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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 12:05
Retour sur les Universités d’été de la Défense

14/09/2012 Mer et Marine

 

 

Les 10 et 11 septembre, Brest accueillait les 10ème Universités d’été de la Défense. Initiées par Guy Texier, ancien président de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, ces rencontres sont devenues incontournables pour tous les acteurs du milieu, qu’ils soient politiques, industriels et militaires. Et, cette année, elles avaient une importance toute particulière, au moment où débutent les travaux sur le nouveau Livre Blanc de la Défense, qui servira de base à l’élaboration de la future loi de programmation militaire couvrant la période 2014/2019. Près de 500 universitaires, dont des parlementaires européens venant d’une douzaine d’autres pays, ont donc planché durant deux jours sur de nombreuses problématiques. Il a notamment été question des enjeux de la maritimisation, de la priorisation des fonctions stratégiques, de l’avenir des forces nucléaires, de la cyber-défense, de l’évolution des équilibres géostratégiques ou encore des capacités industrielles souveraines. « Après un renouvellement du Parlement, un changement de majorité, l'Université était très attendue par l'ensemble des acteurs de la Défense. Alors que viennent de commencer les travaux sur le Livre Blanc, c'est un rendez-vous important. Ces débats de l'ensemble des acteurs du secteur, que ce soient les industriels, les personnels et, bien sûr, les parlementaires, seront un apport à cette commission du Livre Blanc », explique Patricia Adam, présidente de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale.

 

Mutation du contexte géostratégique

 

Depuis le dernier Livre Blanc, en 2008, le contexte géostratégique a bel et bien changé, nécessitant une mise à jour des enjeux de défense pour la France. L’ « Arc de crise », tel qu’il avait été défini il y a quatre ans, a évolué. Cette zone de risque s’est étendue géographiquement à l’Est et au Sud, mais elle est aussi de plus en plus diffuse. Certes, le Moyen-Orient et le Proche-Orient continuent d’être en proie à l’instabilité, avec les tensions persistantes entre l’Iran, Israël et leurs voisins, mais aussi l’éclatement de la crise syrienne et la fragilité du nouveau régime égyptien.

 

Le retrait américain d’Irak, qui sera suivi rapidement du désengagement en Afghanistan, posent également de nombreuses questions et suscitent des craintes quant à l’avenir dans ces pays. Le développement de la nébuleuse terroriste en Afrique, où des pans entiers de territoires, comme le Sahel, échappent désormais au contrôle des Etats, fait par ailleurs peser une nouvelle menace aux portes du sud de l’Europe. Il faut aussi tirer les leçons du printemps arabe, mouvement imprévisible qui a surpris par sa soudaineté et son ampleur la communauté internationale ; tout comme il faut tenir compte du recentrage américain vers la zone Asie/Pacifique, désormais centre de gravité de l’échiquier mondial. Et puis il y a les effets de la crise sur l’économie européenne et, in fine, sur la souveraineté financière du « Vieux Continent », sans oublier les menaces virtuelles, dont les conséquences potentielles peuvent être catastrophiques.

 

Anticiper les nouvelles menaces

 

En quelques années, la donne stratégique a sensiblement évolué, au sein d’un monde où, à l’instar de la communication, le temps s’accélère. Face à des évolutions toujours plus rapides et violentes, au développement de menaces moins identifiées mais plus diffuses, sans pour autant exclure la résurgence d’une crise majeure, l’outil de défense doit s’adapter. Et c’est un véritable défi puisqu’il s’agit d’un édifice particulièrement complexe dont la construction réclame du temps, des moyens, de la volonté politique et surtout des choix engageant sur le long terme, alors même qu’il est aujourd’hui bien plus difficile d’anticiper les évolutions futures et l’éclatement soudain de crises.

 

La situation est d’autant plus complexe que les menaces ne sont plus seulement « physiques », mais aussi virtuelles. Durant les Universités d’été, il a été notamment question de la Cyber-défense, un sujet qui commence, enfin, à s’inviter sur le devant de la scène. L’attaque de certains réseaux informatiques étatiques, notamment en Europe et aux Etats-Unis, comme les menaces pesant sur les réseaux financiers et même ceux de la défense, font prendre conscience de la vulnérabilité d’une société qui repose aujourd’hui sur des moyens de communication dont la sécurisation est, aux dires des spécialistes, très loin d’être optimale.

 

Les armées sont donc aujourd’hui engagées sur tous les fronts traditionnels, auxquels se sont ajoutés de nouvelles missions et l’élargissement du champ de bataille à l’espace et au cyberespace. A la lumière des engagements récents, la nécessité de renforcer les moyens de renseignement, par exemple spatiaux, afin de nourrir la connaissance et l’anticipation, une fonction stratégique, fait également consensus, tout comme la nécessité de sécuriser les réseaux. « Nous puisons dans l’espace et les moyens de communication une grande partie de nos moyens de communication et de notre supériorité technologique. Mais c’est aussi notre talon d’Achille », reconnait un général.

 

Des moyens adaptés à une nouvelle donne

 

La maîtrise du renseignement est en effet fondamentale pour anticiper l’évolution d’une situation, l’apparition d’une menace potentielle, la préparation et la réalisation d’une action militaire ou encore la sécurité d’une intervention. Mais c’est aussi un outil de souveraineté puisque le pays qui maîtrise son renseignement donne au pouvoir politique la capacité de juger seul du déroulement d’un évènement et de l’opportunité d’une action. L’exemple de la guerre en Irak, en 2003, serait de ce point de vue parlant. Des pays disposant de moyens de renseignement autonomes auraient, dit-on dans les milieux autorisés, su très rapidement que certains documents, présentés comme des preuves de la présence d’armes de destruction massive sur le territoire irakien, étaient falsifiées. De la parfaite connaissance d’une situation peut donc dépendre l’engagement ou non d’un pays dans un conflit.

 

Face aux menaces diffuses, par exemple le terrorisme ou les cyber-attaques de grande ampleur, qui pourraient paralyser le fonctionnement d’un Etat, les armées doivent disposer de moyens souples et réactifs, conjugués aux meilleures technologies. Et dans un format cohérent avec la dispersion géographique des menaces. Mais il faut bien sûr tenir compte du contexte budgétaire difficile et, autant que faire se peut, recourir à des moyens adaptés et peu coûteux. Pour la marine, par exemple, nul besoin d’une frégate de premier rang ultrasophistiquée pour mener des actions de lutte contre le narcotrafic ou la piraterie. Des patrouilleurs hauturiers simples, robustes et économiques, équipés d’une plateforme hélicoptère et de bons moyens de détection et de communication, sont largement suffisants.

 

Les moyens lourds demeurent essentiels

 

Pour autant, il ne faut pas négliger le haut du spectre, car les dernières crises montrent que les armées ont toujours besoins de moyens lourds et des capacités pour les projeter, avec une forte tendance à l’accélération du caractère interarmées des opérations. On pense évidemment à l’Afghanistan, à la Libye ou encore au Liban, où l’aviation et les hélicoptères, les blindés et l’artillerie, tout comme le porte-avions, les bâtiments de projection, ainsi que les frégates de premier rang et les sous-marins, demeurent essentiels. D’où l’intérêt des grands programmes permettant de moderniser les armées, comme les avions de combat Rafale Air et Marine, les hélicoptères NH90 et le Tigre, les VBCI (Véhicules Blindés de Combat d’Infanterie) et PVP (Petits Véhicules Protégés) ou encore le canon Caesar, et pour la marine les nouvelles frégates multi-missions (FREMM) et les sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda, qui mettront notamment en œuvre des missiles de croisière offrant une capacité de dissuasion conventionnelle tout en permettant des frappes terrestres en profondeur. Dans un conflit moderne, ces outils technologiquement avancés donnent un avantage certain et leurs capacités accrues, comme leur polyvalence, permettent souvent de réduire les coûts de possession tout en compensant la réduction des formats. Le succès de leur emploi passe, en outre, par une organisation et une capacité de projection souples et réactives permettant de répondre aux crises actuelles. Géographiquement, il est important de conserver des forces pré-positionnées dans les zones sensibles (moyens navals, bases terrestres et aériennes), afin d’améliorer la réactivité de l’armée, même si le maillage actuel mérite sans doute d’être réexaminé.  Il convient, enfin, de rappeler que les matériels, si performants soient-ils, n’ont aucune utilité sans le savoir-faire des hommes qui s’en servent. L’effort consenti dans la préparation des forces et la qualité de leur entrainement demeurent fondamentaux pour assurer la disponibilité de l’outil militaire et son efficacité.

 

La pertinence de la dissuasion nucléaire

 

La dissuasion nucléaire a, aussi, été au programme des Universités d’été de la Défense. Si cette composante militaire ne sera pas remise en cause puisque le nouveau président de la République a décidé de son maintien, il convient d’expliquer pourquoi. Au-delà du fait que la force océanique et les forces aériennes stratégiques (FOST et FAS) viennent juste d’être modernisées ou sont en cours de modernisation (comme les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins), ce qui ferait d’un renoncement une ineptie financière et opérationnelle, le maintien de la dissuasion constitue, simplement, une question de bon sens. Certes, la guerre froide est terminée depuis longtemps et, ces deux dernières décennies, le monde a surtout été marqué par des crises régionales de faible intensité (en dehors de l’Irak). Certes, on parle beaucoup de menaces de type terrorisme et cyber-attaques, contre lesquels un SNLE ou des avions de combat paraissent inutiles. Certes, en Europe, les populations jouissent depuis près de 70 ans de la paix - qui a d’ailleurs sans doute été acquise grâce à la dissuasion nucléaire, sans laquelle les deux blocs se seraient probablement affrontés au cœur de l’Europe – et pour lesquels la résurgence d’un conflit majeur semble impensable. Mais la réalité est que, dans les prochaines décennies, il serait très étonnant que le monde ne connaisse pas de guerre de grande ampleur. Or, si l’Europe semble préservée durablement des conflits sur son territoire, les citoyens ont probablement une fausse impression de quiétude. Car la mondialisation des échanges implique que ce qui se passe à l’autre bout de la planète peut, directement, impacter la vie quotidienne des Européens. Sans l’arme nucléaire, les Occidentaux ne pourraient, par exemple, pas dissuader aussi fortement l’Iran de miner le détroit d’Ormuz, par lequel passe plus de 30% des approvisionnements mondiaux de pétrole. Et, chacun en convient, mieux vaut éviter par la simple menace un conflit conventionnel qui serait très coûteux humainement et financièrement. Considéré comme l’assurance vie de la nation, la dissuasion a plusieurs facettes. Elle permet, c’est son origine, de dissuader un Etat de s’en prendre aux intérêts vitaux de la nation, puisque la riposte nucléaire serait automatique et trop coûteuse pour l’agresseur. Mais aujourd’hui, elle sert aussi à dissuader les pays soutenant le terrorisme ou menaçant d’employer des armes chimiques ou bactériologiques.  Ce fut le cas pour le régime de Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe, où les Américains avaient très clairement annoncé la couleur, et c’est sans doute aussi vrai aujourd’hui pour la Syrie. On peut en tout cas se poser la question quand on entend le ministre français des Affaires étrangères menacer Damas de « réponse massive et foudroyante » en cas d’emploi d’armes chimiques.

 

Enfin, et c’est un point très important pour les années qui viennent, la dissuasion nucléaire met à priori la France à l’abri d’agressions, notamment liées à des prétentions territoriales. Car, dans la mesure où le format des forces conventionnelles a été considérablement réduit depuis 20 ans, cette « faiblesse » pourrait, sans la menace d’une frappe nucléaire, donner des idées à certains pays, par exemple sur les territoires ultra-marins, qui seront de plus en plus convoités en raison des richesses naturelles qu’ils abritent.

 

Les pays n’ont plus la capacité de tout faire seul

 

Le nucléaire demeure donc une assurance vie et un outil de puissance pour la France, mais c’est évidemment une capacité destinée à n’être utilisée qu’en dernier recours. Avant cela, le pays doit pouvoir proposer des réponses graduelles en fonction des situations, ce qui suppose un large éventail de solutions et de moyens conventionnels qui, contrairement à l’arme atomique, ont vocation à être utilisés en permanence. Mais la situation économique fait qu’aujourd’hui, même les grandes armées européennes, comme celles de la France et de la Grande-Bretagne, ont bien du mal à maintenir toutes les capacités requises. Parlementaires et militaires sont, d’ailleurs, convaincus pour la plupart qu’il n’est plus possible de « tout faire tout seul ». Et la crise va précipiter ce constat, en imposant des priorités. « Il faudra faire des choix », a ainsi prévenu Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense. C’est pourquoi les coopérations initiées depuis de longues années seront amenées à se renforcer. Elles vont d’ailleurs dans le sens de l’histoire puisque les interventions purement nationales deviennent très rares, la nécessité opérationnelle et politique, ainsi que le cadre légal, imposant la plupart du temps des actions en coalition, comme ce fut le cas en Libye. Dans cette perspective, les militaires attirent l’attention du politique sur l’enjeu que représente l’interopérabilité des moyens avec des forces étrangères, non seulement au sein de structures traditionnelles, comme l’OTAN, mais également avec d’autres puissances émergeantes dont les standards peuvent être différents. « Le degré et la nature de l’interopérabilité nous positionnera au cœur ou à la périphérie des coalitions », prévient un général. De même, il convient sans doute de mieux intégrer la démultiplication des acteurs impliqués dans le dénouement des crises, qui ne sont pas uniquement des affaires militaires, mais nécessitent également des actions politiques et économiques, seules garantes d’une stabilisation durable. « La solution à toute crise  est ailleurs, c’est un problème de gouvernance, de développement, de société, de sécurité. Il s’agit d’une démarche globale qui doit être mise en œuvre immédiatement et nécessite un effort de structuration au niveau interministériel et national ».

