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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 17:20
Pourquoi Obama demande-t-il l’aval du Congrès sur la Syrie?

04/09/2013 par Julien Tourreille – 45eNord.ca

 

Samedi 31 août, le président Obama se dit convaincu de la nécessité d’une intervention militaire en réaction à l’emploi d’armes chimiques par le régime de Damas dix jours plus tôt. Il annonça cependant d’un même souffle vouloir obtenir l’accord du Congrès avant de lancer une telle opération.  Or, les représentants américains sont en vacances jusqu’au 9 septembre et le président n’a pas demandé leur rappel en urgence pour tenir une session extraordinaire. Alors que tout laisser à penser que des frappes sur la Syrie étaient imminentes, cette décision a pris par surprise l’ensemble des observateurs (moi le premier) et probablement bien des membres du Congrès. Comment expliquer cet apparent revirement de la part de Barack Obama ? Comment appréhender les prochains jours de discussion et de débat à Washington ?

Un stratagème pour sortir le président d’une situation délicate

Depuis samedi, des conseillers et des partisans du président américain soutiennent que sa volonté d’obtenir l’assentiment du Congrès avant de recourir à la force armée serait conforme aux convictions profondes que le futur hôte de la Maison-Blanche exprimait lors de la campagne présidentielle de 2008. Un tel propos est pour le moins surprenant. En effet, le président des États-Unis n’est constitutionnellement pas tenu de demander l’aval du Congrès pour lancer des opérations militaires. Cette prérogative lui est propre en vertu de son statut de commandant en chef des forces armées. La loi sur les pouvoirs de guerre, adoptée en 1973 en réaction au traumatisme du Vietnam, ne remet pas en cause cette disposition constitutionnelle. Elle stipule simplement que la présidence doit informer le pouvoir législatif de toute opération militaire qu’elle entreprend.  Cette loi prévoit également que le Congrès doivent procéder à un vote sur une telle opération dans un délai maximum de 90 jours. Or, tout laisse à penser que l’opération envisagée en Syrie ne devait durer que quelques jours. De plus, cette volonté subite de consulter le Congrès ne correspond pas à la pratique du président Obama. Pour rappel, il ne procéda pas ainsi lors de l’intervention en Libye en 2011.

La consultation inattendue de la représentation nationale avant d’engager les forces armées démontre au moins que le président tient compte de la préférence pour un tel procédé constante dans l’opinion publique américaine depuis les années 1970. Cette consultation apparaît toutefois comme un stratagème destiné à sortir Barack Obama d’une situation délicate résultant d’une position ambiguë vis-à-vis de la crise qui secoue la Syrie depuis plus de deux ans. Peu après le début de celle-ci, son administration a tout d’abord appelé au départ du président Bachar Al-Assad. Ensuite, en août 2012 et vraisemblablement sans l’accord de ses conseillers, Barack Obama a mentionné que l’usage d’armes chimiques constituait « une ligne rouge » à ne pas franchir. Il n’avait toutefois pas affirmé qu’un tel franchissement entrainerait automatiquement une réponse militaire.

Bachar Al-Assad étant toujours au pouvoir et son régime ayant eu recours à ces armes chimiques, le président Obama se trouve pris au dépourvu. Une raison majeure est qu’il n’a pas, comme la plupart des pays Occidentaux, d’objectif précis, de stratégie claire concernant la Syrie. Une chose est certaine, après avoir désengagé les troupes d’Irak et alors que leur présence en Afghanistan devrait substantiellement diminuer dans les prochains mois, Barack Obama ne veut pas engager les États-Unis dans un conflit complexe, à l’issu incertaine, aux ramifications régionales multiples, et au demeurant d’un intérêt stratégique peu évident pour les États-Unis.

S’en remettre au Congrès, un choix risqué

Le président Obama s’en remettrait-il donc au Congrès pour se sortir de l’ornière dans laquelle son ambivalence par rapport au conflit syrien l’a placé ? Tout à fait vraisemblable, cette stratégie est cependant risquée. Les membres du Congrès apparaissent en effet très divisés sur la marche à suivre vis-à-vis de la Syrie. Ces divisions traversent tant le Sénat que la Chambre des représentant. Surtout, elles transcendent les clivages partisans entre Républicains et Démocrates. Sénateurs et Représentants peuvent être divisés en cinq groupes.

  • Un premier réunit ceux qui apprécient d’être consultés par le président mais qui jugent qu’une action militaire pouvait et aurait même dû être entreprise plus tôt compte tenu de la gravité de la situation en Syrie.
  • Un second groupe rassemble ceux qui saluent également cette consultation et qui estiment que les discussions et les débats leur permettront de prendre une décision plus éclairée. Ce sont en quelques sortes les indécis.
  • Un troisième groupe rassemble les sceptiques vis-à-vis d’une opération militaire dans une région du monde particulièrement instable et où il est difficile d’en évaluer a priori les conséquences.
  • Un quatrième groupe réunit les opposants à toute intervention militaire qui ne servirait pas à défendre les intérêts immédiats et manifestes des États-Unis. Plutôt minoritaires, ces membres du Congrès représentent une tendance isolationniste en politique étrangère.
  • Le cinquième est dernier groupe, dont le chef de file est le sénateur républicain de l’Arizona John McCain, milite pour une opération militaire d’envergure. Depuis le début de la crise syrienne, les représentants que l’on retrouve dans ce groupe appellent à un appui clair des États-Unis aux rebelles syriens dans le but de renverser le régime de Bachar Al-Assad. Ils reprochent notamment aujourd’hui au président Obama de ne pas avoir une stratégie claire et ambitieuse pour la Syrie. La position de ces représentants est toutefois délicate à faire accepter non seulement au président, mais surtout à l’opinion publique américaine. Un changement de régime à Damas qui servirait les intérêts américains impliquerait en effet une implication humaine et financière importante que les Américains ne sont pas prêts à accepter après les aventures peu probantes en Irak et en Afghanistan.

Ces divisions au sein du Congrès rendent donc l’issue d’un vote, qui pourrait avoir lieu d’ici la mi-septembre, pour le moins incertaine. Trois scénarios peuvent être identifiés. Premièrement, le Congrès vote contre toute intervention militaire et le président Obama, à l’image du Premier ministre britannique, prend acte et renonce à toute intervention. Deuxièmement, le Congrès donne son aval et le président peut se prévaloir d’un appui politique suffisant pour lancer une opération. Troisièmement, le Congrès est divisé entre une Chambre des représentants, dominée pour rappel par les Républicains, qui serait par exemple contre, et un Sénat, au sein duquel les Démocrates bénéficient d’une courte majorité, qui serait pour. Ce dernier cas de figure, tout à fait envisageable, ne manquerait pas de donner quelques maux de tête supplémentaires à l’administration Obama et d’alimenter bien des discussions sur les limites du système politique américain et sur le rôle des États-Unis dans le monde.

Convaincre le Congrès, mais à quel prix ?

Si le scénario d’un Congrès divisé est le pire pour le président Obama, il n’est pas certain qu’un vote en faveur du recours à la force soit l’issue qu’il préfère. Considérons un instant que, contrairement à ce qu’il a affirmé samedi dernier, le président Obama ne souhaite pas vraiment intervenir en Syrie. Un refus du Congrès permettrait de justifier une non intervention. Ne faisons cependant pas ici de Barack Obama un être machiavélique et acceptons qu’il veuille militairement « punir » Bachar Al-Assad.

Comment son administration peut-elle convaincre un Congrès indécis ? Trois arguments principaux semblent devoir être employés pour mener une telle campagne de lobbying.

Premièrement, le recours à des armes chimiques est un crime de guerre et un crime contre l’Humanité qui ne doit pas rester impunis. Il en va de la crédibilité de la communauté internationale et des États-Unis en premier lieu. Je vous laisse juges de la pertinence de cet argument.

Deuxièmement, ne pas réagir à un tel acte inciterait les adversaires des États-Unis, dont les membres de « l’Axe du Mal » que sont l’Iran et la Corée du Nord, à poursuivre leurs programmes d’armes nucléaires, et même à les employer. Un tel argument répond à une logique éprouvée d’exagération de la menace. Il n’est pas nécessairement juste ni pertinent, mais il peut voir de l’effet pour convaincre des membres du Congrès.

À ce titre, le troisième et dernier argument, évoqué depuis dimanche 1er septembre, pourrait être d’une redoutable efficacité sur le Capitole. Répliquer militairement à l’emploi d’armes chimiques contre sa propre population par le régime de Damas permettrait d’assurer la sécurité d’Israël. L’État hébreu est le principal allié des États-Unis dans la région et le lobbying pro-israélien est particulièrement efficace auprès des membres du Congrès comme l’ont démontré Stephen Walt et John Mearsheimer. Si cet argument peut convaincre les représentants américains, il n’est pas acquis que ce soit le plus judicieux pour améliorer l’image, la crédibilité, et donc la capacité d’influence des États-Unis au Moyen-Orient.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 07:50
EU Parliament Members Call for 'Rewrite' of Defense Priorities

Sep. 3, 2013 - by JULIAN HALE – Defense News

 

BRUSSELS — A group of center-right members of the European Parliament (MEPs) is calling for the European Union to define its security and defense priorities in the run-up to a key EU defense meeting in December.

 

In a joint policy paper made public here on Tuesday, the European People’s Party group coordinator in the European Parliament’s Subcommittee on Security and Defence, Michael Gahler of Germany, demanded a comprehensive defense review with the aim of pooling key procurement projects by EU member states. The paper also was signed by Subcommittee Chairman Arnaud Danjean of France and Vice Chairman Krzysztof Lisek of Poland.

 

Among a slew of proposals, the paper calls for EU heads of state to commit themselves to launching the preparation of an EU White Book on Security and Defence in defining the union’s security interests, prioritizing its strategic objectives and linking these with operational deployments.

 

“A European white book is the No. 1 priority to allow capability and defense planning processes. It would amount to a rewrite of the European security strategy, including the EU member states that joined the EU in 2004,” said Martin Michelot, a research and program officer at the German Marshall Fund think tank in Paris. The countries that joined the EU in 2004 include the Czech Republic, Estonia, Hungary, Latvia, Lithuania, Poland, Slovakia, Slovenia, Malta and Cyprus.

 

France is keen on it, he added, as are the 2004 EU entrants because the strategy was written without their strategic priorities in mind.

 

“The European security strategy needs to be revised before there can be any agreement on European defense planning processes,” he said.

 

Although Michelot said he does not expect a consensus at the December summit on the need to have a white book, he argued that a European defense planning process is needed and that there should be incentives, whether positive or negative, for EU countries to report their defense planning processes in Brussels.

 

“The best thing to come out of the summit would be a compromise to revise the European security strategy,” he said. “EU heads of state need to recognize the EU as a security provider, and not as a security consumer.

 

“There are a lot of emerging security challenges for Europe that the US is no longer willing to shoulder alone,” Michelot said. “European strategic independence is required if the EU wants to preserve its autonomy in the current strategic context.”

 

One passage in the paper hints at the possibility, raised before, of a two-speed defense policy in which some EU countries go ahead without the others, known in the Brussels jargon as “permanent structured cooperation.”

 

“Despite continued initiatives and projects in the field of European capability developments, no real progress is visible,” Michelot said. “All loose ends of different capability development initiatives have to be put under one overarching umbrella.

 

“Therefore, it is high time that the heads of state and government activate the ‘permanent structured cooperation,’ ” he said. “Such activation should lead to a European defense review process and to the coordination of the national defense planning processes at EU level. From a European perspective, it is not efficient if member states cut defense budgets and reform their armed forces [while] unilaterally disregarding parallel efforts of European partners.

 

“France is willing to be the engine of European defense cooperation, but it needs others to follow it,” Michelot added.

 

Asked which countries might follow, he said, “The number one country is Poland, which is looking to sign a bilateral defense treaty with France; the number two is Germany; and then come the Scandinavian countries, which have shown willingness to support French operations. The UK has stronger affinities with NATO.”

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 06:50
Cheaper, better, more efficient: bringing European defence policy into the 21st Century
September 3, 2013 - eppgroup.eu
 

Leading EPP Group Members in the European Parliament's Subcommittee on Security and Defence (SEDE) today issued a call for a complete overhaul of the EU's defence policy. In a joint policy paper made public today, the EPP Group Coordinator in the SEDE Committee and European Parliament Rapporteur on defence policy, Michael Gahler MEP (Germany), Subcommittee Chairman Arnaud Danjean MEP (France) and Vice-Chairman Krzysztof Lisek MEP (Poland) demanded a comprehensive defence review at EU level with the aim of pooling key defence procurement projects by Member States and establishing a permanent EU civilian and military headquarters with its own chain of command. They also call for an EU White Paper defining the EU's key security and defence priorities as well as for the establishment of a genuine common market for defence procurement. Their position paper represents an important parliamentary contribution to the debate on the future of the EU's security and defence policy which will be the key topic at the December European Council.

 

"Deepening the EU's security and defence co-operation will help slash procurement costs and allow the EU to react faster to international crises. Our aim is a security and defence policy that is cheaper for the taxpayer and more efficient at the same time", Gahler, Danjean and Lisek said. "We need nothing less than a complete overhaul to bring Europe’s security and defence policy into the 21st Century and make sure the European Union is equipped for the international challenges it faces despite the budget cuts we have seen at national level".

 

The goals and policy steps formulated in today's policy paper include:

  • A comprehensive defence review to provide an overview of national defence capabilities and future projects;
  • Establishing a better link between civilian and military capabilities and personnel for EU missions;
  • Setting up permanent EU headquarters for civilian and military missions;
  • Defining the EU's security and defence priorities by launching an EU White Paper;
  • Creating a genuine defence equipment market by abolishing exemptions from internal market rules.

