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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:53
CBA Vouilloux : « La démilitarisation de l’Europe est suicidaire »

 

30 mars 2013 ActuDéfense

 

Le chef de bataillon Jean-Baptiste Vouilloux, à l’occasion de la sortie de son ouvrage « La démilitarisation de l’Europe », a répondu aux questions d’ActuDéfense. Il rappelle que ses propos n’engagent que lui et en aucun cas l’institution militaire.

 

ActuDéfense : Vous décrivez dans l’ouvrage que vous venez de publier, « La démilitarisation de l’Europe », le processus par lequel nos pays ont progressivement réduit leurs budget de Défense. Quels ont été les grands moteurs de cette démilitarisation ?

 

CBA Jean-Baptiste Vouilloux : Depuis 2009, les Etats membres de l’Union européenne réduisent leurs budgets de défense avec constance et détermination : de 2010 à 2012, 21 des 27 Etats membres de l’Union Européenne ont baissé, ou simplement maintenu, leur budget de dépense. Parmi eux, 7 ont consenti des coupes de plus de 10%. A l’inverse, les dépenses militaires augmentent sur tous les autres continents : il existe donc un particularisme européen dont je tente de comprendre l’origine dans ce livre.

 

Bien évidemment, la crise financière de 2008 a accéléré cette dynamique de démilitarisation, mais celle-ci puise ses racines beaucoup plus profondément. En effet, les populations européennes, martyrisées par deux guerres mondiales, ont voulu conjurer une Histoire belliqueuse et meurtrière. La construction européenne s’est donc bâtie sur un projet profondément idéaliste, visant à bannir les rapports de force dans les relations internationales. Cette démarche fut un succès, puisque l’Europe a connu la plus longue paix de son histoire (à l’exception notable des Balkans).

 

Par ailleurs, les institutions militaires européennes ont été profondément ébranlées, et remises en cause, par les mutations sociétales des années 1960. Enfin, la disparition de la menace soviétique et la conviction que les Etats-Unis protègent l’Europe ont renforcé le sentiment diffus que, finalement, les armées ne servaient plus à grand-chose. Volonté de sortir de l’Histoire, éloignement de la guerre, culte du soft power, déresponsabilisation stratégique, tous ces ingrédients expliquent qu’en période de crise économique, les budgets de défense sont les premiers sacrifiés en Europe.

 

Les Européens ont-ils tous la même approche de cette question ? Suivent-ils tous cette même tendance dans les mêmes proportions ?

 

Au-delà de ces facteurs communs, les pays européens traduisent différemment cette démilitarisation. En simplifiant beaucoup, et au risque de paraître caricatural, la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, à l’exception de la Pologne, pratiquent la politique du moindre effort en termes de défense et appuient leur stratégie sur le bouclier américain. D’autres pays (Grèce, Espagne, Portugal), littéralement asphyxiés par la crise économique, n’investissent plus dans leur défense et sacrifient des pans capacitaires complets. Par ailleurs, des Etats comme les Pays-Bas, l’Autriche ou la Belgique, tâchent encore de participer aux coalitions internationales mais ont quasiment renoncé aux capacités conventionnelles de haute intensité.

 

Quant à l’Allemagne, elle aurait les moyens de devenir la première puissance militaire européenne (nucléaire exclue) mais s’y refuse politiquement. Enfin, la Grande-Bretagne et la France, qui peuvent encore aspirer au statut de grande puissance militaire, sont soumises à des pressions budgétaires qui les contraignent à reconsidérer leur niveau d’ambition. On le voit donc, à des degrés divers, tous les Etats membres de l’Union Européenne sont touchés par cette dynamique de fond : il n’y a guère que la Suède qui envisage d’augmenter son budget de défense dans les années à venir.

 

Vous sous-titrez votre ouvrage « un suicide stratégique ? », laissant supposer par ce point d’interrogation une incertitude. Pourquoi ce terme et qu’est-ce qui vous laisse penser que cette tendance à la démilitarisation est un processus dangereux ?

 

La mondialisation correspond à une ouverture économique et culturelle, mais n’a en rien éradiqué les rapports de force dans les relations internationales, bien au contraire. C’est fort de ce constat que les puissances émergentes investissent massivement dans le secteur de la défense. Ce décalage entre l’Europe et le reste du monde est d’autant plus préoccupant que notre proche périphérie est hautement anxiogène : qu’il me suffise d’évoquer les conséquences incertaines du printemps arabe, l’implosion de la Syrie, les risques d’escalade entre l’Iran et Israël, sans parler des rodomontades russes. Par ailleurs, absorbés par leur nouvelle stratégie asiatique, les Etats-Unis se désengagent sensiblement de cette partie du monde et il n’est pas certain qu’ils garantissent notre sécurité ad vitam aeternam. Dans ce contexte, la démilitarisation de l’Europe est suicidaire et j’assume la violence de ce terme. Pour autant, j’utilise le point d’interrogation car je suis convaincu qu’il n’est pas trop tard. En effet, l’extraordinaire patrimoine militaire de l’Europe ne sera pas effacé d’un trait de plume. De plus un nombre croissant de penseurs et de décideurs politiques prennent conscience de ces enjeux et comprennent que les Européens ne seront plus capables de défendre leurs intérêts en poursuivant sur cette voie.

 

Beaucoup considèrent que les mutualisations et les coopérations européennes constituent l’unique solution pour remédier à cette pression budgétaire qui touche de plein fouet les budgets de défense. Qu’en pensez-vous ?

 

Puisque les Etats membres de l’Union Européenne n’ont plus les moyens de financer leurs outils de défense, autant mutualiser : c’est le fameux « Pool it or loose it » évoqué par Catherine Ashton. L’équation est séduisante… mais un peu simpliste. En effets, les projets de coopération trop ambitieux fonctionnent mal car les programmes strictement nationaux ont l’avantage de préserver les intérêts industriels des Etats. De plus, quand trop de pays sont impliqués dans un programme, les exigences de chacun et les différentes versions développées entraînent du retard et des surcoûts, c’est-à-dire l’inverse de l’effet recherché. En fait, pour l’instant, les programmes de coopération qui marchent vraiment impliquent un petit nombre de pays aux ambitions semblables, et sur des capacités qui n’impactent pas leur souveraineté. Quant aux unités multinationales, elles se heurtent aux différences de culture et aux divergences politiques des gouvernements concernés. Les Européens seront mûrs pour des grands projets de mutualisation quand ils développeront une vision stratégique commune et rationaliseront leur industrie de défense à l’échelle européenne, ce dont on est encore loin.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 11:45

Opération Serval - Secteur Sévaré Mopti, le 22 janvier 2

 

02.04.2013 par Henri Weill - Ainsi va le monde

 

Laurent Fabius sera auditionné aujourd'hui à 17h, par la commission des affaires étrangères du Sénat. Il pourrait y être interrogé sur la série de mutations de diplomates (liés au dossier Afrique) enregistrée depuis l'automne dernier. Il y eut Elisabeth Barbier, responsable de la direction Afrique-Océan Indien puis, plus récemment, le numéro deux de cette direction Laurent Bizot qui « a été prié » de cesser ses fonctions. De même que l’ambassadeur Jean-Félix Paganon, représentant spécial du ministre des affaires étrangères pour le Sahel (nommé depuis ambassadeur au Sénégal). Que leur reproche-t-on ? Une trop grande liberté de ton ? Une incompatibilité d’humeur avec le ministre ? Auraient-ils commis des erreurs d’appréciation sur le dossier malien ?  Emmanuel Dupuy, qui préside l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), think tank spécialisé sur les questions géopolitiques revient sur ce « rififi » au quai d’Orsay et plus généralement sur le dossier malien.

 

 

A lire ICI.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 13:55

Opération Serval - Secteur Sévaré Mopti, le 22 janvier 2

 

27.03.2013 Olivier Zajec - Chargé d’étude, Institut de Stratégie et des Conflits (ISC) - Défense Globale

 

Le Mali, où l’armée française intervient actuellement avec une efficacité unanimement reconnue, restera-t-il dans l’histoire comme le chant du cygne de notre outil de défense ?

 

A partir d’un certain seuil budgétaire, il serait en effet puéril de se cacher derrière les mots : une armée de terre – dernier " escalier social " fonctionnant encore en France - qui perd trente régiments, une marine incapable de maintenir une présence effective dans les DOM-COM, une armée de l’air bientôt moins dotée que celle de Singapour : le désinvestissement cataclysmique qui s’annonce désarticulera ce qui subsistait d’un outil dont les dégraissages des années 2000 avaient déjà entamé la cohérence.

 

La non-syndicalisation des militaires a longtemps caché l’intensité disciplinée des efforts qu’ils ont consentis sur le long terme, en tant que variables d’ajustement d’autres priorités administrativement mieux défendues. Le ministère de la défense, qui a montré l’exemple au reste de la fonction publique lorsqu’il s’est agi de réduire les effectifs (plus de 50 000 hommes " disparus " durant le dernier quinquennat), de mutualiser les capacités en interarmées et d’étaler ses commandes, le tout sans drames trop visibles, ne peut, en ce début d’année, que constater le désarroi général de ses personnels.

 

La crédibilité du " triangle stratégique "


Compte tenu de cette situation préoccupante, que penser de la crédibilité future de notre posture de défense ? Considérons la relation entre trois variables : la stratégie déclaratoire, la stratégie opératoire, et la stratégie des moyens de la France de 2013.

 

- La stratégie déclaratoire correspond à la formalisation des objectifs nationaux : intérêts vitaux, lignes rouges, territoires défendus, valeurs promues, modèle soutenu, alliances privilégiées par la France. On la trouvera dans le Livre blanc publié en avril ;

 

- La stratégie opératoire est du domaine proprement militaire. C’est la mise en œuvre de la stratégie déclaratoire, selon une doctrine, des modes d’action et une pratique de la coopération interarmées et interalliés propre à la France. On la trouve dans les documents conceptuels des armées, et on en constate le résultat sur le terrain (opérations récentes en Libye, en Afghanistan, au Mali) ;

 

- La stratégie des moyens correspond aux capacités acquises pour que la stratégie opératoire soit en mesure de répondre à la stratégie déclaratoire nationale qui la surplombe. Elle se reflète dans la Loi de programmation militaire (LPM) et dans le niveau du budget de la défense.

 

Le rapport entre ces trois variables dessine un triangle stratégique qui détermine la "configuration de crédibilité" de chaque pays.

 

De ce point de vue, le cas français apparaît désormais plus que préoccupant à nombre d’analystes. La vérité est que le ministère de la défense doit aujourd’hui assumer une stratégie déclaratoire extrêmement ambitieuse avec une stratégie opératoire en surchauffe, et une stratégie des moyens anémique. L’une des pointes du triangle stratégique – celle du verbe et de l’incantation – s’est tellement étendue par rapport à son centre de gravité que les deux autres sommets – celui des moyens et celui des savoir-faire opérationnels, sous-financés – ne forment plus entre eux qu’une base réduite par rapport à l’ensemble. On peut craindre que la prochaine étape ne soit celle du vacillement de ce triangle démesurément étiré, et du dépôt de bilan consécutif de la position diplomatique française.

 

Si la France veut conserver sa crédibilité dans un monde agité et qui réarme – ceci dans un contexte de crise économique propice à toutes les déstabilisations – il semble nécessaire de rééquilibrer, ou tout au moins de ne pas laisser trop dériver le rapport de proportion entre ces trois variables. Ce qui sera difficile en dessous de 1,5 % du PIB consacré à la défense, frontière qui empêcherait toute "remontée en puissance" future.

 

Intervenir partout où cela sera nécessaire ou juste possible ?


Il existe certes une alternative : abaisser le niveau des ambitions internationales de la France, assumer un déclassement déjà reflété par nos moyens essoufflés, et appliquer le théorème de Morley  à notre " triangle stratégique " en le ramenant à une équilatéralité de troisième division, selon un rapport équilibré, mais dans la médiocrité.

 

Les " réductions homothétiques " incessantes trouveraient là une justification géométrique élégante. Il est après tout froidement envisagé par le ministère du Budget une aviation de combat échantillonnaire (225 Rafale, ce qui compte tenu de l’attrition et des indisponibilités, nous interdira bientôt " d’entrer en premier " sur les théâtres) et une armée de terre réduite à une division opérationnelle moins bien équipée que l'armée turque, ce qui rendrait impossible deux opérations simultanées d’interposition, alors même que le Premier Ministre vient de s’engager devant l’Assemblée à continuer d’envoyer nos forces " partout où cela sera nécessaire ". Tirons donc les conséquences diplomatiques des choix envisagés : " partout où ce sera possible " serait plus juste.

 

Le vieux tronc séculaire abattu et la hache reposée à Bercy, deux questions subsisteront néanmoins. La première : n’existe-t-il pas dans l’Etat des ministères moins vertueux, plus conservateurs et moins efficaces qu’un ministère de la Défense déjà " optimisé " au-delà du raisonnable, et dont l’actualité démontre s’il le fallait l’utilité fondamentale ?

 

La deuxième question, aussi essentielle, est encore plus dérangeante : quel décideur, dans le monde où nous vivons, souhaite assumer pleinement le risque politique, le discrédit stratégique, le gâchis industriel et la responsabilité devant l’histoire d’un renoncement d’une telle ampleur ?

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 10:42

Patricia Adam source Ouest-France

 

Mars 2013 - Communication & Influence N° 42

 

Députée du Finistère et élue du grand port militaire de Brest, Patricia Adam est la présidente de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée nationale. À l'heure de la publication du nouveau Livre blanc, où la France est engagée avec Serval dans une opération extérieure (Opex) d'envergure au Mali, où des menaces protéiformes se multiplient sur un horizon incertain, bien des questions se posent sur la part respective des armes du soft et du hard power dans notre stratégie de Défense d'aujourd'hui et surtout de demain.

 

Comme l'avait fait en son temps dans nos colonnes M. Guy Teissier, son prédécesseur à la présidence de cette commission (Communication & Influence, septembre 2010), Patricia Adam a très aimablement reçu Bruno Racouchot, directeur de Comes Communication, pour livrer sa perception des enjeux présents et à venir. À ses yeux, en matière de Défense, il ne peut y avoir d'influence sans un solide socle de hard power : "Pour notre pays, croire que le soft power remplacera le hard power dans notre capacité d'influence, ce n'est pas seulement une illusion, c'est une erreur stratégique."

