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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 14:00

Europe Flag

 

Déc 2012 -, par Georges-Henri Soutou - canalacademie.com

 

Les leçons de l’histoire internationale de Georges-Henri Soutou, de l’Académie des sciences morales et politiques

 

Dès 1948, dès les débuts de la construction européenne, après la catastrophe de la Seconde guerre mondiale et dans le contexte de la Guerre Froide, la question d’une personnalité européenne de défense a été posée. Pacte, alliance, traité, union, fusion, ont tenté successivement, pendant soixante ans, d’insuffler un élan nouveau. En 2012, l’Europe serait-elle toujours en panne ? L’historien rappelle ici la chronologie des principales initiatives en matière d’organisation militaire européenne.

 

Ce fut d’abord le Pacte de Bruxelles de mars 1948, une alliance militaire qui rassemblait la Grande-Bretagne, la France et les trois pays du Bénélux face à la menace soviétique, illustrée par le Coup de Prague de février 1948. Cette alliance mit sur pied dès le mois de septembre un état-major européen, autonome, basé à Fontainebleau, qui aurait assumé le commandement des forces des partenaires en cas de guerre. Mais cet état-major européen, autonome, a disparu 18 mois plus tard, début 1951.

 

L’état-major de Fontainebleau et l’OTAN

 

C’est l’aggravation de la tension est-ouest, avec la guerre de Corée en juin 1950, qui poussa les pays européens à fondre dès le début de 1951 l’état-major de Fontainebleau dans l’OTAN, la structure militaire du Pacte atlantique signé en avril 1949 : c’était la fin du seul état-major européen que l’Histoire ait jamais connu, mais tout le monde était d’accord sur le fait que les États-Unis et l’OTAN constituaient à l’époque la seule garantie de sécurité valable face à l’URSS.

 

Un deuxième projet d’armée européenne voit le jour en 1950-1951 : La C.E.D.

 

la C.E.D. (Communauté de Défense Européenne) fut imaginée par les Français en 1950- 1951, pour encadrer le réarmement allemand, que les Américains exigèrent à la suite de la crise coréenne. Mais ce projet souleva en France une considérable opposition : non seulement la RFA se trouverait réarmée (on était 5 ans seulement après la fin de la guerre) mais en outre le projet, pour pouvoir priver l’Allemagne de toute indépendance en matière militaire, mettait sur pied une défense européenne supranationale dans laquelle l’Armée française aurait été elle aussi absorbée. Pour lier l’Allemagne, la France devait se lier elle-même. Du coup le projet finit par échouer devant l’Assemblée nationale le 30 août 1954.

 

Octobre 1954 : naissance de UEO, Union de l’Europe Occidentale

 

Échec de la C.E.D. en août 1954, certes, mais dès octobre 1954, on en sauva néanmoins quelque chose. L’UEO reprenait le pacte de Bruxelles de 1948 en y ajoutant la RFA et l’Italie. Ce n’était pas une réelle organisation militaire, mais fondamentalement un traité d’alliance, dont le casus foederis, notons-le, est plus rigoureux que celui, très élastique, de l’Alliance atlantique.

 

Bien plus tard l’UEO devait disparaître, mais son article 4 (précisant justement les obligations de l’alliance) a été repris dans le texte du Traité de Lisbonne de 2007. On notera que c’est simplement depuis cette date que l’Europe institutionnelle (CEE puis UE) comporte le volet juridique d’une alliance.

 

Un nouvel espoir à l’horizon

 

Au début des années 60, les choses faillirent évoluer. De Gaulle et Adenauer fondèrent, alors, largement leurs relations sur la conviction partagée que l’Europe devait retrouver les éléments de la puissance, économique, technologique mais aussi militaire.

 

Le traité de l’Élysée de 1963 avait une dimension stratégique essentielle, visant à terme, en fait, une défense européenne en dehors ou à côté de l’OTAN, à partir d’un noyau franco-allemand.

 

Et toujours : deux pas en arrière, un pas en avant...

 

Les Allemands furent par la suite beaucoup plus réservés à cause, évidemment, du passé mais aussi de leur nécessaire loyauté atlantique. Mais les Français continuèrent à penser dans cette direction et évoquèrent souvent dans les années 1990 le concept d’ « Europe-puissance ». D’ailleurs François Mitterrand et Helmut Kohl, dans les bouleversements de la réunification allemande et de la fin de la Guerre froide, renouèrent avec ces idées. Le traité de Maastricht de 1992 comportait un volet de politique extérieure et de sécurité commune (la PESC), même s’il subordonnait toujours l’Europe de la défense à l’OTAN. Et en 1992 on créa l’Eurocorps franco-allemand, auquel se joignirent rapidement Belges et Espagnols.

 

Les points hauts d’une courbe vite retombée

 

Il y eut, en effet, une période importante à partir du sommet franco-anglais de Saint-Malo en 1998, qui marqua l’entente des deux puissances militaires les plus conséquentes et actives de l’UE.

 

Au sommet d’Helsinki en décembre 1999 les membres de l’UE décidèrent de créer un comité militaire réunissant les ministres de la Défense des différents pays, un comité politique réunissant les ministres des Affaires étrangères, un état-major militaire de planification (mais pas de commandement, pour ne pas concurrencer l’OTAN) qui serait le conseiller militaire du Conseil européen. On décida en outre que dès 2003 l’Union devrait être capable de projeter, éventuellement hors de son territoire et pendant six mois, une "force de réaction rapide » de 60 000 hommes (on en est loin…). On créa d’autre part en 2004 une "agence européenne de défense", afin de dégager et de conduire des programmes d’armements communs (le plus important actuellement est celui de l’avion de transport A 400 M).

 

Des opérations militaires européennes hors OTAN

 

En avril 2003, dans le contexte de la crise irakienne, Paris et Berlin suggérèrent d’aller encore plus loin et de transformer en état-major opérationnel le simple état-major de planification prévu en 1999. Finalement on créa une cellule opérationnelle au sein de cet état-major, qui serait compétente pour d’éventuelles opérations hors OTAN uniquement, le commandement effectif étant assuré par le pays européen le plus engagé dans cette opération.

 

Il y eut des opérations en Afrique sur ce modèle, (par exemple au Zaïre). Comme opération proprement militaire, reste actuellement essentiellement l’opération Atalante, contre la piraterie au large de la Somalie….

 

La notion de défense européenne au XXI° siècle

 

Cette notion de défense européenne était comprise désormais dans une stratégie axant la sécurité de l’Europe sur la prévention des crises (à la suite de l’expérience cuisante des Balkans), sur la notion de respect des droits de l’Homme et de promotion et d’extension géographique des valeurs de l’Union européenne : opérations de maintien de la paix ou de rétablissement de la paix (« missions de Petersberg ») ; éventuellement opérations militaires extérieures d’ingérence humanitaire, dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies (« menace contre la paix ») et dans un ensemble multilatéral (ONU ou OTAN).

 

Mais cet argumentaire, qui ne niait pas le concept d’Europe-puissance, d’Europe de la défense, même s’il l’interprétait de façon très prudente, a été rendu moins convaincant à la suite des résultats douteux des expéditions occidentales en Irak depuis 2003 et en Afghanistan depuis 2001. Quant à l’intervention en Libye, en 2011, on sait que l’Union européenne a été profondément divisée, les Britanniques et les Français menant l’opération, la RFA refusant absolument d’y participer.

 

Existe-t-il une réflexion ou une orientation stratégique au niveau européen ?

 

De nos jours, l’Europe de la défense n’existe plus guère pour les Européens que dans le cadre de l’OTAN. On n’est même plus dans la situation de 1999. Il n’est plus question de parler sérieusement des aspects militaires de la puissance au niveau de l’Union (même si au niveau national, la Grande-Bretagne et la France s’en préoccupent encore…). Mais, pour l’organisation, les forces et l’armement, pour le moment le concept français d’Europe-puissance a échoué. L’échec de la fusion EADS-BAE en est la manifestation la plus récente. La RFA s’abstrait de plus en plus, et la GB s’écarte de l’UE. La France, tournée pour l’économie et pour l’euro vers Berlin, et pour la défense vers Londres, est condamnée au grand écart. Les idées émises tout récemment à Berlin dans le sens d’une défense européenne de type fédéral doivent être prises pour le moment avec beaucoup de prudence, ce sont encore des hypothèses. On verra…

 

« Soft power » et impuissance militaire

 

Cette paralysie est souvent rationalisée au nom du « Soft power », économique, culturel, informatique, démocratique, qui démoderait la puissance traditionnelle. Mais on peut se demander si l’accent mis sur le « Soft power » n’est pas aussi une rationalisation de l’impuissance militaire ? l’Union ne dépense que 2% de son PNB pour la défense, les États-Unis 3,5% (le double en valeur absolue) et, pour la recherche-développement dans ce domaine, l’Amérique dépense quatre fois plus. En outre de nombreuses duplications réduisent encore l’efficacité des dépenses européennes.

 

Europe de la défense et multiculturalisme

 

Le serpent de mer de l’Europe de la défense n’est pas vaincu seulement par son impuissance militaire matérielle et politique. Le problème va bien au-delà, et dépasse aussi le fait que les pays de l’Union ont toujours des conceptions différentes dans le domaine international, et des perceptions divergentes des enjeux et intérêts en cause (comme l’a démontré la crise libyenne). Le problème est philosophique : au nom du « multiculturalisme », on ne doit plus marquer, ou même concevoir, la moindre différence, la moindre frontière entre les groupes humains. Or il n’y a pas de défense s’il n’y a pas la perception, je ne dirai même pas d’un adversaire, mais d’un « autre ».

 

L’Europe de la défense est donc en panne, et à mon avis durablement.

 

Emission à télécharger ICI

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:36

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/guillaume/c-maisonneuve.jpg

 

21.12.2012 Par Guillaume Belan (FOB)

 

Un des constats mis en avant par les nombreux intervenants durant le colloque organisé par l’armée de terre sur la « sauvegarde des populations », concerne la baisse inquiétante des effectifs de l’armée de terre. Comme le soulignait Patricia Adam, présidente de la commission défense à l’Assemblée, si la France n’a plus d’ennemi à ses frontières, « il faut être prêt pour faire face à une surprise stratégique », notamment sur le territoire national. Or, continuait Etienne de Durand, chercheur à l’IFRI, la crue exceptionnelle de la Seine en 1910 ou le tsunami japonais, c’est 100 000 soldats qui ont été engagés, « en France, avec une armée de terre à 70 000, nous n’avons déjà plus les effectifs requis ». Evoquée par tous les intervenants, la réserve semble bien devenir une piste sérieuse, ces « militaires professionnels à temps partiel, avec des compétences rares » comme le décrivait le général de Villiers, major général des armées.

 

Réactions de Charles Maisonneuve, Président de l’association Saumur, association nationale des officiers de réserve et d’active de la cavalerie blindée, qui compte 700 membres dont la plupart sont réservistes.

 

La réserve est un thème qui est souvent revenu dans la bouche des intervenants durant le colloque. Le général de Villiers parle de « potentiel inexploité ». Qu’en pensez-vous ?

 

C’est effectivement une tendance lourde : les autorités, au plus haut niveau, se ré-intéressent à la réserve. Les diverses interventions de cet excellent colloque l’ont montré, les responsables politiques comme militaires, militent en faveur du développement de la réserve. Ce qui est assez nouveau. On a, dans le passé, eu droit à des déclarations d’intention mais peu suivies d’effets. Aujourd’hui, des personnalités de haut niveau s’engagent, et la réserve pourrait bien être une des pistes explorées par le Livre blanc, l’objectif s’approchant d’une sorte de garde nationale à l’américaine. Cette force serait capable de pallier le manque d’effectif de l’armée de terre  en cas de crise grave sur le territoire français.

 

Je tiens à souligner qu’il y a deux types de réserve opérationnelle : une de haut niveau, constituée d’officiers d’état-major, qui est très précieuse. Apportant des compétences civiles, qui peuvent, en cas de crise sur le territoire national se révéler très utiles, par exemple des médecins, juristes ou spécialistes du génie civil. Dans ce registre, on peut également s’appuyer sur les Orsem (officiers de réserves spécialistes d’état-major) pour renforcer les PC. La seconde réserve est celle des unités élémentaires, du niveau escadron ou compagnie, qui ont l’apparence d’une unité de l’armée de terre active. Cette force, sans être adaptée à des théâtres d’opération de haute intensité, peut tout à fait participer à la sauvegarde territoire nationale, apportant des effectifs conséquents. Et c’est surtout cette deuxième réserve qu’il convient de développer.

 

Etienne de Durand souligne les risques du développement des « déserts militaires ». Quel rôle pourrait jouer la réserve dans ce cadre ?

 

L’armée de terre a traditionnellement un ancrage fort sur le territoire national. Aujourd’hui, avec la réorganisation prévue par le précédent Livre Blanc, de très nombreux déserts militaires apparaissent dans de nombreux départements. La réserve pourrait effectivement combler ces vides, apportant une représentation de l’armée de terre. D’autant plus que celle-ci est porteuse de valeurs sociales fortes. L’armée de terre, c’est plus qu’un outil de projection, c’est une institution. L’armée de terre est une des rares administrations où l’ascenseur social fonctionne très bien. Je vous rappelle que plus de 40 % des officiers étaient à l’origine des sous-officiers. Effectivement, pourquoi ne pas créer des bataillons de réserves (200 soldats, avec quelques cadres d’active) dans des zones ou l’armée de terre n’est plus présente. Ces unités pourraient être indépendantes de celles d’active, comme le bataillon d’Île de France, en cours de création, qui est un projet pilote et qui pourrait être étendu.

 

Qu’est ce qui empêche la réserve de se développer en France aujourd’hui ?

 

Il faut la rendre plus attractive. Les réservistes prennent souvent sur leur période de vacances, car il n’existe pas de systèmes de compensation pour les entreprises qui les emploient. Une difficulté très contraignante pour les petites et moyennes entreprises.

 

Cela passe par des projets de refonte de l’arsenal fiscal et législatif. D’autant plus qu’un réserviste coûte moins cher qu’un soldat d’active. Mais il faut faire attention, comme le disait très justement lors du colloque du CDEF Joaquim Pueyo, rapporteur du budget de l’armée de terre, la réserve territoriale n’a de sens que si on ne déshabille pas l’armée d’active.

 

Par ailleurs, les armées elles-mêmes doivent aussi réfléchir sur les doctrines d’emploi de ces forces de réserves sur territoire national. Notamment sur la répartition des taches entre réserve et unité active. C’est un travail qui a commencé pour les unités d’active participant à une intervention sur le territoire français, ce travail doit être étendu pour les unités de réserve.

 

D’autant plus, qu’une montée en puissance d’unités territoriales de réservistes n’est pas si compliquée, si la volonté politique existe et que les budgets suivent. L’armée de terre dispose des écoles de formations nécessaires. Des formations pour les cadres et l’organisation de stage pour les unités élémentaires existent déjà. Ainsi par exemple l’école de cavalerie a, depuis 2008, repris des stages de formation pour jeunes aspirants issue d’écoles de commerce. Une initiative qui est suivie par d’autres écoles de formations.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 08:55

drapeaux-de-l-otan-de-la-france-et-de-l-union-ue defense go

 

20 Décembre 2012 Fenêtre sur l'Europe

 

Le ministre des affaires étrangères et le ministre de la défense français ont présenté, hier en conseil des ministres, une communication relative à l’Europe de la défense. "Dans un contexte stratégique caractérisé par l’émergence de nouvelles menaces, la France est convaincue que l’Union européenne doit apporter une contribution renforcée à la sécurité internationale, dans son voisinage et au-delà."

 

"Cette conviction participe de l’ambition européenne de la France. Par la définition en commun des actions à entreprendre, à la fois sur le plan des opérations, des capacités et de l’industrie de défense, la France souhaite que l’Union européenne joue tout son rôle, aux côtés de ses partenaires stratégiques et au sein des organisations internationales, au premier rang desquelles l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.

