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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 07:50

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25 juin 2012 par Michel Goya – La Voie de l’Epée

 

Voici ma [Michel Goya] réponse à l’article du contrôleur général des armées Yché (« Quelle défense pour la France ? ») paru dans le Figaro du 20 juin dernier. A paraître.

 

Régulièrement, dès lors qu’il s’agit de réfléchir sur la forme de notre outil de défense resurgit l’idée d’un resserrement sur une force de haute-technologie, supposée capable par les seules frappes à distance, aériennes pour la grande majorité, de faire plier à sa volonté n’importe quel adversaire. On s’épargnerait ainsi les affres d’un engagement au sol supposé forcément couteux. La formule paraît séduisante. Le seul problème est qu’elle ne fonctionne pas.

 

On serait en effet bien en peine, depuis la première guerre du Golfe jusqu’à la guerre récente en Libye de trouver un seul exemple de réussite de l’action à distance seule. Les raids aériens ou aéromobiles sont souvent très efficaces mais ils sont insuffisants à emporter une décision politique, sauf peut-être dans le cas de lutte contre des réseaux sans implantation populaire. Dans tous les autres cas, l’expérience montre encore et toujours qu’il est nécessaire pour emporter la victoire que quelqu’un plante un drapeau quelque part. Même la campagne aérienne lancée contre la Serbie en 1999, souvent citée en exemple car seul significatif, aurait eu un autre destin sans la menace d’une force terrestre puissante et prête à pénétrer au Kosovo. Pendant le mois de juillet 2006, les Israéliens ont lancé chaque jour plus de5 000 obus et 250 missiles, bombes guidées ou à dispersion de munitions sur le rectangle de 45 km sur 25 du Sud-Liban. Le Hezbollah n’a jamais plié et il a bien fallu engager une force terrestre dont on s’est aperçu alors qu’elle ne savait plus mener des opérations à grande échelle.

 

La seule question qui mérite en fait d’être posée est de savoir qui va planter ce drapeau. Si on veut éviter de s’engager soi-même, on peut effectivement s’appuyer sur des forces locales comme les seigneurs de la guerre afghans en 2001 ou les groupes rebelles Libyens en 2011. Tout repose alors sur la fiabilité et l’efficacité de ces alliés qui obéissent toujours à leurs propres agendas et à leur propre éthique. En 2001, la prise spectaculaire de Kaboul par les seigneurs de la guerre afghans appuyés par forces aériennes américaines a été rapidement gâchée par leur refus d’aller plus au sud et la persistance des Américains à ne pas engager de troupes au sol. Malgré les bombardements et l’appel à des mercenaires locaux plus que douteux, Oussama Ben Laden et le mollah Omar ont ainsi eu le loisir de quitter Tora Bora et Kandahar pour reconstituer leurs forces au Pakistan.

 

Qu’il faille améliorer notre capacité opérationnelle d’intervention à distance, c’est l’évidence mais cela peut difficilement s’obtenir en marchant sur une seule jambe. La solution est sans doute justement, et comme le prévoyait le Livre blanc de 2008, dans l’investissement dans les forces terrestres afin que l’on obtienne au sol la même supériorité écrasante que l’on connaît désormais dans les airs et sur mer.  Les interventions extérieures autonomes françaises des années 1970 faisaient l’admiration de tous pour leur efficacité. Celles des années 1990 et 2000, en coalition, beaucoup moins. Les procédés « à l’ancienne » avaient donc parfois du bon et c’est peut-être là que devrait se situer notre source d’inspiration plutôt que dans la simple imitation des modes américaines.

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 18:11

Europe Flag

 

juin 27, 2012 Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2, opinion)

 

La crise était jusqu’ici essentiellement financière ou de la dette, elle devient aujourd’hui politique et risque demain d’être stratégique. L’Europe est aujourd’hui au milieu du gué, à un point de cristallisation. Nous sommes au « crunch » de la crise. L’Europe a le choix : soit s’enfoncer dans une crise qui va devenir à la fois plus dure économiquement, socialement et plus bloquée politiquement, soit essayer de trouver des solutions qui changent la donne, renversent la table, sortent du contexte où chacun bloque chacun. Soit s’appauvrir, soit réagir. Et pour réagir, il y a quelques questions à résoudre auparavant qui ne sont pas techniques mais politiques.

 

Stabilité politique et démocratique


La politique suivie jusqu’alors avec baisse des salaires à la clé paraît non seulement une erreur économique mais présente un danger politique et social bien réel. Développer de grands plans, prospectifs, qui pourront avoir, au mieux, un effet dans quelques années, c’est sans doute « sympathique » mais à peu près aussi inutile que de demander au polytraumatisé en insuffisance respiratoire s’il préfère une chambre à un ou deux lits ou des béquilles bleues ou roses pour sa rééducation. Il faut pouvoir donner un souffle d’air immédiatement, pour éviter que le trimestre en cours et les deux suivants ne conduisent à une économie anémiée, éviter la contamination de l’austérité et de la récession. Faute de quoi, la soupape va sauter. Et l’énergie du désespoir gagner d’autres pays. La situation « à la grecque » peut se répéter dans les urnes dans plusieurs pays, pas automatiquement « désespérés » économiquement (les Pays-Bas par exemple… Certains autres pays peuvent être tentés par une virée nationaliste (Slovaquie, Hongrie, Roumanie…). Avoir un pays en instabilité politique, c’est gérable… en avoir une demi-douzaine devient beaucoup plus dangereux. Pour imposer certaines réformes, dures à avaler, il faut proclamer un quasi « état d’urgence ». L’Europe est-elle prêt à l’accepter ?

 

Contrôle et responsabilité


L’Europe ne peut non plus continuer s’abstraire de toute responsabilité que ce soit dans le « circus politique » en Grèce ou dans la crise actuelle. Elle ne peut pas imposer des réformes, douloureuses sans doute, nécessaires peut-être, sans en assumer de façon corollaire une légitime part de responsabilité. C’est la Commission européenne qui cogère en effet une partie des réformes, dans toute sa séquence, en mettant en place un plan de réformes d’une part, en ayant en place une équipe de hauts fonctionnaires chargés dans tous les ministères de suivre les réformes d’autre part. Comme hier, c’est la Commission européenne qui avait aussi pour fonction la surveillance des déficits. Jusqu’à aujourd’hui, aucune sanction (d’ordre politique) n’est intervenue après cette faillite de la surveillance. A la différence des autres Etats membres, où le lien de responsabilité européenne est relativement tenu, à Athènes, il existe un lien direct.

 

Dans un régime « normal », de gouvernement issu des urnes, le gouvernement démissionnerait ou remettrait au moins une question de confiance à ses électeurs. Le système européen n’a pas prévu cette hypothèse (mais ne l’a pas interdite non plus). Et la Commission ne semble pas vouloir prendre le chemin de cette prise de responsabilité. Faute de cette « soupape » de sécurité, il faut trouver d’autres solutions, proposer une porte de sortie. Il est aussi nécessaire sans doute d’opérer un changement politique, pour donner, très vite quelques sursauts nécessaires à l’économie, être gagner quelques demi-points de croissance.

 

Vision stratégique


Prenons garde aussi à ce que de « politique », la crise ne devienne stratégique. L’Europe risque son avenir, sa place dans le monde. Si elle ne se relève pas rapidement, de façon dynamique… et seule, elle va se retrouver dans la situation économique de l’après 1945 à devoir quémander une aide internationale aux uns et aux autres pour se redresser. Du coup, elle devra aliéner une partie de son autonomie économique non seulement sur le court mais aussi sur le moyen ou long terme. On peut se dire que c’est la logique de la mondialisation… On peut aussi estimer que l’Europe a les moyens, intellectuels comme financiers, de s’en sortir toute seule.

 

Est-ce que l’avenir de la Grèce doit passer par une aide de la Chine, du Qatar ou du Brésil ? Une Chine présente qui observe et rachète quand elle peut, au gré d’une privatisation ou d’un retrait d’un actionnaire clé, là un chantier naval, là une industrie…  Est-ce le destin de Chypre de faire la tournée des pays environnants et plus lointains (Russie, Chine…) pour quémander une aide qui ne sera pas liée, à laquelle elle ne sera pas tenue de s’aliéner économiquement et politiquement ? Et l’Espagne, demain, ne sera-t-elle pas tentée de suivre une voie similaire, auprès de pays d’Amérique latine, par exemple ? Plusieurs pays d’Europe se retrouvent ainsi dans la même mécanique que des pays du tiers monde, préférant l’aide de pays moins exigeants, moins regardants sur les conditions. Dans l’absolu, ce n’est pas gênant. Nous sommes dans un cadre mondial. Mais l’Europe aliène ainsi les moyens de son indépendance quand il s’agit d’actifs stratégiques.Nous sommes en situation aujourd’hui d’urgence. Il importe de trouver des solutions d’urgence, et non des rustines à « deux balles » ressorties des tiroirs d’avant un temps qui semble si lointain, où l’Europe n’avait, globalement, que peu de problèmes…

 

Lire aussi : Le monde change vite, l’Europe risque de perdre de l’influence, avertit le Mae danois

 
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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 07:50

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24 Juin 2012 Par Jean-Paul Baquiast -  Pour une Europe puissance

 

Des personnes au jugement fatigué, comme Michel Rocard ou même Paul Quilès (rendons justice à celui-ci. Il ne s'emmêle pas les pieds dans les milliards comme l'a fait Michel Rocard) expliquent qu'en termes de dissuasion, la force de frappe ne sert à rien. Faut-il la supprimer?

 

Cette perspective peut venir à l'esprit tout naturellement, y compris chez les militaires, quand on examine les budgets de la défense française, et les probables réductions de dépense qui vont l'affecter. Selon des chiffres publiés par Le Monde le 23 juin, le budget militaire est de 31 mds d'euros, répartis entre fonctionnement et investissements.

 

Parmi ces derniers, on inclut généralement la suite des programmes d'équipement en avions de combat (Rafales) hélicoptères et navires militaires. L'expérience montre que ceux-ci sont essentiels à la défense. Dans beaucoup de cas ils permettent aussi des interventions civiles ou humanitaires. De plus, ils représentent des références pour nos industriels que ceux-ci semblent en voie d'exploiter de mieux en mieux dans le cadre de programmes conjoints, notamment avec les pays du BRICS. Ils devraient donc être sanctuarisés. Leurs retombées pour la science et la technologie sont très importantes.

 

Les budgets de fonctionnement sont moins visibles. Là aussi, ils comportent des programmes purement dépensiers, comme ceux actuellement liés à la guerre en Afghanistan, et des actions de remplacement ou de modernisation du matériel militaire. Les hommes et le matériel vont de pair. Il ne servirait à rien d'entretenir des effectifs paralysés par le manque de moyens matériels, non plus que se doter de matériels sans personnels bien entraînés pour les utiliser.

 

Il est probable que malgré la difficulté de réduire encore des budgets de fonctionnement déjà fortement diminués depuis quelques années, et malgré les résistances des différentes armes, le présent gouvernement devra étudier et négocier des réductions. On aurait pu espérer que dans le cadre d'un effort pour construire une défense européenne commune, ces réductions auraient été compensées par une mutualisation intra-européenne plus grande. Il n'en est rien encore pour le moment, sauf sur des détails (par exemple la lutte contre le piratage à la corne de l'Afrique).

 

Nous pensons pour notre part que la France, dans le cadre de ces économies forcées, devrait clairement annoncer à l'Otan qu'elle n'augmentera pas des participations qui ne contribuent pratiquement pas à sa défense mais qui servent principalement les intérêts américains. Il en serait ainsi de campagnes menées sous l'égide de l'Otan au Moyen-Orient. Ne citons pas ici de théâtres possibles mais chacun peut en avoir une idée. De même il serait totalement impensable que la France accepte de se faire taxer pour la mise en place du BMDE que Washington continue à vouloir imposer aux Européens. Sur ces points malheureusement, François Hollande a laissé planer un doute lors de sa participation aux dernières réunions de l'Otan. Le coût en atteindrait plusieurs milliards, dès les premières années. Ceci pour un résultat stratégique nul: le système ne marchera jamais.

 

Reste alors les quelques 3,5 milliards que coute à la France l'entretien et le renouvellement de sa force nucléaire: missiles et sous-marins notamment. Ces capacités, rappelons le, ont été développées puis maintenues par la France seule, dans un environnement industriel anglo-saxon franchement hostile. Ils donnent aux arsenaux publics et aux industriels associés, comme aux effectifs d'ingénieurs et de militaires qui y sont affectés, une expérience et un savoir-faire que, selon l'expression, beaucoup de pays européens, sans l'avouer, nous envient. Y renoncer aboutirait à faire, comme le Royaume-Uni, confiance aux Américains pour fournir des moyens de remplacement. Ce serait encourager encore des fuites de matière grise et de savoir faire qui ne se produisent que trop au profit des Etats-Unis. Ce serait aussi montrer aux pays du BRICS, qui sont tous dotés, ou en train de se doter, avec leurs propres ressources, d'armes nucléaires, que la France tourne résolument le dos à une tradition gaullienne de souveraineté qui en avait fait un modèle auprès du reste du monde.

 

Ceci dit, des personnes au jugement fatigué, comme Michel Rocard ou même Paul Quilès (rendons justice à celui-ci. Il ne s'emmêle pas les pieds dans les milliards comme l'a fait Michel Rocard) expliquent qu'en termes de dissuasion, la force de frappe ne sert à rien. Mais pourquoi dans ce cas, Israël, menacé de toutes parts, y compris par des Etats nucléaires, continue-t-il à développer une force de frappe? Parce qu'elle représente précisément une dissuasion très solide. A moins d'être dirigés par des déments, les pays arabes entourant Israël, à supposer qu'ils se dotent de quelques bombes, dont les dégâts seront nécessairement limités, y compris dans un petit pays comme Israël, ne courront pas le risque de les utiliser et d'être anéantis en retour.

 

Le même raisonnement doit être appliqué par un pays moyen comme la France. Ses bombes ne visent plus à dissuader de grands pays tels que  la Russie, comme au temps de la guerre froide, mais tous ceux que, prolifération aidant, pourraient acquérir quelques armes nucléaires et seraient tentés de s'en servir. Si la France n'avait plus de force nucléaire, elle serait obligée de céder à n'importe quel chantage. Ce ne sera jamais le cas si elle conserve ses moyens actuels. Il semble que le président Hollande ait bien perçu cette dimension incontournable de la défense.

 

Les seuls économies envisageables en ce qui concerne la force de frappe française serait de la mettre sous conditions au service de la défense européenne. Nos partenaires, y compris la riche Allemagne, semblent dédaigner cette perspective. Mais il viendra peut-être un temps, les convoitises suscitées par la richesse allemande prenant un caractère menaçant, où l'Allemagne sera heureuse de se tourner vers la France pour la protéger. Le monde de demain sera loin d'être un monde tranquille.

