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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 17:35
Afghanistan: the view from China

 

Alerts - No6 - 24 January 2014 Andrew Small

 

2014 is a defining year for China’s relationship with Afghanistan. After more than a decade on the margins of international efforts to shape the country’s future, this summer China will take the diplomatic driving seat as it hosts the Istanbul Ministerial Process, the major regional conclave between Afghanistan and its neighbours, in Tianjin in August.

In anticipation of the drawdown of Western forces, Beijing has been making it clear to both friends and rivals that, unlike the aftermath of Soviet withdrawal, it will not sit on the sidelines and watch the country slide into civil war.

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 17:35
Afghanistan: the view from India

 

Alerts - No1 - 10 January 2014 Eva Gross

 

Afghan President Hamid Karzai’s visit to India from 12-15 December 2013 – during which he requested greater defence and security cooperation in the years to come – underscored the close bilateral ties between the two countries. President Karzai’s attempt to enlist regional allies in support of a stable post-2014, post-transition Afghanistan also raises questions about the extent to which Afghanistan’s neighbours are prepared to modify their engagement in the near future.

The bilateral relationship between India and Afghanistan has deep historical and geographical roots. Yet, to date, India’s engagement in Afghanistan has mainly centred on civilian contributions and economic development. This is partly due to Pakistani resistance and fears over India’s growing regional influence. Possible developments in the relationship with Islamabad will therefore have a bearing on India´s future Afghanistan policy – and vice versa.

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 17:30
Arab armies: agents of change? Before and after 2011

 

Chaillot Paper - No131 - 17 March 2014 Florence Gaub

 

Many aspects of the so-called Arab Spring came as a surprise: the mass demonstrations, the toppling of dictatorships, and indeed the timing. One of the most unexpected aspects, however, was the behaviour of the respective military forces. Regarded until 2011 as being unequivocal supporters of the regimes in power, they were expected to crack down on the demonstrators with an iron fist. Decades of military dictatorships, coups d’état and wars had entrenched the notion of Arab armed forces as agents of coercion, not agents of change.

But only one of the Arab militaries confronted with the massive social dislocation unleashed by the Arab Spring behaved in the expected way, i.e. unequivocally standing by the regime and suppressing the uprisings. The others facilitated regime change either actively or passively, and in Egypt assumed an even more direct role. In all cases, the armed forces were, and remain, the kingmakers, whose support is essential for rulers to hold onto, or accede to, power. But what drives these forces? Why do they choose to act, or not act, under certain political conditions? When do they have the capacity to act, and when is it that they do not?

While these questions are fundamental, they relate to the specific circumstances pertaining to the military in the post-2011 environment: how come the armed forces seem to possess the casting vote between secular and Islamist forces on the road to democracy? More puzzlingly, what is it that these forces stand for in the eyes of the populations in their respective countries – if it was modernity in the 1950s and 1960s, what is it today?

 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 17:55
Robots de combat et morale : anticiper sur la responsabilité

 

20.03.2014 CESA

 

La technique est désormais omniprésente sur les théâtres d’opérations comme elle l’est dans le quotidien de chacun. Un premier constat essentiel s’impose : la course en avant de la technique, qu’elle soit considérée comme positive ou non, est irréversible. La question de savoir si les outils à notre disposition sont moraux ou immoraux est vaine ; en revanche, il est plus pertinent de s’interroger sur les conséquences à long terme de l’évolution et de l’emploi des techniques.

 

Retrouvez l’intégralité de cet article du Capitaine Emmanuel Goffi, extrait du dernier numéro de Penser les ailes françaises au format PDF

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 12:40
Quand Poutine souffle sur les braises nationalistes


20.03.2014 par Laurent Marchand - Tout un monde
 

L’image était hier saisissante, mardi, au Kremlin. Orchestrée, mais néanmoins troublante. Devant son gouvernement, devant son Parlement, Vladimir Poutine a reçu une vibrante ovation, à de nombreuses reprises. Dès qu’il évoquait les droits des Russes, la solidarité russe, la permanence de la Crimée russe au-delà des aléas de l’histoire récente, la salle était debout. La mise en scène du pouvoir du Kremlin était évidente, mais il y avait comme un supplément de pathos. Comme si la Russie, en annexant de facto et de jure la Crimée, célébrait d'abord le retour de sa propre grandeur. Ce discours, pourtant, comportait, comme plusieurs déclarations récentes, un germe préoccupant. Poutine a, certes, affirmé explicitement ne pas vouloir dépecer l'Ukraine, la couper en morceaux et pousser plus loin l'action menée en Crimée. Dans le même temps, il a aussi exprimé, une nouvelle fois, une logique dangereuse : la solidarité russe. Comme si les vraies frontières de la Russie s'arrêtaient là où il y a une communauté russe. Rallumer ainsi le feu nationaliste peut être encore plus préoccupant que la symbolique de restauration de l'ère soviétique. Car sous le calme apparent du continent européen, les braises nationalistes ne se sont jamais vraiment éteintes. 

 

Les contradictions de l'Occident ne sont pas minces. Poutine en use. En rappelant le Kosovo. On peut aussi évoquer bien sûr les doutes qui pèsent sur le respect du droit international que les opérations menées en Irak, en Libye. Par ailleurs, il ne fait aucun doute qu'historiquement, culturellement, linguistiquement, la Crimée ait des liens substantiels avec Moscou. Et que la volonté de ses habitants de retrouver la Russie est réelle.

Toutefois, on ne peut mettre sur un même pied l'opération masquée des troupes spéciales russes et le débat sur l'autonomie, voire l'indépendance d'une communauté nationale. Cette arme est toujours à double tranchant. Moscou n'a pas fait dans le détail lorsqu'il s'agissait des demandes d'autonomie des Tchétchènes.

Peut-on réduire l'exhibition de Poutine au Kremlin à l'expression d'un simple patriotisme ? Les voisins de la Grande Russie, en Lettonie, en Lituanie, en Estonie, ne peuvent évidemment pas le croire. D'autant moins, que la propagande de la télévision russe réactive, en diffusant des documentaires sur la collaboration des baltes avec les Nazis, un clivage historique fonctionnel à ses visées d'aujourd'hui. Dans ses discours, Poutine ne cesse de brouiller les frontières de l’appartenance russe. Qualifiant de patriotes les russophones d’autres Etats. Estimant que le retour de la Crimée n’est qu’une réunification. Que Moscou défendra les Russes où qu’ils se trouvent. Ce qui, naturellement, crée la panique dans les pays baltes, rescapés encore meurtris de l’ère soviétique.

La corde nationaliste russe est devenue, sous Poutine, la clef de voute de la politique russe. Un point d’équilibre intérieur. Même Navalny, son principal opposant, en use. Même Gorbatchev applaudit. Et la crise ukrainienne sonne l’heure de la revanche. Poutine, depuis des mois, ressort toute une symbolique très prégnante en Europe orientale. L’antifascisme, l’antinazisme. La fierté russe d’avoir fait barrage. Cette fibre rassure les Russes, mais elle effraye, et on le comprend, à Riga, Lviv, ou Varsovie.

L’Europe, qui n’a pas su se doter d’une politique russe, va devoir tenir compte de ce regain nationaliste. Durablement. Et éviter la contagion sur un continent où, derrière l'étiquette de populisme collée à certains mouvements, se cache en fait une résurgence du nationalisme, comme l'illustre la solidarité de nombreuses formations d'extrême droite, y compris en France, avec les pratiques mises en acte par Poutine. En outre, n'assiste-t-on pas, dans le débat hongrois de ces dernières années où la nostalgie de la Grande Hongrie est portée par les forces les plus extrémistes, à un discours similaire?

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 13:50
Russia, the Ukraine crisis and the future of European security

 

12th March 2014  – by Stephen Blank - europeangeostrategy.org



A week into Russia’s invasion of Ukraine, the time has come to consider some of its core lessons for the future of the transatlantic relationship and European security.

First and most importantly, the Ukraine crisis has buried the post-Cold War assumption that war in Europe is inconceivable. Accordingly, the (Western) belief that the world has left Realpolitik has proven both fallacious and dangerous. In fact, the West’s passivity and utter incomprehension of Putin and Russia reveals a discomforting fact: Europeans and Americans are cognitively unprepared to effectively defend the post-Cold War settlement.

The second lesson revealed by the Ukraine crisis is that European security may well be divisible and that Western Europeans and Americans – as has too often been the case – may not be ready to fight for their Eastern European allies. As long as these conditions are operative, Russia will continue to expand its self-proclaimed sphere of influence.

Thirdly, the previous generation’s belief that Russia could be integrated into Europe has imploded. Russia wants a free hand, empire, and great power status. It equates liberal democracy and integration within the West with subordination and thus resists them. Russian power cannot be integrated into a European normative and political order. Instead, Moscow sees the corruption, subversion, and undermining of that order as a key condition for its own survival. This insight leads to the next lesson.

Fourth, Russia’s imperial land and power grabs in Georgia and now in Ukraine; its efforts to undermine security in Moldova and the Caucasus; and its permanent sabre rattling in the Baltics show not only that Russia remains unreconciled to the 1991 loss of empire but something much deeper: Putin and his ‘boyars’ firmly believe that Russia cannot be governed except as an Empire. For the Kremlin, Empire represents the necessary condition of survival against the threat of Westernisation.

Fifth, and critically, Russia considers that the use of force is the only viable way to advance its Empire. As the crises in Ukraine and Georgia show, Russia cannot accept the genuine sovereignty or territorial integrity of any of its neighbours, including Eastern Europe. Thus all of its agreements with them are ultimately merely ‘scraps of paper’. The Kremlin believes it must subvert, corrupt, undermine, or even try to conquer their territories to preserve this ruling elite in power and consolidate domestic support around Great Russian state nationalism. Moreover, the fact that the countries and peoples that stand on Russia’s path are likely to show resistance and that the Russian state cannot cope economically with the burdens of empire reinforces the point that Russia’s imperial drive is interwoven with war.

Only if the transatlantic alliance understands and assimilates these lessons can it successfully roll back the current challenge to European security and restore the basis for a genuinely free and unified Europe. This means the military revitalisation of NATO and its full willingness to uphold its agreements to support Ukraine’s security and integrity, as stated in the 1997 NATO-Ukraine treaty. This does not mean war but a combination of resolute military support for Ukraine, tough economic sanctions against Russia’s government, banking system, and ruble, and the decisive reorganisation of European energy policy. It also means exposing Russia’s undeclared ‘asymmetric’ war on Europe and efforts to corrupt its political figures and institutions. For the EU it means not only devising a package to restore Ukraine to economic health but also practical assistance and a genuine promise of membership on condition that Kyiv carry out the arduous but necessary long-term reforms.

The present crisis has exposed Western reluctance to act on Ukraine’s behalf.  This appeasement is wholly misplaced and dangerous. Crimea is only the beginning. Unless the West works vigorously to restore Ukraine’s territorial integrity it will face ever-mounting challenges – and not just from Russia. A choice for passivity and appeasement may well relive Churchill’s post-Munich admonition: ‘England had a choice between dishonour and war. She chose dishonour. She will have war’.


 

Dr. Stephen Blank is a Senior Fellow for Russia at the American Foreign Policy Council. Prior to this he was a Professor at the United States Army War College. He writes here in a personal capacity only.