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 18:55

drapeaux-de-l-otan-de-la-france-et-de-l-union-ue defense go

 

25.03.2013 Camille Grand (Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique) - LE MONDE

 

Alors que le conflit au Mali rappelle à la fois la permanence des risques à proximité de l'Europe et l'excellence des armées françaises qui ont démontré leur professionnalisme, les arbitrages budgétaires en cours vont définir l'ambition stratégique de notre pays.

 

Après deux décennies de réduction des formats des armées et de restructurations, la défense ne représente plus que 1,5 % du PIB et 10 % du budget de l'Etat, niveau sans précédent historique.

 

Même si le redressement des finances publiques est un objectif stratégique, la pertinence de nouvelles réductions affectant la défense se pose en termes crus. Si le scénario le plus sombre est retenu, la réduction durable de notre budget de la défense de plus de 10 % (le passage de 32 milliards d'euros à 28, suivi par un gel de ces crédits pour une période indéterminée) aurait des effets allant bien au-delà d'une baisse de 10 % de nos ambitions.

 

Une telle décision mènerait la France sur un chemin déjà emprunté par la grande majorité de nos partenaires européens : la perte progressive de toute pertinence stratégique et la découverte à l'occasion de prochaines opérations que nous ne sommes plus en mesure de remplir tout ou partie des missions assignées par le pouvoir politique, les ruptures capacitaires dont plusieurs sont déjà bien identifiées ou programmées (transport stratégique, ravitaillement en vol, drones) s'additionnant jusqu'à l'impuissance.

 

Sur le plan diplomatique, un tel basculement nous verrait perdre notre capacité à entraîner nos partenaires européens dans la construction de l'Europe de la défense et l'évolution de l'OTAN ou à nous poser en partenaires stratégiques des Etats du Golfe ou des grands émergents.

 

Sur le plan militaire, la France renoncerait à assumer un leadership dans des opérations alors que nos alliés américains sont désormais focalisés sur l'Asie-Pacifique et ne veulent plus intervenir en première ligne.

 

Sur le plan industriel, des coupes claires dans l'investissement de défense fragiliseraient une industrie exportatrice qui est un des derniers pôles d'excellence français et qui compte encore une centaine de milliers d'emplois directs industriels peu délocalisables.

 

AFFIRMER UNE AMBITION STRATÉGIQUE

 

Dès lors, comment affirmer à la fois une ambition stratégique passant simultanément par le maintien de la dissuasion, la poursuite de la modernisation de nos forces, l'affirmation d'un projet européen, la conservation d'un format cohérent avec nos engagements internationaux, la préservation d'une présence militaire même limitée dans les zones d'intérêt stratégique et la sauvegarde de la base industrielle et technologique, sans s'en donner les moyens financiers ?

 

Le Livre blanc et la définition d'une stratégie de défense et de sécurité nationales risqueraient alors de devenir un simple exercice académique.

 

Si l'on écarte l'hypothèse selon laquelle le président de la République assumerait le choix du déclassement stratégique, à quelles conditions est-il dès lors possible de traverser la période du nécessaire redressement de nos finances publiques sans "casser" un outil militaire dont l'excellence est un atout pour la nation ?

 

Le choix n'est pas entre le maintien à tout prix d'une ambition politico-militaire financièrement insoutenable et le renoncement ; mais bien entre de nouvelles coupes claires qui risquent de déstabiliser notre outil de défense et la préservation d'un budget cohérent que l'on peut situer autour de 31 milliards d'euros et d'une ambition stratégique contrainte permettant à la France d'échapper au phénomène de décrochage stratégique et militaire qui affecte presque toute l'Europe.

 

RESPONSABILITÉ RÉGALIENNE PAR EXCELLENCE

 

Parce que la différence entre les deux scénarios ne représente que 0,15 % de la richesse nationale ou moins de 1 % du budget de l'Etat, parce qu'également la défense constitue la responsabilité régalienne par excellence, un tel effort de la nation est indispensable.

 

Sur un plan plus pratique, le maintien d'une articulation entre le Livre blanc et la Loi de programmation militaire est fondamental dans un secteur où une certaine visibilité est vitale pour adapter notre outil militaire et industriel et doit, au moins partiellement, mettre la défense à l'abri des aléas budgétaires.

 

S'il n'est pas illégitime de voir la défense prendre une nouvelle fois une part de l'effort de maîtrise des finances publiques, il serait en revanche dangereux de programmer des réductions drastiques dont les conséquences militaires se feront durement sentir dans quelques années.

 

Dans un monde marqué par la compétition militaire entre les puissances, par les risques stratégiques comme la prolifération nucléaire et balistique et par la persistance de zones de crise à proximité immédiate du continent européen, un tel renoncement serait pour le moins hasardeux.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 15:34

http://www.cesa.air.defense.gouv.fr/IMG/jpg/brevaire_strategique-2.jpg

 

25.03.2013 de CESA Centre d'études stratégiques aérospatiales

 

À l’initiative d’Olivier Zajec, directeur des opérations à la CEIS, une société de conseil en stratégie et en management des risques, un nouvel ouvrage du professeur Hervé Coutau-Bégarie vient de paraître à titre posthume sous l’intitulé de Bréviaire stratégique aux éditions Argos, en partenariat avec l’Institut de Stratégie et des Conflits.

 

Cet ouvrage rappelle que la guerre est un duel qui ne vise pas seulement à surmonter les obstacles, mais aussi à vaincre un ennemi. Dans ce cadre, l’élément principal de la stratégie est de trouver un juste équilibre dans l’exercice de la violence, entre objectif politique et moyens militaires. En effet, comme le rappelle l’auteur, le mot stratégie a aujourd’hui perdu son essence, étant avant tout la dialectique des volontés d’utiliser la force pour régler les conflits. Dans ce Bréviaire stratégique, le professeur Hervé Coutau-Bégarie surplombe l’ensemble du champ stratégique afin d’en cerner les concepts, les méthodes et les principes. Alliant la clarté à la précision, l’auteur nous invite ainsi à mieux saisir les contours de la stratégie, notamment dans sa dimension aérienne.

 

Traitant 555 articles en 111 pages, cet ouvrage se veut aussi synthétique que complet : à lire absolument !

Bréviaire stratégique, Hervé Coutau-Bégarie, éditions Argos, Paris, 2013.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 13:55

Mindef

 

21.03.2013 par Michel Goya - La Voix de l'Epée

 

Ceci est la version originale du texte publié et légèrement transformé dans Le Monde (ici)

Le ministère de la Défense est en crise budgétaire. Cette crise était rampante depuis 1991, elle s’est accélérée depuis 2008 et elle est désormais susceptible de se transformer en faillite en fonction des choix qui seront exprimés dans le futur Livre blanc de la défense.

 

suite de l'article

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 20:20

Mindef

 

20.03.2013 Par Jacques Gautier (sénateur UMP, membre de la commission du Livre blanc sur la défense) et Daniel Reiner (sénateur PS, membre de la commission du Livre blanc sur la défense) - LE MONDE

 

Nous sommes d'accord avec le président de la République, François Hollande, pour admettre que le budget de la défense doit prendre sa part à cet indispensable effort de réduire nos dépenses. La question est de savoir jusqu'où.

 

Premièrement, ces dépenses doivent être mises en cohérence avec les menaces auxquelles nous sommes exposés et avec les ambitions que nous souhaitons porter. Les menaces, on le sait, n'ont pas diminué. La probabilité de certaines de se réaliser a même augmenté et leur gravité décuplée. C'est le cas en particulier des attaques cybernétiques. Les ambitions de défense et de politique étrangère de la France n'ont pas changé. L'envoi de nos forces au Mali prouve que notre pays entend continuer à honorer ses alliances, à défendre ses amis et à tenir son rang dans le concert des nations. Ainsi, une diminution trop importante de notre effort de défense rendrait nos politiques incohérentes et mettrait en danger nos populations et nos intérêts. Nos ambitions deviendraient alors supérieures à nos moyens et nous ne serions plus en mesure de parer les menaces les plus certaines.

 

Deuxièmement, les dépenses de défense irriguent la partie de notre tissu industriel la plus riche en entreprises innovantes dans la recherche et le développement, la plus compétitive à l'exportation et la plus performante en termes de créations d'emplois. Notre base industrielle et technologique de défense est le fruit d'une volonté constante de tous les présidents de la République depuis la création de la force de frappe. La délégation générale à l'armement créée à cet effet est le premier acheteur public et constitue l'outil de politique industrielle le plus puissant entre les mains de l'Etat.

 

Le programme "d'équipement des forces" concentre à lui seul plus des deux tiers des dépenses d'investissement de l'Etat français. C'est ce qui nous rapproche de l'industrie américaine et nous différencie de l'industrie allemande, qui sera moins affectée que la nôtre par la réduction des dépenses de défense. Diminuer de façon trop brutale les dépenses, c'est compromettre l'un de nos rares points forts industriels et la partie la plus prometteuse de notre économie.

 

 SAUVEGARDER NOTRE ARMÉE


Troisièmement, les dépenses de défense sont extraordinairement rigides. Entre le moment où un programme est lancé et celui où le dernier matériel est livré, il peut s'écouler près de cinquante ans. Le premier Rafale a volé en 1986. Le dernier devrait être livré en 2027. C'est dire que les choix que le président fera continueront de produire leurs effets bien après la fin de son mandat, de la même façon que les choix de ses prédécesseurs rendent possibles ou impossibles les décisions d'aujourd'hui.

 

C'est la raison pour laquelle, dans cette période décisive entre Livre blanc et loi de programmation militaire et au moment où les derniers arbitrages n'ont pas encore été rendus, nous exhortons le président de la République à prendre les décisions qui sauvegarderont notre outil de défense et préserveront notre industrie, nos chercheurs et nos emplois.

 

Pour sortir notre défense de la quadrature du cercle à laquelle elle est confrontée, avec des menaces qui augmentent, des ambitions qui perdurent et des moyens qui diminuent, si l'on veut continuer d'ouvrir des usines plutôt que d'en fermer, et si l'on veut laisser aux générations futures un pays en paix parce que défendu, alors il faut envisager avec courage et pragmatisme toutes les solutions possibles.

 

 CÉDER UNE PARTIE DES ENTREPRISES DE DÉFENSE 


Il nous faut ainsi considérer la possibilité de ressources exceptionnelles afin de se donner le temps du redressement des finances publiques. Dans cet ordre d'idées, la cession de tout ou partie des milliards d'euros immobilisés dans les entreprises de défense doit être envisagée. Car s'il y a bien une leçon à retenir de l'échec du projet de fusion EADS-BAE, c'est que l'Allemagne a emporté la décision sans détenir une seule action.

 

Si le président décide d'affecter le résultat des cessions du capital des entreprises de défense à l'équipement des forces armées et à la recherche et au développement, il oeuvrera pour la compétitivité de notre économie et la valeur de nos armes. La représentation nationale sera derrière lui.

 

Si au contraire, ses décisions imposaient de choisir à terme entre forces de dissuasion et forces conventionnelles, amoindrissaient notre défense et notre industrie et demandaient des efforts supplémentaires aux hommes et aux femmes qui y travaillent ou qui la servent, nous ne pourrions le suivre. Le consensus se briserait.

 

Jacques Gautier (sénateur UMP, membre de la commission du Livre blanc sur la défense) et Daniel Reiner (sénateur PS, membre de la commission du Livre blanc sur la défense)

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 12:55

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/00/02/3017890217.jpg

 

20.03.2013 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

J'ai, il y a quelques jours, publié un post sur les dépenses militaires mondiales, suite à la diffusion du rapport annuel de l'International Institute for Strategic Studies démontrant que l'Asie dépense désormais plus que l'Europe entière pour sa défense. 

 

Les éditions Argos, dirigées par Olivier Zajec, viennent de publier un essai du chef de bataillon Jean-Baptiste Vouilloux intitulé La démilitarisation de l'Europe. Un suicide stratégique ?. Officier supérieur de l'armée de terre, Jean-Baptiste Vouilloux est diplômé du Collège des forces canadiennes où il a rédigé un master sur les études de défense.

 

L'ouvrage paru chez Argos et tiré du mémoire d'étude de Jean-Baptiste Vouilloux propose "une approche généraliste de la démilitarisation européenne, afin de permettre à des non-spécialistes de la défense d'en appréhender les multiples enjeux".

 

En ce sens, l'ambition est plus que louable; il faut espérer que ce petit livre circule largement hors des Institutions militaires, mais aussi à l'intérieur, car il rappelle quelques (désespérants) fondamentaux sur les limites de l'Europe de la défense qui ne peut plus apparaître comme la solution communautaire aux redditions nationales.

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 18:00

http://www.defenceweb.co.za/images/stories/LAND/LAND_new/truvelo_aad2006.JPG

 

19 March 2013 defenceWeb (Reuters)

 

Negotiators from 150 countries are currently in New York for a final push to hammer out a binding international treaty to end unregulated conventional arms sales, a pact a powerful US pro-gun lobby is urging Washington to reject.

 

Arms control campaigners and human rights advocates say one person a minute dies worldwide as a result of armed violence and a treaty is needed to halt the uncontrolled flow of weapons and ammunition they argue helps fuel wars, atrocities and rights abuses according to Reuters.

 

The UN General Assembly voted in December to relaunch negotiations this week on what could become the first global treaty to regulate the world's $70 billion trade for all conventional weapons - from naval ships, tanks and attack helicopters to handguns and assault rifles - after a drafting conference in July 2012 collapsed because the US, then Russia and China, wanted more time.

 

Delegates to the July conference said Washington wanted to push the issue past the November 2012 presidential election, though the Obama administration denied that. The current negotiations will run through to March 28.

 

The US says it wants a strong treaty. But Obama is under pressure from the powerful National Rifle Association (NRA), the leading US pro-gun group, to block the pact. The group has vowed to torpedo the convention's Senate ratification if Washington backs it at the UN.