 

Next steps: Mid-September, the EPP Group will organise a meeting with Claude-France Arnould, Chief Executive of the European Defence Agency, on ‘The Preparations of the EU Summit on Security and Defence’. The European Parliament's Rapporteur on the European defence base, Michael Gahler MEP, will present his Report to the Subcommittee on Security and Defence in September. The Report is due to be adopted before the December European Council, dedicated to CSDP issues.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 11:55
Vive le désarmement….. ! (SDBR)

by Alain Establier Security Defense Business Review • 03 Septembre 2013 • N° 89

 

En ce jour de rentrée, quel est l’état de la Menace* dans le monde?

 

Le continent africain est toujours le continent de l’insécurité et de l’apparition brutale de foyers de tensions interethniques et de rivalités de voisinage, agrémentés d’exactions liées au djihadisme islamique, à la délinquance brutale (rapts, piraterie maritime) et au contrôle de zones de trafics illicites en tous genres. Il y a peu de pays dont on peut dire qu’ils sont aujourd’hui des zones de tranquillité absolue et qu’ils le resteront dans les 15 ans qui viennent, délai nécessaire pour envisager des programmes d’investissement économiques conséquents. Les seuls endroits de relative tranquillité sont ceux qui bénéficient d’un pouvoir militaire fort ou de bases de soutien d’une force étrangère, celui de la France en particulier.

 

Le Moyen-Orient (Egypte, péninsule arabique, Israël, Liban, Turquie, Syrie, Irak et Iran), reste un foyer de haute tension et peut entrainer une conflagration généralisée entre sunnites et chiites (sur le modèle de la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988, par exemple). Mais, pour peu que les occidentaux s’abstiennent pour une fois de jouer les pyromanes, ce vaste territoire peut aussi s’apaiser si la Turquie redevient un état laïc (ce qu’elle n’est plus), que l’Iran est respecté en tant que grand pays et que la péninsule arabique est mise au pas pour cesser d’alimenter des foyers d’agitation islamique un peu partout. Contrairement aux apparences, il semble que les américains aient enfin compris cela et la France non.

 

Une menace multipolaire

 

En Asie, les raisons qui ont commandé l’intervention française en Afghanistan il y a 12 ans demeurent : menaces de l’islam obscurantiste, culture industrielle du pavot, exportation du haschich et de l’opium, menaces sur le voisin indien, risques de réinstallation de centres d’entrainements de djihadistes, etc. Au Pakistan, puissance nucléaire, la situation politique est fragile, les assassinats politiques ou religieux sont fréquents et les talibans contrôlent de nombreuses zones dans le nord du pays. Les tensions avec l’Inde sont permanentes dans la région du Cachemire et il ne faudrait pas grand-chose pour déclencher un conflit entre ces 2 pays. Dans ce cas, les accords de coopération de défense passés entre la France et l’Inde pourraient-il s’étendre à des accords purs de défense de notre partenaire ? La question est posée, car ses conséquences pourraient amener la France à revenir armée dans la région. L’histoire n’est-elle pas un éternel recommencement ? Pas seulement anecdotique est le conflit de frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, autour du temple de Preah Vihear, plaidé en ce moment devant le tribunal international de La Haye et dont la réponse est attendue à l’automne. Le verdict ne va-t-il pas entrainer un coup de force du perdant ? Rappelons que la France est liée historiquement au Cambodge, même si c’est une dictature communiste déguisée. Enfin, on ne peut minimiser ce qui se passe en Mer du Japon où un dictateur fou joue avec le feu en Corée du nord, face à la Corée du sud et au Japon, pendant que la Chine flatte son nationalisme en revendiquant quelques ilots japonais au sous-sol riche en matières premières. Les États-Unis sont en première ligne mais, au même titre qu’en Afghanistan, la France pourrait se trouver un jour astreinte à la solidarité avec l’OTAN !

 

Enfin, l’Europe n’est pas forcément ce continent tranquille qu’on nous décrit car son flan sud-est (Kosovo, Macédoine, Grèce, Roumanie, Ukraine) peut très bien se retrouver un jour embrasé par des problèmes avec des populations islamiques soutenues par la Turquie et des pays du Golfe. L’islam représente 90% de la population du Kosovo, 70% de l’Albanie, près de 50% de la Bosnie-Herzégovine et plus d’un tiers de la Macédoine. Il ne faut pas être voyant pour deviner que les Balkans resteront une poudrière.

 

Un désarmement coupable !

 

Et pendant ce temps-là, les budgets de défense des pays européens continuent de décroitre (tombant en dessous de 1,50% des PIB des Etats, encore moins pour la France sur la nouvelle LPM), les troupes combattantes diminuent en nombre et les investissements en matières de recherche et développement stagnent ou décroissent selon les pays, le tout commandé par des arbitrages dans les postes budgétaires, un certain goût pour la neutralité (tant que c’est loin, cela ne nous concerne pas) et le confort trompeur du parapluie américain qui a besoin de débouchés commerciaux. En France, on continue de désosser gentiment des régiments et de désertifier des villes moyennes, ce qui a un double impact civil et militaire (c’est l’effet dual au sens pervers du terme) ! On y ajoute l’achat de chaînes complètes de renseignement (drones) hors Europe sans que les syndicats soi-disant attachés aux emplois français ne s’en émeuvent, ce qui démontre leur inutilité.

 

Au final le réveil sera sans doute pénible, car un jour ou l’autre il faudra réarmer ou bien se contenter d’être spectateurs de notre propre Histoire…  

 

 

*sous réserve de faits qui se seraient produits pendant les quelques jours de vacances que nous nous sommes accordés…

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 09:23
Ce que l'affaire Snowden révèle de la guerre économique : le décryptage de Bernard Carayon

24.07.2013 Bruno Racouchot - COMES COMMUNICATION
 

La montée en puissance de l'affaire Snowden début juillet n'aura surpris que ceux qui s'évertuent à nier la réalité des jeux de pouvoir à l'échelle planétaire. Oui, les Etats-Unis ont mis la planète sur écoute. Oui, ils surveillent leurs alliés, l'Europe au premier chef. Oui, leurs pôles d'intérêt dépassent de loin la guerre contre la drogue ou le terrorisme. Oui, ils se servent de leur puissance pour vaincre dans une guerre économique où tous les coups sont permis, pour faire gagner leurs entreprises. Mais cela n'est pas nouveau. Par angélisme ou par faiblesse, nous préférons ignorer ces réalités, résultat d'une combinaison subtile entre hard et soft power.

 

Dans l'entretien qu'il m'a accordé, Bernard Carayon dénonce notre aveuglement. Aujourd'hui avocat, maître de conférences à Sciences Po Paris et président de la Fondation Prometheus qui entend défendre les intérêts stratégiques des entreprises françaises, Bernard Carayon est connu pour avoir été un parlementaire extrêmement actif dans le domaine de l'intelligence économique. Depuis des années, il ne cesse de tirer le signal d'alarme. Finissons-en avec l'angélisme. Ouvrons les yeux. Soyons réalistes et déterminés. La France et l'Europe ont des atouts, nous pouvons gagner la bataille de la mondialisation. A condition toutefois de ne pas nous faire imposer les règles par d'autres et de bien maîtriser les techniques de l'influence.

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 07:55
Les annonces de la LPM, possibles victimes des élections municipales

22.07.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

C'est dans les détails que se cache le diable, on le sait. C'est dans les détails de la LPM que se cacherait un péril politique?

 

Le 2 août, lors de l'ultime conseil des ministres avant la pause estivale, le ministre de la Défense doit présenter la loi de programmation militaire, déclinaison du Livre blanc. Jean-Yves Le Drian maintient que la loi sera présentée au Parlement dès la rentrée.

 

Sous quelle forme? La question est en effet posée puisque des élus de gauche militent pour un report des annonces détaillées de suppressions, fermetures et autres coupes dans les formations militaires. Un report qui leur permettrait d'envisager plus sereinement les élections municipales des 9 et 16 mars et de ne pas devoir prêter le flanc à la critique. L'objectif étant bien d'éviter un contre-coup politique dévastateur.

 

François Hollande avait, devant l'IHEDN, exprimé sa volonté de ne pas dépouiller les territoires et Jean-Yves Le Drian précise toujours qu’aucune décision n’a été prise quant au choix des sites à fermer.

 

Découvrira-t-on, le 2 août, un texte qui détaillera la masse (24 000 postes concernées), les armées concernées, les armes concernées, mais ni les unités ni les sites?

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 06:08
L'avenir de notre défense passe par l'Europe

22/07 de François Lureau - Les Echos

 

La réduction des budgets de défense est une réalité durable. Elle n'est pas une opportunité pour la défense, elle est une obligation de penser différemment, sur le long terme. La défense participe à l'effort de redressement budgétaire que tous les pays européens ont entrepris. C'est le sens du budget de 31,4 milliards d'euros fixé par le président de la République. Des réductions supplémentaires d'effectif sont hélas nécessaires pour continuer à améliorer la « productivité » de l'outil de défense, comme cela l'a déjà été fait de façon continue depuis quinze ans. Les cadences de production des matériels de défense devront être réduites. Les nouveaux programmes devraient être strictement placés dans un cadre européen, c'est-à-dire soit un choix d'équipements existant en Europe, soit un codéveloppement pour ce qui n'existe pas (les missiles et les drones), les souhaits des uns et des autres devant être impérativement soumis à cette contrainte. Les matériels peuvent et doivent être utilisés plus longtemps. La compétitivité des actions de maintenance devient une exigence : réexamen du partage des tâches avec l'industrie, contrats de performance systématiques, adaptation des effectifs, maîtrise des coûts d'utilisation. En regard de ces sacrifices douloureux et pour préserver l'avenir, il est impératif d'investir dans la recherche à hauteur de 800 millions d'euros par an.

 

Penser différemment, à mon sens, porte sur trois points : l'utilisation et la gestion conjointe entre pays volontaires de moyens communs, la recherche de financements européens, la spécialisation industrielle entre pays. Rien dans ces domaines ne peut produire d'effets immédiats. Tout est politique, structurant et doit donc avancer au rythme du temps politique. Mais il y a urgence et c'est la voie de sortie par le haut d'une nouvelle souveraineté française et européenne.

 

L'idée, de bon sens, de gérer en commun des ressources rares, est défendue par l'Agence européenne de la défense sous le concept de « pooling & sharing ». Comme l'expérience l'a montré dans les opérations récentes, la planification commune et plus tard la gestion des flottes de transport de quatre pays, via le centre de commandement du transport aérien européen (EATC) situé à Eindhoven, offrent une souplesse et une efficacité d'emploi incomparables. Cette bonne pratique doit être transposée à d'autres secteurs et notamment au ravitaillement en vol, dont la faiblesse capacitaire européenne est notoire. Peut-on imaginer que le futur programme français MRTT ne soit pas l'occasion de construire cette capacité européenne et de mettre en place une unité multinationale regroupant une partie des moyens ? Dans un autre registre, tout aussi potentiellement générateur d'économies, la mise en service prochaine de l'A400M, avion performant mais nécessairement coûteux à l'emploi, devrait obliger les partenaires de ce programme à mettre en place un dispositif de formation et de soutien commun à tous. Ce qui manque pour avancer : une réelle volonté politique qui s'impose aux conservatismes de toute nature.

Three Airbus Military A330 MRTTs fly in formation photo Airbus military

Three Airbus Military A330 MRTTs fly in formation photo Airbus military

Deuxième piste : l'union européenne. Il ne s'agit nullement de rêver à une hypothétique Europe de la défense à Vingt-Six. Il s'agit d'inscrire dans la réflexion en cours de l'Union européenne sur la défense, la dimension de souveraineté que l'industrie de défense porte en elle. Susciter et financer au plan européen des projets globaux à finalité civile et militaire est une voie possible qui aiderait ce secteur à garder sa compétitivité internationale. Les thèmes possibles : l'espace, les drones légers.

 

Enfin, la défense ne peut être efficace et souveraine que si son industrie est performante et compétitive. La France ne peut plus être compétitive dans tous les domaines. Pour fixer les priorités entre secteurs, il est instructif de regarder leurs performances à l'exportation. Pour 1 euro investi dans la défense, l'effet de levier peut atteindre 2, avec les mêmes effets sur l'emploi. Une souveraineté partagée de la base technologique et/ou une spécialisation progressive des Etats sont aussi des réponses à considérer dans un cadre politique approprié. La rationalisation de l'offre missiles de MBDA sous les auspices du traité de Lancaster House dépasse le cas du missile (ANL/FASGW) entre 2 pays pour tester la faisabilité d'un portefeuille binational de produits. La spécialisation a commencé dans l'imagerie spatiale. Elle ne pourra se poursuivre et offrir tous les bénéfices escomptés que si les pays concernés décident de réellement mettre en commun une large partie de l'information recueillie.

 

La situation de la défense en France et en Europe est préoccupante. C'est le moment d'élargir le champ des possibles avec les partenaires les plus proches, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie pour citer ceux avec lesquels nous avons des histoires communes. L'Agence européenne de la défense est un outil pour progresser, si le mandat politique lui en est réellement confié. Mais, au préalable, il faut se convaincre que l'outil de la défense français, aujourd'hui très performant, ne pourra trouver sa pérennité que dans un ensemble plus vaste d'alliances au sein de l'UE.

 

François Lureau est ancien délégué général pour l'armement

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 09:21
L'amiral Guillaud aurait-il dû démissionner ?

18/07/2013 Jean Guisnel - Défense ouverte / Le Point.fr

 

La réorganisation du ministère de la Défense suscite de sérieux mais discrets remous. Certains regrettent que le chef d'état-major des armées n'ait pas démissionné.

 

La réforme du ministère telle qu'elle est engagée par Jean-Yves Le Drian, à la suite d'un processus de réorganisation ayant pris plus d'un an, suscite en interne de fortes controverses. Pour une meilleure compréhension, nous avons décidé de publier l'intégralité de la lettre du ministre et des annexes, à l'exception de la quatorzième et dernière page, qui contient la liste de ses 21 destinataires (cliquez ici pour lire la lettre). Cette réforme, rappelons-le, a été souhaitée par Jean-Yves Le Drian, convaincu de sa nécessité bien avant de prendre ses fonctions. Elle a été conduite par un membre de son cabinet, qui a réuni à de très nombreuses reprises un groupe de travail - appelé L33 - auquel ont participé des dizaines de membres des cabinets civil et militaire du ministre de la Défense, ainsi que des officiers détachés par tous les états-majors, y compris l'état-major des armées, et tous les services du ministère. On se dit de ce fait totalement persuadé, dans l'entourage du ministre, que si cette réforme a fait l'objet de discussions, elle n'a suscité aucune opposition véritable. Divergence d'appréciation ou vraie opposition ?