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 20:55
Fonction publique : seule l'armée réduit ses effectifs...

 

 

15/03/2014 Par Pierre Beylau  /Où va le monde - Le Point.fr

 

Qui dit mieux ? 34 000 postes supprimés d'ici 2019, 82 000 en dix ans. Pourquoi ne pas appliquer la même recette à l'ensemble des fonctionnaires ?

 

"Partout, autant que possible, la recherche d'une meilleure efficience impose de diminuer les effectifs." Ces excellentes paroles ont été récemment prononcées par le général Pierre de Villiers, nouveau patron de l'armée française. Il expliquait devant les commissions de la défense de l'Assemblée nationale et du Sénat de quelle façon il allait réduire l'état-major des armées de 30 % : 600 personnes au lieu de 930. 150 à 200 personnes pour chacun des états major d'armée (armée de l'air, marine, armée de terre).

 

Moins de généraux, moins de colonels, moins de capitaines de vaisseau, une pyramide des grades "plus aiguë, plus jeune". D'ici 2019, le nombre de militaires va diminuer de 34 000. Soit environ 82 000 postes supprimés en dix ans, un quart des effectifs. Objectif : réduire la masse salariale qui s'élève aujourd'hui à 1 milliard par an (sur un budget de 31 milliards).

 

Les militaires ne sont pas syndiqués et ont érigé la discipline en vertu cardinale. Ils ont pour tradition d'exécuter les ordres sans hésitation ni murmure, même si quelques grognements se font entendre et si certains se posent quelques questions sur l'efficacité future de notre outil militaire. On peut donc trancher à la hache sans beaucoup de risques sociaux.

 

Une variable d'ajustement

 

Aucun danger de voir des cortèges enfiévrés sortir des casernes, défiler de la Bastille à la République ou occuper le cercle des armées de la place Saint-Augustin. Les bérets rouges ne seront jamais des bonnets rouges. L'armée est donc une parfaite variable d'ajustement.

 

Faisons un rêve : que la même potion amère soit administrée à l'ensemble de la fonction publique. Au prorata, ce serait 1,2 million de fonctionnaires qui, à terme, disparaîtraient. On imagine le tohu-bohu si l'on tentait, même timidement, de s'engager dans cette voie.

 

Pourtant, certains pays l'ont fait. La Suède a réduit sa fonction publique de 38 % en une dizaine d'années. Et rappelons que l'Allemagne compte 50 agents publics pour 1 000 habitants, la France 90 pour 1 000, soit presque le double.

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 22:40
Dossier Mer Noire : Introduction

14 mars 2014 by · http://alliancegeostrategique.org

 

La mer Noire est une annexe de la Méditerranée, et plus précisément, du bassin oriental de cette dernière. Relativement isolée par son éloignement au Nord et par les détroits du Bosphore (de la mer Noire à la mer de Marmara) et des Dardanelles (de la mer de Marmara à la Mer Egée), elle a besoin d’être connectée au reste du système maritime « mondial » (selon comment s’entend la notion de « monde », les empires se concevaient « monde ») pour prospérer.

 

Suite de l'article

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 13:50
EU cyber-defence – a work in progress

 

Briefs - No10 - 14 March 2014 Neil Robinson

The EU’s cyber defence agenda provides an opportunity to ask questions about what the EU could do in terms of setting security priorities. Furthermore, as a possible area for cooperation, cyber defence shares with military air logistics the peculiarity of being a common capability which does not require explicit war-like conditions to demonstrate its utility.

Indeed, the diversity and complexity of the threat environment – coupled with challenges of attribution – suggests the opposite: military cyber defence capabilities might offer better value for money in peacetime rather than in times of war.

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 13:35
Ukraine: the view from China

 

Alerts - No17 - 14 March 2014 Camille Brugier, Nicu Popescu

With every new major international crisis, it does not take long for diplomats and observers to start wondering ‘what does China think?’. This is also true for the Crimean crisis. A few days into the crisis, the Russian foreign ministry announced that the Chinese and Russians shared ‘broadly coinciding points of view’ on the situation.

Looking to China for reassurance is driven by many factors. The rise of China as a global power is just one. China is often seen as a sort of ‘swing’ power, capable of tipping the political balance between entrenched political warriors whose preferences are already well known. In this sense, China’s reaction is not always predictable. After the 2008 Russia-Georgian war the Chinese maintained a stance of public politeness towards Russia but, in private, were clearly against the recognition of South Ossetia and Abkhazia – thereby helping Central Asian countries resist alleged Russian pressures to recognise the independence of those entities.

Hence the rush by Russia to claim Chinese support for its actions in Ukraine – in a bid to claim greater legitimacy for its military invasion of a post-Soviet state. However, the claim that China is on Russia’s side is spurious.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 13:45
Interview / Bruno Fanucchi (Président de l’Association des Journalistes de Défense) : ‘‘Les journalistes français ne sont pas des espions’’

05.03.2014 par Raymond Dibi, coll A.A - abidjan.net


Bruno Fanucchi est le président de l’Association des Journalistes de Défense (AJD) en France. En prélude au Salon International de la Sécurité qui se tiendra à Abidjan en mai prochain, il est, depuis quelques jours, en Côte d’Ivoire. Bruno Fanucchi parle de l’association qu’il dirige, des difficultés des reporters de guerre et porte son regard sur la presse ivoirienne.

Depuis une semaine, vous êtes en Côte d’Ivoire. Les raisons de votre présence sur les bords de la lagune Ebrié ?

Je suis là pour plusieurs raisons. J’ai voulu venir plus de six mois après le voyage de la délégation de l’Association des Journalistes de Défense (AJD), en juin dernier, remercier toutes les autorités qui nous avaient si bien reçus. Je suis là pour dire merci au Président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro, aux ministres de la Défense Paul Koffi Koffi, de la Communication Affoussiata Bamba-Lamine et au Chef d’Etat-major des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), Soumaïla Bakayoko. Jai déjà rencontré M. Alain-Richard Donwahi, le patron du Conseil National de Sécurité. Je suis venu également pour préparer le deuxième Salon international de la sécurité (Shield Africa) qui se tiendra à Abidjan du 6 au 8 mai prochain, et dont l’AJD devrait être partenaire. Je suis également là pour faire l’état des lieux de la sécurité dans le pays, étant entendu que l’indice de sécurité est essentiel pour les investissements des opérateurs économiques en Côte d’Ivoire.

Qu’est ce qui est prévu, à votre niveau, pour le Salon de la sécurité ?

L’AJD va conclure un partenariat avec les organisateurs de ce Salon qui se tiendra à l’Ecole de police d’Abidjan, sous l’autorité et le patronage du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko. Plusieurs questions seront à l’ordre du jour. Entre autres, la gestion des catastrophes et des risques naturels, le grand problème de la piraterie maritime, qui s'est récemment un peu délocalisée du large de la Somalie pour maintenant être de plus en plus présente dans le Golfe de Guinée, aux portes d’Abidjan.

Voilà environ quatre années que vous dirigez cette association. Quel bilan peut-on faire ?

Nous sommes une association professionnelle de journalistes. Il y a 2 volets dans nos activités. Il y a un volet corporatiste, en quelque sorte de défense de notre profession, des spécialistes des questions de défense et de sécurité, de tous les grands reporters qui sont sur les différents théâtres de guerre en Afrique, comme au Mali ou en Centrafrique, mais aussi en Afghanistan ou au Liban, partout où sont déployées des troupes françaises. Et notre plus grande préoccupation est, bien sûr, l’enlèvement en juin dernier en Syrie de notre confrère Didier François, grand reporter à Europe 1, qui est un des vice-présidents de l'AJD, qui devait venir en Côte d’Ivoire et a obéi au choix de sa rédaction voulant l'envoyer plutôt en Syrie. J’ai appris son enlèvement le 6 juin dernier alors que j’étais précisément à Abidjan et ce jeudi 6 mars, cela fera 9 mois qu’il est otage ! Nous pensons tous les jours à lui et à ses trois compagnons d’infortune : Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, quatre confrères français toujours détenus en Syrie. Car neuf mois de détention, c'est extrêmement long.

Votre association paraît surtout centrée sur la France et l’Europe. Quelle est la place des Africains, notamment des Ivoiriens, dans cette organisation ?

Nous avons la chance d’avoir en notre sein plusieurs confrères africains et notamment notre ami Clément Yao, correspondant à Paris de Fraternité Matin. J’ai essayé d’élargir notre association car nous sommes très intéressés par les questions africaines. La France est de plus en plus active, même militairement en Afrique où elle redéploie actuellement tout son dispositif au Sahel pour lutter plus efficacement contre le terrorisme d'Aqmi (Al qaïda au Maghreb islamique) ou d'autres organisations « djihadiste ». Il est donc intéressant de venir régulièrement en Côte d’Ivoire puisque nous sommes ici en première ligne, aux portes du Mali. La situation régionale nous intéresse puisque la France s’intéresse à l’Afrique et que nos reporters sont présents sur ces théâtres d'opération.

Qu’en est-il de vos relations avec le monde de la défense, de la sécurité ?

Nous avons des contacts au plus haut niveau. Nous sommes reçus à déjeuner régulièrement par le ministre de la Défense lui-même, Jean-Yves Le Drian, qui recevait à déjeuner le « bureau élargi » de l'AJD à l'Hôtel de Brienne le 11 janvier 2013, le jour même du lancement de l'opération Serval au Mali.

Vous êtes au cœur du système de la défense. Est-ce que l’on se trompe en vous considérant comme des « agents secrets » ?

(Rires). Je suis journaliste. Je n’ai jamais été que journaliste, grand reporter pendant plus de 20 ans au « Parisien », le premier quotidien en France. Et je continue de n'être que journaliste. Je n’ai rien d’un agent secret. Je ne suis payé ni par la CIA ni par la DGSE, ni par les services du renseignement et du contre-espionnage ivoirien, et du 2e bureau des FRCI (NDLR) en Côte d’Ivoire, la DST. Nous faisons simplement notre métier et nous le faisons le mieux possible. C’est-à-dire en recueillant nos informations aux meilleures sources. Ce n’est pas parce qu’on parle au patron de la DGSE qu’on travaille pour lui. Ce n’est pas parce qu’on parle au patron de la DST qu’on travaille pour lui. Chacun est dans son rôle.

Mais vous avez donc des informations secrètes qui font de vous des pions dans un système de sécurité. Raison pour laquelle vous êtes considérés comme des « espions »…

Que les choses soient bien claires : nous ne sommes pas des espions, même si c'est en Syrie l’accusation première faite, par exemple, à l’encontre de notre ami Didier François. Dans ce genre de pays, vous savez que tous les journalistes étrangers sont considérés comme des « espions ». Et cette accusation infondée est très grave. C’est vrai que nous disposons d’informations parfois sensibles, mais en Syrie comme ici en Afrique, nous ne faisons que notre métier et nous savons faire la part des choses. Tout journaliste qui voyage, ouvre les yeux et va au contact du monde, sait des choses qui font peut-être de lui une cible privilégiée. Mais nous n’avons aucune vocation d’espion ou d'otage.

En Côte d’Ivoire, il y a eu des journalistes français qui ont perdu la vie, Jean Hélène, Guy André Kieffer. Un commentaire sur cette situation?

