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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 13:50
photo MSC

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25.01.2016

 

Manuel Valls est partout. Après avoir volé la vedette à Emmanuel Macron au Forum de Davos, il se rendre à la Conférence annuelle sur la sécurité de Munich, rendez-vous habituellement réservé au ministre de la Défense.

 

Preuve supplémentaire de sa volonté de maintenir une posture sécuritaire tout en cherchant davantage de visibilité internationale, Manuel Valls se rendra, selon nos informations, pour la première fois, le 13 février à la Conférence sur la sécurité de Munich, la rencontre annuelle majeure du gotha de la Défense en Europe. Le Premier ministre y évoquera la lutte contre le djihadisme international. Ce forum est ouvert à tous les dirigeants européens et étrangers qui s'investissent sur les questions de défense et de stratégie. Il doit accueillir par exemple cette année les présidents polonais et ukrainien, le roi de Jordanie ou les patrons des diplomaties américaine et russe, John Kerry et Serguei Lavrov. Il permet aussi des réunions bilatérales entre ministres de la Défense et professionnels de l'industrie de défense.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 17:55
photo Livefist

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22.01.2016  boursorama.com (AFP)

 

Alors que François Hollande va se rendre en Inde pour négocier la vente de nouveaux Rafale, le PDG du groupe Dassault remercie le président et son ministre de la Défense pour "tout ce (qu'ils font)".
 

"Merci, M. Le Drian, merci M. Hollande pour tout ce que vous faites, pas seulement pour nous, pour toutes les exportations", a lancé le sénateur Les Républicains de l'Essonne, vendredi 22 janvier sur Sud Radio et Public Sénat. À 90 ans, Serge Dassault estime que Jean-Yves Le Drian est "le meilleur ministre de la Défense qu'on ait jamais eu".

Le groupe aéronautique Dassault a fini par conclure l'an dernier deux gros contrats à l'exportation : l’Égypte et le Qatar ont chacun commandé 24 avions de combat français. Les apparelis n'avaient jamais trouvé preneur hors de l'Hexagone.

Ces contrats ont tiré l’industrie française de l’armement vers le haut en 2015. Le secteur a enregistré un total de 16 milliards d'euros de commandes à l'exportation - dont 13 milliards pour le Proche et le Moyen-Orient -, soit deux fois plus qu’en 2014 et quatre fois plus qu’en 2012 selon "Les Échos". Le ministère de la Défense affirme que grâce aux résultats encourageants de Dassault, mais aussi du fabricant de missiles MBDA, de Airbus Hélicoptères ou encore du groupe DCNS, 40.000  emplois devraient être créés dans le secteur en trois ans.

François Hollande se rend dimanche 24 janvier en Inde, avec en ligne de mire la vente de 36 Rafale. "Une visite comme celle-là peut être l'occasion d'avancer raisonnablement sur la voie d'un accord", a indiqué une source diplomatique française.

Le Premier ministre indien Narendra Modi avait passé commande lors d'une rencontre avec François Hollande à Paris en avril dernier. Depuis, des négociations sont en cours entre les gouvernements français et indien sur les termes et les conditions de l'acquisition de ces appareils. Le montant du contrat avec Dassault aviation est évalué à cinq milliards d'euros. Le PDG du Dassault Aviation, Eric Trappier, fera partie de la délégation accompagnant François Hollande.

La France est également en discussion avec les Émirats arabes unis pour la vente de nouveaux Rafale. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s'est dit "optimiste" lors de sa récente visite à Dubaï.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 12:30
Réunion ministérielle sur la lutte contre Daesh


22 janv. 2016 Ministère de la Défense

 

Mercredi 20 janvier 2016, à Paris, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, et Ashton Carter, Secrétaire à la Défense américain, ont co-présidé une réunion ministérielle sur la lutte contre Daech à laquelle ont participé les cinq ministres de la Défense des principaux contributeurs militaires de la Coalition.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 08:20
photo Ministère de la Défense

photo Ministère de la Défense

 

21.01.2016 Actu Défense

 

Les sept ministres de la Défense des pays les plus actifs de la coalition se sont réunis à Paris, mercredi 20 (Australie, Italie, Allemagne, France, États-Unis, Royaume-Uni et Pays-Bas). Co-présidée par MM. Le Drian et Carter, elle a donné lieu à un communiqué commun.

 

En conférence de presse, ces derniers ont souligné l’étroitesse des liens franco-américains, qualifiés par M. Le Drian de remarquables et à un niveau inédit. Cette coopération s’est manifestée, par exemple, par le commandement de la Task Force 50, dans le Golfe, par un français pendant plusieurs semaines.

Ils ont également dressé un bilan de la réunion et ont faire part de la volonté commune d’accélérer l’effort de lutte contre Daech, avec comme priorité la reprise de Raqqa en Syrie, et Mossoul en Irak. Cet objectif ne peut être atteint qu’en soutenant les forces armées irakiennes et les forces démocratiques syriennes qui combattent Daech au sol. L’effort militaire est par ailleurs indissociable des processus diplomatiques.

Cette première rencontre a permis, par ailleurs, de déterminer les capacités de chacun des pays à contribuer à la lutte contre Daech.

Les ministres ont par ailleurs annoncé une nouvelle réunion de ministres de la Défense à Bruxelles dans trois semaines, dans un format plus large, puisqu’elle réunira 26 pays de la coalition.

 

photo Ministère de la Défense

photo Ministère de la Défense

M. Carter a souligné le rôle important de certains pays du Golfe dans cet effort global. M. Le Drian, de son côté, a tenu à redire les efforts récents des pays européens, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Belgique.

Interrogé sur la lutte anti-terroriste dans le Sahel, M. Le Drian a confirmé la cohérence, l’efficacité et la pérennité du dispositif Barkhane au Sahel, ainsi que la coopération étroite avec les pays du G5 Sahel et les Etats-Unis.

Enfin, les deux ministres se sont félicités de l’annonce de la création d’un gouvernement d’unité nationale en Libye, première étape vers le rétablissement de la paix et de la sécurité.

Au terme de leur conférence de presse, MM. Le Drian et Carter se sont rendus au centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), où le chef d’état-major des armées a fait un point sur les opérations.

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 16:55
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air


21.01.2016 Jean-Dominique Merchet
 

Lors de ses voeux à la Défense, mercredi soir au Val de Grâce, Jean-Yves Le Drian a esquissé une ouverture vers l’armement des drones de type Reaper, que l’armée de l’air utilise au Sahel. Voici ces propos - c’est nous qui soulignons : « Les drones d’observation décuplent nos capacités de renseignement et d’action – mais nous n’en sommes qu’au début. Les théâtres d’opérations nous confrontent à des situations nouvelles – je pense en particulier à la question du « déni d’accès », qui peut remettre en cause notre liberté d’action aux endroits mêmes où nous sommes engagés. Dans ce cadre-là, certains de nos alliés ont déjà eu recours à des drones de combat, en faisant la preuve de leur efficacité. »

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MQ-9 Reaper - photo USAF

MQ-9 Reaper - photo USAF

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 18:55
Lors de ce déplacement, le ministre s’est entretenu avec les légionnaires du 2e REG - Armée de terre

Lors de ce déplacement, le ministre s’est entretenu avec les légionnaires du 2e REG - Armée de terre

 

20/01/2016 Ministère de la Défense

 

Mardi 19 janvier, Jean-Yves Le Drian s’est rendu en Savoie pour se recueillir sur la dépouille des cinq légionnaires décédés en service, emportés par une avalanche dans la région de Valfréjus. Il a aussi rencontré rescapés et sauveteurs de cet accident survenu lors d’un entraînement militaire.

 

«  C'est l'ensemble de la Défense, et au-delà toute la Nation, qui est touchée lorsque plusieurs des siens se retrouvent ainsi frappés dans le cadre de leur mission. » Par ces mots, le ministre de la Défense a rendu hommage aux cinq légionnaires du 2erégiment étranger de génie de de Saint-Christol (Vaucluse) emportés par une avalanche alors qu’ils s’entraînaient en ski de randonnée pour leur préparation opérationnelle. Le ministre s'est ainsi recueilli à la morgue de Saint-Jean-de-Maurienne avec le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser. Il s’est ensuite rendu à Grenoble pour rencontrer cinq légionnaires blessés dont les jours ne sont pas en danger. Le ministre, qui a qualifiée sa visite de pleine d’émotions, a ajouté que  «l’entraînement militaire comprend nécessairement des risques, surtout dans un milieu comme la montagne qui peut être hostile ».

Jean-Yves Le Drian accueillit par les militaires de la 27e BIM - Armée de terre

Jean-Yves Le Drian accueillit par les militaires de la 27e BIM - Armée de terre

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 17:55
photo C. Lebertre / DICOD

photo C. Lebertre / DICOD


20/01/2016  DICOD

 

Le ministre de la Défense s’est rendu vendredi 15 janvier 2016 à Balard (Paris, 15e) afin de rencontrer le groupe utilisateurs et les équipes en charge du projet Source Solde, successeur du logiciel de paye Louvois. L’occasion pour Jean-Yves Le Drian de faire un point sur le déploiement du programme.

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rencontré les membres du groupe utilisateurs (GU) et les équipes en charge du projet Source Solde, nouveau logiciel de solde interarmées,le vendredi 15 janvier 2016 à Balard (Paris 15e).

Créé à la demande du ministre en octobre 2012 dès le début de la crise Louvois, pour permettre à l’administration de mieux mesurer les difficultés des administrés et de les maintenir informés des mesures prises pour y répondre, le GU, présidé par le directeur des ressources humaines du ministère, est devenu  un lieu privilégié d’échanges entre des représentants de l’administration et des représentants  du personnel et des familles, ainsi qu'une source de propositions d’évolutions.
Le groupe utilisateurs a exprimé devant le ministre et  devant Anne-Sophie Avé, nouvelle directrice des ressources humaines du ministère,  les résultats positifs de la mobilisation de l’administration et des travaux menés en commun conduisant à des améliorations sensibles du fonctionnement de la solde avec Louvois. Le groupe a également fait part des difficultés encore rencontrées par les militaires et les familles. Le ministre  a renouvelé  sa volonté et son engagement à être très attentif à la situation de celles et ceux touchés par ces dysfonctionnements. Il a salué la mobilisation des armées, directions et services, ainsi que le travail collectif mené au sein du GU qui se verra présenter  très en détail le futur portail Source Solde  le 27 janvier prochain.

Le ministre a ensuite fait un point d’étape sur le déploiement de ce nouveau logiciel avec les équipes dédiées à ce projet et a assisté à une présentation du  portail. Se déclarant « particulièrement impressionné » par ce qui lui a été présenté, Jean-Yves Le Drian a jugé que « la solde semble devenir particulièrement lisible ; les usagers peuvent avoir accès très rapidement à l’ensemble de leurs données personnelles ; le dialogue administré/gestionnaire semble d’une efficacité redoutable, le système paraît nettement plus robuste ». A ce titre, il a jugé Source Solde « en très bonne voie », grâce« à la qualité des équipes de programme, au travail préalable effectué par les futurs utilisateurs, enfin à l’équipe industrielle qui, pour l’instant – mais elle sait que je serai particulièrement vigilant –, tient ses engagements ».

Choisi en avril 2015 à l’issue d’un appel d’offres mené par la Direction générale de l’armement, le nouveau logiciel de solde interarmées Source Solde est actuellement dans sa phase de réalisation. La phase de test débutera courant 2016 avant une première mise en service pour la Marine nationale prévue pour le second semestre 2017. Pour l’armée de Terre, la mise en service est prévue en 2018. Pour l’armée de l’Air et le service de santé des armées, elle aura lieu en 2019. Ce calendrier est très ambitieux, mais il est aussi réaliste et permet de prendre des précautions importantes.

 

La solde des militaires, un système complexe

Le calcul de la solde des militaires obéit à des règles particulières, nombreuses, parfois anciennes. Il  doit correspondre à la grande diversité des compétences, des situations personnelles et des missions confiées. Pour chaque militaire, il évolue donc selon des paramètres tels que l’ancienneté de service, les qualifications détenues, l’affectation, l’emploi tenu, les activités effectuées ou encore la situation familiale.

 

Discours MINDEF Source solde (format pdf, 396 kB).

Dossier de presse Source Solde (format pdf, 936 kB).

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 17:55
Comment Le Drian a mis en musique la nouvelle programmation militaire

Les commandes des quatre avions de transport militaire américains C130 et des frégates de taille intermédiaire (FTI) vont être engagées très rapidement - photo Marine nationale

 

15/01/2016 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Plus de six mois après l'actualisation de la loi de programmation militaire, le ministère de la Défense a passé la plupart des commandes d'équipements qui étaient prévues dans ce cadre.

 

Qu'a donc fait Jean-Yves Le Drian du 1,5 milliard d'euros dégagé pour l'achat de nouveaux matériels afin de répondre aux urgences opérationnelles dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) décidée en mai dernier? Plus de six mois après, le ministère de la Défense a passé la plupart des commandes, notamment fin 2015. D'autres commandes comme les quatre avions de transport militaire américains C130 ainsi que les frégates de taille intermédiaire (FTI) vont être engagées très rapidement. Ces commandes sont une des traductions de l'effort sur les équipements décidée dans le cadre de l'actualisation de la LPM 2014-2019.

Sur cette enveloppe de 1,5 milliard, 1 milliard d'euros était notamment dégagé par des redéploiements budgétaires en raison d'une évolution favorable des indices économiques (inflation par exemple).

 

Une flotte d'hélicoptères renforcée

Le ministre avait promis de renforcer le parc d'hélicoptères de l'Aviation légère de l'armée de terre (ALAT) en achetant des hélicoptères de combat Tigre et de transport NH90 dans sa version terrestre (TTH). Ces acquisitions permettront de renforcer la flotte des appareils afin de tenir compte des exigences des opérations aéroterrestres sur la bande sahélo-saharienne. C'est fait.

Le 17 décembre, la direction générale de l'armement (DGA) a commandé sept Tigre dans la version HAD (appui-destruction) supplémentaires  à Airbus Helicopters. Cette acquisition permettra à l'armée de Terre de disposer d'un parc de 67 Tigre (au lieu de 60 machines) dans le cadre de LPM. Puis le 30 décembre, la DGA a passé commande de six NH90 Caïman auprès du consortium NHI, composé d'Airbus Helicopters, d'AgustaWestland et de Fokker.

 

Une commande de quatre C130 en préparation

La France a confirmé une commande pour huit avions ravitailleurs Airbus A330MRTT, pour un montant d'environ 1,2 milliard d'euros, dans le cadre d'un contrat pluriannuel signé en novembre 2014, a annoncé le président d'Arbus Group, Tom Enders. "Ces appareils constituent la deuxième tranche d'un contrat de fourniture annoncé en 2014 portant sur 12 avions", a précisé par la suite Airbus Defence and Space. Le ministère souhaitait avancer la livraison des trois derniers avions ravitailleurs MRTT en les échelonnant entre 2018 et 2025. Une opération destinée à maîtriser le risque d'un arrêt brutal d'une flotte actuelle de KC135 dont la moyenne d'âge est déjà très élevée (51 ans).

