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04/10/2011 AEROCONTACT, Reuters
TOKYO, 4 octobre (Reuters) - L'Eurofighter Typhoon n'est pas désavantagé par le fait qu'il soit de conception européenne dans l'appel d'offres en vue de fournir de nouveaux avions de combat au Japon, a souligné mardi le ministre japonais de la Défense Yasuo Ichikawa.
Ce dernier a également déclaré, lors d'un entretien accordé à Reuters, s'attendre à ce que le gouvernement assouplisse sous peu l'interdiction que Tokyo s'est imposée sur le développement international conjoint d'armements.
Une telle mesure ouvrirait aux groupes japonais de défense l'accès à une véritable manne de contrats potentiels.
Tokyo doit annoncer avant la fin de l'année son choix sur les avions de combat. Le contrat qui suivra cette décision pourrait atteindre huit milliards de dollars.
L'idée la plus couramment partagée fait de Boeing et Lockheed Martin les grands favoris de cet appel d'offres, en raison des liens étroits qui unissent Washington et Tokyo, notamment en matière de défense.
Prié de dire si l'origine européenne de l'Eurofighter constituait à cet égard un handicap, Ichikawa a répondu: "Ce n'est pas le cas."
BOEING PROPOSE UNE PRODUCTION SOUS LICENCE
L'Eurofighter Typhoon est développé conjointement par le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, dans un consortium associant le britannique BAE Systems , l'italien Finmecanica et l'européen EADS .
Il est opposé au F-35 JSF de Lockheed Martin et au F/A-18 Super Hornet de Boeing en vue du remplacement des F-4 Phantom vieillissants de l'Archipel.
"Le point le plus important, ce sont les capacités du futur avion de combat. Nous devons aussi penser à son prix. De plus, les perspectives qu'il ouvrira aux entreprises japonaises du secteur de la défense doivent être prises en compte. Nous choisirons en fonction de tous ces facteurs", a déclaré Yasuo Ichikawa.
Un dirigeant de Boeing, Phillip Mills, avait déclaré le mois dernier à Reuters que si le F/A-18 était choisi, il pourrait être assemblé sous licence par des entreprises japonaises, si Tokyo le souhaitait.
Les retombées potentielles du contrat en terme d'emploi sont suivies de près par l'opinion publique japonaise.
L'équation est compliquée par la Constitution pacifiste dont s'est doté le Japon après la Deuxième Guerre mondiale. Le texte interdit notamment aux entreprises japonaises de participer à des projets internationaux d'armement.
Les entreprises du secteur, comme Kawasaki Heavy Industries , IHI ou Mitsubishi Heavy , sont ainsi privées de possibilités de réduire leurs coûts, et il leur est plus difficile de se maintenir au niveau en termes d'innovation.
"Entre le développement technologique, l'amélioration des capacités des équipements de défense et les contraintes budgétaires, il existe une tendance croissante à la coopération entre les pays dès lors que cela est possible", a ajouté Yasuo Ichikawa.
Le Programme d'orientation de la défense nationale japonaise, publié l'an dernier pour définir les perspectives du Japon en la matière au cours des dix ans à venir, n'est pas allé jusqu'à assouplir les restrictions imposées aux entreprises, mais appelait le gouvernement à chercher comment participer à ces nouveaux partenariats.
Prié de dire s'il faudrait plusieurs années pour atteindre cet objectif, le ministre de la Défense a répondu: "Cela peut être plus rapide."
(Gregory Schwartz pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