 

Pour chacun de ces aspects, c’est par des réalisations concrètes que l’action de l’Union européenne pourra être à la mesure de son poids sur la scène internationale : il en va ainsi de la décision récente de constituer une mission chargée de restructurer les forces armées du Mali afin de répondre à la crise du nord du pays ou de la signature par dix Etats européens dont la France d’une lettre d’intention relative au ravitaillement en vol."

 

En lien avec les institutions européennes, un travail de fond sera conduit au cours de l’année 2013 en vue de renforcer l’Europe de la défense. Le Conseil européen des 13 et 14 décembre 2012 a ainsi fixé un mandat ambitieux en vue de sa réunion de décembre 2013, qui sera consacrée à la politique européenne de sécurité et de défense. Comme le souhaitait la France, les travaux préparatoires devront en particulier porter sur le développement capacitaire, le développement de la base industrielle et technologique de défense européenne, ainsi que les synergies à créer entre les aspects civils et militaires de la recherche et développement.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 08:45

flottes 2012

 

19 Décembre 2012 Jean-Dominique Merchet

 

Flottes de combat est de retour. Après quatre ans d'absence, la capitaine de vaisseau (R) Bernard Prézelin vient de publier l'édition 2012 de la bible navale, celle qui recense la totalité des bateaux de guerre du monde ! L'ouvrage est imposant : 1500 pages, plus de 6000 photos et un poids de 4,2 kg... Le prix est en rapport : 220 euros.

 

Les amateurs connaissent l'ouvrage : absolument tout y est. Ouvrons au hasard : page 762. On découvre que l'Indonésie possède quinze corvettes de la classe Parchim acquises d'occasion au début des années 90 quand l'Allemagne a voulu se séparer de la flotte est-allemande.

 

En une dizaine de pages d'introduction, Bernard Prézelin présente les grandes marines du monde et leurs évolutions récentes. La montée en puissance des marines asiatiques est le trait majeur de notre temps : Chine, Inde, Japon, Corée du sud, mais aussi Vietnam, Thaïlande, Malaisie, Brunei ou Philippines. Là-bas, tout le monde s'arme et à grande vitesse. En revanche, le bloc occidental "navigue à vue" et pour une grande part, réduit la voilure.

 

Du point de vue du tonnage, les huit premières marines du monde sont, dans l'ordre, celles des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, du Japon, du Royaume-Uni, de la France, de l'Inde et de l'Italie. A elle seule, l'US Navy pèse plus lourd que les cinq suivantes...

 

Mais Bernard Prézelin connait trop la chose navale pour ne pas se laisser impressionner par le seul tonnage. Selon lui, sur la plan qualitatif, il n'existe que "deux marines océaniques avec le spectre complet des bâtiments : l'US Navy et la Marine nationale".

 

Bernard Prézelin porte un regard très séève sur le marine russe, dont beaucoup de navires restent à quai. Les déploiements de son groupe aéronaval ne l'impressionnent guère, notant qu'il s'effectue toujours avec des remorqueurs de haute mer, en cas de panne du porte-avions... Ses chantiers navals sont dans un état lamentable. En revanche, la Chine fait des progrès considérables : l'an passé, sa marine a perçu 30 nouveaux batiments ! Et il estime que, techniquement, la marine chinoise a fait de sérieux progrès.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:07

Ligne-de-defense-P-Chapleau.jpg

 

11/12/2012 Propos recueillis par Bénédicte Chéron

 

Entretien avec Philippe Chapleau, journaliste au service politique de Ouest-France, spécialiste des questions de Défense, animateur du blog « Lignes de Défense ». Dernier ouvrage paru : Les nouveaux entrepreneurs de la guerre, Vuibert.

 

Comment concevez-vous votre métier de journaliste spécialiste des questions de Défense ?

 

Il y a un préalable à rappeler : nous travaillons toujours pour un média, donc pour une entreprise, quel que soit le type de journalisme que nous faisons. Notre matière doit répondre à des objectifs rédactionnels et à des impératifs de « rentabilité » qui imposent des contraintes de temps et d’espace, qui font que des sujets Défense ne sont pas toujours considérés comme prioritaires.  Par ailleurs,  la spécialisation sur les sujets de Défense contraint nécessairement à des liens étroits avec les institutions militaires. Ce n’est pas de la servitude ou un alignement sur le discours officiel, mais nous savons que les sujets traités sont complexes et que les conséquences peuvent être lourdes. 95% des informations que nous traitons ne prêtent pas à polémique, mais il faut se saisir des 5% restant avec sagesse ; ce sont des sujets sensibles, comme la situation au Mali en ce moment par exemple. Je suis prêt à sortir une information qui risque de déplaire à l’institution militaire mais à condition que ce ne soit pas gratuit, que ça serve à quelque chose. Et, en cas de sujet sensible, je préviens toujours l’institution pour lui laisser la possibilité de s’exprimer si elle le souhaite. Nous contribuons également  à assoir des relations entre la société et les armées et à mieux faire comprendre les enjeux économiques, sociaux, industriels, humains de la défense.

 

 Vous êtes journaliste mais vous tenez aussi un blog. Cela a-t-il changé votre pratique ? Vos relations avec l’institution militaire ?

 

Dans la manière de traiter l’information, j’utilise les règles déontologiques en place à Ouest-France. Par exemple, je ne publie jamais de photos avec les corps de victimes, je vérifie mes informations aussi précisément que je le fais pour l’édition papier. La visibilité du blog « Lignes de défense » a, en revanche, changé quelque chose dans l’attitude des communicants de la Défense vis-à-vis de mon travail. Avant le blog, j’étais « juste » journaliste pour Ouest-France, donc identifié comme journaliste de la PQR. J’étais aussi vu comme un spécialiste du mercenariat parce que je travaille depuis une quinzaine d’années sur ces sujets. Avec le blog, depuis deux ans, je bénéficie d’une attention nouvelle de la part de l’institution, d’autant plus que c’est un blog dépendant d’un journal reconnu et pas seulement un blog personnel. L’institution a une politique particulière vis-à-vis des bloggeurs parce qu’elle sait que nous sortons l’information très vite et que nous sommes quelques uns à être très lus.

 

Quel regard portez-vous sur l’image de l’armée dans les médias ?

 

Il y a une désaffection en général pour la chose militaire. Quelques grands sujets s’imposent en fonction de l’actualité : une opération majeure comme la Libye, un beau contrat à l’exportation, des pertes parmi nos soldats. Mais, pour le reste, la Défense est une variable d’ajustement en fonction du reste de l’actualité, de l’humeur de la rédaction, des impératifs du moment… Souvent, les militaires ne le comprennent pas et nous en font le reproche. Il faut dire aussi qu’eux-mêmes ne nous donnent pas toujours l’occasion de parler d’eux. Par exemple, j’ai souvenir d’avoir voulu traiter des sujets sur le démontage des opérations au Tchad ou en Côte d’Ivoire. Je trouvais cela intéressant de montrer aussi cette facette des interventions françaises mais ce n’était visiblement pas une priorité aux yeux des autorités militaires. Autre exemple : l’an dernier, j’ai rencontré en Afghanistan un officier qui se préparait à prendre la tête d’un laboratoire européen de lutte contre les IED, dans le cadre d’un programme de l’Union européenne. Mais je n’ai jamais pu avoir d’informations complémentaires : c’était trop tôt, ou trop sensible au vu du contexte international dans lequel ce laboratoire devait s’inscrire. Journalistes et militaires ont donc un tempo et des attentes différentes sur les sujets à traiter, et cela ne changera pas.

 

Percevez-vous une évolution dans ces rapports entre armée et médias ?

 

Il y a eu une amélioration nette. Les efforts de l’institution militaire sont réels, à tous les échelons, de EMA/COM aux SIRPA régionaux. Les États-majors de la Marine et de l’Armée de l’Air ont compris qu’il fallait aller au-delà des belles images de bateaux ou de Mirage. Dans les médias, il y a aussi eu un changement d’attitude des journalistes. La fin de la conscription, le début des grandes réformes militaires des années 2000 ont aidé les journalistes non spécialisés à comprendre que la Défense était une matière riche, que la place des militaires dans la vie sociale et économique française, leur rôle dans les villes de garnison méritaient de l’attention. Tout cela a constitué des sujets nouveaux, qui intéressaient peu les médias auparavant.  Le filon des reportages sur la féminisation a aussi été exploité jusqu’au bout.

 

Le début des années 2000 est aussi marqué par une grande attention médiatique portée aux opérations humanitaires et de maintien de la paix…

 

Dans ces années-là, sur le plan opérationnel, il n’y avait pas beaucoup d’autres sujets à traiter. Les opérations humanitaires ont été largement valorisées par l’armée : l’image du casque bleu était en vogue. Peut-être les militaires et les politiques s’y sont-ils spécialement attachés, consciemment ou non, à cause des traces laissées par le chaos rwandais (1994) et les polémiques qui ont suivi. Mais tout cela découlait d’une posture politique.

 

Comment expliquez-vous la relative indifférence médiatique sur les débuts de l’engagement français en Afghanistan ?

 

En 2001, le gros sujet, inévitablement, c’est le terrorisme. Les médias se sont plus intéressés à ce qui se passait du côté de l’armée américaine en Afghanistan que de l’armée française. Nous savions qu’il y avait l’infanterie de Marine, la DGSE, mais c’était compliqué d’en parler. Seules quelques médias ou revues très spécialisés l’ont fait avec précisions et détails. L’institution militaire, à ce moment-là, me semble-t-il, n’est pas venue vers nous pour nous pousser à traiter le sujet.  En 2001, la communication militaire n’était pas ce qu’elle est maintenant. Les points presse n’étaient pas aussi réguliers, ils n’étaient organisés que parce que tel ou tel responsable militaire avait été sollicité plusieurs fois par des journalistes sur une question particulière. Par ailleurs, pour les militaires, le sujet n’était pas simple : il y avait une difficulté de clarification du positionnement politique sur ce conflit. En outre, c’étaient les forces spéciales françaises qui étaient déployées : nous le savons, moins on en parle, mieux ça vaut. Donc silence radio de l’institution. Il a fallu se rabattre sur deux ou trois sujets bien mis en avant, avec de belles images : le Charles-de-Gaulle devant le Pakistan, les Super-Étendard en vol, l’arrivée des Mirage…

 

Il faut aussi prendre en compte l’actualité qui a surgi sur d’autres théâtres. En 2002, le conflit irakien détournait une grande partie de l’attention médiatique, d’autant qu’il y avait tout ce qu’il fallait pour faire des sujets intéressants : les rumeurs sur les moyens et les tactiques irakiennes, la montée en puissance américaine, le positionnement politique français. Pendant deux années, l’Irak a occupé tout l’espace « Défense » des médias, l’Afghanistan apparaissant comme lointain et la traque de Ben Laden devenant un sujet presque folklorique.

 

En 2006, c’est au tour du Liban d’occuper la une de l’actualité : la capture des soldats israéliens, la riposte et les bombardements, la résistance du Hezbollah…  On montre le rôle primordial des troupes françaises dans l’évacuation des ressortissants français et des civils. Jacques Chirac insiste énormément sur la contribution de la France à FINUL2. Les images qui sortent sont celles des chars Leclerc repeints en blanc dans un Sud-Liban dévasté et proche de chez nous.

 

Comment analysez-vous le fort chaos médiatique qui marque les années 2004 et 2005 sur l’engagement des troupes françaises en Côte d’Ivoire, au sein de la force Licorne ?

 

Au départ, la situation est assez simple. Les Français agissent dans le cadre d’une mission d’interposition, dans une logique de pacification familière à l’armée française. Donc la communication est très propre, très classique. Le bombardement de Bouaké rompt cette logique : c’est un acte de guerre. Tout a dérapé très vite. Je me souviens avoir finalement réussi à me faire une idée du scénario des événements, grâce à notre correspondante à Abidjan qui avait réussi à joindre des proches de Laurent Gbagbo, des militaires de l’Armée de l’Air ivoirienne et des Français de Yamoussoukro. Les choses demeuraient cependant assez floues : l’épisode des tirs d’hélicoptères sur les ponts à Abidjan par exemple est très difficile à analyser, à distance. Notre correspondante m’a dit que des hélicoptères avaient tiré, mais elle ne pouvait, dans la nuit, ni identifier ces hélicoptères, ni évaluer les conséquences. Nous recevions aussi les informations de la presse ivoirienne qui relayait les premières accusations envers les Français mais nous savions qu’il faut aussi prendre cela avec des pincettes dans un contexte international tendu. Il faut se rendre compte de la difficulté à comprendre précisément ce qui se passe, dans l’urgence, et à donner un récit cohérent, dans des formats contraints.

 

Dans ce cas-là, il a fallu appeler les services de communication de la Défense et joindre les militaires de la force Licorne pour avoir des précisions. Les régiments alors déployés sur place ont également constitué une bonne source d’information, d’autant plus que ceux qui étaient touchés, en l’occurrence, étaient des unités de l’ouest de la France (RICM, 2e RIMA). Mais le scénario n’était guère plus clair, ni du côté de l’État-major, ni du côté de Michel Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, ni du côté de l’Élysée. C’est un grand flou qui dominait. Finalement, il n’y a jamais eu aucun récit construit, ni de la part de l’institution, ni de la part des politiques, pour expliquer les décisions française qui ont suivi le raid sur Bouaké.

 

Quelques années plus tard, au moment de l’embuscade d’Uzbeen, on a l’impression que les rapports entre médias et armées sont encore compliqués. Est-ce le cas ? Comment l’expliquez-vous ? Les choses ont-elles changées ?

 

La reconstitution précise du scénario a en effet été là aussi compliquée. J’ai aussi eu l’impression que les responsables de la communication de la Défense n’avaient pas anticipé la capacité d’investigation journalistique et la possibilité pour les familles, leurs proches ou les militaires de parler directement aux journalistes. Quelques jours après l’embuscade, un père de militaire m’a appelé ; son fils, du 8e RPIMA, était en Afghanistan. Il m’a donné des informations précises. Toutes se sont avérées justes. Tout, presque tout, finit par sortir et c’est forcément handicapant pour l’institution militaire, surtout quand elle-même peine à obtenir rapidement des informations complètes et fiables ou qu’elle tente un story telling bancal.

 

Sur la question des morts sur le terrain, le processus d’information, même s’il est mieux rodé, demeure lent. Quand il y a des morts en Afghanistan, la règle est d’attendre, pour en parler, que les familles aient été prévenues par l’armée. Nous respectons cette règle. Quand une fusillade est survenue dans une OMLT, le 20 janvier 2012, je l’ai su très vite. Ainsi que le nombre de tués et de blessés. J’ai aussitôt appelé EMA/COM, dont les responsables étaient au courant. Mais nous avons tous attendu que les familles soient prévenues, que l’Élysée réagisse officiellement. Puis, nous avons reçu des éléments, des photographies des défunts etc… Entre le moment où j’ai appris ces décès et le moment où j’ai reçu ces éléments marquant l’ouverture du traitement médiatique, il s’est écoulé huit heures. C’est très long… Le risque existe qu’un jour quelqu’un rompe ce respect implicite du silence.  Je note aussi qu’on ne parle jamais de l’ennemi. Nous mêmes, journalistes, le faisons peu, mais parce que nous n’avons pas grand chose à dire ou montrer, surtout lorsque nous sommes embedded. L’armée évoque simplement, pudiquement « x insurgés neutralisés », mais on ne sait jamais vraiment s’il y a, en face, des morts, des blessés, des prisonniers. On ne récupère jamais les corps de l’ennemi. Je comprends que cela puisse répondre à une politique de respect des coutumes locales, mais en contexte de guerre, cela nuit au récit que nous pouvons faire.