 

US Secretary of State John Kerry voiced conditional support for the treaty saying Washington was “steadfast in its commitment to achieve a strong and effective Arms Trade Treaty that helps address the adverse effects of the international arms trade on global peace and stability”.

 

But he did not promise US support. He repeated the US - the world's number one arms manufacturer - would not accept a treaty that imposed new limits on US citizens' right to bear arms, a sensitive political issue.

 

The NRA dismissed suggestions that a December US school shooting massacre in Connecticut bolstered the case for a global arms pact. It also warned the treaty would undermine US citizens’ right to own guns, a position supporters of the treaty say is false.

 

The American Bar Association, an attorneys’ lobbying group, last month disputed the NRA position, saying in a paper that “ratification of the treaty would not infringe upon rights guaranteed by the Second Amendment”.

 

Ammunition could be contentious issue

 

Some 108 countries, led by Mexico, issued a joint statement saying “the overwhelming majority of UN Member States agree with us on the necessity and the urgency of adopting a strong Arms Trade Treaty. Our voice must be heard”.

 

“A weak treaty could serve to legitimise the irresponsible and illegal arms trade. This is an outcome we must avoid,” it said. Among countries backing the statement were major arms producers Germany and Britain.

 

The point of the treaty is to set standards for all cross-border transfers of any type of conventional weapon - light and heavy. It also would set binding requirements for nations to review all cross-border arms contracts to ensure the munitions will not be used in human rights abuses, do not violate embargoes and are not illegally diverted.

 

“Syria, Mali, the Democratic Republic of Congo and Sri Lanka are just a few recent examples where the world bore witness to the horrific human cost of a reckless global arms trade steeped in secrecy,” Salil Shetty, secretary general of Amnesty International, said.

 

Anna Macdonald of Oxfam said: “It’s now time to put an end to this and agree on robust and clear rules that will bring the trade of M16s, AK47s, attack helicopters and countless rounds of ammunition under control.”

 

The US accounts for around 30% of the world's arms exports, followed by Russia with 26%, according to the Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). Germany and France are in third and fourth place, with China replacing the United Kingdom as number five, it said.

 

If the conference fails to agree a treaty because it cannot reach the required consensus diplomats say they can put it to a vote in the UN General Assembly to rescue it.

 

The draft treaty focuses solely on international arms transfers. If a pact is approved in New York, it will require ratification by national legislatures before it can take effect.

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 13:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2f/Flag_of_the_United_Nations.svg/800px-Flag_of_the_United_Nations.svg.png

 

NEW YORK/ONU, 18 mars - RIA Novosti

 

Les diplomates des 193 pays se réuniront lundi au siège de l'Onu à New York afin de tenter une nouvelle fois de mettre au point un projet de traité international sur le commerce des armes conventionnelles (TCA), annonce le correspondant de RIA Novosti.

 

La dernière conférence, tenue en juillet 2012 s'est soldée par un échec, les diplomates n'ayant pas réussi à parvenir à un accord. Selon l'Onu, il y a eu en 2010 près de 27,5 millions de réfugiés dans le monde en raison de la prolifération incontrôlée des armes.

 

Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, déçu par l'échec de la conférence de juillet 2012, a fait cette fois une déclaration, espérant  que les participants de la rencontre parviendraient à surmonter leurs différends et feraient preuve de "volonté politique".

 

"Notre responsabilité commune est de mettre un terme à l'ordre inadéquat qui régit le commerce mondial des armes conventionnelles, des armes à feu jusqu'aux chars et avions de combat", a indiqué le secrétaire général de l'Onu.

 

Selon les médias, des représentants de la National Rifle Association américaine entendent prendre part aux discussions pour défendre le droit des Américains de posséder des armes à feu.

 

Lors de la conférence, les pays occidentaux chercheront à inclure au texte l'interdiction de la vente d'armes susceptibles d'être utilisées pour "réprimer les droits de l'Homme", dont les armes livrées en vertu de contrats déjà conclus. Il s'agit notamment des armes russes livrées à la Syrie.

 

Pour sa part, la Russie a proposé de n'autoriser que les structures habilitées par l'Etat à se livrer au commerce des armes.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 22:00

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14.03.2013 Par Jean-François Fiorina - Directeur adjoint de Grenoble Ecole de Management

 

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Retour sur notre contribution à la réflexion géopolitique
Comprendre les enjeux stratégiques

Il y a deux ans et demi, nous lancions la publication des notes CLES – pour Comprendre Les Enjeux Stratégiques. La diffusion du n°100 est l’occasion de dresser un premier bilan et de tracer des perspectives pour l’avenir.

 

D’autant plus que cet anniversaire correspond à la publication de trois ouvrages importants, illustrant l’intérêt sans cesse croissant que suscitent les questions géopolitiques. Je veux parler de l’Atlas géopolitique mondial 2013, aux jeunes éditions Argos, qui étoffent avantageusement l’offre éditoriale en la matière.

 

Pour l’histoire des relations internationales, aux Puf, sous la direction de Robert Frank, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui interroge en particulier la notion de « forces profondes » chère à l’historien Pierre Renouvin et s’attache aux « dynamiques » à l’oeuvre dans des champs aussi divers que l’économie, la sécurité, les mouvements de populations, les imaginaires, les pratiques culturelles…

 

Et bien sûr le tout récent Atlas géopolitique d’Yves Lacoste, chez Larousse : comment ne pas saluer ce grand précurseur au moment d’entamer une nouvelle phase de notre propre aventure ?

 

Pour Yves Lacoste, « la géopolitique est l’étude des rivalités de pouvoir sur un territoire ». Elle n’est donc pas neutre. Mais elle doit tendre à l’objectivité et à « l’équilibre » : équilibre des puissances comme des notions et des points de vue. C’est pourquoi, au-delà des débats d’experts et, parfois, des enjeux de pouvoir, l’ESC Grenoble a souhaité, dès l’origine, défendre une vision « œcuménique » et résolument pragmatique de la géopolitique.

 

Il ne s’agit pas en effet de se revendiquer d’une doctrine, de s’enfermer dans les certitudes d’une chapelle ou d’une obédience. Mais d’ouvrir des perspectives, de susciter un dialogue et des débats, d’exposer des éléments factuels pour permettre finalement à chacun de se constituer sa propre grille de lecture des enjeux du monde contemporain.

Notre approche est celle du réalisme et de l’ouverture au « polythéisme des valeurs » cher à Max Weber : la diversité des représentations atteste de celle des peuples et d’un monde toujours plus complexe, mais fascinant. Le « territoire » d’Yves Lacoste est aujourd’hui soumis – mondialisation oblige – à une dialectique permanente du global et du local, de l’économique et du politique, des structures et des flux.

 

La géopolitique, en tant qu’ »analyse dynamique des inerties » (Olivier Zajec), s’est elle-même profondément renouvelée ces dernières années. Suggérant une approche des « constantes » et des « changements » dans l’histoire et dans l’espace, elle ne saurait être atone, sclérosée, ou pire encore verrouillée.

Un positionnement novateur, mais finalement évident pour une école de management, et qui renforce sa valeur ajoutée

Depuis 2007, l’ESC Grenoble a placé la géopolitique au cœur de sa stratégie et de ses formations, car sa compréhension est tout simplement devenue l’une des principales clés de la prise de décision des managers et des entreprises.

 

Dans notre monde multipolaire, digital et complexe, les étudiants doivent savoir comment agir rapidement et avec responsabilité face à des situations inédites. Ainsi que le précisent Pascal Gauchon, Sylvia Delannoy et Jean-Marc Huissoud dans le Dictionnaire de géopolitique et de géoéconomie (Puf, 2011), l’intérêt de la géopolitique est en effet d’aider « à sortir de la superficialité et du sensationnalisme pour accéder à une connaissance approfondie et réfléchie des rapports de force qui travaillent ce monde« .

 

D’ailleurs, tous les invités de nos entretiens mensuels, d’Alain Juillet (octobre 2010) à Michel Goya (février 2013), ont immédiatement compris le sens de la démarche. Le fait qu’une école de management s’intéresse à la géopolitique leur a semblé à la fois naturel et judicieux. Les étudiants de l’ESC se voient ainsi proposer une progression en trois étapes : des modules de culture générale, obligatoires pour tous les élèves ; d’autres plus sélectifs pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet ; un double diplôme enfin avec l’IRIS, qui rencontre une demande croissante. Le premier diplômé de ce cursus novateur le sera en décembre 2013.

 

Si aujourd’hui toutes les écoles de management proposent des cours de géopolitique ou d’économie et de relations internationales, l’ESC Grenoble dispose incontestablement d’un « territoire de marque » géopolitique.

 

Pour deux raisons essentielles. Premièrement, sa cohérence avec son écosystème, sa résonance avec l’identité même de l’école. La spécificité des filières industrielles implantées sur le territoire avait en effet positionné l’ESC sur du management de la technologie, dont la géopolitique est un complément évident à l’heure de la mondialisation des marchés. Deuxièmement, la crédibilité, la pertinence du positionnement géopolitique. Cette crédibilité s’est construite avec le temps, par l’intermédiaire des notes CLES, dont deux éléments principaux assurent à mon sens le succès grandissant :

  • Un contenu de qualité, mais accessible, rapidement lu. Paradoxalement, plus nous sommes submergés d’informations – voire créateurs de notre propre information via les outils numériques -, plus nous avons besoin d’une bonne information, d’éléments factuels, référencés, qui posent bien le problème. Les notes CLES fournissent ces nécessaires points de repères, tout en permettant d’élargir la problématique. Le monde va tellement vite que toute personne ayant à prendre des décisions a à la fois besoin d’être en prise avec l’actualité et de prendre du recul, de la hauteur par rapport aux évènements.
  • Une diffusion régulière, qui fait des notes CLES un outil fiable, sur lequel on sait pouvoir compter – même si on ne les consulte pas immédiatement. Ainsi, bien des professeurs en classes préparatoires s’en servent pour leurs cours et certaines notes ont été reprises dans des manuels, ou sur d’autres vecteurs. Créateur de confiance et de lien, cet outil de communication est une contribution que l’école doit à ses communautés (entreprises, étudiants, institutionnels, académiques…). Il leur permet également, collectivement, de rayonner, de susciter l’intérêt de leurs parties prenantes et d’afficher leur capacité à mener à bien leurs projets.
Un public de plus en plus nombreux, varié et participatif

L’une des particularité des notes CLES est leur forte présence et visibilité sur les réseaux sociaux. Cela s’explique par la composante des lecteurs issus de la génération Y. Mais c’est aussi tout l’avantage d’un outil simple, facile, pédagogique et compréhensible par tout le monde, particulièrement adapté aux modalités d’échanges et de connexions sur les réseaux sociaux.

 

Les notes CLES sont ainsi régulièrement signalées sur Twitter, partagées dans les groupes de discussion ou citées dans des médias spécialisés, comme Diploweb.com ou la Lettre d’actualités de l’intelligence économique et de l’innovation de CCI France. Par les réseaux sociaux, l’ESC a établi de très nombreux contacts avec des chercheurs en géopolitique ou en relations internationales dans le monde entier, comme encore récemment au Department of War Studies du King’s College de Londres, qu’il aurait été difficile (et coûteux) de contacter d’une autre manière, sauf à participer à tous les salons et colloques spécialisés… Même si être « ami » sur LinkedIn ne veut pas toujours dire grand-chose, c’est une première étape qui facilite les contacts ultérieurs et l’élaboration de projets, de partenariats.

 

À l’avenir, nous entendons d’ailleurs renforcer nos partenariats, avec les entreprises, en premier lieu, mais également avec le réseau de consultants, professeurs et chercheurs qui s’est constitué autour de la lecture des notes CLES. Un troisième niveau de partenariat concerne le monde académique, avec le développement d’une alliance des écoles de géopolitique – au sens de « géopolitique appliquée au management ».

 

Il s’agit enfin de faire grandir encore notre festival de géopolitique. Les notes CLES s’insèrent en effet dans une stratégie globale et un dispositif dont le point d’orgue est constitué par cette manifestation annuelle.

Le festival de géopolitique, une manifestation tournée vers l’avenir

Le festival de Grenoble se veut, depuis sa création en 2009, le festival de toutes les géopolitiques. À rebours des clichés académiques, la géopolitique s’y exprime également sous des formes hétérogènes, de la bande dessinée aux films et jusqu’aux jeux.

 

Notre souhait reste que chacun améliore sa compréhension du monde, ce qui peut certes passer par la participation à une conférence de haut niveau, mais également par la lecture d’une BD. Il n’est d’ailleurs pas anodin que l’album primé au festival d’Angoulême 2013 soit Quai d’Orsay, de Christophe Blain et Abel Lanzac, ou que l’un des grands succès dans ce domaine soit une série comme Largo Winch !

 

Une deuxième caractéristique de ce festival est de veiller à s’adapter, non seulement à la diversité de ses publics, mais à leurs modalités de participation. Dans les années à venir, les rassemblements de ce type, avec une unité de temps et de lieu, seront de plus en plus difficiles à organiser. Les contraintes d’agendas deviennent proprement démentielles, les nouvelles technologies accélèrent les vies et détruisent les barrières entre sphère privée et professionnelle, une sollicitation permanente rend les arbitrages de plus en plus difficiles. Surtout lorsque l’on s’adresse à un public international, puisque s’y ajoutent des considérations écologiques, de coût des déplacements.

La manifestation du futur, au-delà du festival de géopolitique, s’inspirera des modalités numériques que nous développons déjà pour nos cours, autour de trois publics et espaces distincts : 10 à 15 personnes présentes physiquement dans la salle avec le professeur, 500 personnes connectées dans le monde pour suivre en direct cet enseignement, et 3 000 autres qui auront consulté dans l’année, sur Internet, l’enregistrement vidéo de ce cours.

Pour capter l’attention de tous ces publics, il faut travailler sur l’interactivité, le dynamisme qui anime pour partie les réseaux sociaux. La capacité à innover n’est pas qu’affaire de technique. Elle suppose surtout une capacité à penser « hors des clous », ou comme le disait le philosophe Martin Heidegger, à emprunter des chemins de traverse. Sur la forme et le fond, c’est aussi ce que nous vous proposons avec les notes CLES.