 

L’Europe de la Défense avance

 

Dans les années qui viennent, la construction de l’Europe de la Défense sera, par ailleurs, totalement incontournable. S’il est vrai que cette nécessité est martelée depuis des années et que, malgré les grands discours, elle est confrontée à une forte inertie, la situation pourrait bien, désormais, évoluer rapidement. Malgré les problématiques de souveraineté et le protectionnisme des Etats membres envers leurs industries - pour des questions politiques et socio-économiques - l’Union Européenne a déjà fait de grands progrès dans ce domaine. La Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) contribue, ainsi,  à la mise en place des concepts et des structures politico-militaires au sein des institutions européennes, mais aussi au déploiement des opérations sur le terrain. Côté structures, l’Agence Européenne de Défense (AED) a pour but d'améliorer les capacités de l’UE, notamment dans le domaine de la gestion des crises, de promouvoir la coopération européenne dans le domaine de l'armement, de renforcer la base industrielle et technologique de défense de l'Union et de créer un marché européen des équipements de défense qui soit concurrentiel. Enfin, elle a pour mission de favoriser la recherche, en vue de renforcer le potentiel industriel et technologique européen dans le domaine de la défense.

 

Ces dernières années, de nombreux programmes européens ont vu le jour, comme l’hélicoptère NH90 et l’avion de transport A400M. Même s’il parait crucial, à la lumières des déboires rencontrés par ces programmes, d’homogénéiser les spécifications des nouveaux matériels pour éviter la démultiplication des versions suivant les désidératas de chaque pays (ce qui entraine des surcoûts et rend souvent les projets plus complexes, provoquant ainsi des difficultés d’intégration et des retards), il est évident que, sans cette coopération européenne, les Etats n’auraient pas eu les moyens de développer et réaliser seuls ces outils.

 

La crise pourrait faciliter les rapprochements

 

Et ce sera d’autant plus vrai avec la crise et les difficultés budgétaires, qui sont finalement vues par un certain nombre de parlementaires et de militaires comme une opportunité pour renforcer l’Europe de la Défense. « Les Européens n’ont plus le choix, ils vont être obligés de mutualiser et de partager des capacités », affirment un député et un officier général. Reste à savoir lesquelles. Actuellement, on pense évidemment aux capacités qui font défaut, comme les drones, ou encore les avions de transport et de ravitaillement. Mais ces perspectives suscitent encore des réticences au sein d’Etats membres, qui craignent de perdre la maîtrise de capacités stratégiques et, par là même, d’un pan de leur souveraineté. Néanmoins, force est de constater, à la lumière des dernières opérations, notamment en Libye, qu’aucun pays européen ne dispose plus, en permanence, de tous les moyens nécessaires pour répondre à une crise lointaine de moyenne ou forte intensité. Et même en se réunissant au sein d’une coalition, certaines capacités, comme on l’a vu en Libye, manquaient aux Européens, imposant une dépendance évidente vis-à-vis des Américains. « On dit qu’on ne veut pas partager la souveraineté mais j’ai d’énormes doutes sur le fait que nous ayons encore cette souveraineté. La question est plutôt de savoir comment recouvrer cette souveraineté », a ainsi lancé à Brest, devant les universitaires, un haut responsable européen.

 

L’UE a toutefois, et c’est une bonne nouvelle, démontré qu’elle pouvait mettre en œuvre des forces militaires cohérentes et sur la durée. C’est actuellement le cas avec l’opération Atalante de lutte contre la piraterie, qui mobilise depuis bientôt quatre ans d’importants moyens aéronavals dans le golfe d’Aden et l’océan Indien. Contribuant significativement à la protection du trafic maritime et donc des approvisionnements européens, l’action de cette force, qui travaille en coopération avec d’autres moyens internationaux (OTAN, Russie, Japon, Chine…) présents sur zone pour les mêmes raisons, est un succès et a obtenu des résultats tangibles contre les pirates. Mais Atalante, si importante soit-elle, ne constitue finalement qu’une « action de l’état en mer » à l’échelle européenne. Pour les opérations militaires majeures, l’Europe de la Défense n’a pas encore fait la démonstration de ses possibilités, passant même à côté de la crise libyenne, un conflit se déroulant pourtant aux portes mêmes de l’Union. A défaut d’entente entre ses membres, l’UE a donc laissé la gestion de la crise à l’OTAN, qui a assuré le commandement d’une opération dont l’essentiel des moyens étaient européens, avec une prédominance de la France et de la Grande-Bretagne.

 

L’OTAN et l’Europe de la Défense complémentaires

 

Ceci dit, pour beaucoup, l’OTAN et l’Europe de la Défense ne sont en fait pas concurrents mais parfaitement complémentaires. L’Alliance dispose notamment de structures de commandement dimensionnées pour les engagements majeurs et beaucoup estiment qu’il serait stupide de ne pas s’en servir. De même, l’OTAN permet aussi de mutualiser des moyens, comme c’est le cas avec un consortium de 14 pays assurant l'affrètement d’avions de transport dans le cadre de la solution intérimaire pour le transport aérien stratégique (SALIS). Il ne tient ensuite qu’aux Européens de s’accorder pour mieux faire valoir leurs intérêts au sein de l’Alliance et, ainsi, jouir d’une position plus équilibrée par rapport aux Américains. Ceux-ci n’y sont d’ailleurs pas forcément hostiles puisque, s’ils aiment logiquement conserver un leadership et faire valoir leur industrie, les Américains considèrent également, aujourd’hui, que les Européens doivent pouvoir assurer leur propre sécurité. Il est donc aussi dans l’intérêt des Etats-Unis, au moment où ceux-ci se recentrent sur la zone Asie/Pacifique et qu’ils sont comme les autres confrontés aux difficultés budgétaires, que l’Europe de la Défense devienne une réalité.  

 

La nécessaire entente politique

 

Malgré les difficultés, l’Europe de la Défense devrait donc amplifier sa marche, un mouvement inéluctable qui passera d’abord par des programmes d’équipements communs, des regroupements industriels (par exemple le projet de rapprochement annoncé cette semaine par BAE Systems et EADS), des mutualisations de moyens puis des partages de capacités, d’abord non souveraines, puis de plus en plus critiques. A terme, c’est toujours la construction d’une armée européenne qui est en ligne de mire, mais cette perspective ne pourra voir le jour que si les conditions politiques sont réunies. Car l’armée est un outil souverain par excellence et certaines capacités ne peuvent dépendre que d’un seul et unique exécutif. L’intégration de l’ensemble des capacités européennes passerait donc obligatoirement par la constitution d’une Europe fédérale avec à sa tête un exécutif unique. Cette approche se heurte encore à de nombreuses difficultés et réticences, chaque pays ayant sa culture et ses intérêts propres. Il faudra donc encore du temps avant d’en arriver là, de convaincre les opinions publiques et d’apprendre à édifier une Europe politiquement unie. Si elle se produit, cette évolution ne se fera d’ailleurs probablement pas à 27, mais d’abord au sein d’un noyau restreint d’Etats dont les visions, les intérêts  et les structures sont les plus proches. Pour l’heure, il s’agit encore de fiction, mais l’idée fait son chemin, renforcée par les déséquilibres géostratégiques et les coups de boutoir budgétaires liés à la crise. Et même si beaucoup d’Européens restent logiquement attachés à l’indépendance de leurs pays, ils sont de plus en plus nombreux à prendre conscience que, sans un nécessaire rapprochement, l’Europe sera condamnée au déclassement sur la scène internationale, avec toutes les conséquences politiques, économiques et sociales que cela suppose.

 

Car le monde n’attend pas après les dissensions et questionnements de l’UE pour muter et même, éventuellement, profiter de la naïveté européenne, bercée par un faux sentiment de sécurité lié à 70 ans de paix sur son territoire, par une croyance erronée en l’autosuffisance économique et le mirage historique des années de grandeur où les grands pays européens dominaient le monde. La réalité est bien différente et les pays émergeants poursuivent leur montée en puissance, qui se caractérise notamment par le développement des outils militaires. C’est le cas  de la Chine, du Brésil et de l’Inde, mais on constate aussi la volonté russe d’investir massivement dans le renouvellement de ses moyens militaires. Ces dernières années, on a constaté le renforcement de l’Asie du sud-est comme nouveau point de gravité de la géostratégie mondiale. Alors que la Corée du nord demeure très surveillée, les tensions se sont amplifiées entre la Chine et ses voisins, avec en toile de fond, la plupart du temps, des revendications territoriales sur des espaces maritimes.

 

La mer, enjeu majeur du XXIème siècle

 

Les Universités d’été de la Défense ont, d’ailleurs, très largement mis l’accent sur les enjeux maritimes, ce qui constitue une nouveauté en France. La communauté de défense et une part croissante des parlementaires semblent, enfin, prendre conscience de l’importance et des opportunités que représente la mer. Il s’agit, en premier lieu, d’assurer la protection des flux maritimes, vitaux pour le commerce international (90% des échanges passent par la mer) dont font par exemple partie, en dehors des biens de consommation, les approvisionnements en hydrocarbures, gaz et matières premières. Or, ces flux sont soumis à de nombreuses menaces, à commencer par celles pesant sur la liberté de navigation dans les passages stratégiques. Ainsi, un simple minage du détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique à l’océan Indien, suffirait à couper la principale station service mondiale, déstabilisant du même coup toute l’économie. Dans cette perspective, la « diplomatie navale », s’appuyant sur la capacité de déploiement et de frappe d’une flotte, est souvent un outil crucial pour dissuader de potentielles actions touchant le commerce maritime. Il faut, aussi, compter avec le développement du terrorisme et de la piraterie, qui mobilisent de très nombreux moyens en océan Indien, au nord duquel transitent justement les navires marchands ravitaillant l’Europe et acheminant ses exportations en Asie. Les marines doivent également lutter contre le narcotrafic, dont les acteurs utilisent abondamment la mer pour alimenter le « marché » européen via la Méditerranée, l’Atlantique et les Antilles. Les flottes sont, par ailleurs, en première ligne devant la pression migratoire, qui ne cesse de s’accentuer entre le sud et le nord, sans compter les nombreuses missions de service public et d’action de l’Etat en mer qui leur sont dévolues. Sauvetage de personnes, assistance aux navires en difficulté, lutte contre la pollution, police des pêches… Tout cela représente, en France, environ un tiers de l’activité de la Marine nationale.

 

Ces missions, bien que cruciales, ne sont toutefois pas nouvelles, même si certaines ont une importance croissante, qui évolue au rythme des menaces inhérentes. Ainsi, avec le développement considérable et en augmentation constante des richesses transitant au large des côtes, la piraterie sera sans doute une problématique récurrente dans les prochaines années, non seulement au large de la Somalie, mais également en Afrique, en Amérique latine et en Asie.

 

Un potentiel de richesse considérable

 

 Ce qui est en revanche plus nouveau, c’est l’apparition, aux yeux de tous, du gigantesque potentiel économique que recèlent les mers et océans. D’abord, les énergies liées à la mer, qu’il s’agisse d’éoliennes offshores, d’hydroliennes, d’énergie houlomotrice, d’énergie thermique des mers et même, comme le propose par exemple DCNS, de centrales nucléaires immergées. Ce secteur, en plein développement, donne progressivement naissance à de nouvelles filières industrielles, pourvoyeuses de technologies et d’emplois. Le tout en répondant à la nécessité environnementale de diversifier le bouquet énergétique avec, notamment, des énergies renouvelables.