En outre, la France devrait très rapidement commander quatre C130 à Lockheed Martin. Cette acquisition "permettra de renforcer nos capacités de transport aérien tactique, qui sont excessivement sollicitées", avait expliqué Jean-Yves Le Drian le 4 juin à l'Assemblée nationale. Le 1er janvier, le ministre avait confirmé sur une base avant projetée (BAP) en Jordanie que "l'acquisition attendue a été confirmée par mes soins il y a quelques jours". La commande est imminente. La facture se monte à environ 640 millions de dollars, dont 100 millions de TVA alors que le ministère n'avait provisionné initialement que 330 millions d'euros.

 

La frégate FTI en approche

Cette enveloppe de 1,5 milliard devait permettre d'avancer le programme FTI. Le ministère a donné en novembre son feu vert au lancement du programme lors d'un comité ministériel d'investissement (CMI). Parallèlement, le CMI a lancé la modernisation des frégates dites La Fayette (FLF) en attendant l'arrivée des premières FTI à partir de 2023 dans la marine nationale. Les FTI déplaceront 4.000 tonnes environ (contre 6.000 tonnes pour les FREMM). Un format qui correspond beaucoup plus que les FREMM au marché export à l'image des frégate La Fayette (6 vendues à Taïwan puis à Singapour et 3 à l'Arabie Saoudite).

La LPM actualisée prévoyait également l'acquisition patrimoniale de quatre bâtiments de servitude BSAH (Bâtiment de Soutien et d'Assistance Hauturier), prévus pour être utilisés par la Marine nationale dans le cadre de l'emploi des forces et dans le domaine de l'action de l'Etat en mer. En août, la DGA a notifié au groupement mené par les chantiers navals Piriou, auxquels sont associés Kership et DCNS, la réalisation des quatre bâtiments. Enfin, la marine avait obtenu la livraison d'un quatrième bâtiment de type B2M (Bâtiment multimission) destiné à renforcer la capacité de la France à faire respecter sa souveraineté sur tous les océans. Elle attend toujours une commande.

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 20:55
François Hollande à Coëtquidan: entre voeux et vieux effets d'annonce


14.01.2016 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense
 

J'ai dû manquer quelque chose... Pourtant la sono était bonne et j'étais bien réveillé dans le fond du gymnase des écoles de Coetquidan où avaient lieu, ce jeudi, les vœux aux armées.

Pourquoi mes excellents confrères des agences, des radios et même de l'encore plus excellent desk Internet d'Ouest-France ont-ils fait leurs choux gras de la phrase présidentielle suivante: "J'ai demandé à Jean-Yves Le Drian que le nombre de réservistes passe à 40 000, contre 28 000 aujourd'hui. L'objectif, c'est de déployer mille réservistes en permanence, pour la protection de nos concitoyens"?

On lit la même chose dans une déclaration de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, sur l'actualisation de la loi de programmation militaire, à l'Assemblée nationale le 4 juin 2015: "La loi fixe un objectif pour le nombre de réservistes, passant de 28 000 à 40 000, en favorisant un élargissement des recrutements vers la société civile. Cette ambition est forte, tout en demeurant réaliste. Elle en tout cas nécessaire aujourd'hui et les chefs d'état-major y sont résolus."

En fait, tout le discours présidentiel était à l'avenant. Rien de nouveau, pas d'annonce (certes, on ne peut pas faire du neuf, tous les jours, avec du vieux). Mais ça manquait singulièrement de coffre, ces vœux. Dommage...

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 19:55
Audition de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, sur les opérations en cours (1 Dec 2015)

 

01.12.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 22

 

Note RP Defense: il a fallu plus d'un mois à l'Assemblée nationale pour publier ce compte-rendu.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Mes chers collègues, huit députés et sénateurs – MM. Francis Hillmeyer, Alain Marty, Gwendal Rouillard, Gilbert Le Bris, Jean-Marie Bockel, Jacques Gautier, Xavier Pintat, Daniel Reiner et moi-même – se rendront demain à Berlin pour rencontrer leurs homologues allemands dans le cadre de nos réunions bilatérales régulières. Cette entrevue s’annonce d’autant plus intéressante qu’elle interviendra le jour où le Bundestag aura à se prononcer sur la proposition de la chancelière, Mme Angela Merkel, de faire entrer l’Allemagne dans la coalition luttant contre Daech en Syrie.

 

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. L’opération intérieure (OPINT) Sentinelle mobilise aujourd’hui 10 000 hommes, dont 6 500 en Île-de-France ; nous disposons également, au sein de cet ensemble, d’une réserve de 500 hommes que l’on pourrait déployer en cas d’urgence, notre pays restant exposé à la survenue d’autres attentats. L’armée agit conjointement avec les forces de sécurité intérieures, le tout est placé sous l’autorité des préfets de zone et du préfet de police à Paris. On rénove en urgence des bâtiments et on dégage des financements supplémentaires pour l’hébergement et les installations sanitaires destinés à accueillir les 3 000 nouveaux militaires qui sont venus renforcer le contingent de 7 000 personnes déployées avant les attentats du 13 novembre dernier. Deux visites de terrain m’ont montré que le dispositif fonctionnait bien et qu’il comprenait désormais des patrouilles et non plus seulement des positionnements statiques, celles-là ne protégeant pas moins bien que ceux-ci. Les soldats garantissent également la sécurité de la 21e conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP-21) sur terre et dans les airs – 500 aviateurs assurent ainsi la sécurisation du ciel parisien pendant la conférence, et notamment lors de la présence de chefs d’État et de gouvernement en Île-de-France.

 

Au Levant, nous frappons Daech depuis septembre 2014 et nous avons obtenu des résultats significatifs en Irak, notamment à Sinjar et à Baïji. Des massacres d’habitants yézidis ont été perpétrés par Daech au mont Sinjar il y a un an et demi, mais cette ville vient d’être reprise. La reconquête de Baïji s’est opérée alors qu’elle paraissait incertaine, et des combats se déroulent actuellement à Ramadi. Après avoir été bloqué, Daech recule maintenant en Irak, même si la coalition n’est pas encore en mesure de reprendre Mossoul. La France effectue des frappes en Irak et forme des peshmergas à Erbil et les forces d’élite de l’ICTS à Bagdad.

 

Nous avons intensifié nos frappes en Syrie, à la mesure de l’agression subie le 13 novembre dernier. Plus puissantes et plus fréquentes, nos frappes ont détruit un centre de fabrication d’engins explosifs improvisé à al-Qa’im, ville située à la frontière irako-syrienne. Depuis les attentats, nous avons mené treize raids, dont huit à Raqqa, et avons anéanti des centres de commandement, des camps d’entraînement et des centres logistiques.

 

Le porte-avions, actuellement en mer Méditerranée orientale, permet de tripler la capacité d’action. Seul porte-avions présent dans cette zone, il rejoindra dans quelques jours le golfe arabo-persique où il restera en mission jusqu’au mois de mars 2016. Nos avions au sol se trouvent actuellement positionnés en Jordanie et à al-Dhafra aux Émirats arabes unis.

 

Les États-Unis intervenaient jusqu’à présent beaucoup moins en Syrie qu’en Irak, mais ils ont assoupli les règles d’engagement et frappent de plus en plus en Syrie. Nos contacts se sont intensifiés et des instructions spéciales ont été signées pour que nous bénéficiions aujourd’hui d’une forme de « Five eyes » plus, c’est-à-dire de modalités d’échange de renseignements opérationnels plus fluides. J’ai des entretiens très fréquents avec mon homologue américain, M. Ashton Carter, le dernier ayant eu lieu hier soir.

 

Demain, la chambre des Communes britannique se prononcera sur la participation militaire du Royaume-Uni à la coalition contre Daech en Syrie. Il semble qu’un vote positif se dessine, ce qui constituerait une bonne nouvelle. J’ai publié une tribune dans le journal The Guardian dans laquelle je faisais part du désir de la France de voir le Royaume-Uni nous rejoindre. Par ailleurs, j’entretiens une relation très confiante avec le ministre de la Défense britannique, M. Michael Fallon.

 

La Russie et l’Iran ont participé à la dernière réunion du processus de Vienne, qui a eu lieu le 14 novembre dernier. Le communiqué publié à l’issue de la rencontre préconisait la tenue de négociations inter-syriennes, un cessez-le-feu généralisé, un calendrier de transition, et ne mentionnait pas le sort de Bachar el-Assad. Nous espérons que cette démarche aboutira à un cessez-le-feu et à un véritable dialogue, à l’issue de la phase de transition de six mois qui s’ouvre à partir du 1er janvier prochain. Dans le cadre du processus de Vienne, les groupes armés syriens non-terroristes et des opposants politiques au régime de Damas se réuniront dans quelques jours à Riyad, afin de préparer une rencontre avec des représentants du gouvernement de Bachar el-Assad. Nous nous trouvons donc peut-être au début d’un processus politique porteur. Il reviendra aux diplomates de définir ensuite les contours de la transition.

 

Avec le président de la République et le ministre des Affaires étrangères et du développement international, nous avons rencontré nos homologues russes à Moscou le 26 novembre dernier. Les commandants du groupe aéronaval français, positionnés en mer Méditerranée orientale, et du groupe naval russe, organisé autour du croiseur Moskva, se sont rencontrés pour harmoniser leur action et éviter les incidents en mer. Cela n’est pas négligeable, car cela faisait longtemps qu’une telle coordination n’avait pas été mise en œuvre. Par ailleurs, nous avons décidé de renforcer les échanges entre nos services de renseignement, afin notamment d’identifier des russophones interceptés par les Français et des francophones par les Russes. Comme vous le savez, toute coopération en matière de renseignement repose sur l’échange et ne peut être enclenchée que par une décision politique. C’est celle, logique, que nous amorçons aujourd’hui avec les Russes.

 

Nous avons demandé à la Russie d’intensifier ses frappes sur Daech, car nos services ont relevé que celles-ci se concentraient au nord-ouest et autour d’Alep, là où les forces de Bachar el-Assad affrontent l’insurrection, et visaient jusque-là très peu Daech. Il y a deux semaines, la Russie a augmenté un temps ses frappes contre Daech, mais ce rythme s’est ralenti depuis qu’un de ses appareils a été abattu par la Turquie ; en tout état de cause, l’inflexion constatée n’a pas entraîné la fin des frappes contre l’insurrection. Le président de la République et le président Vladimir Poutine ont demandé qu’on se mette d’accord sur l’identité de ceux sur lesquels il conviendrait de ne pas frapper. De notre côté, la situation est simple, puisque nous ne visons que Daech. Mon homologue russe et moi-même dresserons un bilan de ces engagements.

 

Malgré la pesanteur du dispositif et la nécessité d’aller plus vite, l’action en Irak commence à porter ses fruits et les forces kurdes et irakiennes tiennent le terrain reconquis. En Syrie, au-delà des frappes il conviendra de s’appuyer sur les forces locales, dont les unités de protection du peuple (YPG) kurdes et des groupes arabes sunnites armés par la coalition, pour reprendre et occuper les zones du territoire syrien contrôlées aujourd’hui par Daech. Cette entreprise demandera du temps.

 

La Jordanie et le Liban sont aujourd’hui fragiles ; la France utilise une base aérienne jordanienne, ce qui contribue à sanctuariser le territoire de ce pays. Au Liban, l’absence de gouvernement, la faiblesse de l’armée et l’afflux de réfugiés placent le pays dans une situation difficile. Nous comptons 900 hommes au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et cette présence, appelée à durer, contribue, là aussi, à assurer l’intégrité de ce pays. Nous devons renforcer notre soutien à l’armée libanaise et tenter de poursuivre le partenariat avec l’Arabie saoudite visant à équiper les forces libanaises. Tous les objectifs du programme auront été atteints en 2015, et il faut s’atteler à le remettre en œuvre l’année prochaine.

 

J’ai déjà fait part à plusieurs reprises à la commission de ma préoccupation sur la situation libyenne, et mes inquiétudes ne font que croître. Je vous avais avertis que Daech allait s’implanter en Libye, et nous ne pouvons que constater son expansion dans ce pays. Les quelque 3 000 combattants de Daech progressent vers le sud à partir de Syrte en achetant des tribus et en obtenant l’allégeance de groupes qui trouvent là un projet et une organisation, dans le contexte de la division du pays entre les deux pouvoirs de Tobrouk et de Tripoli. Daech cherche à accaparer le pétrole du Sud de la Libye ; en outre, il pourrait opérer une jonction avec Boko Haram s’il pénétrait loin au Niger et au Nord du Tchad. Le président tchadien, M. Idriss Déby, partage mon inquiétude à ce sujet. La seule solution est de nature politique : les Égyptiens et les Algériens doivent trouver une solution de sortie de crise ; ces pays ne sont pas ennemis, mais les premiers privilégient excessivement l’option militaire quand les seconds se reposent trop sur la diplomatie. Le nouveau représentant du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye, M. Martin Kobler devrait proposer un scénario permettant la mise en place d’un gouvernement d’union nationale de transition, dont il faudra assurer la sécurité, notamment via la formation d’une armée efficace. Les forces de l’opération de l’Union européenne (UE) Sophia, qui vise à contrôler les flux de migrants provenant de Libye et qui dispose de moyens importants, ont besoin de l’autorisation d’un gouvernement libyen reconnu pour pénétrer dans les eaux territoriales de la Libye et agir efficacement. La situation en Libye s’avère redoutablement complexe et risque de le devenir de plus en plus. M. León était presque parvenu à un règlement, mais son entreprise a échoué. Si l’on réunit les forces militaires de Tripoli et de Tobrouk, Daech ne pourra pas faire face.

 

Notre présence au Mali et au Niger s’inscrit dans la durée ; implantés dans des sites avancés comme Faya Largeau, Abéché, Tessalit et Madama, nous venons de renforcer notre positionnement dans cette dernière ville. Nous conduisons très régulièrement des opérations avec les forces nigériennes, maliennes voire tchadiennes. La dernière mission, Vignemale, a permis de découvrir des caches d’armes et de procéder à des neutralisations. Si l’on cessait ces actions régulières dans le cadre de l’opération Barkhane, les groupes djihadistes se reconstitueraient.

 

Au Mali, le processus vertueux se poursuit malgré l’attentat de Bamako le 20 novembre dernier. L’accord d’Alger entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la plateforme pro-gouvernementale se met en œuvre et des patrouilles communes sont même déployées. Il conviendra d’intégrer ce processus dans la mission d’entraînement de l’Union européenne, EUTM-Mali, afin que cette dernière gère le mouvement de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). J’ai fait part de ce projet de changement d’orientation de la mission EUTM-Mali à mes collègues européens, qui devraient l’accepter. Cela permettra de favoriser la formation de ceux qui veulent participer à la reconstitution de l’armée malienne.