 

Le décret de 2009 aux oubliettes

Cette réorganisation n'est pas anodine. Elle n'est pas non plus destinée à placer le ministère cul par-dessus tête. Sa dimension la plus sensible et la plus symbolique - celle qui retire à l'état-major des armées la gestion du personnel pour la confier à la direction des ressources humaines DRH-MD - ne fait que ramener l'institution à la situation qui avait prévalu entre 1962 et 2009. Cette dernière date étant celle de l'antépénultième réforme du fonctionnement du ministère, essentiellement voulue à cette époque par deux hommes : le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées de 2006 à 2010, et par son successeur aujourd'hui en fonction, l'amiral Édouard Guillaud, qui se trouvait être alors le chef d'état-major particulier du président de la République Nicolas Sarkozy. Le décret de 2009 est donc passé par pertes et profits. Et d'aucuns, dans les armées mais pas seulement, prétendent que l'amiral Guillaud aurait dû marquer son refus de cette évolution en démissionnant, ce que les marins appellent "poser la casquette".

 

Démission ? Là est la question

Comme le monde est bien fait, il se trouve que deux commentaires "postés" à la suite de la parution de notre article du 17 juillet développent les arguments entendus ces derniers temps dans les armées. Les tenants du départ du CEMA estiment comme Raboliot qu'Édouard Guillaud "doit démissionner. La marginalisation des militaires réduits à l'état de simples exécutants au sein même du ministère de la Défense condamne le modèle militaire français". Mais un autre contributeur signant Pavlof est bien renseigné. Il reprend en substance les mêmes arguments contre la démission du CEMA, que celui-ci aurait avancés auprès de proches : "La démission est certes un moyen d'exprimer un mécontentement, mais n'a jamais permis d'avancer. Ce n'est pas en quittant ses fonctions que le CEMA pourra continuer à faire entendre sa voix. Il y aurait toujours eu quelqu'un, derrière lui, pour saisir l'opportunité, et se vendre facilement en affirmant être en mesure d'appliquer toutes les réformes voulues par le ministre. La démission n'a jamais permis de garder la main sur une négociation !"

 

"Éviction doctrinale des militaires"

Ce ne sont pas les militaires en activité qui s'exprimeront ouvertement sur cette réforme. "Parce qu'ils sont d'accord avec elle", veut-on se persuader au cabinet du ministre. Mais la réalité est plus prosaïque : tout militaire au-delà du grade de commandant est promu par le président de la République, et toutes les fonctions dépendent d'une nomination ministérielle. Voilà qui calme les ardeurs ! Ainsi donc, c'est un officier à l'esprit synthétique qui nous a résumé le sentiment entendu sous des formes diverses, mais à de très nombreuses reprises, ces dernières semaines : "Les décisions que son cabinet a fait prendre au ministre dans le cadre de la réorganisation du ministère consacrent l'éviction doctrinale des militaires. On assiste à une véritable déconstruction des fondations sur lesquelles fonctionnait le système. C'est exactement de la même façon que le système Louvois a été imposé aux armées voici deux ans, avec le résultat que l'on connaît. C'est une véritable défiance idéologique qui ne repose sur aucune analyse fonctionnelle pertinente et qui va profondément déstabiliser les armées, sans parler des conséquences sur le moral des troupes, qui s'enfonce chaque jour un peu plus."

 

"Saignés par les restructurations"

Pour un son de cloche complémentaire, qui reflète là encore des critiques souvent entendues, on pourra se référer au texte que le général François Torrès vient de publier sur le site de l'Asaf (Association de soutien à l'armée française). Sous le titre "Les dissonances de la toge et du glaive", ce général (en deuxième section) explique : "Saignées par des restructurations à répétition, les armées sont aujourd'hui en passe de perdre le contrôle de plusieurs directions importantes, qui touchent l'une à la gestion des hommes, que les militaires ont, depuis les premiers jours de leur longue formation, toujours considérée comme une éminente priorité, l'autre aux contacts avec les armées étrangères, dont l'efficacité, articulée autour de l'expertise partagée, est un des éléments essentiels de la sécurité globale. On voit mal pourquoi les officiers des forces, qui en sont les experts, en seraient écartés, sous prétexte de les cantonner dans l'opérationnel."

L'été sera-t-il chaud ?

 

 

 

 

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 10:55
Le Livre blanc va avoir des "dommages irréparables" sur les armées

11-07-2013 Le Nouvel Observateur (AFP)

 

Des députés UMP ont signé une lettre ouverte à François Hollande pour dénoncer les coupes dans le budget de la défense

 

Les députés UMP de la Commission de la défense dénoncent "l'impact psychologique désastreux" que le nouveau Livre blanc a, selon eux, sur les forces armées et les "dommages irréparables" que sa mise en oeuvre va causer à la défense nationale.

Dans une lettre ouverte au président François Hollande, les 18 élus UMP affirment que le Livre blanc présenté fin avril n'avait pour but que d'"habiller de considérations présentables" des coupes déjà programmées dans le budget défense.

"Inopportune, l'initiative du Livre blanc l'est encore et surtout par l'impact psychologique désastreux sur nos forces armées de l'annonce des nouveaux et très lourds sacrifices que vous allez leur imposer", écrivent-ils.

Le Livre blanc 2013 prévoit notamment la suppression de 24.000 postes supplémentaires dans les armées en cinq ans, après les 54.000 suppressions déjà décidées en 2009.

"Modèle de survie" 

Les signataires estiment "extrêmement fragile" la construction budgétaire qui intègre "environ 6 milliards de ressources extra-budgétaires non identifiées" sur la période 2014-2019.

Vos décisions auront pour effet de ramener nos forces armées à un 'modèle de survie', selon l'expression du chef d'état-major des armées", l'amiral Edouard Guillaud, poursuivent-ils.

Ils évoquent également une "grave menace" pour l'industrie française de défense, qui "sans un niveau de commandes suffisant" ne pourra plus produire de nouveaux matériels à la pointe de la technologie et exporter des équipements.

La préparation de la Loi de programmation militaire (LPM, 2014-2019), qui doit être présentée prochainement en Conseil des ministres, sera selon eux "déterminante". Le Livre blanc prévoit un budget défense de 179,2 milliards d'euros pour la durée de la LPM, avec un budget annuel de 31,4 milliards jusqu'en 2016, soit le même montant que pour l'année 2013.

La LPM doit être discutée à l'automne au Parlement.

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 11:55
Quand la stratégie militaire dessine l'entreprise de demain

10/07 de Charles-Edouard Bouée - Les Echos

 

Comme nos Etats modernes, les entreprises vivent dans un monde volatil, incertain, complexe et ambigu. Qui les oblige à diminuer leur « empreinte industrielle » et à se montrer toujours plus réactives.

 

Partout des signes indiquent que les années 2020 vont apporter des changements considérables dans la façon dont agissent, s'organisent et se gèrent les entreprises. C'est un gigantesque glissement de terrain qui se prépare, alimenté par les « cybereconomics ». La déferlante à venir de l'automatisation et de la robotisation, la transformation progressive des grandes entreprises en de vastes réseaux, en partie fondés sur des alliances industrielles et technologiques (comme le montre le récent accord entre EADS et Siemens sur la propulsion électrique dans l'aviation civile), ne sont encore que des signes avant-coureurs. Mais ils indiquent bien que nous allons nous projeter dans les années qui viennent dans un monde nouveau.

 

Comment le caractériser et surtout comment l'aborder ? Les stratèges américains (l'histoire montre que les militaires ont souvent compris avant tout le monde les évolutions du monde) ont trouvé un acronyme pour qualifier le monde dans lequel nous entrons : Vica, pour « volatil, incertain, complexe et ambigu ». Pour répondre à ce nouvel environnement, la première armée du monde par la puissance de feu et les technologies déployées a mis au point un concept tout à fait nouveau, adapté aux guerres asymétriques auxquelles elle est confrontée, et qui repose sur la notion de « light footprint strategy », qui a été largement documentée par les experts militaires. Cette nouvelle doctrine de défense se base sur l'utilisation de trois armes essentielles : les drones, les forces spéciales et les cyberattaques. La stratégie du « light footprint » permet d'augmenter l'agilité, la rapidité de mouvement, la capacité de réaction grâce à la « légèreté », à la réactivité et à la rapidité des moyens mis en oeuvre ; tout le contraire de la guerre d'hier, reposant sur l'utilisation de moyens lourds (chars d'assaut, bombardiers…) et de nombreuses troupes au sol. En y réfléchissant, ce concept peut fort bien s'adapter aux entreprises qui, elles aussi, vivent dans un monde volatil, incertain, complexe et ambigu…

 

Les drones. Les robots sont les drones de l'industrie. Jack Welch, l'ancien patron de General Electric, avait coutume de dire, dans les années 1980, que les entreprises devaient choisir entre « s'automatiser, émigrer ou disparaître » (« automate, emigrate or evaporate »). Nous sommes aujourd'hui à un tournant, dans lequel la délocalisation, qui a été l'un des sujets essentiels de la globalisation de l'économie, va progressivement faire place à l'automatisation et à la robotisation, ce qui réduit le choix de l'entreprise à une seule alternative : « automate or evaporate ». Les entreprises chinoises l'ont fort bien compris, qui commencent à se robotiser, à l'exemple de Foxconn, sous-traitant d'Apple, qui va équiper ses usines de 1 million de robots. Les entreprises qui mettront en oeuvre cette robotisation de façon intelligente gagneront en flexibilité, offriront à leurs salariés des tâches plus élaborées et diminueront leur « empreinte industrielle ».

 

Le cyberespace. Il n'est évidemment pas question de conseiller aux entreprises de se faire la guerre par virus informatiques interposés. Mais le cyberespace est désormais un acteur essentiel de la performance. L'enjeu est l'utilisation de l'information, ou plutôt sa transformation en une arme de guerre. Qu'il s'agisse de « big data-analytics » ou de « smart data », la capacité de l'entreprise à extraire de l'intelligence à partir de ces données lui permettra d'anticiper, de « prévoir » le comportement des consommateurs et de leur apporter le produit, le service, le conseil le plus approprié. 99 % des informations sont disponibles dans le cyberespace…

 

Les forces spéciales. Les forces spéciales sont l'expression de ce que peut produire sur le terrain un petit groupe d'individus excellemment entraînés, motivés, solidaires, autonomes, connaissant avec précision la tâche qui incombe à chacun d'eux. Demain, l'entreprise fortement robotisée dépendra davantage de petites équipes, disposant des savoir-faire nécessaires, autonomes dans leurs décisions, motivées collectivement et engagées dans un processus permanent d'amélioration de leurs compétences. L'ère des grands bataillons de salariés organisés en matrices arrive à son terme et sera progressivement remplacée par des petites équipes bien formées, bien équipées, agiles et flexibles, bénéficiant d'une large autonomie d'action et de décision, et en interaction constante les unes avec les autres et avec l'organisation centrale. Le pendant du recours aux forces spéciales est la centralisation de la décision stratégique. C'est Barack Obama lui-même qui était en relation constante avec le commando qui attaquait la résidence de Ben Laden au Pakistan…

 

Charles-Edouard Bouée est membre du comité exécutif du cabinet Roland Berger.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 10:55
source harvard.edu

source harvard.edu

26/06/2013 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges -  Supersonique

 

Cette fois, c’est inéluctable : la dernière édition de l’étude du cabinet IHS sur les budgets militaires et exportations d’armement confirme que le budget de défense de la zone Asie-Pacifique dépassera le budget nord-américain d’ici à 2021, avec 501 milliards de dollars. Certes, les Etats-Unis resteront, de loin, la principale puissance militaire mondiale, avec 472 milliards de dollars de budget en 2021 (-28% par rapport à 2012). Mais la Chine rattrape son retard peu à peu (207 milliards en 2021, +64%), loin devant le numéro trois, la Russie (106 milliards, + 80%). « Donnez à l’Asie et au Moyen-Orient une décennie, et ils vendront des équipements de classe mondiale », assure Guy Anderson, analyste chez IHS Jane’s.

 

La Chine, 8ème exportateur mondial d’armement, et la Corée du Sud, en pleine explosion, apparaissent comme les concurrents les plus immédiats pour les pays occidentaux. « La Chine diminue ses importations et améliore ses capacités industrielles, ses exportations ont doublé depuis 2008, souligne Paul Burton, chez IHS. Celles de la Corée du Sud, elles, ont augmenté de 688%, ce qui la place désormais dans le top 20. » Les gros clients, eux, restent les mêmes : le top 3 est composé de l’Inde, de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis, qui représentent à eux trois près d’un quart des importations mondiales. Ce qui promet de belles passes d’armes sur ces marchés-clés, entre des géants occidentaux en mal de croissance sur leurs marchés domestiques, et des nouveaux acteurs aux dents longues et aux prix agressifs.

 

En face, l’Europe souffre : sa part de marché est passée de 34,5 à 27,5% de 2008 à 2012. Mais tout n’est pas noir pour autant : les exportations britanniques devraient augmenter d’au moins 25% d’ici à 2015, si l’on se base sur les carnets de commandes des industriels. La France, avec 4,56 milliards d’euros d’exportations d’armement en 2012, est le numéro trois mondial selon IHS, derrière les Etats-Unis et la Russie, mais devant le Royaume-Uni, l’Allemagne, Israël et l’Italie. Elle devrait être le septième budget de défense en 2021 (6ème en 2012). Seule l’Allemagne s’est effondrée depuis 2008 côté exportations, avec une part de marché divisée par deux (de 8 à 4,5%).

