seront lancés, la question d'être un acteur majeur de la défense se posera plus fortement. Entre temps, EADS doit étudier d'autres options de croissance, il y en a, et s'interroger sur sa stratégie dans l'électronique de défense. C'est là que réside une part croissante de la valeur ajoutée de toutes les plateformes: avions militaires, hélicoptères, systèmes de surveillance.. Un rapprochement avec BAE était un premier pas mais un pas insuffisant.

 

Faut-il également se développer autant que ça dans les services? Là aussi, il n'y a pas urgence. Cela n'a souvent de sens que si vous faites les équipements sur lesquels vous apportez le service.

 

Même raté, ce projet de fusion aura-t-il des conséquences sur le reste de l'industrie ?

 

Oui, il y aura un avant et un après le projet de fusion. Ce projet a soulevé beaucoup de questions et montré que la grande majorité des industriels français et européens sont n'ont pas la taille critique pour porter les investissements nécessaires dans les prochaines années. Nexter, Dassault Aviation, Rheinmetal... ne font pas le poids dans la nouvelle compétition mondiale. Aujourd'hui la taille critique se situe aux alentours des 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour prétendre jouer les premiers rôles sur des programmes majeurs dans l'aéronautique.

 

Les plateformes de demain seront de plus en plus complexes sur le plan technologique et nécessiteront des montages industriels de très grande envergure. Regardez le coût de développement de l'avion de combat américain F35, c'est environ 300 milliards de dollars! Hormis quelques groupes tels que EADS, BAE, Thales ou Finmeccanica, les industriels européens sont dans la position d'équipementiers de rang 2 et non de maîtres d'œuvre.

 

Tom Enders doit-il démissionner suite à cet échec?

 

A mon sens, non. Les fondamentaux du groupe sont bons. On ne peut pas lui reprocher d'avoir mis toute son énergie pour rendre le groupe plus fort. Il a peut être pêché par excès de précipitation et d'ambition, mais qui n'en a pas à ce niveau-là. Nous avions dit qu'il s'agissait d'un deal parfait; on ne peut pas lui reprocher de l'avoir tenté.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 14:59

eurofighter-typhoon-airbus-a380

 

Oct. 11, 2012 defense-aerospace.com

Rapprochement EADS - BAE Systems

(Source: French Ministry of Defence; issued Oct. 10, 2012)

(Issued in French only; unofficial translation by defense-aerospace.com)


EADs and BAE Systems have announced they will not pursue their discussions on the subject of their combination, and which were made public last September 12.

The French State, which indirectly holds 15% of the equity of EADS, has examined the project with the greatest attention, and particularly its implications for the protection of its national interests in terms of defense, industrial strategy and employment.

At the conclusion of numerous discussions with all stakeholders, managers of the two companies had to reconsider the project because it did not seem possible to reach an agreement on terms for the operation that would prove acceptable to all.

France reaffirms its support to the management of EADS, and encourages it to continue the company’s remarkable development. (ends)

 

Breaking News - MP reacts to BAE Deal Collapse

Source: Ben Wallace MP; issued Oct 10, 2012)

 

Today Wyre & Preston North MP Ben Wallace, who recently organised 45 fellow MPs to sign a joint letter to the PM seeking stronger safeguards for the deal, welcomed the news that the potential BAE-EADS merger will not go ahead.

Mr Wallace who is in Washington DC holding meetings with Senators and US Government Officials to discuss the deal said,

"I am pleased that the reality has hit home with BAE senior management. While the CEO of EADS had all good intentions he was never going to be able to throw the yoke of French and German political interference off his back. As long as those two squabbling government shareholders were present the deal should never have been promoted. "Leopards don't change their spots" and it was clear to me from the outset British jobs were at risk.”

Ben Wallace added, “The BAE board should now reflect long and hard at what their strategic error could mean for the company’s future. If they have put at risk my constituents’ jobs and fatally wounded the UK's jewel in the manufacturing crown, then they should consider their position. BAE and its workers is a world leader in aerospace it has a great future it does not deserve, through in-consistent and unrealistic strategy to be put at risk by such leadership." (ends)

 

A Letter from the Chairman and Chief Executive

Source: BAE Systems; issued Oct. 10, 2012

 

Click here for a joint letter (in photo format) to employees from BAE’s chairman and CEO regarding the proposed merger with EADS, on the BAE website

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 14:38

http://www.eda.europa.eu/Libraries/News/web_MG_7521.sflb.ashx

 

Brussels - 11 October 2012 European Defence Agency

 

Today, at the margins of the EDA Steering Board in Capabilities Directors formation, two EDA Member States, Bulgaria and Latvia, plus Norway, joined the Maritime Surveillance (MARSUR) community by signing the Technical Arrangement “Live phase”. The 15 initial participating Member States are Belgium, Cyprus, Germany, Spain, Finland, Greece, France, Ireland, Italy, Lithuania, The Netherlands, Poland, Portugal, Sweden and the UK.

 

Maritime situational awareness is the effective understanding of activities, associated with and occurring in the maritime domain, that could im¬pact on the security, safety and environment of the European Union and its Member States. The project is coordinated by the European Defence Agency (EDA) since September 2006, following a mandate given by the EU Defence Ministers in late 2005. MARSUR aims at creating a network using existing naval and maritime information exchange systems. Overall goals are to avoid duplication of effort and the use of available technologies, data and information; to enhance cooperation in a simple, efficient and low-cost solution for civil-military cooperation; and to support safety and security.

 

The MARSUR Networking Project has successfully highlighted the fundamental need to control the maritime domain information. This network enables the exchange of maritime surveillance information between participating maritime countries, connecting multiple national systems in real time, while there is no central EU component that collects, processes and distributes the information. Each country is responsible for correlating its own data with the data received from others.

 

The total common costs of MARSUR project is €930.000. A large amount of this investment was spent on the definition and development of the key component of the network: the interface linking the existing national systems. On top of this, Member States have to plug in their national systems into the interface.

 

Furthermore, 12 of those Member States plus Norway signed today a €1 million Project Arrangement, which is very promising in terms of future cooperation and operational efficiency. This Category B programme aims at further developing the technical elements necessary to use MARSUR in a fully operational context. The Project Arrangement sets out the provisions for managing the MARSUR Development Project. Specifically, it outlines the tools necessary to implement a secure network for the exchange of classified information in the support of CSDP operations, to maximize cooperation whilst maintaining appropriate levels of security. This programme will be fully operational in 2014.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:44

EADS BAE

 

11/10/2012 Romaric Godin– latribune.fr

 

Les éditorialistes d'outre-Rhin regrettent quasi unanimement l'échec du projet de fusion et jugent durement le comportement de la chancelière. Quelques-uns doutent de la stratégie de Thomas Enders, le patron d'EADS.

 

Les éditorialistes d'outre-Rhin regrettent quasi unanimement l'échec du projet de fusion et jugent durement le comportement de la chancelière. Quelques-uns doutent de la stratégie de Thomas Enders, le patron d'EADS.
Globalement, la presse allemande ne fait guère ses gros titres ce jeudi sur la fin du projet de fusion entre EADS et BAE. Plusieurs éditorialistes tentent néanmoins de tirer les leçons de cet échec.

 

Que des perdants, pour le Handelsblatt


C'est notamment le cas de celui du Handelsblatt qui estime que l'affaire «ne laisse que des perdants». Mais sa critique s'adresse surtout aux politiques qui ont «joué un jeu peu glorieux» en mettant en avant les intérêts nationaux plutôt que l'intérêt de l'entreprise elle-même. Le quotidien économique a la dent particulièrement dure à l'encontre du gouvernement fédéral allemand qui «a laissé passer la chance de créer un groupe dans la défense et l'aéronautique qui puisse jouer dans la même cour que les Américains». Et d'ajouter: «c'était aussi l'occasion unique de transformer un groupe étatique en une entreprise normale.» Mais le Handelsblatt y voit aussi l'incapacité des Européens à établir une «confiance mutuelle». «Ceci est particulièrement vrai de la relation franco-allemande», conclut-il. Dans un autre texte, le quotidien renchérit sur "le rôle doûteux des politiques" dans la politique industrielle.

 

Position discutable pour Die Welt


Mêmes regrets pour Die Welt qui estime que «l'échec de la fusion d'EADS est fâcheuse». «On pourrait être fiers qu'un chef de gouvernement allemand ait atteint une telle puissance en Europe, si la façon dont le gouvernement a fait échoué la fusion n'était aussi fâcheux», souligne l'éditorialiste. «Au lieu de soutenir la fusion, le gouvernement s'est enfermé dans une position discutable dont le sens n'est pas clair», continue-t-il en regrettant que Berlin ait «délaissé» la question industrielle pour se concentrer sur la question politique et de pouvoir. Là aussi, le quotidien conservateur de Hambourg considère que «l'occasion de dépolitiser EADS un peu plus a été perdue».

 

Même Bild regrette


Même la Bild Zeitung, peu réputée pour ses positions pro-européennes titre «une occasion perdue» et tance le gouvernement fédéral pour «son manque de courage». « Le «non» du gouvernement nuit à l'Europe, car l'Europe a besoin d'une industrie unie pour faire face aux Américains», remarque l'éditorialiste du quotidien populaire.

 

Echec pour Tom Enders


D'autres médias, comme Der Spiegel, préfèrent retenir l'échec de la stratégie du patron du groupe franco-germano-espagnol Tom Enders. Le magazine estime ainsi sur son site Internet qu'il s'agit d'un «atterrissage forcé pour le major Tom» et voit dans l'échec de la fusion celui du «style Enders». Même diagnostic pour le quotidien de Francfort Frankfurter Rundschau ou pour le quotidien des affaires Börsen-Zeitung.
 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:40

EADS

 

11/10/2012 Michel Cabirol et Fabrice Gliszczynski – latribune.fr

 

Action spéciale lui permettant de s'opposer à tout OPA non souhaitée, accord de Paris et Londres pour monter au capital à parité avec la France, garanties sur les sites, l'emploi, la R&D sur le sol allemand..., malgré ces avancées, Berlin a refusé le deal du siècle alors que les trois actionnaires de référence (la France, Lagardère et Daimler) étaient d'accord, ainsi que le gouvernement britannique.