RENDEZ-VOUS

5e Festival de géopolitique & de géoéconomie de Grenoble

 

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L’édition 2013 de ce festival désormais incontournable (6 000 visiteurs en 2012) se tient du 4 au 7 avril à Grenoble École de Management ainsi qu’à Sciences Po Grenoble, à l’Institut de Géographie Alpine et dans les locaux de la CCI.

Co-organisé avec les Presses universitaires de France et l’association Anteios, sous la houlette de Jean-Marc Huissoud, directeur du Centre Géopolitique de l’Ecole, il bénéficie du soutien de nombreux partenaires publics et privés, et de l’intérêt croissant des médias (RFI, Diploweb.com, Diplomatie magazine, Alternatives internationales, Valeurs actuelles, Les Echos, L’Expansion, etc.).

 

Thème retenu cette année : « Mondialisation – Abus, menaces, perspectives« . Avec la participation de près de 120 spécialistes français et internationaux, dont Daniel Cohen, Eric Delbecque, Gérard-François Dumont, Jean Guisnel, Charles Millon, Pierre Péan et Xavier Raufer.

 

Programme complet sur www.festivalgeopolitique.com
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 08:45

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13.03.2013 LE MONDE

 

On ne voudrait pas ajouter au désenchantement européen. En ces temps de grosse déprime continentale, on rechigne à l'idée de mettre une nouvelle fois à nu la vacuité qui caractérise aujourd'hui l'idée européenne. Bref, on hésite avant de jouer encore les esprits chagrins en constatant la désespérante absence de l'Europe au chapitre de la défense et des affaires étrangères.

 

Ce n'est pas un échec - lequel supposerait qu'on ait sincèrement essayé -, c'est une débâcle, une triste pantalonnade. Le Mali en témoigne, magistralement. Et ce fut tout particulièrement le cas lors du conseil des 27 ministres des affaires étrangères réuni lundi 11 mars à Bruxelles. La France s'y est sentie plus seule que jamais depuis le début des opérations militaires au Sahel.

 

Avec la fermeté courtoise, un tantinet distante, qui est sa marque, Laurent Fabius en fut réduit à quémander 30 soldats pour le Mali auprès de la Belgique et de l'Espagne. Pas 300, 30 ! Pourquoi ? Parce qu'il en manque encore 90 pour protéger les 500 instructeurs que l'Union européenne a dépêchés à Bamako pour former l'armée malienne.

 

Ces 90 soldats, il faut les "arracher" un par un aux 27 pays de la riche Europe, celle qui se targue volontiers d'être l'une des toutes premières puissances économiques mondiales. Disons les choses comme elles sont : les réticences belges ou espagnoles ne sont pas d'ordre politique ni même financier. C'est bien plus simple : Bruxelles et Madrid se fichent éperdument de ce qui peut bien se passer dans les sables du Sahel.

 

L'hypocrisie triomphe. Sur le papier, les Vingt-Sept sont d'accord. La stabilité de l'Afrique dépend très largement de l'extinction du foyer djihadiste qui se propage au Sahel, disent les Européens ; il en va aussi de la sécurité de l'Europe, si proche et si vulnérable, au terrorisme islamiste, ajoutent-ils.

 

Mais ce ne sont que des mots. Quand il faut agir ensemble, il n'y a plus personne ou presque. Certes, Paris a eu le tort, au départ, de lancer ses troupes sans consultation avec ses partenaires. Mais il eût fallu ensuite une vraie solidarité européenne, l'affichage d'un intérêt commun, défendu ensemble - en somme, un partage du fardeau qui devra être porté à l'avenir. Il eût fallu manifester une présence forte de l'Union dans cette partie du monde, sauf à laisser la Chine, les Etats-Unis ou d'autres devenir les partenaires privilégiés des Africains au XXIe siècle.

 

Hélas, l'Europe n'affiche que désunion pathologique et pingrerie aveugle. Seuls cinq pays sur vingt-sept sont vraiment engagés dans la mission de formation de l'armée malienne. Au-delà des déclarations sentencieuses sur la nécessité d'un "plan de stabilisation politique et économique du Sahel", la réaction à peine voilée de la plupart des 27 aux événements du Mali tient en une phrase : "Que la France se débrouille !" Et tant pis pour la contradiction qu'il y a à soupçonner les Français de velléités postcoloniales et de les laisser en première ligne dans l'Afrique francophone...

 

L'Europe fuit l'Histoire. Elle le paiera, un jour.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:00

cyber warfare

 

13/03/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Près de cinq ans après la réorganisation des services de renseignements français, La Tribune publie une série de quatre articles faisant le point sur leur évolution, les nouveaux enjeux auxquels ils doivent faire face, leurs succès et leurs manques. Deuxième épisode de cette série, les services de renseignements, qui se réorganisent pour mieux lutter contre les menaces de cyber-espionnage et la multiplication des opérations de cyber-sabotage.  

 

En 2008, le livre blanc sur la défense avait fait une priorité de la cyberdéfense comme un nouvel instrument des armées. « La stratégie nationale de la France a véritablement commencé à évoluer à partir de 2008 et du dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui a identifié le risque d'attaque majeure contre les systèmes d'information comme une menace stratégique, et estimé que le degré de probabilité d'occurrence dans les quinze années à venir était extrêmement fort », confirme le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), Patrick Pailloux. Cinq ans plus tard, la France s'est effectivement organisée en définissant une stratégie et en se dotant de capacités de cyberdéfense. Elle a notamment créé en 2009 la secrète Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), chargée de missions de prévention mais aussi de missions de réaction. Pour mettre en œuvre cette stratégie, la France a établi une capacité centralisée.

 

Une lutte perdue d'avance ?

 

Mais face à l'ampleur et la multiplication des attaques informatiques et de nouvelles menaces, l'ANSSI est incapable de répondre à toutes les menaces faute de disposer des ressources suffisantes. Ce qui n'est pas réellement une surprise. Mais l'aveu vient de Patrick Pailloux lui-même, ce qui donne encore plus de poids au besoin de renforcer cette structure au moment où le gouvernement est tenté de couper dans les dépenses de défense. « Notre capacité de réaction et de défense est hélas 'enfoncée' par le volume des attaques informatiques, si bien que nous devons en permanence arbitrer entre les différentes attaques pour décider de celles sur lesquelles nous devons nous mobiliser, explique le patron de l'ANSSI. Notre action est ici facile à comprendre. Elle peut être comparée à celle des pompiers : des groupes d'intervention sont chargés d'intervenir auprès des administrations ou des grandes entreprises victimes d'attaques, pour les aider à gérer la situation ». Un constat également partagé par le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli : « à ce jour, au niveau étatique comme industriel, nos parades me paraissent très insuffisantes ».

 

Des capacités informatiques offensives prêtes

 

Pour le conseiller spécial du ministre de la Défense, Jean-Claude Mallet, en charge de la rédaction du nouveau Livre blanc après le départ de Jean-Marie Guéhenno, la menace est bien prise en compte. Elle « progresse à un rythme beaucoup plus rapide que celui des réponses qui lui sont apportées par nos entreprises et par les grands acteurs de la défense », précise-t-il. C'est dans ce cadre, révèle-t-il que le ministère de la Défense « réfléchit à des capacités informatiques offensives, dont les autorités publiques, au plus haut niveau de l'État, pourraient décider de l'emploi - en l'occurrence, un emploi proportionné, discret et le plus efficace possible, en appui des actions militaires ». Et d'assurer que « le développement des capacités de cyberdéfense comme de capacités offensives est une ambition qui ouvre un champ formidable pour nos jeunes ingénieurs et nos militaires : c'est le meilleur des technologies et des intelligences, dont notre pays ne manque pas - les acteurs de la défense le montrent tous les jours -, qu'il faudra mobiliser ». Pour autant, Jean-Claude Mallet a confirmé que la France disposait déjà de ces moyens offensifs. C'est « déjà le cas », affirme-t-il.

 

Au-delà de cette capacité offensive, que le sénateur du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel, avait révélé en juillet 2012 - la France dispose d'une doctrine lui permettant de mener des opérations offensives dans le domaine de la cyberdéfense -, Jean-Claude Mallet assure que « les moyens de l'ANSSI doivent impérativement être renforcés afin de compléter le spectre de nos capacités de défense en ces domaines ». D'autant comme le rappelle-t-il « la numérisation fera l'objet d'investissements massifs, comme l'ont confirmé le président de la République et le gouvernement ». En outre, Jean-Claude Mallet a l'intention de durcir les normes de sécurité pour tous les fournisseurs du ministère. « Je pressens le moment où le ministère de la défense devra imposer à ses partenaires privés des normes de sécurité, dont le non-respect leur interdira tout simplement de lui fournir des moyens », explique-t-il. Enfin, rappelle-t-il, une réserve citoyenne a été créée pour sensibiliser l'opinion et faire la promotion d'un esprit de cyberdéfense. Nous réfléchissons aussi à la mise en place d'une réserve opérationnelle qui permettrait à la société française de résister à un incident ou une agression de grande ampleur, au-delà des moyens » évoqués précédemment.

 

Et les services de renseignements ?

 

Tout comme l'Etat, les priorités des agences de renseignements en la matière ont également évolué même si elles se placent sous l'autorité de l'ANSSI, une entité très récente. Ainsi, le coordonnateur national du renseignement, le préfet Ange Mancini, qui juge l'ANSSI « très performante, estime que « les cyberattaques doivent quant à elles être considérées comme des actes de guerre, ce qui fait que ce domaine doit rester tout à fait confidentiel ». Pour le patron de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux, « l'espace cyber est une caisse de résonnance des menaces existantes, dont il représente une troisième dimension. Au-delà des menaces classiques qui s'expriment par ce canal, existent de nouveaux risques : pénétration dans les réseaux, mise en danger des systèmes de sécurité, pillage industriel... Face à ces risques, la France s'est dotée d'une organisation cyber cohérente, dans laquelle les moyens humains sont primordiaux, avec, notamment, la création de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information. Une coordination est assurée avec les armées et la Direction générale de l'armement ».

 

Pour autant, tout comme l'ANSSI, les services de renseignements tâtonnent dans la lutte contre le cyber-espionnage. « Nous débutons dans le domaine de la 'cyber-guerre', souligne le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli. Pour le moment, nous nous limitons à rechercher des informations, à travers un certain nombre de sites ou de réseaux ». Et de rappeler que « la DRM n'est pas en pointe dans la 'cyber guerre', contrairement à l'ANSSI ou à la DGSE. Il n'en demeure pas moins que la menace est importante. Nous nous en protégeons principalement en usant de réseaux fermés et indépendants les uns des autres ».

 

Des agences de plus en plus concernées

 

La DRM a décidé de se préoccuper des ces menaces, selon le général Bolelli, « notamment pour identifier ce que nous appelons les organigrammes cyber, c'est-à-dire l'état des forces adversaires en cyber espace ». Car « certains pays ou entreprises internationales ont déjà été victimes d'attaques de ce type, avec des destructions d'ordinateurs à distance. La menace est sérieuse et nous incite à la plus extrême vigilance ». Du coup, la DRM va y travailler « pour la partie militaire mais les autres services de renseignement sont également interpellés ». D'autant que « les attaques sont souvent lancées depuis des pays dépourvus de législation en la matière ou de repères individuels offshore ».

C'est le cas également à la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD). Le directeur de la DPSD, le général Jean-Pierre Bosser, souhaite recruter « plus d'officiers supérieurs ou de catégorie A pour participer à l'analyse ou traiter de la cyberdéfense. C'est un vrai sujet pour les deux ans qui viennent », estime-t-il. Et de rappeler des dangers d'internet et des réseaux sociaux qui deviennent « de plus en plus un sujet de préoccupation » puisqu'en « face de nous, il y a des gens puissants et organisés ». « C'est ainsi que des sites de régiments engagés en Afghanistan, comme le 1er RCP à Pamiers, ont fait l'objet d'attaques en 2010. Ces sites, destinés à informer les familles, ont été infiltrés à des fins subversives et pour faire des repérages sur certaines familles », raconte-t-il. Pour lutter contre ces attaques, le général Bosser estime qu' « informer nos cadres, et surtout nos jeunes, de la dangerosité de ces réseaux est vraiment un de nos soucis majeurs ».

 

La DCRI en pointe sur les questions de cyber-sécurité

 

Aux côtés de l'ANSSI, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est « le seul service de renseignement de sécurité engagé dans ce domaine », estime son patron, Patrick Calvar, qui assure que « les attaques informatiques constituent à mon sens le danger le plus grave, et il ne fera que croître ». Car selon, lui « la cybercriminalité représente un danger majeur, dans tous les secteurs - criminalité de droit commun, terrorisme, espionnage et intelligence économique. Il n'est pas certain que le vrai bilan ait été fait des dégâts déjà commis, car de nombreuses entreprises ne souhaitent pas une contre-publicité de cet ordre. Nous devons définir une stratégie dans laquelle chacun joue un rôle complémentaire. Cela prendra du temps ».

 

A la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), le problème est également aigu. « Les bases de données, matériels informatiques et logiciels destinées à la surveillance du cybercommerce, représentent un poste budgétaire important », souligne le patron de la DNRED, Jean-Paul Garcia. « Nous devons encore améliorer nos performances en matière de lutte contre la cyberdélinquance, qui se développe beaucoup. La cellule Cyberdouane recevra avant la fin du mois de juin les moyens nécessaires pour développer la pratique des coups d'achat - nous en avons la capacité depuis 2012 - qui nous permet, sous une identité fictive, de pénétrer les réseaux ». Mais déjà la DNRED a déjà remporté quelques succès, en matière non seulement de médicaments et de cigarettes mais aussi de contrefaçons, « internet étant un lieu privilégié d'échanges », rappelle Jean-Paul Garcia.

 

Retrouver le premier article d'une série de quatre sur les services de renseignements français

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 22:55

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11/03/2013 à 22:25 Par Alain Barluet – LeFigaro.fr

 

Trois responsables du dossier sahélien ont été brutalement remplacés. Une « purge » sans précédent en pleine guerre.