 

Et puis, il y a surtout les incalculables richesses que les fonds marins abritent en termes de produits énergétiques et de minerais. L’évolution de la technologie autorisera l’exploitation de gisements sous-marins toujours plus profonds, qu’il  s’agisse de réserves pétrolières, gazières ou minières, sans oublier le problème crucial des ressources halieutiques. Cela, au moment même où les ressources se raréfient à terre. L’enjeu est donc stratégique et il faudra protéger ces richesses, qui font l’objet de convoitises. Ainsi, quelques 77 pays, dont la France (notamment sur le plateau de Kerguelen, dans l’océan Austral), réclament aux Nations Unies une extension de leurs Zones Economiques Exclusives. Espace historique de liberté, la mer fait l’objet d’une territorialisation sans précédent et la course aux richesses marines provoquera inévitablement des conflits. Déjà, en Asie, les revendications sur la souveraineté d’îles et des ZEE afférentes sont une source croissante de disputes et d’incidents entre la Chine, le Japon et le Vietnam. Et cela ne fait que commencer, en Asie comme ailleurs dans le monde… 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 12:00

Mindef

 

14/09/2012 Mer et Marine

 

Le discours a marqué les esprits, et c’était sans doute voulu. Lundi soir, à Brest, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a souligné avec force l’importance des enjeux maritimes à l’occasion des Universités d’été de la Défense. « Le XXIème siècle sera celui de la maritimité au niveau mondial. La mer est une source de richesses, celles liées au commerce international et aux ressources marines. Il nous faut donc protéger cet espace et assurer la liberté des mers pour être au rendez-vous du XXIème siècle », a déclaré le ministre, selon lequel le « 6ème continent », comme on l’appelle, « se porte bien et se portera de mieux en mieux ». Alors que la crise plombe l’économie, que le chômage augmente et que l’industrie cherche de nouveaux débouchés, Jean-Yves Le Drian a rappelé qu’il faisait partie de ceux qui estiment, études et chiffres à l’appui, que la mer est porteuse d’avenir et source de nombreuses richesses pétrolières, gazières, minérales et halieutiques. Et la France, avec sa zone économique exclusive de 11 millions de km², soit le second espace maritime mondial, ainsi que ses industries spécialisées, dispose d’atouts considérables dans ces domaines. Et, comme les autres pays du monde (90% du commerce international passe par la mer), elle demeure totalement dépendante de la libre circulation des flux maritimes, qu’il faut protéger contre des menaces de plus en plus nombreuses. Or, comme l’a rappelé Jean-Yves Le Drian, «  Pour assurer cette liberté en mer, il faut une présence forte contre le contre le crime organisé et les trafics, mais aussi assurer la protection des ressources, qu’elles soient halieutiques ou minérales. Car il va y avoir une compétition pour l’accès aux ressources (…) Il importe que nous ayons un outil de défense, notamment maritime, un outil de présence, de cohérence et de force ». Et le ministre d’annoncer les deux piliers de ce qu’il nomme « la stratégie maritime de défense » : « La mer, c’est un espace de manœuvre logistique à protéger et un espace stratégique à exploiter ».

 

« Sans enjeux maritimes, nous seront en dehors des grands enjeux »

 

Ce regain d’intérêt pour le milieu maritime et les richesses qu’il recèle est d’ailleurs palpable, depuis plusieurs années, dans de nombreuses régions du monde. Car la mer est économiquement le bras armé de la mondialisation, qui rend tous les pays dépendants du trafic maritime pour leur commerce et leurs approvisionnements, mais aussi militairement un espace idéal puisqu’il permet de projeter de forces partout dans le monde en profitant de la liberté des eaux internationales. Enfin, au moment où les ressources naturelles terrestres se raréfient, le potentiel de richesses encore inexploitées dans les territoires maritimes font l’objet de convoitises et provoque déjà des conflits territoriaux entre pays, par exemple en Asie. En juin dernier, lorsqu’il s’est rendu à Singapour dans le cadre du 11ème Dialogue de Shangri-La sur la sécurité dans la zone Asie-Pacifique (dont la France est un Etat riverain avec la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie), Jean-Yves Le Drian dit avoir été « frappé par l’essor du fait maritime ». Et le ministre d’en conclure que, « sans enjeux maritimes, désormais on est en dehors des grands enjeux » avant de citer Richelieu : « On ne peut sans puissance sur mer ni avoir la paix, ni gagner la guerre » et d’estimer que « c’est encore vrai aujourd’hui ».

 

Une prise de position en plein travaux sur le Livre Blanc

 

Très appuyé, ce discours du ministre de la Défense a, évidemment, très agréablement surpris les marins, parfaitement conscients de ces problématiques, qu’ils ne cessent depuis des années, comme tous les acteurs civils du secteur maritime, de vouloir faire comprendre à des décideurs politiques qui, jusqu’ici, étaient ignorants de ces réalités. Avec le nouveau gouvernement, la donne a changé. Avec les Bretons Jean-Yves Le Drian comme ministre de la Défense et Patricia Adam, désormais présidente de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, ces enjeux sont parfaitement connus et seront mieux pris en compte par le nouveau Livre Blanc de la Défense, comme ces deux élus le demandent avec insistance depuis longtemps. Et on rappellera que même le président de la République, lors de ses déplacements sur le littoral, s’est montré très intéressé par la chose maritime et le potentiel de richesses lié aux activités marines. Evidemment, même si le discours de Jean-Yves Le Drian a suscité sur les visages des généraux de l’armée de Terre et de l’armée de l’Air présents dans la salle quelques crispations, la Marine nationale ne va pas, d’un coup, se retrouver avec 5 porte-avions, 60 frégates et 25 sous-marins. Fins connaisseurs de la chose militaire dans son ensemble, Jean-Yves Le Drian et Patricia Adam sont bien conscients de la nécessité de conserver des forces aériennes et terrestres puissantes et modernes. Mais il est vrai que, compte tenu des difficultés budgétaires du moment, en cas d’arbitrages, les moyens de la marine ne seront peut-être pas aussi systématiquement sacrifiés qu’auparavant. Néanmoins, seules les conclusions du Livre Blanc et la future loi de programmation militaire qui en découlera le diront.

 

Le Cluster Maritime appelle à faire « un choix clair »

 

Au sein des acteurs du monde maritime, le discours de Jean-Yves Le Drian n’est, en tous cas, pas passé inaperçu. Alors que Patrick Boissier, président de DCNS, martèle que les sommes consenties dans l’équipement des forces « ne sont pas des dépenses mais des investissements rentables pour l’avenir », Francis Vallat, président du Cluster Maritime Français, salue l’analyse du ministre : « La mer sera bien la priorité de ce siècle. Nous sommes bien placés pour le savoir puisque notre secteur est au cœur du commerce international, dans un environnement extrêmement concurrentiel, avec des flux énormes et qui continueront de croître de manière exponentielle sur la mer. Or, ces flux passent partout dans le monde, près des côtes, ce qui fera de la piraterie un problème probablement endémique du XXIème siècle. Il y aura donc une nécessité de plus en plus grande de protéger les routes maritimes, avec des navires militaires simples mais nombreux. Mais cela n’empêche qu’il faudra aussi conserver des bâtiments plus sophistiqués - même si ce n’est pas de notre compétence de dire lesquels - pour les conflits de haute intensité car il serait hélas bien naïf de croire que le XXI° siècle sera le premier de l’histoire moderne sans guerre ou crise majeures, ou qu’il n’y aura plus de combats en mer pour la maîtrise des échanges maritimes, ou dont les océans ne seront pas eux-mêmes les enjeux. Ca n’est d’ailleurs sûrement pas un hasard si partout  on voit l’émergence de nouvelles puissances navales, comme la Chine, le Brésil et l’Inde. Alors que l’Europe baisse la garde, les Etats-Unis font tout ce qu’ils peuvent pour augmenter les capacités opérationnelle de l’US Navy, tandis que la Russie s’engage dans un énorme programme naval pour la décennie  ».

 

Alors que des choix devront  évidemment être faits en raison du manque de moyens financiers, le CMF appelle donc l’Etat, compte tenu des enjeux stratégiques à la fois majeurs et incontournables liés à la mer, à ne pas sabrer les moyens maritimes, et même plutôt à les renforcer. « Comme la France n’a plus assez d’argent, il faut faire des choix clairs, fixer un cap, sinon tout le monde sera mécontent et aura raison de l’être. Il nous faut une vision, un choix politique pour l’avenir, et à nos yeux c’est vrai que ce choix doit être d’abord maritime. Nous le disons en toute honnêteté et parce nos métiers et notre expérience à l’international nous donnent une légitimité pour faire partager notre analyse et nous imposent le devoir de participer à la définition des enjeux. La vérité, c’est bien la maritimisation du monde et si c’était un autre secteur, nous n’aurions aucun mal à le dire. Pour nous, le choix de la mer est une évidence, parce que c’est une décision nécessaire et que, quelque douloureux que ce soit,  cela va dans le sens de l’histoire et des intérêts stratégiques et économiques du pays ».

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 11:25

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/11e-bp/1950654-1-fre-FR/11e-bp.jpg

 

15/09/2012 Sources : 11e BP

 

La 45eédition de l'exercice Colibri, opération aéroporté international organisée par la 11eBP s’est déroulée du 7 septembre au 14 septembre derniers à Pau.

 

Cet exercice a pour objectif de développer l'interopérabilité des unités parachutistes françaises et étrangères, notamment allemandes, dans le cadre d'une opération visant à appuyer un gouvernement en sortie de crise, et à restaurer la paix.

 

 Pas moins de 1 300 hommes, parachutistes, aviateurs, ont été mobilisés. Leur mission, prendre de force une plate-forme aéroportuaire, de manière à permettre l’évacuation d’éventuels ressortissants.

 

 Un emploi du temps à la hauteur de l’enjeu :

 

    opération aéroportée à partir d’avions français et allemands,

    prise d’assaut et sécurisation d’aérodromes,

    raid blindé,

    contrôle de zone…

 

des opérations menées en terrain libre, au milieu de la population.

 

Récemment équipé du système FELIN, le 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine (8eRPIMa) a testé, pour la première fois, l’utilisation du nouveau parachute EPC (ensemble de parachutage du combattant).

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 07:00

eurofighter-typhoon-airbus-a380

 

14 septembre 2012 par Emmanuel Jarry – USINE NOUVELLE Avec Reuters

 

La politique intérieure du Chef de l'Etat pourrait être mise en cause par le projet de fusion entre EADS et BAE Systems. François Hollande joue la carte de la prudence.

 

Le projet de rapprochement entre EADS et BAE Systems, qui pose clairement la question de l'implication future de l'Etat français, risque aussi de créer des problèmes de politique intérieure au président François Hollande.

 

Le chef de l'Etat a diverses raisons d'observer une prudente discrétion, ne serait-ce que pour ne pas prendre le risque de faire capoter ce qui pourrait aboutir à la formation du numéro un de l'aéronautique mondiale.

 

L'extrême sensibilité de la classe politique française aux questions de souveraineté économique en est de toute évidence une, alors qu'il a déjà fort à faire pour éviter que sa majorité s'écharpe sur la ratification du pacte budgétaire européen.

 

"Si à l'occasion de la création de cette holding EADS-BAE se posait la question du retrait de l'Etat d'EADS, alors il y aurait un affrontement au sein du PS, c'est clair", a dit à Reuters l'ancien ministre socialiste de la Défense Paul Quilès.

 

Pour ce proche de l'aile gauche du PS, il est difficile d'imaginer que l'Etat français sorte d'EADS "pour faire plaisir à BAE" - "Si jamais c'était le cas, ce serait une erreur."

 

Le sénateur socialiste et vice-président de la commission de la défense du Sénat Daniel Reiner juge a contrario que maintenir une présence de l'Etat au capital et au conseil d'administration de la future entité n'est pas nécessaire.

 

"L'expérience prouve que si on veut pouvoir exporter à des prix raisonnables, il faut avoir des formes agiles et souples", dit-il. "On ne peut plus avoir les arsenaux du siècle dernier."

 

Un débat entre "anciens", partisans de l'intervention publique, et "modernes", à la fibre plus libérale, traverse aussi le gouvernement, à en croire une source proche du dossier.

 

Il est probable qu'une éviction de l'Etat susciterait également une levée de boucliers à droite, comme en convient le sénateur UMP Jacques Gautier, vice-président de la commission des affaires étrangères et de la défense au Sénat.

 

UNE GOUVERNANCE BOULEVERSÉE

 

"Je pense que certains de nos amis très nationalistes vont camper sur la souveraineté française", a-t-il dit à Reuters.

 

Or il ne fait guère de doute qu'un rapprochement entre le constructeur aéronautique européen et le groupe britannique se soldera par un bouleversement de la gouvernance du premier, ne serait-ce que parce que la part de l'Etat français dans EADS devrait mécaniquement tomber de 15% à environ 9%.

 

Selon le Financial Times, qui cite des sources proches du groupe britannique, BAE a mis en garde EADS contre toute ingérence politique dans la future entité si elle voit le jour et menacé de se retirer des discussions dans le cas contraire.

 

Pour BAE, la fusion éventuelle doit créer "un groupe commercial, avec un conseil d'administration équilibré et libre de toute influence politique", précise le Financial Times.

 

Ce que l'on confirme en France de source industrielle :

 

"Le pacte d'actionnaire (d'EADS) sera caduc", explique-t-on. "Il faudra régler le cas des Etats français et allemands, c'est la plus grosse question. Il faut définir les pouvoirs de l'Etat français. Les droits qu'il a avec les Allemands ce serait fini."

 

Tout en admettant la nécessité de constituer des champions européens compétitifs, toute une frange de la classe politique française ne verrait pas sans douleur se tourner cette page de l'histoire industrielle française et européenne.

 

"S'il n'y avait pas eu à l'origine du côté français une forte implication de l'Etat, on n'aurait peut-être pas d'avions européens aujourd'hui", souligne le député PS Pierre-Alain Muet, qui fut un conseiller du Premier ministre Lionel Jospin à la fin des années 1990 lors de la constitution d'EADS. "Donc il y a une histoire à laquelle nous sommes attachés."