 

Hormis ces réserves, il est vrai que depuis Uzbin, la machine s’est rôdée et la chaîne de communication fonctionne mieux. Il y a eu moins de polémique, notamment parce que les relations sont davantage huilées et que l’institution veille à une bonne transmission des informations, avec peu ou pas de cafouillages. Se pose cependant la question de certains choix qui relèvent davantage de la décision politique que de la communication : le passage des cortèges funèbres sur le pont Alexandre III rompt avec ce qui se faisait lors des conflits antérieurs. Forcément, ce choix participe à une héroïsation systématique des défunts. Les questions de fond qui découlent de ce choix ne manquent pas…

 

La communication sur l’offensive en Libye a semblé très propre…

 

C’était d’abord une décision d’offensive qui a été politiquement bien négociée. La vitesse de l’intervention a donné l’impression que la coalition avait réussi à tout boucler en quelques heures. La montée en puissance politique a été réussie et l’aboutissement en image a été parfait : les pilotes casqués montent dans les avions, décollent, effectuent des missions sans pertes. Mais le côté répétitif est vite survenu. Les points presse, d’abord quotidiens, se sont espacés et sont devenus hebdomadaires. Les informations se ressemblaient toutes : tant d’avions ont opéré, tant de missiles ont été lâchés, tant d’heures de vol ont été comptabilisées. On nous a reproché de peu parler des victimes civiles des raids de l’Otan. D’une part, il fallait éviter de tomber dans le piège de la propagande kadhafiste ; d’autre part, il a fallu attendre d’aller sur le terrain et de parler aux témoins et aux victimes de ces bombardements pour en savoir un peu plus.

 

Comment pensez-vous que cette relation et cette image médiatique de l’armée peuvent évoluer dans les années à venir ?

 

La prochaine loi de programmation militaire va susciter bien des débats. Elle risque de s’orienter vers toujours plus de capacités technologiques au détriment des capacités humaines. Les problématiques socio-économiques vont donc revenir massivement sur le devant de la scène. Pour l’Armée de Terre, l’après-Afghanistan est évidemment un enjeu. La population militaire a été marquée profondément, les officiers qui ont fait l’Afghanistan se conduisent déjà de manière différente entre eux et avec ceux qui n’ont pas connu ce terrain extérieur. Et puis, arrive peu à peu la question du Mali… Si opération il y a, elle risque d’occulter l’Afghanistan, comme l’Afghanistan a occulté la Côte d’Ivoire, comme l’ex-Yougoslavie a été occultée… Une info en chasse une autre ; une guerre en chasse une autre.

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 23:20

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5 décembre 2012 Tribune de Laurent Fabius (New York Times)

 

Lors du dernier sommet de l’OTAN à Chicago, au lendemain de sa prise de fonction, le Président de la République a indiqué sa vision de la place de notre pays dans l’Alliance atlantique : la France est un allié exerçant sa responsabilité de membre fondateur, engagé au service de valeurs communes, mais qui n’hésite pas, si nécessaire, à faire valoir loyalement ses différences. Cette position est conforme à celle que nous avions défendue notamment lors du débat de 2009 sur la réintégration de la France dans le commandement intégré : allié oui, aligné non.

 

La France est en effet un partenaire clé au sein de l’Alliance, sur le plan militaire, politique, financier et elle entend le rester. Quand la décision d’agir est prise, la France assume ses responsabilités : c’est d’ailleurs François Mitterrand qui, à partir de 1993, décida le déploiement de forces françaises en opération sous la bannière de l’Alliance. En 2009, nous n’avons pas approuvé le retour dans le commandement intégré, mais il n’est pas question d’organiser un va et vient permanent et en ressortir aujourd’hui n’aurait pas grand sens. Nous devons en revanche faire en sorte que notre retour, désormais acté, ne se traduise ni par une banalisation de notre politique étrangère, ni par une altération de nos capacités de décision et d’action, mais au contraire par un accroissement de notre influence et de nos capacités.

C’est ainsi que la France jouera pleinement son rôle au sein d’une organisation dont la première mission est de permettre à des démocraties qui partagent des valeurs et des intérêts d’organiser efficacement l’interopérabilité de leurs armées tout en assurant leur défense collective.

 

Le rapport qu’Hubert Védrine vient de présenter au Président français sur la place de notre pays dans l’OTAN constitue une contribution fort utile aux travaux de la commission du Livre blanc chargée de réfléchir aux orientations de notre politique de défense et de sécurité. Il s’inscrit dans ces mêmes orientations. Il souligne en particulier une double nécessité : renforcer notre influence au sein de l’Alliance, en nous y montrant vigilants, et être plus volontaristes pour construire l’Europe de la défense.

 

Ces recommandations sont pertinentes. Afin de les mettre en œuvre et d’optimiser le rôle de l’OTAN dans le monde nouveau qui nous entoure, notre politique doit se fixer au moins trois objectifs.

 

1) L’OTAN doit rester pour la France un instrument privilégié de la relation transatlantique, au nom de valeurs et d’intérêts que nous partageons entre Européens d’un côté, Américains et Canadiens de l’autre. L’OTAN est le cadre naturel pour l’engagement commun de nos forces avec les Américains. Dans ce contexte, la France agira pour poursuivre la réforme de l’Alliance afin de la rendre plus efficace. Elle continuera d’y assumer ses responsabilités, tout en conservant l’autonomie de ses choix fondamentaux : pour la mise en œuvre de sa dissuasion nucléaire ; pour le retrait – désormais opéré - de ses troupes de combat hors d’Afghanistan ; pour le développement d’un dispositif de défense anti-missile de l’OTAN - à l’égard duquel, dès le dernier Sommet de l’Alliance, le Président de la République a indiqué ses conditions, endossées par les 27 autres chefs d’Etat ou de gouvernement - ; et, plus généralement, pour conserver le libre emploi de ses forces ainsi que pour le développement de l’Europe de la défense qui est indissociable du projet d’Union politique. La France continuera aussi d’œuvrer au renforcement de tous les domaines de coopération entre l’OTAN et la Russie qui est à nos yeux un partenaire incontournable dans différents domaines comme l’Afghanistan, la lutte contre la piraterie ou contre le terrorisme.

 

2) Une réflexion sereine doit être menée sur un nouveau partage des responsabilités de sécurité et de défense entre Européens et Américains, facilitée par la réélection du Président Obama. Les Etats-Unis ont besoin d’un allié européen fiable, capable d’assumer toutes ses responsabilités. La crise libyenne a montré que des Européens pouvaient prendre leur part dans la gestion, réussie, d’un conflit. Nous avons assumé l’essentiel des risques, des responsabilités, et des contributions militaires. Mais cette crise a aussi montré que nous avions encore besoin de l’appui apporté par les Etats-Unis. Pour autant qu’elle dispose – ce n’est pas assez le cas aujourd’hui – des capacités nécessaires, c’est l’Union européenne, en tant que telle, qui devrait agir lorsque les intérêts de sécurité des Européens sont d’abord en jeu. Dans quelques mois, l’Union devra jouer par exemple tout son rôle, en soutien des Nations unies, pour aider le Mali à recouvrer sa souveraineté et à lutter contre le terrorisme. Pour la même raison, il serait bon de réfléchir dès à présent, aux responsabilités qu’elle devra assumer aux côtés des futures autorités syriennes.

 

3) Les actions lancées en faveur de l’Europe de la défense doivent être poursuivies. L’OTAN peut apporter sa contribution mais c’est d’abord aux Européens d’y travailler entre eux. Ce projet est cohérent avec nos efforts pour que l’Union européenne se dote d’une politique étrangère articulée avec des moyens de décider et de réaliser. Dès à présent, il nous faut agir en ce sens, alors que notre pays, mobilisé ces dernières années par son retour dans le commandement intégré de l’OTAN, s’est montré plutôt parcimonieux dans les moyens consacrés à l’Europe de la défense. Nous allons poursuivre le travail de conviction auprès des institutions et de l’ensemble de nos partenaires européens, y compris britanniques. Avec le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, nous avons récemment accueilli nos collègues allemand, italien, espagnol et polonais pour avancer, en appelant tous les Etats membres à nous rejoindre dans l’élaboration de ce projet, en coopération avec nos principaux partenaires dont naturellement l’OTAN.

 

L’ensemble de ces orientations doit permettre à la France de garantir son indépendance et ses capacités d’action dans un monde nouveau et alors que nous sommes soumis à de fortes contraintes budgétaires. Nous pourrons ainsi demeurer une « puissance d’influence » dont la voix est attendue, entendue et respectée.

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 17:35

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/00/00/4239825865.jpg

 

23.11.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le Nen, deux anciens commandants du 27e BCA, ont cosigné un ouvrage sur la guerre (qui, écrivent-ils, "ne peut pas se faire à moitié, elle se fait ou elle ne se fait pas") et sur ses mutations dont le terrorisme. 

Cet essai, court et dense, est un "voyage au centre de la guerre" comme l'écrit le préfacier, Hubert Védrine, les auteurs voulant lever le voile sur "le mirage de la paix perpétuelle" et convaincre que "la paix se gagne parce qu'on est prêt à faire la guerre" (un appel du pied à la mobilisation des volontés davantage qu'à celle des moyens matériels).

 

La guerre n'est pas inéluctable si on s'y prépare, affirment donc les auteurs en déclinant le vieil adage "si vis pacem, para bellum". Je ne sais pas si tous les lecteurs arriveront à la même conclusion mais leur démonstration mérite d'être lue.

 

Les auteurs. Brevetés de l’École supérieure de guerre et diplômés de l’Institut des hautes études de la défense nationale et anciens auditeurs du Centre des hautes études militaires, les auteurs ont commandé tous les deux le 27e bataillon de chasseurs alpins à Annecy et ont participé à de nombreuses opérations en ex-Yougoslavie, en Afrique et en Afghanistan.

 

Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le Nen, Enjeux de guerre, Economica, coll. Guerres et opinions, 111 pages, 16 €.

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 09:00

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 08:33

Europe Flag

 

nov 18, 2012 Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2, opinion)

 

La situation entre Gaza et Israël qui s’enflamme, l’est du Congo qui s’enfonce dans la crise avec les rebelles aux portes de Goma… sans oublier la situation classique en Syrie. Ces trois théâtres de crise se déroulent avec une relative absence de l’Union européenne (*). Certes nous avons droit aux habituelles condamnations (allant de « préoccupée » à « très préoccupée »). Et le dispositif d’aide humanitaire européen se met en branle. Puis nous aurons droit sans doute lundi à des « conclusions », bien rédigées, où chaque terme sera soupesé. Mais c’est à peu près tout.

 

Où est passée la diplomatie active ?


Nous constatons toujours de l’UE une absence de réactivité notable face aux évènements – déjà constatée à de multiples reprises depuis plusieurs années – et une déficience de la diplomatie européenne. Où sont passées les troikas de négociation envoyées sur place, l’effort de médiation des parties, la notion de convocation ou de rappel d’ambassadeur, etc. Ceci n’arrêterait pas le conflit. Il ne faut pas rêver. Mais cette diplomatie « active » a un rôle, à la fois pour limiter les dégâts et amorcer la recherche d’une solution future mais aussi pour montrer l’intérêt et la présence de l’Europe dans le monde.

 

En se privant de cet outil, l’Union européenne se prive d’une capacité d’agir et opte pour position de spectateur commentateur plutôt que d’acteur dynamique pour la paix.

 

(*) Précisons que sur deux de ces trois théâtres (Israel/Palestine et Congo), un représentant spécial de l’Union et des missions de la politique européenne de défense sont présents.

 

Lire aussi :

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 08:20

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/49/Georges_Clemenceau_1.jpg

 

16.11.2012 par Groupe Clemenceau* - ActuDéfense

 

Inquiets de voir la direction prise par le Livre blanc pour la Défense nationale et de la chute drastique de nos budgets, un groupe d’experts prend la plume pour nous rafraîchir la mémoire. L’Histoire nous montre que sécurité et défense ne sont pas des crédits gaspillés en vain.

Chaque 11 novembre, nous devrions tous nous arrêter quelques instants et faire notre devoir de mémoire en l’honneur des soldats français morts durant la première guerre mondiale mais aussi de ceux qui ont perdu la vie au cours des opérations extérieures.

 

Le 11 novembre est un hommage, au combien mérité, mais cet hommage ne doit pas se réduire qu’à un souvenir du passé. Il doit aussi être le vif rappel de l’adage : « celui qui ne connaît pas l’histoire se condamne à la revivre ».

C’est ainsi le rappel que la guerre a ravagé l’Europe il y a moins d’un siècle, sans parler de la seconde guerre mondiale ou encore plus récemment de la guerre dans les Balkans.

 

C’est le rappel des 8 700 000 morts de la première guerre mondiale, dont 1 390 000 pour la France, parce que l’Europe n’était pas capable de s’entendre.

 

C’est le rappel de l’engagement de tous les militaires français qui ont perdu la vie au cours des opérations extérieures et notamment des 88 soldats morts en Afghanistan.

 

C’est le rappel que la guerre n’a rien de logique ni de raisonnable, qu’elle est souvent l’illustration dramatique du fameux « effet papillon ». Pour mémoire, la première guerre mondiale fut déclenchée par un seul assassinat, celui l’archiduc héritier du royaume d’Autriche, le 28 juin 1914.

 

C’est le rappel que nos certitudes sont souvent des illusions dues à l’effet grossissant du temps présent, mais que la mise en perspective du passé révèle. La première guerre mondiale devait ainsi être « la der des ders ».


C’est le rappel que les guerres comme les crises sont récurrentes dans l’histoire de tous les pays, sur tous les continents. L’actuelle crise économique en Europe le démontre d’ailleurs douloureusement.

 

C’est le rappel que la guerre ne se produit pas seulement loin de nos frontières, comme l’illustre le conflit entre la Russie et la Géorgie en 2007 ou la plus que probable future intervention au Nord Mali.

 

C’est le rappel que la guerre n’est pas que l’affaire de militaires professionnels, mais qu’en cas de crise majeure ces soldats seront également tous ceux en âge de porter les armes.


Pour cela et sans doute bien plus encore, tout autant qu’un devoir de mémoire le 11 novembre devrait nous inciter à nous souvenir.

 

Souvenons-nous en effet que la paix n’est pas un acquis et encore moins une certitude.

 

Souvenons-nous aussi que la construction européenne n’est pas le fruit du hasard mais qu’elle découle des leçons de l’histoire durement acquises au prix du sang.

 

Souvenons-nous enfin que l’effort de défense n’est pas vain. Il est notre assurance-vie, celle que nul d’entre nous ne voudrait utiliser mais que tous apprécieront si nous étions contraints d’y recourir.

 

On ne peut alors que s’inquiéter de voir que le gouvernement et la majorité parlementaire aient décidé de se priver de cette assurance à un niveau d’autonomie suffisant, au mépris de tous ces rappels et souvenirs si évidents pourtant. En effet, l’actuelle majorité à l’Assemblée nationale a adopté un budget de la défense de 39 milliards d’euros qui entérine des reports de commandes et livraisons d’équipements pour nos forces armées de 5,5 milliards d’euros ainsi que 7200 nouvelles suppressions de postes.


L’effort de Défense de la France n’est désormais plus que d’environ 1,5 % de notre PIB ! A titre de comparaison, les dépenses budgétaires pour la Défense nationale russe pourraient représenter 3,2% de leur PIB dès 2013 pour monter à 3,7% en 2015. Quant au volume total des dépenses militaires chinoises, elles devraient atteindre 106,4 milliards de dollars en 2012, ce qui représente une hausse de 11,2% par rapport à 2011.


En France, l’effort budgétaire nous contraints certes, mais pour autant notre Défense nationale doit-elle être sacrifiée ? D’autres Français se sont eux sacrifiés au champ d’honneur pour nous offrir une paix dont nous ne mesurons plus le prix, le prix du sang.

 

Le Groupe Clemenceau demande donc que le Livre Blanc sur la Sécurité et la Défense nationale (LBDSN) en cours d’élaboration soit l’opportunité de conduire une réflexion stratégique sincère sur la place de notre pays dans un monde de plus en plus complexe et instable, et non un simple alibi pour cautionner de nouvelles réductions budgétaires synonymes de déclassement stratégique et de décrochage technologique.


Faisons qu’en France, nos monuments aux morts ne soient pas que des lieux que nous fleurissons chaque 11 novembre, pour mieux les oublier ensuite, mais des monuments nous rappelant nos responsabilités envers les générations futures en l’honneur des générations passées.