 

Certains groupes armés terroristes – al-Mourabitoune, né de la fusion du MUJAO et des Signataires par le sang, et dirigé par Mokhtar Belmokhtar, l’auteur de la prise d’otages meurtrière d’In Amenas en Algérie, et Ansar Eddine de Iyad Ag Ghali – refusent cette logique d’apaisement et sont alliés à al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Daech étant absente de cette région. La formation Ansar Eddine a permis la résurgence du Front de libération du Macina, groupe peul vivant de commerce et de brigandage et qui mène quelques actions terroristes. Les chefs de ces organisations souhaitent saboter le processus de paix. Al-Mourabitoune et Ansar Eddine ont tous deux revendiqué l’attentat de Bamako, mais il apparaît de plus en plus que c’est al-Mourabitoune qui l’a commis. Cet attentat fait suite à celui du 7 mars 2015, perpétré par le même groupe à Bamako ; nous devons donc continuer à nous battre pour éliminer ces groupes – peu nombreux mais difficiles à arrêter puisqu’ils utilisent des kamikazes –, mais la situation globale s’améliore tout de même.

 

La force multinationale mixte, animée par le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun, a repris l’initiative face à Boko Haram et on peut faire preuve d’optimisme sur ce théâtre d’opérations. M. Déby m’a confirmé ce matin que cette force s’organisait sérieusement et allait bénéficier d’un véritable état-major associant les quatre pays. Il s’agit d’un progrès considérable, car seuls le Niger et le Tchad se parlaient il n’y a pas si longtemps ; le remplacement de M. Goodluck Jonathan par M. Muhammadu Buhari à la tête du Nigeria et la prise de conscience du président camerounais, M. Paul Biya, qui a compris qu’il ne pouvait pas se désintéresser de ce sujet favorisent cette évolution. Nous apportons à cette coalition un soutien logistique et technique, facilité par la localisation à N’Djamena des états-majors de cette force et de Barkhane. Boko Haram se trouve réduit à conduire des opérations terroristes contre lesquelles il faudra encore lutter. M. Déby évalue cette période à deux à trois ans, mais malgré la longueur nécessaire de l’effort, je suis assez optimiste sur la situation de ce front. Il n’existe pas encore de signes montrant un lien vraiment concret entre Boko Haram et Daech, même si le premier s’est officiellement rallié au second.

 

Nous nourrissions beaucoup d’inquiétudes pour la visite du pape en République centrafricaine (RCA), qui aurait pu être l’occasion de manifestations et d’échauffourées. Tout s’est finalement bien déroulé et cette journée marquera peut-être une étape dans la pacification du pays. Le référendum constitutionnel aura lieu le 13 décembre prochain et les premiers et seconds tours des élections présidentielle et législative se tiendront les 27 décembre et 31 janvier prochains. Les candidats se préparent et 90 % de la population sont inscrits sur les listes électorales. Je plaiderai auprès de nos partenaires européens pour transformer la mission d’assistance européenne EUMAM à l’état-major des forces armées centrafricaines (FACA) en mission de type EUTM-Mali – avec un périmètre plus modeste, le pays étant moins peuplé ; il me semble que je pourrai là aussi obtenir satisfaction. Certains pays se sont ainsi déjà manifestés pour entrer dans le dispositif et permettre au nouveau président ou à la nouvelle présidente de bénéficier d’un nouvel outil armé crédible. Les 900 hommes de la force Sangaris resteront en RCA jusqu’à la fin du processus électoral, puis nous engagerons le processus de réduction de nos effectifs, comme je l’ai déjà dit à la chef de l’État de transition, Mme Catherine Samba-Panza.

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. Monsieur le ministre, l’Allemagne a annoncé il y a quelques jours qu’elle allait aider la France dans sa lutte contre Daech en déployant 1 200 militaires, soit son plus gros déploiement en cours à l’étranger. Quel rôle joueront les militaires allemands ? Renforceront-ils la coalition contre Daech ?

 

M. Jean-François Lamour. Monsieur le ministre, l’une des réponses apportées aux attentats du 13 novembre réside dans l’augmentation des effectifs de la force opérationnelle terrestre (FOT) de 66 000 à 77 000 hommes. Les premiers recrutements auront lieu dans le cadre de l’exécution du budget pour l’année 2016 et auront besoin d’être formés. Ces soldats ne seront donc pas opérationnels avant la fin de l’année 2016 voire le premier trimestre 2017.

La radicalisation d’un certain nombre de personnels civils d’Aéroports de Paris et de la RATP suscite des inquiétudes sur le profil potentiel de nouvelles recrues de la FOT. Beaucoup de jeunes accourent dans les centres de recrutement : il s’agit d’une bonne nouvelle, mais il convient d’opérer un tri. La direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) est chargée de ce rôle, alors qu’elle a déjà fort à faire avec la sécurisation des emprises militaires. Qu’est-ce qui nous garantit que la DPSD se trouve armée pour effectuer cette sélection ? Ses effectifs ont-ils été augmentés ? Ses personnels sont-ils capables de distinguer les bonnes recrues des mauvaises ? Si tel n’était pas le cas, des services de renseignement comme la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) peuvent-ils participer à cette tâche de criblage ?

 

M. Jean-Jacques Candelier. Je vous remercie, monsieur le ministre de votre disponibilité et des informations que vous nous avez transmises. La France est-elle prête à revoir ses liens économiques avec les pétromonarchies comme l’Arabie saoudite et le Qatar, dont le rôle, dans la lutte contre Daech, s’avère ambigu ?

Notre pays se trouve engagé dans de nombreuses opérations extérieures (OPEX). Quel est leur coût en 2015 ?

La guerre contre Daech ne se gagnera pas uniquement par des bombardements : quels sont les moyens supplémentaires mis en place pour atteindre notre objectif ? Quel soutien comptons-nous apporter aux forces kurdes ?

Où en est-on de la constitution de la large coalition voulue par M. Hollande ? Celle-ci ne me semble pas être la panacée.

 

M. Philippe Folliot. Monsieur le ministre, sans action rapide et énergique en Libye, Daech progressera comme en Irak et en Syrie. Vous avez souligné avec raison que la solution passait par l’engagement de l’Égypte et de l’Algérie. Nos relations historiques avec l’Algérie et présentes avec l’Égypte sont fortes : la France a donc un rôle particulier à jouer, et l’intérêt de l’UE à agir s’avère grand car la Libye se situe plus près de nos côtes que ne le sont la Syrie et l’Irak. L’UE, absente diplomatiquement jusqu’à présent, agit-elle, avec la France, pour éviter que la situation irakienne et syrienne ne se reproduise en Libye ?

 

M. Jean-Michel Villaumé. Le Premier ministre a indiqué ce matin que la Libye constituait le grand dossier à traiter dans les mois à venir. Monsieur le ministre, vous restez partisan d’une solution politique et diplomatique dans ce pays, mais le chef du gouvernement algérien a récemment affirmé dans Le Monde souhaiter une intervention militaire il y a une dizaine de jours. En outre, les Égyptiens ont fait part de leurs inquiétudes sur l’évolution du problème libyen.

 

M. Alain Moyne-Bressand. Monsieur le ministre, vous nous donnez des informations sur les moyens financiers de l’État islamique, mais il me semble que plusieurs pans de ses ressources et de ses soutiens nous restent inconnus. Êtes-vous d’accord pour qu’une commission d’enquête parlementaire étudie cette question ?

Disposons-nous de suffisamment de moyens financiers pour gagner la guerre dans laquelle nous sommes engagés ? À combien les évaluez-vous ?

 

M. le ministre. Madame Gosselin-Fleury, la participation allemande représente un acte politique très important, puisque mon homologue allemande, Mme Ursula von der Leyen, s’est beaucoup engagée dans ce dossier et propose d’envoyer 1 200 hommes, mobilisation que devra autoriser le Bundestag. Une frégate allemande rejoindra notre porte-avions, des missions de reconnaissance seront assurées par quatre à six Tornados allemands et des avions ravitailleurs seront mis en place au Levant. L’Allemagne contribuera également à la MINUSMA avec 650 hommes pour alléger notre tâche au Mali ; par ailleurs, elle renforcera ses actions de formation militaire à Erbil. La presse a eu raison de souligner le caractère exceptionnel de cet engagement.

 

Monsieur Lamour, la première vague de renforcement de la FOT a eu lieu dès cette année et se poursuivra l’année prochaine. Le chiffre des recrutements dans l’armée de terre en 2015 comprend les 5 000 nouveaux soldats qui n’étaient pas prévus dans la planification initiale. Il faudra former ces personnels, mais le processus est en cours. Nous avons décidé d’engager 200 personnes à la DPSD, afin notamment qu’elle ait les moyens de s’assurer de la qualité des personnes recrutées. Il y a lieu d’être vigilant, y compris pour les effectifs actuels, mais notre service de renseignement s’avère très performant.

 

Monsieur Candelier, les OPEX représentent un coût de 1,1 milliard d’euros pour l’année 2015 ; ce montant, à l’intérieur duquel les surcoûts s’élèvent à 650 millions d’euros, est totalement couvert par un financement interministériel, comme je m’y étais engagé. S’agissant des ambiguïtés des pétromonarchies, j’attends les preuves ! Si elles existent, qu’on me les fournisse ! Des doutes et des interrogations existent, mais l’Arabie saoudite et le Qatar sont engagés dans la coalition. Ils ne contrôlent peut-être pas l’action de l’ensemble de leurs ressortissants, mais, comme le président de la République, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et du développement international et moi-même l’avons déjà dit, nous ne disposons pas d’éléments accréditant vos assertions. Si vous en avez, mettez-les sur la table, je serais le premier intéressé. Nous soutenons les forces kurdes, et celles-ci pourraient participer à la reconquête des territoires aujourd’hui contrôlés par Daech. Les États-Unis renforcent leur action et de nombreux pays rejoignent la coalition, qui s’agrandit de fait ; à part l’Espagne, qui se trouve en période électorale, et le Portugal, dont le nouveau gouvernement s’installe en ce moment, tous les pays de l’UE contribuent à l’effort commun. Même le Luxembourg participe et fournira des munitions et du transport tactique ; certains pays combattront au Levant et d’autres allégeront le poids de notre engagement en Afrique.

 

M. Jean-Jacques Candelier. Il n’y a que quatre pays qui effectuent des frappes !

 

M. le ministre. Oui, en Syrie, il n’y en a même en ce moment que deux, même si j’espère qu’il y en aura bientôt trois. Quant à la Russie, je vous ai indiqué l’état de nos relations, si bien qu’il me semble que la coalition se trouve en phase de cristallisation.

 

Messieurs Folliot et Villaumé, nous entretenons en effet de bonnes relations avec l’Égypte, qui ne cessent de s’approfondir. J’ai ainsi rencontré cinq fois M. Abdel Fattah al-Sissi, président de ce pays. L’Égypte a une approche plus militaire que l’Algérie du conflit libyen ; l’Histoire explique cette différence, et nous devons les convaincre de prendre des initiatives communes. La mission des Nations unies recommence avec la nomination de M. Kobler, et nous devons travailler à sa réussite. Les acteurs libyens sentent que s’ils ne trouvent pas de solution, Daech la trouvera pour eux. L’organisation terroriste sera peut-être l’élément fédérateur de la réconciliation libyenne. La Turquie, le Qatar, l’Égypte, l’Algérie et le Tchad peuvent avoir une influence sur certains acteurs libyens. Il faut consentir cet effort collectif, car il n’existe pas de solution alternative. Personne n’envisage en effet que des pays européens mènent une action militaire au sol en Libye.

 

Monsieur Moyne-Bressand, nous avons les moyens financiers de gagner la guerre. La loi de programmation militaire (LPM) actualisée intègre l’opération Chammal, et le financement interministériel des surcoûts des OPEX est assuré chaque année depuis que j’exerce mes fonctions. Cette opération ne mobilise encore qu’un petit millier d’hommes, stationnés à al-Dhafra, Erbil, Bagdad et sur notre base aérienne en Jordanie. La décision de créer une commission d’enquête sur le financement de Daech relève du Parlement.

 

Mme la présidente Patricia Adam. La conférence des présidents a ce matin décidé la création d’une mission d’information à ce sujet.

 

M. le ministre. La Turquie s’est montrée, à un moment donné, trop peu agressive dans le contrôle des ressources pouvant alimenter Daech ; je n’accuse pas le gouvernement turc, mais il est certain que Daech a pu vendre en abondance du pétrole au marché noir. Les contrôles se révèlent aujourd’hui plus stricts, mais la Turquie doit mieux surveiller les 200 kilomètres de sa frontière avec la Syrie qui ne sont pas tenus par les Kurdes. De nombreux trafics se déroulent dans cette zone très poreuse, même si la Turquie a opéré une reprise en main depuis qu’elle a été frappée par des attentats.

 

M. Eduardo Rihan Cypel. Mme Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, a déjà publié un excellent rapport sur les financements de Daech au nom de l’assemblée parlementaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

Monsieur le ministre, le président de la République a affirmé lors de la réunion du congrès à Versailles, le 16 novembre dernier, que le pacte de sécurité l’emportait sur celui de stabilité. Hormis l’Allemagne, quel pays européen a accru son effort contre Daech ? L’UE a-t-elle augmenté son soutien financier aux pays luttant dans la coalition en Syrie et en Irak ? Il faudrait exclure les dépenses d’investissement dans la défense sortent du calcul du déficit budgétaire transmis à la Commission européenne. L’UE accepterait-elle cette évolution ?

 

M. Serge Grouard. Éradiquer Daech nécessite le déploiement de forces au sol – pas nécessairement les nôtres – car reprendre une ville comme Raqqa sera difficile. Quelle évaluation faites-vous des forces actuellement en présence sur le terrain ?

Monsieur le ministre, votre inquiétude sur la Libye s’avère largement partagée ; vous avez affirmé que Daech comptait sur 3 000 combattants en Libye, ce nombre étant compris entre 40 000 et 50 000 en Syrie et en Irak. Lorsque les Soviétiques se sont retirés d’Afghanistan, les combattants qui allaient former al-Qaïda ont également quitté le pays pour essaimer dans d’autres régions : craignez-vous le même phénomène ?

La constitution du fichier de données des passagers (PNR pour Passenger name record) européen accuse du retard. À la suite de la loi de programmation militaire, un décret de septembre 2014 a créé un traitement de données à caractère personnel dénommé « système API-PNR France » pour compenser le piétinement européen ; ce mécanisme devait se déployer en 2015 : où en est-on ?

 

M. Christophe Guilloteau. Le président des États-Unis, M. Barack Obama, a annoncé aujourd’hui l’envoi de forces spéciales américaines au sol. La France compte-t-elle faire de même ?

Le 27 novembre dernier, le gouverneur militaire de Lyon, le préfet du Rhône et le maire de Lyon ont organisé un spectacle médiatique en pleine période de réserve due à la campagne électorale. Ils sont allés à la rencontre des citoyens pour échanger sur les problèmes de sécurité. Monsieur le ministre, je vous remercie de rappeler au gouverneur militaire que, président du conseil départemental, je fais face aux mêmes problèmes de sécurité que le maire de Lyon. Le gouverneur militaire devrait nous informer et ne pas privilégier les caméras.