 

Pour Paul Quilès, les temps ont changé depuis qu'il proposait à la fin des années 1990, quand il présidait la commission de la défense de l'Assemblée nationale, une fusion comme celle qui se négocie.

 

QUE FAIRE DE DASSAULT ?

 

L'opération proposée aujourd'hui, dit-il, risque d'être un "marché de dupes" s'il s'agit de permettre à BAE d'accéder aux marchés civils où EADS est fort, en échange d'un accès d'EADS au marché militaire américain.

 

"Compte tenu des règles draconiennes des Américains (...) ça ne sera pas possible", estime-t-il. "Il ne faudrait pas que ce projet, qui avait il y a 15 ans une vraie logique européenne, se traduise par des conséquences qui ne soient pas très bonnes pour l'Europe par rapport aux marchés américains."

 

Et de souhaiter plus de transparence sur les objectifs poursuivis par l'opération en discussion.

 

Si Jacques Gautier se montre plus enthousiaste, il pointe le risque que cette opération se fasse au détriment du "tandem national" Dassault Aviation - Thalès, ce qui ne manquerait pas de susciter des remous politiques en France.

 

"Ça pose un problème au gouvernement qui va devoir faire un choix", souligne-t-il. "Il me semble que si on devait avancer vers cette fusion, cela obligera et Safran et Thalès et certainement Dassault à réfléchir à certains rapprochements."

 

"Dassault a joué la carte du nationalisme. C'est fini", renchérit-on de source industrielle française.

 

Un avis partagé par Daniel Reiner, pour qui il ne sera possible de sortir du dilemme qu'en élargissant l'opération à Thalès et Dassault, voire à l'italien Finmeccanica.

 

"Ça éviterait les luttes fratricides et les querelles sur les marchés à l'exportation", souligne le sénateur socialiste.

 

A gauche comme à droite, les responsables politiques demandent en tout état de cause des garanties, notamment quant au contrôle du volet stratégique des activités des filiales d'EADS, comme les missiles nucléaires, et aux conséquences pour l'emploi d'une éventuelle fusion avec BAE.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 20:39

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/repertoire-images/opex_missint/afghanistan/general-clement-bollee-en-afghanistan-2/350317-1-fre-FR/general-clement-bollee-en-afghanistan-2.jpg

photo Ministère de la Défense

 

14/09/2012 Propos recueillis par Olivier Berger - La Voix Du Nord

 

DéFENSE | Le général Clément-Bollée est le nouveau commandant de la force terrestre, basée à Lille au quartier Kléber (740 personnes) et chargée de préparer les soldats à partir en opérations. Un poste clé qui permet à l’ancien légionnaire d’avoir un oeil aiguisé sur le retrait d’Afghanistan, la baisse des effectifs et le futur de la Défense...

 

– Comment le CFT s’est-il adapté à l’accélération du retrait des forces françaises en Afghanistan­ ?

 

« ­Il y a un an, il fallait être en Kapisa, en Surobi, agir et combattre aux côtés des Afghans. Aujourd’hui, nous ne sommes plus en Surobi, nous sommes en train de quitter la Kapisa, en appui de la brigade afghane qui a pris totalement le combat à son compte. Je lisais un rapport où l’armée afghane a mené une opération de A à Z. Et puis, selon les engagements du président de la République, nous devons nous désengager. Dans une boucle de réaction très courte, la préparation et nos besoins ont complètement changé. Le bataillon de logistique devient la force essentielle. Il s’agit de le faire en bon ordre, tout en ayant l’impérieux devoir de garantir la sécurité de cette affaire. Nous aurons 1 400 hommes au 1er janvier 2013 et l’effort logistique sera terminé à l’été 2013. ­»

 

– Quitter un pays semble constituer un mission complexe...

 

«­ C’est une affaire difficile et délicate. Je vous donne un exemple avec le désengagement d’un VAB (véhicule de l’avant blindé) de Tagab. Il faut organiser un convoi sécurisé jusqu’à Kaboul et c’est une manoeuvre en tant que telle. On le place ensuite dans une zone de stockage à l’aéroport et selon les vecteurs aériens, il faut assurer le flux du matériel. La manœuvre logistique est d’une complexité phénoménale, d’où la nécessité de travailler l’anticipation. C’est le résultat de la préparation réalisée en amont à Mourmelon et organisée par le CFT.­ »

 

– Après l’Afghanistan, quel est l’avenir de votre commandement ­?

 

« ­Il faut transformer l’essai afghan. Ce théâtre a tiré vers le haut l’armée de Terre, vers des standards inégalés. Nous allons tirer les plus-values pour travailler sur ce que sera la guerre de demain. Elle sera fatalement littoral et urbaine, passer de la mer à la terre et dans les villes. ­»

 

– À part s’il faut intervenir au Niger ou au Mali...

 

«­Je lis les déclaration de nos responsables. Notre souci serait probablement de fournir des capacités pour la formation d’armées africaines, les unités de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) avant leur intervention ou l’armée malienne... ­»

 

– Comment jugez-vous la baisse des effectifs des armées­ ?

 

«­ Nous atteignons un seuil. Pour la première fois de l’histoire, nous sommes moins de 100 000 dans l’armée de Terre. Nous sommes conscients des réalités économiques et il est légitime que nous participions à l’effort national. Mais attention au seuil qui est peut-être un étiage. A Falloujah (Irak, 2004), 45 000 marines américains sont intervenus pour une ville de 300 000 habitants. Vous multipliez par deux et vous avez le format de l’armée française. Après Fukushima, l’armée de Terre japonaise a déployé ses 100 000 hommes comme nous le ferions en cas de catastrophe sur notre sol. Alors, je dis "attention à ce qu’on fait". ­»

 

– Alertez-vous les hommes politiques de cet étiage­ ?

 

«­ J’ai été entendu par la commission du Sénat ­; je vais présenter nos capacités à Patricia Adam (présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées à l’Assemblée nationale). L’armée de Terre est un couteau suisse mais certaines fonctions sont au niveau minimum comme le NBC (nucléaire, biologique, chimique) où nous n’avons qu’un régiment. On reste sur la cohérence ou on se tourne vers des abandons capacitaires. Tout dépend de l’ambition nationale. ­»

 

– Le budget du CFT est-il menacé ­?

 

« ­Il est sanctuarisé pour 2012 à 120 M€. À ce prix, j’entraîne pour un an 88 000 hommes et femmes des forces terrestres. L’armée de Terre représente 44 % des effectifs de la Défense et 29 % de la masse salariale. Alors quand on nous accuse d’être des gros consommateurs un peu irresponsables, je trouve ça un peu fort de café. Nous avons le souci de l’optimisation et de la rationalisation des coûts. ­»

 

– On évoque aussi des mutualisations avec des armées étrangères...

 

«­ Plus que la mutualisation par abandons, nous préférons le partage capacitaire. Ce sera une des clés. Si on a besoin d’évacuer des ressortissants de Monrovia ou Abidjan et que ce sont les Anglais qui aient gardé les parachutistes, ça peut être un problème. L’Allemagne entre dans le programme du LRU (lance-roquettes unitaire). Nous avons décidé de partager l’école de formation voire un centre de simulation comme pour les hélicoptères. Notre école de parachutistes à Pau pourrait faire de même. Nous partageons le drone «­ watchkeeper ­» avec les Anglais. Faut-il deux régiments ou un binational ­? Ça peut être une approche pour le futur.­ »

 

– Qu’attendez-vous du nouveau livre blanc de la Défense et de la Sécurité ­?

 

« ­Un rapport du Sénat juge notre périmètre «­ tout juste insuffisant ­», la formule est intéressante. Nous avons un format qui répond aux engagements mais avec des endroits à la limite du hors-jeu (vivement l’hélicoptère NH90, nos Pumas sont épuisés). Pour le livre blanc, dirigé par Jean-Marie Guéhénno, nous sommes assez sereins car il est mené par des gens responsables, conscients de la qualité de l’outil militaire français. Nous souhaitons que les choses soient arbitrés objectivement pour répondre à la question­: c’est quoi la France­ ? ­»

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 20:07

La FREMM Aquitaine suivant le BPC Dixmude photo DCNS

 

14 Septembre 2012 Jean-Dominique Merchet

 

Visite à bord de la prochaine frégate de la Marine.

 

On a beau connaitre un peu les questions navales, une visite à bord (lors de l'Université d'été de la défense, à Brest) de la nouvelle frégate Aquitaine laisse pantois. Avec la première FREMM (frégate multimissions), on change vraiment d'époque et on peut dire adieu à la Marine du XXème siècle.

 

Ses formes furtives rappellent celles des frégates de la classe Lafayette, mais c'est à l'intérieur que les choses changent. D'abord une impression d'espace, presque de vide : le bâtiment de 6000 tonnes est servi par un équipage de seulement 108 marins, y compris le détachement aéro (14). A titre de comparaison, il fallait près de 400 hommes pour armer les frégates Suffren... L'automatisation et la rationnalisation ont été poussées à l'extrême et l'investissement technologique permet de réduire le personnel et les coûts afférents. Trop ? C'est une vraie question que la Marine prend au sérieux. En cas de guerre, une centaine d'hommes seront ils assez nombreux pour lutter contre les sinistres (incendies, etc). Comme c'est déjà le cas sur les BPC, toute l'organisation du travail à bord doit être repensée.

 

L'Aquitaine se commande depuis de grands écrans plats multifonctions, que ce soit sur la passerelle (trois hommes ou femmes assis) d'où les cartes papier ont disparues, le PC propulsion où les mécaniciens sont confortablement installés loin des machines ou le très impressionnant central opérations : rien n'y rappelle que l'on est à bord d'un bateau. La salle est vaste, les murs nus, les marins sont devant de grands écrans plats tous semblables.

 

C'est depuis le central opérations que l'on ferait la guerre, même si, pour les actions de l'Etat en mer, tout peut être commandé depuis la passerelle. L'Aquitaine est un vrai croiseur de première ligne. Sa dominante est la lutte anti-sous-marine : elle dispose d'un sonar remorqué (actif et passif) de très basse fréquence, d'un sonar de coque et d'un hélicoptère Caïman (NH90), lui aussi équipé d'un sonar et de bouées acoustiques, le tout focntionannt en réseau. Pour détruire les sous-marins, des 19 torpilles légères MU-90 qui peuvent être lancées depuis le bateau et l'hélicoptère.

En antiaérien, la frégate dispose d'un radar Herakles (250 km de portée) et de 16 missile Aster 15 - qui sont tirés verticalement depuis l'avant du bateau, juste derrière la tourelle du canon de 76 mm. Ce canon antiaérien peut également tirer contre des objectifs à terre, même si sa munition n'est pas très importante. En revanche l'Aquitaine est armée de 16 missiles de croisière naval - d'une portée de l'ordre de 1000 km avec une précision métrique. On est là, évidemment, dans la frappe stratégique. En mer-mer, l'Aquitaine dispose, outre son canon, de 8 missiles Exocet. Sans oublier, uen embarcation lourde et rapide (drome) pour transporter des commandos.

 

Bref, du sérieux.

 

La propulsion est assurée par quatre diesel qui alimentent deux centrales électriques, une propulsion discrète qui permet d'atteindre 16 noeuds. Pour des vitesses supérieures, jusqu'à 27 noeuds, il faut lancer la turbine à gaz.

 

Signe des temps : la frégate est écologique puisqu'elle ne rejette que de l'eau, les déchets humains et mécaniques étant stockés pendant 45 jours. Et pour le confort de l'équipage, les marins d'antan apprécieront de savoir qu'il y a des douches et toilettes dans tous les postes !

 

L'Aquitaine (D 650) est toujours sous la responsabilité de son constructeur DCNS, même si elle a déjà son équipage. L'acceptation par la Marine nationale devrait avoir lieu avant la fin de l'année - avec quelques mois de retard -  puis la frégate entrera dans la phase de vérification des capacités militaires (VCM). Sous les ordres du capitaine de vaisseau Benoit Rouvière, elle partira alors pour une traversée de le longue durée dans les eaux froides et chaudes... sans doute les Antilles. Voilà qui changera du tour de l'île de Groix !

 

Construite à Lorient depuis 2007, l'Aquitaine devrait être admise au service actif en 2013. Sauf restrictions budgétaires, dix autres FREMM devraient suivre pour former l'armature de la Marine au cours des quarante prochaines années.

 

Il s'agit d'un programme franco-italien : 11 pour la France, 10 pour l'Italie et déjà une vente à l'export, au Maroc..

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 12:50

Mindef

 

13 Septembre 2012 Jean-Dominique Merchet

 

Les travaux de la commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale viennent à peine de démarrer... et le temps est contraint puisque la première copie doit être rendue à la mi-novembre pour une publication, validée par le président de la République, au début de l'année prochaine. Au sein de la commission, certains s'étonnent du fait que son président, Jean-Marie Guéhenno, ne soit pas constamment présent à Paris... puisqu'il réside encore à New-York d'où il vient presque chaque semaine.