 

C'est mercredi vers midi que les directions d'EADS et de BAE Systems ont renoncé à se marier. Qu'ils ont renoncé à demander au panel britannique une prolongation des négociations comme ils l'envisageaient pourtant encore la veille. Et ce, sans le soumettre au vote du conseil d'administration. L'intime conviction que l'Allemagne ne dirait jamais oui à cette opération l'a emporté. "Cette décision est le fruit d'une perception collective de la part de ceux qui voulaient mener à bien cette opération", explique un proche du dossier, côté français. A savoir l'ensemble des autres acteurs, la France, la Grande-Bretagne, Lagardère et Daimler qui à l'exception du constructeur allemand -contraint de s'aligner sur la décision de Berlin alors qu'il était favorable au projet- ont clairement donné leur accord à cette opération.

 

Pour les deux entreprises, c'est bien l'Allemagne qui a fait capoter le rapprochement de la décennie entre le groupe britannique et le constructeur européen. "Les Allemands n'ont jamais clairement dit non mais ils ont multiplié les mauvaises excuses", a ajouté un expert proche des négociations. Une interprétation réfutée par le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière. "c'est une opinion dont j'ai entendu parler, je ne la partage pas", a-t-il expliqué mercredi en marge d'une réunion ministérielle de l'Otan à Bruxelles.

 

Berlin était traité de façon égale à Paris et Londres

 

Pourquoi une telle attitude si radicale de Berlin, qui, faut-il le rappeler n'est pas actionnaire d'EADS (c'est Daimler qui porte les intérêts allemands) ? Ont-ils obtenu moins de droits que la France, actionnaire à hauteur de 15 % EADS, ou le Royaume-Uni, lequel n'est pas au capital de BAE Systems ? "Dans les paramètres, les composantes et les conséquences de l'opération, l'Allemagne a obtenu la même chose" que la France, assure-t-on de sources proches des négociations. Dès le début des discussions, le couple EADS-BAE Systems a tout de suite proposé à Berlin sans qu'il le demande que l'Allemagne disposerai, au même titre que Paris et Londres, d'une action spéciale leur garantissant le pouvoir de s'opposer à toute OPA non souhaitée, le maintien des sites industriels, des emplois et de la recherche et développement sur le sol allemand.

 

En plus de ces droits, l'Allemagne a obtenu le feu vert de Paris et de Londres à sa demande d'entrer au capital d'EADS pour avoir la parité avec la France, dont la participation serait passée de 15 % à 9 % dans la nouvelle entité. Enfin quand l'Allemagne a voulu disposer d'une structure pour protéger ses actifs stratégiques de défense quand bien même elle ne dispose pas de l'arme nucléaire (à l'inverse de la France et de la Grande-Bretagne), EADS-BAE avait également accepté la création d'une holding nationale pour y placer des activités de production de torpilles et de radars.

 

Berlin a fait trainer les négociations

 

Insuffisant néanmoins outre-Rhin. A chaque point réglé, nouvelle demande des Allemands. "Tantôt, Berlin demandait à ce que le siège du groupe soit en Allemagne, tantôt il demandait celui d'Eurocopter, tantôt celui d'Astrium, nous n'avons jamais eu une shopping list ferme dressant l'ensemble des demandes allemandes pour négocier dans un cadre préétabli, contrairement à la France et au Royaume-Uni", déplore un négociateur. En outre, Berlin n'est entré en négociations sérieusement avec le groupe qu'en septembre, contrairement à la France, qui a commencé à travailler de façon ordonnée et organisée pendant les vacances estivales. "Nous avons eu des interlocuteurs de bon niveau en France", explique-t-on de sources proches du dossier. Enfin, jamais les négociateurs n'ont eu de la part de l'Allemagne un feu rouge. Ce qui a encouragé EADS et BAE Systems à poursuivre les négociations. Mais les Allemands n'ont jamais exprimé tous leurs souhaits lors des séances de négociations. "Personne en Allemagne n'a appelé Tom Enders pour le lui dire", soupire-t-on dans l'entourage du groupe. En revanche, Berlin a fait fuiter ses exigences dans la presse, notamment allemande, y compris à la sortie de certaines séances de discussions.

 

Tom Enders n' a jamais imaginé une telle opposition de Berlin

 

"Je suis prêt à admettre que nous n'avions jamais imaginé faire face à une telle opposition contre l'accord, en particulier à Berlin", a avoué le PDG d'EADS, Tom Enders, dans une lettre aux salariés du groupe européen. Pourquoi une telle opposition ? Difficile à dire. Il est clair que l'hypothèse de mettre six à sept milliards d'euros pour entrer au capital posait un problème politique à la Chancelière Angela Merkel. D'autant plus pour entrer dans une entreprise aussi puissante dans les activités de défense - un point qui gênait certains outre-Rhin pour des raisons philosophiques -, dont le centre de gravité se déplaçait, aux yeux du gouvernement allemand, vers Paris et Londres. L'Allemagne a, à tort ou à raison, estimé qu'il était plus avantageux pour eux de maintenir le statu quo, en contrôlant EADS, (via Daimler bien que ce dernier veuille sortir)", tente d'expliquer un proche des négociations. Ce que confirme Marwan Lahoud, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS : "Berlin semble considérer que, dans un groupe plus gros, leurs intérêts seraient nécessairement dilués. Nous n'avons jamais réussi à les convaincre du contraire. A tel point que, en réalité, il n'y a jamais eu de négociations avec eux", a-t-il dit aux Echos.

 

Vers la fin du pacte d'actionnaires au sein d'EADS

 

Et pourtant ce statu quo est menacé à terme. En particulier le pacte d'actionnaires entre Daimler, Lagardère et la France. Le jour où l'un des deux actionnaires privés sortira définitivement du capital d'EADS comme ils en ont l'intention à plus ou moins long terme, "le pacte d'actionnaires tombera à l'eau", rappelle-t-on dans l'entourage du groupe. Et avec lui les droits de veto surt les décisions stratégiques et  la possibilité de nommer des administrateurs et les dirigeants qui lui sont attachés. Car ces droits ne sont pas transmissibles. Ou alors avec des contraintes. Si la banque publique KfW souhaite par exemple racheter la participation de Daimler avec les droits liés au pacte, elle devra lancer une offre sur l'ensemble du capital selon le droit néerlandais qui régit le groupe, basé à Amsterdam (une vingtaine de milliards), une hypothèse que lui refusera évidemment la France. En outre, pour Daimler, tenu par Berlin, cette position n'est pas viable. Combien de temps, peut-il rester aux ordres de Berlin alors que la direction a clairement informé les marchés de son intention de sortir d'EADS.

 

Et maintenant pour EADS ?

 

"La stratégie d'EADS (la vision 2020, rééquilibrage des activités militaires et civiles, ndlr) n'est pas remise en cause. Elle aurait pu être accélérée mais elle n'est pas invalidée", assure un proche des négociations. En outre, le PDG d'EADS, Tom Enders explique-t-on, garde la confiance de ses actionnaires et des administrateurs. "L'affaire se plante par la faute d'une tierce personne", qui n'est même pas au capital du groupe européen, rappelle cette même source. Ainsi, la France "encourage à poursuivre le remarquable développement de la société", ont souligné les ministres de l'Economie et de la Défense, Pierre Moscovici et Jean-Yves Le Drian. De son côté, le groupe de média français Lagardère, qui détient 7,5 % des actions d'EADS, a également renouvelé sa confiance à la direction d'EADS. "Lagardère prend acte de la fin des discussions de rapprochement entre EADS et BAE Systems et renouvelle sa confiance au management d'EADS", a déclaré le porte-parole du groupe de média français, Ramzi Khiroun.

 

Quel avenir pour les activités défense?

 

En revanche, Tom Enders a estimé que l'échec du projet allait d'ailleurs contraindre le groupe européen à réfléchir à l'avenir de ses activités de défense, regroupée dans sa filiale à forte connotation allemande, Cassidian. "Nous allons devoir revoir la stratégie de notre groupe et de ses activités de défense en particulier", a-t-il expliqué dans cette lettre. Ce qui va ravir Berlin, qui estimait que "l'important est désormais qu'EADS puisse se développer de façon positive dans tous ses secteurs d'activité", a réagi dans un communiqué Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement. Entre Berlin et Tom Enders, considéré encore il y a peu comme le meilleur des Allemands pour diriger EADS, les relations vont être glaciales.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 11:55

EADS

 

11 octobre 2012 Usine Nouvelle (Reuters)

 

EADS va être contraint de revoir la stratégie de sa branche défense après l'échec de ses discussions de fusion avec BAE Systems, d'après le président du groupe européen d'aéronautique et de défense.

 

Les deux groupes EADS et BAE Systems ont annoncé le 10 octobre la fin de leurs négociations, faute d'être parvenus à convaincre Paris, Berlin et Londres de renoncer à leurs prérogatives.

 

"Nous souhaitons désormais prendre le temps de tirer les enseignements de cette expérience. Il nous faudra revoir la stratégie de notre groupe, et en particulier celle de la branche défense", déclare le président exécutif d'EADS dans une lettre aux salariés que Reuters a pu consulter.

 

Dans le courrier, il se dit également surpris par l'opposition suscité par le projet de rapprochement, en particulier auprès des autorités allemandes.

 

"J'admets que nous ne nous attendions pas à ce que ce projet rencontre une telle opposition, notamment à Berlin", explique-t-il.