 

* Le groupe Clemenceau regroupe des experts des questions de défense et de sécurité de sensibilité centriste. Ses membres appartiennent à différentes entreprises du secteur, à des ministères, des think tanks ainsi que des cabinets de consulting.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 12:50

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/livre-enjeux-de-guerre/2059628-2-fre-FR/livre-enjeux-de-guerre.jpg

 

07/11/2012 armée de Terre

 

Les colonels Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le Nen cosignent un ouvrage sur la guerre et plus particulièrement sur le terrorisme, une menace qui plane sur nos sociétés.

 

« La période exceptionnelle de paix dans laquelle nous vivons depuis trois générations pourrait n’être rien d’autre qu’une veillée d’armes ». Dans leur livre « Enjeux de guerre », les colonels Saint-Cyriens, Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le Nen s’interrogent sur la réalité de la guerre aujourd’hui et sur ses nouveaux visages.

 

Les attentats du 11 septembre 2011, réduisant à néant le World Trade Center, ont ravivé le souvenir douloureux d’une guerre « enterrée dans les ruines du mur de Berlin ». Le terrorisme, cette nouvelle forme de conflit, annonce-t-il une nouvelle guerre mondiale et la fin de notre liberté ? Et surtout, est-il possible de le vaincre ?

 

Que ce soit par la menace de l’arme nucléaire ou l’envoi d’hommes au combat, les auteurs évoquent les ressorts de la guerre moderne et exposent les raisons politiques et militaires qui conduisent à la victoire ou à la défaite sans oublier un point essentiel : la guerre n’est pas inéluctable si nous acceptons de regarder sa réalité en face.

 

Brevetés de l’École supérieure de guerre et diplômés de l’Institut des hautes études de la défense nationale et anciens auditeurs du Centre des hautes études militaires, les auteurs ont commandé tous les deux le 27e bataillon de chasseurs alpins à Annecy et ont participé à de nombreuses opérations en ex-Yougoslavie, en Afrique et en Afghanistan. Préfacé par Hubert Vedrine, ce livre fait partie de la collection Guerres et Opinions, dirigée par le général Benoît Royal. Elle est destinée à apporter des éléments de réflexions sur la guerre dans le monde moderne.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 08:55
Armée française : la ruine en héritage ?

05/11/2012 Par Georges-Henri Bricet des Vallons - lenouveleconomiste.fr

 

Il semble que la phase d’autodestruction de notre défense soit désormais irrémédiablement engagée

 

L’Afghanistan a-t-il été le chant du cygne de l’ère des opérations extérieures de l’armée française ? A prendre au mot le concept de “betteravisation” qui fait florès dans nos états-majors (entendre retour au pays et fin de l’époque expéditionnaire), tout connaisseur de la chose militaire est porté à le croire. Coupes continues des crédits, purge massive des effectifs, cession gratuite du patrimoine immobilier, des milliers de militaires qui ne sont plus payés depuis des mois… La situation de la Défense est entrée dans une phase critique qui pourrait déboucher sur une crise sociale, capacitaire, et des vocations sans précédent historique. L’institution militaire sera vraisemblablement la principale victime de la politique ultra-récessive poursuivie par le gouvernement Ayrault, qui, en cela, ne fait que parachever les décisions prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy. L’armée de terre sera la plus touchée, mais la Marine et l’armée de l’air auront aussi leurs lots.

 

L’affaire Louvois

 

Le volet le plus sensible politiquement et médiatiquement est d’abord celui des soldes non versées lié aux dysfonctionnements chroniques qui affectent le logiciel bien mal-nommé Louvois, du nom de l’énergique ministre de la guerre de Louis XIV. Problème récemment qualifié d’“invraisemblable” par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui-même. Dans la continuité de la politique de rationalisation budgétaire actée par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le ministère de la Défense a décidé la mise en place de plusieurs systèmes d’information de “ressources humaines” (SIRH). Dans l’armée de terre, ce système d’information a été baptisé Concerto. Louvois (Logiciel unique à vocation interarmées de soldes) est la déclinaison du volet “salaires” de l’ensemble des SIRH des armées (Rhapsodie pour la Marine, Orchestra pour l’Armée de l’Air, Agorha pour la Gendarmerie). Problème : ce logiciel vendu à prix d’or et dont la maîtrise d’oeuvre et la maintenance sont assurées par l’entreprise Steria, ne fonctionne pas. Depuis le raccordement de Louvois à Concerto et le basculement unilatéral de la gestion des soldes en octobre 2011, les ratés du système perdurent et se multiplient : frais de déménagement non remboursés, indemnités de campagne non perçues, soldes non versées, ou versées avec six mois ou un an de délai, ou alors versées de manière aberrante (seul un cinquième du salaire est perçu), autant d’accrocs dus à la pléiade de bugs qui affectent Louvois. La conséquence directe est une précarisation radicale des familles : une manifestation de femmes de militaires a eu lieu l’année dernière, première du genre, mais le mouvement a vite été étouffé par les pressions exercées sur leurs maris. Résultat : certains militaires, qui attendent le versement de leurs soldes, sont ruinés, interdits bancaires et sont obligés d’emprunter pour rembourser des crédits déjà contractés alors même qu’ils ne sont plus payés ! Dans les cas les plus extrêmes, leurs femmes divorcent pour acquérir un statut de femme seule et toucher des allocations.

 

L’affaire des soldes pourrait, à condition de se cantonner à une lecture de surface, ne relever que d’un simple bug. En réalité, le problème pourrait aller bien au-delà du raté informatique et concerner aussi la trésorerie de l’Etat. Les capacités d’emprunt auprès des marchés s’épuisant avec la crise, la priorité va au paiement des salaires des institutions syndiquées et dotées d’une forte capacité de nuisance médiatique (Education nationale), à l’inverse exact des militaires. Officiellement 10 000 dossiers sont en attente de traitement dans l’armée de terre (chiffre reconnu par le ministère). En réalité l’ensemble de la chaîne des soldes (troupe, sous-officiers et officiers) est impactée (120 000 bulletins de soldes touchés) et le chiffre réel pourrait atteindre 30 % des effectifs totaux. Pire, ces ratés touchent en majorité des militaires qui sont sur le point de partir en opérations ou qui en reviennent (60 % des dossiers). Là encore, impossible de faire la lumière sur le nombre exact de militaires touchés puisque le ministère n’en a aucune idée précise et vient de lancer un appel aux parlementaires pour faire remonter les doléances. Le ministre Le Drian a parfaitement conscience du scandale même s’il feint de le découvrir avec sa prise de fonction, puisqu’il était chargé des questions de défense auprès de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Si Bercy ne freinait pas, le ministère aurait évidemment débloqué des fonds spéciaux pour gérer l’urgence, ce qu’il commence à faire. L’annonce récente d’un plan d’urgence et la mise en place d’un numéro vert suffiront-elles ? Les services concernés sont déjà débordés par le flot des plaintes et, faute de compétence technique, n’ont d’autre choix que d’intimer la patience.

 

Sur le fond, une autre hypothèse – conditionnelle – pourrait être émise : les ratés de Louvois pourraient relever d’une stratégie mise en place par les grandes entreprises de conseil qui ont vendu ces logiciels de gestion intégrée pour démontrer au gouvernement l’incapacité des services de l’Etat à faire fonctionner des systèmes aussi complexes et obtenir une externalisation totale de leur gestion (Louvois est géré en interne par les services de ressources humaines du ministère qui sont épaulés par des équipes de Steria). Paradoxe ? L’Etat envisagerait de confier la totalité de la gestion du parc informatique du ministère à Steria. Aucune sanction financière n’a pour l’heure été prise contre l’entreprise, ce qui ne laisse pas d’interroger, tout comme l’absence de réactivité du contrôle général des armées, pourtant censé superviser et auditer ce type de dossier. Dans un contexte aussi opaque, il est de toute façon impossible de détailler avec exactitude les responsabilités de chacun. Seule une commission d’enquête parlementaire serait en mesure de le faire.

 

On notera que seul l’ex-chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Paloméros, constatant ces défaillances à répétition, a eu le courage de refuser le passage à Louvois. Il est depuis parti servir au sein de l’OTAN comme commandant suprême allié à Norfolk.

 

Le dépérissement des PME de Défense

 

La situation financière critique du ministère de la Défense recoupe également le problème des délais de paiement (9 à 18 mois en moyenne) aux PME de Défense (qui ont souvent pour seule clientèle l’Etat). La conséquence est que les PME n’ont pas les fonds de roulement nécessaires pour survivre à de tels délais et que la crise faisant, les banques ne prêtent plus. A cela il faut ajouter la perspective d’une contraction inéluctable des commandes de l’Etat liée aux coupes budgétaires dans les équipements. 211 millions d’euros avaient déjà été annulés sur la mission Défense 2011 pour rembourser une partie des 460 millions d’euros dus à Taïwan dans l’affaire des frégates après le rendu de l’arbitrage international. Pour le budget 2013, plus de 1,8 milliard pourraient être annulés ou décalés sur un total de 5,5 milliards. Il est à craindre que le tissu industriel des PME de Défense, déjà précarisé et très faiblement soutenu par l’Etat (à l’inverse de la politique pratiquée en Allemagne), risque à court terme la mort clinique. L’autre incidence de cette rétractation budgétaire est que l’effort de recherche et développement de programmes indispensables à notre autonomie stratégique, comme celui d’une capacité “drone”, va être dramatiquement entravé, entraînant l’achat sur étagères de Reaper américains.

 

Le “dépyramidage” et le gel des avancements

 

Autre dossier brûlant : le gel de 30 % des avancements. Matignon a enjoint début septembre, via une lettre de cadrage, le ministère de la Défense d’impulser une politique de dépyramidage brutale de la structure de ses effectifs et pour ce faire de réduire du tiers les volumes d’avancement de ses personnels militaires sur les trois prochaines années. C’est l’autre bombe à retardement avec l’affaire des soldes : plus de perspective d’avancement au grade, plus d’augmentation salariale pour un tiers des militaires. Du jamais vu. Une politique de dépyramidage courageuse consisterait à acter une loi de dégagement de cadres (trop de colonels et de généraux en proportion par rapport aux officiers subalternes, sous-officiers et troupe) et à ponctionner dans les avantages du régime spécial de la 2e section (5 500 généraux en retraite dite “active”, soit l’équivalent d’une brigade de réserve, pour seulement 95 rappels annuels). Le ministère ne s’y risquera sans doute pas car, contrairement à un sergent ou à un lieutenant, les généraux ont un poids politique (en interne) et une telle option susciterait des mouvements de solidarité redoutables dans un milieu pourtant sociologiquement marqué par l’individualisme.

 

Au final, on ne peut que constater avec dépit l’inefficacité totale de la politique de rationalisation engagée avec la RGPP de 2008. Au lieu de baisser comme prévu, la masse salariale de la Défense a augmenté : à mesure que le ministère ponctionnait dans les effectifs opérationnels, il a embauché des hauts fonctionnaires civils (+1 438 depuis 2008) comme le rapportait la Cour des comptes en juillet dernier.

 

Le bradage du patrimoine immobilier

 

Il faut également ajouter à ce triste constat le dossier du patrimoine immobilier de la Défense. Le gouvernement envisage en effet d’offrir sur un plateau les emprises parisiennes du ministère à la Mairie de Paris via une cession gratuite ou une décote de 100 % (en partie déjà opérée sur le budget 2013) pour y construire des logiciels sociaux et complaire aux demandes de Bertrand Delanoë. Ces recettes extrabudgétaires liées à la vente de l’immobilier (rue Saint-Dominique et autres emprises dans le cadre du transfert vers Balard), qui représenteraient entre 350 et 400 millions d’euros, étaient pourtant censées compenser les coupes dans les crédits d’équipement.

 

L’empilement des réformes non menées à terme et celles à venir

 

A ce contexte déjà tendu, il faut ajouter les problèmes liés à l’empilement des réformes depuis 2008. Une réduction de 55 000 personnels de la Défense avait déjà été actée par le Livre blanc passé. La Défense supportera ainsi 60 % des réductions de postes dans la fonction publique pour l’exercice 2013 : 7 234 supprimés sur les 12 298 au total. De surcroît, la refonte de la carte régimentaire (dissolution de dizaines de régiments, parfois décidée en fonction de calculs purement politiciens) qui a abouti à la création des Bases de défense, censées centraliser au niveau régional la gestion logistique et financière des emprises, et qui a été menée en fonction de postulats purement technocratiques, a abouti à créer des usines à gaz et à promouvoir un chaos gestionnaire. Les BdD ne fonctionnent pas et il est également prévu de réduire leur nombre initialement prévu (90).

 

Sur les difficultés non digérées des réformes passées vont enfin se greffer celles des réformes à venir et qui seront entérinées par le Livre blanc à paraître en février prochain. Si pour l’heure, ces perspectives ne relèvent que des secrets d’alcôve qui agitent les couloirs de la Commission du Livre blanc, elles semblent déjà quasi actées : le gouvernement projeterait de supprimer une annuité budgétaire complète sur la période 2014-2020, c’est-à-dire pas moins de 30 à 40 milliards sur les 220 milliards prévus sur la période par le Livre blanc¹ précédent . Une purge budgétaire qui serait corrélée à un projet de réduction de 30 000 postes opérationnels dans les armées (la quasi-totalité dans l’armée de terre, 3 000 dans la Marine et 2 000 dans l’armée de l’air)². Ce qui porterait les effectifs terrestres d’ici peu à un volume équivalent à celui de l’armée de terre britannique (80 000 hommes). Jamais l’armée française n’aura connu un volume de forces aussi faible dans son histoire depuis la Révolution.

 

Un format d’armée mexicaine

 

Aucune des lois de programmation militaire décidées par les gouvernements de droite et de gauche, et qui sont pourtant censées fixer le cap stratégique des armées et sanctuariser les investissements budgétaires, si cruciaux pour maintenir un modèle d’armée cohérent, n’ont été respectées depuis la professionnalisation de 1996. L’horizon d’un tel processus est clair : un effondrement radical des moyens humains et matériels de nos forces, un format d’armée mexicaine (l’armée de terre compte actuellement 173 généraux en 1re section pour un effectif de moins de 110-120 000 hommes, là où le Marines Corps n’en recense que 81 pour un effectif quasi double de 220 000) avec une haute hiérarchie civile et militaire à peu près épargnée en raison de considérations politiques (puisque c’est elle qui exécute les réformes), un taux de disponibilité des matériels extrêmement faible, des forces incapables de se projeter hors des frontières et des programmes militaires vitaux qui ne pourront être pleinement financés (drones, renouvellement véhicules terrestres, développement d’une capacité de cyber-défense).

 

Le décrochage géostratégique de la France

 

La parade, qui consiste à tout miser sur un modèle d’intervention indirecte (formation à l’arrière de forces étrangères avec l’appui de notre aviation et de petits contingents de forces spéciales, comme ce qui est prévu au Mali et ce qui a été fait en Libye) et le renseignement, ne suffira pas à empêcher le décrochage brutal de notre influence géostratégique. Il se pourrait surtout que le Livre blanc acte définitivement l’idée de smart defense et de mutualisation des capacités nucléaires avec l’Angleterre (qui en tirera tous les bénéfices), achevant de décapiter ce qui restait de souveraineté stratégique à la France après la réintégration dans l’OTAN. La route du désastre est donc parfaitement balisée.

 

Comment expliquer cette pression extrême sur le budget de la Défense ? Très simplement par le fait que l’armée est la seule institution publique à ne pouvoir compter sur un contre-pouvoir syndical et que le politique se sent, en conséquence, autorisé à toutes les oukases. On pense notamment au scandale de la campagne double refusée jusqu’en 2011 aux militaires ayant servi en Afghanistan.