 

Par ailleurs, les industriels de la défense ont fait part de leur mécontentement de ne pas participer à la commission : pour les calmer, ils seront associés aux travaux des groupes de travail, notamment celui sur les capacités stratégiques.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 12:50

Mindef

 

13 Septembre 2012 Jean-Dominique Merchet

 

Les travaux de la commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale viennent à peine de démarrer... et le temps est contraint puisque la première copie doit être rendue à la mi-novembre pour une publication, validée par le président de la République, au début de l'année prochaine. Au sein de la commission, certains s'étonnent du fait que son président, Jean-Marie Guéhenno, ne soit pas constamment présent à Paris... puisqu'il réside encore à New-York d'où il vient presque chaque semaine.

 

Par ailleurs, les industriels de la défense ont fait part de leur mécontentement de ne pas participer à la commission : pour les calmer, ils seront associés aux travaux des groupes de travail, notamment celui sur les capacités stratégiques.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 12:45

l-a400m-2

 

13 Septembre 2012 Jean-Dominique Merchet

 

Sauf nouveau retard - et ils ont déjà été nombreux - le premier A400M devrait être livré à l'armée de l'air à la mi-mai 2013, selon les prévisions du constructeur et des militaires. Il sera basé à Orléans, où les personnels (naviguants et mécaniciens) le prendront en main. Le dernier retard est du à un problème de vibrations dans le moteur, apparement sans gravité. L'armée de l'air sera la première à recevoir ce nouvel appareil de transport... que personne pour l'heure n'appelle de son nom officiel Atlas.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 11:40

ram meuse 3000e-1 photo Marine Nationale

 

13 septembre 2012 Par Rédacteur en chef. PORTAIL DES SOUS-MARINS

 

Selon nos confrères de La Tribune, la Direction générale de l’armement (DGA) aurait confié à DCNS un contrat d’études amont dans le cadre du futur appel d’offres pour plusieurs pétroliers ravitailleurs de la Marine nationale.

 

Référence : Presse Océan

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 11:15

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/marine/photos-des-breves/le-ministre-de-la-defense-jean-yves-le-drian-s-adresse-aux-parlementaires-c-marine-nationale/1949581-1-fre-FR/le-ministre-de-la-defense-jean-yves-le-drian-s-adresse-aux-parlementaires-c-marine-nationale.jpg

 

14/09/2012 Sources Marine nationale

 

Deux jours durant, les principaux acteurs de la défense se sont réunis à Brest pour les universités d’été de la défense. L’occasion de poursuivre la réflexion alors qu’ont commencé les travaux du Livre Blanc.


Ils étaient quasiment tous là: responsables politiques, industriels et hauts représentants des trois armées. Rassemblés à Brest les 10 et 11 septembre, les acteurs de la défense ont pu aborder l’avenir de la défense française. Le ministre de la défense, monsieur Jean-Yves Le Drian était entouré du chef d’état major des armées l’amiral Édouard Guillaud et des chefs des trois armées. Sénateurs et députés membres des commissions de défense s’étaient aussi déplacés en nombre. Symbole de l’étroitesse des relations avec les britanniques, l’amiral Sir Mark Stanhope, First Sea Lord, était aussi présent. Plusieurs autres personnalités étrangères avaient également fait le déplacement.

 

À l’heure de l’interarmées


Les quelques 450 universitaires se sont retrouvés le lundi matin au Centre d’instruction naval de Brest pour les ateliers d’ouverture de cette 10ème édition des Universités d’été de la défense. Les «universitaires» étaient ensuite conviés à se rendre sur la base navale de Brest.

 

Sur les quais, une exposition présentait un éclairage sur les thématiques d’emploi actuelles des armées. Dans les tentes, les universitaires plongeaient dans des univers différents, les opérations amphibies, la dissuasion nucléaire... La présence de toutes les armées était l’occasion de faire percevoir le caractère interarmées des opérations actuelles. Les militaires présents sur les stands, experts de leur domaine, répondaient aux questions des visiteurs.

 

Entre théorie et pratique


Pour l’occasion, la base navale de Brest avait ouvert à la visite plusieurs bâtiments de guerre. Le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) et la frégate européenne multi-missions (FREMM) Aquitaine ont tout particulièrement suscité l’intérêt du public.

 

L’après-midi, les universitaires ont pu assister dans la rade à une démonstration dynamique de forces des trois armées. Il s’agissait d’illustrer en grandeur réelle les différentes missions de la défense comme le contre-minage ou encore une reprise de vive-force d’un navire par les commandos. Un défilé aérien impressionnant a aussi permis de montrer la composante aérienne de la Marine et de l’armée de l’Air.

 

Toutes ces présentations ne sauraient cependant à elles seules illustrer tout le travail accompli par les participants. Grâce à de nombreux ateliers, ils ont échangé sur différents thèmes et fait avancer la réflexion la commission du Livre Blanc. D’autres sujets tels que la cyberdéfense ou l’action de l’état en mer ont aussi été abordés.

 

Le fait maritime au cœur des préoccupations


Le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Bernard Rogel, s’adressant à l’assemblée, a présenté les enjeux stratégiques de la Marine, après avoir rendu un vibrant hommage aux militaires et à leurs qualités: «ces hommes et ces femmes constituent la pierre d’angle de la défense, pilier des intérêts de la Nation».

 

Il a ainsi expliqué comment la mondialisation influe sur notre sécurité: «À l’instar de l’espace et du cyberespace, l’utilisation de la mer comme support de flux – le sea network – est devenue stratégique. Des menaces sur ces flux auraient des conséquences importantes et rapides sur l’économie de notre pays.»


Il a également mis l’accent sur la souveraineté et la guerre des ressources: «La raréfaction des ressources à terre oriente aujourd’hui les intérêts vers la mer, la France étant tout particulièrement concernée, compte tenu de l’étendue de sa zone économique exclusive.»


L’amiral Rogel a aussi exprimé le souci de la contraction du temps. «Engendrée par l’emploi des réseaux d’information, elle nous oblige à être prêts à agir dans des délais toujours plus courts. En ce sens, le pré-positionnement des forces, permis par la liberté des mers, représente un atout déterminant.»

Enfin le CEMM a abordé la question du durcissement des opérations de crise et le développement des trafics «qui réclament des moyens militaires de plus en plus complexes.»


Devant une assemblée composés d’invités français mais aussi étrangers, le CEMM a porté l’attention des universitaires sur la nécessité de distinguer les intérêts nationaux liés à notre souveraineté et ceux dont la responsabilité pourrait être partagée au sein d’alliances.

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 07:54

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/ema/le-chef-d-etat-major/120913-allocution-de-l-amiral-edouard-guillaud-ouverture-de-la-20eme-promotion-de-l-ecole-de-guerre/allocution-de-l-amiral-edouard-guillaud-ouverture-de-la-20eme-promotion-de-l-ecole-de-guerre-1/1949172-6-fre-FR/allocution-de-l-amiral-edouard-guillaud-ouverture-de-la-20eme-promotion-de-l-ecole-de-guerre-1.jpg

 

13.09.2012 Sources : EMA

 

Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et messieurs les officiers,
Chers stagiaires de la 20ème promotion de l’Ecole de guerre,

 

 

Je ne suis pas là par hasard, vous non plus.

 

Si je suis là, chef d’état-major des armées, c’est pour vous fixer le cap de l’année à venir. C’est pour vous dire ce que j’attends de l’Ecole de guerre, ce que j’attends de chacun d’entre vous.


Si vous êtes là, c’est parce que vous avez réussi un concours difficile, parce que vous êtes destinés à des fonctions de commandement et que cela se prépare. Cela se prépare par le travail, beaucoup de travail.


C’est pour cela que vous retournez à l’école. Mais l’Ecole de guerre n’est pas une école comme les autres – j’y reviendrai dans quelques instants.

 

Je salue nos 103 camarades des nations amies de la France. Votre présence ici est l’un des atouts forts de l’Ecole de guerre. Elle traduit la nécessité de s’ouvrir à d’autres horizons, le besoin tous les jours plus fort d’une meilleure connaissance mutuelle. Elle est source d’enrichissement réciproque.

 

                                                                                             ***
Vous voilà donc tous revenus sur les bancs de l’école, pour « apprendre la guerre ». Pas celle du lieutenant ou de l’enseigne. Celle de l’officier supérieur.

 

Matière paradoxale, presque incongrue à une époque où les guerres ne se déclarent plus, ne se nomment plus, à une époque où les frontières entre défense et sécurité sont plus poreuses, à une époque où leur visage bouscule nos références, à une époque où – en Europe tout du moins – les sociétés sont dans le déni de son existence et de sa pérennité.

 

Or, la guerre est là. Parfois loin de nos frontières physiques peut-être, mais elle est là. Elle n’est pas morte. C’est un fait.


Elle est plus complexe, souvent plus sournoise. C’est un autre fait.

 

Et notre devoir de militaires, notre responsabilité vis-à-vis de nos concitoyens, c’est d’assurer la veille, toujours, c’est de combattre, s’il le faut et jusqu’au bout, s’il le faut.


C’est pourquoi j’ai tenu à ce que cette école retrouve le nom qui fut le sien pendant longtemps, le nom qui correspond le mieux à la réalité de nos soldats qui s’engagent, parfois au prix de leur vie : l’Ecole de guerre !

 

                                                                                             ***
Ecole de guerre, vaste programme !


« La guerre, je connais », diront plusieurs d’entre vous. Et c’est vrai, pour beaucoup ici, la guerre, ce n’est plus seulement de la théorie, c’est du connu, c’est du vécu.

 

Oui, c’est du connu, c’est du vécu mais jusqu’ici c’était le vécu de l’exécutant, du chef de premier niveau, de l’expert de son métier.


On attendra davantage de vous demain.

 

On attendra de vous que vous planifiiez les opérations, que vous gériez des ressources, que vous orientiez la préparation de l’avenir.

 

On attendra de vous que vous vous positionniez « un cran au-dessus », là où les décisions se prennent, des décisions qui engagent, pas seulement une compagnie, une escadrille ou un bâtiment léger, mais un dispositif, une opération !

 

On attendra de vous que vous quittiez votre cœur de métier, que vous dépassiez les schémas de votre armée, que vous vous inscriviez pleinement dans l’interarmées. Car l’interarmées, ce n’est pas un dogme ; vous le savez, l’interarmées, c’est la réalité, la réalité de toutes les opérations militaires ! C’est une réalité que vous avez déjà approchée mais qui sera désormais votre quotidien !

 

On attendra de vous que vous sortiez des logiques de vos pays, que vous maîtrisiez celles de vos alliés, de vos partenaires d’autres nations. On attendra de vous une ouverture sur l’international. Parce que les opérations contemporaines sont, pour la plupart, multinationales. Parce que, demain, c’est vous tous qui les conduirez !

 

C’est pour cela que l’Ecole de guerre est interarmées, c’est pour cela qu’elle est internationale !

 

                                                                                             ***
Vous le savez, l’année qui vient sera, pour les armées françaises, celle de la rédaction d’un nouveau Livre blanc puis d’une nouvelle loi de programmation militaire.


Ces travaux conduiront l’autorité politique à définir son ambition pour la défense et la sécurité nationale, à définir les missions de nos armées et les capacités qui leurs seront confiées. Ils seront décisifs.


Ils seront décisifs pour les armées françaises. La puissance militaire reste l’un des déterminants de la puissance d’un Etat, de son pouvoir de rayonnement, de sa capacité d’entraînement. Membre du CSNU, la France a des responsabilités sur la scène internationale. Elle a aussi des responsabilités vis-à-vis de ses alliés, à l’Union européenne ou à l’OTAN, et vis-à-vis de nombreux pays amis. Son outil militaire doit lui permettre d’assumer toutes ces responsabilités.

 

C’est pourquoi ces travaux seront  également décisifs pour les amis, les alliés et les partenaires de la France. Ils impliqueront peut-être de concevoir et de mettre en œuvre de nouvelles voies de coopération, d’approfondir la dynamique de mutualisation et de partage capacitaires. La solidarité internationale n’a aucune réalité sans volonté, ni sans capacité. La mutualisation et le partage n’ont de sens que si l’on veut et l’on peut effectivement contribuer au pot commun, c’est une évidence !

 

Or, c’est un secret pour personne, la situation des finances publiques est, partout, difficile, très difficile. Elle est difficile pour nos amis européens. Elle est difficile pour nous. Nous savons  déjà que nous serons peut-être conduits à faire des choix, des choix structurants.

 

Ces choix, ils se baseront sur une analyse exhaustive du contexte géostratégique et sur le rôle que nous souhaitons y jouer.  C’est ce à quoi travaille actuellement la Commission du Livre blanc. C’est ce à quoi je travaille avec l’état-major des armées et les états-majors d’armée.

                                                                                              ***
Mon analyse à ce stade, c’est que 4 tendances majeures se dégagent, 4 tendances majeures étant entendu que le temps de la géostratégie, c’est le temps long – l’histoire et la géographie ne mentent pas.

 

1ère tendance majeure : la guerre froide connaît une fin laborieuse.


Les convulsions des Etats riverains de la Méditerranée orientale, du Proche et du Moyen Orient, et du fondamentalisme islamique – allant jusqu’à l’Afrique subsaharienne –, mises sous boisseau pendant la guerre froide, doivent maintenant être soldées. Je pense bien sûr à l’Egypte, à la Libye, à la Syrie. En existe-t-il d’autres, en Asie, en Amérique latine ou ailleurs ?