J’ai bien connu Jean Hélène de RFI. Je veux lui rendre hommage, à travers vos colonnes. Je voudrais aussi rendre hommage à Guy André Kieffer qui enquêtait ici à Abidjan et ne faisait que son métier. Je l’avais rencontré plusieurs fois en Afrique, au Congo-Brazzaville, notamment. J’en profite également pour rendre hommage aux confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal au Mali le 2 novembre dernier. Tout cela nous préoccupe. Malgré ces assassinats et prises d’otages, les journalistes français continueront de faire leur métier dans les zones sensibles où parfois plus personne ne va. C’est notre rôle. Le métier de journaliste a toujours été difficile. Etre reporter de guerre est plus sensible. Il faut évidemment des volontaires. C’est une préoccupation dans les grandes rédactions en France, à l’étranger aussi.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que les journalistes font du zèle sur les terrains de guerre ou prennent trop de risque ?

Chez nous, il n’y a pas de « têtes brûlées » même si certains confrères et amis ont été tués en Syrie comme Gilles Jacquier en janvier 2012 à Homs et Yves Debay, à Alep en janvier 2013. Il y a des gens responsables, conscients des dangers. Chaque année, nous initions deux stages au cours desquels, nous formons les jeunes reporters sur les précautions à prendre lors des reportages en zones sensibles.

Votre regard sur la presse ivoirienne ?

C’est une presse qui évolue, elle est diversifiée, intéressante et souvent engagée politiquement. Cette presse peut s’améliorer tous les jours. J’ai été longtemps Grand Reporter au « Parisien » et je sais qu’il faut toujours garder un œil critique sur son journal et son travail. Il est important d’avoir une critique positive dans le traitement de l’information.

Vous qui pratiquez le monde de la défense et de la sécurité, un mot sur la Côte d’Ivoire à ce niveau ?

L’indice de sécurité est un indice important pour la reprise économique. En parcourant Abidjan, on voit qu’il y a beaucoup de chantiers. Les choses bougent et avancent. On constate que les activités ont véritablement repris. C’est un bon signe. Dès son retour au pays dimanche dernier, avec sa « canne émergente », le président Alassane Ouattara a dit qu’il allait accélérer la marche des réformes. Il lui reste environ une année et demie avant d'achever son premier mandat. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Je crois que la Côte d’Ivoire est sur la bonne voie. Mais elle a besoin de toutes les énergies.

Pour vous, quelle énergie la presse doit apporter pour la bonne marche de la Côte d’Ivoire ?

C’est un pays qui est en pleine renaissance. La presse a son rôle d’éveil. Éveil des consciences, de la nécessité d’accentuer la lutte contre la corruption afin que les choses soient plus claires. La presse doit aussi donner espoir aux Ivoiriens pour que leur vie quotidienne s’améliore. Le panier de la ménagère est certes encore difficile, la vie est encore chère pour l’Ivoirien moyen. Mais il y a aussi des gens qui gagnent bien leur vie. L’un dans l’autre, je pense que la Côte d’Ivoire est sur la bonne voie.

Bruno Fanucchi a-t-il un message fort à lancer ?

Il faut que la sécurité continue de progresser à Abidjan et à l’intérieur du pays. L’indice de sécurité s’améliore. J’ai parcouru Abidjan, il y a des contrôles, mais ils ne sont pas trop nombreux. On est plus racketté, en traversant les ponts par exemple. Ce sont là des signes positifs qui montrent que le niveau de sécurité s'est amélioré. Et cela est très important. Je reviens sur le Salon international de la Sécurité qui sera – je crois - un grand événement avec une centaine d’exposants et une trentaine de délégations étrangères. Ce qui est très important dans le contexte du terrorisme qui frappe l'Afrique en plein cœur, comme après le Mali, aujourd'hui au Nigeria. Il y a donc nécessité de se rencontrer pour améliorer la sécurité. La France doit être présente dans ces rendez-vous pour améliorer la sécurité dans toute l’Afrique et notamment en Afrique de l’Ouest.
 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 17:55
Les Verts s'intéressent à la Défense, une autre Défense

 

14.02.4.2014 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. – Défense Globale

 

Culturellement, on ne peut dire que les relations entre les écologistes de tout poil et les militaires de tout uniforme soient évidents (lire le débat au Sénat entre le général Ract-Madoux et Daniel Cohn-Bendit). Leila Aïchi, sénatrice de Paris EELV, combat l'idée et veut tendre vers la Green Defense face aux menaces environnementales du futur. La secrétaire de la commission des Affaires étrangères et des Forces armées du Sénat a même édité un intéressant Livre vert de la Défense, en écho au Livre blanc...

 

Leila Aïchi en est convaincue : " Il faut adapter l'outil de Défense aux futures menaces et crises environnementales. " Dans 20 ans, on estime à 300 millions le nombre de réfugiés climatiques. La pêche illégale pèse 25 milliards de dollars par an. En 2025, 4 milliards de personnes seraient confrontées à un stress hydrique, 80 % du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

 

Pour elle, " la Défense doit d'abord être intellectuelle, plus que matérielle, pour les défis de demain. On fait l'inverse aujourd'hui ". Elle décline cette pensée dans tous les aspects de la Green Defense : territoires et mers, risques climatiques et environnementaux, pôle européen en l'absence de gendarme du monde. Elle imagine même les opérations extérieures européennes de demain dévouées au dérèglement climatique... L'aspect est loin d'être négligeable même si le métier du soldat reste de faire la guerre. L'Ethiopie, qui bâtit un grand barrage, pourrait limiter le débit du Nil au détriment de l'Egypte. Voilà un enjeu géostratégique.

 

Pour le reste, une écologiste reste sans surprise opposée à l'arme nucléaire et demande à la France d'être en pointe pour de nouveaux traités sur le désarmement.

 

Elle note la fin des ennemis étatiques (pour toujours ?). " A l'exercice de lucidité inconfortable qui invalide le référent de la guerre d'hier sans révéler la forme de celle de demain s'ajoute, pour la France, la lumière crue de la hiérarchie des moyens qui conditionne d'ores et déjà son niveau d'ambition militaire et limite à terme une défense européenne. "

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 17:55
Le Livre Vert de la défense, une passerelle entre écologistes et militaires ? (extraits)

 

17 février 2014, par François Chauvancy – Défense et Sécurité


Livre vert de défense : une initiative audacieuse et courageuse

Pour la saint-valentin, donc la journée de célébration de l’amour, la sénatrice Leila Aichi, sénatrice de Paris, avait organisée au Sénat ce 14 février une conférence associant Armées et Verts. L’armée de terre était très présente avec son chef d’état-major.

Leila AÏCHI est aussi secrétaire du bureau de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées. Elle a suivi une session de l’IHEDN qui montre à nouveau l’utilité de cet outil irremplaçable pour faire comprendre par tous les enjeux de la défense.

Le thème principal était celui de l’Europe de la défense mais il s’agissait aussi de diffuser le Livre Vert de la défense. Sans aucun doute un premier contact exceptionnel entre verts qu’il soit « écolo » ou « kaki »! Alors, le Livre vert de la défense est-il une passerelle entre écologistes et forces armées ? Sans doute. Un rapprochement salutaire entre verts écolo et vert kaki a semblé possible même si une partie des Verts reste dans un antimilitarisme/ pacifisme à l’ancienne – l’âge sans doute -comme ils l’ont montré lors ce colloque.

Conférence donc où les uniformes « terre de France » étaient nombreux mais où les officiers des autres armées étaient en civil. Je ferai donc ce commentaire personnel : comment s’étonner que les armées soient « oubliées » si les officiers hésitent à venir en tenue dans l’une des institutions de la République ? Ont-ils peur d’être visibles dans la Cité ? Ont-ils oublié qu’ils sont une des expressions de l’autorité de l’Etat ? Ne pas être en tenue militaire dans une enceinte institutionnelle, n’est-ce pas un déni de son état d’officier ? Etre officier n’est toujours pas un métier. Il est un engagement et il doit être visible par tous les citoyens.

Pour en revenir au colloque, les deux tables rondes ont rassemblé beaucoup de personnalités, sans doute trop car cela a nui à un débat de fond. Ce colloque devra donc avoir une suite (pourquoi à l’Ecole militaire) même si l’ambiance peut être chaude (mais nous sommes aussi dans le contexte du réchauffement climatique…).

L’Europe de la défense est donc aujourd'hui face à une disparition de la vraie guerre et de la vraie paix avec le constat pourtant non partagé que les défis sécuritaires concernent toute l’Europe. Il faut redéfinir le processus décisionnel de l’engagement militaire, reformuler la responsabilité commune de l’engagement militaire. Jamie Shea, secrétaire adjoint de l’OTAN, a remarqué qu’il fallait aussi redéfinir la justification de l’armée en France et dans les différents Etats européens.

Le Livre vert de la défense rédigé par EELV et diffusé lors de ce colloque a aussi apporté des éléments de réflexion sur une vision verte, pas toujours éloignée de la vision kaki, concernant le questionnement sur le rôle de la défense nationale et de la défense européenne dans le dérèglement climatique.

 

Le lien entre le colloque sur l’Europe de la défense et le Livre vert

En effet la défense européenne intégrée est un axe privilégié par EELV. Daniel Cohn-Bendit (DCB), présent à la tribune en est le chantre. Je crois que les militaires (c’est au moins mon cas) ont apprécié ses interventions courageuses et franches. Parler franchement, même si nous avons des positions différentes une armée fédérale n’est pas vraiment l’avenir pour beaucoup de militaires - est toujours enrichissant. Faire intervenir DCB devant nos stagiaires de l’Ecole de guerre ou devant les auditeurs du centre des hautes études militaires (CHEM) serait aussi vivifiant.

D’ailleurs le Livre vert propose une meilleure formation des officiers et des soldats aux questions d’écologie et d’environnement. Il ne s’agit pas de faire une guerre plus propre (sans mauvais jeu de mot, bien que…) mais sans aucun doute de faire prendre conscience qu’un engagement militaire doit prendre en considération dans sa planification ou sa mise en œuvre les conséquences sur l’environnement dans la phase de sortie de crise et de reconstruction ce qui me semblait déjà le cas pourtant.

DCB défend donc toujours cette armée fédérale européenne, hypothèse non suivie dans le livre vert sauf par des propositions indirectes. Comme le sénateur Jacques Gautier, Patricia Adam a d’ailleurs rappelé la réalité. L’Europe de la défense n’existe pas. On ne peut parler que d’une défense européenne. La confiance en nos alliés européens montre ses limites dans les conflits récents. La crédibilité d’une intervention s’appuie sur la capacité à être projetée rapidement avec des forces entraînées, disponibles. Cependant elle a souligné avec force sa honte sur le terrain, au contact de nos soldats qui disposent de moyens souvent surannés et qui ne répondent pas aux besoins alors qu’elle voit les moyens dispendieux donnés aux forces européennes civiles au profit du développement.

Dans cette approche de la défense européenne, Bertrand Badie a conclu sur le divorce aujourd'hui entre les ressources pour la défense et l’efficacité recherchée. L’Europe n’est plus le champ de bataille mais comment gérer la guerre des autres ? Enfin et surtout les conflits doivent prendre en compte les différences socio-culturelles et non plus essentiellement politico-militaire. Le Livre vert de la défense permet de prolonger cette réflexion.