Le petit monde des diplomates du Quai d'Orsay travaillant sur l'Afrique est en émoi. Sur fond de guerre au Mali, l'éviction par Laurent Fabius, fin février, du sous-directeur en charge de ce pays, Laurent Bigot, a «surpris et choqué», selon plusieurs sources au ministère des Affaires étrangères. D'autant plus que cet événement est survenu après la mise à l'écart, pour diverses raisons, de plusieurs diplomates intervenant sur le même continent. Quelques semaines plus tôt, Jean Félix-Paganon, représentant spécial pour le Sahel, nommé en juin 2012, a été remplacé. Et en octobre dernier, Élisabeth Barbier, responsable depuis peu de la Direction Afrique-Océan Indien (DAOI) du Quai d'Orsay, était évincée de son poste pour incompatibilité d'humeur avec le ministre. Elle est désormais ambassadeur en Afrique du Sud.

 

Des départs forcés qui ont été motivés chacun par «des raisons particulières», relativise-t-on dans l'entourage de Laurent Fabius. Ces décisions, en particulier celles concernant Bigot et Paganon, s'inscrivent pourtant dans un contexte global où le déclenchement anticipé des opérations militaires a intensifié les débats au ministère des Affaires étrangères, remis en cause des équilibres internes et suscité chez les diplomates des interrogations et des attentes sur leur rôle dans le règlement de la crise. L'actualité malienne a bousculé le Quai d'Orsay face à des militaires tenant le haut du pavé. Elle a aussi commencé à faire bouger - dans la douleur - les lignes traditionnelles des modes d'action du «Département» sur le continent africain.

Une vidéo qui fâche

Retour sur des mots qui fâchent et des portes qui claquent. Supprimée récemment de plusieurs sites Internet mais toujours visible sur YouTube, une vidéo tournée en juillet 2012 montre le diplomate Laurent Bigot, à l'époque responsable de l'Afrique de l'Ouest, tenant des propos plutôt décapants sur le Mali. Filmé lors d'une conférence à l'Institut français des relations internationales (Ifri), ce très bon connaisseur du terrain met les pieds dans le plat en dénonçant notamment «une corruption gangrenant depuis de longues années toutes les sphères jusqu'au plus haut niveau». Il évoque aussi «une démocratie de façade» et souligne que, si «l'État malien s'est effondré sur lui-même», les déterminants de la crise, eux, demeurent.

 

Des propos tenus «à titre personnel», mais qui n'en reviennent pas moins à contester la politique menée depuis des années vis-à-vis du Sahel. Car pour Bigot, le problème ne se limite pas au «cas emblématique» du Mali. Le Burkina-Faso, dit-il, «est le prochain sur la liste à risquer de s'effondrer». Autant de déclarations qui, on s'en doute, ont suscité de fortes irritations à Bamako, à Ouagadougou et dans plusieurs capitales de la région. «Laurent Bigot était devenu gênant», commente un chercheur spécialisé sur l'Afrique.

 

Cette vidéo est l'un des éléments à charge retenus par Laurent Fabius contre Laurent Bigot pour précipiter son limogeage. Sollicité par Le Figaro, l'ex-sous-directeur d'Afrique occidentale a déploré avoir été «débarqué brutalement» mais n'a pas souhaité s'exprimer. Au Quai d'Orsay, on ne réagit pas officiellement même si, dans l'entourage du ministre, on souligne que «le débat est sain, mais franchir la ligne rouge de la déloyauté lorsque les décisions sont prises est inacceptable». Avant le déclenchement de l'opération «Serval», Laurent Bigot s'était montré sceptique sur une approche purement militaire de la crise au Sahel.

Une «task force» pour reprendre la main

Simple mise au pas d'un haut fonctionnaire par son ministre, plus prompt à «user de la cravache que son prédécesseur», comme l'affirme un diplomate? Résurgence de vieux clivages, comme ceux qui opposent militaires et diplomates, zélotes du «sécuritaire» et partisans du «développement»? «Tout le monde est bien conscient qu'il n'y a pas de développement sans sécurité ni de sécurité sans développement», tempère un collègue de Laurent Bigot. Différences d'approches, de méthodes, de réseaux? Autant de pistes, suggérées par les diplomates eux-mêmes qui, par-delà les cas individuels, ramènent aux arcanes des relations franco-africaines.

 

Depuis son arrivée à l'Élysée, François Hollande, qui connaît peu le continent, a affiché sa défiance à l'égard de tout ce qui pouvait évoquer, de près ou de loin, la Françafrique. On note, par exemple, la montée en puissance aux postes clés de spécialistes de l'Afrique de l'Est anglophone, notamment des «swahilistes» (du nom de la culture partagée par les peuples de la côte africaine orientale, NDLR), au détriment de l'Afrique de l'Ouest. C'est le cas notamment de Jean-Christophe Belliard, le nouveau patron de la DAOI, ex-ambassadeur à Madagascar, et de Laurent Viguier, en poste à Nairobi de 2003 à 2007, pressenti pour succéder à Laurent Bigot.

L'aimant Le Drian

L'intervention militaire française au Mali a encore fait évoluer la donne. «On est passé brusquement du préventif au curatif», résume un diplomate. Dans le triangle décisionnel dont la pointe est à l'Élysée, la Défense a pris du poids, politiquement et médiatiquement, par rapport aux Affaires étrangères. Dans les longs couloirs du Quai, on soupire en voyant les caméras de télévision comme aimantées par Jean-Yves Le Drian. «En même temps, se console un diplomate, chacun sait que l'action armée ne permettra pas, à elle seule, de gagner la paix». «Les vrais débats, résume une autre source, concernent la coordination de tous les protagonistes, le lancement d'un processus politique inclusif, l'effet d'entraînement sur l'État malien et les moyens pour que l'aide ne soit pas déversée en vain».

 

Soucieux de remonter en ligne, Laurent Fabius s'est donc attaqué au vaste chantier de l'après-guerre en réorganisant l'ordre de bataille de ses équipes. Face à la crise multidimensionnelle du Sahel, les structures administratives ont montré leur limite: Mali, Mauritanie, Niger, Algérie, n'appartiennent pas aux mêmes directions du Quai. Sur le modèle anglo-saxon, une «task force» a été mise en place. Ce groupe de travail interministériel (Affaires étrangères, Défense, Intérieur…) réunit chaque semaine, à des niveaux variables, des représentants de tous les intervenants sur le dossier malien. Laurent Fabius prône aussi une diplomatie «démultipliée» incluant, par exemple, la coopération décentralisée. Il réunira ainsi les acteurs du dossier sahélien le 19 mars, à Lyon, autour des collectivités territoriales, françaises et maliennes. De nouvelles pièces dans le dispositif mis en place par le Quai pour lancer un chantier qui s'annonce long et ardu - et pour reprendre la main.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 08:55

http://www.marianne.net/blogsecretdefense/photo/art/default/966253-1143834.jpg?v=1362396983

 

04.03.2013 par JD Merchet - Ria novisti

 

Le 12 février 2013, à 3h 57 (heure française), la Corée du Nord procédait un essai nucléaire souterrain. La puissance de l’engin testé est estimée à environ 8 kilotonnes, soit deux fois moins qu’Hiroshima.

 

Témoins de cet événement exceptionnel, les sismographes du monde entier enregistraient alors un séisme d’une magnitude de 5,1 sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre se situait au nord-est de la République démocratique et populaire de Corée, à un kilomètre de profondeur.

 

Cet essai nucléaire, illégal au regard du droit international, a suscité une avalanche de réactions au niveau mondial, unanimes dans leurs condamnations. Mais, dès le lendemain, l’affaire était oubliée… Comme si, au fond, ce n’était pas grave. La sagesse des nations n’a peut-être pas tort. Car, in fine, la prolifération nucléaire semble bel et bien contenue, en dépit de l’essai nord-coréen. C’est tout le paradoxe de cette affaire.

 

Le test coréen était le troisième du genre. Le premier, le 9 octobre 2006, avait dégagé une puissance très faible de l'ordre de 0,5 kt. Les experts estiment qu'il s'agissait d'un échec technique, certains mettant même en doute le caractère nucléaire de l'explosion. Nouvel essai, le 25 mai 2009, dont là encore les résultats avaient fait l'objet d’interrogations : plein succès ou semi-échec ?

 

Aujourd'hui, les spécialistes n'ont aucun doute : les Nord-Coréens progressent sur les armes, comme ils le font en matière de missiles. La mise en orbite d’un satellite, le 12 décembre 2012, témoigne de leur avancement. Certes, ils ne disposent pas encore d’une arme nucléaire « militarisée », susceptible d’être placée sous la coiffe d’un missile – et d’un missile balistique capable de transporter un tel engin. Mais ils progressent dans cette direction et devraient y arriver dans une dizaine d’années.

 

A côté de la Corée du Nord, un seul autre pays tracasse la communauté internationale : l’Iran. Son programme militaire suscite des polémiques, des interrogations et de sérieuses inquiétudes depuis dix ans. Il est, c’est l’évidence, moins avancé que celui de la Corée du Nord. Et une issue politique négociée n’est pas totalement impossible.

 

Corée du nord et Iran. Deux pays sur les 193 que comptent la planète, c’est peu. Cela signifie que, globalement, la menace d’une prolifération massive des armes atomiques, que redoutaient les oiseaux de mauvais augure, n’a pas eu lieu. Et qu’elle n’aura pas lieu à échéance prévisible. D’aucuns imaginaient la floraison rapide d’arsenaux atomiques en Asie, au Moyen-Orient, au Maghreb, voire en Amérique du sud. Nous n’y sommes pas.

 

Aujourd’hui, dans le pire des cas – c’est-à-dire l’accès de l’Iran à la bombe -  on passerait de neuf puissances nucléaires à dix.  Pour certains, cela pourrait justifier une guerre contre la République islamique. Mais il faut faire, dans ces choses, la part du chantage, de la désinformation et de la menace… Pour d’autres, comme le général français Lucien Poirier, l’un des théoriciens de la dissuasion, récemment disparu, cela resterait politiquement gérable.

 

Le nucléaire n’a pas massivement proliféré, mais il n’a pas prêt non plus de disparaitre. Il y a plus de 10.000 têtes nucléaires de par le monde, qui sont loin d’être toutes opérationnelles. C’est quatre fois moins qu’au plus fort de la guerre froide. Elles sont détenues à plus de 90% par les Etats-Unis et la Russie.

 

Un désarmement nucléaire total n’est pas à l’ordre du jour : le discours d’Obama à Prague, en 2009, appelant à un monde « libre de toute arme nucléaire » a été sans lendemain. Les Etats-Unis n’ont même pas retiré leurs bombes nucléaires obsolètes stationnées en Europe… Et la nomination d’un Secrétaire à la Défense, Charles Hagel, partisan du désarmement nucléaire, ne devrait guère changer la donne, au-delà de quelques discours. La Russie a relancé ses programmes stratégiques. En France, avant même son élection, François Hollande a assuré qu’il ne toucherait à rien, un geste courageux alors qu’une partie de la gauche (et de l’armée) attendaient une réduction. Le Royaume-Uni entend rester dans la course et teste le comportement de ses armes dans des installations françaises. Et la Chine n’est pas sur la voie du désarmement unilatéral… Voilà pour les cinq pays légalement « dotés » de l’arme nucléaire, au regard du droit international.

 

Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de 1968, toujours en vigueur, consistait en effet à geler la situation, telle qu'elle se présentait au moment de sa signature, en créant deux catégories de pays, les «dotés» et les «non-dotés».

 

D'un côté, les Edan, Etats dotés de l'arme nucléaire. Ce sont les Etats-Unis (depuis 1945), l'URSS (1949), la Grande-Bretagne (1953), la France (1964) et la Chine (1964). De l'autre, on trouve tous les autres pays, qualifiés d'Endan (Etats non dotés de l'arme nucléaire).  Les «dotés» s'engagent à ne pas aider les «non-dotés» à acquérir l'arme nucléaire et ceux-ci promettent, de leur côté, de renoncer à le faire par leurs propres moyens. En contrepartie, ils bénéficieront d'une aide internationale pour le développement des applications civiles du nucléaire. Les Etats «dotés» promettent enfin d'ouvrir des négociations visant à un désarmement général. Le tout est placé sous le contrôle d'un organisme des Nations unies, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), basée à Vienne.

 

C’est l’architecture de base du système de non-prolifération. Il souffre toutefois d’un point faible : ne sont concernés que les pays signataires. Or, trois pays ne l’ont jamais signé et tout trois possèdent l’arme nucléaire : Israël, l’Inde et le Pakistan. Ils ne sont pas hors la loi puisqu’ils ne reconnaissent pas cette loi… Israël possède un arsenal atomique depuis 1967 – mais refuse d’en faire état publiquement, l’Inde depuis 1974 et le Pakistan depuis 1998.

 

Le cas de la Corée du nord et de l’Iran est différent, puisque ces deux Etats sont signataires du TNP. Pyongyang explique s’en être retiré – ce que conteste la communauté internationale – alors que Téhéran assure – sans convaincre… - en respecter les clauses.

 

Un seul Etat au monde a renoncé de son plein gré à l’arme atomique : l’Afrique du Sud, lors du changement de régime à la fin de l’apartheid. Des Etats heritiers de l’URSS (Ukraine, Kazakhstan, Biélorussie) se sont dénucléarisés dans un contexte différent, les armes devant russes. D’autres pays ont abandonné des programmes nucléaires non aboutis, là encore dans des situations très contrastées : la Suisse, l’Argentine, l’Irak, la Libye, la Yougoslavie…

En dépit du test nord-coréen, le pire n’est donc jamais sûr.

 

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.

* Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les affaires de Défense. Auteur du blog français le plus lu sur ces questions, créé en 2007. Ancien de l’Institut des hautes études de défense nationale. Auteur de nombreux ouvrages dont : « Mourir pour l’Afghanistan » (2008), « Défense européenne : la grande illusion » (2009), « Une histoire des forces spéciales » (2010), « La mort de Ben Laden » (2012).