 

Voilà plus de soixante ans, le général de Gaulle avertissait déjà dans un discours fameux : “La Défense ? C’est la première raison d’être de l’Etat. Il ne peut y manquer sans se détruire lui-même !” Il semble que cette phase d’autodestruction soit désormais irrémédiablement engagée. Si le politique choisit la facilité et s’entête dans ce processus de désossage budgétaire de notre puissance militaire, et si le haut commandement n’y trouve rien à redire, il ne restera bientôt à nos forces, en lieu de drapeau et de fierté, que l’héritage de la ruine. On pourra alors graver au frontispice des régiments les mots de Shelley flétrissant l’orgueil du roi Ozymandias : “Rien à part cela ne reste. Autour des décombres / De ce colossal naufrage, s’étendent dans le lointain / Les sables solitaires et plats, vides jusqu’à l’horizon.”

 

 


¹ Le Livre blanc 2008 tablait sur une enveloppe budgétaire de 377 milliards d’euros d’investissement sur la période 2009-2020, avec une progression nette du budget entre 2015 et 2020 (160 milliards ayant été virtuellement consommés sur la tranche 2009-2013).

 

 

² Ces 30 000 postes ne pourraient représenter qu’une première tranche et suivis de 30 000 autres sur les dix prochaines années, ce qui rapporterait le volume des forces terrestres à un seuil critique de 60 000 hommes.

 

³ Pour 2013, les programmes touchés sont les suivants : le camion blindé PPT, l’Arme individuelle du futur (remplaçant du Famas), le VLTP (successeur de la P4), le programme-cadre Scorpion de modernisation des forces terrestres et des GTIA.

 

⁴ Le ministère de la Défense précédent ayant en effet refusé de qualifier l’engagement en Afghanistan de “guerre” jusqu’en 2011, les militaires partis en Opex n’ont pu prétendre aux bénéfices du dispositif de la campagne double. Parmi les régimes d’opérations qui ouvrent un droit à une bonification des cotisations de retraite, on distingue communément la campagne double (6 mois de service valent 18 mois au titre de la pension) de la campagne simple (6 mois valent 12 mois) et de la demi-campagne (6 mois valent 9 mois). Ce n’est ni le lieu ni la durée de l’engagement qui détermine le régime de campagne mais sa “nature”.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 23:22

general-Irastorza-en-afghanistan-photo-MinDef-Fr.jpg

 

28.10.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Le général d’armée (2S) Elrick IRASTORZA, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, a donné une conférence le 18 octobre 2012  dans le grand amphithéâtre de la gendarmerie nationale, caserne Lepic, 359 rue Fontcouverte à Montpellier avec pour sujet : « Les OPEX : justification fonctionnelle ou nécessité nationale ? La France en a-t-elle encore les moyens et surtout la volonté ? ".

 

Pour la lire, cliquer ici.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 07:20

http://www.45enord.ca/wp-content/themes/city-desk/timthumb.php?src=http%3A%2F%2Fwww.45enord.ca%2Fwp-content%2Fuploads%2F2012%2F10%2F1118115937-642x959.jpg&q=90&w=634&zc=1

 

26 octobre 2012 par Nicolas Laffont - 45enord.ca

 

Durant cinq ans, Murray Brewster, journaliste senior à la Presse canadienne, aura passé 15 mois en Afghanistan. Du champ de bataille il a rapporté de nombreuses histoires qu’il aura publié dans des articles, mais pour d’autres, il a écrit un livre racontant les coulisses: The Savage War: The Untold Battles of Afghanistan.


Jeudi 25, presque un an jour pour jour après avoir sorti son livre, Murray Brewster a bien failli gagner le Prix du livre d’Ottawa. Avec quatre autres finalistes, le livre était nominé dans la catégorie Non-fiction, mais c’est un autre qui est passé devant.

 

« Vous voyez toujours ce que l’on montre à la télévision et dans la presse, mais il y a toujours plus à dire, dit Murray Brewster. Il y a eu des gens extraordinaires que j’ai abordés et qui faisaient partie intégrante de la guerre, » poursuit-il.

 

Dans les 384 pages de son ouvrage, notre confrère livre un compte rendu détaillé interne du conflit qui a entraînés de nombreuses nations dans la guerre. Il s’agit d’une analyse pure du rôle du Canada dans la guerre, racontée à la première personne par un journaliste qui a était assis dans les tranchées avec les soldats, mais aussi dans le salon du 24 Sussex Drive avec le Premier ministre.

 

Au fil des chapitres, Murray Brewster révèle les coulisses de l’OTAN, rencontre de nombreux dignitaires, y compris le regretté ancien chef du NPD, Jack Layton et explique comment certaines décisions américaines se sont prises.

Que s’est-il passé en Afghanistan ? Qu’est ce qui a mal été? The Savage War: The Untold Battles of Afghanistan vous captivera, comme il nous a captivé!

 

The Savage War: The Untold Battles of Afghanistan, par Murray Brewster aux éditions Wiley.

384 pages, 34,95$

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 16:35

Rafale photo2 Sirpa Air

 

25 octobre 2012 Atlantico.fr

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a déclaré, dans un entretien au Parisien publié ce mercredi qu'il "n'est pas allé aux Emirats arabes unis (EAU) le week-end dernier pour "vendre des Rafale". Quelle est la politique de la France en terme de vente d'armes ?

 

Atlantico : Jean-Yves Le Drian a déclaré dans un entretien au Parisien publié ce mercredi qu’il « n'est pas allé aux Emirats arabes unis (EAU) le week-end dernier pour vendre des Rafale ». Le ministre de la Défense a assuré « s'adresser à des partenaires, pas à des clients ». Que dire de cela ?

 

Jean-Dominique Merchet : Cette déclaration est à la fois exacte et hypocrite. Elle est exacte dans la mesure où aujourd’hui on ne fait pas de contrat d’armement sans qu’il y ait derrière cela un vrai partenariat stratégique. La vente d’armes est également une affaire de politique. On a d’ailleurs déjà un partenariat stratégique avec les Emirats arabes unis. Nous avons un accord de défense et même une base permanente sur leur territoire.

 

Cependant, je trouve cette sortie hypocrite quand on sait que le ministre de la Défense, plus que personne, connait l’importance d’un contrat d’exportation de Rafale. Jean-Yves Le Drian rappelle que le rôle d'un membre du gouvernement est d'établir les conditions de la confiance avec les autres Etats. La confiance doit être réciproque. Jusqu’à présent nous avons créé ce partenariat mais on attend toujours que les Emirats arabes unis signent le contrat. C’est une réalité qui dure depuis maintenant plus de 4 ans. Ils nous faut attendre, abusent de notre patience. Si demain les Emirats arabes unis déclarent qu’ils ne prendront pas de Rafale nous pourrons alors clairement parler d’échec.

 

Cette déclaration ne s’explique-t-elle pas également par une certaine forme d’idéologie d’un ministre de gauche dont la formation a souvent fustigé les ventes d’armes de la France aux pays étrangers ?

 

Il y a effectivement une tradition socialiste en France dans ce sens-là. « Les ventes d’armes, ce n’est pas beau » est un discours qu’on retrouve souvent à gauche. Mais cela ne trompe personne, quand vous avez une balance commerciale déficitaire, on ne peut faire le coquet en refusant de vendre des armes aux pays étrangers. Le domaine de l’armement est un domaine sur lequel la France est très en pointe, il est normal qu’on essaye de vendre le plus d’armes possible.

 

Si Jean-Yves Le Drian ne crie pas sous tous les toits à chaque vente d’armes car les socialistes ont des alliés compliqués et une partie de leur militants fustige les ventes d’armes, il fait tout de même le boulot. Il va d’ailleurs bientôt aller en Inde, où la vente de nos armes est toujours un enjeu.

 

Paradoxalement, cette hypocrisie était toujours présente du temps de Jacques Chirac. Cela n’intéressait pas beaucoup l’ex président, il ne voulait pas se mêler de cela. Comme beaucoup d’autres choses, cela avait été un peu plus assumé sous l’ère Sarkozy.

 

La France a-t-elle un objectif en termes de vente d’armes ?

 

L’objectif stratégique défini par l’équipe gouvernementale précédente, et qui reste selon  moi d’actualité, était qu’on équilibre l’activité industrielle française dans le domaine à hauteur de 50% sur le marché intérieur et 50 % à l’exportation. Les achats d’armement sur le marché intérieur (par l’armée française) atteignent les 10 milliards d’euros. L’objectif est donc de vendre tous les ans 10 milliards sur le marché intérieur ou de compenser les baisses d’achats d’armement sur le marché intérieur par des ventes à l’exportation.

 

C’est d’ailleurs tout le problème du Rafale. L’histoire du Rafale est très simple : il existe une chaine de fabrication qui, quand elle fonctionne au minimum, sort 1 avion par mois sauf pendant les vacances, soit 11 avions par an. Avant le changement du gouvernement, il avait été décidé que ce quota de 11 avions par an était intouchable mais que, si jamais il y avait des exportations, on utiliserait ces 11 avions de manière à soulager les dépenses françaises car on arrêterait d’acheter nous-mêmes des rafales pour faire tourner la chaîne. L’objectif stratégique est donc de maintenir les carnets de commande en profitant des marchés d’exportation tout en réduisant les dépenses.

 

Cette année, nous n’y sommes pas du tout. Nous allons atteindre les 5 milliards et non les dix milliards. Nous allons vendre à l’exportation 5 milliards d’euros de matériel militaire alors que nous dépensons sur le marché intérieur 10 milliards…L’équilibre est donc loin d’être réalisé.

 

Pour Jean-Yves Le Drian, « si la France n’a pas vendu de Rafale, c'est qu'on a peut-être confondu les rôles » (NDRL : entre le rôle du "vendeur" et celui du "partenaire"). Est-ce aussi votre sentiment ?

 

Cette phrase est clairement de nature politique. Le gouvernement précédent a fait exactement la même chose. Ils établissaient déjà des partenariats en amont. La preuve, nous avons créé une base permanente sur leur territoire sous Sarkozy. Cela fait partie du lot, nous n’avons pas ouvert une base pour nous faire plaisir, nous n’en avions pas particulièrement besoin sur le plan géostratégique.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 17:45

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/img-irsem/couv-irsem/couvetude/couvetude20/2037055-1-fre-FR/couvetude20.jpg

 

18/10/2012  par Gilles Dorronsoro (Université Paris I  Panthéon-Sorbonne),  Christian Olsson et Raphaël Pouyé (Centre d’études sur les conflits).


Etude de l'IRSEM n°20 - 2012 : Insurrections-contre-insurrections :  éléments d’analyse sociologique à partir des terrains irakien et afghan


Synthèse 


Parler d’une Sociologie de la contre-insurrection, c’est se placer d’emblée dans le cadre proposé par la redécouverte récente, par quelques officiers américains, des enseignements longtemps occultés de la contre-insurrection classique. Principal acquis doctrinal de l’occupation de l’Irak, elle est connue sous l’abréviation familière « COIN » et son adoption au milieu des années 2000 par les armées américaines a été présentée comme la clé du retournement de la situation sécuritaire en Irak observé lors du « Surge ».

 

Dans un premier temps, cette étude explore les enjeux d’une « sociologie de la contre-insurrection ». Dans un deuxième temps, la réflexion en termes de sociologie politique est appliquée à l’analyse des enjeux concrets du conflit afghan pour voir quels peuvent en être les apports, notamment dans la compréhension des ressorts sociétaux de la guerre. Dans un troisième temps, l’étude revient sur le conflit irakien et examine en quoi le « surge » contre-insurrectionnel est liéu à la réduction de la violence à partir de 2008, et quels sont les enjeux de la transition de la contre-insurrection à la stabilisation.

 

 Rèf :EPS n°2009/0948 : Sociologie de la contre-insurrection : dynamiques sociales de la nuisance et de l’opposition à l’action de l’Etat.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 19:32

http://www.grenoble-em.com/ressources/upload/nav_images/logo_em_w-SMALL.png

 

oct 232012 notes-geopolitiques.com

 

Jean-François Fiorina s’entretient avec Didier Lucas

 

« L’évolution du monde et de l’économie, la modification incessante des règles de la concurrence font que la pratique de la géopolitique va devenir de plus en plus indispensable au pilotage de l’entreprise. » Ce constat émane de Didier Lucas, directeur général de l’Institut Choiseul, spécialisé dans l’analyse des questions stratégiques internationales. Il vient de diriger l’ouvrage collectif, Les diplomates d’entreprise – Pouvoir, réseaux, influence, (Choiseul éditions). Pour les directeurs des relations institutionnelles des grandes organisations, tournés vers l’international au quotidien, la géopolitique constitue désormais un paramètre-clé pour agir.

 

Que recouvre le terme de « diplomatie d’entreprise » ?

 

La diplomatie d’entreprise renvoie à une vision stratégique. Donc une politique, une ambition globale, une approche de la compétition et des marchés autour des jeux de lobbying et d’influence. La diplomatie d’entreprise, à l’instar de l’intelligence économique, concourt à renforcer la compétitivité de l’entreprise et à développer sa performance. La France n’est certes pas en avance dans ce domaine, notamment face aux pays émergents comme la Chine ou le Brésil. Ceux-ci développent des approches originales, souvent guidées par la nécessité dans cette course à la puissance et à l’influence où ils sont entrés de plain-pied. Les pays émergents se fixent des objectifs précis, ont des espérances de gains clairement affichées, dans le cadre de ce que Christian Harbulot nomme le rapport du faible au fort. Nombre de grandes entreprises françaises évoluent sur le marché mondial dans une configuration différente. Etant parmi les leaders dans un certain nombre de domaines – banque, finance, énergies, etc. – elles se situent dans une logique inverse, du fort au faible. Elles sont dans des postures réactives plutôt que proactives. Elles s’évertuent à préserver un pré-carré, cherchent à défendre des avantages compétitifs. Elles se situent pour beaucoup d’entre elles dans une logique de Ligne Maginot, autrement dit avec un dispositif solide en apparence, mais qui peut très vite être contourné dès que changent les règles du jeu et qu’apparaissent de nouvelles logiques.

 

C’est là où la démarche de diplomatie d’entreprise rétablit les choses en favorisant la proactivité, en particulier grâce à la connaissance fine que l’on peut avoir du terrain et des concurrents. On peut alors se montrer proactif, tout à la fois face aux acteurs et face aux bouleversements de l’environnement, face aussi aux règles en perpétuelle évolution. On entre ici dans une logique utilement offensive – je précise bien offensive et non pas agressive. Même si certaines d’entre elles se trouvent légèrement en retrait, force est de constater que beaucoup de grandes entreprises françaises ont fait ces dernières années des efforts méritoires pour bien saisir les enjeux, déterminer correctement les objectifs stratégiques et agir. Mais il faut reconnaître que ces grandes organisations ont leur logique propre, qu’elles sont complexes, avec beaucoup de strates hiérarchiques et des processus de décision souvent trop longs. Dans les structures équivalentes des pays émergents, les managers sont souvent plus jeunes, les modes opératoires plus resserrés. L’état d’esprit qui y règne fait que l’entreprise est plus agile, plus audacieuse, plus nerveuse, plus offensive. Culturellement, on y est naturellement plus offensif.

 

Trop longtemps, nos entreprises ont chassé en solitaires, étant parfois concurrentes entre elles sur des marchés pourtant porteurs. Comment leur apprendre à chasser en meute et qui peut favoriser ce changement ?

 

Dès 1994, le rapport Martre avait souligné cette déficience. Mais donne-t-on réellement aux entreprises françaises les moyens d’agir autrement ? Si nos voisins allemands le font avec brio, c’est sans doute parce que, culturellement, ils agissent de la sorte depuis le XIIIème siècle. De la même manière, si l’on examine le mode sur lequel fonctionnent les entreprises américaines aujourd’hui, on doit bien admettre que la culture et les habitudes y sont très différentes de celles que l’on relève chez nous. Ainsi, en matière de réponse à des appels d’offre à l’international, les firmes américaines se trouvent au départ dans une logique de concurrence quasiment idéale, donc de franche compétition. En revanche, au fur et à mesure que le processus d’appel d’offre progresse, on observe entre elles des rapprochements guidés par le pragmatisme, l’objectif étant d’avoir au stade final deux entreprises américaines sur les trois retenues. Côté français, la logique est complètement différente. L’administration française laisse allègrement nos entreprises s’écharper dans les premiers rounds, n’apportant son éventuel appui que si l’une d’entre elles survit à ce carnage. Notre administration a pour règle d’or de ne pas interférer dans la lutte entre entreprises. Le malheur est que, si idéalement cette non-ingérence peut se comprendre, en revanche, dans les faits, elle a un coût. Car peu d’entreprises parviennent à survivre à ces premiers combats, et si elles y réussissent, elles sont tellement épuisées qu’elles ne parviennent pas, in fine, à emporter le marché. Notre problématique majeure à l’heure présente serait donc de réfléchir très vite à la façon d’organiser de meilleures synergies entre le public et le privé.