 

Livre vert de la défense et propositions

Le LVD (115 pages), qu’il faut lire (il mériterait un colloque en lui-même), est une réflexion intéressante, réaliste même si parfois le lien entre environnement et opérations militaires ou la défense nationale semble artificiel dans une première lecture. Il a le mérite de montrer que les questions de défense nationale ne peuvent être séparées des questions d’environnement et vice-versa. Il propose 20 recommandations dont quelques-unes sont évoquées ci-après.

Je retiens que les missions des armées devraient changer (traduire par « changer la priorité des missions existantes ») et les missions retenues doivent disposer des moyens nécessaires. L’accent est porté sur la prévention certes comme dans le Livre blanc de la défense. Le Livre blanc de 2013 l’évoque mais est assez générique dans sa mise en œuvre. Cette fois il est proposé de créer un ministère délégué à la prévention au sein du ministère de la défense. Son positionnement ne serait pas au ministère des affaires étrangères, ce qui me semble une approche particulièrement intéressante.

Demander une plus grande implication des armées dans la protection de l’environnement est sans aucun doute une mission défendable. Les exemples évoqués durant le colloque ou  dans le LVD (formation locale contre les braconniers, lutte contre la pêche illégale, contre les orpailleurs en Guyane) mettent surtout en évidence qu’aujourd'hui les délinquants disposent d’armes de guerre (RPG7 contre des éléphants, tirs de kalachnikov contre les forces de sécurité).

Cela amène une question de fond : comment réagir ou agir contre ces groupes armés dont une partie des trafics contribue aussi au financement des mouvements terroristes ? Une autre question qui pourrait être posée concerne nos soldats : en quoi protéger telle ou telle espèce animale par des opérations s’apparentant à des opérations de guerre peut-il valoriser le risque de perdre sa vie « au nom de la France » ?

Le recours à la force doit donc être posé et il ne l’est pas dans ce LVD. La réponse de type policière est-elle la bonne réponse que ce soit face aux pirates et aux destructeurs de l’environnement ? Pour ma part, celui qui utilise une arme de guerre pour empêcher son arrestation doit comprendre les risques ultimes qu’il encourt. Je pourrai appuyer cette affirmation avec cette peur évoquée par Bertrand Badie qui se réfère à « l’altérophobie » dominante aujourd'hui.

Je l’ai comprise comme la confrontation entre des acteurs qui ne respectent pas les mêmes règles et méprisent l’autre au point que les règles de régulation des conflits normalement applicables ne peuvent plus l’être et aboutissent à la haine et à une violence extrême contre lesquelles nous nous trouvons démunis. Pour DCB, la réponse est pourtant claire. Oui les forces armées ont des missions de police et donc avec tous leurs moyens.

Dans le contexte de la défense européenne abordée par le LVD, je pose une autre question : celle de l’immigration devant les dérèglements climatiques, bien évacuée dans ce LVD. Il est évident aujourd'hui que le droit international imposerait l’accueil des réfugiés climatiques. En outre, la possibilité d’atteindre l’Europe reste acceptable malgré les risques mortels évoqués à travers les médias.

Il faudra cependant choisir : l’Europe est-elle prêt à interdire son territoire aux migrations issues du dérèglement climatique ou veut-elle les accepter avec la baisse vraisemblable du bien-être des Européens car il faudra bien partager des ressources limitées. Une des recommandations du LVD de créer un statut de « réfugié politique écologique » apporte le débat sur la place publique et donc sur les choix de société.

Le rôle du parlement européen est naturellement aussi évoqué. Ainsi, une recommandation qui fera plaisir à Arnaud DANJEAN, président de la sous-commission Sécurité et défense au Parlement européen et intervenant au colloque préconise de transformer cette sous-commission en une « commission pleine et entière ».

D’autres points particuliers dans le LDV me semblent aussi intéressants à étudier. Le concept de sécurité énergétique est largement évoqué avec ses conséquences sur les armées. Je soulignerai que j’avais justement lancé un groupe de travail à l’Ecole de guerre en 2008 sur ce thème. Quatorze mémoires avec des propositions précises avaient été diffusés au sein du ministère de la défense. Je n’avais reçu qu’une seule réaction un an et demi après, un jeune capitaine travaillant sur un sujet approchant ce domaine. Faire adhérer l’institution hors du simple prisme budgétaire annuel n’est pas vraiment facile.

J’en avais aussi déduit plus tard l’hypothèse de la construction de bases neuves et vertes dans le cadre de la réforme des BDD, permettant à la fois économie, sécurité et respect de l’environnement tout en soutenant le secteur du bâtiment (cf. mon billet du 5 août 2012). Pour autant, le LVD demande la création d’un groupe de travail au sein du ministère de la défense sur ce thème de la sécurité énergétique.

 

Que constate enfin ce LVD ?

Le LVD évoque une unité de projection que ce soit au profit des populations européennes ou nationales. Elle pourrait être le corps européen qui n’est pourtant qu’un état-major en temps de paix. Une autre idée plus pragmatique que je propose, certes une vision plutôt nationale et qui n’est pas d‘aujourd'hui, c’est la mise à disponibilité au niveau des grandes régions économiques d’unités militaires interarmes et spécialisées. Disposant des moyens techniques de leurs armes d’appartenance (génie, transport, transmission…), leur mission serait d’intervenir au profit des populations notamment en cas de catastrophe naturelle d’abord sur le territoire national, première mission d’une armée d’ailleurs clairement exprimée par ce LVD, sans que cela n’exclue l’intervention extérieure.

Cela fait appel à des ressources humaines certes mais sans doute plus efficaces pour les populations sinon moins coûteuses. Le LVD critique d’ailleurs cette « miniaturisation de l’armée française » qui se fait au profit du développement de la haute technologie militaire et au détriment de capacités humaines militaires disponibles et nécessaires. Comment aider les gens si la ressource humaine est rare ?

Enfin une dernière recommandation qui m’est chère est celle de la compréhension socio-culturelle des théâtres d’opération – non seulement militaires mais aussi économiques pour moi- où nous sommes engagés ou serons engagés dans les quinze années à venir comme le rappelle le LVD, c'est-à-dire au milieu des populations. Cette lacune – ce domaine n’est pas traité par le renseignement militaire – doit être comblée pour prévenir, persuader et bien sûr choisir la stratégie adéquate.

J’avais proposé fin 2009 la réponse à cette problématique au sein des armées avec l’organisation adaptée. Le centre interarmées d’actions sur les perceptions, unité militaire créée à Lyon en 2012, devait intégrer cette capacité notamment au profit des actions civilo-militaires largement soutenues par ce LVD. Les réformes, les réticences en partie intellectuelles mais aussi face à un emploi moins technique, plus persuasif, moins conventionnelle des armées, a affaibli malheureusement le projet initial qui était une réponse anticipatrice à une partie des évolutions souhaitées par le LVD.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 12:55
Pourquoi auditionner des aumôniers religieux sur la dissuasion nucléaire ?

 

14.02.2014 Par Tiphaine Le Liboux - Le Monde.fr

 

La commission de la défense de l'Assemblée nationale, qui planche sur l'évolution du contexte stratégique et le rôle de la dissuasion nucléaire a auditionné, mercredi 13 février, les aumôniers militaires en chef des armées.

 

La démarche est inédite. Il y a trois ans, sous la précédente législature et la présidence du député UMP Guy Tessier, les aumôniers en chef, qui représentent le culte catholique, protestant, juif et musulman dans l'armée, avaient déjà été auditionnés par la Commission défense. Les parlementaires avaient souhaité les entendre sur la place des cultes dans le milieu militaire et en savoir plus sur leurs missions.

Cette fois, le sujet est sorti de leur champ de compétence directe. Patricia Adam, présidente (PS) de la Commission depuis l'élection de François Hollande explique que l'objectif de cette commission est d'aborder la question de la dissuasion « sous tous ses aspects ». Une forme de réponse aux parlementaires, dont les écologistes, qui s'étaient émus que la dissuasion n'ait pas été débattue lors du vote de la loi de programmation militaire 2014-2019.

Jusqu'au mois de mai la Commission défense va recevoir militaires, industriels, mais aussi diplomates ou opposants de la société civile. Elle en rendra publiquement compte ensuite.

 

ENTENDRE LA RELIGION À L'ASSEMBLÉE

Les aumôniers militaires avaient leur place dans ce débat, estime Patricia Adam. « Ils sont en contact direct avec ceux qui exercent une mission dans le nucléaire. Parce qu'ils reçoivent beaucoup de paroles, ce sont des témoins précieux. »

Quelques mois après le vote de la loi ouvrant le mariage aux homosexuels, ce genre d'invitation peut aussi servir à faire passer un message ajoute Gwendal Rouillard, secrétaire de la Commission et député PS du Morbihan. « En cette période où les liens peuvent apparaître distendus entre les autorités religieuses et politiques, il était bien de les inviter. »

« L'Assemblée est moins dans le “à bas la calotte” sommaire, et c'est une bonne nouvelle », se réjouit François de Rugy, membre de la Commission défense et co-président du groupe Europe écologie- Les Verts à l'Assemblée.

Car au delà du symbolique, l'enjeu de l'audition était aussi d'en savoir plus sur les arguments des différentes religions. « Le politique n'est pas là pour mettre en oeuvre une morale, mais celle-ci peut éclairer nos choix », ajoute le député « athé ».

 

OPPOSITION DE PRINCIPE ET DOCTRINE OFFICIELLE

D'autant que, les positions des dignitaires religieux rejoignaient celles de son parti. Cette arme qui « tue sans distinction » doit rester « hors-norme » ont rappelé les quatre aumôniers. Cette opposition de principe à la prolifération va jusqu'à la doctrine officielle pour certains cultes.

Depuis le Concile de Vatican II, en 1965, l'Eglise catholique s'est déclarée contre l'emploi de l'arme nucléaire. Une doctrine édictée au motif que, « tout acte de guerre qui détruit des villes ou des régions entières est un crime contre Dieu et l'Homme lui-même ».

L'Église condamne également tout usage de l'arme nucléaire comme une « menace » a souligné mercredi Mgr Luc Ravel, aumônier en chef du culte catholique. Une position semblable à celle de la Cour de justice internationale, qui ne réfute pas pour autant le principe de la dissuasion.

Si l'Eglise appelle à un « désarmement mondial, multilatéral, progressif et simultané », l'aumônier catholique a affirmé « qu'en l'état du monde d'aujourd'hui, le nucléaire et la dissuasion sont nécessaires ».

Les associations Pax Christie et Justice et Paix (à laquelle sont d'ailleurs associés des protestants), qui prônent un désarment « unilatéral et prophétique » ne sont donc pas sur la même ligne officielle de l'Eglise selon Mgr Ravel.

 

POSER LA QUESTION DE LA STRATÉGIE DE LA DISSUASION

Chez les protestants, a précisé le pasteur Stéphane Rémy, il n'y a pas non plus d'opinion unique. Mais dans la communauté, la critique à l'encontre de l'arme nucléaire va plus loin. La Fédération protestante avait exprimé dès 1983 le vœu d'un gel militaire unilatéral.