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 16:30

http://terrortrendsbulletin.files.wordpress.com/2010/07/al-qaida-magazinejpg-4fc1262af3b52cb4_large.jpg?w=530

 

March 10, 2013: Strategy page

 

On February 28th the tenth issue of the al Qaeda English language online magazine Inspire appeared. The last issue appeared nine months ago and the delay was caused by the untimely deaths of several people responsible for producing Inspire. Last May 2nd the 9th issue of Inspire Magazine showed up on the Internet. Inspire was founded by al Qaeda propagandist and recruiter Anwar al Awlaqi, who was killed in Yemen by an American UAV in late 2011. The same attack killed the editor of Inspire. The new editor of Inspire, Abu Yazeed was responsible for issue 9, but shortly after that issue was completed the Yemeni army, and southern tribes hostile to al Qaeda, launched a major attack on the thousands of al Qaeda gunmen in southern Yemen. Over the next few months al Qaeda lost this battle, and a large number of its men, including Abu Yazeed. Apparently al Qaeda has found one or more members with a good command of English to create issue ten. While defeated in southern Yemen, al Qaeda survivors are still finding sanctuary among some tribes in remote areas. It’s also quite possible that production of Inspire has moved to another area, possibly the West (where many Moslems with pro-terrorist attitudes live).

 

Founding editor al Awlaqi was noted mainly for being American born and an active recruiter of terrorists world-wide, especially in the West. Al Awlaqi was not in the senior leadership that actually ran the al Qaeda in Arabia organization. Awlaqi was mainly famous for founding Inspire in 2010, as part of his efforts to recruit more terrorists from among Moslems who were already in the West. Awlaqi used the Internet heavily to recruit Moslems outside the Middle East, and especially in the West, to participate in "personal jihad" (terror attacks planned and carried out by one person or a few people). Inspire Magazine provided practical information, for those who could read English, on how to do that.

 

All issues of Inspire give wannabe Islamic terrorists guidance on what the main targets should be (according to senior al Qaeda leadership) and practical advice on how to carry out attacks. Issue 10 advised going after prominent people, like retired politicians or those deemed to have insulted Islam and kill them. Several articles provide more practical advice on various terrorist techniques.

 

In the year before his death Awlaqi was under growing pressure from the Yemeni government and American missile armed UAVs hunting for him. Although Awlaqi only needed an Internet connection to gather material for Inspire Magazine, and to publish it (by posting the PDF file to pro-Islamic terror web sites), he was not able to keep publishing the magazine on a timely basis. His followers found a new editor soon after the death of al Awlaqi. Abu Yazeed’s first, and only, issue of Inspire was filled with praise for Awlaqi and al Qaeda founder Osama bin Laden. This was a "celebration" of the first anniversary of bin Laden’s death at the hands of American commandoes.

 

While many terrorist wannabes have been caught with Inspire Magazine (possession of which is illegal in Great Britain), no successful terror attacks have been traced to it. That's probably because there are already a lot of Islamic terrorist "how to" documents out on the Internet, most of them written in Arabic or Urdu (the most common language in Pakistan). There has always been some material in English, if only because a lot has been written about terrorism in English. This has become the common language of knowledge in general, with technical material from many other languages translated into English. Until recently, few books were translated into Arabic (or even published in Arabic), so many Arabs interested in learning anything beyond religion learned English first.

 

What English speaking terrorist wannabes still lack is practical experience on how to go about being an Islamic terrorist. Those most attracted to this sort of thing tend to be the less successful socially and economically. Simple and direct instructions are needed, along with ideological justification for Islamic terrorism. Inspire Magazine provides both, although the propaganda tends to be rough going for those not accustomed to deep thinking. The advice on carrying out violence is easier to understand, and that's what makes Inspire Magazine dangerous.

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 20:55
Mindef

4 mars 2013, par Philippe Leymarie

 

« Nous avons une armée qui est encore un bel outil, mais il n’est pas sûr que cela va durer longtemps », estime le général Vincent Desportes, pour qui la campagne actuelle au Mali illustre les points forts du dispositif militaire français, mais aussi les faiblesses d’une « défense à trous ». Il considère, à quelques semaines de la parution d’un nouveau Livre blanc et de la préparation d’une nouvelle Loi de programmation militaire, que la dissuasion nucléaire — budgétivore et intouchable — perdra de sa crédibilité si elle n’est pas adossée à une force conséquente. Or, c’est le contraire qui se profile…

Le « retex » (retour d’expérience) sur l’opération Serval au Mali apparaît plutôt favorable à cet ancien directeur de l’Ecole de guerre, devenu professeur à Sciences Po :

« L’adversaire a été culbuté », il a été dépassé en mobilité, pour ne rien dire de la « 3ème dimension » (espace aérien), entièrement maîtrisée par les militaires français, grâce à leurs techniques de ravitaillement en vol, de poser aérien d’assaut, d’aérolargage, de parachutage, d’appui par les hélicoptères de combat, d’engagement de troupes de tous types au sol, de soutien logistique et sanitaire…

Au final, une manœuvre compliquée, planifiée de longue date, qui a parfaitement fonctionné, en dépit des étirements géographiques (jusqu’à 1 200 km de Bamako, 2 400 km d’Abidjan, etc.), et qui démontre une fois de plus que les armées françaises — même à effectifs et moyens en réduction depuis plus de cinq ans — restent capables « d’entrer en premier » sur un théâtre d’opération, de tenir le rôle de « nation-cadre » dans une intervention multinationale, de disposer de toute la palette interarmes, etc. « Pour une fois, on est pas une “proxyforce” (force d’appoint).  »

Savoir-faire français Retour à la table des matières

Le général se dit impressionné par la « maîtrise du feu »  : « En Afghanistan, dès 2002, les Américains en avaient fait un emploi inconsidéré : lorsqu’en 2005-2006, on a voulu “rallier les cœurs et les esprits”, il était trop tard. Au Mali, on n’a rasé ni Tombouctou ni Gao : l’appui de la population est fondamental, et c’est un savoir-faire français. N’étant pas subordonnés aux Américains, cette fois, nous avons pu utiliser nos propres méthodes. »

Vincent Desportes insiste au passage sur l’utilité des points d’appui prépositionnés (les bases à Libreville, N’Djamena, Abidjan, etc.), dont le sort était remis en question ces dernières années : « Heureusement qu’on est pas allé au bout de la réforme préconisée par le Livre blanc de 2008… C’est une plus-value par rapport aux autres Européens… Les Britanniques ne pourraient faire face, par exemple, à un conflit en Afrique de l’Est. » Il estime que, tant que Paris exerce des responsabilités de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, les militaires français doivent pouvoir être projetés « sans fausse honte » partout où c’est nécessaire… mais aussi « sans attendre un casus belli ».

Unités d’élite Retour à la table des matières

Mais l’ex-général fait également le compte des faiblesse ou dérives :

— la réduction des effectifs : pour être capable de projeter quatre mille hommes avec tout l’environnement nécessaire (comme dans le cas de l’opération Serval au Mali), il faut un énorme réservoir derrière… Pour sélectionner et mettre en condition les trois mille membres des forces spéciales françaises (commandos air, marine, terre), il faut pouvoir puiser dans un vivier, avec notamment une armée de terre à cent mille hommes… ce qui ne sera plus le cas longtemps, au rythme des réductions actuelles.

— le tropisme sur les forces spéciales : « On en a fait un abus. C’est le syndrome Puga [1] ». Mais l’entretien de ces unités d’élite (actuellement limitées à trois mille hommes hyperentraînés et hyperéquipés), induit des économies sur le conventionnel. Or, si ces commandos sont des atouts pour la préparation d’une opération, ou le lancement d’une offensive « coup de poing » en ouverture de théâtre, ils ne savent pas faire ce que fait l’armée « normale » — sécuriser, tenir le terrain, etc. « Reprendre les villes, c’est le métier de base des unités classiques. »

Le rêve de Bercy Retour à la table des matières

— les équipements qui ont souffert  : « On comprend que l’état-major ait repris les photos de l’opération Daguet, dans le Golfe : ce sont les mêmes véhicules ! » Mais ils ont quarante ans, et tombent en panne.

— le manque d’autonomie : « On a taillé dans les stocks. On a des manques criants. » Dans le domaine des drones, du renseignement, du ravitaillement en vol, du transport aérien, etc. Et « si les Américains ne veulent pas qu’on continue, au bout de quelques jours, la guerre s’arrête… »

— l’Europe de la défense : « C’est un rêve qui ne fonctionne pas. Il y a une perception différente des menaces. Les nations comptent plus que l’Union. Les procédures européennes, comme celles prévues par les Constitutions de plusieurs pays, sont trop lourdes et limitent la liberté d’action. Le “pooling and sharing” (partage des capacités) est une fausse bonne idée, qui plaît à Bercy (où on cherche à faire des économies sur le régalien) mais qui va à l’encontre des capacités autonomes françaises. »

L’adieu aux Malouines Retour à la table des matières

D’où, pour le général Vincent Desportes, une série de leçons dont devraient tenir compte les rédacteurs du nouveau Livre blanc et les planificateurs de l’armée future : conserver des points d’appui prépositionnés, maintenir un volume significatif de forces conventionnelles, rénover l’équipement de l’armée de terre (alors que les programmes de renouvellement des matériels sont régulièrement repoussés), conserver une cohérence interarmées, et inter-composantes au sein d’une même armée.

« Les Britanniques ne seraient plus capables aujourd’hui de faire les Malouines [2]. Et les Français pourront-ils reproduire une opération de type Serval dans quelques années ? », se demande Desportes, qui met en garde contre une « défense à trous », un manque « d’épaisseur stratégique », une dépendance à l’égard des Américains, rappelant qu’en 2011, après quatre mois d’offensive aérienne et maritime en Libye, les armées se disaient déjà « au taquet ».

Dissuasion à la malienne Retour à la table des matières

« L’erreur capitale du précédent Livre blanc a été de sanctuariser la dissuasion nucléaire », estime par ailleurs le général Desportes. Dans la perspective d’un budget défense en baisse, cet intouchabilité du budget nucléaire suppose que les forces conventionnelles seront amputées. Or, soutient-il, il y a un lien stratégique entre le nucléaire et le conventionnel : « Ce n’est pas du “tout ou rien” » : il y a une gamme de réactions, une progressivité de l’action. « Si on n’a que le nucléaire, on ne le tire jamais ! » « Ce n’est pas avec un SNLE [3] qu’on protégerait nos ressortissants, et qu’on aurait empêché les prises d’otages au Mali ou au Cameroun ! »

Croisement en or Retour à la table des matières

C’est une question de crédibilité : à défaut d’avoir jamais utilisé la bombe atomique (et dans la perspective de ne jamais avoir à faire autre chose que la brandir…), il faut montrer ce qu’on sait faire, à différents stades : « Sinon, personne n’y croit. » Sur ce plan, « le fait de s’être engagé au Mali contribue à renforcer la dissuasion… même nucléaire ». Bref, les forces conventionnelles entourent, préparent et crédibilisent une éventuelle frappe atomique. « De mon point de vue, le nucléaire ne sert à rien si nous n’avons pas d’autonomie défensive. »

Le général, qui se dit absolument partisan d’un maintien de la dissuasion nucléaire, prône cependant un équilibre constant entre les budgets du nucléaire et du conventionnel : quand l’un baisse, l’autre doit diminuer dans les mêmes proportions. Et d’énumérer quelques gisements d’économies, en se posant à nouveau la question de la pertinence d’une composante nucléaire aéroportée, ou d’une permanence totale à la mer des SNLE, « les trois-quatre heures de croisement entre le sous-marin retour de patrouille et celui qui le relève coûtant des fortunes » car imposant à lui seul l’entretien d’un quatrième SNLE, avec double équipage, etc.

Il est encore possible de prendre en compte ces remarques du général Desportes : la parution du Livre blanc, initialement prévue pour janvier, puis février, ne devrait pas intervenir avant mars ou avril...

Notes

[1] Du nom du chef d’état-major particulier du président de la République, ancien chef du Commandement des opérations spéciales (COS)

[2] L’armée britannique avait affronté en 1982 les militaires argentins, pour empêcher l’annexion de cet archipel colonial de l’Atlantique sud.

[3] SNLE : sous-marin lanceur d’engins, vecteur de la dissuasion nucléaire.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 13:54

http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2013/02/f35_f16.jpg

 

Février 25, 2013 par Joseph Henrotin - alliancegeostrategique.org

 

On a fréquemment, dans les débats stratégiques américains des années 1990 et 2000, évoqué le concept de « guerre asymétrique ». Depuis lors moins utilisé aux Etats-Unis, cette sémantique de l’asymétrie reste largement usitée en France et, plus couramment, en Europe.

 

Mais le terme est aussi ambigu : largement assimilé au concept, autrement plus riche, de guerre « irrégulière », l’asymétrie montrerait la disparité des forces engagées dans une guerre (alors qu’aucune guerre à travers l’histoire n’a opposé des forces strictement égales en nombre et en qualité). Dans ce contexte, quelles sont les racines de ce concept et comment peut-il être le signe d’une pensée stratégique montrant une prégnance de la technologie ? 

 

 

Formellement parlant, « les approches asymétriques sont des tentatives pour circonvenir ou miner les forces (…) tout en exploitant les faiblesses (…) usant de méthodes qui diffèrent de manière significative des méthodes traditionnelles des opérations (…) et recherchent généralement un impact psychologique majeur, comme un électrochoc ou une confusion, affectant les vulnérabilités d’un adversaire. Les approches asymétriques font souvent usage de tactiques, d’armes ou de technologies innovatrices, non-traditionnelles et peuvent être appliquées à tous les niveaux de la guerre – stratégique, opérationnel et tactique et cela à travers le spectre des opérations militaires » (1). L’asymétrie renverrait ainsi à l’utilisation de la guérilla et du terrorisme et est considérée comme non-conventionnelle, irrégulière, en ce sens qu’elle ferait sortir la guerre des règles traditionnelles, notamment en matière juridique.

 

Ayant fait l’objet de nombreuses publications (2), le concept émergera assez tôt, dès 1994, dans les débats portant sur la RMA. Il se verra intégré dans l’édition de 1997 de la National Security Strategy (3). Au vrai, toutefois, le vocabulaire d’une « guerre asymétrique » était forgé dans un contexte où plusieurs contributions, dès la fin des années 1980, mettaient en évidence les risques que représentaient les guérillas pour les forces occidentales. C’était notamment le cas chez Van Creveld ou encore chez Lind, qui associera cette résurgence des opérations irrégulières à une nouvelle catégorie historique de l’art de la guerre et définiront des « guerres de 4ème génération » (4). Il n’est pas encore question de « guerre asymétrique » dans leurs travaux mais, nous le verrons, ce concept né aux Etats-Unis montre aussi une spécificité particulière : d’abord utilisé pour critiquer les principes de la révolution dans les affaires militaires (RMA), il se construit en tant qu’objet technique, l’asymétrie étant majoritairement capacitaire.