 

Autre leçon de l’étude IHS : la taille du pays n’est un critère déterminant. Israël est ainsi en train de devenir le premier exportateur mondial de drones : l’Etat hébreu dépassera les Etats-Unis fin 2013, et vendra même deux fois plus de drones que l’oncle Sam en 2014 ! Les exportations d’armement israéliennes ont augmenté de 74% depuis 2008, avec une part de marché passée de 2,4 à 3,5%.

 

Une chose est certaine : la vente d’armement reste, qu’on s’en réjouisse ou non, un marché d’avenir. La somme des budgets de défense devrait augmenter de 9,3% d’ici à 2021 selon IHS, à 1 650 milliards de dollars. Le commerce entre pays a déjà augmenté de 30% de 2008 à 2012 et devrait passer la barre des 100 milliards de dollars en 2018. « A ce rythme, les échanges militaires entre pays auront plus que doublé d’ici à 2020 », assure Paul Burton. Un gâteau plus gros, mais aussi plus de convives pour le partager.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 07:55
SMP/ESSD: quand l'amiral Guillaud met les points sur les "i"

27.06.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

L'amiral Édouard Guillaud, le chef d'état-major des armées, s'est exprimé le 3 juin devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Sénat. On lira plus bas sa réponse à une question de Michel Boutant. Cliquer ici pour accéder à l'intégralité de son audition.

 

La réponse du CEMA, je dois l'avouer, m'a réjoui et elle prouve que le réalisme peut l'emporter. Pendant que nous tergiversions sur l'éthique des SMP/ESSD, nos concurrents (car ces activités relèvent avant tout d'un échange marchand) nous taillaient des croupières, renforçaient leur monopole, apprenaient (en faisant des erreurs, parfois graves) à réguler le milieu et favorisaient l'émergence de sociétés fortes, éprouvées, légitimes et fières. En France, nous avons fait du surplace en considérant le recours à des prestataires privés comme une maladie honteuse et expliquant pudiquement que, lorsque nous devions nous résigner à le faire, c'était dans le cadre d'expérimentations. En 15 ans, depuis le premier livre que j'ai écrit sur ce sujet en 1997, je confirme: "nous n'avons pas avancé"!

"Les sociétés militaires privées (SMP) sont un sujet qui m'exaspère. Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage, et pour des raisons d'angélisme idéologique, malgré des rapports sur la situation, nous n'avons pas avancé.

Mon point de vue est qu'il faut encore travailler sur la question des SMP à terre car celles-ci posent des problèmes de droit international. La situation est plus simple pour les SMP à la mer : le droit de la mer est simple, dès lors que vous êtes sorti des eaux territoriales, le droit applicable est celui du pavillon, quelle que soit la nationalité de l'équipage, de l'affréteur, ou du propriétaire de la cargaison !

Nous avons les moyens, en passant par la loi, de dire que nous acceptons des équipes de protection embarquées, si elles sont de droit français employant des nationaux et réservées aux pavillons français. Le risque, si nous n'agissons pas, outre le fait de voir nos anciens militaires employés par des SMP étrangères, est surtout que des armateurs sont prêts à se dépavillonner, avec les conséquences économiques qui en résulteraient !

Il est contre-productif de faire l'amalgame avec une SMP qu'on emmènerait lors d'une OPEX faire de la protection. Cette question des SMP a été évoquée lors des discussions sur le Livre Blanc, puis le débat a été refermé. Il est nécessaire de régler ceci par une loi. Le vrai problème est que ça réveille une peur du mercenariat, alors même que ça n'a rien à voir !

Sur ce même sujet, je ne résiste pas à donner le texte de l'intervention d'Alain Juillet qui a ouvert les débats lors du colloque sur les ESSD du 28 mai dernier:

"Le premier aspect de ce problème apparaît lorsque l’on envisage le côté militaire. Indiscutablement, nos troupes, et en particulier les forces spéciales, sont des militaires dont l’excellence technique est reconnue au niveau international. D’un autre côté, le Livre blanc prévoit des réductions d’effectifs telles que les armées n’auront plus la capacité de remplir un certain nombre de missions qu’elles assument aujourd’hui. Il faudra donc bien trouver des solutions. C’est un aspect. L’autre aspect concerne ce qui se passe à l’extérieur. Quand on est une grande entreprise française qui travaille sur des sites à l’étranger impliquant des salariés, on s’interroge nécessairement sur les mesures à prendre pour évoluer dans des zones difficiles ou dangereuses. Depuis la loi de 2003, la situation est très simple : on ne peut pas travailler avec des sociétés de sécurité françaises car c’est interdit par la loi. On ne peut pas non plus utiliser les services de sociétés d’assurance françaises parce qu’elles seraient mêlées à des situations qui ne sont pas prévues par la loi. Les grandes entreprises françaises sont donc obligées de passer des contrats avec des ESSD ou des sociétés d’assurance étrangères pour accomplir des missions qui pourraient parfaitement être réalisées par des sociétés françaises. Le constat est encore plus alarmant quand vous regardez ce qui se passe actuellement au large de la Somalie en matière de piraterie où l’on a été obligé de mettre en place des systèmes de protection des bateaux. Les Français ont investi, via la Marine nationale, avec les commandos marine essentiellement. Ce qui est étonnant, c’est de voir comment font les autres pays. A part les Français, il n’y a aucune unité militaire étrangère qui assure ce type de missions. Tout ceci est pris en charge par des sociétés privées. Tout le monde y est, les Français sont les seuls à investir au niveau militaire. Pourquoi pas diriez-vous, mais il faut alors regarder le coût d’une telle opération pour l’Etat, alors même que ses dépenses doivent être contrôlées. Par ailleurs, Il est attristant de constater que les entreprises françaises doivent recourir à des ESSD étrangères, que ce soit en matière de sécurité ou d’assurance, et ainsi transférer une partie de leurs moyens financiers et de leurs exigences de sécurité à l’étranger. Ce point constitue la raison profonde de notre soutien au rapport des députés Ménard et Viollet auxquels nous avons tout de suite dit : « il faut absolument que vous arriviez à changer le système actuel ». Car le système actuel est basé sur une vision idéologique et historique des activités couvertes par le terme d’entreprises de services de sécurité et de défense, appelées autrefois SMP. Il est certain qu’en France, la période de la France-Afrique et du mercenariat reste présente dans les mémoires et nous pénalise par rapport à tous les autres pays du monde. Aux États-Unis, les grandes ESSD n’ont aucun problème et possèdent une image correcte au sein de la population et ce, tant qu’elles ne commettent pas de dérapages. Mais cela relève d’une affaire de contrôle. Elles travaillent également étroitement avec l’État. Les techniciens français de grandes sociétés françaises qui travaillent en Afghanistan actuellement doivent recourir à des sociétés étrangères lorsque l’armée française ne peut pas assurer leur sécurité. Je rappelle que depuis l’arrêt Karachi, les entreprises sont « sécuritairement » responsables de tous leurs salariés à l’étranger, que ce soit pendant ou hors les heures de travail. Une responsabilité importante pèse donc sur les entreprises et nous préférerions que la protection de ces salariés soit assurée par des sociétés françaises. Je vous dis ceci afin de bien faire comprendre que notre volonté est d’assurer, dans les meilleures conditions possibles, la sécurité de nos employés, la défense et la sûreté de nos sites en recourant à des personnels français. Si je reprends l’exemple somalien, il est à la fois fascinant et affligeant de voir que parmi les personnels qui travaillent dans les sociétés étrangères, il y a une grande majorité d’anciens soldats français. En effet, les anciens commandos marine y sont largement représentés parce qu’ont leur reconnaît de grandes qualités. Il est tout de même lamentable que l’on ne soit pas capable, en France, de reconnaître nous-mêmes concrètement leurs qualités. Arrêtons de nous tirer une balle dans le pied et soyons raisonnables. Vous allez suivre aujourd’hui un programme qui va permettre de couvrir un grand nombre d’éléments du thème étudié. D’une part, il faut être bien conscient que nous sommes entrés dans un monde de plus en plus dangereux et de plus en plus agressif au quotidien. Je vais peut-être choquer les militaires, surtout dans cette salle, mais je fais partie de ceux qui sont convaincus que le combat militaire aura de moins en moins d’importance à l’avenir par rapport au combat économique et que, dans le même temps, le combat économique va utiliser des moyens militaires ou de sécurité de plus en plus importants. On ne peut pas comprendre, par exemple, la guerre en Ituri, au Congo, sans se souvenir qu’en réalité ce n’est pas une guerre entre Hutus et Tutsis, c’est une guerre pour des raisons minières. Il s’agit de contrôler le Coltan dans la zone, parce que ce minerai est indispensable à la fabrication des téléphones portables. Ce n’est pas autre chose. On voit bien l’interpénétration des intérêts. Dans cette approche, Il est nécessaire de pouvoir protéger nos sites et nos personnels. Tout à l’heure, vous allez écouter une intervention du général Jean-Michel Chéreau, directeur de la sécurité d’AREVA, qui se trouve actuellement au cœur de problèmes importants. Mais derrière lui, il y a d’autres sociétés, d’autres problèmes du même genre. On ne peut pas continuer à accepter de ne pas être capable de faire face à la concurrence internationale et on ne peut pas non plus accepter d’être obligé de faire systématiquement appel à l’armée française alors qu’elle a à peine les moyens d’assurer ses propres missions. Il est donc nécessaire de trouver des équilibres. La question de l’assurance, qui sera évoqué ultérieurement, est très importante car les assureurs jouent un rôle essentiel dans le monde moderne. Ce sont eux qui font disparaître une grande partie de la prise de risque. C’est également eux qui vont compenser financièrement cette prise de risque de manière à l’éliminer lorsque quelque chose se passe. Je ne rentrerai pas dans les détails car cette question recouvre certains domaines sensibles, mais indiscutablement les assureurs ont un rôle important aujourd’hui. Regardez la Lloyd qui a pris, de ce côté-là, un rôle non négligeable dans tous les domaines et en particulier concernant la problématique des rançons demandés par les pirates au large de la Somalie Nous nous intéresserons ensuite aux problèmes juridiques qui apparaissent quand on parle de sécurité privée. Dès que l’on parle des ESSD, se pose la question des modifications ou du changement de la fameuse loi qui a tout bloqué en France, loi indiscutablement régressive par rapport à ce qui existe ailleurs. Il faut en effet se souvenir que pendant que l’on votait cette loi en France, les Américains de MPRI étaient en train de former les résistants kosovars qui devaient ensuite prendre le pouvoir. Les Américains avaient en effet envoyé là-bas une ESSD américaine. Cet épisode montre qu’il est important de disposer de textes de loi extrêmement précis afin éviter les dérives. Il faudra aussi, et c’est une des questions à ne pas oublier, intégrer correctement le fait que lorsque l’on prévoit le recours à des ESSD, surgissent les questions de l’ouverture du feu et de la réciprocité. Ici encore existent des problèmes juridiques très importants puisque l’on ne peut pas faire ni laisser faire n’importe quoi. Il importe donc de mettre en place une loi et des modalités d’application qui permettent de contrôler très étroitement les ESSD pour empêcher les dérives l’on a pu connaître, notamment en Irak avec la société Blackwater. Les actions incontrôlées d’une entreprise de sécurité sont inacceptables et inadmissibles. Mais ce n’est pas parce que une société a complètement dérivé en Irak qu’il faut, pour autant, « jeter le bébé avec l’eau du bain ». L’État aura un rôle très important dans cette exigence de contrôle et de sécurité. J’ajouterai pour ma part qu’en ce qui concerne les militaires que nous avons surentraînés pour remplir un certain nombre de missions, ils se retrouveront de plus en plus jeunes en fin de service sur le marché du travail. Ces ex-soldats d’élite seraient avantageusement accueillis dans des entreprises spécialisées. Cela permettrait aussi de contrôler la fiabilité et la qualité du personnel en évitant l’embauche « d‘enfants perdus » risquant d’être à l’origine de dérives inacceptables. Il faut garder la tête froide et se poser les questions objectivement. C’est l’intérêt de colloques et de réflexions comme celle qui vient d’être menée par le CSFRS. Cela permet de se dire : « On à un problème, il faut que l’on en considère toutes les facettes sans passion, sans idéologie et que l’on essaye d’analyser rationnellement la situation afin de faire des propositions concrètes ». C’est le but aussi des échanges que vous allez avoir, parce que l’on va pouvoir sentir la sensibilité des uns et des autres, comprendre les problèmes posés par les uns et les autres, puis arriver, ensemble, à bâtir un projet acceptable par l’Etat. Cela devra nous permettre de rebondir de manière efficace par rapport à tous nos concurrents internationaux. "

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:55
L'influence, le noble art de l'intelligence économique  : une analyse d'Alain Juillet et Bruno Racouchot

Juin 2013 par Bruno Racouchot - Communication & Influence N° 45

 

La revue Communication & Organisation (Presses universitaires de Bordeaux) consacre son 42ème numéro au thème : La communication, dimension oubliée de l'intelligence économique. Avec Alain Juillet, ancien Haut responsable à l'intelligence économique, nous y cosignons un article portant sur le rôle-clé de l'influence. Car l’intelligence économique et la communication sont deux univers qui, en France, se connaissent mal. Un constat d’autant plus paradoxal qu’à l'origine, la competitive intelligence a pour objet non seulement la recherche et la sécurisation de l’information, mais aussi sa diffusion en interne et en externe, auprès de cibles dûment identifiées.

Cette communication peut se faire ouvertement ou sur un mode plus subtil et transverse, via les stratégies d’influence. Sans coercition, l’influence vise à modifier le paradigme de pensée de la cible, à modifier ses fondamentaux, par la raison ou la séduction. Pour rayonner et influer sur ceux qui nous observent, il faut avoir une identité puissante et assumée, savoir qui l’on est et où l’on va. Ce qui implique de savoir questionner et donner du sens. En s’imposant tout à la fois comme faculté de création - via le questionnement ontologique - et faculté d’action pure dans la guerre économique, l’influence peut légitimement apparaître comme le "noble art" de l’intelligence économique.