 

Dans un entretien publié mercredi sur le site internet des Echos, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS, Marwan Lahoud, estime quant à lui qu'"une opportunité formidable vient d'être manquée. Mais l'histoire ne s'arrête pas là".

 

"Il y a plus d'un avenir pour un groupe comme EADS. L'échec de la fusion avec BAE doit d'abord nous inciter à rouvrir le champ des possibles, à repenser notre stratégie", ajoute-t-il.

 

PAS DE "VRAIES NÉGOCIATIONS" AVEC BERLIN

 

Interrogé sur les raisons de l'échec de la fusion, il répond : "Berlin semble considérer que, dans un groupe plus gros, leurs intérêts seraient nécessairement dilués."

 

"Nous n'avons jamais réussi à les convaincre du contraire. A tel point que, en réalité, il n'y a même jamais vraiment eu de négociation avec eux", ajoute-t-il.

 

L'Allemagne a été explicitement mise en cause dans le blocage des discussions. Berlin, tout en se défendant de porter la responsabilité de l'échec des discussions de fusion entre EADS et BAE, a pour sa part invoqué ses intérêts industriels.

 

"L'Allemagne n'est pas la seule à avoir bloqué la fusion entre EADS et BAE, la France aussi avait des réserves", a estimé une source gouvernementale allemande.

 

Marwan Lahoud note pour sa part que si les autorités françaises et britanniques se sont réellement impliquées dans les négociations, il n'en était pas de même avec leurs homologues allemandes.

 

"Nos interlocuteurs allemands, eux, participaient aux réunions de travail pour expliciter tel ou tel point technique, mais, à aucun moment, nous n'avons pu entrer de plain-pied avec eux dans l'intérêt stratégique de l'opération", a-t-il souligné.

 

(avec Reuters, Gwénaëlle Barzic et Jean-Baptiste Vey)

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 11:45

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/b/ba/Flag_of_Germany.svg/800px-Flag_of_Germany.svg.png

 

Oct 10, 2012 Spacewar.com (AFP)

 

Brussels -- The collapse of the mega aerospace and defence deal between Britain's BAE Systems and Europe's EADS was not Germany's fault, German Defence Minister Thomas de Maiziere said on Wednesday.

 

Asked if German opposition was to blame, after France and Germany appeared close to an accord on the merger, de Maiziere said he "did not share" that opinion.

 

"I take note of (the failure of the deal) and I am not totally surprised," de Maiziere said, adding: "It is a commercial decision."

 

He said such a deal always has two sides to it, the offering side and in this case "the defence ministries, that is the taxpayer."

 

The two firms had issued a joint statement earlier which said: "BAE Systems and EADS announce that they have decided to terminate their discussions" on a merger.

 

The groups insisted the deal had been based on "sound industrial logic" which "represented a unique opportunity to create a combination from two strong and successful companies greater than the sum of the parts."

 

The $45 billion (35-billion-euro) deal would have created a huge aerospace and defence company spanning the globe, with a key foothold in the US market via BAE that would have been more than able to compete with US giant Boeing, EADS' long-time rival.

 

Analysts had suggested that Germany was unhappy with the planned tie-up because it feared being sidelined.

 

It looked on Tuesday as if France had opened the way for an extension of the talks, with sources saying it had agreed to limit its shareholding to leave Paris and Berlin with equal shares.

 

But analysts said Germany feared that if the deal went ahead, the power behind the civilian arm of the group would shift to Toulouse in southern France where airliner manufacturer Airbus is based.

 

Military operations would have been run from Britain where BAE Systems is based.

 

One source, who declined to be named, said that "it did not work because the Germans blocked it."

 

In London, BAE Systems said it had terminated the talks because some of the governments involved could not reach an agreement.

 

BAE Systems chief executive Ian King said the firms "were unable to reach an acceptable agreement with our various government stakeholders."

 

He said: "We believe the merger presented a unique opportunity for BAE Systems and EADS to combine two world-class and complementary businesses to create a world leading aerospace, defence and security group."

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 11:35

bae systems

 

Oct 10, 2012 Spacewar.com (AFP)

 

London - British arms maker BAE Systems faced an uncertain future on Wednesday after the collapse of a proposed mega-merger with European aerospace giant EADS, as indebted governments slash their defence spending.

 

BAE was also seen as unlikely to receive a takeover proposal from a fresh suitor in the near term after the pair said they had ended merger owing to a lack of accord with "various" government stakeholders.

 

"We believe the merger presented a unique opportunity for BAE Systems and EADS to combine two world class and complementary businesses to create a world leading aerospace, defence and security group," BAE Systems chief executive Ian King said in a statement announcing the breakdown of talks.

 

"However, our business remains strong and financially robust. We continue to see opportunities across our platforms and services offerings and in the various international markets in which we operate. We remain committed to delivering total shareholder value and look to the future with confidence."

 

Following news of the collapse, shares in BAE were down 1.48 percent at 320.6 pence in afternoon trading on London's FTSE 100 index of leading companies, which was down 0.41 percent at 5,785.50 points.

 

Analysts said that the defence industry would continue to struggle in the face of dwindling government defence budgets.

 

"BAE and its Western competitors still face the same challenges", said Guy Anderson, senior analyst at defence industry consultants IHS Jane's.

 

"Defence spend in Europe and the US is on a downward trajectory. Companies with high exposure to defence markets, and with little exposure to the recovering commercial industrial and aerospace markets, will need to convince investors that they have viable survival plans.

 

"For BAE, the continued sale of businesses gathered during the heady acquisitions boom of the 2000s is probable," he added.

 

BAE Systems was born in November 1999 when British Aerospace bought Marconi Electronic Systems, the defence arm of GEC telecoms group, and relaunched itself under the new name.

 

The London-listed group has since rapidly expanded and is now an expert in the field of defence, security and military, whereas most of EADS's work is in the commercial sector with its Airbus jet division.

 

"We do not think it is likely another suitor will enter the process in the short term," Atif Latif, director of trading at Guardian Stockbrokers in London told AFP.

 

"Margin cuts for defence companies are likely in the future and more realistic defence budget cuts are now looming."

 

BAE was originally a member of the Airbus consortium, but sold its 20-percent stake back to EADS in 2006, in order to concentrate on defence.

 

The group now manufactures a host of products ranging from military transporters to Bradley fighting vehicles, Challenger tanks and Queen Elizabeth aircraft carriers.

 

BAE is also part of the Eurofighter Typhoon consortium that includes the German and Spanish subsidiaries of EADS, as well as Italy's Finmeccanica.

 

In addition, BAE has ramped up its focus on the United States, with the acquistion of United Defense Industries for $4.192 billion in 2005, and Armor Holdings for $4.1 billion in 2007.

 

The US market now accounts for about half, or 45 percent, of BAE Systems' total group revenues -- making it the biggest foreign supplier of military goods to the Pentagon.

 

In recent years, the group's performance has been hit as military budgets were cut by London, Washington and elsewhere. It has axed 22,000 jobs over the past three years in response to reduced military spending around the world.

 

BAE now has around 93,500 staff worldwide -- including 48,000 at its operations in Britain, according to the group's website.

 

In the United States, BAE is a key supplier for the F-35 Joint Strike Fighter jet and is also responsible for the Trident nuclear submarine programme.

 

Despite falling military budgets, BAE's net profits surged by almost 18 percent in 2011 to £1.24 billion.

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 11:25

EADS BAE

 

11/10/2012 Par Julie de la Brosse - lexpansion

 

Il ne faut pas s'y tromper. L'échec de la fusion EADS-BAE n'a pas fait que des perdants. Dans le secteur de l'aéronautique et de la défense, nombreux sont ceux qui voient s'envoler avec soulagement le projet de mariage entre les deux groupes.

 

 

Au lendemain de l'échec de la fusion entre EADS et BAE, tous les participants au grand projet vont faire leurs comptes : les Etats déjà -France, Allemagne, Grande Bretagne- qui vont s'évertuer à nier leur responsabilité, les entreprises actionnaires - Lagardère, Daimler-, qui se retrouvent de facto dans une grande inconnue. Mais pas seulement. De fait, ce sont tous les industriels de la défense qui avaient à craindre de la fusion entre EADS et BAE. Pour certains, c'est donc avec soulagement qu'ils voient s'envoler les projets de mariage entre les deux groupes.


>>> EADS-BAE: Pourquoi la fusion du siècle a échoué


Lagardère et Daimler: la grande inconnue - A priori, les deux actionnaires privés d'EADS n'avaient pas forcément intérêt à la fusion. En effet, cette dernière aurait eu pour conséquence de diluer leurs parts dans le futur l'ensemble, de sorte qu'elles deviennent financièrement moins intéressantes. Toutefois, c'était l'occasion ou jamais pour les deux entreprises de rendre ces participations plus liquides, et de s'en débarrasser, comme ils le souhaitent depuis des années.


Les perdants

-Tom Enders - Pour Tom Enders, le patron d'EADS, qui n'a pas attendu six mois à la tête du groupe pour tenter ce gigantesque coup de poker, les lendemains risquent d'être douloureux. Sa responsabilité sera forcément examinée dans cette affaire. Celui qui croyait pouvoir sortir l'Europe de la Défense de l'ornière dans laquelle elle s'est enfoncée, a mal calculé son coup. Celui qui croyait qu'il était possible de se libérer de l'infernal couple franco-allemand s'est trompé. Paris et Berlin n'étaient pas du tout prêts à tirer un trait sur leurs intérêts. Et à faire d'EADS un groupe comme les autres.


- La stratégie d'EADS dans le militaire et aux Etats-Unis - Le groupe avait affiché sa volonté de développer ses activités militaires pour réequilibrer des activités très largement tournées vers le civil (80% du chiffre d'affaires). De ce point de vue, l'alliance avec BAE était idéale. La question de l'avenir du pôle défense au sein du groupe est désormais posée. Tom Enders l'a lui-même reconnu mercredi soir dans une lettre à ses salariés. L'arrêt du projet met également fin à la possibilité de compter sur les liens étroits tissés par BAE aux Etats-Unis pour s'implanter en force sur le territoire américain.