 

Comment les diplomates d’Etat voient-ils cette évolution ?

 

Fort heureusement, les nouvelles générations de diplomates ont parfaitement saisi les enjeux. Vous l’avez bien mis en relief à l’occasion de l’entretien que l’ambassadeur Pierre Buhler vous a accordé en mars dernier, lorsque vous lui avez décerné le prix Anteios de géopolitique pour son livre La puissance au XXe siècle, les nouvelles définitions du monde [CNRS éditions, préfacé par Hubert Védrine – voir Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur, n° 12, mars 2012, Géopolitique, les nouveaux visages de la puissance]. Fins observateurs de la mondialisation, analystes chevronnés des réalités politiques et économiques, nos diplomates  savent qu’il doit impérativement se créer des synergies entre public et privé sous peine d’évincement progressif voire de disparition de la présence française. Malheureusement, le Quai d’Orsay est pauvre, les budgets de fonctionnement ne cessent de diminuer même si, corrélativement, la cotisation de la France auprès des différentes organisations internationales ne cesse de croître. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le corps diplomatique stricto sensu a peu de moyens et est faible au regard des enjeux internationaux et du rang que la France prétend jouer dans le jeu subtil des relations internationales.

 

Ce constat est d’autant plus incompréhensible que nous prétendons agir dans toutes les zones du monde ! Plutôt que d’avoir des représentations dans tous les pays du monde avec peu de moyens, ne devrions-nous pas faire preuve de sagesse et concentrer nos moyens – restreints reconnaissons-le – sur des zones clés, où nous avons de réels intérêts et des possibilités d’action ? N’est-il pas grand temps d’envisager un repli tactique pour générer un redéploiement stratégique davantage conforme à notre vision ? L’intelligence stratégique de nos diplomates, leur capacité à appuyer la diplomatie d’entreprise, constituent un atout majeur qui ne demande qu’à fleurir. Encore faut-il que nous soyons capables de nous remettre très rapidement en question, de nous réorganiser, de régler nos querelles intestines entre ministères, administrations et autres agences d’Etat qui coopèrent plutôt mal…

 

Dès lors, comment nos entreprises peuvent-elles s’y retrouver ?

 

De quels types d’entreprises parlons-nous ? Des grands groupes ? Des ETI [ndlr : entreprises de taille intermédiaire] ? Des PME ?… Les grandes entreprises connaissent les rouages et la logique de la diplomatie économique, elles savent comment engager des synergies avec la puissance publique. Les autres, en revanche, ont souvent tout à découvrir. Ce sont donc elles qu’il faut aider et éclairer. Mais comment s’adresser à leurs directions ? Que faut-il leur proposer ? De quelle façon se mettre à leur niveau ?…

 

C’est ce que vous avez cherché à faire avec votre ouvrage sur les diplomates d’entreprise ?

 

Nous avons d’abord voulu effectuer un travail de recherche sur les pratiques de management dans les entreprises françaises en général. Première observation: les très grandes entreprises sont indéniablement des référents. Les PME ont tendance à reproduire les pratiques des grands groupes en les adaptant à leur propre contexte. Dans le développement de l’internalisation des pratiques de l’intelligence économique, les grandes structures ont été précurseurs, en activant par exemple des cellules de veille en interne. Et les PME ont suivi. Si en matière de ruptures technologiques, l’innovation vient souvent des PME, en retour, sur les approches organisationnelles, l’innovation vient des grands groupes. C’est la raison pour laquelle dans ce livre, nous avons voulu faire témoigner des praticiens de cette diplomatie d’entreprise.

 

Mais cela a un coût…

 

Bien évidemment, il faut des ressources suffisantes pour qu’une PME puisse créer un poste à temps plein en ce domaine. Cependant, n’oublions pas qu’elle a souvent peu de visibilité sur son carnet de commande, sur ses perspectives de croissance. Il lui est donc quasiment impossible d’internaliser une telle ressource. Ensuite, la diplomatie d’entreprise renvoie au questionnement stratégique de l’entreprise. Or, dans le paysage français, les dirigeants de petites entreprises sont majoritairement les fondateurs. La stratégie constitue leur pré-carré et ils n’entendent pas le partager. C’est le plus souvent quand on observe une dépersonnalisation du pouvoir que l’on peut ouvrir de nouvelles perspectives et confier des actions relevant de la stratégie à une personne dédiée, comme c’est le cas pour un diplomate d’entreprise. On peut aussi envisager une mutualisation de cette tâche dans le cas où plusieurs entreprises non-concurrentes d’une même filière y trouveraient clairement un intérêt. Les entreprises du Québec par exemple, au début des années 1990, ont parfaitement compris la pertinence de cette logique de développement en réseau. Culturellement, les PME québécoises sont plus ouvertes à l’international que leurs consoeurs françaises, parce qu’elles ont perçu d’emblée tout l’intérêt du travail en réseau, de la mutualisation des connaissances, de la bonne gestion de leur capital immatériel.

 

La pratique de la géopolitique constitue donc un plus pour le diplomate d’entreprise ?

 

Il ne faut pas se borner à considérer le seul côté utile et immédiatement pratique de la géopolitique. Elle offre aussi et surtout un intérêt, en ce sens où elle contribue à ouvrir les esprits aux réalités du monde, où elle permet d’élargir le champ de réflexion et d’action d’une entreprise, de façonner sa stratégie et son mode organisationnel. La pratique de la géopolitique est indéniablement partie prenante au développement de l’entreprise. Pour les directeurs des relations institutionnelles des grandes entreprises, qui sont tournés vers l’international au quotidien, l’apport de la géopolitique, la connaissance des enjeux géopolitiques, sont des paramètres essentiels de leur action. L’évolution du monde et de l’économie, la modification incessante des règles de la concurrence font que la pratique de la géopolitique va devenir de plus en plus indispensable au pilotage de l’entreprise.

 

Les étudiants doivent comprendre que la géopolitique constitue une discipline bien particulière. La finance, la comptabilité, ça s’apprend. Ces métiers exigent simplement méthode et technicité. Alors que la stratégie ou l’étude des relations internationales – avec au centre, ce puissant dénominateur commun qu’est la géopolitique – renvoient moins à une technicité qu’à une curiosité intellectuelle, à une agilité de l’esprit. Un étudiant en école de commerce est bien sûr prioritairement formé pour être un bon technicien, avant d’aspirer à devenir un cadre supérieur ou un manager dans un périmètre précis. Mais sur quels critères sont réellement évalués les cadres du top management des grandes entreprises ? On leur demande d’avoir dépassé le seul stade technique de départ, d’avoir su acquérir une culture, de faire montre d’une vision stratégique, bref, d’être capables de bien appréhender la globalité d’une situation, ce qui implique d’avoir une excellente connaissance des problématiques géopolitiques. Pour preuve, dans les entretiens et échanges menés avec les dirigeants de grands groupes au sein de notre club Choiseul, il est clair que ces personnes issues du top management ont besoin de cet oxygène qui revivifie et stimule les esprits.

 

La géopolitique, en nous obligeant à sortir de nos habitudes mentales, en nous confrontant à la diversité du monde, nous fait sortir du train-train quotidien et nous ouvre de nouvelles voies de réflexion. Elle nous permet ainsi de nous adapter à la complexité sans cesse croissante de notre monde, d’en saisir les dangers certes, mais aussi et surtout les opportunités.

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 11:05

cyber warfare

 

17.10.2012 by Cidris

 

L’observateur aguerri des moeurs et des modes d’affrontements sur Internet ou dans le cyberespace ne peut ignorer qu’ il semble se produire récemment des évolutions notables. Ce que l’on appelle parfois des « signaux faibles » semblent apparaître ça et là et nous donnent l’occasion de tracer un panorama de quelques modifications conceptuelles marquantes.


 

Le discours de Léon Panetta prononcé récemment est ainsi instructif : celui-ci évoque de manière directe à la fois le besoins de maîtriser les aspects offensifs pour mieux les comprendre mais également le fait de disposer d’une capacité déjà fortement structurée. Comme si tout cela concourrait à la mise en place d’une forme de « dissuasion », le patron de la NSA et du Cyber-Command, le Général Keith Alexander évoquait tout aussi récemment le développement de ces capacités.


On retiendra ainsi 3 points qui me paraissent essentiels :

- le discours désormais dénué de « langue de bois » qui décrit l’existence de capacités offensives. Rappelons le contexte législatif problématique du moment où les acteurs sont en attente d’arbitrages au sein des institutions parlementaires avant la nouvelle loi relative à la « cyber-sécurité. Celui-ci n’est pas sans lien car l’avenir et la sécurité des Etats-Unis reposeraient sur ce texte : de tels discours peuvent donc être interprétés comme une forme de « motivation » ;

- bien que généralement l’on repousse la dissuasion comme une forme de stratégie applicable au cyberespace, il est bon de se souvenir que dissuader un acteur de commettre une action ne passe pas forcément par un missile nucléaire. Avertir ou montrer ses muscles est également une partie du processus : chaque enfant dans une cour d’école pourra vous le démontrer. La concomitance de ces discours n’est pas sans lien avec l’affirmation d’une forme de puissance dans ce domaine ;

- enfin, un aspect interpelle dans le discours de M. Panetta : sa confiance dans la capacité des Etats-Unis à localiser les acteurs d’attaques informatiques et de leur appliquer les traitements et punitions liés à leurs actions. Ceci a de quoi interpeller car jusqu’ici, la notion d’invisibilité sur Internet et l’impossibilité d’imputer formellement constituait une donnée structurante. Cette information participe également à la construction d’un discours dissuasif  : « nous savons frapper fort et nous savons qui frapper » ;


Bien évidemment, l’on sait depuis longtemps qu’il est possible de retrouver des responsables d’actes délictueux ou des attaquants informatiques, surtout lorsque les flux sont surveillés. De plus, les moyens utilisés n’étaient pas forcément liées à une quelconque capacité informatique mais aux bonnes vieilles méthodes d’investigation : après tout, le hacker de génie peut être assez démuni et maladroit une fois en possession de son butin. Il demeurait toutefois relativement acquis qu’un attaquant motivé, intelligent et disposant de quelques moyens pouvait assez facilement demeurer dans l’ombre.


C’est pourquoi l’on peut comprendre le discours de plusieurs manière : soit les Etats-Unis disposent d’une capacité révolutionnaire de détection et de localisation qui techniquement laisse un peu dubitatif. Ou bien, et c’est plus crédible, une intense mobilisation des acteurs ayant la capacité à acquérir, traiter et utiliser l’information a été mise en oeuvre. Cette capacité pourra être à la fois humaine et électronique et fournir justement des moyens croisés pour identifier des attaquants. Ce que n’évoque pas le discours, c’est l’échelle de temps : les « représailles » pourraient alors avoir lieu bien plus tard.

 

Mais l’évolution ne s’arrête pas là. Après avoir insisté sur la nature « géographique » et spatiale du cyberespace, il semble que cela ne suffise plus. On ne compte plus aujourd’hui les articles, mémoires et autres opinions faisant d’Internet un nouvel espace de bataille, à l’égal des autres (sans doute aussi sur ce blog).


On prédisait même une évolution du domaine comme on a pu le voir sur mer puis dans les airs. C’était oublier une donnée fondamentale : air, mer ou terre sont des données fortement exogènes à l’homme. Les propriétés physique des espaces aériens et maritimes sont des données constantes et stables , pré-existantes à l’humain.


A contrario, Internet ou le « cyberespace » est un espace construit, non seulement physiquement et techniquement par l’homme. Il est également construit car on a souhaité lui donner du sens et des particularisme, le qualifier et identifier des caractéristiques. Il demeure pourtant un « espace » instable, mouvant et très évolutif sous les pressions conjuguées des technologies et des usages.


Ainsi, le très célèbre M. Libicki produit-il un récent article dont le titre suffit : « Cyberspace Is Not a Warfighting Domain » !…et l’on trouve dans la citation d’introduction des réflexions parallèles à celles évoquées plus haut.

Autre élément : une publication évoquait dernièrement les difficultés rencontrées par l’Air Force dans l’usage de la définition du cyberespace. Pour les non-familiers, il est bon de rappeler que cette composante de l’armée américaine avait rajouté le cyberespace dans sa devise qui incluait l’air, l’espace et bientôt le cyber ! C’est dire si la confusion jouait déjà à plein.


Aujourd’hui, cette approche, matérialisée dans une doctrine semble poser de nombreux problèmes notamment au niveau des moyens à mettre en oeuvre obligeant ainsi les responsables à faire évoluer leur vision.

C’est ainsi : le cyberespace qui était autrefois Internet se modifie. Il n’est pas constant, il n’est pas « fini » et peut évoluer de mille manières. Sa compréhension technique est un atout indispensable à l’analyste qui devra aussi saisir la notion d’usage et l’inter-pénétration avec la société. En matière stratégique, il doit visiblement être redéfini : c’est un besoin qui semble impératif à plusieurs acteurs et qui devra être attentivement suivi.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 11:58

Kalashnikov assault rifle source Ria novisti

 

15/10/2012 Jean-Dominique Merchet

 

Il y a exactement deux cents ans, la Grande Armée de Napoléon entamait, le 18 octobre 1812, son long calvaire qui resterait dans les mémoires sous le nom de « Retraite de Russie ». L’infanterie française était alors équipée d’une arme formidable, due à un ingénieur militaire de génie, Jean-Baptiste de Gribeauval.

 

Son fusil modèle 1777 restera en service pendant près d’un demi-siècle : produit à deux millions d’exemplaires, il fut l’arme des guerres de la Révolution et de l’Empire. Depuis l’apparition des armes à feu à la Renaissance, la France produisait évidemment les arquebuses, mousquets et fusils qui équipaient ses troupes. Mais, aujourd’hui,  cette histoire s’achève.

 

Alors que la Russie célèbre cette année le soixantième-cinquième anniversaire d’une arme devenue mythique, l’AK-47 Kalachnikov, les Français ignorent dans leur immense majorité que leur pays a renoncé à produire des fusils de guerre. Adieu Chassepot, Lebel, Mas et Famas. Sic transit gloria mundi… Un officier général nous l’expliquait récemment : «La commande de l’AIF, l’Arme Individuelle du Futur, a été repoussée à 2014, mais il est certain qu’elle ne sera pas française, puisqu’il n’existe plus d’usines pour la concevoir et la produire». La France a beau s’être doté d’un Ministère du redressement productif, il n’étend pas son empire jusque-là. Sauf coup de théâtre, le prochain fusil d’assaut (calibre 5,56mm) de l’armée française sera donc européen : allemand (Heckler & Koch), belge (FN Herstal) ou italien (Beretta). Les militaires ne souhaitent pas élargir leur appel d’offres au-delà de l’Union européenne afin de garantir leur approvisionnement en cas de guerre. C’est notamment vrai pour les munitions – dont l’armée de terre consomme plus de 30 millions par an. Dès aujourd’hui, elles sont toutes importées, ce qui ne va pas sans quelques déboires. Un lot défectueux, provenant d’un fabriquant aux Emirats arabes unis (un grand allié de la France, pourtant) a provoqué en 2008-09 de nombreux incidents de tirs et même quelques blessés…

 

Quel contraste avec la Russie! Alors qu’en 1812, ses usines de Toula peinaient à équiper l’infanterie de ligne et les chasseurs, en dépit des efforts du ministre de la guerre Alexandre Araktécheïv, deux siècles plus tard, elle peut s’enorgueillir de produire le fusil d’assaut le plus célèbre du monde : la Kalashnikov. Il en a été tellement fabriqué dans le monde entier – souvent en contrefaçon - qu’on ignore le nombre exact, sans doute une centaine de millions ! Ce qui en fait, assurément, le plus grand succès de l’histoire de l’industrie militaire.