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:50
Le rôle négatif du soft power bruxellois dans la démilitarisation de l’Europe

21 juin 2013 par Bruno Racouchot

 

On cantonne bien trop souvent le débat sur l’avenir de la Défense à des considérations budgétaires ou techniques. Le mérite du jeune chef de bataillon Jean-Baptiste Vouilloux est d’aller plus loin et de dégager les racines profondes de cette désaffection des élites européennes à l’endroit de la chose militaire. Dans La démilitarisation de l’Europe, récemment publié aux éditions Argos (sous la direction d’Olivier Zajec, par ailleurs successeur d’Hervé Coutau-Bégarie à l’Ecole de Guerre), Jean-Baptiste Vouilloux ne pratique pas la langue de bois. Entre autres maux, le monde militaire souffre d’une détestation feutrée de l’univers bruxellois. Les représentations mentales que se font de l’armée les hauts responsables européens sont partisanes et détestables. « La plupart des hauts fonctionnaires européens pèchent par manque de convictions dans le sens où ils n’adhèrent pas à l’idée d’une Europe forte militairement. Ce constat peut sembler caricatural mais il est parfaitement illustré par le peu d’appétence dont fait preuve Catherine Ashton, la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères, vis-à-vis de l’Europe de la défense. Il faut dire que son passé de militante pour le désarmement nucléaire ne la prédispose pas à accorder une confiance démesurée aux forces armées. Tous les militaires qui ont servi au sein des institutions européennes à Bruxelles ont pu y constater leur marginalisation, voire le malaise suscité par la simple vue de l’uniforme. »  Lire la suite

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 23:38
La vaguemestre du renseignement US

Nicolas Gros-Verheyde - (BRUXELLES2)

 

La Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité fait apparemment plus confiance aux renseignements US qu’à ses Etats membres. Le communiqué qu’a publié Catherine Ashton vaut d’être cité intégralement. Car il se suffit elle-même…

 

Washington et les “autres”

 

“I saw with great concern the statement released on 13 June by the White House. This presents new indications by the US intelligence services that the Assad regime has used chemical weapons against opposition forces in Syria. This assessment, combined with others that have been circulated, makes even more urgent our repeated calls for an agreement to immediately deploy a UN verification mission to investigate these allegations on the ground.
At the same time, these developments can only reinforce the importance of a political solution and should accelerate the efforts of the international community to find a definitive political solution to the conflict. It is urgent to advance the political process, starting with the convening of the planned peace conference on Syria. The EU will contribute to its success in every possible way.
The next Foreign Affairs Council will examine the overall situation and recent developments in Syria, of which the alleged chemical attacks are an important factor.”

Suite de l'article

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:55
Livre blanc de la défense : le Livre noir du désarmement français

 

23/05/2013 Général Vincent Desportes – Opinions / LaTribune.fr

 

Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale tentait un pari intenable qui n'a pas été tenu : celui du maintien des ambitions (« assumer toutes les missions » - (le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian) avec une baisse sensible des moyens. En partant déjà d'un modèle très dégradé, « à l'os », il était impossible de faire la même chose avec sensiblement moins. Général Vincent Desportes est professeur associé à Sciences Po, ancien directeur de l'Ecole de Guerre

 

Avalé le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale ! Beaucoup d'émotion avant, belle levée de boucliers bipartisane, quelques récris le 29 avril jour de la révélation officielle ... et puis plus rien. L'excellente man?uvre de communication gouvernementale a estompé, puis rapidement fait oublier, que c'était une grave dégradation de la défense de la France et de sa place dans le monde que ce Livre Blanc venait d'acter. Un nouveau mantra, pernicieux, anesthésie le monde de la défense : « Nous avons évité le pire ... »

 

Décrochage stratégique

 

On a d'abord fait craindre l'apocalypse, « le modèle Z », pour que le décrochage apparaisse ensuite comme une bénédiction. Le 29 mars, notre Président s'engage et fait des promesses budgétaires ... qui seront démenties par le Livre Blanc sans que nul ne s'en émeuve. Alors qu'il était impatiemment attendu, le Livre est présenté par le Président au milieu d'un « pont » de Mai, à l'Elysée certes mais juste avant une grande manifestation en faveur des entrepreneurs qui réunit tout le gouvernement ... et qui fera l'ouverture des journaux télévisés. Efficace man?uvre de diversion. Dans le discours même de présentation du ministre, les chefs d'état-major sont nommément impliqués, comme pour contraindre chacun d'entre eux à l'acceptation silencieuse. Le tour est joué. Quelques discours apaisants encore. Nous serons bientôt à l'été dont nous reviendrons pour découvrir une Loi de Programmation Militaire qui entérinera le décrochage stratégique. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. A défaut d'avoir fait les choix indispensables, à défaut d'avoir même sanctuarisé les budgets nécessaires au modèle défini, le Livre Blanc nous réserve probablement l'effondrement que nous croyons avoir repoussé !

 

Depuis plus de deux décennies, la défense de la France se dégrade. Elle se dégrade de manière homothétique sans changer de modèle, celui d'une défense globale pour une puissance à vocation mondiale. Jusqu'ici l'exercice était difficile, mais il semblait possible. Le Livre Blanc de 2008 étirait pourtant déjà le modèle au-delà de ses limites, avec des capacités déconnectées des ambitions affichées. Son image emblématique et caricaturale est celle du porte-avions : à l'instar de cet unique porte-aéronefs auquel on décida alors de ne pas donner de sister-ship, la France avait déjà fait le choix de ne plus pouvoir qu'un peu, et pas tout le temps !

 

Un pari intenable qui n'a pas été tenu

 

Le Livre Blanc 2013, pour sa part, bénéficiait de deux opportunités : celle de « devoir » choisir et celle de pouvoir politiquement s'inscrire en rupture avec les exercices antérieurs. L'occasion était donnée de penser un modèle de défense cohérent et autonome, adapté à notre situation de puissance régionale. C'était possible. Finalement, le modèle proposé n'est qu'une dégradation du précédent sans que sa cohérence ait été reconstruite, sans que notre autonomie stratégique ait été rebâtie.

 

Il fallait choisir. A budget en baisse, avec des coûts d'équipement qui ne peuvent que croître à chaque renouvellement, il était devenu impossible « d'assumer toutes les missions » (1), de préserver un « outil de défense complet ». Un pari intenable qui n'a pas été tenu : celui du maintien des ambitions avec une baisse sensible des moyens. En partant déjà d'un modèle très dégradé, « à l'os », il était impossible de faire la même chose avec sensiblement moins.

 

Les forces conventionnelles, la variable d'ajustement

 

Le premier arbitrage nécessaire concernait l'équilibre à rétablir entre dissuasion et capacités conventionnelles. Fallait-il maintenir à tout prix l'arsenal nucléaire en l'état, planifier même son amélioration, au risque de réduire très fortement nos capacités conventionnelles ? Ou bien fallait-il, à effet dissuasif inchangé, consentir des réductions raisonnables de l'arsenal pour préserver nos capacités d'action classiques, demeurer capables de faire face aux aléas du quotidien, aux guerres que l'on ne choisit pas, aux menaces et catastrophes sur le territoire national ? Réponse claire : pour ne pas toucher au nucléaire - alors même que d'importantes économies peuvent y être faites sans dégrader la dissuasion, cela mérite d'être répété - on fait des forces conventionnelles la variable d'ajustement budgétaire. Jusqu'à la caricature.

 

La France, grand pays de tradition militaire, forte de 65 millions d'habitants, ne sera désormais en mesure de participer à une opération majeure en coalition qu'à hauteur de 15.000 hommes et de 45 avions ! C'est-à-dire rien. Avant le Livre Blanc 2008, nous étions encore supposés nous engager avec 50.000 hommes et 100 avions ; depuis, nous étions tombés à 30.000 hommes et 70 avions. Le fait est là : dans les interventions conventionnelles en coalition, nous sommes revenus à nos capacités de la 1ère guerre du Golfe en 1991, capacités tant vilipendées alors pour leur insignifiance. Au sein d'une coalition, nous n'aurons plus désormais ni effet, ni influence stratégique. Nous ne serons plus à l'avenir qu'un partenaire mineur, une « proxy force ».

 

Une autonomie stratégique fortement dégradée

 

Le deuxième arbitrage relevait du dimensionnement de nos ambitions au regard de nos capacités, puis de l'adaptation de celles-ci aux premières. Ici encore, l'adéquation n'a pas été faite. Un des points positifs du Livre Blanc est d'établir des zones d'intervention prioritaires : territoire national, Europe, Méditerranée, Afrique du Nord et sub-sahélienne. Très bien. Il fallait dès lors doter la France d'une force expéditionnaire solide, en mesure de lui permettre d'exercer ses responsabilités et de protéger ses intérêts dans ces zones prioritaires. Il fallait reconstruire notre autonomie stratégique fortement dégradée aujourd'hui puisque, par manque de capacités de transport stratégique, de ravitaillement en vol, de renseignement et de mobilité opérative (hélicoptères lourds et de man?uvre) en particulier, nous ne sommes plus en mesure de conduire dans la durée que les opérations validées par les Américains. L'autonomie stratégique, la cohérence opérationnelle, sont revendiquées, à raison, tout au long du Livre Blanc, mais ce dernier ne prend pas les mesures indispensables pour les restaurer. C'est même le contraire qui se produit.

 

Les petits programmes condamnés

 

Le Livre Blanc défend l'industrie de défense intelligemment, mais de manière parfaitement théorique. A juste titre, il rappelle l'importance économique et sociale de l'activité industrielle, fait disparaître le concept pernicieux des « cercles technologiques » apparu dans l'exercice précédent, rappelle l'importance de la préservation des technologies clefs, souligne le besoin de financement étatique des recherches amont et la nécessité d'assurer la pérennité des bureaux d'études, ouvre davantage l'industrie au marché du maintien en condition des équipements, prône l'accompagnement à l'exportation. Mais, en même temps, il annonce des diminutions sensibles de cibles et des étalements de programmes.

 

En préservant tous les programmes « à effet majeur », il condamne nombre de « petits programmes » ceux qui assurent justement la « cohérence opérationnelle » revendiquée par ailleurs. La diminution des budgets ne pouvant porter (au moins au début, avant le « pay back » des diminutions d'effectifs) que sur les investissements conventionnels, des calculs simples montrent que ceux-ci, selon les hypothèses, pourraient diminuer immédiatement de 30 % à 40 %. Ce qui condamne pour longtemps ceux qui n'ont pas encore été lancés, dont le programme Scorpion pourtant vital pour l'efficacité des forces terrestres. L'industrie de défense est sanctuarisée théoriquement, mais elle devrait pourtant perdre mécaniquement entre 10.000 et 20.000 emplois, selon le sort réservé à la « trajectoire budgétaire ». Dans cette destruction, l'industrie terrestre et les PME seront inévitablement les premières concernées.

 

Un effort budgétaire de deux à trois milliards d'euros par an

 

Pour que l'on s'en tienne là, encore faudrait-il que les budgets prévus soient bien alloués par la LPM, que les lois de financement soient votées, puis qu'elles soient exécutées. Encore faudrait-il aussi que les fragiles hypothèses de construction ne s'effondrent pas : que la conjoncture économique soit au rendez-vous, que la croissance reprenne, qu'il y ait eu retour à l'équilibre des finances publiques, que l'exportation de matériels majeurs se concrétise enfin, que les frais de démantèlement des infrastructures militaires du CEA ne soient pas imputées au ministère de la Défense... Encore faudrait-il aussi que soient engrangés les six milliards de ressources exceptionnelles nécessaires au respect des engagements budgétaires, ce qui - même sans procès d'intention - est très improbable.

 

Contrairement à ce qui a été dit, l'effort budgétaire devrait se situer annuellement en moyenne entre deux et trois milliards en dessous de ce qu'il était en 2013. En 2019, fin de la LPM, nous serons donc loin du compte. Non seulement le Livre Blanc prévoit d'emblée une diminution de l'ordre du quart de nos moyens d'action conventionnels, mais il porte aussi en lui la certitude de prochaines coupes claires dans les équipements et les effectifs. D'autant que dès la fin de la décennie, si les indispensables décisions ne sont pas prises, les lancements des programmes du « nouveau » renouvellement des armes nucléaire vont venir écraser de leur poids budgétaire ce qui restera encore de nos forces conventionnelles.

 

L'armée de Terre suisse surpassera en format et équipements l'armée de Terre française

 

Le désarmement massif de l'Europe avait fait émerger la « France militaire » et lui avait donné, d'un même souffle, une responsabilité, un rôle et une chance historiques. L'opération Serval au Mali aura été le marqueur de cette brève époque. Avec ce Livre Blanc, nous nous banalisons et perdons cet avantage comparatif majeur. Alors qu'elle est déjà la plus grande puissance économique de l'Europe, l'Allemagne ressort grandie de cet exercice comme sa plus grande puissance conventionnelle ; avant la fin de la LPM, l'armée de Terre suisse surpassera en format et équipements l'armée de Terre française !

 

Façonné d'emblée par les contraintes budgétaires, bâti sur des trajectoires financières ambiguës et incertaines, le Livre Blanc 2013 conduit au déclassement stratégique. Que l'on parle ou non de « décrochage», en une décennie, de 2008 à 2019, les réductions d'effectifs et d'équipements auront affaibli de plus de la moitié nos capacités de combat ! Le modèle proposé constitue une dégradation homothétique du modèle précédent déjà très affaibli. En l'absence de vision et de choix clairs, n'abandonnant rien, il saupoudre les moyens pour donner à la France une armée qui peut de moins en moins dans chacun de ses domaines d'emploi. Il affaiblit partout, sans chercher à rétablir notre autonomie stratégique en comblant les trous capacitaires qui se multiplient, s'agrandissent et la minent. Ce livre noir est celui du désarmement français.

 

(1) : Discours de Jean-Yves Le Drian, Ecole Militaire, lundi 29 avril 2013

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 07:20
Is Cyber War the New Cold War?