En 2012, elle avait aussi demandé à ce qu'une réflexion sur la dissuasion nucléaire soit engagée. Le journal protestant Réforme l'a rappelé récemment dans une tribune, qui pose la question de l'utilité stratégique de la dissuasion.

S'il faut discuter de la stratégie de la dissuasion c'est aussi parce qu'elle ne peut rien face au développement du ressentiment et d'un « sentiment de frustration », a souligné Abdelkader Arbi, l'aumônier musulman en faisant référence aux aspirations nucléaires de certains états comme l'Iran.

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 22:55
La commission de la défense, le rabbin, l’imam, le pasteur, l’évêque et l’arme nucléaire

 

13 février 2014, par Hélène Bekmezian – LeMonde.fr

 

Cela pourrait presque être le début d'une histoire drôle. Celle d'un rabbin, d'un pasteur, d'un imam et d'un évêque qui entrent à l'Assemblée nationale pour y parler de la dissuasion nucléaire. Pourtant, les auditions des aumôniers militaires en chef des cultes israélique, protestant, musulman et catholique, devant la commission de la défense mercredi 12 février, n'avaient rien d'une plaisanterie.

 

L'exercice peut sembler surprenant – voire inconvenant – dans une République laïque où le pouvoir politique est séparé du religieux. Seul député écologiste de la commission de la défense, François De Rugy (dont la formation politique avait demandé ce débat sur la dissuasion nucléaire qui se déroule sur plusieurs mois avec de nombreuses autres auditions) n'a d'ailleurs pas masqué son étonnement devant ces invités religieux. Mais, bien qu'athée revendiqué, l'élu a pour autant salué un débat "intéressant" et utile pour "éclairer" le politique.

 

Chose rare en effet, les réflexions de ces religieux militaires, et particulièrement celles du rabbin Haïm Korsia, dont la religion place la discussion au cœur de sa pratique, ont permis d'aborder une question lourde – l'arme nucléaire – par ses versants éthiques et spirituel.

 

DISSUADER UN SAGE OU UN FOU

 

Ainsi, un "enseignement extraordinaire" de la Genèse – le meurtre de Abel par Caïn – éclaire selon le rabbin Korsia la question de l'utilisation de l'arme fatale, "ultime aboutissement d'une incapacité à parler" : "Caïn a tué Abel lorsqu'ils ont arrêté de parler. Tant qu'ils se parlent, qu'ils se disputent, il reste une possibilité d'arranger les choses. Ce que nous apprend cette histoire, c'est que tant qu'il y a débat, même houleux, il y a possibilité de refraternisation. La dissuasion nucléaire a forcé les États à mettre en place des systèmes de parole, cela force à débattre."

 

Quant aux limites de la dissuasion et des conditions dans lesquelles elle peut fonctionner, ce sont, là encore, les Ecritures qui les expliqueraient le mieux. Et le rabbin de citer deux passages de l'Ancien testament. "Lorsque le prophète Jonas vient devant la ville de Ninive en disant 'si vous ne vous repentez pas, dans 40 jours, Dieu va vous détruire', la ville se repent. Celui qui menace est crédible et les gens en face sont intelligents. La menace du fort à l'intelligent fonctionne. Mais quand Moïse prévient Pharaon des plaies qui s'abattront sur l’Égypte s'il ne laisse pas partir le peuple d'Israël, Pharaon n'écoute pas. La dissuasion du fort envers le fou ne fonctionne pas".

 

"Avoir une vision angélique du monde n'interdit pas de se prémunir des risques", soutient le rabbin qui rappelle que "la Bible interdit la violence mais la légitime quand il s'agit de la légitime défense" : "le prophète Esaï dit qu'un jour le loup habitera avec l'agneau. Mais un autre grand rabbin du XXe siècle, Woody Allen, a précisé que 'le jour où le loup et l'agneau dormiront ensemble, l'agneau ne dormira quand même que d'un seul œil'". Pas question pour autant de légitimer les yeux fermés l'utilisation de l'arme nucléaire car "une société restera digne tant qu’elle se posera cette question : nous devons protéger nos citoyens mais on ne peut pas le faire en s’en lavant les mains, sans considérer que cela nous touche".

 

"LES FACTEURS POLITIQUES NE DOIVENT JAMAIS CONDUIRE A UNE SURDITÉ ÉTHIQUE"

 

Sans parler au nom des musulmans – il n'existe pas de clergé dans l'Islam – l'imam Abdelkader Arbi s'est lui davantage échiné à assurer que "l'Islam comprend une multitude de courants qui vont du mieux disposés à l’égard de l’époque moderne aux plus fondamentalistes" et que "la guerre en Islam tel que les textes religieux le prévoit, n’est pas sanctifiée. Qu'importe ce qu'en disent les fondamentalistes, "il n’existe pas de guerre sainte en Islam, à l’origine des textes. Le djihad reste une attitude individuelle, un effort sur soi même."

 

Enfin, Monseigneur Luc Ravel a porté le message le plus pacifique rappelant que, depuis le concile de Vatican II (1965), l’Église catholique juge que "tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de ville entière ou de région avec leurs habitants est un crime contre dieu et contre l’homme lui même" et plaide pour un "désarmement général, équilibré et contrôlé".

 

"Il y a des facteurs politiques qui ne doivent jamais vous conduire à une surdité éthique. Il n’y a qu’une terre, sur laquelle nous pouvons vivre ensemble, c’est ma foi, mon utopie. Mais celle-ci intègre aussi la fissure, que nous appelons pêché originel, qui est dans les cœurs de chacun et qui nous entraîne comme un poids vers le mal. Donc soyons lucide et raisonnable", a exposé l'évêque. "Il n’y a pas de cœur plus fort qu’un cœur brisé", lui a répondu le rabbin, amenant en conclusion le débat sur la spécificité de la dissuasion nucléaire française : "c’est parce qu’on a souffert, qu’on a connu la guerre sur notre sol, que l'on sait ce que c’est et qu'on ne peut le souhaiter à personne".

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:45
photo EMA

photo EMA

 

08/01/2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord


Le think tank européen, l'institut Thomas More, s'est penché sur la situation malienne à la veille du premier anniversaire de l'intervention française. Cette étude analyse le chemin qu'il reste à parcourir au Mali, avec l'aide de la communauté internationale, pour devenir une nation. Car les racines du mal n'ont pas disparu.

D'abord et personne ne s'en étonnera : " Si la victoire tactique est réelle, la situation sécuritaire reste fragile. " Et les situations politique, démocratique, économique, sociale, creusets originels de l'implantation des groupes jihadistes dans le nord du pays.

Pour l'auteur, " la reconstruction du Mali ne fait que commencer et s’annonce difficile, imposant à la fois un engagement soutenu de la communauté internationale et de ne pas se focaliser sur une menace jihadiste réelle mais limitée ". 

Dans les régions du nord, " les populations sont partagées entre le ressentiment, l'espoir et la peur avec en toile de fond des services publics qui restent à réinstaller et une nation introuvable. " Forces armées, classe politique, le Mali doit reconstuire ses forces vives. Même si en un an, l'action de formation militaire EUTM Mali et les élections, présidentielle puis législatives, ont démontré une certaine motivation nationale.

Seulement, " les différences de perception des menaces entre les bailleurs internationaux, les puissances étrangères présentes et les Maliens risquent de peser lourd dans les mois et les années à venir ", n'excluant pas des soubresauts violents.

En conclusion, " la situation ressemble à bien des égards à une guerre civile « étouffée » par l’intervention de la France et de ses partenaires africains. " Et d'alerter sur une situation régionale tout aussi fragile et un risque de propagation.

" La trajectoire malienne doit interpeller l’ensemble des acteurs sous-régionaux sur la radicalisation religieuse et la corruption. Telle est peut-être la principale leçon d’un effondrement dont les soubresauts dureront encore plusieurs années et dont les racines n’ont pas disparu. "

L'ensemble de l'étude est à lire ici.

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 20:45
source RFI

source RFI

 

22 décembre 2013 par Henri Weill -  Ainsi va le monde !

 

Au cœur de l’histoire figurent trois acteurs. La France, le Tchad et un homme aussi incontournable qu’ambigu : Idriss Deby. Qui ne doit d’être encore au pouvoir à Ndjamena qu’à l’intervention des troupes françaises de l’opération Epervier en février 2008, sans laquelle la rébellion l’aurait emporté. En retour et pour simplifier, disons qu’il a rendu un fier service aux troupes françaises au Mali (Serval), cinq ans plus tard.

 

L’ambition de M. Deby qui vient de fêter vingt-trois années de pouvoir (« accompagné » en 1990 par la France) est de faire de son pays une puissance régionale. Dans sa vision politique, la RCA est considérée comme une province tchadienne. Idriss Déby a ainsi mis naguère en place le président Bozizé (2003), avec l’accord de Paris, puis l’a lâché, vraisemblablement pour indocilité économique (enjeux pétroliers des bassins de Doseo et Salamat, au nord de la RCA). Puis il a donc, dix ans plus tard armé, financé la coalition Séléka qui a pris le pouvoir à Bangui en mars dernier.

 

Environ 10.000 ressortissants tchadiens vivraient à Bangui. Mais les Centrafricains originaires du nord du pays sont souvent considérés comme des Tchadiens, des « Arabes ». Auxquels il faut ajouter les Tchadiens de la Séléka et les soldats réguliers de l’armée tchadienne présents au sein de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique  (MISCA, interposition). En outre, des Tchadiens assurent la sécurité du président « intérimaire » Michel Djotodia et des chefs Séléka. Ce mélange rend confuse une situation déjà terriblement complexe : les représentants militaires d’Idriss Déby n’ont, selon de multiples témoignages, jamais hésité à fournir des tenues militaires tchadiennes ou des brassards de la FOMAC (Force d'Afrique centrale remplacée le 19 décembre par la MISCA) aux Séléka, qui ont ainsi conservé leur armement.

 

Nombreuses sont les voix, militaires ou diplomatiques françaises, humanitaires, centrafricaines, qui désormais s’élèvent pour dénoncer la responsabilité majeure d’Idriss Déby dans le chaos meurtrier. Une source évoque une réunion qui se serait tenue le 4 décembre dernier à l’ambassade du Tchad à Bangui, au cours de laquelle le chef de mission aurait transmis aux responsables Séléka, les consignes du président Déby en cas de renversement du pouvoir en RCA. Que l’on peut résumer par : « Menez alors la politique de la terre brûlée ! ». Selon cette source, les Français ne seraient pas ménagés. Et de conclure : « Qui vous dit que les balles qui ont tué les deux parachutistes n’étaient pas tchadiennes ? ».

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 17:20
Did NSA Spying On Brazil Allow Gripen To Win A Fighter Aircraft Contract And Cost Boeing Billions of Dollars?

 

December 22, 2013. David Pugliese - Defence Watch

 

As Defence Watch readers know Brazil recently selected the Gripen fighter jet built by Saab as its new military aircraft. The contract is worth $4.5 billion.

 

Brazil’s air force was told of the government’s decision by President Dilma Rousseff just 24 hours before the public announcement last week.

 

But shortly before the announcement, Boeing was seen as the front-runner with its Super Hornet. Did the NSA spying fiasco have an impact on the deal? More from Reuters news service on that issue:

 

Brazilian officials said the deal, one of the most coveted emerging-market defense contracts, went to Saab because it provided the most affordable option for the new jets, as well as the best conditions for technology transfer to local partners.