 

 J’avais eu la chance de rencontrer son inventeur, Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov, lors de la parution en 2003 de ses Mémoires en France («Ma vie en rafales», avec Elena Joly, éditions du Seuil). Le 10 novembre prochain, monsieur Kalachnikov fêtera son 93ème anniversaire, alors que son fusil d’assaut, l’Avtomat Kalashnikova, modèle 1947 (AK-47) est, à 65 ans, encore bien loin de l’âge de la retraite!

 

Né dans l’Altaï, ce fils de koulak (paysan « riche », selon les communistes), passionné de mécanique, fut blessé dans un combat de chars en octobre 1941. Renvoyé à l’arrière, il ne peut que constater la supériorité de l'armement allemand. C'est alors que germe l'idée qui va dominer sa vie : doter l'armée russe d'un pistolet-mitrailleur. «J'étais l'esclave d'une seule pensée, une seule passion me consumait», raconte-t-il en citant Lermontov. Il bricole une arme automatique avec les moyens du bord, ce qui lui vaut des ennuis avec la police, avant d’être envoyé à l’Université pour se perfectionner. Durant toute la guerre, aucun de ses prototypes n’est retenu.  Avec sa crosse en bois et son chargeur recourbé, un modèle de 1942, exposé au Musée de l’artillerie de saint-Petersbourg, fait pourtant figure d’ancêtre d’une longue et prolifique lignée… En 1947, c’est le succès : son arme est retenue par les autorités. Ce que Mikhaïl Timofeïevitch n'aime pas raconter, c'est que l'AK-47 s'inspire du meilleur fusil d'assaut de la Seconde Guerre mondiale, le Sturmgewehr 44 allemand. La grande innovation russe, c'est de l'avoir rendu plus simple, plus solide, plus rustique. Une arme de paysans conçue par un ouvrier, facile à entretenir et qui ne craint pas les chocs.

 

Etonnant retour de choses, c’est aujourd’hui une société allemande, Schmeisser Gmbh, qui commercialise les versions les plus modernes de la Kalachnikov. Comme la Molot Vepr-12, utilisée par les forces d’intervention de pays membres de l’Otan... Ainsi, les policiers français du RAID sont équipés d’une lointaine descendante de l’AK-47.

 

De là à imaginer les armées françaises bientôt armées de « Kalach », il y a un pas… encore trop bien trop grand à franchir. Et pourtant, la Russie s’intéresse de près aux matériels militaires français. Sa marine va, on le sait, s’équiper de quatre porte-hélicoptères d’assaut de la classe Mistral. Plus récemment, des officiers russes sont venus en France pour essayer le Véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) de Nexter et sont repartis assez impressionnés en particulier par sa vitesse. L’équipement intégré du fantassin (Félin) a également retenu toute leur attention. Des contrats ? On en est loin, mais quelque chose bouge. Car, de part et d’autre, il y a sans doute des choses à apprendre.

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 07:38

Sénat RF

 

11 octobre 2012 Par Philippe Marini, sénateur (UMP) de l’Oise, président de la commission des finances - liberation.fr

 

Tribune Nous avons appris que la fusion entre les groupes EADS et BAE Systems n’aurait pas lieu, et c’est une excellente nouvelle, pour notre pays et pour les industries aéronautique et de la défense en Europe...

 

Il me semble utile aujourd'hui de revenir sur les raisons qui conduisaient à s’opposer à un tel montage.

 

Sur le plan industriel, il aurait fallu y voir clair sur le tour de table du nouvel ensemble et sur le poids respectif de chacun. A cet égard, on rappellera que la stabilité d’EADS repose, depuis 2000, sur un pacte d’actionnaires dont sont parties les Etats français et espagnol ainsi que les groupes DaimlerChrysler et Lagardère. Or ces deux industriels ne font pas mystère de leur intention de céder leur participation quand l’occasion se présentera. Dès lors, n’est-il pas plus sage de stabiliser l’actionnariat d’EADS sur le moyen terme avant de s’engager sur une opération externe d’une telle ampleur ? Dans les conditions présentes, ne risquait-on pas, au contraire, de diluer les actionnaires d’EADS – à commencer par l’Etat, dont la part serait passée de 15 % à 9 % – sans savoir où l’on va, et de faire ainsi éclater le pacte d’actionnaires dans les pires conditions ?

 

Sur le plan patrimonial, les actions d’EADS détenues par l’Etat valent plus de 3 milliards d’euros. Le contribuable national est donc fondé à se demander comment aurait été déterminée la répartition du capital au sein de l’ensemble fusionné (60 % pour EADS et 40 % pour BAE Systems). Or cette méthodologie reste opaque : en dehors des états-majors, nul ne sait si la valorisation retenue tenait bien compte des spécificités statutaires de la filiale américaine de BAE Systems et du risque – réel – qu’à l’avenir, un ministère américain de la défense soumis à des coupes claires prenne prétexte d’un rapprochement EADS-BAE Systems pour privilégier les groupes purement américains dans ses commandes. Les actionnaires d’EADS auraient alors été lésés.

 

Enfin, surtout, sur le plan stratégique, avant de donner sa bénédiction à une telle opération, l’Etat français devait s’assurer de la pleine cohérence du rapprochement euro-atlantique en matière d’armement que représenterait, dans les faits, la fusion EADS-BAE Systems avec les objectifs de sa propre programmation militaire. Quels pans de notre outil de défense de demain dépendraient-ils d’une société (l’actuelle BAE Systems Inc) basée en Virginie et elle-même très dépendante du Pentagone ?

 

Il faut donc se réjouir de l’échec du projet de fusion, puisqu’il était manifestement impossible de répondre aux questions que je viens de résumer. Mais je suggère que l’on veuille bien y réfléchir en toute transparence, pour préparer en temps utile l’avenir de notre industrie de défense. Alors cet épisode technocratique, justement interrompu par la chancelière allemande, aura été utile.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:56

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10.10.2012 Par Stéphane Abrial, général, ancien commandant suprême allié pour la transformation - Le Monde.fr

 

Le 4 avril 1949, lors de la création de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, les douze États signataires réaffirmaient, en préambule, leur foi dans les objectifs et les principes de la Charte des Nations unies. Aujourd'hui, comme en 1949, ce préambule constitue le socle et le ciment sur lequel se sont bâties la cohésion et la pérennité de l'Alliance depuis 63 ans.

 

L'intervention récente de l'Alliance en Libye, sous mandat des Nations unies, constitue à cet égard un rappel du lien qui unissait l'OTAN, dans l'esprit de ses fondateurs, au système de sécurité international mis en place par les puissances alliées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Basé sur la Charte de San Francisco, il a, comme l'Alliance, survécu aux multiples bouleversements géostratégiques de la fin du XXe siècle. Certes, il demeure perfectible, en particulier face à des menaces nouvelles, multiformes, que les peuples victorieux des totalitarismes ne pouvaient imaginer il y a 60 ans.

 

La sécurité de l'Europe garantie par l'OTAN pendant un demi-siècle a contribué à l'intégration tant économique que politique de nos sociétés. Elle a permis la construction européenne de notre côté du Mur. Mais cette intégration, associée à la mondialisation, nous a rendus paradoxalement plus vulnérables aux évolutions géopolitiques du XXIème siècle. L'interdépendance et l'interconnexion croissante des États peuvent constituer une source majeure de tensions, notamment parce qu'elles révèlent la disparité grandissante des richesses et des ressources entre les peuples qui peuvent se soulever au nom de la liberté, de la justice, parfois de la démocratie, remettant en cause les équilibres régionaux issus de la guerre froide. L'affirmation de nouvelles puissances continuera aussi de modifier l'appréhension que nous avons de notre environnement stratégique. Dans ce contexte, le rééquilibrage annoncé par les États-Unis au profit de la zone Asie-Pacifique, ne doit pas être interprété comme une rupture du lien transatlantique, mais plutôt comme une réponse à l'évolution de l'environnement stratégique global.

 

Aujourd'hui, le cadre d'action et de réflexion doit être ample car notre sécurité passe par l'acquisition de la résilience nécessaire pour faire face aux inévitables soubresauts géopolitiques. Ces nombreux défis auxquels nous sommes confrontés nécessitent de la part des pays membres de l'Alliance, de pair avec l'Union européenne, une vision commune et un effort de concertation, de partage de compétences et aussi, de plus en plus, de ressources.

 

À l'instar des nations membres qui revoient individuellement et régulièrement leur posture militaire à l'aune des nouvelles réalités stratégiques, l'OTAN s'est dotée depuis novembre 2010 d'un nouveau concept stratégique qui la projette à l'horizon d'une décennie. Pour répondre aux missions fixées par ce document, elle continue à adapter ses moyens. C'est le sens de la réforme en cours qui va permettre de disposer prochainement d'une structure de commandement plus compacte et plus cohérente, avec des états-majors moins dispersés. C'est aussi le sens des différentes initiatives, adoptées au Sommet de Chicago, que sont la "défense intelligente" et "l'interconnexion des forces" qui visent toutes les deux à maintenir l'efficacité opérationnelle de l'OTAN. L'objectif de ces initiatives est de permettre à chacun des États membres de faire part de ses besoins en matière de Défense, au prorata de ses moyens, et d'opérer des choix en termes capacitaires qui contribueront au renforcement de la cohésion de l'ensemble de l'Alliance - ceci dans un contexte économique et financier de plus en plus contraint.

 

Cette conjoncture difficile doit être perçue non comme une fatalité, mais comme une opportunité pour l'Europe de définir, enfin, une politique de défense compatible avec son statut de puissance internationale et les responsabilités qu'elle implique. A cet égard, le succès de l'opération UE - Artémis en République Démocratique du Congo en 2003 devrait constituer une référence.

 

Contrairement à bien des idées reçues, nos alliés américains souhaitent cette évolution. Toutefois, nombres d'Etats au sein de l'OTAN hésitent à risquer leur sécurité actuelle, basée sur les garanties apportées par l'article 5 du traité de l'Atlantique nord, pour une communauté de défense dont ils ne perçoivent pas encore les contours et les garanties sécuritaires de manière précise. Il appartient à la France de prendre en considération les préoccupations de ses alliés si elle veut les convaincre de la pertinence et de la complémentarité de son ambition européenne en matière de Défense.

 

Le Commandement Suprême Allié pour la Transformation, unique état-major de l'OTAN basé aux États-Unis, que j'ai dirigé pendant trois ans, est au cœur de l'ensemble de ces réflexions. En nommant un autre français, le général Jean-Paul Paloméros, pour me succéder à la fin du mois de septembre, les États-membres de l'OTAN ont marqué la reconnaissance de la capacité d'impulsion, militaire et politique, de la France tant au sein de l'espace européen que dans le cadre de la relation transatlantique. Je ne doute pas que mon pays sache garder la hauteur de vue et la capacité à fédérer qui permettent l'aboutissement des grands desseins.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 11:50

http://www.journaux.fr/images/revues/M8434.jpg

Le nouveau numéro de DSI est désormais disponible en kiosque.
Il peut être feuilleté via ce lien :
http://www.journaux.fr/dsi-_professionnelle_actualite_93320.html


Au sommaire :

  • Bombardiers stratégiques : pourquoi ils resteront les rois de l’US Air Force
  • Inde : la modernisation de l’armée de erre
  • Infanterie : l’évolution des gilets pare-balles français
  • Colombie : Opérations terrestres contre les FARC
  • Stratégie : l’AirSea Battle vu d’Asie
  • Traité de Lancaster House : recul sur les avancées d’une coopération particulière

...../....
Et les rubriques habituelles (La chronique de Carl, une vingtaine de pages de news, etc.)

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 18:45

Indus def FR

 

October 2, 2012 Source: Deloitte

 

According to a this financial report from Deloitte, defense contractors in the top global aerospace and defense (A&D) companies experienced a 1.0 percent decrease in global revenues in 1H (first half) 2012, on top of the 3.3 percent decline in revenues in 2011.

"Continuation of domestic budget pressures in traditional economies, particularly in the U.S. and Europe, are resulting in lower defense budgets," said Tom Captain, Deloitte's U.S. and Global A&D leader. "Defense contractors are responding with stepped up cost cutting, acquisition activity, growth in adjacent markets and a focus on cyber-security, intelligence, surveillance and reconnaissance technologies."

On the other hand, commercial aerospace grew at 14.9 percent in the 1H 2012, resulting from record production of new fuel efficient aircraft. This significant increase in revenues for this segment helped the global A&D industry enjoy a 5.5 percent increase in total revenues compared to the first half of 2011, more than making up for the decrease in defense revenues.

Overall, the global A&D industry posted increased operating earnings of 8.8 percent to $20.0 billion in 1H 2012, largely due to the positive impact caused by delivery of commercial aircraft, company cost cutting and efficiency initiatives in advance of expected continued declines in defense budgets, and the virtual absence of one time charges.

The Mid-year 2012 Top 20 Global Aerospace and Defense Company Financial Performance Analysis was compiled by comparing and contrasting the performance of the top 20 global A&D companies' commercial and defense segments on the metrics of revenue, operating earnings and operating margins. These companies represent approximately 71 percent of total global industry revenue. This report used the latest unaudited data through June 30th, 2012 for each company.

 

Full text

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 07:55

http://americansecurityproject.org/wp-content/uploads/2010/08/choke_points.jpg

source americansecurityproject.org

 

7 octobre 2012 lefauteuildecolbert.over-blog.fr

 

Le magazine l'Express de la semaine dernière (du 19 au 25 septembre 2012 - numéro 3194) évoque dans ses colonnes un bruit de coursive à propos du futur livre blanc. Il serait question de remplacer le concept de l'arc de crises (qui part de la Corne de l'Afrique pour arriver en Asie) par un autre qui pourrait être, selon le mot de Jean-Marie Guéhenno, président de la commission du livre blanc, celui de "zone d'intérêt national". Avant de tenter d'aborder cette notion qui n'est présentée que par sa dénomination, il peut être intéressant de ne pas se débarasser trop vite la précédente expression, qui serait d'ores et déjà, "ancienne".

 

L'arc de crise était l'un des objets marquants du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de l'an 2008. Serait-ce une création et française et récente ? Il faudrait en douter. Par exemple, l'amiral Alfred Tayer Mahan écrivait en 1900 un ouvrage qui est peut être oublié en France : "The problem of Asia and its effects upton international policies". Très brièvement, il est possible de dire que le concept de l'arc de crises n'est pas très éloigné de ce que décrivait Mahan dès 1900. Cela relativise assez les évolutions que le monde connaît depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les processus de décolonisation et la fin de la Guerre froide.

 

L'arc de crises de Mahan partait lui aussi de l'Afrique du Nord  (plutôt proche du Moyen-Orient que de Gibraltar) pour aller jusqu'en Asie centrale et tomber en Asie du Sud-Est. Globalement, l'auteur décrivait son tracé comme la résultante des lignes de fractures entre les poussées géopolitiques des différents acteurs : France, Angleterre, Russie et Japon. Ainsi, et dans le cadre d'un résumé très bref et "à main levée", il est possible de dire depuis cet ouvrage que :

  • la Russie poussait au Sud de ses frontières asiatiques vers les mers chaudes, soit vers l'Inde et le Moyen-Orient, d'une part, en allant à la rencontre de l'empire britannique. C'est bien cette poussée qui avait justifié la guerre de crimée (1853-1856).
  • L'empire Ottoman en serait presque réduit à être une zone tampon entre les deux empires. Il disparaîtra assez rapidement, finalement, après la Grande guerre.
  • D'autre part, de l'autre côté de l'Eurasie, cette poussée russe rencontrait l'expansion japonaise en Asie, alors encore balbutiante, mais qui avait déjà conquise une sorte de "Grande Corée". La bataille navale de Tsushima (1904) sera le point d'orgue de la victoire du Japon sur la Russie (qui prendra sa revanche en 1945).
  • Il y a le cas de l'expansion française en Afrique qui a rencontré celle de l'Angleterre à Fachoda (1898) et qui rencontrera celle du Japon autour de l'Indochine quelques années plus tard.