-BAE Systems - Plus encore qu'EADS, BAE avait un besoin vital de cette fusion. Le groupe d'armement, qui réalise 45% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, va devoir faire face aux coupes du budget américain de la défense, notamment avec le retrait des troupes de la coalition en Irak. Pour le britannique, la fusion avec EADS était l'occasion de se renforcer dans l'aéronautique civile dont la croissance ne se dément pas. L'incertitude va donc continuer de peser sur son avenir.


-L'Europe de la Défense - Elle ne sortira pas grandie de cette affaire. Les voix qui plaidaient en faveur de la naissance d'un géant européen de l'armement, estimaient également que cela apporterait une pierre à l'édifice de la grande Europe de la Défense. Mais une fois encore, les intérêts nationaux ont primé sur les intérêts européens.


Les gagnants

- Le cours de Bourse d'EADS - Il a bondi de 5,29% en clôture après l'annonce de l'échec de la fusion. Pour les investisseurs, en effet, il n'y a plus à s'inquiéter de la dilution provoquée par un projet qui aurait accordé 40% du capital du nouvel ensemble aux actionnaires de BAE. Les réserves de cash seront également préservées.

 

-Boeing - Le projet devait permettre à EADS de dépasser l'américain Boeing dans l'aéronautique civil et militaire... Autant dire que Boeing n'avait pas intérêt à la naissance d'un tel mastodonte dans le ciel européen. D'autant que grâce à son alliance avec BAE, très présent sur le marché américain, EADS espérait également pouvoir enfin pousser les portes du Pentagone, un sanctuaire qui lui était jusque là réservé. Pour certains observateurs, de grands groupes américains, Boeing en tête, pourraient d'ailleurs profiter de l'échec pour s'emparer de BAE Systems, et conforter ainsi son ancrage aux Etats-Unis.

 

-Dassault- Le constat doit être à peu près identique chez Dassault. L'industriel français ne pouvait voir d'un très bon oeil l'alliance entre le géant européen et son concurrent britannique. Selon le courtier Oddo, Dassault aurait d'ailleurs été l'acteur français le plus fragilisé par la création du nouvel ensemble. Le courtier estimait qu'en cas de fusion, Dassault aurait sans doute été obligé de participer à son tour au mouvement de consolidation, chose que le français a toujours refusé. La fusion BAE-EADS aurait été d'autant plus difficile pour Dassault que ce dernier travaille avec EADS sur plusieurs programmes importants, et notamment celui du futur drone sans pilote, très stratégique pour les Européens. Une coopération qui n'aurait sans doute pas survécue à un mariage avec BAE.

 

-Finmecanicca - Pour certains, c'est le grand gagnant de l'échec des négociations. L'italien, déjà en grandes difficultés financières, aurait été extrêmement marginalisé par cette fusion, notamment au sein du consortium Eurofighter, et du numéro 2 mondial des missiles MBDA. Au lendemain de l'annonce d'une possible fusion entre les deux groupes, Société Générale a d'ailleurs dégradé la note du spécialiste italien de l'armement. Aujourd'hui, le ciel s'éclaircit donc pour le groupe italien qui nourrit secrètement des projets de rapprochements avec.... BAE Systems.

 
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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:58

EADS

 

10/10 Par Pascal Pogam –Les Echos.fr

 

Une opportunité formidable vient d'être manquée. Mais le management doit maintenant proposer sa vision pour la suite, explique aux Echos le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS.

 

Comment expliquez-vous l'échec de cette fusion ?

 

Un officiel allemand a dit « Un EADS indépendant est préférable ». Berlin semble considérer que, dans un groupe plus gros, leurs intérêts seraient nécessairement dilués. Nous n'avons jamais réussi à les convaincre du contraire. A tel point que, en réalité, il n'y a même jamais vraiment eu de négociation avec eux. Aucune exigence formulée. Nous sentions un réel engagement côté français et britannique. Nos interlocuteurs allemands, eux, participaient aux réunions de travail pour expliciter tel ou tel point technique, mais, à aucun moment, nous n'avons pu entrer de plain-pied avec eux dans l'intérêt stratégique de l'opération.

 

C'était également le cas avec Daimler ?

 

Je pensais vraiment que nous allions arriver à quelque chose de positif avec Daimler. Les discussions étaient constructives, tout comme avec Lagardère. Mais, à partir du moment où le gouvernement a dit non, nous ne pouvions passer outre.

 

Aujourd'hui, EADS tire un trait sur cette aventure. Que va-t-il se passer ensuite ?

 

Nous allons commencer par nous reposer. Ensuite, nous nous prendrons la tête entre les mains et nous réfléchirons à la ligne stratégique que nous souhaitons prendre. Tout en continuant bien sûr à vendre des avions, des satellites... Une question fondamentale va se poser : nous avons tracé une stratégie très claire de diversification géographique et de métiers. Une opportunité formidable vient d'être manquée. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Le management doit maintenant proposer sa vision pour la suite.

 

En refermant définitivement le dossier BAE ?

 

La réglementation boursière nous l'impose de toutes les façons pendant six mois. Mais il ne faut pas réfléchir comme cela. Il ne faut pas considérer que ce projet était le seul possible. Il y a plus d'un avenir pour un groupe comme EADS. L'échec de la fusion avec BAE doit d'abord nous inciter à rouvrir le champ des possibles, à repenser notre stratégie...

 

Sur le plan de la gouvernance, quelles leçons tirez-vous de cet échec ?

 

Il faudra analyser ce qui n'a pas fonctionné et ce qui devra évoluer. Mais je suis très fier de la cohésion qui s'est manifestée au sein de l'équipe de management, comme au sein du conseil d'administration. C'est encourageant et cela montre, tout de même, que les choses vont dans le bon sens.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:57

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/b/ba/Flag_of_Germany.svg/800px-Flag_of_Germany.svg.png

 

10 octobre 2012 Par Hassan Meddah – USINE NOUVELLE

 

Demandes excessives, interlocuteurs multiples, fuites organisées et désinformation... Les Allemands ont tout fait pour faire capoter le projet de fusion.

 

Traits tirés, après la dernière longue nuit de discussion de mardi dernier, les négociateurs français pour le compte d'EADS hésitent entre déception et dégoût. Déçus de ne pas avoir bouclé un deal historique en fusionnant avec le britannique BAE mais aussi dégoûtés par l'attitude de l'Allemagne qui a multiplié les obstacles pour obtenir un accord à la fusion. Pour eux, c'est l'incompréhension totale: "On peine à trouver une raison particulière à cette attitude.(…) La liste de leurs exigences était sans fin. A peine avaient-ils satisfaction sur un point, qu'ils réclamaient autre chose", indique l'un d'entre eux.

 

Selon lui, l'Allemagne a multiplié les obstacles pour faire capoter le projet de fusion. Pourtant, la France et l'Angleterre ont multiplié les concessions: la golden share, l'entrée au capital à la même hauteur que la France, la garantie de ne pas toucher aux sites industriels et aux bureaux d'études Outre-Rhin...

 

Tout a mal commencé. Les Allemands ont laissé traîner l'affaire. Les négociations ont démarré beaucoup plus tardivement qu'avec la France et le Royaume-Uni. Alors que l'annonce du projet de fusion aux actionnaires et aux Etats avait été faite en juin, les négociations avec les représentants allemands sont entrées dans le dur qu'en septembre. Deux mois de perdus. "Du côté de l'Etat français, les discussions avaient démarré bien en amont depuis plusieurs semaines". La France s'était organisée pour, désignant le directeur de l’agence des participations de l’état David Azema et le délégué général pour l’armement Laurent Collet-Billon, pour le représenter. "Ils avaient un mandat clair. Ils nous ont présenté les lignes rouges à ne pas dépasser. Le dialogue était professionnel et sain", explique cette source.

 

Tout le contraire de ce qui s''est passé en Allemagne ou la cacophonie a dominé, avec des interlocuteurs changeants. Et des parasitages au plus niveau. Peter Hintze, député CDU et coordinateur du gouvernement allemand pour l'aéronautique, a multiplié les déclarations hostiles au projet de rapprochement.

 

Les négociateurs français dénoncent également des coups bas venus d'outre-Rhin. "Après les réunions entre les représentants des Etats, des informations fausses sortaient dans la presse allemande". Comme l'intention du rachat des parts de Lagardère par l'Etat français pour mettre de l'huile sur le feu. "Cela n'a jamais été un sujet", explique ce proche des négociations.

 

Ou encore vendredi soir dernier, l'annonce de l'impasse des négociations par l'agence de presse allemande DPA. Des dirigeants d'EADS au plus haut niveau ont dû monter au créneau pour démentir l'information. La méthode était bien rodée. Déjà dès le lendemain de la fuite le 12 septembre, l'agence allemande citait des personnes proches des négociations doutant que le projet puisse susciter un accord. "La répétition de ce genre d'incidents est le signe d'une grande détermination, pas d'un grand courage, à précipiter l'échec des négociations", indique amer ce négociateur.

 

Pour finir, les Allemands ont multiplié les exigences impossibles à tenir. A défaut d'avoir le siège du groupe, ils ont exigé soit le siège d'Astrium, soit celui d'Eurocopter. "Ces aspects opérationnels n'entraient pas dans le cadre des négociations (…) A un moment, il a bien fallu se rendre à l'évidence. L'Allemagne ne voulait pas de l'opération", indique-t-il.

 

Les négociations ont été interrompues mardi dans la soirée. La nuit n'a pas porté conseil et la matinée n'a pas permis de concilier les positions. Mis devant le fait accompli, EADS et BAE ont fait le deuil de leur union. En début d'après midi, le communiqué de presse partait pour annoncer l'échec de la fusion.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:55

EADS BAE

 

10/10/2012 Michel Cabirol et Fabrice Gliszczynski – LaTribune.fr

 

L'Allemagne a bloqué les négociations, faisant échouer l'opération de la décennie.