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 12:30

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22.06.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

EspritCors@ire, que ses concepteurs présentent comme un "observatoire de la défense et de la sécurité", a largué les amarres, le 18 juin. 

 

EspritCors@ire est un réseau d’experts des questions de défense et de sécurité. Ils partagent les mêmes valeurs et les mêmes objectifs: déchiffrer, produire et diffuser de l’information sur ces sujets dans un cadre pluraliste, un esprit de liberté, une optique de débat.

 

Parmi eux:  François d'Alançon, Joël François Dumont, Hugues Dumont, Jean Pierre Ferey, Jean Louis Helard, Stéphane Kotovtchikhine, Richard Labévière, Pascal Le Pautremat, Maurice Lévy, Philippe Leymarie, René Occhiminuti, Henri Pinard Legry, Yannick de Prémorel, Jean Pierre Quittard, Patrick Toussaint.

 

Au sommaire de la première livraison:
-Table des Cartes:"La sortie de crise au Sahel passe par une refondation de la relation franco-algérienne" , Richard Labévière, Rédacteur en chef
- La Hune:" DGA, la grande impasse", Jean Pierre Ferey, Secrétaire de rédaction. "BHL en Taxi pour Tobrouk", Philippe Leymarie
- Grands Timoniers: Philippe Burtin, PDG de Nexter à Eurosatory: "l’Europe va vers un changement de modèle", Joël François Dumont; José Mauricio Bustani, ambassadeur du Brésil en France; « Nous sommes dans le meilleur des mondes possibles, étant donné la situation actuelle », Richard Labévière
- Longue vue: "Fin de campagne : quelle politique extérieure pour la France ?", Didier Billion
- Compas: "Du bon usage de l’Histoire et de la géographie…" Guy Labouerie, Vice Amiral d'escadre "SYRIE: Il n’y a pas de bonne solution..." Francis Gutmann, Ambassadeur de France
- Journal de bord: "Bouclier antimissile : un pari déraisonnable", Richard Labévière. "La piraterie somalienne en chute libre ?", Philippe Leymarie.

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 16:30

EUISS

Report - 15 June 2012 directed by Pierre Apraxine, Anne Duquenne, Sabine Fetta, Damien Helly

This second colloquium organised jointly by the International Committee of the Red Cross (ICRC) and the European Union Institute for Security Studies (EUISS) aimed to present the causes and humanitarian consequences of urban violence, as well as related trends and challenges for the European Union and humanitarian actors. Two case studies have been selected, focusing on different types of violence affecting urban environments. The first case study examines pilot projects to address humanitarian needs arising from organised crime and gang violence in megacities; the second is an analysis of the humanitarian challenges emerging from urban violence in the context of uprisings, referring specifically to the lessons learned from the protests in the Arab world.

Urban violence represents numerous challenges for policy makers and humanitarian actors alike. Today, more than half of the world’s population lives in cities and it appears that urban centres will absorb almost all new population growth in the coming decades. It has therefore become increasingly important to understand the dynamics of violence in an urban setting. 

By bringing together experts, academics and representatives from various relief organisations, the ICRC and the EUISS hope to have contributed to the debate and spurred further interest in this increasingly important issue. 

The present publication includes summaries of both the presentations provided by the speakers and the discussions held during the colloquium.

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 13:50

Eurosatory 2012

 

16 juin 2012 Michel Asencio* - Propos recueillis par Romain Mielcarek - atlantico.fr

 

Eurosatory : les industriels ont montré toute la semaine leurs armes les plus sophistiquées à Paris. Des camouflages intelligents, des balles qui ne tuent pas ou encore des robots intelligents. A quoi ressembleront les guerres de demain ?

 

Atlantico : Le salon des armements terrestres Eurosatory a attiré des industriels et des acheteurs d'armes du monde entier, à Paris, toute la semaine. A-t-on un aperçu de ce que seront les armes qui seront utilisées par les armées dans le futur ?

 

Michel Asencio : Nous avons déjà des armes très sophistiquées, parfaitement létales. Un simple fantassin peut aujourd'hui indiquer en toute simplicité une cible qui sera frappée dans les deux minutes par un avion, un hélicoptère ou une pièce d'artillerie. La précision atteint un niveau inégalé : il peut préciser un bêtiment, un étage ou une fenêtre à prendre pour cible.

 

Parmi les efforts de recherche, il y a beaucoup d'aspects défensifs. La détection des engins explosifs improisés reste une priorité. La défense des hélicoptères contre les armes légères en est une autre. La logistique représente aussi une discipline dans laquelle beaucoup de progrès peuvent être effectués : la pièce de rechange, la munition, le carburant pourraient arriver plus facilement auprès du combattant.

 

Les fantassins devront toujours aller au plus près du combat. Mais il leur faudra certainement déployer des armes non létales, pour faciliter leur action au sein des populations. Les premiers camouflages intelligents apparaissent. Des tenues s'adaptent à leur environnement : le matin, en ville, vous avez un camouflage urbain et le soir, en jungle, il aura changé de couleur.

 

Les Italiens ont inventé un gilet qui réagit en cas de blessure : si une balle touche le soldat qui le porte, il se gonfle instantanément pour stopper l'hémoragie, en attendant les premiers secours. La précision doit aussi être améliorée : les Américains cherchent à développer des munitions intelligentes qui touchent à coup sur leur cible.

 

Les robots vont-ils envahir le champs de bataille ?

 

Les Américains utilisent déjà des drones armés au quotidien. Nous, nous manquons de tels engins. Il est aujourd'hui possible de tirer sur une cible au Pakistan avec un engin piloté aux Etats-Unis.

 

Les Etats-Unis rêvaient de mener une guerre totalement technologique, lorsque Donald Rumsfeld était Secrétaire d'Etat à la Défense. Depuis, les armées ont changé leur manière de raisonner et reviennent à une réflexion centrée sur l'homme : l'objectif est de lui permettre de rester au cœur de la décision.

 

L'intelligence artificielle en est à ses balbutiements. La densité des puces électroniques explose dans les équipements. Mais la machine reste inférieure à l'homme au combat : les drones ont perdu la totalité des combats menés contre des avions habités.

 

Les drones commencent à apparaître dans les autres secteurs. De premiers navires sans pilotes apparaissent. Des sous-marins aussi. En logistique aussi, l'automatisation fait son chemin.

 

La crise a-t-elle un impact sur la recherche militaire et les projets développés par les industriels ?

 

C'est évident. Les coûts de soutien logistique des avions américains, par exemple, ont un coûté démesuré. Un spécialiste américain a chiffré au vu de l'évolution de ces dépenses qu'à l'horizon 2050, l'armée n'aurait plus les moyens de payer les coûts d'entretien de ses aéronefs.

 

Le coût de maintien en condition opérationnelle a été multiplié par quatre entre le F-15 et le F-22 Raptor. Cet avion coûte 60 000 euros par heure de vol. Son camouflage doit être entretenu à la main.

 

Pour revenir en France, le coût de l'heure de vol est passé de 5000 euros pour un Mirage 2000 à 10 000 euros pour un Rafale. On ne peut plus se permettre de telles dépenses. Aujourd'hui, des appareils restent au sol sur de longues durée parce que l'on ne peut pas se permettre de payer l'entretien qui va avec.

 

Le combat de demain, c'est d'être capable de contenir les coûts de développement et surtout de soutien de ces matériels.

 

A quoi pourraient ressembler les guerres du futur ?

 

Les enjeux de la guerre, dans le futur, reposeront beaucoup sur un recourt accru aux réseaux de télécommunications. Les Américains, plus que les Européens, défendent une robotisation massive. Enfin, quelque chose que personne ne sait encore faire, c'est gagner une guerre en milieux urbain.

 

La population mondiale a dépassé 50% de citadins en 2007. Les mégalopoles de plus de 10 millions d'habitants vont se multiplier. Dans ces zones, les canyons urbains limitent largement l'action et la liberté de manœuvres des militaires. Aujourd'hui, absolument personne n'est capable de mener des combats dans de telles villes en maîtrisant la violence : raser des cités de cette ampleur avec des bombes n'est plus acceptable politiquement depuis la Seconde guerre mondiale.

 

Il y a eu en 2004 une bataille urbaine de grande ampleur : Fallouja, en Irak. Cette ville faisait 5 kilomètres sur 5 kilomètres, la taille de Montpellier, pour 300 000 habitants. Les Américains ont déployé près de 150 000 soldats pour y aller. Ils ont laissé une semaine aux civils pour partir. Les Britanniques ont encerclé la ville. Puis les Américains sont entrés. Le niveau de violence, selon les témoins, a atteint un niveau jamais égalé depuis Berlin en 1945. Et encore, nous n'avons là qu'une ville irakienne où les bâtiments ne font que deux étages de haut. Cet exemple montre bien à quel point les armées d'aujourd'hui n'ont pas les moyens d'aborder ce type de combats.

 

L'espace, aussi, est un enjeu du futur. Les capacités des armées doivent dans ce domaine passer du stratégique au tactique. Les bureaux de planification nationaux sont abreuvés d'images satellitaires. Mais les hommes, sur le terrain, ne disposent pas en direct de ces informations.

 

* Michel Asencio est un ancien général de corps d'armée aérien. Il enseigne à l'université d'Assas-Paris. Il est aussi chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), il y dirige l'Observatoire de la rupture technico-militaires.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:39

IRSEM

 

12.06.2012 IRSEM

 

Fiche de l'IRSEM n°17 - 2012 

 

La sécurité environnementale et le processus de sécurisation : définitions et enjeux théoriques Lucile MAERTENS

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 11:35

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11 June 2012 by defenceWeb

 

Many soldier modernisation programmes have been delayed or reduced in scope due to budgetary pressures and technology issues. Despite such obstacles, there still exists significant growth opportunities, particularly in many untapped European and Asian programmes, according to Frost & Sullivan.

 

The genesis of soldier modernisation programmes began in the early 1990s when military forces sensed the need to reposition their capabilities to counter modern-day threats. Asymmetric and urban warfare were identified as future threats and countries started conceptualising the future soldier in accordance with these trends. However, most countries felt that these planned programmes were too ambitious and difficult to manage.

 

In Frost & Sullivan’s report, “Global Soldier Modernisation Market Assessment”, the company finds that the total market revenue is likely to be US$12.73 billion across the forecast period 2011-2020. It is estimated that the soldier modernisation market will grow from US$420.2 million in 2011 to US$1.54 billion in 2020.

 

“Countries are aiming for ultra-professional armed forces and, as a result, troop strength is being reduced in most countries,” notes Frost & Sullivan Senior Research Analyst Mahendran Arjunraja. “Decreasing troop numbers will have an impact on procurement volumes, limiting the opportunity for volume business.”

 

Decreasing troop size is poised to limit the potential for economies of scale. But it would open up opportunities for premium solutions.

 

The recent operations in Afghanistan and Iraq have influenced soldier modernisation plans. With operational withdrawal, most countries are expected to focus on planned procurement programmes.

 

Market revenues are set to peak in 2015, when the market grows to be worth US$1830.5 million and such trends are anticipated to sustain till 2017. This is largely a result of major programmes entering the production phase.

 

“Upcoming soldier modernisation programmes in India, South Korea, and Brazil are in their initial stages,” remarks Arjunraja. “Significant spending is expected only in the second half of the forecast period.”

 

Frost & Sullivan has identified three different modernisation approaches: total system (a defined programme where modern equipment is acquired as a single kit), incremental (soldier modernisation is conducted in phases), and hybrid (a mix of both total and incremental approaches). The total system approach is being adopted by a few European countries such as France, Germany, Spain and Italy while others have shown a preference for the incremental or hybrid approach.

 

“Technology issues such as power and weight continue to be key technical challenges and are prolonging modernisation programmes,” concludes Arjunraja. “Incremental and hybrid acquisition approaches are the most preferred models and directly impact the value chain of programmes.”

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 10:53

French Soldier in Afghanistan

 

8 juin 2012 - Guillaume Lagane* - atlantico.fr

 

A gauche, les déclarations se multiplient en faveur d’une réduction du budget de la Défense. Dans un monde de demain qui ne semble pas moins dangereux que celui d’hier, une telle orientation pourrait coûter cher à la France.

 

Au sein de la probable future majorité de gauche française, les déclarations se multiplient en faveur d’une réduction du budget de la Défense. Le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dont l’intérêt pour les questions militaires est ancien, considère qu’il ne faut pas s’arrêter à une approche comptable. Jean-Vincent Placé, au nom des Verts, veut poser la question du coût de nos forces nucléaires (10% du budget de la défense, soit un peu plus de trois milliards d’euros par an). François Hollande, comme candidat, avait déjà jugé que la défense devrait prendre sa part de la nécessaire réduction des dépenses publiques.

 

C’est oublier qu’au nom d’un renforcement des capacités d’intervention dans la lignée du Livre blanc de 2008, les armées françaises ont déjà subi une cure de minceur sous la présidence Sarkozy (fermeture de bases, suppression de 54 000 postes sur un peu plus de 300 000). Mais il est vrai que l’armée, la « grande muette », ne descendra pas dans la rue pour défendre son budget. Et que la diminution des dépenses militaires arrive en tête des coupes budgétaires que les Français accepteraient : 45 % d’opinions favorables en 2010 contre seulement 25 % pour les aides aux chômeurs…

 

Pourtant, le contexte stratégique est tout sauf favorable à une réduction des dépenses militaires. La France est, avec le Royaume-Uni, le seul Etat européen à entretenir des forces armées crédibles. Ceci au prix d’un effort budgétaire conséquent (32 milliards d’euros par an), 50% du total européen pour les deux Etats. Il faut préserver cette spécificité. D’abord parce que François Hollande appelle à une relance de l’Europe de la défense et à une réaffirmation du poids de la France dans l’OTAN. Or, qu’on l’appelle Europe de la défense ou « pilier européen » de l’OTAN, toute alliance est une auberge espagnole : on y mange ce que l’on apporte. Paris sera d’autant plus fort au sein de l’Alliance atlantique qu’il apportera beaucoup en termes de moyens militaires, donc de budget militaire. De ce point de vue, force est de constater que le départ anticipé d’Afghanistan ne nous place pas dans la meilleure des positions face à nos alliés restant sur le champ de bataille.


Ensuite parce que François Hollande s’est dit favorable à une intervention armée de la France en Syrie dans le cas, il est vrai extrêmement improbable, où le Conseil de sécurité l’autoriserait. Mais l’opération Harmattan en Libye, en 2011, a justement montré que l’armée française avait besoins de plus (drones, moyens de renseignement) et non de moins d’investissements. Enfin parce que le monde de demain ne semble pas moins dangereux que celui d’hier : déstabilisation du Sahara, nucléarisation de l’Iran, montée de la Chine sont autant de menaces auxquelles la France peut être confrontée. Et l’administration Obama, en déplaçant les forces américaines vers le Pacifique, montre que les Etats-Unis ne seront pas toujours là pour protéger l’Europe et lui permettre de consacrer ses impôts à l’entretien d’un généreux Etat Providence. 