 

M. Michel Voisin. De l’Afghanistan à la Mauritanie, on retrouve de nombreuses forces djihadistes, et nous sommes engagés sur de nombreux fronts dans cette région. Nous allons nous essouffler et notre armée se trouve à bout de forces malgré le mérite de ceux qui la servent. Monsieur le ministre, les propos du Premier ministre critiquant les parlementaires se rendant sur place m’ont choqué. Effectuer ce type de déplacements fait partie de notre mission, et je n’ai d’ailleurs fait aucune déclaration à la presse à propos de notre récent déplacement en Syrie. Les parlementaires montrent beaucoup de courage lorsqu’ils décident d’étudier la situation à l’étranger et leur expérience peut s’avérer fort utile.

On évalue les troupes de l’État islamique en Syrie à 20 000 combattants, qui sont accompagnés de 20 000 autres personnes dont 1 400 à 2 000 Français. Comment peut-on éradiquer ce mouvement ? Nous appréhendons la situation pays par pays, alors que le problème du djihadisme est global. Je suis favorable à l’instauration de la commission d’enquête à laquelle M. Alain Moyne-Bressand a fait allusion, car les personnes auditionnées doivent y prêter serment contrairement à la mission d’information. Monsieur le ministre, croyez-vous que nous disposons des moyens suffisants pour suivre toutes les opérations dans lesquelles nos forces sont engagées ? Notre armée défend l’Europe et il conviendrait de répartir le financement de ces opérations entre l’ensemble des pays de l’UE. Nous pourrions ainsi éviter l’épuisement de nos forces militaires.

 

M. Charles de la Verpillière. Monsieur le ministre, vous avez affirmé que les Kurdes du PYD et d’autres troupes arabes sunnites pourraient constituer les forces luttant au sol contre Daech en Syrie ; vous en excluez donc beaucoup de monde : les Américains, les Européens, les Russes, les Iraniens, les Turcs, les troupes de Bachar el-Assad et, en raisonnant in abstracto, et les Israéliens ! Il ne reste donc plus beaucoup de combattants à envoyer sur le terrain. Pouvez-vous nous préciser votre pensée ?

L’incident aérien entre les Turcs et les Russes est intervenu exactement au moment où l’on cherche à former une coalition internationale pour combattre en Syrie. Il a été provoqué car il sert à la fois les Russes et les Turcs. Qu’en pensez-vous ?

 

M. Francis Hillmeyer. L’opération Sentinelle vise à rassurer la population, mais ne peut pas empêcher la commission d’attentats comme ceux du 13 novembre. Vous avez évoqué la création d’une garde nationale constituée de réservistes. Pourrait-on augmenter le nombre de jours de disponibilité des réservistes afin de rendre le dispositif plus opérationnel ? Comment lever le frein mis par les employeurs à la mobilisation des réservistes ?

 

M. le ministre. Monsieur Rihan Cypel, tous les pays de l’UE, hormis l’Espagne, le Portugal et la Pologne qui vient de changer de gouvernement, contribuent à l’effort. Ainsi, la Belgique a mobilisé une frégate appuyant le porte-avions, la Roumanie a déployé des forces au sein de Barkhane. La République tchèque, la Slovénie, la Slovaquie, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas s’interrogent sur de possibles frappes en Syrie. Je ne reviens pas sur l’engagement allemand et sur le vote de demain à la chambre des Communes à Londres, mais l’ensemble constitue un effort significatif et supérieur à celui auquel je m’attendais. Depuis quinze jours, je n’ai pas reposé la question du financement des OPEX par l’UE, mais je la soulèverai à nouveau dès que l’opportunité se présentera.

 

Monsieur Grouard, nous évaluons à 35 000 le nombre de combattants de Daech en Irak et en Syrie. Parmi eux, 10 000 à 12 000 sont étrangers ; ils ne se trouvent pas tous à Raqqa et constituent la force principale de Daech. L’intensification des frappes désorganisera cette organisation en Syrie et, pour la première fois, elle essuie des désertions qui ont entraîné des exécutions.

 

Monsieur de la Verpillière, l’action au sol est indispensable pour reprendre les zones contrôlées par Daech, et l’on travaille sur l’hypothèse de troupes kurdes et arabes sunnites pour accomplir cette mission, une fois que les frappes auront profondément déstabilisé Daech. Il convient de ne pas répéter des erreurs passées : Raqqa est sunnite et doit donc être reconquise par des forces sunnites, afin que la population les accepte et soutienne moins Daech. Les unités réunies sous le sigle de l’armée syrienne libre (ASL) subsistent et leur résilience a même surpris les Russes. Ceux-ci effectuent des frappes depuis huit semaines, qui visent majoritairement les insurgés combattant Bachar el-Assad. L’armée gouvernementale s’est avérée moins forte que prévu – elle n’a ainsi pas reconquis de zone importante au cours de ces deux derniers mois – et l’ASL parvient à opposer une résistance significative au nord-ouest et dans la région d’Alep. L’armée officielle de la Syrie luttera peut-être un jour contre Daech, mais ce ne sera alors plus celle de Bachar el-Assad qui n’a jamais effectué le moindre raid contre le groupe terroriste.

 

Les succès de la lutte contre Daech au Levant aboutiront sans doute – on le constate déjà – à des transferts de combattants djihadistes vers la Libye. Une partie des combattants étrangers de Daech à Syrte viennent ainsi de Syrie.

 

Le projet pilote avance pour la mise en œuvre du PNR français, mais la société bénéficiaire du marché accuse un retard.

 

Monsieur Guilloteau, je ne parle jamais des forces spéciales. J’ai bien noté vos remarques sur la rencontre de Lyon.

 

Monsieur Voisin, nous nous engageons dans des opérations, mais nous nous retirons également de certaines d’entre elles : nous ne sommes plus au Kosovo, ni dans l’opération européenne Atalante, et nous espérons mettre fin à l’opération Sangaris prochainement. La qualité de nos armées nous permet de faire face aux défis et aux menaces que nous devons affronter.

 

L’incident entre la Turquie et la Russie résulte d’un conflit d’intérêts et de l’antagonisme sur les points de fond, chacun pousse l’autre à sa limite. Le pilote russe est tombé côté syrien.

 

M. Charles de la Verpillière. Le jour n’a-t-il pas été choisi ?

 

M. le ministre. Je n’en suis pas sûr. La position de la France, comme celle de l’OTAN, est d’inviter les deux parties à éviter toute escalade.

 

Monsieur Hillmeyer, l’actualisation de la LPM prévoit une augmentation de 28 000 à 40 000 du nombre des réservistes et de 75 millions d’euros de crédits supplémentaires. Le nombre de jours et la durée de la mise à disposition devront augmenter, et nous en discuterons avec le Mouvement des entreprises de France (MEDEF).

 

Mme la présidente Patricia Adam. Et avec les collectivités territoriales également !

 

M. le ministre. Bien entendu, avec tous les employeurs, de manière générale.

 

Le président de la République a annoncé lors de la réunion du Congrès à Versailles qu’il faudra renforcer les réserves et leur conférer une dimension territoriale afin de constituer une garde nationale. Je dois mettre en œuvre cette feuille de route et nous avancerons bientôt des propositions à votre commission pour que nous travaillions ensemble sur ce sujet. J’ai déposé un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2016, adopté par le Sénat le 27 novembre, qui prévoit d’affecter une partie des 100 millions d’euros supplémentaires à ce projet favorisant à terme la garde nationale, afin qu’il commence à être mis en œuvre dès l’année prochaine. Nous avons aussi inscrit en tout 173 millions d’euros d’autorisations d’engagement supplémentaires dans le PLF.

 

M. Michel Voisin. J’ai assisté le week-end dernier à deux assemblées générales d’officiers et de sous-officiers de réserve, qui soutenaient très largement le rétablissement du service national, tout comme 80 % des Français, si l’on en croit un sondage récent. Je leur ai répondu que des questions matérielles et de patrimoine local rendaient cette perspective très improbable.

 

M. le ministre. Oui, et le choix de l’armée professionnelle était le bon. J’y étais favorable depuis longtemps et j’avais écrit un article avec M. François Fillon sur ce sujet en 1995. Les défis que l’on doit relever, y compris la protection des sites sensibles dans notre pays, nécessitent une armée professionnelle.

 

*

* *

 

Membres présents ou excusés

 

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Olivier Audibert Troin, M. Daniel Boisserie, M. Jean-Jacques Bridey, Mme Isabelle Bruneau, M. Jean-Jacques Candelier, M. Guy Chambefort, M. David Comet, Mme Geneviève Fioraso, M. Philippe Folliot, M. Yves Foulon, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Serge Grouard, M. Christophe Guilloteau, M. Francis Hillmeyer, M. Laurent Kalinowski, M. Charles de La Verpillière, M. Gilbert Le Bris, M. Christophe Léonard, M. Damien Meslot, M. Philippe Meunier, M. Jacques Moignard, M. Alain Moyne-Bressand, M. Jean-Claude Perez, M. Joaquim Pueyo, Mme Marie Récalde, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard, M. Jean-Michel Villaumé, M. Michel Voisin

 

Excusés. - Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Jean-David Ciot, Mme Catherine Coutelle, Mme Carole Delga, M. Éric Jalton, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Maurice Leroy, M. Alain Rousset, M. Stéphane Saint-André

 

Assistaient également à la réunion. - M. Gérard Bapt, M. Jean-François Lamour

 

Audition de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, sur les opérations en cours (1 Dec 2015)

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 17:30
photo EMA / Marine nationale

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01/01/2016 CNE Limousin  - DICOD

 

Le ministre de la Défense a passé son réveillon du Nouvel An à bord du porte-avions Charles de Gaulle, engagé dans les opérations contre Daech. L'occasion pour lui de revenir sur les actions de la France contre le groupe terroriste.

 

A l'aube de 2016, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est rendu sur le porte-avions Charles de Gaulle, en escale à Manama, la capitale du Bahreïn. C'est la 3e fois que le ministre visite le porte-avions, actuellement engagé dans le golfe Persique contre Daech.

 

A cette occasion, le ministre a souligné que le groupe aéronaval constituait "le fer de lance de la plus importante de nos opérations dans le cadre de la lutte de la France contre Daech". Et d'ajouter que "c'est bien une guerre que nous menons contre Daech. C'est donc ici, et partout où la France lutte contre ce groupe terroriste qui la menace, qu'il convient que je sois à vos côtés".

 

Devant un parterre de militaires armant le groupe aéronaval, le ministre de la Défense a rappelé que "notre objectif, c'est la destruction pure et simple de cette organisation terroriste qui tente de s'approprier des territoires au Levant, qui soumet les populations, qui efface le patrimoine de l'humanité, qui menace notre liberté". Le ministre a précisé que la France, mais également l'ensemble de la coalition, a intensifié ses frappes depuis le 13 novembre 2015. Les forces engagées ciblent des centres de commandement, des camps d'entraînement, des bases logistiques, des dépôts de munitions, des sites pétroliers et d'innombrables positions de combat en Syrie et en Irak.

 

"Mais cet engagement a aussi un prix" a souligné Jean-Yves Le Drian. "Ce prix, c'est la sollicitation très forte dont les armées sont l'objet. Je connais votre rythme d'activité particulièrement intense". En effet, plus de 20 000 militaires ont passé les fêtes loin de chez eux, en mer, à l'étranger ou en métropole.

 

Le ministre de la Défense a par ailleurs révélé que la président de la République avait décidé, dès le printemps, de revoir à la hausse les budgets de défense prévus par la loi de programmation militaire. Pour mener la guerre contre Daech, les armées bénéficieront au total de plus de 3,8 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2019. Et dès cette année, le budget de la défense sera ainsi augmenté de plus de 700 millions d'euros.

 

Le 1er janvier, Jean-Yves Le Drian rendra visite aux militaires français stationnés en Jordanie et le lendemain à ceux déployés aux Emirats Arabes Unis.

photo EMA / Marine nationale

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 11:55
photo Ministère de la Défense

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30/12/2015 GMP

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rendu visite mercredi 30 décembre 2015 aux militaires déployés dans le cadre de l’opération Sentinelle, sur Paris et en Île-de-France.

 

Après un point de situation sur le dispositif global présenté par le chef de l’Etat-major tactique de Paris, le LCL « Maxime » du 1er régiment de Spahis, le ministre a accompagné diverses patrouilles d’abord sur les Champs-Elysées, puis à Notre-Dame de Paris, à la place de la Bourse et enfin au sein de la station RER Auber.

 

Le ministre a conclu cette visite en saluant l’engagement des soldats et leur a témoigné de son soutien en les félicitant plus particulièrement pendant cette période de fêtes de fin d’année.

photo Ministère de la Défense

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 11:55
photo Ministère de la Défense

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Le Point.fr

 

INFO LE POINT.FR. Derrière cette annonce, c'est une autre situation qui se dessine pour le ministre de la Défense : celle d'un cumul plus long que prévu.

 

Cumulard, mais pas trop. Jean-Yves Le Drian va faire une croix sur ses indemnités de président de la région Bretagne, soit 5 512 euros brut par mois. Le ministre de la Défense devrait faire l'annonce « dans le courant de la semaine prochaine », confie l'un de ses proches.

Cette situation de cumul des postes de président de région et de ministre de la Défense ne semble pas avoir gêné les Bretons. Ils ont élu Jean-Yves Le Drian avec 51 % des voix au second tour. Au grand dam de son adversaire Les Républicains Marc Le Fur, qui en a fait son cheval de bataille : « On ne peut pas avoir un président de région à mi-temps », fustigeait-il pendant la campagne.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 12:30
photo Marine Nationale

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28/12/2015 LeMarin.fr

 

Pour la première fois depuis longtemps, c'est la Marine et l'armée de l'air qui vont se partager le ministre de la Défense pour le réveillon du 31 décembre. Jean-Yves Le Drian est attendu en Jordanie et aux Émirats arabes unis (EAU), du 31 décembre au 3 janvier.

Pour des raisons de sécurité, on ne connaît pas encore son programme officiel, mais on sait qu'il doit embarquer à bord du porte-avions alors qu'il sera ancré à la base navale des EAU. Des parlementaires et une poignée de journalistes doivent l'accompagner. Un duplex (au minimum) est prévu avec la métropole, lors d’un journal télévisé, sans doute le 31 décembre.

L'activité du groupe aéronaval sera donc interrompue avec les fêtes, puisque les avions ne peuvent pas être catapultés quand le navire est arrêté.

 

Le porte-avions a été plusieurs fois honoré de la présence de visiteurs, d'abord avec les vœux présidentiels, avant le départ dans le golfe, en janvier 2015, puis à nouveau début décembre, avant son départ de Méditerranée, après que ses avions eurent mené quelques frappes en Irak et Syrie. Les sénateurs de la commission des Affaires étrangères et des forces armées ont également séjourné à bord, à la rentrée.