 

C'est désormais confirmé, l'Allemagne a torpillé l'opération EADS/BAE Systems, en raison de son intransigeance très égoïste. Plus précisément, la chancelière Angela Merkel s'est opposée aux modalités de rapprochement entre les deux groupes. C'est d'autant plus fâcheux que, selon nos informations, à l'inverse, Paris et Londres étaient tombés d'accord avec les deux directions d'EADS et de BAE Systems. Ce qui semblait aussi le cas du groupe Lagardère. Daimler était également sur cette tendance mais a été contraint de suivre la ligne de Berlin.

 

Berlin n'a pas joué le jeu

 

Pour les négociateurs d'EADS et de BAE Systems, la tache a été compliquée. Car les Allemands n'ont pas exprimé tous leurs souhaits lors des séances de négociations. En revanche, ils ont fait fuiter leurs exigences dans la presse, notamment allemande. Les deux groupes n'ont pas réussi à faire plier Angela Merkel, qui pense déjà aux élections de septembre prochain et devait obtenir un consensus politique difficile en Allemagne sur ce dossier, sans accéder à ses trop grandes exigences... Car faut-il rappeler que l'Allemagne n'est pas actionnaire (c'est Daimler qui porte les intérêts allemands) et ne détient aucun actif de défense stratégique sur son sol. Ni François Hollande, ni le Premier ministre britannique "n'ont osé" tordre le bras à Angela Merkel, regrette un proche des négociations.

 

L'Allemagne n'avait rien à donner mais avait d'énormes exigences

 

Qu'elle veuille s'arroger 9 % du capital de la nouvelle entité passe encore (même si la position d'EADS a toujours été contre) à condition néanmoins qu'elle ne demande pas des conditions exorbitantes attachées à sa présence au capital. "Des droits particuliers ou un pacte avec la France constituent des lignes rouges qui mettraient en péril l'opération. Elles modifieraient le profil commercial du groupe qui ne veut pas apparaître comme une émanation des Etats pour pouvoir commercer avec tout le monde, et poseraient un problème avec les Etats-Unis", avait expliqué un proche du dossier juste avant que la nouvelle ne tombe. "Une part de 9 % sans droits particuliers, c'est gérable. Que l'Allemagne rachète toute la participation de Daimler qui veut sortir (14 % du nouvelle entité), cela poserait en revanche un problème", avait-il ajouté. In fine, l'Allemagne avait déjà obtenu beaucoup : la possibilité d'entrer au capital et une action spéciale qui lui permettra de s'opposer à toute tentative d'OPA et de préserver les emplois, les sites industriels et la recherche et développement sur le sol allemand.

 

Berlin ne s'est pas laissé convaincre

 

Concernant la revendication de l'Allemagne qui voulait le siège social en Allemagne, le patron d'EADS "Tom Enders (qui a installé le siège d'EADS à Toulouse pour des raisons économiques, ndlr) n'est pas homme à changer d'avis", rappelle une source proche des négociations. Les discussions se seraient retrouvées bloquées sur cette exigence de Berlin. Pourquoi l'Allemagne avait-elle de telles exigences ? Parce qu'elle n'avait rien à perdre - puisqu'elle n'avait rien à donner - à se montrer intransigeante et surtout tout à gagner. Y compris si EADS et BAE Systems obtenait une prolongation des autorités boursières britanniques (panel). Et comme le suggérait malicieusement un observateur, pourquoi Berlin se serait-il laissé convaincre plus tard ? Berlin portera de façon indélibile la responsabilité de l'échec du deal de la décennie.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:54

EADS

 

10/10 Les Echos.fr (AFP)

 

Une fusion avec BAE Systems était « la décision logique et due depuis longtemps vers une intégration de notre industrie », soutient le DG d'EADS.

 

Le directeur général du groupe aéronautique EADS Tom Enders a reconnu mercredi qu'il ne s'attendait pas à une telle opposition de Berlin à son projet de fusion avec le britannique BAE Systems, dont l'échec avait été officiellement annoncé quelques heures plus tôt. « Je suis prêt à admettre que nous n'avions jamais imaginé faire face à une telle opposition contre l'accord, en particulier pas à Berlin », a indiqué M. Enders dans une lettre aux salariés, dont « Les Echos » ont eu une copie.

 

Le manager allemand a relevé dans la même missive « les efforts importants » consentis par les gouvernements français et britannique pour surmonter « les obstacles politiques » au projet dévoilé le mois dernier. Pour M. Enders, une fusion avec BAE Systems était « la décision logique et due depuis longtemps vers une intégration de notre industrie ».

 

Revoir la stratégie du groupe

 

Il a fait valoir qu'un rapprochement avec le rival britannique était parfaitement conforme au projet Vision 2000, adopté il y a cinq ans par le conseil d'administration et régulièrement réaffirmé depuis par le groupe, qui prévoit un rééquilibrage des activités d'EADS vers la défense.

 

M. Enders a estimé que l'échec du projet allait d'ailleurs contraindre le groupe européen à réfléchir à l'avenir de ses activités de défense, regroupée dans sa filiale à forte connotation allemande, Cassidian. « Nous allons devoir revoir la stratégie de notre groupe et de ses activités de défense en particulier », a indiqué M. Enders dans la même lettre.

 

Il ne ferme pas la porte à de futurs projets avec BAE Systems, en soulignant que les négociations menées depuis un mois avaient même permis de « renforcer » les liens entre les deux groupes. « C'est une excellente base pour développer encore nos liens d'affaires dans le domaine de la défense », a-t-il fait valoir.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:20

norwegian_cv90_in_afghanistan.jpg

 

October 10, 2012 defpro.com

 

The Netherlands Defence organisation and BAE Systems, the manufacturer of the CV90, have agreed to work together more closely on the maintenance procedure for the infantry combat vehicle. Among the things that should improve is the availability of spare parts.

 

This week, BAE Systems Vehicle Support Services and the Netherlands Defence organisation signed a letter of intent on the matter in Leusden, the Netherlands. The two parties will exchange information in order to improve the levels of expertise of those involved; subsequently, they will be able to take the appropriate actions in maintenance procedures. As a customer, the Defence organisation gains user experience and will now combine the knowledge gathered with the experience and expertise of the manufacturer, BAE Systems.

 

This knowledge exchange is intended to ensure that the Netherlands Defence organisation holds on to its position as the main centre of expertise for land systems, and, in addition to improved availability of spare parts, ensure optimal deployability of the combat vehicle.

 

TRUST

 

The letter of intent is the written basis for improved cooperation, improved performance, the retention of essential knowledge and, last but not least, growing mutual trust. The goal is to realise the objectives set out in the document by the end of 2014. The improved relationship of trust should provide a basis for a long-term maintenance contract.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:05

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/08/Flag_of_Switzerland_%28Pantone%29.svg/320px-Flag_of_Switzerland_%28Pantone%29.svg.png

 

11 octobre 2012 Guysen International News

 

Le gouvernement suisse (Conseil fédéral) a approuvé mercredi l' adaptation de l' ordonnance sur le matériel de guerre (OMG) touchant à la déclaration de non-réexportation, visant à serrer le contrôle de réexportation du matériel de guerre et à éviter l'affaire grenades à main suisses découvertes en Syrie

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:51

EADS BAE

 

11 octobre 2012 Par Hassan Meddah – USINE NOUVELLE

 

ANALYSE  Le projet de rapprochement des deux groupes a pâti du manque de soutien des gouvernement allemand, britannique et français.

 

Qui auront été les premiers obstacles à cette fusion ? Les actionnaires privés des groupes EADS et BAE Systems? En aucun cas. De l'aveu même des négociateurs, les positions et commentaires critiques des groupes Daimler et Lagardère ont eu peu d'effet sur les discussions et les cours de bourse des sociétés.

 

Dans cet échec de fusion, les gouvernements allemand, britannique et français sont les premiers responsables. A force de tergivisatoins, d'exigences et d'inquiétudes, ils ont fait perdre un temps précieux aux discussions. L'Allemagne a réclamé d'abriter le siège de la nouvelle entreprise, l'Angleterre a voulu imposer aux autres Etats des seuils de participation au capital de la nouvelle entreprise et la France s'inquiétait du sort de ses champions industriels laissés sur le bord de la route (Dassault, DCNS, Safran, Thalès...). Des exigences multiples et contradictoires qui ont contraint les patrons des deux groupes, Tom Enders pour EADS et Ian King de BAE, à annoncer l’échec de l’opération.

 

Le paradoxe, c'est que ces mêmes Etats réclament à cor et à cri une Europe de la défense. François Hollande, pendant la campagne pour l’élection présidentielle, militait pour des rapprochements avec l'Allemagne et l'Angleterre, même si cela pouvait occasionner une restructuration de l'outil industriel.

 

D’ores et déjà, le chef de l’Etat dénie toute responsabilité dans l’échec de la fusion. Il estimait, mercredi en début d’après-midi, à Paris, que l'échec de la fusion d’EADS et BAE Systems était une "décision des entreprises", réaffirmant toutefois sa "confiance" dans EADS. Il a affirmé que "l'Etat français, à sa place, fera tout pour que cette entreprise (EADS) ait tous les soutiens nécessaires" à l'avenir.

 

Les Etats européens savent qu’ils n’ont plus les moyens de dépenser chacun de leur côté des milliards d'euros pour maintenir leur outil de défense et développer des technologies et des armements de plus en plus couteux : ils doivent mutualiser. A coup sûr, la France ne pourra dépenser à nouveau une quarantaine de milliards d'euros pour concevoir et développer le successeur du Rafale. Le prochain avion de combat français sera le fruit d'un programme de coopération européenne.