 

Un choix politique porteur d’avenir consiste donc plutôt à maintenir notre effort de défense au niveau prévu par la loi de programmation militaire 2009-2014 alors même que les gels de crédits en 2011 avaient représenté un décrochage par rapport aux montants prévus. L’actuel gouvernement, et la future majorité, doivent donc dépasser les attentes de leur électorat et préserver ce budget de défense. Il constitue une assurance vie pour la France dont le coût est à relativiser. Il faut rappeler qu’au moment où Londres repousse à 68 ans l’âge de la retraite (progressivement jusqu’en 2046), le coût du retour annoncé à la retraite à 60 ans pour certaines catégories de salariés français représente, de l’aveu même du gouvernement, trois milliards d’euros en 2017. Soit le budget de notre arme nucléaire…

 

* Guillaume Lagane est un haut fonctionnaire spécialiste des questions de défense.

Il est également maître de conférences à Science-Po Paris. 

Il est l'auteur de  Questions internationales en fiches (Ellipses, 2010) et de Premiers pas en géopolitique (Ellipses, 2012)

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 20:09

Syria

 

5 juin 2012 Vincent DESPORTES Officier, GDI (2S), Ancien Commandant du CID - magistro.fr

 

Le caractère décisif de l’appui apporté l’an passé par nos avions et nos hélicoptères aux troupes terrestres de la rébellion libyenne nous incite à reproduire le modèle pour faire cesser une situation qui choque profondément nos consciences. Après la Libye, faut-il donc intervenir militairement en Syrie ? La poursuite des atrocités plaide clairement en ce sens, les derniers massacres de Houla survenant après des dizaines d’autres. Cependant cette décision est trop lourde de conséquences pour être guidée par la seule émotion ; elle doit reposer non seulement sur le facteur humanitaire mais aussi, nécessairement, sur un calcul coût/bénéfice probabiliste. Puisque, dans tous les cas, il s’agit de rajouter initialement de la souffrance à la souffrance et de la violence à la violence, il faut que le bilan final ait toutes les chances d’être positif. La guerre - car il s’agit bien ici d’une guerre -, dont on sait que sa maîtrise nous échappe toujours dès lors qu’on l’a initiée, est une affaire trop sérieuse pour être lancée sans se poser au préalable les bonnes questions. Une intervention doit tenir compte des conditions et des conséquences de sa mise en œuvre et n’être, en tout état de cause, utilisée qu’en dernier recours, lorsque la situation est telle qu’elle ne puisse la rendre pire.

 

En premier lieu, la cause est-elle juste ? Assurément, et l’intention louable, puisqu’il s’agit de faire cesser les exactions meurtrières conduites par le Président Bachar Al-Assad contre son peuple.

 

Deuxième question importante, les effets seront-ils nécessairement positifs, toute guerre étant censée produire un état de paix meilleur que le précédent ? Ici, pas d’évidence absolue. L’exemple de la Libye nous incite même à la prudence. Certes, notre intervention a permis de gagner là-bas "la bataille" tactique. Certes, les chars de l’armée régulière de Kadhafi n’ont pas écrasé Benghazi, et l’ordre précédent est tombé. Mais pour quel résultat stratégique ? C’est en ces termes que se pose l’efficacité de notre engagement. Et la réponse est ambiguë. Aucun ordre politique stable n’émerge, les tribus du Sud se combattent, l’ordre est précaire à Tripoli, la Cyrénaïque affiche de fortes poussées d’irrédentisme… Plus au sud, le Mali s’en est trouvé totalement déstabilisé au profit des forces islamistes et les "répliques" du séisme libyen n’ont pas fini de se faire sentir. En Syrie, une intervention internationale ferait cesser momentanément les violations des droits de l’homme les plus fondamentaux, dont le droit à la vie, mais qu’en serait-il du "jour d’après" ? Aucune force politique syrienne n’est aujourd’hui en mesure de prendre le relais alors qu’elle constituerait l’indispensable condition de la réussite stratégique de l’opération. Une intervention extérieure ne peut en effet que "créer les conditions" pour l’installation d’un nouvel ordre : il faut que celui-ci soit prêt à émerger. L’instabilité post-intervention, hautement probable aujourd’hui, pourrait se propager très vite dans un Moyen Orient prêt à s’enflammer. Est-on certain d’ailleurs de ne pas remplacer un mal par un autre ? Est-on sûr que certaines communautés religieuses ne se retrouveraient pas dans une situation pire encore ?

 

Troisième interrogation, quelles sont les chances de succès ? L’armée régulière représente encore une menace, antiaérienne en particulier, très sérieuse ; rien à voir avec l’armée libyenne. Le théâtre syrien se prête infiniment moins que le désert libyen à l’expression de notre puissance militaire, puissance dont l’Afghanistan nous a montré la valeur toute relative.

 

Autre interrogation essentielle, les moyens sont-ils disponibles ? Notre armée manque cruellement, hélas, d’épaisseur stratégique ; elle s’est réduite comme peau de chagrin et peinerait à mettre en œuvre, dans la durée, les moyens suffisants pour une opération qui ne peut être considérée comme vitale. Nos finances sont exsangues et nous allons payer longtemps encore les surcoûts de l’opération Harmattan. Quant à nos moyens politiques, ils ne sont assurément pas illimités : comme toutes les guerres, celle-ci serait inévitablement plus longue que prévu et sa conduite à terme  - condition de sa légitimité - demanderait une patience politique qui ferait probablement défaut.

 

Il n’est pas vain, enfin, de s’interroger sur l’intérêt pour les Français d’une telle opération, seule légitimité à toute action gouvernementale. Certes, l’image de la France, son attachement aux grands principes démocratiques et humanitaires, sa crédibilité morale en font partie. Mais sont-ils suffisants pour justifier une guerre à un moment où la France doit affronter, pour elle-même, d’autres défis cruciaux ? Le fait d’être intervenus en Libye ne nous impose pas d’intervenir en Syrie. En la matière, chaque cas est un cas d’espèce, et le réalisme doit l’emporter sur l’impétuosité morale et nos propres données identitaires, même si le messianisme fait partie de nos gènes.

 

Il est à craindre aujourd’hui que la réduction de nos moyens militaires ne nous impose les conditions d’expression de notre volonté politique. Cette contrainte, de plus en plus prégnante, est assurément une leçon à méditer avant les prochaines réflexions budgétaires.

 

Paru dans Le Figaro, 2 juin 2012

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 07:30
L'armée de terre face à la crise

4 juin 2012 par Michel Goya - lavoiedelepee.blogspot.fr

 

Retranscription d'un article paru dans La lettre de l'Irsem n°5-2012.

 

L’armée de terre française, comme toutes les organisations militaires, est soumise à la double tension entre les ressources que la nation est prête à lui accorder et les besoins stratégiques de celle-ci, les arbitrages étant effectués par les institutions politico-militaires. Comme après les deux conflits mondiaux, la « paix de 1991 » a été l’occasion d’une transformation radicale de ces interactions avec à la fois une limitation immédiate des crédits alloués aux armées et le début d’une ère d’interventions au loin pour gérer les conséquences de cette nouvelle organisation du monde.

 

Pour les forces terrestres, l’adaptation du modèle de forces au nouveau contexte a surtout consisté à rendre projetable le corps de bataille issu de la Seconde Guerre mondiale par quelques innovations de structure mais surtout une transformation sociologique et culturelle avec la professionnalisation complète de la composante active et l’adoption des valeurs « nomades » des anciennes troupes d’intervention.

 

Pendant vingt ans, les forces françaises, et particulièrement les forces terrestres, ont ainsi soutenu une  « guerre mondiale en miettes » faite de l’accumulation de multiples tours de quelques mois sur des théâtres d’opérations répartis sur l’ensemble du monde. Ce cycle semble désormais toucher à sa fin à la suite de nouvelles évolutions à la fois du contexte international, de la vision politique de l’emploi des forces et de la situation économique de la nation, imposant immanquablement une redéfinition du modèle.

 

La fin de la guerre mondiale en miettes ?

 

Avec la réduction de l’engagement dans les Balkans, en Afrique sub-saharienne, au Liban et surtout en Afghanistan, l’engagement extérieur va atteindre en 2013 son plus bas niveau historique avec une prévision de moins de 5 000 hommes engagés, laissant cette armée désormais « nomade » dans le trouble. Le rétrécissement attendu des conditions préalables à l’action, qu’elles soient diplomatiques (mandat du Conseil de sécurité des Nations-Unies) ou matérielles (aide américaine), ne laissent pas prévoir d’extension de l’engagement dans les années à venir, sauf surprise stratégique ou retour à l’action unilatérale.

 

Le bilan de l’efficacité des forces terrestres durant ce cycle pose également question. Le système centralisé de la Ve République offre l’avantage de permettre l’engagement rapide des forces mais il expose aussi directement le Président de la République aux résultats de l’action militaire. Il s’ensuit une tentation très forte de l’intrusion politique afin de réduire les risques politiques à court terme, souvent associés aux pertes humaines. Lorsque le chef des armées cède à cette tentation cela se traduit invariablement par des contraintes qui réduisent l’efficacité tactique et donc au bout du compte finissent par induire des pertes humaines qui elles-mêmes justifient une plus grande intrusion. Comme ces pertes sont presque entièrement le fait de l’engagement au sol, le point extrême de cette logique est son remplacement par des actions à distance et/ou indirectes dont l’armée de terre serait largement exclue. Cette logique est confortée par le contraste entre l’engagement en Afghanistan avec ses 710 soldats français tués ou blessés gravement et l’engagement en Libye réalisé sans perte, mais aussi par la tendance générale de nos alliés, américains en premier lieu.

 

La troisième contrainte est évidemment budgétaire. Après une professionnalisation qui a conduit, à masse salariale constante, à réduire les effectifs de l’armée de terre des deux tiers, la réforme en cours depuis 2008 a tenté de résoudre le problème de financement des programmes d’équipement. La solution choisie a été de réduire encore les effectifs, d’un sixième cette fois, en s’efforçant de ne pas affecter directement les unités de combat. Cette réforme n’est pas encore achevée qu’elle trouve déjà ses limites. Il reste encore plus de 5 000 postes à détruire sans que l’on sache désormais où les trouver hors des unités de combat. C’est dans cette situation de vulnérabilité que se profile un nouveau train de réformes.

 

Des capacités d’adaptation limitées

 

Pour faire face à cette crise, le processus d’innovation de l’armée de terre souffre de plusieurs freins. Les régiments sont incités à innover lorsqu’ils sont confrontés à des défis opérationnels nouveaux et dangereux. Cette innovation est normalement facilitée par la variété d’origine, d’expériences et de compétences des hommes et des femmes qui composent l’unité, de l’incitation à innover par les chefs mais aussi des ressources en temps et en moyens qui leur sont données pour expérimenter et capitaliser. Dépossédés progressivement de leurs ressources autonomes pour cause de rationalisation économique et toujours très sollicités, les régiments de l’armée de terre s’éloignent de cet idéal-type pour compter surtout sur la simple accumulation informelle d’expérience. Cela les rend vulnérables à un changement soudain de contexte d’emploi.

 

Cette rigidification croissante n’est compensée qu’en partie par une centralisation des moyens d’entraînement qui sont aussi des espaces d’expérimentations et par un processus montant de retour d’expérience mais qui souffre encore des tiraillements entre différents organismes comme les écoles de spécialités, le Centre de doctrine d’emploi des forces, le commandement de la force terrestre et différents bureaux de l’Etat-major de l’armée de terre. Le processus non-institutionnel, fait d’écrits libres de la part du personnel de l’armée de terre, se développe mais souffre d’incitations contradictoires et du manque d’espaces d’expression. La difficulté institutionnelle à conceptualiser est renforcée par la centralisation interarmées, et le consensus qui en découle, peu favorable au débat ouvert, ainsi que la pression à l’alignement sur les doctrines de l’OTAN.

 

Dans ce contexte intellectuel de plus en plus contraint, l’armée de terre peine à développer une vision innovante de l’action terrestre au XXIe siècle qui servirait à la fois d’écran protecteur face au politique et à l’échelon interarmées, de projet mobilisateur de ressources non seulement budgétaires et humaines (car celles-ci sont volontaires) mais aussi de moyen de résoudre son problème majeur qui n’est tant de remplir son contrat opérationnel de déploiement mais de vaincre des ennemis avec ces forces déployées. Tout au plus parvient-elle à désigner l’intervention intérieure comme une nouvelle dominante après les opérations de stabilisation et la contre-insurrection, à savoir, et à rappeler l’intérêt de disposer de forces terrestres pour faire face à l’imprévu.

 

L’armée de terre fait donc évoluer son modèle de forces encore largement issu de la guerre froide, par réactions à des « stimuli » venus en interne de contraintes budgétaires et à l’extérieur de défis à relever et surtout de menaces à contrer. Sa productivité augmente grâce à l’accumulation d’expériences et aux innovations technologiques. Cela ne suffit sans doute pas  à compenser sa perte de substance et sa rigidité croissante du fait du soutien interarmées.

 

Un arsenal mixte

 

L’équipement de l’armée de terre est d’abord un héritage de celui du corps de bataille destiné à affronter les forces du Pacte de Varsovie en Allemagne. Son cœur est donc un modèle général antichars à base d’unités blindées-mécanisées de type Seconde Guerre mondiale. Ce corps de bataille a été victime, en plein renouvellement de ses matériels, de la disparition soudaine de son ennemi, du coût d’achat et d’entretien de ses équipements dans un contexte budgétaire contraint ainsi que de la difficulté à les projeter dans ces missions lointaines devenues la norme. Entre dissolution et reports de programme, le nombre d’équipements majeurs du corps de bataille, rebaptisé de « décision », a été réduit de plus des deux-tiers depuis la fin de la guerre froide. La rénovation du char Leclerc, l’arrivée des 630 Véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI), des 77 canons Caesar de 155 mm (et la transformation des lance-roquettes multiples) sont censés conserver à cette composante une supériorité qualitative sur tous les adversaires conventionnels potentiels, tout en fournissant des « modules de supériorité terrestre » sur certains théâtres, en particulier en Afghanistan.

 

Les véhicules blindés de combat et de transport plus légers comme le Véhicule blindé léger (VBL), l’AMX-10 RC et le Véhicule de l’avant blindé (VAB), plus facilement projetables que ceux du corps de bataille et d’un rapport coût-efficacité très supérieur dans le contexte d’emploi des années 1990-2000 ont logiquement mieux résisté à l’érosion budgétaire. Ces équipements sont néanmoins âgés et usés, et leur remplacement rapide par les EBRC (Engin blindé de reconnaissance et de combat) et VBMR (véhicule blindé multi-rôles), est un enjeu essentiel pour l’équipement de l’armée de terre.

