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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 11:45
photo ECPAD

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19/06/2013 Par Jean Guisnel / Défense ouverte - Le Point.fr

 

Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé, deux journalistes du "Figaro", expliquent comment la France a conduit sa guerre au Mali. Un modèle du genre.

 

Le gouvernement malien et les rebelles touareg du MLNA ont finalement enterré la hache de guerre, ouvrant la voie à la tenue de l'élection présidentielle prévue le mois prochain. Mais cette étape n'était encore qu'une éventualité lorsque l'ouvrage d'Isabelle Lasserre et de Thierry Oberlé - tous deux journalistes au Figaro - était sous presse, ils n'ont donc pas pu l'évoquer. Ces livres écrits à proximité immédiate de l'événement qu'ils relatent sont appelés "instant books" dans le jargon éditorial. Ils s'apparentent donc plus en principe à une enquête journalistique rapide qu'à un examen fouillé d'un événement historique. Pourtant, cette fois, la première guerre de François Hollande est décrite avec recul. Car les auteurs ne la font pas débuter le 11 janvier dernier, avec la descente de colonnes armées vers Bamako brutalement stoppée par les forces spéciales françaises, qui y perdront un pilote d'hélicoptère Gazelle. Ils ont choisi de remonter plus haut, plus précisément en 2009.

 

Requin

 

À cette époque, l'état-major des armées met au point, parmi d'autres scénarios, le plan Requin. Depuis des mois, les djihadistes d'Aqmi se sont implantés dans une zone montagneuse, l'adrar des Ifoghas, frontalière de l'Algérie. À Paris, on n'est pas dupe : le groupe Aqmi est instrumentalisé par Alger, qui se garde bien d'imperméabiliser sa frontière, laissant les ravisseurs d'otages occidentaux se ravitailler sur son sol. Dès cette époque, écrivent Lasserre et Oberlé, le cadre général d'une intervention au Sahel était prêt. Ne manquait que la date : "Rarement une opération militaire fut aussi bien préparée. Seul le déclenchement de Serval n'avait pas été anticipé par les officiers généraux. Officiellement, en tout cas. Les planifications successives visaient à reconquérir le Nord et non pas agir au Sud pour bloquer une colonne de djihadistes en mouvement."

 

Guerre éclair

 

La guerre que la France va conduire sur le terrain met en oeuvre un savoir-faire exceptionnel. En quelques jours, les troupes arrivent du Tchad et de Côte d'Ivoire pour renforcer les forces spéciales, bientôt rejointes par les forces envoyées de France. Sur le terrain, la reconquête est rapide, les Français se tenant officiellement aux côtés des forces maliennes, alors que celles-ci n'ont en réalité pratiquement joué aucun rôle. Le cadre des opérations est, rappellent les auteurs, différent de celui mis en oeuvre en Afghanistan, dans un contexte, il est vrai, totalement différent : "Bouger, ne jamais s'arrêter. L'autonomie du chef sur le terrain, l'intelligence de la situation, les effets d'opportunité sont systématiquement privilégiés. (...) De cette conception de la guerre naît la folle équipée qui conduit les militaires français, à très vive allure, jusqu'à la frontière de l'Algérie." Il faudra trois semaines aux Français pour chasser les gangstéro-djihadistes de la partie nord du Mali.

 

Confusion sémantique

 

La guerre n'est pas finie et le gros des 3 500 soldats français demeurant au Mali y restera jusqu'à la fin du processus de l'élection présidentielle. On appréciera aussi que les auteurs, fines mouches, n'aient pas voulu s'associer à la vulgate des spin doctors de l'Élysée et de la défense, qui emploient systématiquement le terme "terroristes" pour désigner les djihadistes maliens, parfois purs et simples gangsters et trafiquants de tout poil, voire nationalistes touareg qui ne se sont pas associés aux Français. Nos deux confrères pointent la "confusion sémantique" des raconteurs d'histoires qui oublient que "les islamistes, combattus par Paris dans le Sahel, sont souvent nos alliés en Syrie face à Bachar el-Assad, ou le furent en Libye".

 

On l'aura compris : il s'agit d'un bon livre, dont la rapidité de réalisation n'exclut pas la justesse et la qualité des informations. Il aide à comprendre ce qui s'est passé et sera utile à l'avenir, malgré l'absence d'un index qui aurait été fort profitable !

 

Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé, Notre guerre secrète au Mali, les nouvelles menaces contre la France, Fayard, 247 pages, 17 euros

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:45
Mali : Serval est né d'un Requin...

31 Mai 2013 Jean-Dominique Merchet

 

Un livre des journalistes Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé

 

L'intervention française au Mali (opération Serval), qui a démarré de manière fracassante le 11 janvier dernier, était dans les cartons depuis 2009. Une planification de l'état-major, baptisée Requin, prévoyait alors quasiment ce qui advenu cet hiver. Et qui a failli être déclenché à plusieurs reprises sous la présidence Sarkozy... Puis après l'élection de François Hollande, qui juge le dossier malien prioritaire, tout se met en place à partir du 31 octobre 2012. L'offensive des djihadistes en janvier servira de coup de sifflet pour y aller.  C'est ce que racontent deux journalistes du Figaro, Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé, qui publient un livre, écrit à chaud et de lecture agréable, sur "Notre guerre secrète au Mali".

 

Attention, il ne s'agit pas d'un récit détaillé des opérations militaires depuis janvier - à la manière de Jean-Christophe Notin sur l'Afghanistan ou la Libye.   Les fana-milis, passionnés de la mécanique militaire, resteront sans doute sur leur faim. C'est un ouvrage de synthèse qui explique le pourquoi et le comment de cette guerre.  Une lecture conseillée à ceux qui veulent comprendre ce que fait la France au Mali, et plus largement au Sahel.

 

L'ouvrage revient sur les causes de cette crise, c'est-à-dire à la fois la déliquescence de l'Etat malien et la montée en puissance des groupes terroristes au Sahel, comme AQMI, qui trouvent leur origine dans la guerre civile algérienne. Les auteurs se penchent sur la question des otages, comme sur celle de l'islamisme radical. Ils retracent les causes immédiates de la guerre toujours en cours ainsi que le processus qui a conduit à l'intervention française. Sans cacher, par exemple, combien Serval a été l'objet de tensions au sommet de l'Etat et des armées, où une nouvelle architecture du pouvoir politico-militaire est apparue, plus centrée sur le ministre de la Défense qu'auparavant. En conclusion, le livre aborde les conséquences de Serval, notamment sur la question européenne ou des choix du Livre blanc.

 

Isabelle Lasserre et Thierry Oberlé "Notre guerre secrète au Mali" Fayard, 248 pages, 17 euros.

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