 

La fusion n'était pas celle des Etats

 

Le risque de ne pas s'unir pour l'Europe est clair : avec des budgets de défense nationaux en baisse et fragmentés, elle risque le déclassement par rapport aux autres grandes puissances militaires établies ou émergentes. Dans son dernier rapport sur la loi de programmation militaire 2009-2014, la cour des Comptes notait une augmentation des dépenses militaires de plus de 50 % dans le monde depuis 2001... Essentiellement hors d'Europe .

 

"Il s’ensuit des risques de rupture technologique et d’évolution des rapports de force stratégique. Cette croissance concerne en premier lieu les Etats-Unis, dont le budget a augmenté de plus de 80 % depuis 2001, soit une enveloppe de plus de dix fois supérieure aux budgets britanniques ou français et qui permet le développement d’un effort de recherche très important. Elle concerne également la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil et, de manière générale, l’ensemble des zones du monde à l’exception de l’Europe occidentale ", poursuivait le rapport des sages de la rue Cambon, à Paris.

 

Alors pourquoi ne pas encourager à 200% l'initiative prise par le président d'EADS Tom Enders ? Sûrement parce que cette fusion n'était pas la leur. A la création d'EADS en 1999, les gouvernements allemand et français donnaient le tempo et pilotaient l'opération. Tout était sous contrôle. Dans le cadre de la fusion EADS/BAE Systems, ils étaient quasiment mis devant le fait accompli.

 

Tom Enders a-t-il voulu aller trop vite ? Peut être. Son prédécesseur, Louis Gallois, plus diplomate et soucieux des intérêts étatiques, n'envisageait qu'à l'horizon 2020 un rééquilibrage des activités civile et de défense du groupe EADS.

 

Les Etats privilégient les accords bilatéraux sur des grands domaines de coopération technologique. La France et l'Angleterre commencent ainsi à entrer dans le vif du sujet suite à l'accord de Lancaster House signé en novembre 2010 par le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron. Cet accord prévoit une double coopération, sur le nucléaire d'une part, et sur la sécurité et la défense d'autre part.

 

L'Europe de la défense peut attendre. Jusqu'à quand ?

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 20:25

poolind and sharing

 

oct 10, 2012 Damien Kerlouet (BRUXELLES2)

 

Les Européens sont, en quelque sorte, aujourd’hui au pied du mur a expliqué Claude-France Arnould la directrice de l’Agence européenne de défense, venu expliquer, devant les députés de la sous-commission Défense mardi (9 octobre), combien le pooling and sharing avait de l’avenir. Les Etats-Unis ont des attentes très claires. Ils « veulent que l’Union européenne soit un « security provider », c’est-à-dire que nous prenions notre part du fardeau, que nous soyons capables d’intervenir de manière autonome». Ils disent qu’ils ne peuvent « plus tout le temps apporter les ressources nécessaires ». C’est tout l’intérêt du travail mené par l’Agence de défense européenne.


La grande force du Pooling and Sharing à l’Européenne


… c’est sa capacité à faire une « synergie avec les autres politiques de l’Union » a expliqué Claude-France Arnould. Elle permet « des actions duales » (c’est à dire ni proprement militaire, ni proprement civile) sur la sécurité, et de dresser « des parallèles entre les capacités de l’UE et ses règlements » (par exemple sur les drones). La mise en place de la Task Force « Défense » à la Commission en est un autre exemple. «Nous pouvons également travailler sur la base industrielle. Il y a un lien entre la santé de notre industrie et les besoins de nos forces.» C’est un secteur qui contribue à l’emploi et à l’économie, dans chaque Etat membre, a insisté CF Arnould.


Une condition : offrir un service à la carte, s’adapter


L’autre grand atout du Pooling and sharing, c’est son adaptabilité aux souhaits et besoins des nations. « Nous nous sommes efforcés d’être aussi pragmatiques que possible», y compris sur les questions de la souveraineté. Les Etats membres veulent « de la disponibilité » mais ils « ne veulent pas d’automatisme et souhaitent un certain niveau de solidité à la coopération », notamment concernant la sécurité de l’approvisionnement. « Il faut s’assurer que nous opérons dans des capacités où les Etats membres sont prêts à jouer le jeu et (…) valider cette coopération sur la base de projets concrets ». Il faut offrir en quelque sorte un service « à la carte ».


Une difficulté : garder une cohérence d’ensemble


Toute la difficulté est justement là, selon CF Arnould. Si la coopération est toujours « à l’origine un processus bilatéral ou entre quelques Etats membres » — le même constat est fait à l’Otan —, il faut aussi garder un « certain degré de cohérence, de coopération et partage des meilleures pratiques, pour s’assurer qu’il n’y aura pas de duplication » entre chacun des projets des Etats. C’est tout le sens du projet de l’Agence européenne de défense, que de publier un rapport annuel. Dégager la volonté politique n’est pas le plus compliqué souvent. Le problème est parfois ailleurs. « Les machines bureaucratiques doivent comprendre la valeur ajoutée de l’Agence et aider les Etats membres dans leurs quêtes et leurs efforts ».


Certes certains ministres peuvent être sceptiques ou irrités par cette conception du pooling and sharing : «A Nicosie j’ai pu leurs parler. Leur première appréhension est de voir le P&S être un alibi pour des réductions de budget. C’est une crainte que je comprends, mais le but n’est pas de faire plus avec moins. C’est de faire plus». Le deuxième élément, c’est de croire que ça compliquera les choses, il faut démontrer le contraire. Par exemple, pour la guerre des mines, l’EDA a étudié les besoins et tout de suite la France et le Royaume-Uni ont adapté cette « brique toute prête » et l’ont mis dans les mains de l’OCCAR. «Il faut traiter ces points de craintes et non les minimiser ».

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 20:09

eurofighter-typhoon-airbus-a380

 

10/10 Par Cecile Cornudet – LesEchos.fr

 

Les discussions étaient en bonne voie avec les Britanniques jusqu'à ce que Angela Merkel téléphone mardi à matin à François Hollande pour l'informer de son « non » au projet.

 

L'histoire commence par un communiqué tardif de Pierre Moscovici, le mercredi 12 septembre, qui « prend acte d'un possible rapprochement » entre EADS et BAE Systems. « La France se prononcera le moment venu », précise le ministre français de l'Economie, laconique.

 

Elle se poursuit par un long silence de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, qui laissent paraître en privé des signes d'agacement face aux deux entreprises. « Les industriels ont agi tout seuls », grogne Matignon. Il n'empêche. Sans tarder, les services de l'Elysée, de Bercy et de la Défense se mettent en mouvement et engagent en coulisse des négociations. Avec les entreprises pour peser sur le maintien des sites et de l'emploi et défendre la participation de l'Etat. Avec l'Allemagne pour tenter de trouver une position commune.

 

Pour avancer sur le projet, sans braquer les Allemands, la voie est étroite. La Grande-Bretagne apparaît vite plus compréhensive. « Le gouvernement se pose beaucoup de questions », lâche Pierre Moscovici à Londres, le 18 septembre, sans abattre ses cartes. Il y a cinq jours, François Hollande sort en revanche de sa réserve pour rappeler, de Malte, qu'un tel mariage ne se ferait pas sans conditions « en termes de présence au capital, de localisation des sièges et de protection de notre industrie de défense ».


Secret et extrême prudence

 

Dans les coulisses, les discussions avancent avec les Britanniques. La France espère. Las. Les négociations achoppent. Le président de la République a brièvement commenté l'information ce mercredi. « L 'Etat français, à sa place, fera tout pour que cette entreprise (EADS) ait tous les soutiens nécessaires » à l'avenir. Dans ce dossier industriel à haut risque, François Hollande a esquissé une méthode à l'opposé de celle de son prédécesseur, mêlant secret et extrême prudence. Industriellement, le projet n'a pas abouti, sans qu'il soit aisé de savoir s'il en aurait été autrement avec une autre gestion présidentielle. Diplomatiquement, le dossier ne renforce pas le couple franco-allemand, déjà fragile, même si Angela Merkel a pris la précaution de prévenir le chef de l'Etat de son « non » final, avant de partir en Grèce mardi matin. Mais, publiquement, cela ne se percevra pas aisément.

 

Le chef de l'Etat n'a pas pointé la responsabilité de l'Allemagne ce mercredi. Il n'a rien dit. Il n'a pas non plus endossé le poids de l'échec. « C'est le choix des entreprises. Je n'ai pas à regretter ou à me réjouir. »

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 19:58

EADS BAE

 

10/10/2012 Michel Cabirol – Latribune.fr

 

En dépit de l'échec du rapprochement entre BAE Systems et EADS, le paysage de l'industrie de la défense va très probablement changer en Europe. Car cette opération a révélé les faiblesses des concurrents des deux groupes. Et BAE Systems reste à vendre.

 

C'est un échec aux conséquences difficiles à évaluer mais l'Allemagne pourrait s'en mordre les doigts à plus ou moins long terme. Car si les fondamentaux d'EADS sont sains et solides, notamment grâce à un très impressionnant carnet de commandes de 551,7 milliards d'euros à fin juin 2012, le groupe européen, qui pourrait entrer dans une période de turbulences en interne en raison de cet échec - ce qui n'est pas sûr aussi -, n'est pas à l'abri d'une opération structurante dans le monde de la défense sans qu'il y participe. Notamment autour de BAE Systems, EADS ne pouvant rien entreprendre pendant une période de six mois selon le droit boursier. Car le groupe britannique reste bel et bien à vendre. "Il a fait officiellement le choix de s'adosser à un groupe plus puissant, explique un bon connaisseur. Le groupe britannique est donc arrivé au bout d'une logique stand alone qu'il a poussé aussi loin que possible".