 

La construction d’un concept


Bien évidemment, dans la construction du concept, les expériences de Mao, de Giap, du FLN algérien, les travaux de Liddell Hart dans son rapport à l’approche indirecte seront également mobilisés. L’asymétrie présentait, déjà à ce stade, des rapports aléatoires à la technique. Lind et ses confrères indiquent ainsi que l’évolution de la robotisation, par exemple, pourrait permettre de voir émerger un certain nombre de ruptures en regard des modes d’action traditionnels des guérillas. En pratique, le concept est surtout mobilisé afin de critiquer les présupposés de la RMA. La recherche de supériorité technologique pourrait, dans ce cadre, constituer une vulnérabilité, en enfermant l’institution militaire américaine dans une rationalité technicienne, linéaire et vulnérable à des frappes contre ses talons d’Achille. Dans cette optique, la RMA est considérée comme étant d’abord formatée afin de contrer des menaces symétriques, de niveau identique ou quasi-identique. Le concept d’asymétrie se positionne dès lors face à des modes de combat (combat non-conventionnel Vs. combat classique) mais l’on perçoit rapidement qu’ils sont également technocentrés.

 

Le techno-centrage de l’asymétrie

 

A bien des égards, ce qui qualifie le combat symétrique pour les Etats-Unis des années 1990 est son appui sur des plateformes et des systèmes d’armes. A contrario, dans l’esprit de ceux qui forgent le concept, les opérations asymétriques ambitionnent de réduire le potentiel humain et matériel adverse mais imposent surtout une élévation de la réflexion, un recentrage sur la nature de la guerre elle-même.

 

Tel qu’il est envisagé du milieu des années 1990 au milieu des années 2000, le combat régulier ne diffère pas fondamentalement de celui qui aurait été utilisé contre le Pacte de Varsovie. L’attrition du potentiel soviétique devait alors conduire droit à la victoire mais impose la stratégie des moyens comme une stratégie en soi. Dans le cadre d’une stratégie de recherche de la supériorité technologique, c’est l’aptitude à concevoir et à produire des équipements capables de détecter des systèmes adverses qui deviendra déterminante. La RMA sera ainsi critiquée pour reproduire la rationalité de la guerre froide.

 

Pour les premiers tenants de la guerre asymétrique, il s’agit de montrer que l’adversaire peut aussi se comporter suivant un comportement « de rupture ». Plus prosaïquement, ce comportement est tout simplement celui d’un adversaire intelligent – c’est la fameuse « loi du contournement » évoquée par V. Desportes dans La guerre probable.

 

A bien des égards, on peut ainsi se poser la question de savoir si l’émergence du concept de Peer competitor, parallèle à celui de la RMA, n’est pas également partie prenante de cette réactualisation de la guerre froide et des rationalités du combat régulier. Dans un tel cadre, l’asymétrie elle-même se positionne au regard de référents technocentrés. Des exercices comme Millenium Challenge 2002 ou des manœuvres au National Training Center ne se situeront pas tant dans une optique asymétrique – contrairement a ce qui a été dit – que dans l’utilisation intelligente de modes de combat symétriques.

 

Durant Millenium Challenge, le général Von Ripper, commandant la « force rouge » devant arrêter les forces US (les « forces bleues »), a d’emblée lancé une attaque massive sur les navires américains, qualifiée d’asymétrique et « coulant » 16 d’entre eux. Il a démissionné suite à l’annulation de ses actions, arguant que les exercices n’étaient plus à même de générer des leçons dès lors qu’ils étaient menés pour valider le modèle de la Transformation (5). Durant les exercices Division Capstone, devant valider la première unité digitalisée de l’US Army (2001), les OPFOR (Opposition Forces) ont effectué un raid à pieds sur le PC de la brigade, « détruisant » le système de commandement. Difficile cependant d’y voir un art de la guerre irrégulier, sauf à considérer que la manœuvre à pieds n’est plus une compétence des armées de l’OTAN…

 

L’intégration de l’asymétrie à la doctrine américaine s’est donc avérée biaisée. Dès lors, la confrontation aux expériences afghane et irakienne montre l’étendue de l’inadaptation américaine. S’il existe un consensus sur le fait que les approches asymétriques permettent de maximiser le potentiel d’action des unités de guérillas face à des forces supérieures en nombre et/ou en qualité, force est aussi de constater qu’une guérilla est également en mesure de s’en prendre aux racines mêmes de la rationalité des forces américaines. Trop technocentrées, ces dernières coursent des capacités et non la motivation profonde des combattants adverses.

 

Ainsi, pour Liang et Xiangsui, « les Américains privilégient toujours les armes. Ils préfèrent considérer la guerre comme un marathon où leur concurrent serait la technique militaire, plutôt que de l’envisager comme une épreuve d’esprit, de courage, de sagesse, de stratégie » (6).

 

Dans une optique similaire, Jacques Baud notait que la supériorité technologique « tend à enfermer l’Occident dans une vision (…) propre et impersonnelle de la guerre. Cette supériorité alimente un ethnocentrisme exacerbé qui estompe les réalités des autres civilisations » (7). Au final, l’assimilation du concept d’asymétrie dans le débat stratégique américain pourrait ainsi montrer une réinterprétation du concept dans le sens des conceptions les plus bureaucratiques, voire les plus optimistes de la RMA/Transformation (8).

 

Le problème d’une telle dérive dans les représentations de l’asymétrie est qu’elles induisent des réponses de nature technologique plus que conceptuelles aux problèmes stratégiques. Mais si elles correspondent à la culture technologique américaine (9), elles ne répondent pas à la définition de la stratégie comme « L’art de la dialectique des volontés opposées employant la force pour résoudre leur conflit » (10).

 

Dans le cas irakien, l’émergence d’un système de guérillas a focalisé la stratégie des moyens vers les véhicules de déminage (les Explosive Improvised Devices –IEDs – représentant la majeure partie des actions visant les forces US), les systèmes de visualisation des IEDs ou les systèmes de vision nocturne. Un temps très évoqués, les systèmes de traduction automatique l’ont été de moins en moins. Un système comme la tenue du combattant Land Warrior, en son temps perçue comme devant être capable de répondre aussi bien aux défis des combats réguliers qu’irréguliers ont été ouvertement critiqués par leurs utilisateurs, avant son abandon. Comparativement, le manque de préparation des Américains aux opérations de contre-guérilla causera de profondes remises en question dans la communauté doctrinale, qui débouchera sur des changements doctrinaux profonds.

 

Une tension structurelle vers la déconsidération de l’asymétrie

 

Pareil exemple tend à montrer que tant le concept d’asymétrie que son institutionnalisation au sein des forces américaines sont déficitaires, voire qu’ils font face à une incapacité structurelle des forces à les prendre en compte. On peut, à cet égard, se poser la question du rôle des représentations américaines non seulement de l’asymétrie mais aussi de la stratégie en tant que telle. A cet égard, le positionnement de Washington semble ambigu : la supériorité technologique motiverait ainsi un haut degré de connectivité conceptuelle entre symétrie et asymétrie (11). La croyance en les effets de la technologie comme les imaginaires l’entourant motiveraient dès lors un estompement des catégorisations du combat, asymétrie et symétrie en étant les modes principaux (12). Dans cette optique, l’asymétrie ne serait rien d’autre qu’une variation du combat symétrique et non la catégorie autrement plus riche de la guerre irrégulière (13). Ce dernier étant perçu comme le plus « difficile » à conduire, sa maîtrise par la technologie est interprétée comme un blanc-seing à la conduite d’opérations contre-asymétrique, perçue comme plus « faciles ». Cette perception particulière résulte pour partie d’une interprétation faussée des représentations classiques du spectre des conflits, lequel est fréquemment représenté comme suit :

 

Dans un cadre où les opérations les opérations régulières sont perçues comme plus délicates, l’entraînement tend à se focaliser sur elles. Or, force est ici de constater que ce pragmatisme « de bon sens » n’est guère pertinent. L’expérience vietnamienne, par exemple, pour unique qu’elle ait été, a durablement marqué les esprits sans toutefois augurer d’une véritable réflexion en profondeur sur la conduite des opérations contre-insurrectionnelles et contre-asymétriques. Un certain nombre d’attitudes US sont ainsi réapparues en Irak, réactualisant le mot circulant à l’US Army War College selon lequel « depuis le Vietnam, l’armée n’a rien oublié et n’a rien appris ». Outre une focalisation excessive sur les réponses technologiques, la primauté des opérations régulières sur les opérations irrégulières est bel et bien restée établie, du fait de facteurs culturels (prestige plus grand), ethnocentriques (focalisation sur les Etats industrialisés) et stratégiques (prééminence d’un Jomini favorisant la tactique ; culture stratégique favorisant de la puissance de feu). On y ajoutera, avec Bruno Colson, que durant les périodes où la technique prédomine, l’histoire comme la réflexion stratégique tendent à être minorées (14).

 

Au-delà, les concepts de conflits de basse, moyenne et haute intensité, corollaires de ceux de symétrie et d’asymétrie, montrent eux aussi, aux Etats-Unis, une interprétation tronquée, favorisant une inadaptation comportementale. Par de nombreux aspects en effet, leur catégorisation en fonction de leur intensité est également technocentrée, dans la mesure où elle est d’abord fondée sur le volume de violence/puissance de feu irriguant le conflit. Or, cette variable est, dans le cas américain, dépendante de facteurs techniques : nombre de tubes d’artillerie, tonnages de bombes larguées, nombre et qualité des unités disponibles, etc. Surtout, une telle catégorisation manque de souligner que l’intensité d’un conflit dépend essentiellement du degré de violence que les combattants sont prêts à y injecter : dès lors, une guerre irrégulière n’est pas nécessairement « de basse intensité ».

 

C’est la mobilisation et la motivation du combattant à atteindre ses objectifs qui priment les moyens à sa disposition : la guerre reste affaire de volontés opposées. Dans ce contexte, le concept de conflits de basse intensité tend à être, comme l’asymétrie, relégué au second plan des préoccupations doctrinales. Par ailleurs, mais la critique n’est pas neuve, le concept recouvre tant de réalités différentes et dépend tellement d’une qualification subjective (comment le distinguer des opérations de « moyenne intensité » ?) qu’il manque intrinsèquement de précision.

 

Eliminer du débat l’asymétrie ?

 

C’est également le cas, à cet égard, du concept d’asymétrie. Terme générique, il montre une diversité d’acceptions, recouvrant aussi bien des opérations de guérilla de grande ampleur (et suivant des structurations de groupes de guérilla extrêmement variées) que des actes terroristes, voire des attaques informatiques sur les réseaux militaires et civils. D. Rumsfeld, interrogé par le New York Times, incluait dans l’asymétrie les armes NBC ou encore des armes pourtant très « symétriques », les missiles de croisière. Il finira par indiquer que « je voudrais connaître un autre terme pour dire « armes de destruction massive » » (15).

 

Catégories « fourre-tout », les concepts d’asymétrie comme de conflits de basse intensité doivent être compris pour ce qu’ils sont : des référentiels devant stimuler l’imagination et l’innovation stratégique et non comme des facteurs légitimant le développement des Transformations, y compris en Europe. On indiquera aussi qu’une certaine fascination pour l’asymétrie tend à cacher le fait qu’à l’échelle de l’histoire, elle est plutôt la norme stratégique et non une exception qui serait liée aux évolutions de l’art de la guerre aux Etats-Unis ou au sein de l’OTAN.

 

Joseph Henrotin est chargé de recherche au CAPRI et rédacteur-en-chef de la revue Défense & Sécurité Internationale (DSI). Article paru dans DSI n°76 – décembre 2011

 

Annexes :

(1) Metz, Steven and Johnson, David V., Asymmetry and U.S. Military Strategy: Definition, Background, and Strategic Concepts, Strategic Studies Institute, U.S. Army War College, Carlisle, January 2001, p. 5.

 

(2) Pour n’en citer que quelques-unes : Baud, Jacques, La guerre asymétrique ou la défaite du vainqueur, Editions du Rocher, Paris, 2003 ; Bédar, Saïda, « L’asymétrie comme paradigme central de la stratégie américaine », Le débat stratégique, n°56, mai 2001 ; Struye de Swielande, Tanguy, La politique étrangère américaine et les défis asymétriques, CIACO, Louvain-la-Neuve, 2003.

 

(3) Lambakis, Steven J., « Reconsidering Asymmetric Warfare », Joint Forces Quarterly, n°36, December 2004.

 

(4) Lind, William S. (Et alii.), « Faces of War into the Fourth Generation », Military Review, Vol. LXIX, n°10, October 1989.

 

(5) « The Immutable Nature of War », interview of Paul Von Riper with Nova, April 2004.

 

(6) Liang, Q. et Xiangsui, W., La guerre hors-limite, Bibliothèque Rivages/Payot, Paris, 2003, p. 147.

 

(7) Baud, Jacques, La guerre asymétrique ou la défaite du vainqueur, Coll. « L’Art de la Guerre », Editions du Rocher, Paris, 2003, p. 9.

 

(8) Il est ici utile de rappeler que si la littérature portant sur la RMA et la Transformation est immense, la majeure partie des auteurs se montre critique à l’égard du débat ou de ses ramifications.

 

(9) Sur cette notion : Henrotin, Joseph, « Quelques fondements de la culture technologique américaine », Les Cahiers du RMES, Vol. II, n°2, hiver 2005.

 

(10) Beaufre, André, Introduction à la stratégie, IFRI/Economica, Paris, 1985, p.16.

 

(11) On se souviendra ainsi des déclarations du chef d’état-major interarmées US durant la guerre du Vietnam, en opposition à un Kennedy cherchant à développer les capacités contre-insurectionnelles US et selon lequel n’importe quel bon soldat était naturellement en mesure de contrer une guérilla.

