L’inclination de Téhéran en faveur du développement d’une techno-guérilla navale n’est pas neuve – nous l’évoquions en 2007 dans Technologie & Armement – mais elle semble être de plus en plus sérieusement prise en considération par les grandes marines, à commencer par l’américaine.
Ainsi, toues les patrouilleurs américains de la classe Cyclone qui n’ont pas été donnés sont en cours de déploiement à Bahreïn. Un officier occidental parlant sous condition d’anonymat indique également que huit chasseurs de mines américains – lesquels devaient être plus ou moins rapidement sortis de service – ont été déployés dans la région et que leur armement a été modifié.
Le rythme de croissance de la flotte iranienne domine ces évolutions : il est question du déploiement potentiel d’un essaim de 1 000 vedettes et patrouilleurs, toujours selon la source citée. Couplé au minage du détroit d’Ormuz, cette « poussière navale » pourrait ainsi causer des pertes de grands bâtiments de combat, avec à la clé des répercussions politiques dont l’ampleur est difficilement évaluable.
Or, il faut aussi constater que la propension des marines à se focaliser sur des grands bâtiments de combat – perçus comme plus prestigieux – ne répond pas à la question posée par les nouvelles techno-guérillas navales. A ce stade, les amirautés ont été lentes à réagir mais les Britannniques semblent avoir pris une longueur d’avance. Le Defence Developments, Concepts and Doctrine Centre (DCDC) travaille ainsi au concept Black Swan de patrouilleur.
Le bâtiment ne coûterait pas plus de 65 millions de livres, serait armé afin de faire correctement face aux petits bâtiments (emploi de mitrailleuses et de canons, les navires iraniens étant évidemment trop petits pour être ciblés par des missiles). Le Black Swan sera armé par un équipage d’environ 60 hommes et pourrait embarquer hélicoptère de la taille du CH-47 Chinook, le DCDC envisageant également l’embarquement de machines de combat ou de drones.
Reste que la partie n’est pas gagnée et que les Britanniques n’ont manifestement pas compris la nature du problème qui se pose. Ainsi, interrogé par l’agence Reuters, un porte-parole indiquait que les frégates constituaient le meilleur type de bâtiment pour les missions que devait assurer la Royal Navy incluant les « scénarios d’engagements complexes » et que les travaux sur les technologies requises pour le Black Swan n’étaient pas « suffisamment avancés ».
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