 

Outre les véhicules blindés légers, les matériels les plus sollicités car les plus utiles sont ceux de la composante aéromobile. Dans un contexte de menace anti-aérienne réduite, l’intervention des hélicoptères d’attaque s’avère actuellement presque décisive au niveau opératif (basculement de l’opération Harmattan en Libye) ou tactique (engagements en Afghanistan). L’aviation légère de l’armée de terre souffre toutefois du retard important des programmes Tigre (attaque) et Caïman (transport) ainsi que de leur coût, très supérieur à ceux des générations précédentes, qui ont conduit à une réduction du nombre d’hélicoptère en dotation de plus de moitié depuis la fin de la guerre froide. La « recapitalisation » de l’ALAT est désormais une urgence pour l’armée de terre avec l’acquisition d’une capacité de transport lourd, dont tous les retours d’expérience des conflits récents témoignent de l’importance.

 

L’armée de terre a investi largement le champ des nouvelles technologies de l’information afin d’optimiser ses ressources, notamment son infanterie dont tous les combattants sont destinés à être équipés du système Félin (Fantassin à équipements et liaisons intégrés), seul système de ce type parvenu à maturité dans le monde. Le Félin peut constituer la première étape d’une évolution de rupture dans le combat au sol, même si comme souvent dans les innovations majeures le gain tactique initial est loin d’être évident.

 

Témoignage d’un processus d’évolution en réaction forcée, l’arrivée de ces nouveaux équipements n’a pas suscité de débat préalable sur les innovations de structure, de méthodes ou de culture qu’elle était capable de susciter.

 

La saison brune

 

L’armée de terre est devant une crise schumpetérienne. Avec ses moyens actuels et de la manière dont elle est employée par le politique, elle perd de son efficacité face à des adversaires potentiels de plus en plus résistants. Elle est donc menacée de sacrifice sur l’autel de la rigueur budgétaire et de remplacement par des forces d’un rapport efficacité tactique- coût politique apparemment (mais apparemment seulement) plus performant. Il s’agit donc pour elle de trouver les innovations qui lui permettront de traverser la saison brune, cette intersaison des Rocheuses entre la fonte des neiges et la floraison, période boueuse mais où se décident les couleurs du printemps. Elle dispose pour cela de 160 000 cerveaux, c’est sa principale ressource.

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 12:22

SIPRI Logo RGB

 

June 4, 2012 Spacewar.com (AFP)

 

Stockholm - World military spending failed to rise last year for the first time since 1998 in what could herald a major trend break, but the global nuclear threat remains strong, think tank SIPRI said Monday.

 

As the global economic crisis cuts into defence spending, conflicts around the world are also becoming smaller, shorter and less deadly, and the number of wars between states are at historically low levels, the Stockholm International Peace Research Institute said.

 

The Arab Spring also demonstrated that new types of conflicts are emerging, it added.

 

World military expenditure in 2011 was essentially flat at $1.73 trillion (1.4 trillion euros) -- an increase of just 0.3 percent from 2010 -- representing 2.5 percent of global gross domestic product or $249 per person, SIPRI said in a report.

 

"However, it is still too early to say whether this means that world military expenditure has finally peaked," the think tank wrote.

 

Nuclear arsenals declined last year, the report said, as the United States and Russia further reduced their inventories of strategic nuclear weapons.

 

At the start of 2012, eight countries -- Britain, China, India, Israel, France, Pakistan, Russia and the United States -- held some 19,000 nuclear warheads, compared to 20,530 at the start of 2011, it said.

 

However, long-term modernisation programmes under way in nuclear states "suggest that nuclear weapons are still a currency of international status and power," SIPRI researcher Shannon Kile said.

 

"In spite of the world's revived interest in disarmament efforts, none of the nuclear weapon-possessing states show more than a rhetorical willingness to give up their nuclear arsenals just yet," he said.

 

The report noted that Iran and Syria came under intensified scrutiny in 2011 for allegedly concealing military nuclear activities.

 

"The unresolved Iranian and Syrian nuclear controversies raised further doubt about the efficacy of international legal approaches, in particular the role of the UN Security Council, in dealing with suspected or known cases of states violating important arms control treaty obligations and norms."

 

In Iran, "the main question now is whether the current negotiations between Iran and the P5+1 states (UN Security Council members Britain, China, France, Russia and the US plus Germany) will yield concrete results," Kile told AFP.

 

"The prospects for reaching a negotiated settlement remain unclear, with both sides engaged in political gamesmanship," he added.

 

As for Syria, international concern about its alleged undeclared nuclear activities has been "completely overshadowed" by the public uprising in the country and the Security Council "has shown no willingness" to take up the matter, he said.

 

Meanwhile, SIPRI said North Korea was believed to have separated roughly 30 kilos (66 pounds) of plutonium, enough to build up to eight nuclear weapons "depending on North Korea's design and engineering skills."

 

According to a leaked report prepared in 2011 by the Security Council, the country has pursued a uranium-enrichment programme for several years or even decades, but "it is not known whether North Korea has produced highly-enriched uranium for use in nuclear weapons," SIPRI said.

 

The institute also noted that civil wars in developing countries were now the main form of conflict worldwide.

 

"We have witnessed the practical disappearance of wars between states -- with numbers at a historically low level," armed conflict researcher Neil Melvin told AFP.

 

Nowadays, "violence emerges within states, escalating from political opposition to civil wars," as in Libya and "it seems we are reaching that point with Syria," Melvin said.

 

Finally, the think tank said the Arab Spring demonstrated the growing complexity of armed conflict.

 

"The events of last year were not isolated in terms of contemporary conflict trends," Melvin explained, saying they "echoed changes that have been occurring in armed conflict for decades."

 

"Taken together, these changes suggest there's a new kind of conflict environment emerging, one in which international interventions become far more difficult to carry out," he said.

 

SIPRI, which specialises in research on conflicts, weapons, arms control and disarmament, was created in 1966 and is 50-percent financed by the Swedish state.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 18:17

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04.06.2012 par Ares (FOB)

 

La bataille autour des appellations pourrait faire sourire si elle n’était que jeu de  mots. Mais le caractère superficiel du jeu cache mal la profondeur de l’enjeu. « Dire, c’est faire » affirmait le lexicologue John Austin pour rappeler que tout discours a une valeur performative. Le choix des mots n’est jamais anodin. Parler  d’intimidation» plutôt que de « dissuasion » pour qualifier une des capacités  d’action des forces terrestres – fut-elle stratégique, c’est évacuer purement et simplement la dimension conventionnelle d’une des cinq grandes fonctions stratégiques. C’est également, au passage, sous couvert d’une volonté de précision sémantique, faire un curieux et important contre-sens : « intimidation » s’entend couramment comme une action volontaire, ponctuelle, ciblée quand « dissuasion » définit plutôt un état permanent et une posture omnidirectionnelle. Cette dernière, à vocation défensive, est de niveau stratégique alors que la première, plus offensive, paraît plutôt relever de la boîte à outils du niveau tactico-opératif – ce qui explique sans doute l’ajout du qualificatif « stratégique » car si l’intimidation l’était de facto, il n’y aurait nul besoin de le préciser…. dont acte. Mais au-delà du choix plus ou moins pertinent des mots, le vrai problème réside dans ce que sous-entend ce bricolage lexical. « Dissuasion nucléaire » serait un pléonasme et « dissuasion conventionnelle » un oxymore : à suivre les zélateurs de ne nouveau « concept exploratoire », il n’y aurait donc plus de dissuasion… que nucléaire !

 

Or, à devenir exclusivement nucléaire, la dissuasion perdrait paradoxalement en efficacité ce qu’elle chercherait à gagner en extension ; à tout vouloir couvrir, elle ne couvrirait finalement plus rien. Car, les volets nucléaire et conventionnel ne sont pas seulement complémentaires ; ils sont totalement interdépendants au point de se renforcer mutuellement, chacun des deux ne prenant de valeur propre que par l’existence de sa dimension alternative. Le nucléaire militaire est ainsi d’autant plus crédible que son usage reste limité à des scénarii d’emploi très restreints ; cette concentration des hypothèses d’emploi nécessite dés lors de disposer de moyens conventionnels adaptés et capables de couvrir le reste du spectre. Qui peut raisonnablement imaginer que l’atome puisse dissuader un ennemi d’agir contre nos axes d’approvisionnement énergétiques ou de lancer des attaques terroristes sur le sanctuaire national ? Symétriquement, l’existence d’une arme que sa puissance apocalyptique autorise paradoxalement à être qualifiée de « non emploi » offre aux forces une référence absolue à l’aune de laquelle apprécier l’échelonnement possible des moyens de dissuasion conventionnelle. Cette complémentarité dynamique indispensable est donc gage de crédibilité.

 

On l’aura bien compris, la crédibilité est la clef de voute de l’architecture dissuasive. « Empêcher un adversaire d’accomplir une action hostile par peur des représailles » revient à agir sur sa rationalité pour le persuader qu’il a plus à perdre qu’à gagner à se lancer dans une entreprise belliqueuse (facteur psychologique). Or si la crédibilité est fonction de l’adéquation – au sens de proportionnalité – entre menace estimée et riposte affichée, elle est également fonction des qualités intrinsèquement reconnues aux outils (facteur technique). La modernisation des vecteurs, celle des têtes, tout comme la capacité à modéliser les essais, n’a d’autre but que de convaincre le plus grand nombre de l’efficacité de l’armement en cas de frappe. De façon symétrique, la dissuasion conventionnelle n’est crédible qu’à la condition d’aligner en quantité comme en qualité un arsenal de combat capable de prévenir par son existence même une grande variété de menaces. Les équipements des forces conventionnelles doivent donc continuer de bénéficier d’un effort financier à la hauteur des ambitions du pays en matière de dissuasion ; cet effort se justifie d’ailleurs d’autant mieux que les matériels terrestres, dont nombre disposent de capacités « duales » civiles comme militaires, participent également pleinement des autres fonctions stratégiques, la projection ou la protection s’il fallait n’en citer que deux.

 

Dans l’esprit comme dans la lettre, la dissuasion doit demeurer une, globale et indissociable. Au très sérieux « jeu de la dissuasion » décrit par Raymond Aron (facteur politique), le nucléaire n’a pas d’avenir sans forces conventionnelles crédibles.

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 12:00

Tiger Abrahams 400

 

01 June 2012 by defenceWeb

 

Competitive dynamics, stable defence budgets and a hostile economic environment are today's drivers for innovation in Aerospace, Defence and Security (ADS), according to Frost & Sullivan.

 

"Commercial Aviation is a hyper-cyclical market, currently under severe pressure from rising fuel prices and taxes, as well as general shifts in air travel buying behaviour and consumption habits," said Frost & Sullivan's Principal Consultant Diogenis Papiomytis. "In this market, stakeholders across the supply chain need to rethink business models to reduce operating costs and enhance the value proposition of their products and services."

 

Investment opportunities can be found in technologies and solutions that aim to reduce chronic airline inefficiencies, such as the elimination of inventory costs and asset misuse. Additionally, specific sectors offer better returns for investors looking at a possible expansion or entry point. IT and cabin interiors, with average operating margins of 6 per cent and 14 per cent respectively, score high in the sector attractiveness assessment.

 

"With regard to the Defence sector, many investors are turning away from it, as Defence procurement spending in G7 nations slows," Papiomytis continued. "We are witnessing a shift in competitive dynamics, with defence suppliers increasingly looking towards new geographies and new sectors, in order to achieve ambitious growth targets. Nevertheless and irrespective of a negative macroeconomic picture there are still opportunities to be captured."

 

With the emergence of Big Data and Total Life Cycle Management, for example, traditional defence contractors are now looking at potential acquisition targets to better position themselves in IT and Services. On the other hand, there are also two main manufacturing markets with high growth potential: small and mini UAVs and C4ISR. Estimated to be worth over US$15 billion in 2020, C4ISR solutions continue to be a priority in MoD spending due to rapid technological developments.

 

Security is a market that will witness strong growth in infrastructure and government applications, while at the same time exhibiting consistent innovation in technologies around detection & identification, access control, biometrics and e-passport implementation. In 2011 global security spending amounted to US$140 billion and is expected to reach US$200 billion by 2020, primarily driven by the US and emerging markets.

 

"Critical infrastructure projects and adoption of emerging technologies are the major contributors to the market development," commented Papiomytis. "Nonetheless, the segment that will see most growth is Cyber Security, rising from US$60 billion in 2011 to over US$140 billion by 2020. We see an increasing number of implementation projects across Small and Medium businesses, as well as a rise in mobile security spending."

 

The economy has negatively affected growth prospects for incumbents and potential investors across ADS. Nonetheless, opportunities do still exist and stakeholders are advised to look at those trends that will have the greatest impact over 10-15 years, rather than adopting a short-term conservative approach in their investments, Frost & Sullivan said.

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 12:57

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source villemagne.net

 

24.05.2012 Le Fauteuil de Colbert

 

L’arrivée du système FELIN (Fantassin à Equipements et Liaisons INtégrées) a pu laisser certains évoquer l’expression d’ « hoplite numérique« . Alors que le système est actuellement essayé en Afghanistan, et qu’il le sera certainement sous d’autres cieux, d’autres innovations permettent d’envisager des évolutions encore plus radicales. Si l’introduction de ce système peut être comparé à l’apparition de la radio dans Cavalerie blindée, il faudrait peut être voir encore plus loin, et imaginer une recréation de la phalange macédonnienne…

 

La phalange macédonienne


C'est le père d'Alexandre le Grand -Philippe de Macédoine- qui conçoit une nouvelle unité offensive. La phalange se compose de 256 fantassins lourds qui sont disposés sur 16 rangs. Les soldats du premier rang sont armés d'une sarisse (une lance de 4 à 7 mètres). Ceux des rangs suivants appuient leurs sarisses contre l'épaule du camarade qui précède. Cette force ne pénètre pas de front, mais en oblique dans la masse adverse.

 

La force de pénétration de cette masse, hérissée de lances et protégées par des boucliers, n'avait pas encore trouvé de parade chez les adversaires du père du grand conquérant macédonien. Philippe de Macédoine devra même, pour une grande partie, sa victoire sur les Grecs à Chéronée en 338 (avant Jésus Christ) grâce à cette unité.