 

Le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villliers, a pour sa part embarqué quelques heures sur la frégate Courbet, pour Noël. Le navire avait quitté Toulon le 30 septembre pour participer à la traque des passeurs de migrants au large de la Libye, avant d'être remissionnée, fin novembre, pour opérer en Medor (Méditerranée orientale), dans une mission de renseignement.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 16:55
Sentinelle - photo Marine Nationale Armée de Terre ECPAD

Sentinelle - photo Marine Nationale Armée de Terre ECPAD


28.12.2015 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense

Lu sur l'agenda de Jean-Yves Le Drian:

 

Mercredi 30 décembre 2015 12h: entretien avec M. François Hollande, Président de la République. Palais de l’Élysée.
Déplacement Sentinelle, à Paris

 

Du jeudi 31 décembre 2015 au dimanche 3 janvier 2016 inclus; déplacement de fin d’année auprès des forces françaises déployées au Proche-Orient dans le cadre de l’opération Chammal.

 

photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

Les forces françaises de l'opération Chammal comprennent deux détachements de l'armée de l'air, l'un en Jordanie, l'autre aux EAU, le groupe aéronaval Charles-de-Gaulle qui croise dans le golfe avant une escale très prochaine, et des formateurs en Irak et au Kurdistan.

L'an dernier, le ministre de la Défense s'était rendu dans la BSS pour y rencontrer les troupes françaises du Tchad (soirée du 31 décembre à N'Djamena), du Niger et du Mali.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 13:55
Des tensions ont eu lieu récemment aux abords de la « jungle » entre migrants et CRS. Photo Jean-Pierre Brunet

Des tensions ont eu lieu récemment aux abords de la « jungle » entre migrants et CRS. Photo Jean-Pierre Brunet

 

22/12/2015 La Voix du Nord

 

Peu de temps après la victoire de sa liste aux élections régionales, Xavier Bertrand, le nouveau président LR de la région Nord – Pas-de-Calais – Picardie, a manifesté son souhait de demander la présence de l’armée à Calais, pour y « ramener la sécurité ». Une idée déjà évoquée par la maire Natacha Bouchart, mais que le ministère de la Défense juge inenvisageable.

Suite de l’article

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 17:55
La finalisation de l'opération (closing) pourrait être signée fin 2016, début 2017 - photo Marine Nationale

La finalisation de l'opération (closing) pourrait être signée fin 2016, début 2017 - photo Marine Nationale

 

21/12/2015 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le ministère de la Défense voulait à tout prix sécuriser les activités militaires de souveraineté nationale d'Areva TA
 

Pour le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, il fallait sauver le soldat Areva TA. Cette réflexion, qui a démarré il y a deux ans, s'est en fait accélérée ces huit derniers mois avec le démantèlement annoncé en juillet d'Areva. Avant même de penser "nationaliser" cette activité, l'Hôtel de Brienne exigeait déjà une refonte de la gouvernance tout en resserrant ses liens avec Areva TA, une entreprise clé pour la souveraineté française (propulsion nucléaire des sous-marins et du porte-avions Charles-de-Gaulle). Ni plus, ni moins.

 

Une activité de souveraineté nationale

Pourquoi cette volonté de mieux contrôler Areva TA, qui conçoit et assure la maintenance des réacteurs nucléaires de propulsion navale? Parce que, juge-t-on dans l'entourage du ministre, Areva TA était mal pilotée en raison d'une gouvernance trop dispersée du fait d'une multiplicité de comités mis en place par Areva. Surtout, au ministère, on estimait que la difficile diversification d'Areva TA dans les réacteurs de recherche faisait "peser un risque sur une activité de souveraineté". Notamment la dérive financière du programme réacteur Jules Horowitz (RJH), dont la facture pourrait s'élever jusqu'à 1,2 milliard d'euros, voire 1,5 milliard au lieu de 600 millions initialement prévus.

Pour ces deux raisons, "il fallait que la défense reprenne pied" dans Areva TA, assure-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian. Et l'hôtel de Brienne commence à partager cette réflexion avec d'autres ministères en estimant qu'il y a "un sujet". Puis ce dossier important devient au fil de 2015 avec la restructuration d'Areva et de la filière nucléaire un dossier urgent pour la défense.

 

Un groupe de travail interministériel

En mai, un groupe de travail est lancé par Jean-Yves Le Drian pour décider de l'avenir d'Areva TA. Il est présidé par le directeur de cabinet du ministre, Cédric Lewandowski, et comprend des membres de l'Élysée, de Matignon, des ministères de l'Économie et des Finances, de la Défense, de l'APE (Agence des participations de l'État), du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ainsi que des groupes concernés (Areva, EDF, DCNS). Enfin, le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) assure quant à lui la coordination du projet dans un cadre interministériel.

Tous les scénarios ont été étudiés par le groupe de travail : Areva TA reste dans la nouvelle Areva, ou rejoint DCNS ou le CEA ou EDF, ou, encore, devient une entité autonome. Au final, le groupe de travail décide en juillet de "nationaliser" Areva TA. L'État, qui veut le contrôle de cette entreprise va acquérir auprès d'Areva 50% plus 1 action ou 51%, selon les dernières hypothèses. DCNS monte quant à lui à 20% (au lieu de 6,7% actuellement) tandis et le CEA prend une participation de 20%. Enfin, EDF reste à 10% ou descend à 9%.

En outre, il est décidé de ne pas découper Areva TA entre les activités de défense (200 millions d'euros de chiffre d'affaires) et de recherche (150 millions d'euros). Sur les 1.500 salariés, environ 500 travaillent aussi bien dans le civil que dans le militaire. Soit une "trop grande imbrication" de ces deux activités pour faire un "détourage" satisfaisant, assure-t-on. Et puis, au ministère, on ne veut pas non plus créer "un arsenal dans la propulsion nucléaire. Notre intuition était que la diversification pouvait amener pour les salariés des parcours de carrière plus intéressants".

"Areva TA sera préservée en tant que telle. Elle ne fait pas partie de la redistribution en cours - je m'y suis opposé. La participation de l'État restera significative, ainsi que celle des autres partenaires concernés, dont le CEA et DCNS. Cela a été arbitré au plus haut niveau de l'État", avait expliqué en septembre à l'Assemblée nationale Jean-Yves Le Drian.

 

Une cession prévue fin 2016

Matignon validera cette décision "consensuelle" en décembre après un travail réalisé entre octobre et début décembre par le SGDSN portant sur la future gouvernance de la société. Areva TA aura douze administrateurs, dont la moitié représentera l'État (6), un tiers les salariés (4) et le reste DCNS et le CEA (un administrateur chacun). Le ministère de la Défense propose de maintenir à sa place l'actuelle PDG, Carolle Foissaud. Enfin, Bercy n'a pas encore terminé le travail de valorisation d'Areva TA, qui dépend des nouvelles pertes de RJH et de la trésorerie que laissera Areva. Bref, Areva TA vaut entre zéro et 500 millions d'euros.

Début janvier, Areva va officiellement lancer un processus d'information et consultation pour les salariés. La cession pourrait intervenir fin 2016 simultanément à l'opération Areva NP avec EDF. De son côté, l'État va travailler sur le modèle économique de la future Areva TA. La finalisation de l'opération (closing) pourrait être signée fin 2016, début 2017.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 17:40
Déplacement du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en Fédération de Russie

 

21/12/2015 Ministère de la Défense

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se rend en Fédération de Russie, à Moscou, le lundi 21 décembre 2015. Après un hommage rendu au Soldat inconnu dans les jardins Alexandrovski de Moscou, le ministre rencontrera son homologue Sergueï Choïguou.

 

Ce déplacement intervient quelques semaines après la rencontre des présidents François Hollande et Vladimir Poutine et permettra de faire un point sur la situation en Syrie et la lutte contre l’État islamique.

 

La France est engagée en Irak depuis septembre 2014 et en Syrie depuis septembre 2015 dans le cadre de l’opération Chammal, pour laquelle 12 chasseurs français sont présents en permanence dans la région. Depuis le 18 décembre 2015 et l’arrivée du groupe aéronaval dans le Golfe persique, la France voit son dispositif aérien renforcé avec 26 avions de chasse supplémentaires sur la zone.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 12:55
Le 15 décembre 2015, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, s’est rendu à Palaiseau (91), à l’école Polytechnique, dans le cadre de la refonte de l’X. - R.Pellegrino/ECPAD

Le 15 décembre 2015, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, s’est rendu à Palaiseau (91), à l’école Polytechnique, dans le cadre de la refonte de l’X. - R.Pellegrino/ECPAD

 

15/12/2015 CNE Flora Cantin  - DICOD

 

Dans la matinée du 15 décembre 2015, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, s’est rendu à Palaiseau (91), à l’école Polytechnique, dans le cadre de la refonte de l’X annoncée en juin dernier. Accompagné d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie et des finances et de Thierry Mandon, secrétaire d’état chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, Jean-Yves Le Drian a assisté au conseil d’administration, informant de la refonte de la grande école.

 

Mardi 15 décembre 2015, accompagné d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie et des finances et de Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, s’est rendu à l’école Polytechnique de Palaiseau, comme il s’y était engagé en juin dernier. Jean-Yves Le Drian a défini les axes de la refonte, inspirés du rapport de Bernard Attali, haut fonctionnaire de la cour des comptes.

 

Renforcement des liens entre l’Ecole Polytechnique et le ministère de la Défense :

  • La Directions générale de l’armement (DGA) va augmenter de 50% ses investissements de recherche dans les prochaines années et accroître les subventions versées à l’X.
  • Création d’un pôle d’études sur la guerre au sein du département humanités et sciences sociales.
  • Accueil des meilleurs élèves d’écoles d’officiers pendant une partie du cursus polytechnicien.

 

Maintien d’un lien étroit avec la haute fonction publique :

  • Modification du mode de recrutement des ingénieurs de l’Etat dès la promotion X 2016. Les projets professionnels des candidats seront évalués par une note assortie d’un coefficient significatif. Cette note pourra, éventuellement, être éliminatoire pour l’inscription au tableau de classement de sortie. Des entretiens entre élèves intéressés et corps recruteurs, avant la procédure d’affectation, seront systématiques.
  • Le classement de sortie pourrait être supprimé permettant « aux recruteurs d’exercer un choix autonome de leurs futurs ingénieurs ». Une modification sera apportée à l’ordonnance de 1958.
  • Différents groupes de travails seront « constitués pour traiter la question de l’essaimage des ingénieurs de l’Etat dans les fonctions publiques territoriale, hospitalière, européenne, ainsi que des aller-retour public-privé ».

 

Diversification des formations :

  • Renforcement de l’adaptation du cycle ingénieur au marché et poursuite du « développement des compétences non techniques ».
  • Création d’un cycle « bachelor, accessible aux publics français et internationaux, hautement sélectif ». Ce cursus de 3 ans sera sanctionné par un diplôme valant grade de licence. Si ce diplôme ne conférera aucun avantage particulier pour intégrer le cycle ingénieur polytechnicien ou les masters opérés par l’X, il permettra aux élèves de candidater à ces formations.
  • Création d’une formation conférant le grade de master. « Cette offre de master, professionnalisante, en anglais, distincte de l’offre de master de l’Université Paris-Saclay, sera résolument tournée vers l’entreprise […] ».

 

Recrutement des meilleurs enseignants-chercheurs au plan international :

  • Mobilisation, au sein du ministère de la Défense, des moyens nécessaires au recrutement « dans les cinq années à venir, de plusieurs enseignants-chercheurs au meilleur niveau mondial ». Cet investissement sera accompagné d’une adaptation du statut des enseignants-chercheurs.

 

Faciliter l’accès des connaissances de très haut niveau en se basant sur le mérite :

  • Création d’un internat d’excellence, dédié à l’accueil de 60 élèves boursiers de classes préparatoires.
  • D’ici 2022, augmentation des recrutements universitaires dans le cycle ingénieur polytechnicien à hauteur de 50 places.
     

Inscription de l’X dans un contexte international :

  • Augmentation de l’internationalisation du conseil d’administration de l’X à échéance des mandats des personnalités qualifiées.
  • Accueil de 150 étudiants internationaux au sein du cycle ingénieur d’ici la rentrée 2018. En parallèle, « une internationalisation accrue des autres filières de formation […] doit être recherchée ».
  • Augmentation des droits de scolarité payés par les étudiants internationaux et limitation des exemptions de frais « en dehors naturellement des élèves boursiers ». « Un élève étranger paye en théorie 25 000 euros pour suivre trois années de formation à l’X » contre le triple s’il intègre Cambridge pour une durée similaire.

 

Rapprochement des écoles d’ingénieurs françaises :

  • Association des écoles entre elles sans nier leurs particularités à l’instar du rapprochement amorcé entre l’X, le plateau de Saclay et l’ENSTA.

 

Modernisation des infrastructures de l’école :

  • Etablissement, dans les mois qui viennent, d’un plan de travaux de rénovation.

Ces orientations stratégiques définis par Jean-Yves Le Drian seront détaillées dans un plan établi pour mars 2016. Le ministère de la Défense « s’engagera à hauteur de 60 millions d’euros dans les cinq années à venir pour accompagner spécifiquement l’ensemble de ces initiatives nouvelles » qui ont un objectif claire : « assurer la pérennité de nos acquis les plus précieux, pour notre développement et notre rayonnement international » en préservant l’excellence de l’école Polytechnique.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 08:55
Essais de trajectographie d’Exocet AM39 tiré depuis un Rafale dans la grande soufflerie S2MA de l’ONERA à Modane - photo ONERA

Essais de trajectographie d’Exocet AM39 tiré depuis un Rafale dans la grande soufflerie S2MA de l’ONERA à Modane - photo ONERA

 

15/12/201 Par Michel Cabirol  - LaTribune.fr

 

Plus le temps passe, plus la soufflerie S1 de Modane-Avrieux de l'ONERA se rapproche tout doucement mais surement d'une possible catastrophe. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian prend quant à lui son temps...


Tic-tac, tic-tac, tic-tac... Plus le temps passe, plus la soufflerie S1 de Modane-Avrieux (S1MA) de l'ONERA, dont l'intérêt stratégique est souligné par la direction générale de l'armement (DGA) et tous les avionneurs internationaux, se rapproche tout doucement mais surement d'une possible catastrophe. Et ce ne sera pas la faute de la direction et des syndicats de cet organisme public de recherches civiles et militaires de ne pas avoir alerté les pouvoirs publics d'une telle menace. Mais que fait le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, pour une fois peu réactif et dont le discours semble en décalage avec ses actes.