Enfin, Mahan était l'un de ceux qui prédisait le basculement géopolitique du monde de l'Europe vers l'Asie du Sud-Est. Ce n'était pas très étonnant puisqu'un certain Castex a écrit un ouvrage, aujourd'hui oublié, qui s'intitulait "Jaunes contre blancs" à propos de la guerre russo-japonaise (8 février 1904 au 5 septembre 1905). Il n'était vraiment pas le dernier à craindre la montée en puissance économique de l'Asie.

 

Les poussées géopolitiques du monde évoluent assez lentement. Il y a eu des changements dans les acteurs, avec, par exemple, une réduction de la place du Japon mais un accroissement considérable de celle de la Chine. France et Angleterre sont deux nations qui se sont repliées et ont vu leur poids se diluer, mais elles continuent à participer aux mouvements téluriques mondiaux (ce qui est assez estimable pour deux nations en perpétuel déclin aux dires des chroniqueurs). Les Etats-Unis ont fait leur irruption dans les affaires mondiales, processus entamé depuis le XIXe siècle. L'actuel conseil de sécurité de l'ONU rassemble, finalement, des puissances qui pèsent historiquement sur le monde.

 

En 2012, l'arc de crises est remis en cause. "Désigne-t-il simplement des menaces ou une zone d'intervention potentielle de la France ?" s'interroge une source "proche du dossier" pour l'Express. Peut être faudrait-il répondre à cette interrogation par deux autres questions :

  • est-ce que l'arc de crises recouvrent les zones de rencontres entre les sphères d'influence des grands acteurs du monde ?
  • Est-ce que cet objet qui définit une zone géographique recoupe l'emplacement des différents intérêts de la France dans le monde ?

Répondre oui, avec ou sans nuances, à l'une des deux questions, si ce n'est aux deux, c'est légitimer à nouveau un objet qui n'est pas dénué d'intérêts. Les derniers conflits (les guerres du Golfe, le conflit israélo-palestinien, les conflits véhiculés par les mouvements de population dans le Sahara, la guerre d'Afghanistan et les contentieux territoriaux dans les mers d'Asie) montrent que ce qui a été dit en 2008 reste d'actualité.

 

Par contre, le concept est peut être beaucoup trop réducteur : il pourrait, encore, recouvrir les zones où les intérêts des acteurs du monde se confrontent, mais il se détache peut être trop des intérêts franco-français. Par exemple, est-ce que l'arc de crises permet de contextualiser les priorités qui découlent de la nouvelle réalité géographique française (la France est un archipel) ? A priori la réponse serait non puisque les problématiques qui découlent :

  • de la découverte de pétrole en Guyane française,
  • les suspicions de gisements d'énergies fossiles dans l'archipel des Kerguelen,
  • et les richesses minières de la Nouvelle-Calédonie sont excentrées par rapport à l'arc de crises.

C'est plus que dommageable pour la perception que nous avons de nos intérêts puisque le pétrole guyanais nous oblige à nous intéresser au sort du canal de Panama (bulletin d'études marine numéro 146 du Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM) et à l'influence qu'il peut avoir sur la façade maritime de la France d'Europe. Tout comme les éventuelles richesses fossiles des Kerguelen nous obligera à considérer que nôtre intérêt consiste en notre capacité à maintenir ouvert les détroits par lesquels pourraient être exportées ces richesses fossiles. La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, par extension, ne sont pas que des spectateurs des conflits territoriaux qui secouent l'Asie du Sud-Est puisque l'ouverture des détroits de l'insulinde est une préoccupation pour les importations et exportations de ces archipels.

 

L'arc de crises est donc beaucoup trop réducteur par rapport à la situation géographique nationale et nous empêche de nous concentrer sur d'autres objets stratégiques qui méritent pourtant toute notre attention car ils pèsent sur nos intérêts vitaux.

 

Enfin, la notion d'arc de crises recèlerait une dimension vexatoire pour certains Etats qui sont inclus dans cet espace, selon l'actuelle présidente de la commission de la Défense et des forces armées à l'Assemblée nationale, Patricia Adam. Il ne faudrait pas s'enfermer dans une notion théorique, comme celle des "rogue states" (toujours d'actualité, semble-t-il), propice à créer des problèmes supplémentaires dans les chancelleries. Il s'agit d'une vision des objets français à protéger qui doit permettre de considérer les aspérités du terrain qui doivent être utilisées à notre avantage ou qui ne doivent pas nous être interdites.

 

Alors, le président de la commission du livre blanc indiquerait que l'arc de crise pourrait être reformulé en "zone d'intérêt national".

 

Premièrement, il faut vivement espérer qu'il n'y aura pas une zone mais des zones. Cette façon d'aborder nos objets stratégiques correspondrait bien mieux au caractère archipélique du pays. Ce serait l'occasion de recouvrir les zones qui concernent une partie de nos inérêts liés à nos alliances et intégrations (OTAN et Union Européenne, par exemple) mais aussi nos intérêts strictements français. Certaines zones recouvriront les deux, mais dans des degrés moindre selon leur localisation géographique : si la coopération américaine est essentielle pour lutter contre les trafics de drogues dans la mer des Antilles, elle se construit différemment autour de la péninsule arabique.

 

Deuxièmement, la notion forcerait à les articuler entre elles. Par exemple, les besoins militaires pour protéger nos intérêts autour de la péninsule arabique (soit trois détroits) ne sont pas les mêmes que ceux qui sont nécessaires pour préserver la Guyane de l'orpaillage illégale et nous assurer de notre souveraineté sur les richesses pétrolières de ses eaux. C'est-à-dire que dans l'éventuelle zone d'intérêt national qui recouvrirait la péninsule arabique il faudrait plutôt compter sur le groupe aéronaval et le groupe de guerre des mines. Tandis que dans la seconde zone autour de la Guyane et de l'arc antillais il faudrait compter sur une aéromobilité au service de la sauvegarde du territoire et des forces maritimes bien plus centrées sur l'Action de l'Etat en Mer.

 

Troisièmement, il faudrait éviter toute désunion entre les zones puisque, pour en assurer leur unité, il serait très dommageable qu'elle soit l'occasion de diviser les forces armées selon des génômes si différents qu'elles ne pourraient pas ensemble concourrir à la défense nationale de la France, c'est-à-dire l'ensemble. La spécialisation des forces affectées à chaque zone ne doit pas nuire à l'unité des Armées.
Il faut être capable de protéger les zones de toutes les menaces, même si certaines sont plus propices à avoir besoin de certaines capacités opérationnelles plus que d'autres.

Quatrièmement, cela pourraît être une chance aussi d'imaginer de nouvelles façons de doter ces zones des matériels nécessaires à leur préservation. Par exemple, ce serait une opportunité qui s'offrirait à Paris pour monter des partenariats industriels originaux. Ainsi, l'interventionnisme étatique permettrait de lier diplomatie économique avec besoins militaires nationaux. Pourquoi ne pas se doter des moyens maritimes nécessaires à l'AEM dans des chantiers étrangers ? La politique industrielle pourrait alors être couplée avec l'autonomie économique de certaines régions et la constitution des moyens nécessaires pour la Défense. C'est peut être par ce biais que pourrait être résolu quelques problèmes liés au maintien en condition opérationnel des matériels du fait d'une trop grande centralisation en la matière.

 

Cinquièmement, ce serait une consécration politique par l'Exécutif du caractère marin, et même ultra-marin, de la France. Ce serait affirmé la réalité archipélique de la France. L'existence des zones d'intérêt national ira de paire avec nos archipels où se situent des moyens militaire. Mais elles iront aussi de paire avec les bases avancées françaises qui existent actuellement et qui préservent les intérêts français qui existent autour. Il a été dit qu'il faut une unité de moyens et de vues entre les zones. Il faudra donc en assurer la liaison, autant abstraite (l'unité des Armées) que physique : les différents moyens de toucher les différents territoires et les différentes zones d'intérêt national. De même il ne faudrait pas négliger la question des communications dématéralisées quand l'Arme des Transmissions fête son 70e anniversaire, que le débat sur l'Espace conserve une forte vigueur et que celui sur la Cyberdéfense s'envole chaque année un peu plus (ce domaine devrait être fortement mis en avant dans le nouveau livre blanc).

 

Sixièmement, ce serait également la mise en avant d'un concept qui devrait être suffisamment souple pour être adapté à l'évolution des menaces sans remettre en cause son existence ni nécessiter de repenser la stratégie nationale (sauf si la radicalité des évolutions le nécessitait).

 

Septièmement, il devrait y avoir un barycentre stratégique français qui devrait apparaître, c'est-à-dire un territoire qui se retrouverait le centre de l'archipel. Il ne serait pas bien étonnant que ce barycentre soit l'île de la Réunion. Ce n'est pas pas une chose à prendre à la légère puisque, et par exemple, la répartition de la Marine Royale entre Brest et Toulon nous empêchait de parvenir aisément à la concentration de nos forces. Les anglais surent exploiter avec brio cette faiblesse maritme française qui tirait sa source de sa double façade maritime. De plus, ils avaient l'avantage de se concentrer aisément autour de leur archipel britannique. Aujourd'hui, la France est multi-façade maritimes. Il n'est pas simple de les énumérer toutes. Mais elle recouvre presque tout les océans, sauf l'Arctique -et encore... La Réunion se retrouve au centre des différents territoires et à le mérite d'être le point de passage de nombreuses routes maritimes mondiales et d'être à proximité d'une grande partie des détroits mondiaux. En outre, l'ancienne île Bourbon se situe également sur la route de circumnavigation. Les deux nouvelles et principales grandes façades maritimes de la France pourraît être alors la Méditerranée et l'océan Indien. La jonction des moyens navals disponibles pour concentrer les forces reste difficile puisqu'elle est conditionnée à la sauvegarde des détroits de Gibraltar, du Cap et de la mer Rouge. Ce centre ne se suffira pas à lui-même (par définition). C'est pourquoi un basculement total sur l'une ou l'autre des façades ne serait pas non plus des plus convenables. Tout comme le statu quo le serait encore moins puisque si l'ambition était de peser sur les affaires asiatiques alors la façade maritime de l'océan Indien serait d'autant plus justifiée. Mais si ce basculement était avéré, alors il pourrait y avoir une nouvelle répartition des forces françaises. Donc le problème naval français que la Marine Royale avait connu pourrait refaire surface.

 

Huitièmement, cette appellation interpelle puisqu'elle est douée d'une certaine proximité avec l'expression "d'intérêts vitaux". In fine, si les zones d'intérêt national sont trop affinées par la délimitation de leur cadre géographique et les moyens qui leur sont alloués alors il sera potentiellement possible de relier l'expression du livre blanc à celle qui conditionne l'emploi du feu nucléaire national. Ce serait préciser les hypothèses d'emploi de la dissuasion alors que son but est le non-emploi et la réplique à une atteinte grave à nos intérêts vitaux. La dissuasion ne doit pas être affaiblie par une interaction non-désirée avec un nouveau concept issu du livre blanc, tout comme la question de la défense anti-missile balistique de territoire peut entraîner le même processus.

 

Dans ce dernie registre, c'est encore une fois la Marine qui est la plus indiquée puisqu'elle est garante de l'intégrité territoriale d'une France plus maritime que jamais. S'il existera des forces garde-côtières à travers l'archipel qui participeront aux problématiques de sécurité locale, ce seront bien les forces de haute mer (soit le groupe aéronaval et ses différentes branches (groupe amphibie et groupe de guerre des mines) qui feront le lien entre les différentes zones. Elles seront cette masse de manœuvre qui est et qui restera apte à faire basculer localement le rapport de forces en faveur de la France. Le Maréachal Foch n'aurait peut être pas dit mieux sur l'économie des forces. L'objectif est de conserver les moyens de manœuvrer dans le monde et cela passe par la préservation des moyens nécessaires à la projection et de puissance et de forces. Ce qui implique une cohérence entre les deux et que l'une ne fasse pas disparaître l'autre... Même si cela ne peut pas impliquer de conserver une stricte parité de moyens entre les deux types de projection, non pas par souci d'efficacité militaire et stratégique, mais bien par souci de préserver une hiérarchie obsolète entre les Armées et les susceptibilités de chacun.

 

Les zones d'intérêt national sont un nouveau concept très intéressant qui pourrait faire florès.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 16:55

Syria

 

05.10.2012 par Nastasia Tepeneag* - ActuDefense

Mercredi, face aux tirs d’obus de l’armée de Bachar El Assad, Ankara riposte et bombarde la Syrie. Le Parlement turc a autorisé le gouvernement à intervenir même si Damas s’est excusée. Les tensions entre les deux pays ne datent pourtant pas d’hier et resurgissent intensément en ces périodes de crise. 

 

Le bombardement Syrien du mercredi 3 octobre, dans le village frontalier d’Alçacale en Turquie, a fait 5 morts : 1 femme et ses 4 enfants. 5 morts de trop. Ankara ne pouvait pas laisser passer. Ce n’est pas la première fois : le 26 septembre dernier, un tir d’obus a détruit une maison dans cette même localité. Sans oublier l’avion de chasse turc, un F-4, abattu en plein vol le 22 juin dernier. Cette fois, les Turcs devaient « marquer le coup », pour éviter que Damas ne se croit tout puissant. Une demi-heure après les tirs d’obus syrien, Ankara a commencé à bombarder des cibles en Syrie.

 

Cette escalade de la violence entre les deux pays est redoutée depuis des mois par l’ONU. Lakhdar Brahimi, le médiateur international de l’ONU pour la crise syrienne, évoque une situation éventuellement « catastrophique pour la région ». Pourtant, les tensions entre la Turquie et la Syrie sont ancrées dans l’histoire et portent sur des sujets très sensibles.

 

Le territoire d’Hatay, plus connu sous le nom de Sandjak d’Alexandrette, constitue la première pomme de discorde entre Ankara et Damas. Jusqu’en 1939, il fait partie de l’actuel territoire syrien, alors sous mandat français. A son départ, la France le cède à la Turquie. Dès son indépendance en 1936, la Syrie réclame le Sandjak d’Alexandrette, en vain. Damas continue de considérer que ce territoire accordé aux Turcs qui revient de plein droit.


L’enjeu du partage des eaux du Tigre et de l’Euphrate n’est pas à négliger non plus. L’administration des deux fleuves par la Turquie, où ils trouvent leurs sources, s’est faite au détriment de ses voisins Syrien et Irakien. Le long de l’Euphrate, la Turquie a mis en place 5 grands barrages destinés à l’irrigation ou à la production d’énergie. Résultat : très peu d’eau arrive réellement en Syrie et en Irak qui appellent la mise en place d’un statut «  international » de ces ressources hydrauliques.


Déjà pendant la Guerre froide, il est important de noter que les deux pays se sont retrouvés dans des camps ennemis. La Turquie a rejoint l’OTAN en 1951 tandis que la Syrie a signé un traité d’assistance avec l’URSS en 1957.

Enfin, la question kurde envenime les relations turco-syriennes. Du côté des « anti-impérialiste », la Syrie accueille à partir de 1982 le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ainsi que son chef Abdullah Öcalan. Inspirés du marxisme-léninisme, ils se déclarent en guerre contre l’Etat turc à partir de 1984.

 

Aujourd’hui, malgré l’autorisation d’intervenir en Syrie accordée par le Parlement turcs au gouvernement, Ankara déclare ne pas souhaiter la guerre. De son côté, Damas s’est officiellement excusé, suivant les conseils de la Russie. La communauté internationale a condamné les tirs syriens mais appelle à l’apaisement.

 

* Photographe et journaliste reporter d’image, Nastasia Tepeneag est en formation chez BFM TV. Diplômée de sciences politiques, elle s’intéresse aux relations internationales et au grand reportage.

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