 

Alexandre le Grand utilisera lui aussi la création de son père. La phalange macédonienne était suffisamment à craindre pour que l'adversaire d'un jour du grand macédonien, Darius III, en préparant le terrain de la bataille de Gaugamèles (octobre 331 avant Jésus Christ)1, cherche des parades pour s'en prémunir. Premièrement, l'empereur perse fait araser les aspérités de la plaine où il s'attend à livrer bataille. L'objectif est de faciliter la manœuvre des 200 chars de combat qu'il souhaite y employer. Deuxièmement, il fait ériger des tiges en fer pour tenter d'entraver la manoeuvre des unités adverses redoutées.
Au jour de la bataille, Alexandre prend l'initiative et lance sa cavalerie à l'assaut de l'aile gauche de l'armée perse. Darius s'attendait à l'habituelle charge de fantassins, et elle est lancée peu après : les phalanges partent à l'assaut de cette même aile gauche, déjà entamée par la cavalerie, et en oblique, comme à leur habitude. Darius fait donner ses 200 chars de combat (des lances acérées ont été fixées aux essieux) pour tenter d'empêcher la manœuvre. Les phalangistes conservent leur sang-froid, et surtout, les équipages des chars sont criblés de flèches et de javelots. Rares sont ceux qui survivront à cette épreuve. La principale force de frappe des perses contre l'atout maître de l'armée macédonienne est assez vite neutralisée. Les tiges métalliques n'entraveront pas vraiment les mouvements de l'armée macédoniennes.

 

Le "Roi des rois" semble perdre espoir à ce moment là, et prend la fuite; alors que les perses entament dangereusement le flanc gauche macédonien. Alexandre poursuivra pendant un temps son adversaire, avant de revenir, lui et ses troupes, à la rescousse de son aile gauche menacée.

 

Alors que la bataille a vu s'affronter une forte disproportion de forces en faveur de Darius (les chiffres sont assez exagérés : un millions d'hommes pour le Perse contre 47 000 pour le Macédonien), c'est bien l'armée macédonienne qui remporte l'affrontement. Il faut peut être voir la victoire d'une unité d'infanterie lourde utilisée comme force pénétrante, alliée à ce qui est nécessaire comme force pour contrer l'assaut d'une cavalerie, bien décidée à arrêter ce dispositif. Il y aurait cette nécessité d'avoir un couple infanterie lourde/forces de contre-cavalerie.

 

La phalange macédonienne peut elle être recréée ? Non, bien entendu, il n'est pas envisageable de recréer une unité antique pour la guerre moderne. Mais il est peut être imaginable de tenter de s'inspirer de l'essence de cette unité dans l'optique de proposer une infanterie lourde au pouvoir pénétrant similaire. Celle-ci aurait pour mission de pouvoir s'aventurer dans des zones où il est très difficile, aussi bien sur le plan militaire que politique, d'envoyer des soldats.

 

Nouvelles protections pour de nouvelles phalanges macédoniennes


En matière de protection, il y a eu ces dernières années des avancées ou des annonces d'avancées prochaines très intéressantes. C'est en matière de protection passive qu'il est possible de s'intéresser à l'armure liquide, aux tuiles du système Adaptativ qui permettent aussi bien un camouflage IR qu'une certaine discrétion radar et au camouflage optique.

 

Les dernières avancées en matière de protection corporelle laissent entrevoir de fabuleuses possibilités. Par exemple, il y a cette création par des scientifiques britanniques d'une "armure liquide"2. Le principe de la chose est relativement simple : quand un choc atteint ce liquide, les molécules de ce dernier renforcent leurs liaisons dans la zone d'impact. Cela a pour conséquence de renforcer l'épaisseur et la résistance du liquide dans cette zone. Actuellement, il n'est pas envisagé de concevoir des gilets pare-balles uniquement constitués de ce liquide, mais plutôt de coupler une couche contenant ledit liquide avec 10 autres couches de Kevlar. L'ensemble serait moins lourd qu'un gilet classique à 31 couches de Kevlar, et serait tout aussi résistant.

 

http://farm7.staticflickr.com/6192/6115905348_08bbfa9321_z.jpg© Inconnu. CV90-120 portant le système Adaptativ.

 

La FMV (équivalent suédois de la DGA) lançait un programme en 1995 pour développer une protection multispectrale (aussi bien infrarouge (IR) que radar) afin de rendre "invisible" un système d'armes. C'est au cours du salon DSEi que BAE Systems Hägglunds (fin 2011)3 rendait public les premiers résultats de ce programme. Les premières expérimentations semblent avoir été menées sur un char CV90-120 (détoureller pour les démonstrations).
Le principe est relativement simple : des caméras analysent en permanence l'environnement infrarouge dans lequel évolue le véhicule. Des tuiles hexagonales recouvrent les flancs du char (1500 sont nécessaires pour recouvrir les flancs du CV90). Ces tuiles sont thermoréactives : grâce à l'énergie électrique produite par le blindé, elles peuvent autant descendre à des températures négatives que monter à 60°. Le temps de latence nécessaire pour que les tuiles s'adaptent aux demandes de l'ordinateur serait inférieur à 10 secondes (selon l'importance de la variation de température demandée, moins l'amplitude est grande, plus le délai est court). Grâce aux variations de température des tuiles, le char peut presque disparaître de l'œil d'une caméra infrarouge. En outre, ces tuiles ont des propriétés RAM, ce qui tendrait à conférer une certaine discrétion au char face au radar -le concept de furtivité serait peut être trop fort pour cette création.

 

Au demeurant, ce système a été conçu dans l'objectif d'une utilisation opérationnelle : son coût serait inférieur de plus de 50% à celui du véhicule équipé, il doit pouvoir résister au champ de bataille (poussière, boue, etc...), serait d'un remplacement et d'un entretien "facile" et compatible avec les caractéristiques électriques des véhicules.

 

Enfin, il y a les débuts du camouflage optique4. "Le professeur Tomoshiro OCHIAI de l'Université Préfectorale de Toyama a présenté un modèle théorique d'une "cape d'invisibilité", pour laquelle une onde électromagnétique ne subirait aucune réflexion ou retard de phase après l'avoir traversée".
"Ce projet a été réalisé par le professeur OCHIAI du département des systèmes d'information de la faculté d'ingénierie de l'Université de Toyama, en collaboration avec deux autres chercheurs de l'Université de St-Andrews en Ecosse, et de l'Université du Futur de Hakodate".
"La "cape d'invisibilité" proposée est en réalité un objet de forme cylindrique qui possède la propriété de contourner autour de son axe, les ondes planes pour une longueur d'onde donnée. Le front d'onde redirigé autour de l'axe retrouve la forme d'une onde plane à la sortie, l'amplitude et la phase étant conservées. Ainsi, pour une longueur d'onde donnée, aucune réfraction ou retard de phase n'est provoqué, permettant ainsi de visualiser le paysage se situant de l'autre côté de la "cape d'invisibilité".
"Cette "cape" est composée de 4 milieux d'indices de réfraction différents, en plus de l'air ambiant qui l'entoure, avec une disposition de manière à ce que le carré de l'indice augmente en direction de l'axe. Lorsque de la lumière est projetée de loin sur la "cape", elle commence à osciller grandement à partir d'une distance égale à 3 fois le rayon, et traverse les différentes interfaces. Au centre de la "cape", quel que soit l'angle d'incidence du rayon, aucune lumière ne pénètre. C'est pourquoi un objet placé au centre de cette "cape" ne sera pas visible de loin. Le rayon de cette zone "invisible" dépend de la distribution des indices et de sa valeur maximale".
"Les recherches sur la réalisation d'une "cape d'invisibilité" ont connu un essor depuis 2006. Il existe des hypothèses de développement employant les micro-ondes par exemple. Cependant, toutes ces recherches employaient des matériaux à indices de réfraction positifs, nécessitant alors des corps biréfringents, c'est à dire présentant des indices de réfraction différents selon l'angle d'incidence du front d'onde. L'utilisation du "métamatériau" permet de contourner cette limite mathématique, et il ne "suffit " alors que de produire ce métamatériau pour obtenir une "cape d'invisibilité".

 

Il y a actuellement des avancées suffisantes pour tendre à développer une solution d'invisibilité multispectrale : c'est-à-dire dans toutes les longueurs d'ondes (optique, infrarouge et ondes radars). La gageure résiderait dans la possibilité de réunir ces trois solutions en une seule cape, en un seul ensemble de tuiles.

 

Mais si en plus, il était possible de regrouper ces techniques de camouflage dans ces différents spectres, et d'allier le tout à l'armure liquide, alors il serait envisageable de constituer une sorte d'armure, notamment pour fantassin.

 

Porter l'armure


Cette cuirasse constituerait un poids important pour son porteur, presque apte à annihiler toute idée de manœuvre, ou toute ambition de se mouvoir. C'est pourquoi il convient de s'intéresser aux dernières avancées en matière d'exosquelette. La réalisation française, l'Hercule5, ambitionne de permettre à son porteur de transporter des charges de 80 à 100kg alors que le poids de l'exosquelette est donné pour 25kg. L'autonomie est encore assez faible : 20km de marche à une allure de 4 km/h. Enfin, cet exosquelette détecte de lui-même les mouvements du porteur et les accompagne.

 

Si jamais il restait suffisamment de poids à porter grâce à l'exosquelette, alors il ne serait peut être pas inintéressant de prévoir des normes NRBC. Mais aussi que l'armure puisse contenir une certaine quantité d'eau pour soutenir le fantassin tout au long de sa progression, ce qui soulagerait pour partie la logistique.

 

L'ensemble dénommé armure pourrait être coiffé d'un casque qui concentrerait un affichage tête haute (avec la présentation des principales informations du système FELIN), la radio, et des commandes vocales, et, forcément, une certaine protection balistique.

 

Alimenter l'armure


Il demeure le problème de l'autonomie électrique. L'invisibilité multispectrale sera très certainement gourmande en énergie, et l'autonomie de l'exosquelette est bien faible sur ses seules batteries. Pour tenter d'imaginer une solution à cette question, il faut lever les yeux vers le ciel, à la manière des japonais. Le Japon ambitionnerait de construire une centrale solaire dans l'espace. La station géostationnaire profiterait de sa position dans l'Espace pour produire plus d'énergie que ne le pourrait jamais la même  puissance de panneaux solaires installée sur terre. L'énergie électrique ainsi produite serait transmise sur terre par radiofréquence (en particulier via des micro-ondes6).

 

Plus près de nous, il y a le développement des technologies permettant de recharger une batterie sans utiliser de câble. Ce procédé fonctionne, par exemple, en couplant les phénomènes de résonance et d'induction. Ainsi, l'université du Massassuchet (le MITI) a développé le WitriCity7 : une invention qui permet d'alimenter une ampoule de 60W à 2 mètres de distance; sans câble. Et la chose fonctionne depuis 2007. La norme WERL (Wireless Resonant Energy Link).

 

Il doit donc être possible d'alimenter l'armure depuis une source d'énergie environnante, mettant par exemple en œuvre la norme WERL. Les batteries de l'armure serviraient essentiellement à ce que le fantassin lourd puisse s'écarter en toute autonomie de sa source d'énergie.

 

Les blindés producteurs d'énergie électrique


Le problème de la production électrique est apparu. Dans ce registre, il convient d'observer que les blindés tendent à devenir de plus en plus des plateformes mobiles de capteurs. Leurs missions de surveillance et de dissuasion conventionnelle, avec ces capteurs, requiert une plus grande puissance électrique, et surtout, une production continue, même quand le véhicule n'est pas en mouvement.

 

Ce qui permettrait d'imaginer que les blindés de demain s'inspireront de plus en plus des motorisations des navires de combat. Ceux-ci combinent souvent deux types de motorisation différents car, par exemple, l'une consomme moins ou mieux aux basses vitesses -en régime économique- (le moteur diesel), et l'autre qui sert pour les grandes vitesses (la turbine à gaz), en plus du premier moteur. C'est le principe de la propulsion CODOG (COmbined Diesel Or Gaz) qui combine les deux moteurs. Les blindés pourraient donc eux aussi adopter demain de telles motorisations, avec un moteur servant essentiellement à la production électrique pour les phases où le char est à l'arrêt (à la manière des diesel-alternateurs) afin d'alimenter les capteurs, et un autre moteur pour que l'engin puisse se mouvoir.

 

Au passage, il ne faudrait pas non plus exclure la possibilité que le fantassin puisse emporter un certain nombre de capteurs, dans la limite de la charge utile de l'exosquelette, et que la collecte d'informations puisse être traitée soit au niveau du blindé d'accompagnement, soit à un niveau plus centralisé selon le besoin.

 

Il y aura nécessairement une dialectique énergétique entre les phalangistes et leur char d'accompagnement. D'où l'intérêt de conserver un minimum de batterie dans l'armure afin que le soldat puisse quitter l'orbite électrique du char et aller investir une zone en toute autonomie. Cela permet aussi accessoirement de pallier les éventuelles interférences qui couperaient l'alimentation électrique de l'armure.

 

Aussi, cette énergie, plus abondante pour les fantassins que ce qui peut se faire aujourd'hui, peut laisser entrevoir de nouvelles possibilités, par exemple dans les armes à énergie dirigée8.

 

La diffusion de la norme WERL, ou de celles qui vont lui succéder, à tout les blindés permettrait de tisser un réseau électrique, en plus du réseau informationnelle.

 

Le couple blindé/infanterie lourde


En outre, cela irait dans le sens de la dialectique entre les blindés d'accompagnement et l'infanterie. Comme à l'époque de la naissance du char de combat, les phalangistes pourraient accompagner ceux-ci dans leur marche en avant (grâce à des exosquelettes qui permettront une marche soutenue ?) sans craindre les risques NRBC et les éclats.

 

Les troupes débarquées seraient portées par des blindés d'un point à l'autre de la zone de responsabilité. Le ou les blindés restant à proximité pour toute forme de soutien : aussi bien armé qu'énergétique. Le soutien informationnel pourrait consister en la possibilité de conserver un certain nombre d'hommes dans les blindés pour analyser les flux d'informations parvenant de tous les capteurs et guider l'action des unités.

 

Cette forme d'engagement, basée sur le couple blindé/troupes débarquées, serait à encourager car il a été observé que les soldats de la Cavalerie sont souvent les moins chargés, par rapport à celles de l'Infanterie, car c'est le char qui supporte une grande partie des charges et des capteurs.

 

Il est aussi imaginable que l'armure puisse permettre au fantassin de porter des armes plus lourdes, voir plusieurs armes. Il serait envisageable à effectif égal de démultiplier les options tactiques. Cela supposerait que l'exosquelette puisse soutenir avec habileté les mouvements des bras.

 

Cette nouvelle phalange macédonienne, sorte d'infanterie lourde moderne, s'insérerait dans des actions de choc et de mêlée. Elle permettrait d'enfoncer certains secteurs très défendus, ou potentiellement très dangereux, comme les zones urbaines, ou bien de pouvoir investir des zones très difficilement reconnaissables, grâce à la facilité d'emporter des capteurs (par l'armure), comme les égouts.

 

En somme, il s'agit de retrouver une certaine force de pénétration dans les dispositifs adverses.