 

Le positionnement des Etats-Unis oscille toujours entre interventionnisme et isolationnisme, même si ce dernier est aujourd’hui très subtil. Les Américains restent « juge et partie » de tous les sujets, on attend toujours d’eux qu’ils soient les garants de la sécurité mondiale. Ils ont retrouvé le chemin de l’autonomie énergétique, ce qui aura des répercussions sur leur perception du Moyen Orient, par exemple.

 

Les pays émergents  n’hésitent plus à s’affirmer, d’abord par le « non », et ne cessent de développer leur sphère d’influence, en Afrique principalement, à l’appui d’outils militaires de plus en plus performants.

 

Un phénomène nouveau et mal anticipé : l’affirmation d’une voix des Etats du Golfe. Médiateurs, bailleurs de fonds, pourvoyeurs de capacités, ils apparaissent aujourd’hui incontournables.

 

Tout cela pèse sur la résolution des conflits par l’ONU. L’émergence d’organisations régionales comme l’Union africaine avec ses velléités et son poids objectif compliquent aussi la donne.

 

2ème tendance majeure : les domaines de conflictualité se sont étendus.


La prolifération des armes de destruction massive, des vecteurs balistiques et l’utilisation militaire de l’espace se développent en dépit des actions de régulation de la communauté internationale. L’augmentation du nombre d’Etats dotés et d’Etats du seuil nucléaire se poursuit. Dans ce contexte, le maintien de la crédibilité de la dissuasion française est primordial.

 

Les espaces communs, ceux qui échappent à la souveraineté des Etats, sont désormais à la fois un enjeu et un champ d’affrontement. C’est le cas de l’espace exo-atmosphérique, de l’espace cybernétique. C’est aussi le cas des océans – y compris de leurs fonds. La maritimisation du monde est en route, la sécurité des mers et des détroits étant aujourd’hui plus qu’hier essentielle aux approvisionnements en énergie, en matières premières et en  marchandises.

La plupart de nos adversaires adoptent des stratégies de contournement non conventionnelles. Cela nous impose de repenser nos propres stratégies selon une approche globale où « interministérialité » et interopérabilité sont les maîtres mots, de la conception de l’action jusqu’à sa mise en œuvre. Le renseignement y est primordial, dès lors qu’il contribue à l’action et pas à la seule information.

 

L’accentuation des déséquilibres et les désordres géographiques constituent, enfin,  une nouvelle contrainte sur la définition des capacités des armées – je veux parler de la concentration de l’humanité sur le littoral et dans les villes ou de l’enchaînement des catastrophes naturelles, industrielles ou technologiques.

 

3ème tendance majeure : certains enseignements opérationnels sont pérennes.


Nos opérations sont interarmées et combinées. Dans le temps long – qui n’est pas celui du conflit en cours ou du précédent –,  toutes les composantes militaires sont également indispensables à l’obtention d’effets militaires décisifs.

 

Les conflits sont en majorité de longue durée et de basse intensité. Ils nous opposent de plus en plus à des adversaires non étatiques qui ne savent pas terminer une guerre ou qui ne le veulent pas, ils tablent sur l’érosion du soutien et la versatilité des opinions publiques.

 

Les conflits de basse intensité dégénèrent parfois, soudainement, temporairement et localement, en conflits de haute intensité.


Quelle que soit l’intensité de la confrontation armée, la haute technicité doit permettre de maintenir l’emploi de la force a minima.

 

4ème tendance majeure : l’Europe est placée face à ses responsabilités.


Le basculement des Etats-Unis vers l’Asie-Pacifique est toujours plus marqué. Leur autonomie énergétique retrouvée conduit à une ré industrialisation. Le centre de gravité de leurs efforts s’éloigne ainsi d’Europe, une Europe qui ne doit pas se réduire à un lieu de compétition commerciale. Tout ceci impose de repenser les approches européennes de sécurité et de défense. Ce facteur est également de nature à modifier le poids des organisations internationales et l’équilibre des Etats en leur sein (UE, OTAN).

 

L’Europe s’interroge sur ses responsabilités de défense et de sécurité. L’esprit de défense y diminue et, concomitamment, les moyens qui y sont consacrés. Les pays européens traversent en fait une situation paradoxale : besoin réaffirmé de plus de solidarité et donc de plus d’Europe, et repli sur soi des Nations dans un contexte de crise économico-financière. 

 

Dans ce contexte, la France est aujourd’hui encore en Europe l’un des pays qui fait le plus d’efforts pour sa défense.
Par ailleurs, le Tsunami ou Fukushima ont montré la sensibilité de la sécurité intérieure des Etats et mis en évidence la contribution des forces armées en cas de catastrophe, de surprise ou comme échelon d’urgence.


Enfin, au terrorisme centralisé, succède désormais un terrorisme déconcentré. Ce facteur confirme que la sécurité est très nettement influencée par des actions se déroulant loin du territoire – AQMI en est une évidente démonstration. La crise syrienne, en catalysant de façon emblématique un spectre très large de menaces potentielles, nous le rappelle également.

                                                                                             ***
Vous aurez l’occasion de réfléchir à tous ces sujets ici, à l’Ecole de guerre. Vous aurez l’occasion de confronter vos points de vue, vos analyses. Vous aurez l’occasion d’affiner votre jugement, de forger des convictions.


Un jugement, des convictions, c’est cela que j’attends d’un officier breveté.


J’attends aussi de l’officier breveté de l’Ecole de guerre dynamisme, ouverture d’esprit, polyvalence et responsabilité.

 

Dynamisme parce qu’il a vocation à encadrer, à susciter l’adhésion, l’enthousiasme. De l’enthousiasme, il en faut au chef militaire, même si les temps sont durs – surtout si les temps sont durs – car c’est lui que les hommes regardent, c’est lui qui donne le sens, c’est lui qui donne du sens !

 

Ouverture d’esprit car le monde change, il change de plus en plus vite. Le chef ne subit pas les événements, il se les approprie, il en fait des atouts. Seule l’ouverture d’esprit évite d’être la victime des circonstances ! Cela demande du courage et de l’honnêteté intellectuelle, cela demande parfois d’abandonner ses certitudes.

 

Polyvalence car l’officier breveté est employable dans une grande diversité de métiers et qu’il doit maîtriser une grande diversité de sujets. C’est pour cela que l’enseignement de l’Ecole de guerre est aussi varié, aussi riche. Il couvre, sans superflu, tous les domaines dont vous aurez besoin demain. Et vous en aurez besoin ! Vous en aurez besoin dès votre sortie de l’Ecole, croyez-moi !

 

Responsabilité, enfin, parce que vous retirerez de l’Ecole de guerre ce que vous y aurez mis de vous-même. Extraire de leurs unités des officiers pour les former pendant une année est considéré par certains comme un luxe. Cela exige en retour un devoir d’excellence ! La responsabilité, c’est aussi la loyauté vis-à-vis de l’institution militaire : la pensée est libre, l’expression aussi mais les « vengeurs masqués » n’ont pas leur place à l’Ecole de guerre !


Dynamisme, ouverture d’esprit, polyvalence et responsabilité, gardez en mémoire ces 4 mots clés. Ils sont, à partir de cette année, vos caps cardinaux !

                                                                                             ***


Je voudrais, pour conclure, vous donner 4 conseils d’ancien, des conseils éprouvés – j’étais à votre place il y a 24 ans.

 

1er conseil : Apprenez à prendre de la hauteur. C’est une aptitude indispensable à l’exercice des responsabilités ! Prendre de la hauteur, c’est savoir se poser des questions, savoir se poser les bonnes questions. C’est s’efforcer d’y apporter des réponses claires, construites et parfois iconoclastes. C’est aussi savoir approcher les problématiques dans leur complexité, savoir dépasser l’approche technicienne, l’approche spécialisée.

 

2ème conseil : Apprenez à travailler en réseau. Le travail en réseau, c’est justement ce qui vous permettra d’élargir vos horizons. C’est ce qui vous permettra d’apporter une réponse complète à une question complexe. Vous avez ici, dans vos groupes, une somme d’expériences exceptionnelle. Sachez en profiter !

 

3ème conseil : Prenez le temps de la réflexion personnelle. L’Ecole de guerre, c’est aussi le temps du recul, de la mise en perspective. Ce n’est pas facile parce que l’emploi du temps est chargé. Ce n’est pas facile parce que les sujets sont variés. Ce n’est pas facile parce que l’actualité pousse au zapping, à l’agitation permanente. C’est indispensable pourtant. N’oubliez pas – je me répète – que vous êtes appelés à donner le sens, à donner du sens !

 

4ème conseil : Prenez le temps de la lecture. Vous devez apprendre à penser la guerre, dans toutes ses dimensions, ses évolutions comme ses fondamentaux. Fréquentez les bons auteurs, les classiques, les anciens comme les modernes, les penseurs de votre armée d’origine comme ceux des autres armées. L’Ecole de guerre est le lieu idéal pour cela !

 

Une dernière recommandation. Je disais en ouverture que l’interarmées était une réalité. Il ne suffit pas de le dire. Cette évidence dictée par le terrain est parfois mise à mal, en particulier lors des périodes d’arbitrage financier. Ces temps de Livre blanc et de LPM réveillent toujours les « guerres des boutons ». Or, ces guerres ne profitent à personne, parce que les « querelles de clochers » sont incompréhensibles de l’extérieur et surtout parce que la division nous affaiblit. Relisez l’histoire romaine : ne soyons pas les Curiace !

 

L’interarmées est un état d’esprit, un chemin de volonté. Il faut combiner les cultures d’armées – sans les effacer, évidemment –, vaincre les réticences. Ce n’est pas simple : la complémentarité ne se décrète pas, elle se démontre et se démontre encore.

 

Je compte sur vous pour contribuer à cette perpétuelle démonstration. C’est le seul enjeu et l’objectif premier de l’Ecole de guerre.

 

Officiers stagiaires de la 20ème promotion de l’Ecole de guerre, vous êtes ici pour préparer votre deuxième partie de carrière, ne négligez pas cette chance ! « L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre », disait Saint-Exupéry. A vous, dès aujourd’hui, de mettre le présent en ordre, de le mettre en ordre pour préparer l’avenir, votre avenir et surtout celui de vos armées !

 

Je vous remercie.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 07:50

Stéphane Reb DGA DI

 

13.09.2012 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges

 

Toute l’industrie de défense française attendait le nom, après le départ précipité - le débarquement, disent certains- d’Yves Blanc en juillet dernier : c’est finalement Stéphane Reb, 45 ans (photo DGA Comm, Paco Ben Amar), patron de l'unité de management Rafale à la DGA, qui est nommé directeur international de la Direction générale de l’armement. Le poste est d’une importance capitale : le directeur international de la DGA est en fait un super-vendeur des matériels français de défense, du Rafale aux Frégates FREMM en passant par les sous-marins Scorpène et autres hélicoptères Tigre. Au sein de l'unité de management Rafale, Stéphane Reb était en charge de l'ensemble des avions de combat (Rafale, Super Etendard Modernisé, Mirage 2000, Mirage F1).

 

De bonne source, cet ingénieur de l’armement, ancien directeur du programme Tigre à l'OCCAR (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement), était opposé en finale à Bruno Berthet, ancien directeur adjoint du développement international de la DGA, qui avait quitté l’organisme en septembre 2011 pour diriger l’industriel Rafaut, spécialiste de équipements d’emport et de tir d’armements pour avions de combat et hélicoptères. La connaissance du Rafale sera un atout précieux pour Stéphane Reb, la vente du chasseur à l’export étant LA grande priorité stratégique de l’industrie française, nottament Dassault, Thales, Safran, MBDA et un réseau de 4000 PME.

 

Le nouveau VRP de l’armement français débarque avec un programme chargé. Un, boucler enfin le contrat Rafale en Inde, un des plus gros contrats de chasseurs de l’histoire (126 appareils), qui rebattrait totalement les cartes de l’aviation de combat mondiale. Deux : apaiser les tensions françaises en Arabie Saoudite, où les relations entre Yves Blanc et ODAS, l’organisme chargé de coordonner les exportations d’armement français, étaient devenues délétères, comme le raconte Challenges dans son numéro du jeudi 13 septembre. Trois : mettre l’industrie de défense française en ordre de bataille dans la guerre de l’export dans les pays émergents, rendue encore plus âpre par les coupes dans les budgets de défense des pays matures.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 07:35

EADS BAE

 

13/09/2012 Par FRANCE 24

 

 Le groupe Lagardère poursuit l'étude du projet de fusion entre les deux plus grands groupes européens de l'aéronautique et de la défense, EADS et BAE Systems. Si la fusion a lieu, le géant mondial pourrait rivaliser face à l'américain Boeing.

 

Le groupe Lagardère a annoncé jeudi qu'il ne donnerait son accord au projet de fusion entre les deux plus grands groupes européens de l'aéronautique et de défense, EADS et BAE Systems, qu'après avoir examiné "toutes les conditions" d'un éventuel rapprochement.