 

The choice, Defense Minister Celso Amorim said, “took into account performance, the effective transfer of technology and costs – not just of acquisition but of maintenance.”

 

Until earlier this year, Boeing’s F/A-18 Super Hornet had been considered the front runner. But revelations of spying by the U.S. National Security Agency in Brazil, including personal communication by Rousseff, led Brazil to believe it could not trust a U.S. company.

 

“The NSA problem ruined it for the Americans,” a Brazilian government source said on condition of anonymity.

 

A U.S. source close to the negotiations said that whatever intelligence the spying had delivered for the American government was unlikely to outweigh the commercial cost of the revelations.

 

“Was that worth 4 billion dollars?” the source asked.

 

The lament echo’s recent complaints by Cisco Systems Inc , which said in November that a backlash against U.S. government spying contributed to lower demand for its products in China.

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 21:45
Carte : MAE, Centre crise, 18/11/2013. En rouge, zone fortement déconseillée

Carte : MAE, Centre crise, 18/11/2013. En rouge, zone fortement déconseillée

 

16 décembre 2013 par Thomas Flichy - libertepolitique.com

 

La guerre qui désole actuellement la République centrafricaine est inséparable de la longue histoire de ce territoire-refuge, faisant la transition entre le désert et la forêt équatoriale.

 

DEPUIS LE XVIe siècle, la Centrafrique se présente comme un territoire-refuge pour les populations chrétiennes venant du Soudan, du Tchad ou encore du Nigéria. Depuis des siècles, les populations du Nord se livrent en effet à des raids militaires à la recherche d’esclaves et de butin. C’est le cas du royaume de Ouaddaï, fondé au XVIIe siècle, qui étend son influence jusqu’au fleuve Chari en ravageant périodiquement ses rives.

Avec la colonisation française, les différends sont partiellement gelés. Pourtant, l’Oubangui-Chari demeure un territoire imparfaitement maîtrisé, une grande partie de ses espaces restant incontrôlée.

Depuis l’indépendance, la Centrafrique a retrouvé son instabilité antérieure. Dans ces circonstances, parler d’« État failli » serait un contresens dans la mesure où aucun État n’a jamais véritablement existé, les affrontements ethniques et religieux contemporains ne faisant que révéler la fragilité d’une frontière désarmée, vulnérable à toutes les agressions.

 

La guerre vise-t-elle l’accaparement des ressources locales ?

On pourrait dire à l’inverse que la guerre civile rend impossible l’exploitation des richesses locales. La République centrafricaine dispose d’importantes richesses agricoles, mais également minières, qu’il s’agisse de l’or, des diamants du pétrole ou de l’uranium.

Dans les années 1960, un gisement de bauxite avait été découvert à Bakouma par le Commissariat à l’énergie atomique. Cet uranium a intéressé le Japon, la Chine, l’Afrique du Sud mais aussi la France. Toutefois, plusieurs attaques ont obligé les compagnies privées à en différer l’exploitation.

Aujourd’hui, le drame humanitaire qui jette les réfugiés sur les routes rend tout redressement économique improbable.

 

Comment stabiliser la Centrafrique ?

D’un point de vue géopolitique, il sera très difficile de stabiliser la République centrafricaine sans l’aide du Tchad, qui joue un rôle majeur dans la sous-région. N’Djamena dispose en effet de réels moyens de pression sur les milices Séléka qui ravagent la Centrafrique depuis plusieurs mois.

Les opérations « Sangaris » et « Serval », sont à cet égard complémentaires.

La France n’a pas voulu intervenir rapidement en Centrafrique dans la mesure où le Tchad était un bon allié. Il a soutenu activement l’opération « Serval », un important contingent de soldats tchadiens ayant été dépêché au Mali afin d’appuyer les opérations françaises.

Après la chute de Bozizé toutefois, la France a volé au secours du Tchad et de la Centrafrique. Elle a donc pu proposer ses services en douceur, sans froisser pour autant, son allié tchadien. 

 

Thomas Flichy est chercheur au CREC-Centre de recherche des écoles de Coëtquidan, professeur à l'ESM de Saint-Cyr.

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 13:50
European defence – to be continued

 

Alerts - No44 - 20 December 2013 Antonio Missiroli

 

Fifteen years after the Franco-British St Malo Declaration, ten after the release of the European Security Strategy, and five after the review of its implementation and the last discussion on defence matters among the EU heads of state and government, the European Council has just brought to a (preliminary) conclusion a policy debate that was long overdue. 

Considering the current unfavourable political context – one of fiscal austerity and budgetary cuts, turmoil in the Union’s neighbourhood (and beyond), and military intervention fatigue in Europe and the wider ‘West’ – the text agreed by the EU leaders on 19 December can be considered a major step forward, also because it indicates a way forward, with explicit deadlines and responsibilities for reviewing, researching, and reporting. EU citizens, officials in Brussels and the capitals as well as our allies and partners will not have to wait another lustrum for the next milestone in the development of the Common Security and Defence Policy (CSDP).

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 13:30
Reforming Arab security sectors

 

Briefs - No48 - 19 December 2013 Florence Gaub

 

In 2011, Arab security forces, long suspected to be inextricably linked to their respective regimes, once again became decisive political agents in their own right: agents of change, agents of repression and, in some cases, both.

Their facilitation or suppression of democratic transitions has sparked a long-overdue debate on security sector reform in the Arab world. What are the main features of security sectors in the region? What are the main obstacles to reform? And why is this debate taking place only now?

 

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 13:20
Peacebuilding in 3D: EU and US approaches

 

Chaillot Paper - No130 - 19 December 2013 Eva Gross

Giving peace a chance has always been a difficult challenge. Making peace, preserving peace – but now, especially, building peace – represents one of the most important and demanding objectives of any foreign policy aimed at bringing about a safer world. Today, an increasingly complex global security environment requires a flexible and multifaceted approach to address the symptoms as well as the causes of conflict. Peacebuilding is a broad but useful concept that captures the variety but also the spectrum of measures available to international actors in pursuit of sustainable peace.

Engagement in various post-conflict settings over the past decade has led individual countries and organisations to work on enhancing the coherence and effectiveness of their respective instruments. This has involved efforts at improving coordination of capabilities as well as building up civilian tools and capacities so as to strengthen diplomacy and development alongside defence. Depending on the setting, such an alignment of the so-called ‘3Ds’ has been alternatively referred to as a ‘comprehensive’ or ‘whole-of-government’ approach, and its operationalisation has been conditioned by existing organisational structures, available resources, and strategic cultures.

This Chaillot Paper concerns itself with the ‘comprehensiveness’ of peacebuilding and, within that, its civilian dimension. It represents an exercise in mapping and comparing developments across the Atlantic regarding the combination of policy instruments for peacebuilding, and especially the development and association of civilian ones to the more ‘traditional’ tools of power, starting with the military ones. Both Brussels and Washington have made efforts at implementing a comprehensive (in the case of the EU) and whole-of-government (in the case of the US) approach to better align their respective instruments.

 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 13:55
Drones : premier avis d'invasion dans le ciel

 

13.12.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord. - Défense Globale
 

Pour la surveillance et les frappes, ce sont les militaires qui ont inventé les avions sans pilote. Du loisir aux services, l’utilisation civile du drone explose. Depuis la nuit des temps, l’homme a rêvé de voler comme l’oiseau, s’élever au-dessus des siens, approcher les dieux, d’Icare aux frères Wright en passant par Léonard de Vinci. Eh bien, ça ne l’amuse plus (ou presque). Désormais, il fait voler des robots et les contrôle avec un joystick de jeu vidéo. Ils seront bientôt autonomes, programmés. Nous entrons dans l’ère des drones.

Voici un extrait d'un dossier drones, paru aujourd'hui dans La Voix du Nord qui est à consulter ici.

 

ORIGINES

Rien de tel qu’une guerre, forcément sale mais diablement féconde pour le cerveau humain. Durant la Première Guerre mondiale, Georges Clemenceau lance une étude. Un prototype naît en 1923 ; les militaires nient son utilité… Les Allemands avancent avec les V1 et V2 durant la Seconde Guerre mondiale mais ces engins sont plus proches des missiles. Les Américains utilisent les premiers drones dans la guerre psychologique, larguant des tracts sur la Corée et le Vietnam.

ARMES MILITAIRES

Caméras (vidéo, infrarouge, thermique), systèmes d’interception (électromagnétique), bombes ou missiles embarqués, le drone (mâle de l’abeille en anglais) apporte du renseignement ou donne la mort. Sans risque ou presque, dans des environnements complexes pour l’homme.

Les États-Unis en font une utilisation intensive depuis 2004 et la guerre contre le terrorisme. La CIA est accusée de cibler de simples suspects et d’être peu regardante sur les dégâts collatéraux dans les zones tribales au Pakistan, en Afghanistan, au Yémen et en Somalie. The Bureau of Investigative Journalism, basé à Londres, tente de compiler les tirs et d’identifier les victimes : 380 frappes depuis 2004 au Pakistan pour un total estimé de 2 534 à 3 642 morts, dont 426 à 951 civils et 168 à 200 enfants…

DroneAirReaper2.jpgUn drone n’est pas mieux ou pire qu’une autre arme. On parle de déshumanisation, d'absence sur le terrain qui dérogerait aux règles de la guerre. Mais quid d'un missile ? A quelle distance et de quelle façon, juge-t-on humain et digne de tuer ? En revanche, une doctrine d’emploi (pour les drones armés) s’impose. 

Une étude d’un officier de l’armée de l’air française estime qu’il sera nécessaire d’introduire des « valeurs humaines » dans les drones de combat. Ceux-ci ne seront plus manœuvrés par des pilotes munis de joystick mais programmés pour décoller, voler (frapper ?) et atterrir seuls. Comme le démonstrateur de Dassault aviation, nEUROn qui vole depuis un an.

DroneAirReaper1.jpgLa France vient d’expédier les deux premiers des douze drones américains MQ-9 Reaper achetés à General Atomics (dans une version non armée) directement à Niamey au Niger en l’absence d’une réglementation autorisant le vol en France de tels engins. Les systèmes de combat aérien futur (SCAF) signeront un jour la fin des pilotes de chasse…

Sur ces deux clichés, on voit les six premiers pilotes français du MQ-9 Reaper, formés sur la base de Holloman au Nouveau-Mexique (photos armée de l'Air, en haut le cockpit). Ils appartiennent à l'escadron de drones 1/33 Belfort de la base aérienne 709 à Cognac.

USAGES CIVILS

Le potentiel civil, balbutiant, semble énorme. Une réglementation européenne est à l’étude, notamment pour les couloirs aériens et l’atteinte à la vie privée (les images mais aussi les données numériques happées au passage). Pour l’instant, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) délivre au compte-gouttes les autorisations. Pour le loisir, les mini-drones s’apparentent à de l’aéromodélisme. Cadeau de Noël idéal.

DroneSNCF.jpgLes applications professionnelles vont exploser : agriculture pour la surveillance des cultures et l’épandage, sécurité publique pour la police et les pompiers (le SDIS des Bouches-du-Rhône fut le premier à s’équiper en 2008), couverture de l’actualité pour les médias, météorologie, circulation… ERDF étudie la surveillance des lignes à haute tension, la SNCF, les lignes TGV (photo AFP d'un drone vérifiant un viaduc de la SNCF à Roquemaure dans le Gard).