 

Néanmoins, cette proposition ne vise absolument pas à devenir un système généralisé : les macédoniens de l'Antiquité conservaient une infanterie légère.

 

 

Annexe :

1 "L'Art de la Guerre par l'exemple", Frédéric Encel, aux éditions Flammarion, page 181.

2 "Une armure liquide qui arrête les balles", Gizmodo, 4 août 2010.

3 "Adaptativ - La révolution de la protection passive ?", Philippe Langloit, Défense et Sécurité Internationale, numéro 76, décembre 2011.

4 "La cape d'invisibilité réalisée en théorie", Daphné Ogawa, Bulletins Electroniques Japon, numéro 482, 23 mai 2008.

5 "L'exosquelette Hercule, le futur à nos portes", Domitille Bertrand, Ministère de la Défense, 24 novembre 2011.

6 "Les armes à énergie dirigée : mythes ou réalité ?", Bernard Fontaine, aux éditions l'Harmattan, décembre 2011. Interview de l'auteur par Mars Attaque dans le lien.

7 "Electricité sans fil, ni batterie", Tom's Guide, 22 août 2008.

8 "Les armes à énergie dirigée : mythes ou réalité ?", Bernard Fontaine, aux éditions l'Harmattan, décembre 2011. Interview de l'auteur par Mars Attaque dans le lien.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 07:00

Europe Flag

 

22.05.2012 Par Commandant Alligier, armée de l'air. - École de Guerre

 

La défense européenne ne sort pas grandie de la crise libyenne. Tel est le jugement hâtif que certains n'ont pas manqué de porter. Il faut leur concéder que les pays européens ont souvent mené leurs actions politiques, diplomatiques et même militaires de façon dispersée, au service de leurs intérêts propres. Bien sûr, l'incapacité des Européens à agir en commun peut être déplorée. Mais on peut aussi, et ce n'est pas le moindre paradoxe de ce conflit, voir que la crise libyenne constitue une vraie chance pour relancer la construction de l'Europe de la défense.

 

Cette affirmation optimiste découle de l'analyse du point marquant de ce conflit, à savoir le niveau d'engagement relativement faible des forces américaines. Malgré une situation classique, avec l'ONU comme caution morale et l'OTAN comme cadre d'action, nos alliés américains sont restés en retrait au point de vue politique et militaire. Cette posture, inédite dans les crises récentes où la sécurité européenne était en jeu (Bosnie, Kosovo), doit nous interpeller. Restons réalistes.

 

Sans la participation américaine, le conflit n'aurait pas pu s'installer dans la durée nécessaire à l'efficacité de l'action militaire. Leur apport a en effet été décisif dans de nombreux domaines critiques. Quel aurait été le sort de ce conflit sans les missiles de croisière embarqués, les avions radar et de ravitaillement ou encore les drones et les moyens de guerre électronique estampillés "US government" ? Mais décisif ne signifie pas moteur et la conduite du conflit a été clairement laissée à la France et à la Grande-Bretagne.

 

Quels enseignements tirer pour l'Europe de ce positionnement et de ses conséquences ?


Une satisfaction d'abord. Mises devant leurs responsabilités, les deux nations militaires majeures en Europe, la France et la Grande Bretagne, ont relevé le défi d'une intervention qu'elles ont elles-mêmes décidée et exécutée sous mandat de l'ONU. Des regrets ensuite. L'incapacité politique des Européens à faire front commun en Libye résonne comme un écho désagréable aux dissensions pendant la crise dans les Balkans de 1991. Personne n'oublie non plus que les capacités cruciales listées plus haut et fournies une fois de plus par les Américains nous faisaient déjà défaut en 1999 pendant la guerre du Kosovo.

 

Une raison d'espérer enfin, car les opérations ont démontré la pertinence et l'efficacité d'un organisme militaire européen récent, le commandement du transport aérien européen (European Air Transport Command, EATC). Peu le savent encore, mais cet organisme a joué un rôle important dans le domaine du soutien aérien de l'opération. En mettant en commun leurs avions militaires de transport, les Etats membres de l'EATC ont pu élever leur performance opérationnelle au bon niveau. La France, dont le transport aérien militaire traverse une passe difficile, a ainsi très concrètement bénéficié de cette coopération européenne pour la réalisation de ses objectifs politiques propres.

 

La voie est tracée. N'hésitons pas à mutualiser d'autres moyens au niveau européen. Nous retrouverons à court terme des marges de manœuvre opérationnelles sans attendre d'hypothétiques ressources budgétaires supplémentaires.

 

Bien sûr ce pari porte en lui un risque de fragilisation des outils militaires nationaux. La recherche d'efficacité ne doit certes pas se faire contre l'intérêt des Etats. Mais, crise budgétaire oblige, elle ne se fera pas non plus sans concessions. Nous ne pourrons plus longtemps nous payer le luxe de conserver tous les moyens sous commandement national. Le choix dans les capacités doit être lucide. Celles qui garantissent l'existence même de notre pays et qui assurent son autonomie de décision ne sauraient être mutualisées. En revanche, d'autres, moins critiques pour notre souveraineté nationale, y gagneraient.

 

La mise en commun des moyens ne doit pas inquiéter outre mesure. En plaçant ses avions de transport sous commandement européen, la France n'a pas renoncé à les employer pour son intérêt propre. Elle n'a pas non plus perdu une partie de ses moyens. Bien au contraire, elle peut désormais bénéficier des moyens d'autres Etats en contrepartie de sa contribution à l'EATC. Ce modèle gagnant-gagnant de coopération pourrait être avantageusement étendu. Les capacités naissantes ou à une échelle encore confidentielle comme la défense anti-missile ou les drones semblent se prêter à l'exercice. Mais, à l'instar de l'EATC, il faudra aussi penser à des partenariats plus importants avec des alliés majeurs. Les accords de Lancaster House, récemment signés avec la Grande-Bretagne, pourraient par exemple jeter les bases d'une intégration européenne plus poussée dans le domaine naval.

 

Mais si l'idée est prometteuse, la réalisation est délicate. Les écueils sont nombreux et il faudra du temps pour modeler les organisations adéquates. Car celles-ci ne sont finalement que la traduction d'une vision politique européenne qui reste encore à trouver pour ce qui concerne la défense européenne. De la simple mise à disposition temporaire des moyens au transfert complet à une autorité supranationale, la gamme des possibles est vaste. L'équilibre entre ces deux postures extrêmes dépend fondamentalement de la volonté ou du refus des Européens de créer une souveraineté européenne. Mais l'on ne franchit les grandes distances qu'avec de petits pas et la difficulté à trouver un accord politique ne doit pas empêcher les initiatives de coopération entre Etats.

 

Sachons comprendre dès aujourd'hui ce que nous enseigne le conflit en Libye. Cinquante-sept ans après l'échec de la Communauté Européenne de Défense et alors que de nombreux pays réarment dans un monde instable, nous sommes probablement à un nouveau tournant. Saurons-nous le négocier ?

 


Pour lire d'autres analyses, rendez-vous sur le site de l'Ecole de guerre.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:53

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21 mai 2012, par Institut Thomas More - Comité belgique

 

 

 

A quelques heures de l'ouverture du Sommet de l'OTAN à Chicago, Philippe Maze-Sencier, membre du conseil d’administration de l’Institut Thomas More, et Jean-Sylvestre Mongrenier, Chercheur Associé à l’Institut Thomas More, reviennent sur le sens et les raisons de l'engagement de la France dans l'Alliance atlantique | Article publié dans Le Figaro des 19-20 mai 2012


Les 19 et 20 mai 2012, François Hollande se rendra à Chicago pour participer au sommet de l’OTAN. La guerre d’Afghanistan, la défense antimissile et la mutualisation des capacités militaires entre les Alliés y seront discutées. D’emblée, le président français sera donc projeté au cœur de la géostratégie mondiale. Les enjeux liés à la présence française dans l’OTAN sont en effet sans commune mesure avec le « droit d’inventaire » invoqué lors de la campagne présidentielle.


De prime abord, rappelons que la décision prise en 2009 par Nicolas Sarkozy d’une pleine participation française à la structure de commandement, lors du sommet de Strasbourg-Kehl, était le point d’aboutissement d’un processus amorcé par François Mitterrand et relancé sous Jacques Chirac. Cette décision a mis fin au grand écart entre le rôle historique joué par la France dans l’Alliance atlantique d’une part, des rhétoriques mâtinées de « non-alignement » d’autre part. Le positionnement géopolitique de la France est clarifié et l’on s’en félicite, dans les faits comme sur le plan de la psychologie collective.


Les enjeux sont aussi d’ordre décisionnaire. Le retour de la France dans les états-majors de l’OTAN lui a permis d’obtenir des postes de commandement à la mesure de son engagement. Ainsi, le Commandement allié de la Transformation (ACT) – l’un des deux commandements suprêmes –, est allé à un général français. L’ACT joue un rôle majeur dans la réforme de l’OTAN et le projet de mutualisation des capacités militaires (la « Smart Defence »). En avril dernier, la réunion des chefs d’état-major de l’OTAN a confirmé et amplifié le poids décisionnel de la France qui disposera bientôt d’autant d’officiers généraux dans la structure militaire que le Royaume-Uni.


La réduction des « dissonances cognitives » opérée par la décision de Strasbourg-Kehl et le fort investissement dans l’OTAN ont aussi permis de rapprocher les positions diplomatico-militaires françaises et britanniques. Signé en novembre 2010, les traités de Lancaster House en sont l’expression et cette volonté de renforcer la coopération bilatérale s’est traduite sur le terrain, avec le commun engagement en Libye. Au-delà de ce cas de figure, il n’y a que la France et le Royaume-Uni qui conservent des capacités d’intervention militaire sur des théâtres extérieurs et c’est en étroite alliance que ces deux États demeureront des puissances de rang mondial.


En appeler à l’« Europe de la défense » pour justifier une forme de statu quo à l’intérieur de l’OTAN serait de mauvaise politique. Il ne se trouve guère de pays en Europe, aucun en vérité, pour envisager un format exclusivement européen dans le domaine de la défense mutuelle. Principal allié et partenaire de la France à l’intérieur de l’Union européenne (UE), l’Allemagne est sur une ligne d’affirmation géo-économique. Elle néglige encore les questions militaires et privilégie l’appartenance à l’OTAN qui lui permet aussi de contrebalancer son partenariat commercial et énergétique avec la Russie. Plus généralement, l’UE constitue un vaste et distendu Commonwealth paneuropéen dont on peine à imaginer la transformation en une entité politico-militaire. La crise de la zone Euro et les déchirement internes mettent au jour la fragilité géopolitique de la « construction européenne » qui, décidément, a d’autres priorités que les questions de défense.


Au vrai, l’« Europe une et libre » à laquelle les Occidentaux œuvrent depuis la fin de la Guerre froide repose sur deux piliers complémentaires : l’UE et l’OTAN. Sans l’engagement militaire des États-Unis et les garanties de sécurité corrélatives, il serait très difficile de contenir la pression russe sur les franges ouest de l’aire post-soviétique et les logiques anomiques du Grand Moyen-Orient. In fine, il se pourrait même que le « chacun pour soi » l’emporte en Europe. A contrario, un solide pilier atlantique permettra à l’UE de jouer sur ses avantages comparatifs, à travers sa politique méditerranéenne, son partenariat oriental et sa politique énergétique.


Aussi la France doit-elle se placer à l’intersection du cercle européen et du cercle atlantique. Étant en mesure de participer activement au déploiement d’une défense antimissile contribuant à la sécurité interalliée, elle ne saurait temporiser ad aeternam. Sur le théâtre afghan enfin, le calendrier de retrait doit être fixé selon les règles du multilatéralisme atlantique.

 

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:40

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21.05.2012 Par Jean-Paul Perruche, directeur de recherche à l'IRSEM et Jolyon Howorth, professeur de sciences politiques et de relations internationales à Yale - Le Monde.fr

 

Dans une période de déclin relatif de l'Occident et de disette des budgets de défense, le "lien Transatlantique" est plus nécessaire que jamais, mais la relation transatlantique doit être refondée sur des bases adaptées aux réalités de ce temps. Le futur de l'Alliance passe par des Européens plus responsables, plus autonomes et plus capables. C'est dans l'Union Européenne qu'ils peuvent le devenir.

 

UNE RELATION TRANSATLANTIQUE À ADAPTER AUX NOUVELLES RÉALITÉS

 

L'Alliance Atlantique consacrée en 1949 par le traité de Washington était fondée sur une communauté de valeurs (démocratiques) entre pays nord-américains et européens et sur un intérêt stratégique commun dans la défense de l'Europe libre. Cet enjeu justifiait l'engagement total des forces des pays membres de l'Alliance sous "leadership" américain.

 

Depuis la fin de la guerre froide (1990), et de la menace en Europe, l'Alliance est passée de la défense des démocraties européennes à la promotion de la démocratie, d'abord sur le continent européen, dans les anciens pays du Pacte de Varsovie, puis à l'extérieur : Irak, Afghanistan, Méditerranée.... Mais les contributions modestes des Européens et les restrictions mises à leurs règles d'engagement dans les opérations de l'OTAN pendant cette période ont mis en évidence les premières différences d'intérêts entre Européens et Américains.

 

Malgré la pérennité de leur communauté de valeurs, cette divergence d'intérêts de sécurité s'est approfondie au cours des dernières années sur fond de crise économique, de bilan très mitigé des engagements en Irak et en Afghanistan et de montée en puissance des "émergents", en particulier de la Chine. Comme en témoigne la dernière Directive Stratégique américaine de janvier 2012, pour le président Obama et son administration, le centre de gravité des intérêts de sécurité américains s'est déplacé vers l'Est, le Moyen-Orient et la zone Asie-Pacifique, ce qui justifie un investissement moindre des Etats-Unis en faveur de la défense et de la sécurité de l'Europe.

 

Or, l'Alliance Atlantique a fonctionné jusqu'ici sur le principe (non-écrit) que la défense de l'Europe était garantie, organisée et largement financée par les Etats-Unis (US leadership), en échange d'un soutien par les Européens de leur politique étrangère et de sécurité et de retombées avantageuses pour leur industrie de défense. Ce "deal" tacite se trouve aujourd'hui remis en cause par la nouvelle stratégie américaine qui s'éloigne du théâtre européen, mais aussi par les capacités de plus en plus réduites des Européens à soutenir les opérations américaines ailleurs.