 

Lagardère, qui détient 7,5% du capital d'EADS, rappelle également dans un communiqué "que ce projet n'a pas encore été soumis à l'approbation" des conseils d'administration d'EADS et de Sogeade Gérance, la holding qui représente les intérêts de l'Etat français et de Lagardère dans le groupe EADS.

 

De son côté, le constructeur automobile allemand Daimler, qui détient encore 15% du capital d'EADS et 22,35% des droits de vote, avait indiqué mercredi qu'il prévoyait toujours de réduire cette année sa participation dans EADS.

 

Après des fuites dans la presse, les deux plus grands groupes européens de l'aéronautique et la défense, EADS et BAE Systems, ont dévoilé mercredi être en discussions en vue d'une fusion qui créerait le numéro 1 mondial de l'aéronautique, loin devant l'américain Boeing.

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:10

Hargfang pic12 source FB Armee de l Air

 

13 septembre 2012 Par Elodie Vallerey - L'Usine Nouvelle

 

Le ministère de la Défense français veille dans le même temps à ne pas entraver les accords-cadres conclus avec la Grande-Bretagne en juillet pour l'élaboration d'un drone de combat commun à l'horizon 2030-2040.

 

Le 22 juin dernier, le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian rencontrait son homologue allemand Thomas de Maizière. Rien n'a filtré à l'issue de cette rencontre stratégique, mais l'on connaît aujourd'hui l'aboutissement de cette entrevue.

 

Dans un communiqué, le ministère de la Défense a annoncé le renforcement de la coopération entre la France et l'Allemagne dans divers secteurs de l'armement et la signature le 12 septembre d'une déclaration d'intention commune.

 

"Les deux nations se sont mis d'accord sur un ensemble commun de besoins opérationnels clés en vue d'une possible solution européenne. Grâce à cet accord, la France et l'Allemagne sont en mesure de favoriser une coopération pour la réalisation d'un drone MALE (moyenne altitude, longue endurance). Les deux nations évalueront également la possibilité d'une coopération opérationnelle comme étape intermédiaire", précise le communiqué.

 

Le drone dit "intérimaire" (2016-2025) sera donc franco-allemand. Pour ce faire, le programme nécéssitera une harmonisation des structures et des processus entre les deux pays pour permettre la concrétisation de ce projet. Une déclaration a été signéeentre les ministres, et les chefs d'état major des voisins européens.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 16:14

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/actualites/images-actu/cyber-defense-universite-d-ete/1947858-1-fre-FR/cyber-defense-universite-d-ete.jpg

 

13/09/2012 Nelly Moussu-  Economie et technologie

 

Une réserve citoyenne cyber : c’est l’une des nouveautés de la rentrée 2012. Lors des Universités d’été de la Défense, l’officier général Cyber a annoncé la création d’un réseau de réservistes spécialisés en cyberdéfense dans le cadre de la réserve citoyenne.

Constitué d’un noyau de volontaires accrédités par l’autorité militaire, ce groupe apportera sa contribution à la cyberdéfense française. Les réservistes établiront un réseau qui travaillera en étroite concertation avec les autorités nationales en charge du domaine. Ses premières missions seront de faire la promotion d’un esprit de cyberdéfense et de contribuer à la réflexion nationale dans la continuité du récent rapport d’information intitulé « La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale ».

 

L’idée d’une réserve spécialisée dans ce domaine est issue du concept interarmées de cyberdéfense et des travaux interministériels menés en 2011. Ces documents prônent l’ouverture vers le monde industriel et le monde académique en soutien aux démarches pilotées par l’Agence nationale des systèmes d’information. « Après s’être dotée d’une structure de défense des systèmes d’information nationaux, l’Etat-major des armées a souhaité sensibiliser les grandes entreprises impliquées dans la sécurité nationale et les PME stratégiques à ces questions, précise Luc-François Salvador, colonel dans la réserve citoyenne et coordinateur national de la réserve citoyenne cyber. La réserve citoyenne cyber réunira ces acteurs. Elle est un vecteur intéressant de liens entre la société civile et la société militaire. » Dans un premier temps, les réservistes auront pour mission d’expliquer la dimension stratégique de ce domaine en pleine expansion, d’y préciser la place des armées et de donner des clés de compréhension des différents enjeux. D’autres axes de travail seront définis ultérieurement.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 15:20

Safran-Thales-source-ElectroniqueS.jpg

 

13/09 Par Alain Ruello– LesEchos.fr

 

Fort de sa volonté de relancer l'Europe de la Défense, la gouvernement Ayrault devrait incliner vers le rapprochement d'EADS avec BAE Systems. Sauf que le projet n'apporte rien à l'industrie française.

 

« Je ne suis pas un spécialiste des mécanos industriel (...) Je commence par regarder les stratégies des différents groupes (...) leurs projets, ce qu'on fait les voisins», a déclaré lundi soir Jean-Yves Le Drian, en marge des universités d'été de la Défense. Avec l'annonce du projet de rapprochement d'EADS et de BAE, le ministre de la Défense, qui était forcément au courant, dispose d'un extraordinaire cas d'école pour parfaire ses connaissances. Quitte, pour celui qui s'est posé comme le « ministre des Industries de défense », à avaliser une opération qui fragilise Dassault et Thales, les deux champions purement tricolores.

 

De part sa volonté de relancer l'Europe de la Défense, et notamment son volet industriel, Paris devrait en effet adouber la fusion EADS-BAE. En 2000, le gouvernement Jospin a été un artisan décisif de la création de la maison-mère d'Airbus, au travers d'un formidable acte de coopération politique avec Berlin. Douze ans plus tard, le gouvernement Ayrault a la possibilité de marquer l'histoire en bénissant l'étape suivante. Et quelle étape puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de défier la hiérarchie mondiale, en bousculant l'Américain Boeing.

 

« Pour une fois, c'est nous qui prenons de l'avance », sourit Marwan Lahoud, directeur général délégué en charge de la stratégie. A ceci près que le volet purement militaire du projet de rapprochement rappelle furieusement le mariage avorté entre British Aerospace et Dasa du milieu des années 90. Eut-il été couronné de succès, ce mariage aurait sans nul doute fragilisé les positions françaises. Aujourd'hui, la même histoire se répète puisque l'éventuel rapprochement des activités de défense d'EADS et de BAE fait émerger un axe britannico-germanique avant tout, sans rien apporter à la base industrielle française.

 

Effets de bords

 

Quelque soit le secteur, un grande mouvement de consolidation provoque toujours des effets de bords. « Paris va donc être obligé de se positionner car Dassault et Thales en sortiront fragilisés », estime un bon connaisseur du secteur. Pour Thales, la porte de sortie « naturelle » est simple (sur le papier) à imaginer : un rapprochement avec Safran. L'équipementier aéronautique en rêve, et il y a fort à parier que le sujet va refaire surface rapidement sur la table de Jean-Yves Le Drian. Mais pour se faire, encore faut-il que Dassault ait intérêt à apporter ses 26 % dans l'électronicien de défense.

 

Plus globalement, le fabricant du Rafale va avoir du mal à éviter un exercice de révision stratégique. Avec le traité franco-britannique de Lancaster House, l'avionneur français est ressorti, avec BAE, comme l'un des deux mâles dominants de l'aéronautique militaire en Europe. En témoigne le projet de coopération sur l'avion de combat de future génération pour prendre la relève du Rafale et de l'Eurofighter. Maintenant que le groupe britannique est prêt à passer sous la coupe d'EADS, l'ennemi héréditaire, la donne peut changer si Berlin est prêt à mettre au pot, aux côtés de Paris et de Londres. Si on ajoute la question de la succession de Charles Edelstenne, qui doit être tranchée l'année prochaine, l'horizon s'est tout d'un coup obscurci pour Dassault. Du coup, chez EADS, on imagine aisément que l'avionneur va déployer toutes ses forces de lobbying pour faire capoter la méga fusion en préparation dans le ciel européen...

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 11:39

2011mbst202 006 059 marine nationale

 

13.09.2012 DCNS

 

Conçu et réalisé en moins de 24 mois, si l’OPV Gowind® L’Adroit est un véritable défi industriel, la société Terma s’est elle aussi engagée à fournir une solution radar à la fois financièrement acceptable et hautement performante, dans un délai très court. Figurant parmi les partenaires du programme, Terma a procédé à l’installation de ses radars de veille à bord de L’Adroit il y a plusieurs mois maintenant. Depuis, les deux systèmes SCANTER 4102 et 6002 sont utilisés en conditions opérationnelles, dotant ainsi le navire d’une capacité de tenue de situation complète.

 

 

Partageant une même antenne d’environ 3 mètres placée à l’intérieur de la mâture unique, les radars SCANTER assurent des fonctions complémentaires pour garantir une couverture optimale de la surface maritime ainsi que de l’espace aérien :

  • Le SCANTER 4102 permet une excellente surveillance air et surface à moyenne distance, tout en étant capable de suivre de gros aéronefs jusqu’à des distances de 80 à 90 milles nautiques ;
  • Le SCANTER 6002 à semi-conducteurs assure quant à lui une surveillance air et surface proche et basse. Il constitue un soutien à la navigation, au pilotage des hélicoptères, aux missions de recherche et de sauvetage ou encore à l’interception d’autres navires de surface.

Développée par DCNS, la mâture unique abritant ces deux radars est l’une des innovations les plus marquantes de l’OPV Gowind® L’Adroit.  Son cône en composite transparent offre aux senseurs une visibilité optimale et décuple ainsi les capacités opérationnelles du navire.

 

Cette nouvelle collaboration entre Terma et DCNS s’inscrit dans le prolongement d’une relation de long-terme entre les deux industriels. Ce premier avait déjà fournit le radar SCANTER 2001 dans le cadre du programme d’exportation des frégates Delta et fait également partie des industriels sélectionnés pour équiper les frégates multi-missions FREMM.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 11:32

Mindef

 

13.09.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

La somme n'est pas conséquente mais elle mérite d'être signalée: le décret 2012-1011 du 30 août dernier annule des crédit de la Défense d'un montant de 5 millions d'euros (Environnement et prospective de la politique de défense) et les reverse à la direction de l'action gouvernementale (Coordination du travail gouvernemental). Cliquer ici pour lire le décret.

Personne, pour l'instant, n'a pu m'expliquer la finalité de ce transfert dont le montant a même fait sourire certains de mes interlocuteurs. Mais bon, 5 millions par çi, 5 millions par là...

 

Le programme "environnement et prospective de la politique de défense" (programme 144) regroupe les crédits consacrés à la recherche de défense, aux services en charge du renseignement de sécurité, à l'analyse stratégique, à la diplomatie de défense et au soutien à l'exportation, comme le précise un document du Sénat de 2010. Placé sous la responsabilité du directeur chargé des affaires stratégiques (DAS), le programme "environnement et prospective de la politique de défense" regroupe principalement les crédits d'études et de recherche technologique et ceux destinés à deux des trois services de renseignement du ministère de la défense, la DGSE et la DPSD. Il inclut également une partie de l'action internationale du ministère, que ce soit au titre du soutien aux exportations ou du réseau diplomatique de défense.

 

Le programme 129 "Coordination du travail gouvernemental" relève de la mission "Direction de l’action du gouvernement" du Premier ministre. Placé sous la responsabilité du secrétaire général du Gouvernement, ce programme rassemble des entités rattachées au Premier ministre dans un ensemble budgétaire commun.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:55

Patricia Adam source Ouest-France

 

12 septembre 2012 -    Stéphane Jézéquel - letelegramme.com

 

Après le ministre de la Défense Jean-Yves LeDrian en régionalde l'étape lundi, c'était au tourde Patricia Adam, en présidente de la commission de la Défense, d'évoluer hier dans son jardin. Une «friche»pas évidenteà débroussailler en temps de crise.

 

Comment faire aussi bien avec moins? Telle était la question qui revenait comme un boomerang, hier, lors de la séance plénière de l'Université d'été de la Défense, au Quartz. C'est vrai qu'il y a de quoi s'arracher les cheveux avec un président de la République qui informe des difficultés à venir, des serrages de ceinture en tous genres, tout en maintenant son attachement indéfectible à une dispendieuse mais selon lui «fondamentaledissuasion nucléaire». Comment faire aussi bien avec des crédits appelés à diminuer? Comment faire mieux, a-t-on même pu entendre hier, alors que les coûts en personnels et matières premières explosent et que les collaborations avec les pays voisins (l'Europe de la Défense) avancent à la vitesse d'un escargot enrhumé? Ilfaut reconnaître que, parmi les 400 à 500 participants et auditeurs de cette première université de la Défense à Brest, bien peu avaient des réponses à apporter, hier, au Quartz. Remarquables analyses de la situation, judicieuses photographies, bilans probablement très justes sur le plan géostratégique... mais personne pour dégainer la moindre solution (miracle?).