Peut-être fallait-il attendre l'après élections régionales pour qu'il prenne ce dossier estimé à seulement 20 millions d'euros à bras le corps. Un effondrement de S1 nécessiterait des travaux estimés à 300 millions d'euros, selon la députée de l'Indre, Isabelle Bruneau. Pour autant, selon nos informations, le conseil d'administration, dont la dernière réunion a été annulée le 5 novembre, ne devrait pas non plus aborder cette question jeudi prochain. Le ministre, qui a torpillé au Sénat des amendements venant au secours de la soufflerie S1 de l'ONERA, joue-t-il peut-être la montre pour trouver des financements hors défense pour "cet outil qui n'est pas propre au ministère de la Défense". Un coup de poker qui semble risqué.

 

Un double discours de Jean-Yves le Drian?

"Des mesures urgentes ont été prises par l'ONERA et un plan de rénovation pour les années 2016-2017 est en cours d'élaboration, a expliqué fin novembre au Sénat le ministre. Il entrera dans le cadre du contrat d'objectifs". Sauf que le contrat d'objectifs et de performance (COP) de l'ONERA qu'il doit lui-même écrire - un comble -, ne sera prêt qu'en mars ou en avril et signé qu'à l'automne 2016. Il y a pourtant urgence absolue pour la soufflerie S1 de Modane-Avrieux (S1MA), où apparaissent déjà des fissures inquiétantes.

Le 21 octobre dernier, interrogé par Isabelle Bruneau à l'Assemblée nationale sur les difficultés de la soufflerie S1, Jean-Yves Le Drian avait répondu qu'il était "très sensible au sort de l'ONERA, et notamment aux questions qui touchent à la soufflerie de Modane, dont je suis directement informé". Le 27 octobre, il s'est montré un peu plus précis en expliquant que "le ministère de la défense ne laissera pas tomber l'ONERA".

Mais si le sol s'affaisse de cinq petits millimètres de plus sous la soufflerie, la France perdra un de ces bijoux technologiques, qui fait envie au monde entier. L'ONERA a déjà autofinancé 2 millions d'euros pour des travaux exploratoires et de premier renforcement. Le plan de rénovation élaboré par l'industriel Spie Fondations est fin prêt contrairement à ce que pense le ministre. La décision devait être initialement prise à la fin de l'année pour un début de chantier en mars ou avril. Il ne manque plus que le financement. Mais faute d'argent, l'ONERA ne peut pas payer ces travaux estimés à 20 millions d'euros, qui doivent être lancés le plus tôt possible.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 17:55
Télécoms militaires : les satellites COMSAT-NG mis sur orbite par Le Drian

Le montant du programme COMSAT NG s'élève à 3,8 milliards d'euros environ sur une période de 17 ans, dont 1 milliard d'euros pour la première tranche portant sur la construction des deux premiers satellites (Crédits : Thales Alenia Space)

 

08/12/2015 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le ministère de la Défense a donné son feu vert au lancement du programme de deux satellites de télécoms militaires baptisé COMSAT NG. Le coût du programme s'élève à près de 4 milliards d'euros sur 17 ans.


La France s'offre ce qu'il y a de mieux dans les télécoms militaires. Lors du dernier comité ministériel d'investissement (CMI), le ministère de la Défense a donné, selon des sources concordantes, son feu vert au lancement de COMSAT NG (COMmunications par SATellite Nouvelle Génération). Compte tenu de son caractère hautement sensible, le marché est passé de gré à gré, en application de l'article 346 du Traité de l'Union européenne.

Ce programme va succéder à partir de 2020 au système Syracuse III. Confiés à Thales Alenia Space (TAS) et Airbus Defence and Space, les deux satellites de télécoms vont fournir un système de communications militaires "robuste" face aux menaces adverses (agressions informatiques, brouillage...). La mise en service du premier satellite est prévue pour 2020, le second en 2021.

 

Un programme de près de 4 milliards d'euros

Le montant du programme COMSAT NG s'élève à 3,8 milliards d'euros environ sur une période de 17 ans, dont 1 milliard d'euros pour la première tranche portant sur la construction des deux premiers satellites. Ce montant inclut également le développement, la construction éventuelle d'un troisième satellite en option, le segment sol du système, le lancement des satellites et la maintenance du système complet.

Les industriels ont signé la semaine dernière le contrat, qui doit être approuvé par Bercy. Sa notification par la direction générale de l'armement (DGA) est attendue dans les tous derniers jours de 2015. La construction du budget 2015 prévoyait une autorisation d'engagement de 817 millions d'euros cette année. Pour  2016, 170,30 millions d'euros d'autorisations d'engagement et 69,8 millions d'euros de crédits de paiement sont inscrits au projet de loi de finances au profit de COMSAT NG. Les travaux de levée de risques technologiques ont été lancés en 2013 et la phase d'élaboration en juin 2014.

 

Thales (65%) et Airbus (35%) se partagent le programme

Le ministère de la Défense a confié à Thales Alenia Space (TAS), qui sera mandataire, la maîtrise d'oeuvre du système complet (satellites et segment sol). TAS, qui jusqu'ici était le maître d'oeuvre du système Syracuse, sera également responsable des charges utiles, en incluant la bande X, qui sert à la dissuasion nucléaire, la bande Ka, utilisée pour l'internet par satellite, et l'anti-brouillage, précise-t-on à La Tribune. Ce schéma industriel doit aussi être prolongé à l'exportation. Notamment en Arabie Saoudite et au Qatar, qui souhaitent se doter de satellites de télécoms militaires.

Les deux industriels se partagent la construction des deux satellites. Airbus utilisera sa plateforme électrique Eurostar 3000 tandis que TAS Spacebus Neo, qui a vu le jour grâce au programme européen de l'ESA (Agence spatiale européenne), Neosat. Ce programme permettra une réduction de 30% du coût des satellites par rapport aux concepts actuels. Au total, le ministère de la Défense a confié à TAS environ 65% du programme et 35% à Airbus.

 

Commercialisation des capacités non utilisées

Après avoir longtemps hésité à acheter de la capacité en partenariat public privé (projet Nectar), le ministère de la Défense va finalement acheter de façon très classique COMSAT NG. Mais il y a introduit une nouveauté, une partie du contrat fait l'objet d'un partenariat public privé (PPP) entre l'Etat et les deux industriels. TAS et Airbus pourront revendre des capacités non utilisées par les forces armées françaises. D'ailleurs, l'Etat a profité de cette nouveauté pour mettre la pression sur les deux industriels sur le montant du contrat afin de faire baisser le prix du système COMSAT NG. Cela a joué sur moins de 10% du montant global du contrat, selon nos informations.

Pour l'heure, les deux industriels, via leur filiale services (Telespazio pour Thales et Airbus Defence and Space Services), vont pouvoir commercialiser à leurs comptes les capacités non utilisées par les forces armées françaises, notamment au début de la mise en service de COMSAT NG (2020-2030). Car le programme n'est dimensionné pour l'armée française qu'en fin de vie (2030-2035). L'Etat, qui a déjà profité du PPP pour faire baisser le montant du contrat, pourrait en outre récupérer une partie du produit de la commercialisation des surcapacités de COMSAT NG si les deux industriels parviennent à vendre au-delà des objectifs fixés par le contrat.

 

COMSAT NG, une priorité du Livre blanc

Ce programme répond aux besoins des armées en termes de capacités de télécoms par satellites nécessaires à l'engagement des forces françaises et au commandement des militaires déployés, sur le territoire national et lors d'opérations extérieures (OPEX), dont notamment celles sur les zones prioritaires définies par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013, étendues de l'Atlantique jusqu'aux Antilles.

COMSAT NG assurera dans un premier temps la cohérence avec Syracuse III et répondra à l'évolution du besoin et de la menace, en particulier en termes de débit, d'utilisations tactiques des stations (encombrement réduit, robustesse, facilité d'emploi...), de capacité à communiquer en mouvement (drones, porteurs terrestres et aéronautiques...) et d'interopérabilité avec l'OTAN.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 16:55
"Qui est l’ennemi de la France ? Aujourd’hui, Daech" (Jean-Yves Le Drian)

"Les exactions d'une cruauté sans nom commises en Syrie, en Irak ou en Libye sont la cause d'une totale désinhibition de la violence chez les djihadistes : viols, décapitations, tortures les plus abjectes, crucifixions publiques, esclavage des femmes. Tout cela à moins de quatre heures de vol de Paris" (Chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers)

 

07/12/2015 Par Michel Cabirol -- LaTribune.fr

 

Depuis plus de 25 ans, la France n'avait plus d'ennemi. Elle en a désormais un, Daech. François Hollande l'a explicitement désigné. Tout comme son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.


La France est en guerre et elle a officiellement un ennemi. Lors de son intervention du 16 novembre devant le Congrès rassemblé à Versailles, François Hollande a désigné l'ennemi de la France, Daech. Il y avait très longtemps que la France n'avait pas eu un ennemi aussi clairement désigné. Elle n'en avait pas eu un depuis la fin de la guerre froide quand l'URSS était l'ennemi du monde occidental. Toutefois, l'URSS en tant qu'ennemi n'était jamais explicitement nommée, comme l'a rappelé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à l'occasion de son intervention aux Assises nationales de la recherche stratégique le 1er décembre.

"Comment désigner l'ennemi? Faut-il seulement le faire? C'est un problème ancien, à la fois diplomatique, politique et stratégique, mais aussi militaire : quelle est la cible? La position de la France a toujours consisté à rechercher des positions nuancées, en évitant de confondre par exemple menaces et risques, ennemis et rivaux", explique-t-il.

Pourquoi alors avoir si clairement désigné Daech, qui n'est même pas un Etat ? Parce que selon le ministre, "il faut rappeler qu'il existe des normes pour gérer l'ennemi : le droit international public établit en particulier le droit à la légitime déense (que la France a invoqué contre Daech)". Et c'est bien Daech qui "a déclaré la guerre" à la France, affirme le ministre. Pour la France, il n'était surtout pas question de se lancer dans une guerre dite préventive contrairement à ce qu'ont fait les Etats-Unis en Irak en 2003. Et Jean-Yves Le Drian d'expliquer que la France ne combat pas en Irak et en Syrie "le terrorisme en général" mais un ennemi, certes conjoncturel, mais "précis", Daech, dans le cadre de l'opération Chammal.

"La culture stratégique française n'a pas cette obsession, précise d'ailleurs Jean-Yves Le Drian. Au contraire, elle a intégré qu'il n'existait pas de sécurité absolue, et qu'il fallait donc, toujours, définir l'ennemi au plus juste et en réaction, pour fonder une stratégie militaire par essence défensive et dissuasive".

 

Daech, un "proto-Etat"

C'est à donc l'aune de l'analyse du ministre qu'il convient d'apprécier la désignation de Daech comme ennemi d'aujourd'hui. "Avec Daech, la désignation de l'ennemi ne fait donc pas de doute", affirme le ministre. En outre, la France dispose donc d'une légitimité pour combattre ce mouvement terroriste dans le cadre de la "légitime défense individuelle", reconnue par la résolution 2249 du Conseil de sécurité des Nations unies. "Autrement dit, nous n'attaquons que lorsque nous sommes attaqués : c'est une position éthique, politique, fait observer Jean-Yves Le Drian. C'est aussi une obligation juridique. Et lorsque les démocraties s'éloignent de ce principe, cela donne le désastre de 2003". Ce qui est très clairement une critique de la politique des Etats-Unis en Irak.

Pour le ministre de la Défense, Daech est un "proto-Etat", qui a soumis "un territoire vaste comme la Grande-Bretagne et une population d'environ 10 millions d'habitants". Il dispose "de capacités militaires et financières que de nombreux Etats n'ont pas". Toutefois, Jean-Yves Le Drian estime que Daech, qui a des effectifs de combattants "relativement limités", estimés entre 20.000 et 30.000 soldats, règne sur son territoire par une "violence extrême et désinhibée".

Le chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers, explique lors de son audition du 25 novembre à l'Assemblée nationale que Daech est "un réseau d'individus sectaires, djihadistes islamistes radicaux, qui poursuit un projet global de subversion politique et religieuse. Ce projet est parfaitement raisonné. Il a été théorisé depuis les années 2004-2005 dans un texte d'Abu Bakr Naji qui a été traduit en français en 2007 sous un titre parfaitement clair : Gestion de la sauvagerie".

Enfin, Daech exerce également un pouvoir d'attraction très fort sur les djihadistes transnationaux, "les foreign fighters en nombre encore croissant" aujourd'hui encore, selon le ministre. Ces derniers font l'objet d'un "lavage de cerveau particulièrement violent" en vue de construire "une société nouvelle et un homme nouveau". Car, selon le chef d'état-major des armées, "Daech met en avant une caricature religieuse et spirituelle qui donne de l'épaisseur à la motivation de ses recrues. C'est parce qu'il fournit une identité de substitution, à travers l'évocation d'un passé idéalisé et d'un futur fantasmé, que cet idéal dévoyé a une résonance chez certains - plutôt jeunes - désespérés, exclus, affamés, humiliés - réels ou estimés".

 

Une guerre ou des guerres?

Pour Jean-Yves Le Drian, il y a une "continuité de la menace, sur les fronts extérieur et intérieur". Et intervenir en Syrie, "c'est du même coup protéger notre territoire et notre population". Ce que confirme le général de Villiers, le "mode d'action au cœur de Paris" de Daech - "des actes de guerre" -, révèle "le lien étroit qui existe entre la sécurité extérieure et la sécurité intérieure". Mais Jean-Yves Le Drian ne veut surtout pas que l'on désigne les djihadistes transnationaux comme des "ennemis de l'intérieur". "Si le combattant de Daech en Syrie et en Irak est un ennemi, et doit être traité comme tel, le terroriste sur le territoire national est un criminel, et doit être traité comme tel", explique-t-il.

Quelle est la stratégie de Daech? "Elle passe d'abord par un enracinement territorial, qui ignore totalement les frontières des États, précise le chef d'état-major des armées. Les territoires que contrôle Daech au Levant lui procurent soutiens et ressources à une échelle qui n'a pas de précédent : finances, mais aussi exécutants". C'est à partir de cette assise territoriale - son fief - qui est son centre de gravité, "qu'il planifie, prépare, télécommande ses attaques, et à partir de ses bases qu'il embrigade, fanatise, entraîne ses candidats au djihad", fait-il observer. Daech cherche, selon le général de Villiers, "l'implosion des sociétés, l'installation d'un chaos propice à l'émergence d'un néocalifat". Et le terrorisme n'est pour lui "qu'un moyen parmi d'autres d'arriver à ses fins".

 

Daech, les Omeyyades du XXIe siècle

Daech a "une stratégie d'expansion" en utilisant "les moyens modernes de communication et de transport pour s'affranchir des frontières", a expliqué le chef d'état-major des armées. "En voulant renouer avec la geste conquérante des premiers califes et de la dynastie des Omeyyades qui, entre 661 et 750, assurèrent l'expansion fulgurante et immense de l'islam, jusqu'en Espagne et aux confins du Pakistan, Daech exerce ainsi la puissante attraction d'une utopie en construction", estime le ministre de la Défense.