 

 

April 19, 2013 By Trefor Moss – thediplomat.com

 

China and the U.S. both want a rules-based cyberspace, but do not see eye to eye. A potentially dangerous Cyber Cold War awaits if they cannot agree on some rules of engagement.

 

Cyberspace matters. We know this because governments and militaries around the world are scrambling to control the digital space even as they slash defense spending in other areas, rapidly building up cyber forces with which to defend their own virtual territories and attack those of their rivals.

 

But we do not yet know how much cyberspace matters, at least in security terms. Is it merely warfare’s new periphery, the theatre for a 21st century Cold War that will be waged unseen, and with practically no real-world consequences? Or is it emerging as the most important battle-space of the information age, the critical domain in which future wars will be won and lost?

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 11:50

http://www.sipri.org/media/logo_web/at_download/file

 

15 avril 2013 Le Vif (Belga)

 

Les dépenses militaires dans le monde ont diminué en 2012 par rapport à l'année précédente, la première baisse enregistrée dans ce domaine depuis 1998, d'après un rapport de l'Institut international de recherche sur la paix (Sipri) rendu public lundi.

 

Ce phénomène s'explique principalement par les coupes opérées dans les budgets de la défense des pays occidentaux, alors que la Chine et la Russie les ont au contraire augmentés, a souligné le Sipri, dont le siège est à Stockholm. "Nous sommes témoins de ce qui pourrait être le début d'un déplacement (...) des dépenses militaires mondiales des riches pays occidentaux vers les régions émergentes", a expliqué Sam Perlo-Freeman, directeur du programme du Sipri sur les dépenses militaires et la production d'armes.

 

"Les politiques d'austérité et le repli (des forces occidentales, ndlr) d'Afghanistan aboutissent à la réduction des dépenses chez les premiers, tandis que les fonds tirés de la croissance économique continuent d'augmenter ailleurs", a-t-il souligné. Hors inflation, les dépenses militaires mondiales ont baissé de 0,5% par rapport à 2011 pour passer à 1.750 milliards de dollars (1.330 milliards d'euros) en 2012, selon le Sipri. Dans le même temps, la Chine et la Russie ont augmenté leur budget de la défense respectivement de 7,8% et de 16%.

 

Dans les régions où les tensions sont traditionnellement fortes, les dépenses militaires sont elles aussi en hausse, comme au Moyen-Orient (+ 8,4%) et en Asie (+ 3,3%). Pour les Etats-Unis, qui passent pour la première fois depuis la disparition de l'URSS, fin 1991, sous le seuil de 40% des dépenses militaires mondiales en raison d'une diminution des sommes consacrées aux opérations de guerre, la chute a été de 6% en 2012, a noté le Sipri, selon lequel cette tendance devrait se poursuivre en 2013. "Tout montre que les dépenses militaires mondiales sont susceptibles de continuer à diminuer pendant les deux à trois prochaines années, au moins jusqu'à ce que l'Otan achève son retrait d'Afghanistan fin 2014", a encore dit M. Perlo-Freeman.

 

"Toutefois, les dépenses dans les régions émergentes vont probablement poursuivre leur hausse, et donc le total mondial remontera probablement après cela", a-t-il ajouté. "Les Etats-Unis et leurs alliés sont toujours responsables de la grande majorité des dépenses militaires mondiales. Les membres de l'Otan ont ensemble dépensé 1.000 milliards de dollars", a relevé M. Perlo-Freeman.

 

Le budget américain de la défense (682 milliards de dollars, 520 milliards d'euros) restait l'année dernière plus de quatre fois supérieur à celui de la Chine, le deuxième du monde (166 milliards de dollars, 127 milliards d'euros, d'après les données du Sipri).

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 10:55

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source spacewar.com

 

15.04.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Les dépenses militaires dans le monde ont diminué en 2012 par rapport à l'année précédente, la première baisse enregistrée dans ce domaine depuis 1998, d'après un rapport de l'Institut international de recherche sur la paix (Sipri) qui sera rendu public ce matin.

 

Ce phénomène s'explique principalement par les coupes opérées dans les budgets de la défense des pays occidentaux, alors que la Chine et la Russie les ont au contraire augmentés.

 

Hors inflation, les dépenses militaires mondiales ont baissé de 0,5% par rapport à 2011 pour passer à 1.750 milliards de dollars (1 330 milliards d'euros) en 2012, selon le Sipri. Dans le même temps, la Chine et la Russie ont augmenté leur budget de la défense respectivement de 7,8% et de 16%. Dans les régions où les tensions sont traditionnellement fortes, les dépenses militaires sont elles aussi en hausse, comme au Moyen-Orient (+ 8,4%) et en Asie (+ 3,3%).

 

Pour lire le résumé du rapport 2012, cliquer ici. Pour accéder à la base de données, cliquer ici.

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:40

USS Enterprise photo US NAVY

 

10.04.2013, Nikita Sorokine - La Voix de la Russie

 

Des experts militaires américains commencent à mettre en question l'efficacité stratégique des groupes de porte-avions. Par contre, les analystes russes trouvent que rien de meilleur n'a été encore inventé dans le domaine non nucléaire pour étaler sa force militaire.

 

L'US Navy, la marine de guerre la plus puissante du monde, compte à l'heure actuelle 11 porte-avions nucléaires super-lourds. Les Américains ont emprunté l'expérience de leur utilisation à la flotte impériale japonaise au cours de la Seconde guerre mondiale pour la développer ensuite. Cependant en 2010 certains stratèges et analystes militaires américains se sont interrogés sur la nécessité d'avoir autant de porte-avions. Robert Gates, le chef du Pentagone à l'époque, a dit que l'argent dépensé à leur construction et à leur exploitation a été jeté par les fenêtres. Les sous-marins russes du projet 670 surnommés « assassins de porte-avions » sont à même de justifier ce surnom. En outre, les porte-avions américains sont menacés par les missiles anti-navires russes Oniks et les missiles chinois Dongfeng.

 

Le centre d'études New American Security a récemment publié un rapport de l'expert Henry Hendrix qui argumentait le vieillissement inévitable et proche de la stratégie fondée sur l'utilisation généralisée des porte-avions. Il est à noter que les analystes russes ne partagent pas les doutes de leur collègue américain. Ainsi l'expert militaire réputé Alexandre Golts a signalé dans un entretien à La Voix de la Russie :

 

Le porte-avions est un moyen évident de ce qu'on appelle power projection, étalage de force. Pendant l'opération en Afghanistan les Américains ne pouvaient pas utiliser des bases terrestres et la composante aérienne de cette opération a été effectuée par l'aviation embarquée. Les porte-avions ont également joué un rôle clé en Irak et en Yougoslavie. Cela veut dire que dans tous les conflits modernes leur rôle était cardinal. Si l'on prend en considération la situation géographique des Etats-Unis, leur rôle dans la politique mondiale, je n'imagine pas une stratégie militaire moderne des Etats-Unis en absence de porte-avions.

 

Il faut tenir compte du fait qu'il s'agit de groupes de porte-avions qui comprennent des sous-marins nucléaires et des navires de surface qui les escortent. Dans les conditions où le budget du Pentagone peut être amputé de 1 % du PIB le secrétaire à la Défense Chuck Hagel acceptera éventuellement de supplanter un groupe. Mais il est peu probable que Washington se décide à des réductions plus sensibles des forces navales. Car comment pourra-t-il renforcer la puissance du contingent américain sur la péninsule coréenne ? Uniquement à l'aide de porte-avions. « Le porte-avions, si vous voulez, est une ambulance de la politique extérieure américaine », résume Alexandre Golts.

 

Les questions sur la valeur stratégique des porte-avions sont liées à plusieurs causes, estime le rédacteur en chef de la revue Exportations des armements Andreï Frolov. Tout d'abord c'est leur coût dans le contexte où des luttes intestines sont menées au sein du Pentagone pour le financement de différentes armes. Ensuite, suppose Andreï Frolov dans un entretien à La Voix de la Russie, il y a des projets de confier aux missiles de croisières et drones, beaucoup moins onéreux, de nombreuses missions réalisées actuellement par les porte-avions.

 

Mais Frolov est d'accord avec Golts, affirmant, lui aussi, que les Américins ne renonceront jamais aux porte-avions.

 

Je pense que la marine fera tout pour garder les onze porte-avions, mais s'il y a réduction, celle-ci ne sera pas radicale. Il s'agira peut-être d'un bâtiment, sinon les Etats-Unis se verraient obligés de reconnaître l'incapacité de maintenir une puissance indispensable dans les régions considérées comme critiques.

 

Le fait que la Russie et la Chine développent leurs propres programmes de groupes de porte-avions est un autre argument en faveur des porte-avions. Il n'y a pas longtemps le commandant des forces navales de Russie l'amiral Viktor Tchirkov a déclaré que dans un proche avenir les sous-marins nucléaires et les porte-avions de génération nouvelle constitueraient la base de la flotte russe. Selon les experts, en vertu de la doctrine militaire russe les porte-avions devront, en premier lieu, assurer la protection aérienne des sous-marins nuclélaires lanceurs d'engins sur leur position en cas d'un besoin militaire. Pourtant, chaque puissance navale a ses propres idées au sujet des porte-avions et il n'y a pas de raison de confronter ces concepts stratégiques et tactiques.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 22:23

http://i3.manchestereveningnews.co.uk/incoming/article2547999.ece/ALTERNATES/s615/PABRITAIN-Thatcher-16066556-2547999.jpg

source manchestereveningnews.co.uk

 

April 9, 2013 by Austin Bay - strategypage.com

 

Everyone who knows that wealth underwrites all security arrangements should appreciate an unadorned but profoundly reverent epitaph for Margaret Thatcher posted this week on a national defense and military history Internet discussion board: "Without her England would have become Greece before Greece became Greece."

 

Her admirer then added, referring to the slanted Thatcher bio pic slapped together in Hollywood, "But no good deed goes unpunished."

 

Like Ronald Reagan, her Cold War contemporary, history will be very kind to Margaret Thatcher. From the 1980s to the 1990s, European and American leftists used the term "Reagan-Thatcher" as a bivalve curse for warmongering and heartlessness. However, current history is demonstrating the strategic genius and, yes, strategic generosity of both leaders.

 

Two weeks ago, when North Korea threatened to strike U.S. territory with missiles bearing nuclear warheads, the Obama administration oh so quietly affirmed the necessity of strategic missile defense. Yet for three decades the American left, from which the Obama administration springs, maligned Reagan's Strategic Defense Initiative (SDI) as warmongering, as lunacy, as anything but what it is for contemporary America: an absolutely vital capability we were wise enough and wealthy enough to build. Strategic defense costs lots of money. However, losing Honolulu, Los Angeles or Austin, Texas, would cost substantially more.

 

Thatcher had a staunch record as a Cold War warrior and played a key role in the demise of the Soviet Union. In 1982 Falklands War, Argentina's economically desperate military junta made the mistake of testing her. They lost. Thatcher knew that winning the Cold War required confidence, staying power and leaders who could convince the Soviets that aggression in Europe would immediately lead to a shooting war they would not win.

 

Thatcher inspired confidence. She understood the moral and economic sources of staying power (more on her economics in a moment). As for convincing, she convinced by word and deed. Defeating the Argentinian invasion required immediate action, which she took. The Soviets watched, aware that the Iron Lady was giving them a dynamic lesson in what to expect if their tank divisions violated the intra-German border.

 

During the so-called 1983 Euro-missile Crisis, she provided another lesson. With steely enthusiasm, Thatcher backed NATO's decision to counter the Soviet deployment of 200 SS-20 theater ballistic missiles in Eastern Europe by deploying U.S. missiles in Western Europe. Communist sympathizers and Western "peace" organizations vilified her and Reagan (no good deed goes unpunished), but the NATO deployment ultimately brought the Soviets to the bargaining table.

 

As for Thatcher's thorough appreciation of the economic source of staying power: She was 20 when World War II ended. It took wealth, a lot of wealth, to create the defense organizations that defeated Adolf Hitler and then shielded the West during the Cold War.

 

She knew, however, that economic productivity fundamentally affects all other aspects of human social and political life.

 

Declining economic productivity degrades human social and political life. If you think otherwise, please consider the country Thatcher's military admirer mentioned in his epitaph: Greece.

 

The Greece 2009-Great Britain 1979 analogy isn't perfect, but it is instructive. Thatcher became prime minister in 1979. The Great Britain of 1979 confronted enormous economic and social problems. Listing them is a litany of the dismal: stagnating and declining industries. High (and increasing) public debt loads. Innovation-crushing tax rates and creativity-sapping bureaucratic regulation. Powerful public sector interest groups -- truly vested interests -- opposed to change that would increase economic productivity and create new wealth.

 

Her critics, many of them sold on communism's inevitable victory, said this was the best Britain could manage, the new normal. It could not be changed.

 

She rejected inevitable decline as what it is, an utterly intellectual dishonest defense of the status quo. Thatcher believed that private-sector commercial creativity, when unleashed, would prove to be Britain's greatest natural resource. Printing presses and central banks do not produce wealth. People produce wealth. People had to produce wealth and create value in order for the government to money to spend -- on anything.

 

Hence one of Thatcher's favorite quips, "The problem with socialism is that you eventually run out of other people's money."

 

Indeed, Greece is learning Margaret Thatcher's quip is no joke. Would that Athens had a leader like her, a prescient, wealth-creating revolutionary. Would that Washington did, as well.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:35

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4e/Carte_de_l%27Afghanistan_FR.png

 

10 April 2013 Ministry of Defence

 

Defence Secretary Philip Hammond has today responded to points made in a House of Commons Defence Select Committee report on Afghanistan.

 

The report focuses on the planned withdrawal of combat troops by the end of 2014 and the transfer of responsibility for security to the Afghan National Security Forces.

 

It also raises concerns that Afghan forces may lack ‘enablers’ like helicopter support and medical care after the drawdown of international forces and calls for the start of an Afghan-led peace process, including the Taliban, before the UK and other forces end operations.