Comme DHL, leader mondial de la logistique, le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, lance un projet de livraison de sa boutique en ligne par drones, Prime Air. Il ne dit pas comment il fournira le locataire du troisième d’un immeuble de six étages. Mais le ciel va s’ouvrir en grand aux drones. D’ailleurs, préparez-vous à monter un jour dans un avion de ligne sans pilote… Prêt ?

OL. B.

Lire la suite sur le site de La Voix du Nord (avec vidéos).

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 18:35
L’Australie à la conquête de l’Asie-Pacifique ?

10 oct 2013 par Jean-François Fiorina

 

Une illustration du concept de puissance « moyenne »

Après huit mois de campagne électorale, les Australiens se sont dotés le mois dernier d’un nouveau gouvernement. Peu médiatisées en Europe, ces élections fédérales ont mis fin à plusieurs mois d’instabilité politique en propulsant au pouvoir la coalition « libérale-nationale » du conservateur Tony Abbott, qui a bâti toute sa campagne sur un slogan : « La fin des dépenses inutiles, la fin des bateaux de demandeurs d’asile, la fin de la taxe carbone ».

Le déficit et la dette publique ont alimenté les débats électoraux, même s’ils restent bien en deçà de ceux affichés dans les vieux pays industrialisés. C’est surtout le ralentissement du cours des matières premières qui inquiète aujourd’hui les Australiens. Autant d’éléments mal connus sur l’actualité du pays, malgré une forte attractivité tant économique que touristique. « Le décalage entre l’image que l’Australie a d’elle-même et l’impression qu’on se fait d’elle à l’étranger [y contribue grandement]« , constate Xavier Pons, professeur à l’université de Toulouse-Le Mirail. Discrète, la puissance australienne ne cesse pourtant de s’affirmer et de s’étendre bien au-delà de sa sphère d’influence subrégionale.

Pour l’heure, l’économie australienne se porte bien. 12e puissance économique mondiale et membre du G20, l’Australie est l’un des rares pays industrialisés à avoir échappé à la récession économique de 2009. Sa croissance a certes été touchée, mais elle est toujours restée positive avec une moyenne annuelle de 3, 5 % ces vingt dernières années ! Sa proximité avec les marchés asiatiques, les plus dynamiques de la planète, contribue à cette bonne santé économique. Il en résulte un très faible chômage (5,1 % de la population active), une dette fédérale de 9,6 % du PIB et une inflation largement maîtrisée.

 

Une économie performante

L’Australie peut en effet compter sur les importantes richesses qu’offre son environnement naturel, associées à une faible demande intérieure. Dès les années 1960, le sociologue Donald Horne la dépeint comme le « pays de la chance ». De fait, l’agriculture et les minerais représentent près des deux tiers de son commerce extérieur. « L’Australie est ainsi le premier exportateur mondial de charbon, de fer, de plomb et de zinc, mais également le premier exportateur de bauxite et de titane. Le pays exporte beaucoup de gaz, extrait dans la mer de Timor (20 % de ses exportations). Il est également un géant de l’uranium avec un quart de la production mondiale », explique le professeur Cédric Tellenne dans le Dictionnaire de géopolitique et de géoéconomie.

Depuis le début des années 2000, l’Australie bénéficie du boom minier provoqué par le dynamisme des Émergents. Or, le marché des matières premières connaît depuis plusieurs mois un recul dont pâtit l’île-continent. Les prévisions de croissance, même si elles restent positives, ont été ainsi revues à la baisse par le gouvernement et la banque centrale australienne. Canberra table désormais sur une croissance de son PIB comprise entre 2,25 et 2,5 % pour l’année en cours. Elle n’exclut pas cependant de renouer avec les 3 % et plus en 2015. Des taux, quoi qu’il en soit, à faire pâlir d’envie les pays de la Vieille Europe !

C’est que l’Australie mise à la fois sur la reprise de la croissance mondiale et sur des stratégies de contrôle de marchés. Dans le domaine de l’uranium par exemple, la demande semble être de retour. L’arrivée au pouvoir du Parti libéral démocrate au Japon relance les perspectives du redémarrage des centrales nucléaires nippones, tandis que les inquiétudes sur l’avenir du Niger – gros producteur africain – bénéficient à BHP Billiton et aux autres compagnies minières australiennes. Autre illustration : l’amoindrissement de la demande de fer est compensé par une augmentation volontaire de la production australienne afin de faire chuter les prix et d’évincer ainsi leurs concurrents plus modestes.

Seules des sociétés comme Rio Tinto peuvent réaliser des économies d’échelle susceptibles de préserver leurs marges et leur survie sur le marché. En termes géoéconomique, « la zone Asie- Pacifique absorbe 71 % des exportations australiennes (11,5 % à destination de l’UE, 9 % des États-Unis) et fournit 52 % des importations (contre 24 % en provenance de l’UE et 14 % des États-Unis). La Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial bilatéral de l’Australie. L’Asie concentre 64 % des échanges avec l’Australie en biens de consommation. En ce qui concerne les services, l’UE concentre 22 % des échanges avec l’Australie devant les États-Unis (17 %), l’ASEAN (15 %) et le Japon (8 %) », rapporte le site du Ministère des Affaires étrangères (MAEE). Canberra tend à faire de son commerce un outil au service de son intégration régionale, dans le Pacifique Sud mais plus généralement en Asie. Principale richesse nationale, les intérêts miniers ne conditionnent-ils d’ailleurs pas pour partie la politique étrangère australienne ?

 

Un “sheriff adjoint” des États-Unis en Asie ?

« L’Australie a une image très occidentale qui lui vient de son statut de colonie britannique et de son partenariat ancien avec les États-Unis d’Amérique », résume Cédric Tellenne. Xavier Pons observe pour sa part que le pays est « considéré par nombre d’Asiatiques comme un simple protectorat américain ». Canberra n’a en effet jamais remis en cause sa relation privilégiée avec Washington, scellée au cours de la Seconde Guerre mondiale, quand l’Australie a troqué la protection militaire britannique pour celle des Américains. Le pays s’est dès lors rangé systématiquement aux côtés de son allié, depuis la Guerre de Corée (1950) à celle « contre le terrorisme« . Mais « si l’ Australie a le sentiment qu’il lui faut à tout prix se concilier les bonnes grâces de son protecteur, elle n’en considère pas moins ce dernier avec méfiance », prévient Xavier Pons. Car ses intérêts, notamment économiques et financiers, se situent d’abord en Asie et obligent Canberra à composer avec la réalité géostratégique de la région.

Ainsi, l’Australie développe et renforce ses partenariats avec la Chine, l’Inde et le Japon. « La priorité va à la Chine, au point que l’ Australie déclare ne pas se sentir engagée par l’ANZUS [Australia, New Zealand, United States Security Treaty] en cas de guerre avec Taiwan », remarque Cédric Tellenne. Les deux pays ont signé cette année un « partenariat stratégique » sur dix ans portant sur les questions économiques, de politique étrangère et de défense. Dans ce cadre, « ils ont également signé un accord de convertibilité directe entre le dollar australien et le yuan », précise le MAEE. Pour autant, il n’est pas toujours aisé de composer avec la susceptibilité chinoise. En témoigne la signature récente d’un accord de défense historique avec Tokyo, avec la bénédiction de Washington et malgré la désapprobation de Pékin. À bien des égards, la politique étrangère australienne oscille donc entre les deux géants que sont la Chine et les États-Unis. Mais c’est en Asie du Sud-Est et dans son environnement immédiat que l’Australie trouve la mesure d’une diplomatie plus libre et en adéquation avec ses attentes.

Publié en octobre 2012, le Livre blanc sur « l’Australie dans le siècle asiatique » réaffirme ainsi l’ancrage régional de l’Australie, avec l’identification et la mise en exergue de cinq partenaires prioritaires, en plus des États-Unis : la Chine, le Japon, l’Inde, mais aussi la Corée du Sud et l’Indonésie. Sa stratégie se traduit à la fois par la signature d’accords bilatéraux (économiques, scientifiques, universitaires, etc.) et, le cas échéant, par l’octroi d’aides au développement. Très présentes au Timor- Oriental, les forces australiennes le sont aussi au sein de la Mission d’intervention aux Iles Salomon. Canberra a en effet intérêt à assurer la stabilité politique et économique des Îles du Pacifique si elle veut s’assurer de débouchés commerciaux, mais également pour réguler l’immigration clandestine. Ces cinq dernières années enfin, l’Australie a aussi renforcé sa présence en Afrique, notamment pour appuyer ses investissements miniers.

 

Un « désert démographique européen » dans un océan asiatique ?

Le sujet de l’immigration a fortement alimenté le débat politique des dernières élections fédérales, notamment suite à la décision du précédent gouvernement travailliste de renvoyer directement en Nouvelle-Guinée et sur l’Île de Nauru tout clandestin arrivé par bateau. Ce sujet en réveille un autre, toujours à vif dans un pays aussi jeune: celui de l’identité nationale australienne. « En raison notamment des contractions entre leurs racines historiques, qui sont principalement européennes, et leur situation géographique, entre l’Asie et l’Océanie, les Australiens n’ont cessé de se demander qui ils étaient vraiment », analyse Xavier Pons. Dans ce contexte, l’actuelle immigration asiatique bouscule une société encore à très forte dominante anglo- saxonne (près de deux tiers de la population).

L’Australie a certes une tradition de terre d’accueil, mais les tensions identitaires sont de plus en plus visibles et tendent à diviser le pays. Au-delà de la lancinante question aborigène, la société australienne éprouve aujourd’hui des difficultés à assimiler les nouveaux arrivants, notamment les plus nombreux, en provenance d’Asie (Inde et Chine). Sur l’immigration clandestine, le consensus est acquis et c’est la tolérance zéro qui prévaut. Mais qu’en est-il de l’immigration légale? La question est loin d’être anodine. Dans les prochaines décennies, à l’horizon 2045, l’Australie va devoir faire face à un vieillissement sans précédent de sa population. L’immigration apparaît comme une solution évidente à la crise démographique qui se profile, à condition de la conjuguer au Mateship (« fidélité fraternelle ») si cher aux Australiens. Mais elle ne sera pas suffisante.

Afin de stimuler la natalité et donc le renouvellement démographique, l’un des projets les plus ambitieux – et les plus populaires – du programme de Tony Abbott consiste à mettre en place l’un des congés maternité les plus généreux au monde. Pour un pays de moins de 23 millions d’habitants, et d’une densité de 3 habitants au km2, il s’agit d’un sujet essentiel. Car comme le souligne justement le Recteur Gérard-François Dumont (cf. CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur, n°20, 12/2012), « toute situation géopolitique ne peut s’appréhender correctement qu’en prenant en compte le paramètre démographique ». Mieux : ce sont les « paramètres démographiques qui s’ imposeront aux configurations géopolitiques ». De ce point de vue, l’Australie est indubitablement en première ligne.

 

L’Australie à la conquête de l’Asie-Pacifique ?