 

Le risque de relâcher la pression

 

On pressent que l'élaboration du prochain Livre blanc de la Défense et de la loi de programmation militaire ne sera pas une partie de plaisir. Pourtant, jamais les théâtres internationaux n'ont paru plus incertains. Printemps arabes, crises larvées dans les déserts africains, montées de l'Islamisme et des groupes terroristes... Jamais, depuis deux décennies, la France n'est autant montée au créneau, que ce soit en Afghanistan, en Méditerranée ou en Afrique. Michel Foucher, géo-stratège appelé à la tribune, a souligné les risques à relâcher les efforts d'armement. Les États s'affaiblissent et c'est la porte ouverte àtoutes sortes de groupes qui utilisent la force pour combler l'espace laissé vacant. «Avec les efforts d'armement des pays asiatiques, Chine en tête, il y a urgence àprogresser!». Des mots diamétralement opposés à ceux prononcés la veille à la maison des Syndicats, lors du forum pour la paix réunissant une cinquantaine de participants convaincus.

 

Lourde dissuasion

 

Alors, où trouver l'argent? «On ne touche pas à la dissuasion nucléaire. Ce débat a été tranché par le président de la République, il n'est pas à l'ordre du jour», rappelle Patricia Adam qui, par ailleurs, reconnaît toute la complexité et la diversité des enjeux stratégiques d'aujourd'hui. «L'arc de crise défini lors du dernier Livre blanc ne suffit plus. La menace peut surgir en dehors de cette zone et surtout à travers de multiples formes». Il faut alors multiplier les outils de riposte, développer le renseignement, les prépositionnements et la présence sur le terrain. Ce qui ne va pas exactement dans le sens des économies espérées.

 

«Niveau crédible»

 

«Il nous faut maintenir un niveau crédible pour la Défense!». La formule ne fait pas avancer le mulet, si ce n'est qu'elle fait référence aux nécessités financières et fiscales que la France met en place pour son redressement économique. On s'en doute, les vaches risquent d'être maigrichonnes. Et l'herbe pas très abondante, avec une dissuasion nucléaire, «invariant absolu» des plus consommateurs et de plus en plus éloigné des menaces actuelles, aussi dispersées qu'imprévisibles.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 17:54

logo DGA

 

12/09/2012 DGA

 

Sur proposition du ministre de la Défense, l’ingénieur général de l’armement Stéphane Reb a été nommé  directeur du développement international de la Direction générale de l’armement (DGA) en conseil des ministres, le 12 septembre 2012.

 

Polytechnicien, diplômé de l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace (Sup Aéro), il démarre sa carrière à la DGA en 1991 comme responsable des études amont pour les missiles tactiques. Il occupe ensuite différentes responsabilités dans les domaines des missiles et de l’aéronautique, dont celle de manageur des Mirage 2000N et D.

 

 Il rejoint en 2001 l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR) à Bonn, où il exerce notamment la fonction de directeur du programme Tigre.

 

En 2007, il revient à la DGA comme directeur du programme Rafale.

 

En  février 2009, il prend la direction de l’unité de management Rafale qui comprend l’ensemble des avions de combat (Mirage 2000, Super étendard modernisé, Mirage F1) ainsi que les démonstrateurs de drones de combat.

 

Stéphane Reb a 45 ans. Il est marié et père de quatre enfants.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 14:02

ram_meuse_3000e-1-photo-Marine-Nationale.jpg

 

12/09/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

La Direction générale de l'armement (DGA) a confié à DCNS un contrat d'études amont d'environ 10 millions d'euros en vue de préparer le lancement d'un appel d'offre sur la construction de pétroliers ravitailleurs pour la marine nationale. Ce contrat est quant à lui estimé à plus de deux milliards d'euros.

 

C'est une bonne nouvelle pour toute la filière industrielle navale française, notamment pour DCNS et le chantier naval basé à Saint-Nazaire, STX. La Direction générale pour l'armement (DGA) a décidé, selon nos informations, de confier en fin de semaine dernière à DCNS un petit contrat d'études amont (PEA) sur la réalisation à venir de pétroliers ravitailleurs pour la marine nationale. Pour le groupe naval DCNS, présidé par Patrick Boissier, cela représente aujourd'hui un contrat modeste de moins de 10 millions d'euros, qui devrait être annoncé dans les jours qui viennent. Mais il anticipe d'ici à deux ou trois ans un appel d'offre de très grande ampleur pour la construction de plusieurs pétroliers ravitailleurs, soit un contrat estimé à plus de 2 milliards d'euros.

 

STX, grand bénéficiaire de ce projet

 

Si l'obtention de ce PEA ne préfigure pas à DCNS de remporter automatiquement le futur appel d'offre, il lui confère néanmoins un avantage indéniable, selon les observateurs. En cas de succès, STX, le seul chantier naval à pouvoir accueillir ce type de projet en France, serait le grand bénéficiaire de ce programme au niveau de la charge de travail. En mars, un Comité ministériel des investissements de défense (CMI) avait annoncé le lancement du projet de renouvellement de la flotte. Il faisait suite à l’amendement au projet de loi de finances 2012 proposé par les députés du Finistère, Marguerite Lamour, et de Haute-Marne, François Cornut-Gentille. Celui-ci prévoit une enveloppe de 5 millions d’euros au PLF 2012 pour mener les études préalables au projet..

 

Quatre pétroliers ravitailleurs

 

En 2011, la Marine disposait de quatre pétroliers ravitailleurs d'escadre de classe Durance, basés à Toulon. La Meuse est le plus ancien mais les trois plus récents, la Marne, le Var et la Somme disposent d'installations qui leur permettent d'embarquer un état major. La marine nationale avait engagé ses quatre pétroliers ravitailleurs dans l’opération Harmattan. Ces bâtiments, dont le prochain remplacement est sérieusement préparé, ont effectué près de 150 ravitaillements à la mer, dont une trentaine au profit de bâtiments étrangers.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:48

GAN Avril 2012 photo Marine nationale

 

11 septembre 2012 - Catherine Magueur - letelegramme.com

 

Pour la Marine, le renouvellement, c'est maintenant: c'est ce qui ressort de discussions avec les participants de l'Université d'été de la Défense, qui se tient à Brest.

 

Les enjeux maritimes sont au coeur des débats brestois. Souveraineté, sécurité, lutte contre la piraterie, transport maritime, lutte contre la pollution, narcotrafic: la Marine voit sans cesse augmenter ses missions. Elle voit aussi diminuer le nombre de ses bâtiments. Certes, aujourd'hui, il faut moins d'hommes et de femmes pour faire fonctionner un bateau. Mais il y a certainement un seuil à ne pas dépasser. «À un moment, on ne pourra pas continuer à descendre en nombre de plateformes, ou alors on ne fera pas les mêmes missions», souligne un marin. Ce sont tous les enjeux du nouveau Livre blanc qui se prépare actuellement. Le maritime avait été oublié dans celui de 2008. Pas question que son sort soit le même dans celui de 2012, selon de nombreux participants à l'Université d'été de la Défense, à Brest.

 

Contexte de rigueur

 

On connaît le contexte: c'est celui de la rigueur. Vous n'allez pas demander au chef d'État-major de la Marine, l'amiral Rogel, quel programme il serait prêt à sacrifier. En marge de l'Université d'été, il nous explique qu'il «ne croit pas à la vertu du repli tactique permanent»... Selon lui, ce n'est pas en terme de sacrifices de programmes qu'il faut réfléchir. Le Livre blanc fait le tour des enjeux, explique-t-il. Ensuite, il y a «une hiérarchisation qui doit être politique de tous ces enjeux. Enfin, on voit quelles capacités il faut mettre en place par rapport à ces enjeux définis par le politique». Le chef d'État-major, quant à lui, est là pour appliquer une décision de son pays, souligne-t-il. L'amiral Rogel l'a dit et redit devant les commissions Défense de l'Assemblée et du Sénat: «Le format de la Marine est aujourd'hui juste suffisant». Il est clair que la Marine est aujourd'hui à un tournant. Pour elle, le renouvellement, c'est maintenant. Nombre d'experts vous expliquent qu'il faut quinze ans pour bâtir un outil naval, car ce sont des bâtiments très complexes. Un marin souligne: «Il ne faut pas se leurrer. Si l'on casse l'outil, on mettra beaucoup de temps à le remonter.»

 

Regard sur l'Europe

 

Les industriels sont sur la même longueur d'onde. L'Europe est sans doute aussi l'une des clés de l'avenir. Travailler ensemble, mutualiser, tout cela génère des économies. Dans tous les pays de l'Union européenne, la rigueur est de mise. Cela pourrait peut-être aider à faire avancer l'Europe de la Défense...

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:45

cyber warfare

 

10 septembre 2012 par Thomas Debelle - erenumerique.fr

 

L’avenir se trouve sans conteste du côté des nouvelles technologies et du développement du réseau qui, contrairement à ce que pensent une majorité de ceux qui utilisent Internet à longueur de journée, est loin d’être aussi couramment usité et accessible par le plus grand monde. Mais s’il faudra sans doute encore du temps avant de voir vraiment se généraliser la toile et ses dépendances, le fait est qu’elle est devenue un théâtre d’actions internationales aussi réel que ce qui se passe tous les jours un peu partout à la surface du globe. Espionnage, attentat, virus ou encore vol de données ne sont que quelques-uns des fléaux auquel il faut désormais faire face.

 

Pour ce faire, la plupart des pays mettent en place des unités/services spécialisés qui ont pour mission d’éviter la propagation de virus au sein d’un système ou de prévenir les attaques contre leurs institutions respectives. En effet, et si nous évoquons régulièrement les piratages dont sont victimes les grandes entreprises (Microsoft, Sony, Apple, Blizzard, etc.), le fait est que les grands ministères et les principales institutions d’un pays sont soumises à un feu cybercriminel nourri !

 

Pour faire face à ce défi de plus en plus important, le ministre de la Défense vient de confirmer la création de 200 emplois dans le secteur de la cyberdéfense, et ce à destination de la Direction Générale de l’Armement. Les futurs recrutés viendront ainsi grossir les rangs de la DGA-MI avec pour ambition de détecter les nouveaux virus et accélérer la réaction face à ces armes. Désormais, et même si cela se passe sur le réseau, les menaces n’ont plus rien de « virtuel », d’autant qu’il convient de rappeler que la cybercriminalité touche plus de 10 millions d’utilisateurs en France chaque année.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:44

Mindef

 

11/09/2012 Par Isabelle Lasserre – LeFigaro.fr

 

Les nouveaux défis lancés par l'Afrique doivent être intégrés dans la révision du livre blanc.

 

Comment franchir la zone de turbulences actuelle sans briser l'outil de défense français? Comment préserver pour l'avenir l'équilibre des armées et les succès des industries nationales malgré la crise? Comment réconcilier les deux ­faces d'un même aimant: l'impératif de restriction budgétaire et la nécessité de réinventer une vision pour le futur? C'est l'équation difficile que devront résoudre avant la fin décembre les participants à la commission de révision du livre blanc de la défense, le document stratégique de référence, dont l'édition 2008 a été rendue en grande partie caduque par les évolutions nationales et internationales.

 

Le contexte géopolitique a changé. Le précédent texte n'avait intégré ni les révolutions arabes, ni la montée en puissance d'Aqmi dans le Sahel. «Nous assistons au grand retour de l'Afrique, la grande oubliée du livre blanc de 2008», souligne l'amiral Guillaud, chef d'état-major des armées, intervenant à la dixième université d'été de la Défense à Brest.

 

Les États-Unis ont confirmé le déplacement de leurs intérêts vers l'Asie et le Pacifique. En matière de budgets de défense, l'écart s'est encore creusé entre l'Europe d'une part, les États-Unis et l'Asie de l'autre. «Jamais le monde n'a été si interdépendant et discordant à la fois», résume Michel Foucher, directeur des études de l'IHEDN.

Les contraintes financières, ensuite, ont modifié la donne. «Si le budget de la défense n'a pas été considéré comme une variable d'ajustement en 2013, il n'a pas non plus été sanctuarisé», prévient Jean- Marie Guéhenno, qui préside la commission du livre blanc.

 

La mission confiée par le nouveau chef de l'État aux experts et responsables politiques et militaires est d'autant plus périlleuse que le militaire n'est pas un domaine comme les autres. Les décisions prises aujourd'hui engageront les choix stratégiques de la France pendant les quinze ou vingt prochaines années. «Il faut gérer le court terme, l'immédiat, tout en préparant l'avenir, le long terme», explique Olivier Darrason, le directeur de la société de conseil en stratégie CEIS. En jeu, la souveraineté de la France, sa sécurité, sa place et son rôle dans le monde.

Responsabilités

«Les choix seront cornéliens», prévient un industriel. Les armées ont déjà été très atteintes par les réformes et les restrictions budgétaires précédentes. «Elles sont à l'os», résume un officier, qui redoute un déclassement stratégique. Pour conserver l'indépendance et l'influence de la France, ses capacités opération­nelles et son savoir-faire industriel, la commission du livre blanc doit tout remettre à plat. Sauf la dissuasion nuclé­aire, sanctuarisée pour l'instant par François Hollande.

 

«Il faut se demander où aller, pour faire quoi, avec qui et avec quels moyens?» résume Patricia Adam, la présidente socialiste de la commission de la défense à l'Assemblée nationale. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, acteur majeur de l'Union européenne et de l'Otan, la France a des responsabilités. Jean-Marie Guéhenno le sait bien: «Ce serait une grave erreur de penser que nous allons nous laver les mains de ce qu'il se passe dans le monde.»

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