 

Philip Hammond said:

I welcome the publication of this report, which shares our vision of an Afghanistan that can maintain its own security and never again be a safe haven for international terrorism. The fact that Afghan security forces are now leading on more than 80% of all security operations across the country shows we are well on the way to achieving that aim.

 

As part of our enduring commitment to Afghanistan we will continue to support the development of Afghan forces through mentoring and training at the Afghan National Army Officer’s Academy near Kabul. That is in addition to our £70 million commitment to the international fund to sustain the Afghan security forces after 2014.

 

The UK is dedicated to helping the Afghan Government make progress towards a sustainable political settlement and a stable regional environment, and to help the Afghan people build a viable Afghan state.

 

We will continue to support governance and development in Afghanistan through the next decade - with £178 million per year of development aid agreed until 2017 - to ensure that the progress made will not be lost.

Speaking on BBC Radio 4’s Today programme this morning, the Defence Secretary said:

Let’s be clear what we have achieved. We have essentially seen the removal of international terrorists able to use Afghanistan as a base (from which to conduct attacks) and we have created a 350,000-strong Afghan National Security Forces from scratch.

 

Eighty per cent of operations are now led by the Afghans, planned by the Afghans and executed by the Afghans; increasingly the ISAF (International Security Assistance Force) forces in the country are in the barracks as a back-up reserve, with the Afghans actually doing the fighting on the ground. This is very significant progress and we shouldn’t underplay it.

The Defence Secretary later emphasised that:

Turning Afghanistan from a piece of completely ungoverned space with no ability of the government in Kabul to project its authority at all, no security forces to speak of, utterly dependent on short-term Western combat interventions, we’ve now got a situation where international forces are able to draw down, where the Afghan security forces are delivering working security on the ground, and there is an elected government in Kabul with a presidential election due next year which will elect a new one with a different president. I think that’s progress.

On the subject of the possibility of Afghanistan descending into civil war post-2014, the Defence Secretary said:

The report says that they have been offered a range of views about the outcome, from what they describe as the ‘overly optimistic’ to the prospect of degeneration into civil war. And I completely accept that nobody can say with certainty what the future for Afghanistan will be, but what I can say is that the future of Afghanistan will have to be determined by the Afghan people.

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 17:55

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/6/64/Drugroutemap.gif

 

04.04.2013 notes-geopolitiques.com

Abus, menaces, perspectives…

De « la mondialisation heureuse » (Alain Minc) à la « guerre économique mondiale » (Bernard Esambert), la perception de la nature de la mondialisation divise profondément. Ses contours et ses spécificités font l’objet d’études et de débats où chacun s’interroge sur son degré d’intégration spatiale, sur ses mécanismes de gouvernance, sur ses gagnants et ses perdants…

 

Dans son dernier ouvrage paru aux PUF, le criminologue Xavier Raufer en vient aux faits, en analysant les impacts de la « réduction du monde » sur le crime organisé. Trop souvent décorrélée de son visage licite, la mondialisation criminelle transcende elle aussi les frontières tout en s’adaptant sans cesse aux impératifs du réel. Elle constitue une menace en pleine mutation qui investit toujours davantage le champ de l’économie légale. Et dont de nombreux États, entreprises et institutions s’accommodent quand ils ne sont pas directement complices de cette imbrication grandissante des espaces illégaux et légaux. Une clé de lecture indispensable pour la compréhension réelle, et globale, des dynamiques mondiales contemporaines.

 

Pour mémoire, le concept de mondialisation, lorsqu’il apparaît dans les années 1950 dans le vocabulaire économique, désigne l’accélération des flux transfrontaliers et la généralisation du capitalisme libéral à l’échelle planétaire. L’installation pérenne de la mondialisation a été permise dans les années 1980 et 1990 à la fois par les NTIC, qui facilitent techniquement les échanges, et par des politiques de dérégulation caractérisées par une déréglementation et une désintermédiation entre acteurs économiques.

 

La mondialisation – ou « globalisation » (Theodor Levitt) – recouvre aujourd’hui l’ensemble des phénomènes économiques, politiques, culturels ou technologiques induisant « l’échange généralisé entre les différentes parties de la planète, l’espace mondial étant alors conçu en tant qu’espace libre de transaction et de circulation des hommes, des capitaux et des marchandises » (Aymeric Chauprade et François Thual, Dictionnaire de géopolitique, Ellipses, 1998). Avec un revenu net estimé à près de 1 000 milliards de dollars par an, la sphère illégale participe pleinement de ce phénomène.

 

L’économie illicite ou « l’autre mondialisation » 


Schématiquement, la mondialisation économique se caractérise à la fois par une transnationalisation des échanges et par une division internationale du travail. Les organisations criminelles ont su très tôt en tirer profit. Les auteurs du dernier Atlas de la mondialisation précisent que « ces groupes […] forment souvent des réseaux transnationaux plus ou moins puissants, présents sur tous les continents et actifs dans des domaines variés : trafics de drogues, d’armes, d’espèces protégées et de produits toxiques, racket, prostitution et traite humaine, jeux clandestins, contrefaçons, notamment médicamenteuses, etc. »

 

Le trafic des stupéfiants illustre parfaitement l’impact de la mondialisation sur l’organisation de ces flux, de sa production et de sa commercialisation. Comme le rappelle Xavier Raufer, ce marché « est estimé par l’ONU à quelque 320 milliards de dollars par an pour la vente en gros (celle qui enrichit les cartels et mafias). C’est le troisième marché au monde, après ceux (licites) du pétrole (1er) et des armes de guerre (2e) ».


Ainsi, à l’instar de la mondialisation légale, le trafic de la cocaïne repose également sur la division des étapes de production entre différents pays et acteurs, en fonction des avantages comparatifs de chacun. On assiste à la même logique de limitation du coût de la main-d’œuvre et de la production, qui permet d’accroître les profits. Jusqu’aux années 1990, ce sont la Bolivie et le Pérou qui concentrent l’essentiel des matières premières et semi-élaborées (feuilles et pâte de coca), tandis que la Colombie s’occupe à la fois de la production du produit fini (cocaïne) et de son exportation par avion.

 

La vente au détail est quant à elle du ressort de dealers locaux. Durant cette période, la demande est quasi exclusivement nord-américaine. Avec la « guerre à la drogue » de l’administration Reagan qui s’attaque aux zones de production, cette organisation du trafic évolue sensiblement. La décennie 1990 est l’âge d’or des cartels colombiens qui rapatrient alors la culture de la coca sur leur territoire. La répression les oblige néanmoins à se rapprocher des mafias mexicaines, seules à même de garantir la livraison finale par voies terrestres.

 

Effet collatéral du Plan Colombie de 1999, le Mexique va s’imposer progressivement comme l’espace central du trafic. « Les narcotrafiquants colombiens se sont repliés sur les activités de mise en culture et de fabrication de la cocaïne, laissant aux cartels mexicains le transport sur longue distance vers les États-Unis, la vente en gros et au détail« , observe Fabrizio Maccaglia, maître de conférences à l’université de Tours.

 

Les mafieux mexicains s’affranchissent de leurs partenaires en investissant à leur tour dans les laboratoires de fabrication et dans des stratégies de partenariat avec des gangs d’Amérique centrale. Face à un marché qui leur échappe, les Colombiens se reportent alors massivement sur la demande européenne via l’Afrique de l’Ouest – tandis que la consommation de cocaïne est en pleine explosion chez les Émergents.

 

Des mondialisations étroitement imbriquées 


« Il n’existe pas deux mondes, l’un constituant la face cachée et inversée de l’autre, mais un seul et même monde dont les composantes sont intrinsèquement enchevêtrées et solidaires » prévient Fabrizio Maccaglia. Autrement dit, « la mondialisation est un bloc », pour paraphraser Clémenceau à propos de la Révolution.

 

Seules ses formes sont multiples. « Selon le rapport publié en 1999 par le Centre mexicain d’investigations sur la sécurité nationale, si le trafic de stupéfiants était totalement éradiqué, l’économie des États-Unis perdrait entre 19 et 22% [de son volume], et l’économie mexicaine, elle, s’effondrerait de 63%« , rapporte Xavier Raufer en citant le journaliste Luca Rastello. Même s’il paraît difficile de disposer de chiffres précis s’agissant d’économie pour l’essentiel souterraine, les grandes masses donnent le vertige. D’autant plus que, « depuis 1999, les choses ne se sont pas arrangées, loin de là…« .

 

Les liens qui unissent les deux mondes ne sont pas à sens unique. Trois exemples : le blanchiment de l’argent sale, le précédent Philip Morris et la « finance pousse-au-crime« . Dans le premier cas, sur les 300 milliards de dollars générés par le trafic mondial de cocaïne, « 2,6% sont retournés en Colombie et le reste (97,4%) s’est ‘évanoui’, après blanchiment, dans le monde développé. Ce, au profit des mafias, cartels, etc. et de ceux que ces entités criminelles ont corrompus.

 

Ce blanchiment et la réinjection de ces quelque 292 milliards de dollars dans l’économie légitime sont, pour leur plus grande part, l’œuvre des grandes banques occidentales, notamment sur les places financières de Wall Street et de la City de Londres« , s’alarme Xavier Raufer. Et cette réintégration de l’argent sale de s’observer pour l’ensemble de l’activité criminelle. Tout particulièrement en temps de crise, le système bancaire et financier est-il prêt à renoncer à de tels avoirs ?

 

La seconde illustration est symptomatique d’une entreprise légale – Philip Morris – qui aurait laissé s’organiser la contrebande de ses propres cigarettes à destination de l’Europe. Il s’agit ici de toucher sur les deux tableaux en empruntant l’intégralité des voies et moyens de la mondialisation. Dernier exemple : la criminalisation du secteur bancaire et financier. Les fraudes à grande échelle des principales institutions financières, comme en atteste le récent scandale du Libor, s’accumulent sans véritable sanction. Comment l’expliquer ? Absence d’arsenal juridique adéquat ou complaisance politique ?

 

Une économie prédatrice en mutation 


Les secteurs traditionnels de la mondialisation criminelle stagnent, voire reculent. Ainsi en va-t-il du narcotrafic. Cette bonne nouvelle doit être néanmoins immédiatement tempérée. À l’échelle planétaire, la plupart des organisations criminelles opèrent en effet depuis peu de véritables « réorientations professionnelles« .

Raufer observe trois tendances qui devraient s’affirmer à l’horizon prévisible de 2020 :

  • « L’explosion de la fabrication et du trafic des contrefaçons, surtout dangereuses (médicaments, aliments, cosmétiques, pièces détachées, etc.) ; 
  • La rapide migration criminelle du monde réel vers le monde virtuel (cybercriminalité) ;
  • Le pillage des paris sportifs, par corruption ou intimidation« .

La nouveauté réside peut-être ici en ce que ces activités gangrènent directement l’économie légale. Il ne s’agit pas en soi du développement et de la conquête de marchés illicites. En plein essor, le trafic de déchets et de matières toxiques semble ainsi échapper à cette logique et répond à une carence des pouvoirs publics.

 

Il est révélateur « des asymétries (de développement, de réglementations, de capacités de régulation des institutions étatiques…) et des jeux d’interdépendances dans un cadre mondialisé« , estime Fabrizio Maccaglia. Surtout, les acteurs de ce trafic ne sont plus seulement des entités criminelles. L’heure est plus que jamais à l’hybridation entre acteurs légaux et mafias, secteurs licites et activités criminelles. Le corpus juridique, tout comme les capacités de répression (polices, douanes, armées, etc.), restent largement à réinventer pour faire face à des menaces mutantes qui se jouent des frontières et des règlements.

 

Pour sa 5e édition, le Festival de géopolitique & géoéconomie de Grenoble, qui s’ouvre ce 4 avril 2013, place au centre de sa réflexion ce visage méconnu de la mondialisation et ses évolutions. L’enjeu est de taille car il s’agit à la fois de mieux comprendre la marche du monde et de s’y intégrer pleinement tout en se prémunissant de ses dangers et excès.

 

Les réponses ne seront pas évidentes. Mais le risque est réel. En conclusion de la Géostratégie du crime, François Thual nous alerte : « Les puissances criminelles fermement ancrées territorialement dessinent une nouvelle forme de tyrannie susceptible de cancériser la planète et de dynamiter tous les progrès de la démocratie depuis deux cents ans. »

Pour aller plus loin
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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 18:55

BPC Dixmude crédits DCNS

 

29.03.2013 Le Fauteuil de Colbert

 

Les travaux préparatoires du livre blanc 2012 -devenu livre blanc 2013- et les joutes budgétaires entre ministères et Armées, ont été l'occasion d'assister à des affrontements féroces et fratricides.


De l'ensemble de ces escarmouches, il ressort des constats profonds et des questions essentielles. Rien n'est dit explicitement, paradoxalement : alors même que ces luttes se font sur la place publique, les vrais enjeux ne sont pas lâchés en pâture à la lumière.


Cela n'empêche pas que la France a suivi un long cheminement depuis la fin de la Guerre froide. Elle en est aujourd'hui au devant d'un tournant historique où le choix de la Mer est possible.

 

Mais l'on constate alors de farouches résistances à un tel choix : surtout du côté de l'Armée (de Terre) qui est historiquement la priorité budgétaire de la France (sauf pendant l'effort naval d'avant la guerre d'Indépendance américaine ?). Qui plus est, ce réflexe de survie semble se produire à un moment où, si l'outil est efficace, il se doit de se renouveler et de renverser des logiques d'organisation et de fonctionnement d'un autre temps.

 

Le monde a évolué depuis que le mur de Berlin s'est effondré en 1989. Les années qui suivirent ont vu une lente reconfiguration de la situation sécuritaire en Europe : les menaces aux frontières continentales françaises en Europe se sont effondrées. Même les guerres qui ont suivi la désagrégation de l'ex-Yougoslavie procédait d'une logique expéditionnaire, et non plus de défense aux frontières.

C'est presque 24 ans plus tard que le bascule entre la phase précédente et la nouvelle pourrait se faire.