 

Pourtant, loin d'avoir diminué d'intérêt, le "lien transatlantique" apparaît aujourd'hui encore plus essentiel qu'hier pour compenser le déclin relatif des démocraties occidentales et pour permettre aux alliés des deux rives de l'Atlantique de préserver leur influence dans le contexte mondial du XXIe siècle. Les intérêts stratégiques de sécurité des Etats-Unis et des pays européens se sont certes diversifiés en nature et en géographie, mais demeurent largement complémentaires. C'est ce qu'affirme la nouvelle directive stratégique américaine, rappelant que l'Europe reste une zone d'intérêt pour les Etats-Unis et les Européens leurs plus proches partenaires. Mais ils attendent d'eux qu'ils assument désormais leurs responsabilités dans leur voisinage, pour leur permettre de se consacrer sur les régions prioritaires du Moyen-Orient et d'Asie-Pacifique, où ils savent ne pas pouvoir compter sur un soutien substantiel des Européens. En clair, il s'agit de changer le mode de fonctionnement de l'Alliance, en passant d'engagements communs sur les mêmes théâtres à une répartition des théâtres d'engagement.

 

LA QUESTION CLÉ DU RENFORCEMENT DES CAPACITÉS EUROPÉENNES

 

La nouvelle relation transatlantique doit prendre en compte cette réalité. La coopération euro-atlantique a désormais besoin d'Européens plus responsables et donc plus autonomes, plus capables et donc plus forts en termes de capacités, surtout dans leur voisinage.

 

Or dans le contexte actuel de faibles menaces contre l'Europe et de crise financière, le renforcement capacitaire des Européens peut difficilement s'opérer par un relèvement significatif des budgets nationaux, et passe par la mutualisation et le partage (Pooling and Sharing). La question centrale est donc de savoir dans quel cadre et comment cette mutualisation doit être mise en œuvre ? La Directive stratégique américaine suggère qu'elle se fasse dans l'OTAN. On pourrait attendre du sommet de Chicago qu'il jette les bases de la nouvelle solidarité euro-américaine, celle des responsabilités partagées et de la complémentarité des actions. Il est cependant permis de s'interroger sur la capacité du projet-phare de défense anti-missiles balistiques d'apporter un réel progrès dans ce sens, dans la mesure où il renforce encore la dépendance européenne à l'égard des Etats-Unis et porte le risque de grever sérieusement les déjà maigres budgets de défense des Européens réduisant d'autant leur investissement dans les capacités qui leur font défaut.

 

Quant à la Smart Defense et les projets de mutualisation et partage (pooling and sharing) qu'elle abrite, on peut se demander si le cadre de l'OTAN est le meilleur choix pour mettre les Européens en situation de responsabilité ? L'expérience franco-britannique lancée il y a dix-huit mois par le traité de défense de Lancaster House montre que le bénéfice à escompter de la mutualisation et du partage est proportionnel à l'interdépendance acceptée, c'est-à-dire "in fine" à la souveraineté partagée. Il y a peu de chances que la simple coordination de moyens nationaux soit à la mesure du problème capacitaire et d'ambition des Européens. Le partage de souveraineté n'a de sens que s'il s'intègre dans des politiques convergentes, des objectifs de sécurité et des stratégies partagés, c'est-à-dire dans un processus d'intégration politique. Même s'il peut paraitre un objectif utopique à certains, le partage de souveraineté est sans doute préférable à la perte de souveraineté que génèrent les coupes budgétaires et les déficits capacitaires nationaux qu'elles engendrent. La mutualisation et le partage ont des incidences politiques, économiques, industrielles et opérationnelles. L'UE a l'avantage d'être un projet politique global, là où l'OTAN ne traite que de sécurité ; elle est aussi le lieu où les Européens créent des intérêts communs, il serait logique qu'elle soit aussi le lieu où ils les défendent ensemble. La Commission et l'Eurogroupe sont déjà les symboles d'un certain partage de souveraineté. Il va de soi que ce processus européen doit se faire en bonne intelligence avec la "smart defense" de l'OTAN, mais le cadre de l'UE en est indispensable.

 

METTRE FIN À LA RELATION AMBIGÜE ENTRE L'OTAN ET LA PSDC

 

lors que l'OTAN démarre son retrait (longtemps différé) d'Afghanistan, trois questions majeures vont conditionner son avenir : la nature de cette alliance et de ses missions, le type de coopération euro-atlantique, et l'exercice des responsabilités (du leadership).

 

Comme indiqué plus haut, il est peu probable que se présentent dans un avenir prévisible, des situations où les intérêts stratégiques des Américains et des Européens justifient des réponses militaires de même niveau. La proposition américaine d'une OTAN "globale" n'a jamais vraiment séduit les Européens et l'expérience afghane aura achevé de les en dissuader. L'OTAN devrait dorénavant redevenir une Alliance centrée sur l'Europe. En parallèle, les évènements de Libye auront montré que l'objectif d'une PSDC autonome et efficace est encore loin d'être atteint. Il est urgent de créer les conditions d'une véritable complémentarité entre l'OTAN et l'UE fondée sur la nouvelle donne de la relation transatlantique, avec des Européens responsables et capables. Les Européens doivent pouvoir, sans duplication, assumer la responsabilité et le commandement des opérations dans leur voisinage de façon autonome dans le cadre de l'UE, ou avec le soutien américain dans le cadre de l'OTAN ; ils doivent aussi pouvoir s'engager avec l'OTAN sous leadership américain en cas de besoin..

 

En clair, les Européens doivent devenir les dirigeants "normaux" de toute opération dans leur voisinage, avec ou sans appui américain. Cela implique que l'UE dispose de structures de commandement lui permettant d'agir en autonomie et de s'intégrer dans celles de l'OTAN. Au concept de "séparables mais non séparées" qui avait cours dans les années 90 devrait se substituer celui d'"intégrées dans l'UE et disponibles pour l'OTAN". Ainsi seraient satisfaites les exigences de responsabilité accrue des Européens correspondant au nouveau partage des rôles souhaité par les Américains et serait assurée la pérennité d'un lien transatlantique répondant aux intérêts communs des Alliés des deux rives de l'océan.

 

Jean-Paul Perruche est aussi président d'EuroDéfense-France ; ancien directeur général de l'Etat-Major de l'UE.

 

Jean-Paul Perruche, directeur de recherche à l'IRSEM et Jolyon Howorth, professeur de sciences politiques et de relations internationales à Yale

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 17:49
Small Arms Survey: Anti-tank Guided Weapons

 

 

11 May 2012 by Eric G. Berman and Jonah Leff/Small Arms Survey

 

Anti-tank guided weapons (ATGWs) are small missile-launching systems. They differ from unguided rocket launchers, such as the RPG-7, because their missiles are designed to be steered, or ‘guided’, to a target after launch (i.e. during flight). These weapons are traditionally designed to disable armoured vehicles, but particularly over the last decade or so, producers have developed variants intended for use against other targets, such as hardened bunkers and buildings. The first ATGWs were created when advances in armour made traditional direct-fire anti-tank guns and rocket launchers less effective. Moreover, ATGWs offer soldiers the ability to engage targets from greater distances with increased accuracy than is possible with unguided anti-tank light weapons. ATGWs have an effective range of up to 8,000 m (five miles) and armour penetration of around 1,000 mm (3.3 feet). However, each generation of weapon varies greatly in terms of its guidance, lethality and portability.

 

Three distinct generations of ATGWs have been developed since the 1950s, with changes to the guidance system largely determining the generation. Broadly speaking, initially these weapons were wire-guided, but subsequent weapons first supplemented or replaced manual manipulation with radio waves and lasers, and later introduced infrared (IR) technologies that enhanced target acquisition. Concurrent with changes to these weapons’ navigation systems were improvements to their range and payload. Whereas first-generation ATGWs might effectively engage a target at 1,500 m and penetrate 500 mm of armour, third generation systems are effective at distances up to 8 km and can penetrate up to 1 m of armour.

 

First-generation ATGW missiles were guided to the target after launch by a wire in the rear of the missile that was connected to the firing unit. The operator often used a joystick to manually control the direction of the projectile. Early launchers were as simple as a disposable transport box that was either placed on the ground or mounted on a vehicle. This system was known as the manual command to line-of-sight (MCLOS) system. During the Second World War the Germans employed the X-7, the first MCLOS system. The French SS-10 and German Cobra, both modelled on the X-7, were the first ATGWs available for export, although they remained in production for only a short time. In 1963 the 9K11 Malyutka, also known as the AT-3 (US designation) or Sagger (NATO codename), became the first man-portable Soviet ATGW. The Malyutka/AT-3 was widely exported and subsequently widely copied. China, for example, developed a series of ‘Red Arrow’ missiles in the 1970s and 1980s based on this weapon (upgrading the guidance systems and payloads along the way). A drawback of first-generation models, independent of their relative effectiveness, was that the gunner had to remain in the same position while the warhead was in flight. If the target was not effectively neutralized or if there were other forces within range of attack, the ATGW operator was quite vulnerable.

 

Second-generation systems, known as semiautomatic command to line-of-sight systems (SACLOS), saw significant improvements in performance. After the missile is launched, the operator keeps the sight on the target, whereby automatic guidance commands are sent to the missile via wire, radio, or laserbeam-riding technology. SACLOS missiles outperform first-generation systems with accuracy rates exceeding 90 per cent. Moreover, SACLOS missiles reach effective ranges of between 2,500 and 5,500 m with warhead armour penetration of up to 900 mm, almost twice the range and payload of first-generation models. The United States introduced the tube-launched, optically tracked, wire-guided missile (TOW) in 1968. By 2009 more than 660,000 TOW missiles and 15,000 launchers had been procured, making the system the most widely deployed of all ATGWs. France and Germany jointly began producing the Missile d’infanterie léger antichar (MILAN, infantry light anti-tank missile) shortly thereafter.

 

Despite advances made in SACLOS models, operators were still vulnerable to counter-attack due to their immobility. Third-generation guidance systems ameliorated this threat by having a passive IR seeker installed on the nose of the missile to lock on and reach the target automatically. The seeker functions by continuously comparing target data taken before launch to what the seeker sees using pattern recognition algorithms and manoeuvring the missile appropriately. In recently designed missiles it is most often a photographic-like image. Unlike wire-guided and laserbeam-riding missiles, IR technology enables the operator to reposition or reload immediately. First developed in the 1980s, these ‘fire-and-forget’ (FaF) guidance systems allow the operator to retreat immediately after firing. The most notable of these weapons is Israel’s Spike. The full series of Spike missiles consists of the Spike Medium Range (MR), Spike Long Range (LR), and Spike Extended Range (ER), with maximum ranges of 2,500, 4,000, and 8,000 m, respectively. Other IR ATGWs include the Indian Nag and the US- and British-manufactured Javelin. Maximum range varies considerably. Whereas maximum ranges are typically between 4,000 and 8,000 m, some models have shorter firing ranges to suit current environments of combat. Moreover, IR models tend to be lighter and collapsible (i.e. capable of being broken down into lighter and smaller component parts) for transportability. These developments allow soldiers increased versatility in urban spaces. For example, these systems have been employed in Afghanistan and Iraq, where manoeuvrability is limited due to fighting in buildings and at close quarters, in comparison to prior military engagements in Vietnam and Latin America.

 

The costs of ATGWs vary considerably. The basic TOW and MILAN, as well as other SACLOS missiles, are reportedly priced at around US$10,000 apiece. Third-generation systems that use IR guidance missiles cost many times this amount. While data on unit costs for some systems is available, little is known about the price of many ATGWs. Even when it is possible to obtain information on values for certain contracts, a missile’s or launcher’s specific price is hard to calculate. Licensing agreements under which unit costs will change over time add to the incertitude.

 

In 2007 more than 30 countries have fully or partially produced ATGWs. Seven of these countries were fully manufacturing ATGWs with FaF guidance systems. Many of the countries that produced MCLOS systems have chosen to cease production for a variety of reasons: an obsolete design with low hit probability, gunner vulnerability, a limited ability to penetrate modern armour, and sufficient stockpiles to satisfy demand. Roughly half of the systems produced are essentially copies of another country’s design such as the 9K11 Malyutka (AT-3 Sagger), TOW, and Spike. As of 2007 roughly 14 countries produced ATGWs with technology acquired from six technology-owning countries, either with or without a formal licence. Most licensing agreements include offsets, which are supplementary arrangements to compensate the purchaser in some fashion—either directly in terms of the item in question, or indirectly involving some other good or service

 

As with man-portable air defence systems (MANPADS), ATGWs are to be found in the stocks of a great number of states. By one account, more than 100 countries have such weapons in their inventories. More than half of these states’ arsenals are believed to possess mostly the less sophisticated and less able MCLOS systems. The international community has expended more energy and greater resources on destroying MANPADS — both outside state control and state holdings — than it has ATGWs.

 

Non-state armed groups also possess ATGWs, but apparently not (yet) third-generation models. At least nine such actors reportedly possess (or have possessed) first-generation MCLOS systems. In recent years, several groups are understood to have obtained second-generation SACLOS models. Hezbollah, for instance, reportedly received, among other models, hundreds of 9K111 Fagots (AT-4 Spigots) and 9P133 Kornets (AT-14 Spriggans) from Iran and Syria. In October 2009 Somali militiamen fired a Russian model 9K115 Metis (AT-7 Saxhorn) at African Union forces in Mogadishu. In April 2011 Hamas fired a Russian model laser-beam-riding

9P133 Kornet (AT-14 Spriggan) at a bus in Israel. Free Syrian Army rebels looted the same type of missiles from government stocks in early 2012. That said, whether the result of tighter controls or limited demand, research suggests that fewer of these groups own ATGWs than possess MANPADS.

 

ATGWs will continue to be developed to fulfil their initial anti-armour function, but comparatively greater emphasis will be laid on ways to engage other fortified targets. The focus primarily will be on increased portability (e.g. reduced weight and smaller sizes), technical sophistication (e.g. non-line-of-sight targeting), and cost effectiveness.

 

Republished with permission from the Small Arms Survey.

 

About the Small Arms Survey

 

The Small Arms Survey serves as the principal international source of public information on all aspects of small arms and armed violence, and as a resource centre for governments, policy-makers, researchers, and activists. The Survey distributes its findings through Occasional Papers, Issue Briefs, Working Papers, Special Reports, Books, and its annual flagship publication, the Small Arms Survey. The project has an international staff with expertise in security studies, political science, international public policy, law, economics, development studies, conflict resolution, sociology, and criminology, and works closely with a worldwide network of researchers and partners. The Small Arms Survey is a project of the Graduate Institute of International and Development Studies, Geneva.

 

For more information see www.smallarmssurvey.org.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:00

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April 24th, 2012 By DefenceTalk - Source: University of Washington

 

As militaries develop autonomous robotic warriors to replace humans on the battlefield, new ethical questions emerge. If a robot in combat has a hardware malfunction or programming glitch that causes it to kill civilians, do we blame the robot, or the humans who created and deployed it?

 

Some argue that robots do not have free will and therefore cannot be held morally accountable for their actions. But psychologists at the University of Washington are finding that people don't have such a clear-cut view of humanoid robots.

 

The researchers' latest results show that humans apply a moderate amount of morality and other human characteristics to robots that are equipped with social capabilities and are capable of harming humans.