 

De cet échec, BAE Systems sort plus affaibli que EADS, à qui il avait donné en préférence sa main. "Les Britanniques ont tenu à discuter avec nous en premier", précise ce bon connaisseur de l'opération avortée. Aujourd'hui la porte de BAE Systems est ouverte. D'autant que que le groupe britannique va être à terme durement impacté par la baisse des budgets de défense aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne avec le retrait des troupes de la coalition en Irak et en Grande-Bretagne. Sauf si un conflit d'envergure éclate, rappelle-t-on à "latribune.fr".

 

Un deal Finmeccanica/ BAE Systems pourrait fagiliser EADS

 

De toute façon, le paysage industriel de la défense et de l'aéronautique ne sera plus le même. Il y aura un avant et un après. "Le projet de rapprochement entre BAE et EADS a ouvert pas mal de choses", confirme un analyste interrogé. Car cette opération a révélé les fragilités des uns et des autres. Cela a été un véritable révélateur et va rester intolérable pour tous les concurrents des deux groupes. C'est le cas par exemple de Dassault Aviation, qui se sentait au bord de la touche notamment dans les drones et à un degré moindre dans l'aviation de combat. C'est surtout le cas du groupe italien Finmeccanica, qui a très mal vécu l'annonce de cette opération. Surtout, Finmeccanica, déjà fragilisé par une perte de 2,3 milliards d'euros en 2011 et par des affaires de corruption qui ont contraint son président Pier Francesco Guarguaglini à la démission en décembre, s'est trouvé marginalisé par cette opération. Il aurait pu se retrouver complètement en minorité au sein du consortium Eurofighter avec seulement 21 % et chez MBDA (25 %).

 

Aujourd'hui, Finmeccanica peut à nouveau rêver que BAE Systems lui fasse des appels du pied. "C'est leur secret espoir", explique un bon connaisseur du groupe italien. Ce qui renverserait alors totalement les rôles avec EADS, qui retrouverait à son tour marginalisé et fragilisé dans plusieurs de ses domaines (aviation de combat et missiles). "Cette opération a du sens mais elle serait très mauvaise pour la France et l'Allemagne", assure-t-on à "latribune.fr". D'ailleurs le patron de Finmeccanica, Giuseppe Orsi, a récemment dit dans un colloque que le partenaire naturel de BAE Systems, est bien Finmeccanica. En outre, le groupe italien renforcerait BAE Systems aux Etats-Unis en apportant DRS Technologies (2,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2007), racheté pour 5,2 milliards de dollars en octobre 2008 au nez et à la barbe de Thales. Enfin, Finmeccancia a une longue tradition en Grande-Bretagne où il a racheté dans les années 2000 des coentreprises créées avec BAE Systems, AMS, et avec le britannique GKN, AgustaWestland, ainsi que toutes leurs filiales dans le monde.

 

Boeing et les américains intéressés ?

 

Les groupes américains pourraient également profiter d'un échec pour draguer BAE Systems, qui conforterait ainsi son ancrage aux Etats-Unis où il réalise déjà 45 % de ses ventes (42 % de ses effectifs). Notamment Boeing pourrait être le plan B du groupe britannique, comme certains observateurs le supputent. Pour Boeing, qui n'a plus d'avions de combat après le F-18, qui a déjà 30 ans d'existence - il a été mis en service au début des années 1980 -, cela permettrait au groupe américain de mettre la main sur certaines activités de BAE Systems dans le F-35. Pour autant, cette alliance pourrait mettre un terme à toutes les coopérations entre BAE Systems et Dassault Aviation (drones, futur avions de combat). Boeing n'est pas le seul à pouvoir être intéressé par BAE Systems, Lockheed Martin, Northrop Grumman pour ne citer que les plus importants, pourraient regarder le dossier avec intérêt pour contrer Boeing.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 19:28

EADS

 

10/10 Par Bruno Trevidic – LesEchos.fr

 

Si la bonne santé du groupe n'est pas remise en cause, sa capacité à gérer son destin est battue en brèche et son pacte d'actionnaires est en sursis.

 

Et maintenant ? C'est la question que peuvent se poser les 133.000 salariés d'EADS, face à ce qui constitue un revers majeur pour la stratégie de ses dirigeants. Désavoué par son gouvernement, Tom Enders va-t-il rester aux commandes ? Le veto allemand à la fusion ne va-t-il pas rallumer la guerre de tranchées franco-allemande au sein d'EADS ? Autant d'inconnues qui ont de quoi inquiéter.

 

La première réaction de la Bourse de Paris peut rassurer. Le titre EADS y a clôturé, ce mercredi, en hausse de 5,29 %, à 27,48 euros. Pour les analystes, l'échec du projet a en effet le mérite de préserver les réserves de cash d'EADS et le potentiel de hausse de l'action, qu'un deal à 60/40 avec BAE risquait de brider durablement.

 

Du côté d'EADS, on se voulait également rassurant ce mercredi. « Le groupe ne sort pas affaibli de cette opération, affirmait-on. Il conserve un bilan solide, du cash et un carnet de commandes considérable. Sa stratégie n'est pas non plus remise en cause, même si une occasion d'accélérer considérablement sa mise en oeuvre a été manquée ».

 

La position de Tom Enders elle-même ne serait pas menacée, affirme-t-on. Le patron d'EADS aurait toujours la confiance de ses grands actionnaires - Daimler, Lagardère et l'Etat français -qui lui avaient tous donné leur feu vert pour négocier avec BAE et qui ne sont pas à l'origine de l'échec. L'hypothèse d'une démission imminente de Tom Enders, qui ouvrirait la voix à une possible crise de gouvernance, semble donc écartée. Du moins à court terme. Même si certaines personnes à Berlin, comme le responsable des affaires aéronautiques du gouvernement, Peter Hintze, n'aura rien contre son départ, on imagine mal la France et l'Allemagne se mettre d'accord demain sur son remplacement.

L'entreprise normale mise à mal

 

Pour autant, EADS et ses dirigeants ne sortiront pas indemnes de cette affaire. Cet échec démontre une fois de plus que la stratégie d'EADS reste soumise au bon vouloir des Etats, même quand ils ne sont pas actionnaires et passent pour peu interventionistes, comme l'Allemagne. L'aspiration du groupe à devenir une entreprise normale est une nouvelle fois battue en brèche.

 

Cet épisode rappelle également que le pacte d'actionnaires est condamné à court terme. Daimler a expliqué tout au long de l'affaire que son seul souci était de vendre au meilleur prix. L'opération aurait dû lui permettre de céder à la banque publique allemande Kfw, de 7,5 % à 15 % du capital d'EADS sur les 22,4 % qu'il détient.

 

A supposé que Berlin envisage encore de racheter une partie de ses actions, il faudra le feu vert des Français - ce qui n'est pas gagné. Et ce sera sans droit de veto, celui-ci n'étant pas transmissible avec les actions, sauf à lancer une offre sur la totalité du capital. Une impasse qui pourrait bien se transformer rapidement en crise actionnariale.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 19:26

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/b/ba/Flag_of_Germany.svg/800px-Flag_of_Germany.svg.png

 

10/10 Par Jean-Philippe Lacour – LesEchos.fr

 

Premier responsable de l'échec du projet, le gouvernement allemand a manqué d'intérêt pour ce rapprochement. Le soutien au secteur militaire ne va pas de soi outre-Rhin.

 

Tom Enders, le patron d'EADS, aura tout tenté pour convaincre Berlin du bien-fondé de son projet de créer un géant de l'industrie militaire et aéronautique. Mais le roc politique berlinois s'est avéré incontournable. « C'est en première ligne le gouvernement allemand qui a laissé échouer la fusion », a expliquait ce mercredi une source au sein d'EADS, cité par l'agence allemande DAPD.

 

Jusqu'aux derniers instants, l'attitude de Berlin n'a pas été comprise par le groupe aéronautique. « Berlin a raisonné comme aux temps de la guerre froide, alors que cela ne peut pas aider une entreprise au 21ème siècle à se frayer un chemin pour devenir un leader dans son secteur. On en vient à la conclusion que le gouvernement allemand n'a pas de stratégie et pas d'intérêt dans l'industrie militaire », explique une autre source interne aux « Echos ».

 

L'offre en présence cherchait à limiter la capacité de l'Allemagne, comme de la France et de la Grande-Bretagne, à peser en tant qu'Etat sur la destinée du grand ensemble projeté. Cette diminution de la présence publique aurait dû trouver un écho favorable auprès du ministre libéral de l'économie et vice-chancelier Philipp Rössler. Or, si celui-ci trouvait « du charme » au projet, il n'a pas apporté de soutien engagé alors que son administration était placée à la tête d'un groupe interministériel constitué dès cet été pour évaluer le projet.

 

Une voix nettement discordante depuis des semaines, en la personne du coordinateur de l'industrie aéronautique, Peter Hintze, qualifiait d'ailleurs de « totalement ouverte » l'attitude du gouvernement face au projet de fusion. Pour celui-ci, la défaite de Tom Enders est clairement une victoire, analysait dès ce mercredi la FAZ, rappelant que les deux hommes ne sont pas du tout en odeur de sainteté.

 

Impensable de soutenir le secteur de la défense à l'export

 

La perception qu'a l'Allemagne de son industrie de défense a aussi été un facteur clé de cet échec. « L'Allemagne a du mal à s'imaginer une stratégie de conquête pour son industrie militaire et en quoi ce secteur peut contribuer pour d'autres branches de l'économie », explique Christian Mölling, chercheur dans les questions de sécurité à la fondation berlinoise SWP.

 

En clair, que l'armée allemande s'équipe chez un fournisseur domestique passe encore, mais il est impensable de soutenir le secteur de la défense à l'export, comme cela se fait avec panache dans l'automobile ou la machine-outil. Impossible aussi de faire du soutien à l'industrie militaire un thème de campagne électorale...