Le livre blanc de 1994 entérine timidement une partie des changements qui sont intervenus (l'exercice de la deuxième guerre du Golfe, l'adaptation de la dissuasion et la professionalisation. Entre parenthèses, il faut dire que cette "transformation" en a été une surtout pour l'Armée de Terre car les deux autres Armées sont historiquement des armées de professionnels : c'était la remarque d'un certain Paul Reynaud en 1937 dans "Le problème militaire français". Le livre blanc de 2008 confirme un modèle militaire expéditionnaire.

 

De manière formidable, et c'est assez rare pour être souligné, une potentielle accélération de l'Histoire s'est produite avec l'élection présidentielle de 2012. Loin de la question des couleurs et des programmes, c'est la composition de ce gouvernement qui est intéressante. Et plus que ses membres, c'est son équilibre géopolitique qui est remarquable. "Les mêmes soulignent que le «tropisme breton» - partagé non seulement par le ministre de la Défense, mais aussi par le Premier ministre, le ministre des Transports et la présidente de la Commission de la défense de l'Assemblée nationale". C'est ce pôle politique qui peut potentiellement peser sur les grandes orientations de la Défense nationale qui est intéressant car géopolitiquement, il est aussi cohérent qu'il est tourné vers la mer. Et cet ensemble "contribue aussi à réveiller une classe politique française majoritairement ignorante des enjeux de la mer et de la maritimisation des économies modernes" (citations de cet article du Télégramme).

 

Si l'on se plait à calculer que le budget militaire français ne cesse de s'éroder depuis 1945, peu de personnes ose ajouter que, depuis cette année fatidique, la hiérarchie des Armées n'avait jamais été remise en cause ! L'Armée (de Terre) possède depuis 1945 le premier budget et les deux autres Armées suivent. Il est bon de rappeler que l'amiral Castex concluait dans les années 30 à la nécessité de développer en priorité l'Armée. C'était en cela très normal comme choix stratégique puisque la France était menacée en ses frontières continentales d'Europe, jusqu'à la fin de la Guerre froide.

 

Il en ressort qu'accepter la géographie de son pays n'est pas une chose si aisée. Bien des personnes se complaisent à croire que la France est un hexagone. D'autres répondent que les “territoires français d'Europe” forment, effectivement, une telle figure géométrique à six côtés. Mais, poussant plus loin le regard sur la carte, ils ne peuvent s'empêcher de montrer que la France est un Archipel présent sur tous les océans ou presque (manque l'Arctique), sur tous les continents ou presque (manque l'Asie)

 

Dès lors, il s'est avéré que la Marine nationale est devenue la première force armée garante de l'intégrité territoriale de la France.

 

Un Etat qui se trouve donc confronté à une telle configuration géographique peut laisser sa puissance s'exprimer sur l'Océan. Cela lui permet de soutenir un expansionnisme économique (qu'une très grande partie de la classe politique française appelle de ses voeux) mondial. Mais il en découle des problèmatiques typiques de la guerre navale, comme la guerre des communications, ou la préservation d'intérêts nationaux de par le monde.

 

Olivier Kempf le relève dans son dernier ouvrage ("Géopolitique de la France : entre déclin et renaissance", éditions Technip) : la France n'a pas eu le destin maritime qu'elle devait avoir car la défense de ses frontières continentales passait avant toute aventure en mer. Mais maintenant que la France est l'Archipel et que c'est en mer que l'on trouve les limes de la Défense nationale ?

 

Le pôle maritime dans le gouvernement veut profiter de cette configuration stratégique. Par exemple, le nouveau ministre de la Défense est venu avec une conviction : lors du dernier salon Euronaval "Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire » (citations de cet article du Télégramme). Cette petite phrase illustre à elle seule la mesure du changement d'orientation stratégique qui pourrait potentiellement se produire. L'outil de Défense pourrait évoluer en conséquence.

Ce mouvement ne peut se faire que de deux manières :

  • soit une augmentation du budget des Armées (c'est exclu actuellement), 
  • soit un rééquilibrage du budget de la Défense via de nouvelles priorités.


Aujourd'hui donc, il se posait deux questions au gouvernement :

  • maintenir un effort militaire moyen comparable à ce qu'il se fait aujourd'hui (trajectoire Y),
  • ou bien d'accepter un déclassement stratégique (trajectoire Z).

Le gouvernement a tranché, ce sera la trajectoire Y.

Entre parenthèse, politiques et militaires ont été confrontés à la troisième voie : c'est-à-dire que le ministère des finances leur a expliqué que le budget de la Défense pouvait être aussi significativement réduit. Une chose est intéressante à relever dans cette courte phase. La classe politique, en réaction aux signaux lancés par les officiers généraux quand au risque certain d'un déclassement stratégique de la France après pareil décision, s'est lancée dans une Union sacrée ponctuelle. Les deux partis de gouvernement, et peut être plus encore, ont réaffirmé ensemble leur ambition d'une France qui pèse stratégiquement. On pourrait même expliciter la chose en disant qu'ils ambitionnent une France qui mérite son siège au conseil de sécurité des Nations Unies. 

 

Il n'en demeure pas moins que le ministre de la Défense veut que la Marine nationale soit la priorité budgétaire afin de soutenir cette expansion navale française dans le contexte de la maritimisation des économies du monde.

 

Bien entendu, et comme François Géré nous invite, lui parmi d'autres, à le faire, il ne faut pas sacrifier l'excellent outil (mais largement perfectible) qu'est l'Armée de Terre.

Le stratège naval le plus présent dans les esprits actuellement, Sir Julian S. Corbett, conçoit une stratégie navale qui pourrait se résumer à : maîtriser les communications (maritimes) afin de pouvoir projeter une force terrestre sur les points faibles du dispositif adverse.

 

La question du format de l'Armée de Terre est donc posée. Elle s'est transformée en force expéditionnaire de 1994 à aujourd'hui, et l'a plutôt bien fait. Les récentes opérations extérieures en Afrique ont posé plusieurs questions.


Au Niger, il était question de montrer que le prépositionnement des troupes était essentiel pour la projection des forces. De là il a été avancé que le tryptique diplomatie de défense/Sea basing/préspotionnement des forces était une formule assez juste pour concentrer nos forces et générer des forces coalisées de circonstance : les crises maliennes et centrafricaines en sont les parfaits exemples.


Plus largement, il est question d'adapter les structures de l'Armée de Terre qui sont héritées d'une armée de défense continentale. Bien des auteurs, en particulier Benoist Bihan (ses nombreux articles dans DSI), les colonels Goya et Dupont (" L'armée de terre : un outil coûteux, marginalisé, en perte d'efficacité") proposent de revoir de fond en comble ses structures pour achever la transformation expéditionnaire de l'Armée de Terre.

 

Mais dans un tel schéma, il s'agit de poser aussi la question du format de la Marine. La vraie question, c'est est-ce que la nouvelle configuration stratégique française, que l'on nomme de plus en plus "Archipel France", exige une Marine plus forte ? Et surtout, si la réponse était oui, est-ce que nous sommes prêts et capables d'agir en conséquence ? Concrètement, est-ce que la France est prête à inverser la priorité budgétaire entre les budgets de l'Armée de Terre et de la Marine ?

Les défenseurs de la puissance terrestre répètent à l'envie que les guerres se gagnent à terre. Mais l'oeuvre de Corbett est là pour démontrer que c'est une équation tronquée : si l'on n'est pas puissant sur mer alors on ne tire pas parti du résultat des guerres, on ne sait les prévenir ni même les gagner.

C'est pourquoi l'équation budgétaire est particulièrement difficile entre une Marine qui sera certainement développé à la hauteur des défis de la maritmisation des économies mondiales et de l'Archipel France. Mais pour exploiter ses avantages, il sera impératif de disposer d'une Armée de Terre efficace, même si son format sera encore réduit.

 

Pouvons-nous encoreéchapper à ce destin maritime ?

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 13:50

Europe Flag

 

31 mars 2013 par Jean-Baptiste Vouilloux - actudefense.com

 

En plein débats budgétaires en France, qu’en est-il de nos alliés européens ? La crise entraîne de graves conséquences pour la quasi-totalité de ces Etats, dont la plupart a entamé un virage en 2009, réduisant leurs dépenses de Défense de manière drastique.


Lors d’un entretien avec un journaliste, Etienne de Durand, spécialiste français des relations internationales, constatait qu’« à l’échelle du monde, le seul continent qui désarme avec constance depuis vingt ans, c’est l’Europe ! ». De prime abord, cette opinion semble exagérément pessimiste, surtout si l’on se cantonne au domaine budgétaire : entre 2001 et 2010, les États membres de l’Union Européenne ont augmenté leurs dépenses militaires de 28 milliards de dollars. De même, l’addition des budgets de défense de ces mêmes États membres représente encore environ 200 milliards de dollars, certes derrière les États-Unis mais loin devant la Chine. De plus, en 2010, le Royaume-Uni et la France figuraient toujours dans le classement des cinq premières puissances mondiales en termes d’investissements de défense. Cependant, si l’on se réfère aux données budgétaires de ces vingt dernières années à l’échelle européenne, on observe un véritable tournant en 2009.


Chaque année, le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) publie un recueille de données sur les investissements de défense au niveau international. La version éditée en 2011 porte sur l’année 2010 : elle révèle que l’Europe est le continent où les dépenses militaires ont le plus baissé par rapport à l’année précédente (-2,8%). De plus, elle permet de constater une vague de coupes budgétaires drastiques dans certains pays, avec une réduction atteignant parfois un quart des budgets de défense : c’est le cas de la Bulgarie (-27%), de la Lettonie (-26%), de l’Estonie (-23%) et de l’Albanie (-20%).

 

Cette même année, quatre autres pays ont réduit de plus de 10% leurs dépenses militaires : la Slovaquie (-17%), la Lituanie (-15%), la Grèce (-11%) et la Hongrie (-10%). Ce rapport du SIPRI représente donc un intérêt certain car il offre un bon aperçu des conséquences immédiates de la crise économique de 2008 : la version éditée en 2012, sur les budgets de 2011, présente d’ailleurs les mêmes tendances. Plus récemment, l’Agence Européenne de Défense (AED) a diffusé une étude qui décrit en détail le paysage de la défense en Europe, afin d’effectuer un état des lieux et d’en tirer des conclusions. Ce document propose une description des tendances observées de 2010 à 2012 et souligne que, sur cette période, 21 des 27 États membres de l’UE ont baissé, ou simplement maintenu, leurs budgets de défense : parmi eux, sept ont consenti des baisses de plus de 10 %. Ces données chiffrées sont certes éloquentes mais ne constituent qu’une vision à court terme, trop limitée pour en conclure à un désarmement européen.

 

Malgré de vraies ambitions stratégiques, la République tchèque a consenti une baisse de 10% de son budget de Défense. ©US Army / Sean P. Casey

Malgré de vraies ambitions stratégiques, la République tchèque a consenti une baisse de 10% de son budget de Défense. ©US Army / Sean P. Casey

 

L’étude commandée par le Parlement européen, en 2011, est plus révélatrice. Cette institution a souhaité déterminer les conséquences de la crise financière sur les dépenses de défense au sein des États membres de l’Union européenne. Elle confirme que quasiment tous les pays européens ont été affectés par des réductions budgétaires ou font l’objet de réductions programmées. Ainsi, les plus importants n’ont pas été épargnés, à savoir le Royaume-Uni (-8% prévus sur le budget militaire entre 2011 et 2014) ou l’Allemagne (8,3 milliards d’euros d’économie prévus entre 2011 et 2013). Par ailleurs, il apparaît que les puissances militaires moyennes poursuivent leurs réductions budgétaires progressives comme l’Espagne (-6,2% en 2010 et -7% en 2011) ou la République Tchèque (-10% en 2011). Enfin, certains pays particulièrement touchés par la crise initient des coupes sombres comme la Grèce (-19% en 2011) ou la Roumanie (-17 % en 2011). Si la France, la Pologne, le Danemark et la Finlande parviennent péniblement à maintenir leurs budgets respectifs, seule la Suède planifie une hausse substantielle de son budget de défense jusqu’en 2015.

 

Toutes ces données sont soumises à des évolutions constantes et ne prennent pas en compte les développements récents de la crise de la zone euro. Mais le rapport du Parlement européen propose surtout une analyse des causes de ces réductions budgétaires. Sans surprise, la crise économique est montrée du doigt : elle a frappé de plein fouet l’Europe en 2008, provoquant une hausse des dettes publiques et une instabilité financière. Lucidement, les auteurs du rapport soulignent que les nations européennes sont condamnées à effectuer des économies sur leurs dépenses publiques afin d’éviter une banqueroute.

 

Naturellement, les budgets militaires ne sont pas épargnés par ces mesures d’économie : au contraire, ils servent souvent de variable d’ajustement par rapport à d’autres budgets jugés plus sensibles ou prioritaires. Le rapport estime aussi que les gouvernements seront soumis à des pressions budgétaires jusqu’en 2030. En effet, deux décennies seront nécessaires pour retrouver des niveaux de dette acceptables, d’autant plus que les pays européens connaîtront simultanément un vieillissement de leur population, dont les conséquences économiques seront lourdes.

La récente baisse généralisée des budgets de défense est donc assez spectaculaire pour motiver les inquiétudes du Parlement européen. Mais ce sont bien les perspectives à long terme qui sont alarmantes car il faut s’attendre à la poursuite de cette dynamique générale. À titre d’exemple, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) encourage ses membres à consacrer 2% de leur Produit Intérieur Brut (PIB) aux dépenses de défense. Or, il est probable que cet objectif apparaîtra bientôt comme une ambition irréalisable. En 2010, seules la France (2%), la Grande-Bretagne (2,7%) et la Grèce (2,9%) respectaient cette règle.

 

La démilitarisation de l'Europe. ©Argos

La démilitarisation de l’Europe. ©Argos

Extrait de : La démilitarisation de l’Europe
Jean-Baptiste Vouilloux
Editions Argos
Mars 2013
145 pages
12 €

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