Pour aller plus loin

  • L’Australie, par Xavier Pons, Coll. Idées reçues, Éditions du Cavalier Bleu, 126 p., 9,95 €  ;
  • « Australie », par Cédric Tellenne, in Dictionnaire de géopolitique et de géoéconomie, coll. Major, PUF, 564 p., 49,90 €.
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 08:54
Les opérations militaires à l'usage des média

 

12.06.2013 Michel Goya - La Voie de l'Epée

 
Ceux qui ont lu la France et la guerre depuis 1962 peuvent tout de suite aller au dernier paragraphe.
 

Imaginons que Le magazine de la santé ne soit pas présenté par des médecins et ne fasse même intervenir aucun d’entre eux sur leur plateau. Pire, imaginons que lorsque se posent de graves problèmes sanitaires en France, on ne fasse jamais appel à des médecins mais simplement à des représentants politiques, des experts « non-pratiquants » ou, au mieux, au porte-parole du Conseil de l’ordre.

 

C’est exactement ce qui se passe pour les questions militaires et c'est ainsi que l’on raconte souvent n’importe quoi en la matière sur les plateaux de télévision. Après cinquante années et 115 opérations militaires, on continue à demander si c’est la guerre à chaque fois que l’on tire un coup de feu, à s’étonner qu’un soldat tombe au combat ou à parler d’enlisement dès qu’une opération dure plus d’une semaine.

 

Il est donc pas inutile de rappeler les principales caractéristiques des opérations militaires modernes.

 

1. La France est en guerre depuis 1962…presque exclusivement contre des organisations non étatiques

 

Les forces armées françaises ont été engagées depuis 1962 dans environ 400 opérations dont 115 ont engendré des affrontements, soit une moyenne de deux par an. Ces opérations ayant toutes le même but et presque toutes le même type d’adversaire, même si celui-ci a eu des visages différents, on peut considérer que la France est de fait engagée dans une forme fragmentée de guerre mondiale pour la défense de ses intérêts et la stabilité du monde face à des organisations armées non étatiques. Près de 400 de ses soldats sont « morts pour la France » dans ses opérations et des milliers d’autres y ont été blessés.

 

Cette idée ne s’est pas imposée avec évidence car la guerre reste, malgré la lutte contre le Vietminh et le FLN, encore largement associée dans les esprits à la guerre interétatique avec sa déclaration et son traité de paix.

 

En réalité, sur 155 opérations militaires, 5 seulement relèvent d’un conflit interétatique : contre l’Irak en 1990-91, la république bosno-serbe en 1995, la Serbie en 1999, l’Etat taliban en 2001 et le régime de Kadhafi en 2011. Dans tous les autres cas nos ennemis se sont appelés Frolinat, Tigres kantagais, Polisario, Hezbollah, Amal, FPR, Taliban, HIG, AQMI, MUJAO, etc. Ce sont eux qui ont provoqué 99 % de nos pertes et tout semble indiquer que cela va continuer.

 

C’est le caractère politique de nos adversaires qui fait de l’affrontement une guerre, sinon il s’agit de lutte ou au moins de protection contre du banditisme. Cette distinction est essentielle pour définir le cadre juridique, psychologique et politique de l’emploi des forces. C’est avec des ennemis que l’on fait la paix, pas avec des délinquants dont la répression est sans fin.  Cette vision est brouillée par le fait que ces organisations se greffent souvent sur l’économie illégale pour trouver des ressources et que les Etats hôtes n’aiment généralement pas qualifier ces organisations de politiques, qui induit un statut équivalent, leur associant plutôt les qualificatifs de criminelles ou terroristes.

 

Après les embarras afghans, la qualification immédiate de guerre pour l’opération Serval au Mali témoigne d’une prise en compte de cette réalité par l’échelon politique.

 

On notera également que ces cinq conflits interétatiques ont eu lieu dans une phase stratégique de vingt ans où la puissance américaine a pu s’exercer avec une grande liberté. La « fatigue américaine », la réduction de ses moyens, les contraintes diplomatiques accrues en particulier au Conseil de sécurité laissent présager une fermeture de cette fenêtre. La possibilité d’un conflit interétatique dans les dix-quinze ans à venir ne peut être exclue, sa probabilité est faible et il est presque certain qu’il faudra agir de manière différente, c’est-à-dire sans bénéficier de la puissance aérienne américaine.

 

2. Les tentatives de substitution au duel clausewitzien ont échoué

 

Pour Clausewitz, la guerre c’est la confrontation de deux trinités : un Etat (ou une direction politique)-une force armée-un peuple. L’affrontement est d’abord un duel entre les deux forces armées antagonistes. L’Etat dont l’armée a perdu le duel se soumet et impose la paix à son peuple.

L’acceptation de ce duel induit une prise de risques et donc généralement des pertes humaines, très peu populaires politiquement. On a donc essayé de résoudre les nécessaires confrontations en évitant ce duel.

 

La première tentative a consisté se déclarer comme neutre et à se placer au milieu des organisations combattantes, comme si l’empêchement des combats signifiait la paix. Cela n’a en réalité jamais fonctionné, les adversaires se nourrissant ou instrumentalisant la force d’interposition pour continuer le combat. La liste des missions d’interpositions se confond avec celle des humiliations.

 

Une autre approche à consisté à profiter de la suprématie aérienne des forces occidentales (en fait américaines) pour considérer l’ennemi comme un système dont on pouvait obtenir l’effondrement par une campagne de frappes. Dans cette conception, plus les frappes sont éloignées du contact et en profondeur et plus elles sont considérées comme efficaces (les premières sont qualifiés de tactique, les secondes de stratégiques). Dans les faits, seule de la campagne contre la Serbie en 1999 peut être mis au crédit de cette vision mais en sachant que l’action diplomatique et surtout la présence d’une puissante force terrestre en Macédoine sur le point d’intervenir. Tous les autres exemples prouvent que l’emploi seul des frappes à distance (y compris avec l’artillerie, des hélicoptères d’attaque ou même des raids d’infanterie légère) s’avère impuissant à obtenir une soumission de l’autre, surtout les organisations non étatiques dès lors qu’elles ont un minimum d’implantation populaire. On n’a jamais vu personne se constituer prisonnier devant un chasseur-bombardier ou un drone.

 

La décision ne s’obtient finalement et toujours que par l’occupation ou la destruction des centres de gravité adverses (capitale, base, leader) et cela passe nécessairement pas des opérations au sol, rendues évidemment beaucoup plus puissantes lorsqu’elles sont appuyées par des systèmes de feux à distance dont est dépourvu l’adversaire. 

 

3. la principale difficulté s’est toujours située après le « duel »

 

La supériorité sur le champ de bataille n’amène pas forcément la paix, du moins au sens classique du terme synonyme de dépôt des armes.

 

Cette paix classique est plus facile à obtenir dans le cadre d’un conflit interétatique et à condition de ne pas détruire l’Etat adverse car c’est lui qui va gérer la paix en interne. Cela à été le cas de la République de Palé, de la Serbie et de Saddam Hussein en 1991 et cela a permis une normalisation de la situation. Cela n’a pas empêché la mise en place d’importantes forces de stabilisation en Bosnie et au Kosovo.

 

Lorsque Saddam Hussein ou les Talibans ont été chassés, il a fallu les remplacer et la situation politique locale a évolué débouchant sur une nouvelle guerre beaucoup plus difficile que la première. La destruction, non souhaitée initialement, du régime de Kadhafi a abouti également à un désordre local aux répercussions régionales.

 

Les choses sont encore plus difficiles à conclure avec des organisations non étatiques. Lorsque nous intervenons contre ces organisations, c’est que le plus souvent que la situation locale est déjà grave et qu’elles ont déjà constitué des forces armées. Contrairement à la période des guerres de décolonisation, la guérilla ne précède pas l’affrontement sur le champ de bataille mais tend à lui succéder.

 

Les batailles ont été rares contre les organisations armées (Kolowezi et Tacaud en 1978, Adrar des Ifhoghas en 2013) et nous les avons toujours gagnées, du fait de la supériorité qualitative de nos soldats, de la variété de nos moyens et parce que nous avons toujours combiné la recherche du combat rapproché et les feux.

 

Nous n’avons pas encore été confrontés à des adversaires « hybrides », c’est-à-dire disposant d’armements antichars et antiaériens modernes, comme le Hezbollah, mais a priori les moyens et méthodes employées jusque-là paraissent adaptées contre eux.

 

Ces batailles peuvent être décisives si l’adversaire n’a pas d’implantation populaire locale, comme les Tigres katangais par exemple à Kolwezi ou même dans une moindre mesure AQMI au Mali. La force n’a pas besoin de rester sur place dans ce cas.

 

La vraie difficulté réside lorsque l’organisation que nous affrontons bénéficie d’un soutien local qui peut la cacher, la nourrir, la renseigner et surtout lui fournir des recrues. La difficulté est bien sûr accrue si l’organisation est également aidée par l’étranger et peut s’y réfugier. Dans ce cas, le combat continue normalement sous forme de guérilla et/ou d’attaques terroristes. Cette forme de combat est beaucoup plus complexe à mener. Il peut l’être de deux manières.

 

On peut s’engager dans la voie de la contre-insurrection, c’est-à-dire mener une opération globale visant non seulement à combattre les forces ennemies mais aussi à s’attaquer aux causes du soutien populaire à l’organisation. Cela peut réussir, provisoirement, comme au Tchad de 1969 à 1972, mais cela demande généralement un engagement long et couteux.

 

On peut décider au contraire de ne pas s’engager dans cette voie de contre-insurrection, de se retirer du théâtre ou de se placer tout de suite en deuxième échelon de la force locale, qui dans tous les cas de figure doit forcément prendre à son compte la mission de sécurité. Cette approche impose parfois de revenir « gagner » des duels.

 

4. On peut aussi engager la force dans des opérations qui ne relèvent pas de la guerre

 

On l’a déjà dit, s’il n’y pas ou plus d’opposition politique, il n’y a pas de guerre. sans parler des opérations d'aide humanitaire, la force peut aussi être employée pour sécuriser une population. On parle alors de mission de stabilisation. Il n’y a pas ou plus d’ennemi et les forces locales ne sont pas capables d’assurer la sécurité de leur territoire soit qu’elles ont failli, soit qu’elles n’existent pas encore. 

 

Ces missions de stabilisation, qui ne doivent pas être confondues avec des missions de contre-insurrection, peuvent prolonger des missions de guerre, comme au Kosovo, ou non. L’engagement actuel en république centrafricaine relève clairement de cette dernière logique.

 

Ce type de mission impose une présence physique sur le territoire et donc des effectifs relativement importants au regard de la population locale. Or, les effectifs des armées professionnelles occidentales ayant tendance à diminuer aussi vite que les populations à sécuriser ont tendance à augmenter, le risque premier est celui de l’insuffisance. On compense ce phénomène par l’engagement en coalition, ce qui augmente les délais d’intervention alors que la situation impose souvent l’urgence, et une complexité organisationnelle accrue.

 

Ces forces de stabilisation ont pour vocation là-encore à être relevé par des forces de sécurité locales, ce qui suppose l’existence d’un Etat viable et légitime, généralement la principale difficulté de la mission. De fait, les opérations de stabilisation sont presque obligatoirement longues, ce qui ne doit pas confondu avec un enlisement.

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