 

In this case, the harm was financial, not life-threatening. But it still demonstrated how humans react to robot errors. The findings imply that as robots become more sophisticated and humanlike, the public may hold them morally accountable for causing harm.

 

"We're moving toward a world where robots will be capable of harming humans," said lead author Peter Kahn, a UW associate professor of psychology.

 

"With this study we're asking whether a robotic entity is conceptualized as just a tool, or as some form of a technological being that can be held responsible for its actions."

 

In the study, Kahn and his research team had 40 undergraduate students play a scavenger hunt with a humanlike robot, Robovie. The robot appeared autonomous, but it was remotely controlled by a researcher concealed in another room.

 

After a bit of small talk with the robot, each participant had two minutes to locate objects from a list of items in the room. They all found the minimum, seven, to claim the $20 prize. But when their time was up, Robovie claimed they had found only five objects.

 

Then came the crux of the experiment: participants' reactions to the robot's miscount.

 

"Most argued with Robovie," said co-author Heather Gary, a UW doctoral student in developmental psychology. "Some accused Robovie of lying or cheating."

 

When interviewed, 65 percent of participants said Robovie was to blame - at least to a certain degree - for wrongly scoring the scavenger hunt and unfairly denying the participants the $20 prize.

 

This suggests that as robots gain capabilities in language and social interactions, "it is likely that many people will hold a humanoid robot as partially accountable for a harm that it causes," the researchers wrote.

 

They argue that as militaries transform from human to robotic warfare, the chain of command that controls robots and the moral accountability of robotic warriors should be factored into jurisprudence and the Laws of Armed Conflict for cases when the robots hurt humans.

 

Kahn is also concerned about the morality of robotic warfare, period. "Using robotic warfare, such as drones, distances us from war, can numb us to human suffering, and make warfare more likely," he said.

 

The National Science Foundation funded the study. Co-authors at UW are Nathan Freier, Jolina Ruckert, Solace Shen, Heather Gary and Aimee Reichert. Other co-authors are Rachel Severson, Western Washington University; Brian Gill, Seattle Pacific University; and Takayuki Kanda and Hiroshi Ishiguro, both of Advanced Telecommunications Research Institute in Japan, which created Robovie.

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 22:04

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20/04/2012 by Barry McIntyre - Armed Forces International's Editor

 

Annually the SIPRI (StockHolm International Peace Research Institute) releases international military expenditure, this year's report revealing that there was no rise in spending between 2010 and 2011. This is the first time in 13 years there was not an increase in military spending across the world, which the report puts down to the changes in prices and a falling dollar.

US and European Military Expenditure

It has been widely reported during the tougher economic times the US and European armed forces have received and will continue to receive spending cuts. The US and NATO forces are withdrawing from Iraq and Afghanistan which will naturally lower military expenditure.

The countries who suffered most with economic problems such as Greece, Spain and Italy obviously took large cuts whilst other Western European countries reduced military spending to a lesser extent. European countries that increased its military spending include Poland as it seeks to be more active within NATO and Norway which has been boosted by oil revenue. Azerbaijan's percentage increase was the highest with an 89% increase due to a looming conflict with Armenia.

Russia and China Increase Military Spending

Despite being effected by the global recession the Russian government have hugely increased spending by 16% in real terms since 2008 which included a 9.3% rise in 2011. This means Russia is the 3rd largest military spender and further increases are planed as the Russians wish to replace old Soviet era military equipment with modern equipment and weaponry.

China's increasing military budget was evident again with an increase of 6.7% in 2011. The Chinese spending since 1995 has dramatically increased by 500%. As a result there has been talk of an Asian arms race and increased tensions arising from border disputes the Chinese have with Japan, Vietnam, India, Bhutan, South Korea and Philippines. However only India and Vietnam as a result have increased their military spending, India by 66% and Vietnam by 88% since 2002 and 2004 respectively.

Military Expenditure 2011

*Spending is in US dollars
^Annual change is the change in spending from 2009 to 2010 compared with 2010 to 2011

Figures from: StockHolm International Peace Research Institute

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 20:56

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20/04/2012 Délégations aux Affaires Stratégiques

 

La complexité du contexte stratégique requiert une aptitude accrue à anticiper les crises afin que la France dispose, le moment venu, des capacités militaires adaptées à son rôle sur la scène internationale. Dans ce cadre, l'élaboration des systèmes de force conditionne l'adaptation des armées aux types d'engagements futurs prévisibles.

 

A ce titre, le plan prospectif à 30 ans [PP30] a pour vocation d'éclairer la préparation des programmes d'armement, en identifiant notamment les facteurs clés et les risques de ruptures opérationnels et technologiques. Cette réflexion s'adosse à une analyse prospective de l'environnement stratégique international réalisée à partir des tendances globales d'évolution du contexte stratégique, des équilibres géopolitiques mondiaux, de la nature et de l'intensité des risques et des menaces pour en identifier les conséquences sur le positionnement de la France dans le système international au cours des trois prochaines décennies.

A la différence des deux précédents, l'horizon temporel de ce troisième rapport varie selon les domaines d'études abordés, allant de vingt (domaines stratégique et international) à trente (démographie, société).

 

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LIGNES DE FORCE

De notre environnement stratégique tel qu'il sera en 2040, nous ne pouvons aujourd'hui que détecter les prémisses. Aussi l'ambition de cette nouvelle édition du rapport de prospective géostratégique et géopolitique est-elle d'explorer les grandes tendances qui devraient structurer le système international vers le milieu du siècle, et de cerner les éventuelles implications pour la France et son outil de défense.

Trois tendances marquantes peuvent être dégagées:
> la fin de la domination occidentale,
> l'accélération de la mondialisation,
> une instabilité et une volatilité de plus en plus marquée.

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RELATIONS INTERNATIONALES
Au cours des trente prochaines années, les relations internationales devraient connaître une modification profonde de la distribution de la puissance, marquée par, d'un côté, la fermeture de la parenthèse de la domination occidentale ouverte au XVIème siècle, et la fin de l'unipolarité américaine, inaugurée à l'issue de la guerre froide, et, de l'autre côté, l'émergence de nouvelles puissances à vocation mondiale (Chine, Inde, brésil) ou à dimension régionale (Afrique du Sud, Indonésie, Turquie), le basculement des équilibres géostratégiques, géopolitiques et géoéconomiques vers l'Est et, dans une moindre mesure, le Sud.

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MENACES, CONFLICTUALITÉ ET OPÉRATIONS MILITAIRES
Le monde pourrait connaître une augmentation globale du niveau de la conflictualité au cours des 30 prochaines années, favorisé notamment par la transition géopolitique en cours ainsi que par une multiplicité de facteurs potentiellement crisogènes, de long terme (accès aux ressources, déséquilibres démographiques et économiques, effets du changement climatique, pérennité du phénomène terroriste, etc). Cette transition devrait être marquée par une évolution du champ de confrontations armées, qui ne s'inscrira ni dans la logique paix/guerre ayant marqué les conflits du XIXe et XXe siècle, ni dans le prolongement des crises "sociétales" apparues au lendemain de la guerre froide, mais intégrera dans un même ensemble différentes formes d'affrontements, luttes ou contestations d'intensités diverses privilégiant plus particulièrement les modes d'action asymétriques.

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ÉCONOMIE
La seconde mondialisation semble engagée dans un processus d'autant plus structurel qu'il s'appuie depuis plusieurs années sur une interconnexion technologique très forte favorisant l'intégration croissante des émergents dans le "système monde". La croissance économique mondiale, même si elle devait connaître un ralentissement durable, permettra une réduction tendancielle de la pauvreté mais risque également de déboucher sur un accroissement des inégalités - entre pays et au sein même des pays - porteurs de tensions et d'un fort potentiel de contestation sociale.

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DÉMOGRAPHIE&MIGRATIONS
Dans les trente prochaines années, le monde connaîtra d'importantes reconfigurations démographiques: accroissement de la population de plus de 25% (pic entre les années 2015 et 2025), vieillissement (augmentation de l'âge médian de huit ans), aggravation du déséquilibre hommes/femmes, au détriment de ces dernières. L'accroissement des migrations régionales et transcontinentales nourrira les  dynamiques de déterritorialisation (perméabilité des frontières et de l'identité individuelle et collective) et devrait poser avec davantage d'acuité la question du statut du migrant.

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RESSOURCES& ENVIRONNEMENT
Le réchauffement climatique, potentiellement générateur de catastrophes naturelles plus fréquentes et de plus grande ampleur, semble inéluctable à l'horizon considéré, mais l'ampleur de ses répercussions environnementales, économiques sanitaires et stratégiques dépendra de la mobilisation à l'échelle internationale. Ces enjeux resteront très politisés et sources de clivage, notamment entre pays développés et en développement. Sous l'effet combiné de l'accroissement de la demande et de la dégradation de l'environnement, l'accès aux ressources naturelles constituera l'un des principaux défis auxquels sera confrontée l'humanité.

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SANTÉ
Sous la pression des évolutions éthiques et sociétales ainsi que des nouveaux enjeux sanitaires de dimension internationale, la santé est l'une des priorités pour les décennies à venir. La prise de conscience des implications politiques, stratégiques et sécuritaires des questions de santé et de la globalisation des risques sanitaires devrait susciter une mobilisation croissante. L'évolution des déterminants de la santé impacte fortement le système de santé dans son volet gouvernance (régionale ou internationale) et dans son volet organisationnel, mais les enjeux sont également scientifiques, sociétaux, éthiques, économiques et industriels.

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ÉVOLUTIONS SOCIÉTALES ET TECHNOLOGIQUES
Parmi les nombreuses évolutions technologiques, sociétales et culturelles envisageables à l'horizon des trente ans, l'accélération des innovations technologiques et scientifiques, la mutation des idéologies, les reconfigurations politiques, les recompositions identitaires et religieuses marqueront de façon déterminante l'organisation , les relations et les équilibres internationaux et stratégiques. Elles pourront également constituer des facteurs de tensions ou des sources de vulnérabilités nouvelles.

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1 - Les États-Unis, (encore) première puissance mondiale en 2040 ?
2 - L'Europe, une puissance médiane ?
3 - L'Afrique en marche ?
4 - Un Moyen-Orient durablement sous tension ?
5 - Russie, Europe occidentale, Caucase et Asie centrale: puissances et fragmentation des territoires
6 - L'Asie, enjeu de puissance
7 - L'Amérique latine, une voix sur la scène globale

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 07:25

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War in Libya

 

MOSCOW, April 18 (RIA Novosti)

 

A group of Russian independent military experts has published a comprehensive study of major military conflicts in the past two decades, which could be used as a guide for success in modern wars, the Rossiiskaya Gazeta daily said on Wednesday.


The book, compiled by experts from the Center for Analysis of Strategies and Technologies (CAST), analyses the causes and character of 11 military conflicts around the world that killed a million people.


The study, dubbed Foreign Wars, concludes that a modern war could be won by “a complex and well-tuned military machine,” which combines ground, air, sea and space components supported by advanced telecommunications technologies.


At the same time, even the best weaponry could be ineffective if it is used by poorly trained soldiers.

According to Rossiiskaya Gazeta, the most interesting articles in the compilation cover NATO’s air campaign in Yugoslavia, U.S. and NATO military campaigns in Iraq and Afghanistan, military conflict in Lebanon in 2006 and the most recent Western coalition campaign in Libya.


The lessons of these conflicts prove that the use of air assets in all their variants is a key element of modern warfare, while solid air defenses play a major role in thwarting enemy attacks.


The Russian experts believe that the deployment by Syria of even a small number of Russian-made advanced air defense systems, including Pantsir-M1 (SA-22) and Tor-M1 (SA-15), is preventing the West from repeating the so-called “Libyan scenario” in that country.


Rossiiskaya Gazeta touts the study as a virtual guidebook for those involved in the development of the Russian Armed Forces and the strengthening of the country’s defense capability.

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 19:47

SIPRI Logo RGB

 

17 avril 2012 Par Astrid Gouzik L’USINE NOUVELLE

 

Alors que les premiers pays acheteurs d’armes – dont la France- ont réduit leurs budgets militaires, la Chine et la Russie les ont significativement augmentés.

 

"La légère augmentation de 0,3% en 2011 (par rapport à 2010) marque la fin d'une course continue d'augmentation des dépenses militaires enregistrées entre 1998 et 2010", relève l’institut international Spiri dans son rapport publié mardi 17 avril. Tout en rappelant qu’entre 2001 et 2009, la moyenne annuelle d’augmentation de ces dépenses était de 4,5%.

 

"Le contrecoup de la crise économique mondiale, en particulier les mesures de réduction des déficits aux Etats-Unis et en Europe ont finalement stoppé -du moins pour l'instant- l'augmentation enregistrée pendant une décennie des dépenses militaires", explique Sam Perlo-Freeman, chercheur au Sipri. La preuve dans les lignes de compte des Etats…

 

Le Brésil, la France, l’Allemagne, l’Inde, le Royaume-Uni, et les Etats-Unis ont coupé dans leurs budgets militaires. Contrairement à la Chine et la Russie qui les ont "nettement augmentés". Mais c’est au Moyen-Orient que l’augmentation est la plus perceptible.

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 18:25

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16/04/2012 IRSEM

 

Etude de l'IRSEM n°13 - 2012 : Utilisation et investissement de la sphère internet par les militaires, Marc Hecker, Thomas Rid.

 

Le web 2.0 – fonctionnant de manière décentralisée selon une logique bottom up – correspond a priori assez mal à la structure des armées – bien plus centralisées et hiérarchisées. En outre, la transparence induite par les nouvelles pratiques d’Internet est susceptible de poser problème à une institution qui repose en partie sur le secret et qui ne s’est jamais distinguée par sa propension à communiquer.

 

 Il est donc légitime de se demander comment les armées s’adaptent à l’essor des médias sociaux ou, en des termes plus triviaux, comment la « Grande Muette » gère l’émergence de la "société de conversation".

Pour tenter de répondre à cette question, cette étude se base sur des sources ouvertes (documents officiels, livres, articles, réglementations, posts de blogs), et sur une cinquantaine d’entretiens semi-directifs. En ce qui concerne les sources écrites, peu d’ouvrages et articles « scientifiques » ont été trouvés.

 

Ceci est lié d’une part à la faiblesse du nombre d’universitaires travaillant sur les conséquences du développement des réseaux sociaux pour les armées et d’autre part au décalage entre la temporalité des publications scientifiques et celle du web. Il n’est pas rare que s’écoule un à deux ans entre la soumission d’un article à une revue scientifique et sa publication, ce délai pouvant notamment être expliqué par la complexité de la mise en oeuvre des processus de peer review.

 

En matière de nouvelles technologies, une telle durée correspond à une génération, la capacité des microprocesseurs doublant approximativement tous les dix-huit mois.

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