 

La peur de se faire abuser dans un projet économique est enfin très présente à Berlin : dans une discussion publique ou privée sur la politique industrielle, n'importe quel acteur dans la capitale allemande en vient à rappeler l'épisode de la reprise d'Aventis par le français Sanofi dans le secteur de la santé. Un traumatisme qui date de 2004 et reste vivant dans l'inconscient allemand. Au moment d'étudier la fusion avec BAE, « une quantité de facteurs ont joué, tels que la sécurité de l'emploi et des sites industriels, et surtout, les stéréotypes à propos de l'attitude hégémonique prêtée aux autres Etats concernés », résume Christian Mölling.

 

Les discussions ont achoppé sur la question des participations d'Etat, veut croire de son côté Joachim Pfeiffer, député du parti CDU. Il est vain selon lui de se repasser le mistigri en cherchant à culpabiliser l'un ou l'autre Etat. Et il importe désormais de voir les opportunités qui se présentent pour EADS en Europe.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 18:47

Europe Flag

 

10/10 LesEchos.fr (Reuters)

 

L'échec de la fusion d'EADS et BAE Systems illustre l'incapacité des Etats à mettre en musique une Europe de la défense et une consolidation qu'ils appellent pourtant de leurs voeux depuis plusieurs années.

 

Il met également en lumière la volonté de l'Allemagne de conserver la maîtrise de son industrie, qui jouit de meilleures performances que celles de la France et du Royaume-Uni.

 

Un mois après l'annonce de leur entrée en négociations exclusives, EADS et BAE ont décidé mercredi de renoncer à leur projet de rapprochement, une opération qui devait leur permettre de donner naissance à nouveau géant mondial du secteur, plus important en chiffre d'affaires que l'américain Boeing.

 

La Bourse et les syndicats, pour des raisons différentes, se sont réjouis de l'annonce du jour. Les deux groupes ont de leur côté accusé l'Allemagne d'avoir torpillé le projet, tandis que Londres et Paris ont souligné que la responsabilité revenait essentiellement à EADS et BAE.

 

"Je n'ai pas à regretter ou à me réjouir, j'ai à constater. J'ai confiance dans EADS qui continuera sa progression", a déclaré le président François Hollande au cours d'une conférence de presse, évoquant la nécessité de garder de "bonnes relations" avec l'Allemagne et le Royaume-Uni.

 

Plus directe, la présidente socialiste de la commission de la défense de l'Assemblée nationale, Patricia Adam, a évoqué "une très mauvaise annonce pour l'Europe de la défense".

 

Le secrétaire d'Etat allemand à l'Economie, Peter Hintze, a quant à lui estimé dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel que les intérêts industriels de son pays seraient mieux servis si EADS restait indépendant.

 

Plusieurs experts interrogés par Reuters s'attendaient à ce que le projet de fusion n'aille pas à son terme, au-delà même de la seule problématique de gouvernance propre à EADS et des conditions financières du projet critiquées par certains grands actionnaires.

 

Sur fond de ralentissement économique généralisé, la crise de la dette mobilise les chancelleries européennes et les inconvénients mis en avant par le rapprochement semblent l'avoir emporté sur ses avantages supposés.

 

L'Allemagne, qui souhaitait bénéficier du même traitement que la France dans le schéma de fusion retenu, avait aussi insisté pour que la nouvelle entité dispose d'un siège à proximité de Münich, où sont déjà implantés des locaux d'EADS.

 

Selon plusieurs sources, ces deux exigences ont fait se cabrer Londres, inquiet des conséquences qu'elles auraient pu avoir sur l'accès des équipes de BAE Systems aux Etats-Unis, premier marché mondial de défense, et Paris.

 

"Nous savions que ce serait un projet risqué. Les relations franco-allemandes étaient déjà difficiles du fait de la crise de la zone euro. Les deux parties ont eu le sentiment d'être menées en bateau mutuellement", ajoute Etienne de Durand, directeur du centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales (Ifri).

 

TÂCHE HERCULÉENNE

 

"La question que devaient se poser les Etats était de savoir s'ils allaient créer une entreprise qui soit compétitive au niveau mondial dans l'aéronautique et la défense et qui leur assure une autonomie d'approvisionnement", explique pour sa part Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques.

 

"Les Français ont répondu oui par intérêt stratégique car le projet s'inscrivait dans le cadre global de construction de l'Europe de la défense. Les Britanniques ont répondu oui parce qu'ils souhaitaient conserver la compétitivité de leur entreprise. L'Allemagne a répondu non car l'Europe de la défense n'est pas une fin en soi pour ce pays, que l'industrie allemande est compétitive et que les Allemands voulaient conserver le contrôle sur la définition de cette compétitivité", ajoute-t-il.

 

Selon lui, une occasion unique de procéder à la consolidation industrielle européenne a été manquée.

 

D'autres industriels ont fait valoir que la fusion d'EADS et de BAE ne constituait pas une fin en soi et que le projet pouvait faire craindre des risques d'exécution industrielle importants, avec en mémoire la cacophonie européenne suscitée par les difficultés du projet d'avion de transport militaire A400M.

 

"Ce n'est pas aux industriels de faire l'Europe de la défense mais aux politiques. Aux Etats-Unis, il y a un donneur d'ordres et un chéquier. En Europe, il y a plusieurs donneurs d'ordres et plusieurs chéquiers", a déclaré une source industrielle qui a souhaité conserver l'anonymat.

 

La consolidation, qu'elle implique ou non EADS et BAE, semble en tout cas se faire attendre.

 

En 2010, le ministre français de la Défense Hervé Morin et son homologue britannique Liam Fox avaient indiqué que la France et le Royaume-Uni devraient encourager davantage de rapprochements et de partenariats dans l'industrie de la défense en Europe, compte tenu des restrictions budgétaires à venir.

 

L'échec du mariage EADS-BAE, qui devait répondre à cette volonté et déclencher d'autres rapprochements ou partenariats, pourrait ne pas favoriser d'autres initiatives avant plusieurs mois.

 

"Ces désaccords entre Etats sont une leçon pour le marché de la défense dans son ensemble. Rassembler les intérêts des investisseurs et des gouvernements constituera une tâche herculéenne", prédit Guy Anderson, analyste chez IHS Jane's.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 18:41

Mindef

 

10/10/2012 Communiqués Ministère

 

EADS et BAE Systems ont annoncé qu'elles ne poursuivaient pas les discussions qu'elles avaient engagées en vue de leur rapprochement et qui avaient été rendues publiques le 12 septembre dernier.

 

L'État, qui détient une participation indirecte de 15% au capital d'EADS, a examiné le projet avec la plus grande attention, tout particulièrement ses implications en termes de protection de ses intérêts de défense, de stratégie industrielle et d'emploi.

 

A l'issue de nombreux échanges avec l'ensemble des parties prenantes, les directions des deux entreprises ont été amenées à reconsidérer le projet car il n'est pas apparu possible de fixer des modalités de réalisation de l'opération susceptibles de recueillir l'accord de tous.

 

La France réaffirme son soutien à la direction d'EADS et l'encourage à poursuivre le remarquable développement de la société.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 18:32

Europe Flag

 

10 octobre 2012 Par Pascal Gateaud - L'Usine Nouvelle

 

Le leader mondial de l’aéronautique et de la défense restera cloué sur le sol européen. Les groupes EADS et BAE Systems ne fusionneront pas. Ainsi l’ont voulu les gouvernements des trois principaux pays concernés, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne.

 

"Il est devenu clair que les intérêts des parties gouvernementales ne peuvent être suffisamment rapprochés les uns des autres ou avec les objectifs que BAE Systems et EADS ont définis pour cette fusion", ont pris soin de préciser les deux groupes dans un communiqué commun après la confirmation de l’échec de cette méga fusion.

 

Cette issue semblait plus que probable au fur et à mesure que se multipliaient les fuites sur ce dossier sensible. Depuis qu’ils avaient confirmé, le 12 septembre, qu’ils étaient en pourparlers, les deux groupes ont dû faire face au scepticisme des marchés et à l'inquiétude de leurs actionnaires, le français Lagardère déniant tout intérêt à l’opération à quelques jours seulement de la date butoir du 10 octobre !

 

Mais seuls les gouvernements avaient le pouvoir de faire capoter l’opération. Pour de bonnes et de mauvaises raisons, ils ont fait échouer l’opération. Paris voulait garder son pourvoir d’influence dans le nouvel ensemble. Berlin craignait de faire les frais de l’émergence d’un duopole qui l’aurait marginalisé : le pouvoir de décision en matière d’aviation civile serait resté en France et celui pour la  défense en Grande-Bretagne. Et Londres avait du mal à se résoudre à ce que son champion national soit absorbé dans un géant incarnant cette Europe qu’il est devenu de bon ton, outre-Manche, de vilipender.

 

Les jours prochains apporteront leur lot de révélations sur le rôle des uns et des autres. Fallait-il, pour autant, que Paris et Berlin s’empressent d’affirmer qu’EADS disposera des moyens de se développer ? C’est le contraire qui serait étonnant ! Cet échec est aussi celui des deux patrons d’EADS et BAE Systems, Tom Enders et Ian King. Le premier a manqué de sens politique. Quelques semaines après avoir décidé de transférer le siège de son groupe à Toulouse, il a sous-estimé la volonté des dirigeants allemands de défendre les intérêts de leur pays.

 

Le secrétaire d'Etat allemand au ministère de l'Economie chargé de la coordination des affaires aéronautiques, Peter Hintze, qui n'a jamais caché son hostilité à ce projet, a ainsi déclaré que l'arrêt de cette négociation constituait "une chance pour l'Allemagne". La force de BAE Systems dans la défense et la réduction  à venir des budgets militaires risquaient de conduire à des restructurations douloureuses outre-Rhin. Quant à Ian King, il va devoir convaincre que son groupe peut rester indépendant, alors qu’il voyait dans la fusion une chance pour affronter une concurrence plus forte aux Etats-Unis où là encore les budgets militaires vont se réduire. Un rêve européen est passé !

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