L’information n’est pas passée inaperçue dans la presse allemande. L’existence d’une unité de cyberguerre, inconnue jusqu’à ce jour, a été révélée dernièrement par le Financial Times Deutschland citant un rapport parlementaire allemand.

Ce rapport du comité de défense du Bundestag, publié en avril, est intitulé Cyber Warfare. Ce même comité doit se réunir cette semaine au Bundestag pour débattre du sujet. Il est ainsi question d’une unité en charge de la cyberguerre au sein de la Bundeswehr. Modestement appelée Computer Emergency Response Team de la Bundeswehr (CERTBw), elle prépare actuellement « la mise en service opérationnel d’un service d’opérations de réseau informatique au sein du commandement de la Bundeswehr. Des récentes avancées sont à noter en matière de capacités offensives. La formation des personnels et les essais se déroulent dans des laboratoires  secrets ». Le rapport précise qu’il ne doit pas être fait état publiquement de ces capacités offensives en matière de cyberguerre dans un contexte où des virus informatiques (stuxnet, flame) particulièrement performants agissent dans ce cybermonde.

 

La Bundeswehr est ainsi en train de s’équiper de capacités informatiques à la fois défensives, pour se protéger contre des attaques sur son réseau d’infrastructures, et offensives, pour répliquer contre d’éventuels adversaires étatiques ou non. Pourtant, le gouvernement fédéral allemand indiquait en 2010, en réponse à une question parlementaire, que le pays ne développait pas de « programmes malveillants» nécessaires à l’élaboration de capacités offensives. Quoiqu’il en soit, cette unité CERTBw agit actuellement en très étroite collaboration avec le centre de cyberdéfense de l’OTAN basé à Bruxelles et qui est lui-même chargé de coordonner l’action des États membres de l’Alliance en la matière. Des accords internationaux permettent de perquisitionner à distance sans autorisation du pays hôte du serveur.

 

Après les combats terrestres, aériens, maritimes et spatiaux, les armées ont du s’adapter face au développement de ce cinquième cybermonde. Aujourd’hui, un État attaqué par un virus informatique sophistiqué serait totalement paralysé. Les systèmes de communication civils et militaires, les transports, les systèmes GPS,  les approvisionnements en eau, en électricité et en gaz seraient touchés.