Du coup, Daech "essaime dans la bande sahélo-saharienne, au Sinaï, au Yémen, en Libye. Le djihadisme islamiste vise une connexion opérationnelle, voire géographique, de différents groupes au Moyen Orient, au Sahel et dans la corne de l'Afrique", explique le général de Villiers. Et peu importe l'étiquette ou le nom revendiqué - Daech, AQMI, AQPA, al-Nosra, qui "ne sont que des masques" -, ces groupes de terroristes possèdent "tous la même matrice. N'oublions pas qu'Al-Qaïda avait trouvé une base chez les talibans en Afghanistan, qu'au Sahel, AQMI voulait installer un califat et que Boko Haram et les Shebab prétendent eux aussi administrer des territoires".

 

Des modes d'actions difficiles à contrecarrer

Ce qui impressionne nos responsables politiques et militaires, c'est le caractère hybride du combattant islamiste et surtout sa détermination jusque-boutiste. "La dangerosité de l'ennemi, est liée à sa plasticité", souligne Jean-Yves Le Drian. Les djihadistes n'ont "pas de profil type, aisément identifiable, ce qui rend notre ennemi protéiforme et insaisissable", précise pour sa part le chef d'état-major. Le général de Villiers décrypte leurs modes d'action qui "visent à contourner la puissance des pays occidentaux".

"Ils sont redoutablement variés : ce sont les cyberattaques, les engins explosifs improvisés, les snipers, les attaques suicides. Ces capacités sont d'autant plus dangereuses qu'elles sont peu coûteuses, aisément accessibles, et qu'elles se combinent facilement à l'idéal de mort et au fanatisme des djihadistes.

Dans sa fuite en avant, Daech recherche la rupture par une surenchère de la terreur. "Il s'appuie en cela sur le mépris de la mort de ses djihadistes, analyse le général de Villiers. Cette terreur mise en scène vise un effet de sidération chez la victime et alimente les forces, que j'appellerai immorales, des terroristes. Aujourd'hui, parmi les membres des katibas - quel que soit l'âge de ces hommes ou de ces femmes -, la seule compétition qui soit est souvent celle du martyre. Les exactions d'une cruauté sans nom commises en Syrie, en Irak ou en Libye sont la cause d'une totale désinhibition de la violence chez les djihadistes : viols, décapitations, tortures les plus abjectes, crucifixions publiques, esclavage des femmes. Tout cela à moins de quatre heures de vol de Paris".

"Non seulement il n'obéit pas aux catégories habituelles, mais il fonde même son agilité et son efficacité stratégiques sur sa capacité à nier ou effacer les limites qui structuraient jusque-là l'ordre international et l'art de la guerre moderne", regrette Jean-Yves Le Drian. (...) Là où nos armées sont engagées avec un ensemble de contraintes, l'ennemi s'affranchit d'emblée de toutes obligations, qu'elles soient juridiques, doctrinales ou éthiques.

À ces modes d'actions, il faut ajouter les attaques continues dans le champ de l'influence et des perceptions. "Elles véhiculent, par internet et les réseaux sociaux, une propagande agressive, réactive et de grande qualité technique, qui cherche à discréditer nos valeurs et notre modèle de société", fait remarquer le chef d'état-major des armées.

 

Comment lutter contre Daech

Le jusqu'au-boutisme des combattants islamistes "conditionne la dimension psychologique du combat que nous engageons", estime-t-il. Face aux groupes armés terroristes, quelle stratégie militaire ? Face à cette violence "la force est indispensable, affirme le général de Villiers. Pour la mettre en mouvement, les leviers résident toujours dans la conjonction et la combinaison de trois éléments : la volonté, les moyens et l'engagement". Une volonté d'abord politique. Et face à cet adversaire et à son idéologie, "nous devons inscrire nos actions dans le temps long, réitère le chef d'état-major des armées. Vaincre demandera des années d'endurance, de constance et de persévérance".

Pour autant, note le ministre, "il est autrement plus complexe de détruire une idée. De ce point de vue, il y a fort à parier que l'idéologie djihadiste, qui existait avant Daech, lui survivra probablement. Nous devons aussi nous y préparer". Ce qui va demander de la constance politique dans les efforts. D'ailleurs Jean-Yves Le Drian finit son discours par une citation de Trotski  - "vous ne vous intéressez pas à la guerre, mais la guerre, elle, s'intéresse à vous" - et surtout par cette réflexion incroyable en forme d'aveu :

"Cette mise en garde me semble d'une grande actualité : on peut ignorer ses ennemis - certains le font très bien -, jusqu'au jour cependant où eux-mêmes ont décidé de ne plus vous ignorer. Ce jour-là s'est malheureusement produit. C'était pour la France le 13 novembre dernier".

A qui la faute? A Nicolas Sarkozy et François Hollande - ce dernier ayant fait machine arrière -, qui ont tous les deux sacrifié le budget de la Défense en arrivant à l'Elysée comme beaucoup d'autres responsables politiques avant eux à l'image de Lionel Jospin. Pourquoi ? Pour trouver des économies faciles à réaliser - un militaire se tait et exécute - au détriment de la sécurité. Les Français en ont payé le prix du sang...

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 08:55
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26/11/2015 Ministère de la Défense

 

Le conseil de surveillance du Service Industriel de l’Aéronautique (SIAé) s’est tenu le 25 novembre dernier afin d’examiner et de valider ses options de développement stratégique. L’importance pour les capacités aériennes s’est en effet nettement affirmée dans le contexte actuel de forte sollicitation de nos équipements tant sur le territoire qu’en opérations extérieures.

 

A l’issue de ce conseil, le ministre de la Défense se félicite de la décision de confier au SIAé l’entretien des avions de transport C130 de l’armée de l’air devant faire l’objet d’une profonde rénovation pour laquelle un appel d’offres est en cours. Le SIAé réalisera les chantiers de modernisation en partenariat avec l’industriel retenu. A compter de mi-2018, il effectuera également les visites de maintenance de ces avions aujourd’hui réalisées à l’étranger. Ceci vise à concentrer sur le sol national, entre les mains d’un opérateur unique, l’ensemble du soutien de cet avion afin d’en améliorer la disponibilité.

 

Jean-Yves Le Drian salue également la décision de mise en œuvre du partenariat avec l’entreprise SNECMA conduisant à confier au SIAé une partie du soutien des moteurs M88 des avions Rafale. Alors que l’exportation du Rafale est aujourd’hui un succès collectif, ce partenariat avec SNECMA contribue à garantir le maintien sur le territoire national d’une activité industrielle d’un très haut niveau technologique.

 

Compte-tenu de sa charge industrielle et afin de permettre la mise en œuvre de ces décisions stratégiques majeures, le ministre l’a autorisé à recruter, dès 2016,160 ouvriers. Ils viendront renforcer les effectifs du SIAé alors que l’engagement des armées en opération est croissant.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 13:55
photo Assemblée nationale

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18.11.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 17

 

Mme la présidente Patricia Adam. Monsieur le ministre, nous vous remercions pour votre présence à cette audition, qui se déroulera à huis-clos. Compte tenu de l’actualité, notre réunion sera écourtée, mais vous reviendrez vous exprimer devant la commission de la Défense.

 

Mme la présidente Élisabeth Guigou. Je vous remercie, monsieur le ministre, d’être à nouveau devant nous ce matin pour cette audition fermée à la presse.

Où en est-on de nos frappes sur Daech et de l’intensification de ces frappes, en Syrie comme en Irak – le cœur de l’organisation de l’État islamique ? Quelles cibles privilégions-nous ? Nos forces ont visé Raqqa, mais également, à la fin de la semaine dernière, les installations pétrolières et gazières.

Comment évolue la situation en Irak ? Daech a perdu Sinjar, qui constituait un verrou sur un axe de communication très important.

Le groupe aéronaval Charles de Gaulle est en route vers la région ; comment évoluera l’ensemble de notre dispositif militaire ?

Comment progresseront nos alliances avec les Américains et avec les Russes ? Par quelles voies essaie-t-on de renforcer la coopération pour arriver à organiser cette grande coalition que le Président de la République a appelée de ses vœux en s’exprimant devant le Congrès ?

Enfin, qu’avez-vous demandé aux Européens, mardi matin, à Bruxelles ? Que sont-ils disposés à nous donner ?

 

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Compte tenu des événements qui ont lieu en ce moment même, je serai bref.

Je voudrais tout d’abord saluer l’effort du personnel médical de la défense. Hier, je me suis rendu à l’hôpital Bégin ; tout à l’heure, j’irai à Percy. Les hôpitaux militaires, et le service de santé des armées (SSA) dans son ensemble, sont extrêmement mobilisés pendant cette période. Ils ont reçu une soixantaine de blessés, dont dix-huit en urgence absolue, et ont fait preuve d’un grand sang-froid et d’une parfaite complémentarité avec l’ensemble des services publics. Ils ont également déployé un soutien médico-psychologique d’une grande qualité. Le personnel médical que j’ai rencontré à Bégin – et il en ira certainement de même à Percy – a le sentiment de se retrouver sur un théâtre d’opérations et de pratiquer la chirurgie de guerre. L’expérience que nos équipes de santé ont acquise sur les théâtres extérieurs a donc été mise à profit, y compris en matière de soutien médico-psychologique. Cette action de la défense ne doit pas être passée sous silence.

Ce sont également les services de la défense qui ont mis en place le lieu unique d’accueil des familles des victimes à l’École militaire, dédié entre autres à l’accompagnement psychologique et aux mesures d’urgence. J’ai eu l’occasion de m’y rendre pour remercier ceux qui y travaillent et qui tiennent une posture difficile, dans la tourmente qui suivit immédiatement les attaques.

Enfin, le ministère de la Défense sera directement concerné par l’organisation du soutien aux victimes et à leurs proches dans la durée, par le biais de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG), qui traitera la reconnaissance du statut de « victime du terrorisme ». Il est important que vos deux commissions en soient informées.

Quelques mots maintenant sur le théâtre intérieur. Les mesures de protection du territoire national liées à l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) obligent les armées à mobiliser en permanence 7 000 hommes – c’était le cas avant les événements du vendredi dernier – et à monter jusqu’à 10 000 sur demande du président de la République. Depuis hier soir, ce sont bien 10 000 militaires qui sont déployés sur le territoire national : 5 000 à Paris, qui seront renforcés d’ici samedi par 1 500 supplémentaires, les autres à la disposition des préfets et du ministère de l’Intérieur sur le reste du territoire. C’est une mobilisation majeure, qui se déroule dans les meilleures conditions possibles, les forces armées faisant preuve d’une grande disponibilité, d’un véritable professionnalisme et d’un sang-froid exemplaire. C’est au sang-froid et à l’attention que le commandement et moi-même appelons avant tout nos soldats. Ils les manifestent en ce moment même, puisque des militaires, à la demande de la préfecture de police, sécurisent et appuient l’opération contre une cellule terroriste qui est en cours à Saint-Denis. Cette mobilisation se poursuivra dans la durée.

En matière d’opérations extérieures, nous poursuivons nos frappes aériennes. Cette nuit, dix chasseurs ont été mobilisés. Les installations pétrolières avaient été visées antérieurement ; les trois séries de frappes que nous avons effectuées ces trois dernières nuits visaient toutes Raqqa, ciblant essentiellement les centres d’entraînement et de commandement. Nous avons concentré notre action avec des frappes massives ; chaque raid aérien avait deux cibles, et dans chaque cas, les cibles ont été touchées. Nous poursuivrons cette action. Le porte-avions Charles de Gaulle, qui part aujourd’hui pour la Méditerranée orientale, nous permettra de disposer de vingt-quatre chasseurs de plus. Dans quelques jours, nous aurons donc une force d’intervention de trente-six avions de chasse, ce qui commence à être significatif.

Depuis quelques jours – avant même les attentats –, la situation en Irak évolue dans un sens favorable à la coalition. Deux événements majeurs y contribuent : la prise de Baïji, jusqu’à présent occupée par Daech, et celle, symbolique, de Sinjar – ville marquée par la tragédie des Yézidis, il y a dix-huit mois. Sinjar a été reprise par les forces kurdes et irakiennes, et Baïji par les forces irakiennes. La prise de Sinjar se traduit aussi par la rupture de la voie de communication entre Mossoul et Raqqa, essentielle à la circulation interne de Daech ; elle est donc potentiellement préjudiciable à la logistique de l’organisation. Ces actions ont été menées au sol par les troupes kurdes et irakiennes avec l’appui aérien des forces de la coalition, y compris françaises.

Nous avons constaté une évolution significative de la position américaine dans sa relation avec nos armées. Lundi matin, j’ai reçu James R. Clapper, le directeur du renseignement national américain ; sur ordre du président Obama, nous sommes maintenant, avec les Américains, à livre ouvert en matière de renseignement militaire ; pour la première fois, sur l’Irak et la Syrie, nous atteignons un niveau d’échange de renseignement avec les américains équivalent à celui des Five Eyes. L’accord que nous avons signé se concrétise immédiatement par une augmentation de notre capacité d’action. Il faut également noter l’assouplissement de certaines règles d’engagement américaines qui rend possible l’activation de cibles auparavant négligées. Je vous avais parlé, en commission de la Défense, des files de camions attendant de se charger en pétrole pour aller le vendre au marché noir, que personne n’était autorisé à frapper en raison du risque de dégâts collatéraux. On pouvait pourtant suivre des principes de bon sens : par exemple, envoyer des tracts prévenant la population, puis frapper. Les nouvelles règles autorisent désormais l’armée américaine à le faire. Soulignons donc cette évolution vers davantage de transparence dans l’échange de renseignements militaires et une inflexion significative de la détermination des États-Unis.

S’agissant des Russes, il faut distinguer deux informations. Premièrement, dans la mesure où notre groupe aéronaval va se positionner en Méditerranée orientale où stationne déjà un groupe naval russe, nous avons un contact pour éviter les frictions dans l’espace aérien. Pris au plus haut niveau, ce contact va maintenant se décliner pratiquement en mer. Deuxièmement, le président de la République a souhaité rencontrer le président Poutine pour envisager une approche commune contre Daech ; mais à l’heure actuelle, rien n’est encore décidé.

En ce qui concerne la relation avec l’Union européenne, à la réunion des ministres de la Défense qui s’est tenue hier matin, conformément à l’annonce faite par le président de la République dans son discours au Congrès, j’ai fait activer l’article 42-7 du traité de Lisbonne qui stipule : « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres. Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre. » La mise en jeu de cet article, sujet central de la réunion, a été approuvée par l’ensemble des États membres ; nous entrons donc en discussion avec chacun d’entre eux pour envisager leur participation à nos opérations, au Levant ou sur d’autres théâtres, pour soulager l’effort de la France. Tous les pays ont pris l’engagement solennel de le faire, et nous ne doutons pas qu’ils le tiendront.