 

(12) On y ajoutera la dissymétrie, résultant de l’emploi d’armes NBC par un adversaire en compensation de son infériorité face à la supériorité technologique américaine. Nous ne traiterons toutefois pas de cette question dans la mesure où l’apparition de cette catégorie particulière n’élimine en rien les phénomènes de dissuasion (et alors que les Etats-Unis, malgré les débats qui les agitent, lui attachent toujours une importance certaine).

 

(13) Il suffit pour s’en convaincre – comme pour se convaincre de sa permanence dans le temps – de lire ou de relire les n°93-94-95-96 de Stratégique (accessible en ligne ici : http://www.institut-strategie.fr/?p=206) ou encore son n°100-101, consacré aux insurrections et aux contre-insurrections (http://www.institut-strategie.fr/?p=212).

 

(14) Colson, Bruno, « Histoire et stratégie dans la pensée navale américaine » in Coutau-Bégarie, Hervé (Dir.), L’évolution de la pensée navale, Vol. II, Coll. « Hautes Etudes Stratégiques », FEDN/Economica, Paris, 1992.

 

(15) « Interview with Donald H. Rumsfeld », The New York Times, 4 September 2002.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 12:50

Europe Flag

 

Feb. 25, 2013 by Antonio Missiroli 

 

As the perfect storm that hit the EU a few years ago seems to be slowly dying out, the crisis management mode that prevailed then seems now also to have given way to a more reflective mood: a less uncertain present is encouraging greater focus on how to shape a less uncertain future. Various political and institutional initiatives across the Union indicate a growing interest in strategic thinking and analysing trends and factors that may affect Europe’s position in the years and decades to come.

It may therefore be useful to dig a bit deeper into the nature, practice and record of strategic foresight - as has emerged elsewhere, especially in the United States - and to assess its relevance for the Union. To do so, a preliminary distinction needs to be made between ‘foresight’ as an essentially predictive function, and ‘strategy’ as a mainly prescriptive one.

 

Click here to read the brief 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:56

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22/02/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le directeur de l'Institut de Recherche Stratégique de l'École Militaire, Frédéric Charillon, estime qu'il "importe, dans un premier temps, de disposer de l'outil militaire permettant d'agir seul. Il importe, dans un second temps, de disposer de la "capacité d'entraînement" diplomatique permettant de ne pas le rester".

 

C'est une prise de position à lire au moment où la France planche sur une nouvelle doctrine de défense à l'occasion de la prochaine sortie du Livre blanc sur la défense. Elle est l'oeuvre du directeur de l'IRSEM (Institut de Recherche Stratégique de l'École Militaire), Frédéric Charillon, qui voit "quatre confirmations de tendances stratégiques" au moment où la France est simultanément aux prises avec deux exercices en cet hiver 2013 : "la (re)définition, la programmation de cette puissance d'abord, avec la rédaction en voie d'achèvement du Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationales ; la pratique de cette puissance ensuite, avec l'action de ses troupes au Mali depuis le 11 janvier dernier".

 

Disposer de l'outil militaire permettant d'agir seul

 

Première confirmation : "Tout en travaillant à la rationalisation des moyens et en privilégiant la réflexion à long terme (par l'exercice récurrent du Livre Blanc), la France, en Côte d'Ivoire en avril 2011, en Libye de mars à octobre de la même année (opération Harmattan), au Mali aujourd'hui (opération Serval), a joué un rôle ou pris des initiatives militaires rapides, qui ont rappelé qu'elle comptait parmi les puissances les plus aptes à utiliser l'intervention militaire comme outil d'urgence", rappelle Frédéric Charillon. Deuxième confirmation : "l'autonomie de puissance - ou autonomie stratégique - se compose et se composera de plus en plus demain, de deux volets inséparables. Il importe, dans un premier temps, de disposer de l'outil militaire permettant d'agir seul. Il importe, dans un second temps, de disposer de la "capacité d'entraînement" diplomatique permettant de ne pas le rester".

 

"Prenons l'habitude d'être dérouté"

 

Troisième confirmation sur le concept de puissance :  la puissance "consiste à être en mesure d'atteindre ses objectifs sur un enjeu et un terrain donnés, avec trois variantes de capacité : "faire", "faire faire", et "empêcher de faire". Etre capable d'agir sans contrainte de pression extérieure ni de moyens (faire), engager d'autres acteurs, par la conviction et non la contrainte, dans des actions qu'ils n'auraient peut-être pas entreprises seuls (faire faire), et être en mesure de stopper des acteurs ou des forces menaçant nos intérêts (empêcher de faire), restent bien les trois registres d'action de la puissance moderne".

 

Quatrième confirmation enfin : "On est frappé dans l'affaire malienne par tout ce qui va à contre-sens de ce que l'on croyait savoir : un État qui, en attendant mieux, lance sans longue préparation une opération sans ses alliés, ni ses partenaires européens ni l'ONU, sur un terrain qui n'illustre ni la guerre urbaine, ni la course aux ressources, voila qui déroute. Mais prenons l'habitude d'être déroutés". Qui aurait prédit, avant le 8 août 2008, le retour de l'invasion terrestre classique d'un État par un autre (la Russie envahit la Géorgie, ndlr) dans le double environnement stratégique européen et otanien ?"

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 12:50

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19/2/2013 Jacques Marouani, ElectroniqueS

 

A taux de change constants, les ventes ont baissé de 5% à 410 milliards de dollars (308 milliards d'euros environ), contre 411 milliards en 2010, selon une étude publiée par le "Stockholm International Peace Research Institue" (Sipri).

 

Les ventes des 100 premiers fabricants d'armes ont diminué en 2011 pour la première fois depuis le milieu des années 1990, dans un contexte de ralentissement économique et de réduction des équipements militaires pour les opérations en Afghanistan et en Irak, selon une étude publiée par le "Stockholm International Peace Research Institue" (Sipri).

 

A taux de change constants, les ventes ont baissé de 5% à 410 milliards de dollars (308 milliards d'euros environ), contre 411 milliards en 2010, détaille le groupe de recherche dans un communiqué.

 

"Les politiques d'austérité et les baisses envisagées ou actuelles des dépenses militaires, ainsi que le report de programme d'acquisition d'armes affectent l'ensemble des ventes d'armes en Amérique du Nord et en Europe de l'ouest", précise le Sipri.

 

La croissance des ventes d'armes avait déjà ralenti en 2010, revenant à une hausse de 1% en rythme annuel contre +8% en 2009.

 

Sur l'ensemble des fabricants d'armes étudiés par le Sipri, 74 sont basés aux Etats-Unis ou en Europe de l'Ouest et réalisent 90% des ventes.

 

Il y a peu de changement concernant les principaux fabricants d'armes, l'entreprise américaine Lockheed Martin restant numéro un, suivie par Boeing qui détrone, BAE System en deuxième position et General Dynamics qui devient numéro quatre à la place de Northrop Grumman.

 

La tendance au sein des fabricants d'armes et de diversifier leurs activités vers le sécurité sur internet, segment vers lequel continuent d'affluer les dépenses publiques dans les pays occidentaux.

 

Sur la période 2002-2011 les ventes d'armes des 100 premiers fabricants ont bondi de 51%, précise cependant le Sipri.

La liste complète des 100 premiers fabricants d'armes dans le monde à l'exclusion de la Chine (dont les données ne sont pas disponibles), est consultables ici. EADS est classé à la 7ème place mondiale et Thales est en 11ème position.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 09:50

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19 février 2013 Par RFI

 

Les ventes des plus gros fabricants d'armes ont diminué en 2011 pour la première fois depuis le milieu des années 1990, dans un contexte de ralentissement économique et de réduction des équipements. C'est ce qu'affirme le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), qui fait référence en la matière.

 

Les 100 premières entreprises mondiales de défense ont vu leur chiffre d'affaires diminuer de 5% entre 2010 et 2011. BAE Systems, Lockheed Martin, Boeing… le Sipri rappelle que les géants de l'industrie d'armement se trouvent en Amérique du Nord et un Europe de l'Ouest, là où les budgets de défense se sont « contractés » ces dernières années.

 

Vincent Boulanin est chercheur associé à l'Institut de recherche pour la paix de Stockholm. Il décrypte : « L’introduction des politiques d’austérité affectent les budgets de la défense. Il y a aussi le retrait d’Afghanistan et d’Irak, sachant que les firmes américaines comptent pour 60% des ventes. Donc, notamment, les compagnies qui sont les plus touchées, ce sont les fournisseurs de services, logistiques notamment, qui étaient engagés en Irak et en Afghanistan, ainsi que certains producteurs de véhicules militaires. »

 

Les industriels de l'armement s'adaptent donc. La bataille se joue maintenant à l'étranger, à l'exportation ou sur de nouveaux segments de marchés.

 

« Il y a l’idée d’accroître les chiffres de l’exportation vers ces pays émergents que sont le Brésil, l’Inde, la Chine, qui sont des marchés absolument fondamentaux, explique M. Boulanin. Il faut également se diversifier, soit sur le marché militaire, soit sur le marché civil dans le domaine de la cyber-sécurité. Les dépenses de cyber-sécurité ou de cyber-défense ne sont pas encore touchées par l’austérité et la baisse des budgets de défense. »

 

En France, les ventes d'armes devraient afficher une baisse de près de 20% entre 2011 et 2012

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 08:50

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18.02.2013 CESA

 

 

L’origine du besoin des avions sans pilote relève essentiellement du domaine militaire et restent méconnus du public durant pratiquement tout le XXème siècle. Des appareils font l’objet d’expérimentations dès 1917 en Europe et aux États-Unis. Ainsi, si les drones apparaissent souvent comme un système extrêmement novateur, ils s’inscrivent dans une approche bien plus historique qu’il n’y paraît.

 

Télécharger l’intégralité de l’article en pdf

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 07:29

http://www.45enord.ca/wp-content/uploads/2012/06/IMG_7006-642x428.jpg

Parmi les objets exposés au CANSEC,à Ottawa,

en 2012 les différents types de balles

(Photo: Nicolas Laffont)

 

18/02/2013 par Jacques N. Godbout - 45enord.ca

 

Selon les nouvelles données sur la production internationale d’armement contenues dans le rapport publié le 18 février par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), pour la première fois depuis près de vingt ans, les ventes des cent plus grands groupes d’armement mondiaux, hors Chine, ont chuté de 5% en 2011 et la tendance pour les années à venir est nettement à la baisse.

 

Les ventes d’armes et de services à la défense par les plus grandes sociétés productrices d’armement ont totalisé 410 milliards de dollars en 2011 contre 430 pour l’exercice précédant.

 

Au cours de la période écoulée depuis 2002, les ventes d’armes du Top 100 des entreprises d’armements avaient augmenté de 51 pour cent en termes réels, mais la tendance pour les prochaines années est donc maintenant nettement à la baisse.

 

Plusieurs facteurs expliquent la tendance à la baisse des ventes d’armement ces dernières années, parmi lesquels les difficultés économiques, les coupes budgétaires et le syndrome de l’Iraq et de l’Afghanistan, soit la réticence des pays occidentaux à s’engager dorénavant dans des missions de grande envergure.

 

« En 2011, les puissances établies au sein du système mondial – en particulier les États-Unis et leurs alliés transatlantiques – ont continué de faire face à des restrictions de leurs capacités économiques, politiques et militaires à relever les défis sécuritaires mondiaux et régionaux. Ces contraintes étaient avant tout imposées par des mesures d’austérité budgétaire dues à la crise des finances publiques qui a frappé la plus grande partie du monde développé », dit le rapport de l’institut basé à Stockholm.

 

« Largement soutenue durant la dernière décennie, l’expansion des traditionnelles opérations de paix connaîtra également un déclin dans les prochaines années. De plus, leurs principaux donateurs cherchent à diminuer leur soutien aux institutions multilatérales pour se concentrer sur des missions plus petites et plus rapides », ajoute encore l’institut suédois d’étude stratégique.

 

La baisse des dépenses a amené certains groupes à une spécialisation militaire, alors que d’autres se sont restructurés pour diminuer de taille ou se sont diversifiés dans des marchés adjacents, comme la sécurité, en particulier la sécurité informatique, selon le SIPRI.

 

Par ailleurs, selon le rapport de l’institut suédois, les entreprises d’armement ayant leur siège en Amérique du Nord et en Europe occidentale ont continué de dominer le Top 100 mondial de l’industrie, qui n’inclut pas les sociétés basées en Chine en raison du manque de données disponibles pour celles-ci.

 

Les chiffres d’affaires combinés des 44 producteurs d’armes américains représentaient 60 pour cent des ventes d’armes du Top 100 mondial alors que les 30 sociétés ayant leur siège en Europe de l’Ouest représentaient pour leur part 29 pour cent du total.

 

CAE électronique est la seule entreprise canadienne qui se retrouve sur la lite du Top 100 mondial de l’industrie de l’armement. L’entreprise montréalaise est même passée du 77e rang, en 2010, au 75e rang en 2011. Ses ventes d’armements totalisaient 900 millions $ US en 2011, contre 840 millions en 2010. Les ventes d’armements pour CAE en 2011 représentaient 49% des ses ventes totales de 1 840 milliard $.

 

L’américain Lockheed Martin (36,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011) est resté quant à lui premier, devant son compatriote Boeing, 2e, et le britannique BAE Systems, 3e.

 

BAE Systems, qui occupe le 8e rang,  aurait pu devenir numéro un mondial en fusionnant avec l’européen EADS (7e vendeur d’armement mondial), mais l’opposition de l’Allemagne a fait échoué le projet, du moins pour l’instant.

 

Quant à la société française Thales, elle occupe le 11e rang.

 

Le Stockholm International Peace Research Institute, SIPRI, fondé en 1966, qui a produit ce rapport, est un institut de recherche stratégique qui effectue, notamment, des recherches sur le développement de l’armement, les dépenses militaires, la production et le marché de l’armement, le désarmement, les conflits, la prévention des conflits et la sécurité.

 

Le SIPRI, créé par une décision du Parlement suédois, reçoit une partie importante de son financement sous la forme d’une subvention annuelle du gouvernement suédois.

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