Enfin, s’agissant de notre potentiel militaire, le président de la République a annoncé l’annulation de toute déflation, d’ici 2019, au profit des unités opérationnelles, du renseignement et de la cyberdéfense. Nous avons commencé le travail pour traduire ces décisions dans les faits. Il a également annoncé qu’il fallait développer les réserves comme socle d’une future garde nationale ; nous allons immédiatement engager ce chantier. J’avais déjà déclaré, dans le cadre de l’actualisation de la LPM, qu’il nous fallait passer de vingt-huit à quarante mille hommes ; à partir des orientations données hier par le président de la République, nous mettrons ce processus en œuvre le plus rapidement possible.

 

M. Philippe Nauche. Monsieur le ministre, merci pour ce point sur la situation. Comment, selon vos services, pourrons-nous coopérer avec les Russes en matière de frappes ? Aujourd’hui, les alliés – groupés autour de la France et des États-Unis – coordonnent leur action ; le ferons-nous demain avec la Russie, on bien nous contenterons-nous d’éviter les interférences fâcheuses ?

S’agissant de l’opération Sentinelle, le commandant des forces terrestres nous a confié hier en audition que les militaires souhaitaient – pour travailler davantage comme des militaires – que la posture statique aujourd’hui employée fasse place à une posture dynamique permettant de mieux couvrir le terrain et d’obtenir de meilleurs résultats. Une telle évolution des modalités opérationnelles de l’opération Sentinelle est-elle envisagée dans les discussions entre le ministère de la Défense et le ministère de l’Intérieur ?

 

Mme Valérie Fourneyron. Monsieur le ministre, je m’associe à vos propos sur la qualité du personnel médical de nos hôpitaux militaires, qui dispose malheureusement d’une grande expérience professionnelle en matière de blessures de guerre.

Aujourd’hui, les trente à quarante mille terroristes de Daech viennent de subir d’importants revers, à Raqqa, à Sinjar et à Baïji ; mais quelle est la situation de Daech en Libye ?

Pouvez-vous expliciter les engagements sollicités de la part de nos partenaires européens dans le cadre de l’article 42-7, qui n’avait jamais été utilisé ?

 

M. Philippe Vitel. La zone kurde est très proche de nos zones d’intervention. La Turquie tient une position ambiguë dans cette crise ; où en sont nos relations avec les Turcs, et quelle coopération militaire développons-nous avec eux ?

Le groupe aéronaval parti en Méditerrané orientale permettra de tripler nos capacités militaires ; il représente, de surcroît, un outil diplomatique important. Malheureusement, ce porte-avions sera indisponible pendant dix-huit mois en 2017 et 2018. Compte tenu de l’actualité, envisagez-vous de reporter l’indisponibilité périodique pour entretien et réparations (IPER) du Charles de Gaulle ? N’est-ce pas le bon moment pour vraiment envisager, à long terme, la construction de son petit frère ?

 

M. Meyer Habib. Alors que nous menons une guerre absolue contre Daech et les islamistes, le président de la République, dans son discours, n’a évoqué que les frappes aériennes. Or le chef d’état-major que nous avons auditionné il y a quelques mois, tout comme beaucoup d’experts israéliens, estiment que seules des forces terrestres permettraient de gagner cette bataille. Il ne s’agit pas forcément d’envoyer sur place des milliers d’hommes, mais au moins quelques-uns, ponctuellement. Cette idée semble pourtant exclue ; qu’en est-il ?

C’est une excellente nouvelle que nous soyons en contact avec la Russie et nous préparions à collaborer avec elle ; mais je fais une immense différence entre ce pays et l’Iran. Dans nos attaques, nous cantonnerons-nous uniquement à Daech ? Qu’en est-il des zones occupées par l’armée syrienne d’Assad ?

 

M. le ministre. En ce qui concerne la Russie, Monsieur Nauche, seuls les faits – même s’ils sont aujourd’hui sinistres – doivent parler. À la suite de l’attentat, commandité par Daech, dont a été victime l’avion russe, ce pays a paru se livrer à une longue interrogation. Hier, des missiles de croisière russes ont frappé Daech à Raqqa. Il s’agit peut-être d’une nouvelle posture militaire ; en effet, contrairement à certains propos, nos services de renseignement – notamment la direction du renseignement militaire (DRM) – montraient très bien que depuis le début de l’intervention russe, 80 % des frappes étaient orientées contre les insurgés qui se battaient contre Bachar el-Assad, l’espace territorial occupé par l’armée terroriste restant, pour sa part, relativement préservé. Ce n’est plus le cas désormais. Pour le reste, la discussion aura lieu au plus haut niveau dans les jours qui viennent. Pour l’instant, nous échangeons les informations sur le positionnement de nos deux groupes navals et aéronavals pour éviter toute complication ou interférence.

Pour ce qui est de la posture statique ou dynamique des militaires engagés dans l’opération Sentinelle, nous sommes conscients de la situation. Après les attentats de janvier, nous avons dû adopter des postures statiques afin de protéger des sites sensibles et particulièrement visés. Désormais, il s’agit d’allier le statique au dynamique. Les forces nouvelles de la défense qui viennent d’arriver hier seront donc davantage orientées vers la patrouille, la présence et la mobilité ; mais, dans certains cas, le stationnement fixe reste nécessaire. La posture mobile est d’ores et déjà active dans plusieurs arrondissements parisiens.

Madame Fourneyron, Daech dispose actuellement de quelque trente-cinq ou quarante mille combattants, parmi lesquels entre dix et quinze mille – vraisemblablement treize mille – combattants étrangers : Français, Tchétchènes, Tunisiens, Saoudiens… Ce chiffre est énorme. La vocation de ces recrues n’est manifestement pas que d’assurer la sécurité de l’État islamique en constitution, mais aussi de former des acteurs visant à provoquer des attentats. Daech a opéré contre la France – on le sait douloureusement –, mais également contre la Russie, l’Égypte, la Turquie, la Tunisie et le Liban. Il a failli opérer contre la Belgique. Face à cet adversaire immonde, il est nécessaire de créer une grande coalition. Selon nos estimations, il y a aujourd’hui en Syrie environ dix mille insurgés « verts », auxquels on peut fournir de l’armement en toute sécurité ; ils se concentrent essentiellement dans la région d’Alep et au sud du pays. Jabhat al-Nosra représente entre quinze et vingt mille combattants. À côté, il y a une masse d’insurgés – quelque soixante-dix mille – groupés en katibas réparties sur le territoire, qui se parlent entre eux, dont quelques-uns sont radicalisés, mais qui peuvent demain servir d’éléments de reconstitution d’une force. Cette masse peut un jour être utile, mais pour l’instant nous constatons la division de ces groupes, ce qui rend diffcile la discussion.

En Libye, après avoir pris Syrte, Daech tente de progresser vers le sud, grâce au ralliement de certaines tribus prises dans le conflit entre Tobrouk et Tripoli, mais aussi grâce à la présence de combattants étrangers – notamment Tunisiens – venus de Syrie. Leur nombre est aujourd’hui relativement limité ; on ne compte pas de Français dans leurs rangs. Au-delà de ce que la communauté internationale fait en Syrie, il est extrêmement important que le processus politique en Libye progresse très rapidement. Sa lenteur – que le remplacement de M. Bernardino Leon par M. Martin Kobler au poste d’émissaire de l’ONU ne fait qu’accentuer – me préoccupe depuis longtemps. C’est le sujet important de demain.

Comment s’appliquera l’article 42-7 ? Pour chaque pays, je regarde ce qu’il peut nous apporter, en fonction de ses moyens et de ses contraintes juridiques et politiques. Ainsi, l’Allemagne pourrait nous aider à alléger certains de nos engagements vis-à-vis des missions de l’ONU. La Slovaquie ne pourra pas faire un effort de cette ampleur, mais apportera une aide en matière de logistique ou de transport tactique. C’est une avancée considérable, et vu la solennité avec laquelle tous les ministres se sont exprimés hier – beaucoup l’ont d’ailleurs fait en français, en signe de solidarité –, je pense que les promesses seront honorées. Après, il faudra en tirer les conclusions qui s’imposeront, mais pour l’instant, j’attends les engagements concrets.

Monsieur Habib, dans le cadre de notre combat contre Daech, il nous faut établir une stratégie globale. L’envoi des forces aériennes françaises en est une composante importante, mais il est clair que cette stratégie doit intégrer une présence au sol. Cependant, il ne s’agit pas automatiquement d’une présence au sol française. Le bon chemin est celui que nous empruntons en Irak : ce sont les forces locales qui reconquièrent leur patrie avec l’appui aérien de la coalition, qui détruit les bastions essentiels de Daech et fournit une aide en matière de formation et de renseignement. Les combats au sol sont déjà une réalité : les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) se sont battus pour préserver Kobané et sont maintenant à l’offensive. C’est dans cette stratégie globale qu’il faut appréhender l’indispensable intervention au sol, qui pourra d’ailleurs impliquer des acteurs autres que ceux aujourd’hui présents sur le territoire syrien. Des pays voisins peuvent ainsi y contribuer dans le cadre d’une approche commune internationale.

Pour ce qui est de votre deuxième question, la Russie n’est en effet pas l’Iran. La présence iranienne est réelle en Syrie ; il est délicat d’avancer des chiffres car il faudrait mesurer la part du Hezbollah et celle des autres combattants. Nous n’avons pas encore traité ce problème. La situation nécessitera une solution politique, et nous avons toujours dit que l’Iran devait au final être présent à la table des négociations. Mais aujourd’hui, c’est le changement de la posture russe qui constitue l’élément nouveau. La position de ce pays évoluera, j’espère, au fur et à mesure des contacts, notamment à l’occasion de la rencontre entre le président Hollande et le président Poutine.

Monsieur Vitel, nous avons déjà reporté l’IPER du Charles de Gaulle aux dates que vous avez indiquées. On verra plus tard s’il faut ou non, et si l’on peut prolonger ce report. Le groupe aéronaval part ce matin et sera en posture sur zone en Méditerranée orientale dans quelques jours ; ensuite, il ira dans le Golfe où il restera jusqu’au mois de mars 2016. Il s’agit donc d’une présence particulièrement longue. L’idée de construire un deuxième porte-avions n’est pas à l’ordre du jour, concentrons-nous sur l’effort présent, il sera toujours temps de voir la suite le moment venu. Notre collaboration future avec les Britanniques peut également apporter des solutions dans ce domaine.

Enfin, avec la Turquie, nous avons pour l’instant des relations de coopération militaire classique, assez développées puisque ce pays est membre de l’Alliance. Nous collaborons notamment de manière étroite dans le domaine des renseignements ; mais à ce jour, nous n’avons pas de coordination militaire. Je ne peux pas en parler aujourd’hui, mais la question de la position turque se posera très prochainement, en rapport avec l’évolution des combats en Syrie.

 

M. Pierre Lellouche. Nous sommes satisfaits de voir que depuis le drame de ce week-end, la diplomatie de la France a quitté l’impasse de la position « ni ni » – ni Daech ni Assad – où elle se trouvait, et que notre pays commence à réunir une coalition pour travailler sérieusement sur un plan militaire dans la région.

Prévoyez-vous d’entamer des discussions en matière de renseignement avec le gouvernement de Bachar el-Assad ? Il est fondamental de remédier à ce point aveugle si l’on veut réduire le risque terroriste en France.

Sur le terrain, ce sont surtout les Kurdes syriens et irakiens qui se battent contre Daech. Nous avons un début de présence au Kurdistan ; pouvez-vous nous dire si vous comptez la renforcer ? En effet, ces combattants ont besoin de tout.

Enfin, au risque de déplaire à Meyer Habib, envisagez-vous de travailler avec d’autres acteurs qui se battent sur le terrain, à savoir les forces du Hezbollah, alliées de l’Iran ? Les Iraniens, les Syriens et les Kurdes affrontent aujourd’hui Daech au sol ; il est bon de renforcer nos bombardements, mais nous ne pourrons pas nettoyer le secteur sans soutenir les opérations terrestres.

 

Mme Marie Récalde. Monsieur le ministre, merci de vous exprimer devant la représentation nationale jusque dans les moments les plus tendus.

Dans son intervention devant le Congrès, le président de la République a annoncé des mesures fortes, à la hauteur du défi qui attend notre pays dans la lutte contre l’obscurantisme. Le combat sera long, la menace va durer, et la lutte également. Dans un contexte où l’action se mène sur tous les fronts – la défense de l’avant et celle de l’arrière –, nos armées sont et seront de plus en plus sollicitées. En conséquence, le président de la République a annoncé qu’il n’y aurait aucune diminution d’effectifs dans la défense d’ici 2019 ; vous l’avez confirmé. Ces décisions engendreront des dépenses supplémentaires, mais – le président l’a dit – le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité. Vous avez affirmé avoir obtenu, pour la première fois, l’engagement de nos partenaires européens. Des efforts sans précédent ont déjà été consentis dans le cadre de la trajectoire initiale de la LPM, puis de son actualisation votée il y a peu. Les décisions annoncées nécessiteront-elles une nouvelle actualisation de la LPM ?

 

M. le ministre. Madame Récalde, oui, bien sûr. A priori, je n’ai pas l’intention de modifier la trajectoire d’effectifs globale en 2016, sauf pour la réserve, car les recrutements de l’armée de terre montent en puissance et il ne faut pas étouffer notre capacité d’intégration. En revanche, pour 2017, 2018 et 2019, il faut nous préparer aux conséquences de la non-déflation des effectifs. Pour acter les engagements financiers consécutifs à cette décision, il faudra évidemment actualiser la LPM ; on verra à quel moment nous le ferons.

Monsieur Lellouche, la coopération avec les Kurdes représente un des axes de notre politique. Nous la menons avec succès à Erbil, dans le Kurdistan irakien, où nos forces spéciales forment les combattants, permettant les victoires remportées contre Daech, y compris à Sinjar.

 

M. Pierre Lellouche. On parle de missiles antichars…

 

M. le ministre. Nous armons les Kurdes irakiens. Nous avons également une attitude positive à l’égard des Kurdes de l’YPG qui sont en première ligne, et nous poursuivrons sur cette voie.

Nous ne voulons pas parler avec Bachar el-Assad ; cette posture est maintenue.

 

M. Jacques Myard. C’est donc une posture !

 

M. le ministre. C’est une position. La posture est un terme militaire ; la position renvoie à la politique et à la diplomatie. Nous sommes ouverts à une discussion avec les Russes sur ce sujet, mais elle doit être précédée de pourparlers politiques, d’ores et déjà prévus. Quant au Hezbollah, pour l’instant, nous n’envisageons pas de coopérer avec ce mouvement qui mène aussi des actions terroristes à l’extérieur.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Monsieur le ministre, nous vous remercions.

 

Mme la présidente Élisabeth Guigou. Merci.

La séance est levée à neuf heures trente.

*

* *

Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Patricia Adam, Mme Sylvie Andrieux, M. Olivier Audibert Troin, M. Nicolas Bays, M. Daniel Boisserie, M. Malek Boutih, M. Jean-Jacques Bridey, Mme Isabelle Bruneau, M. Jean-Jacques Candelier, Mme Nathalie Chabanne, M. Guy Chambefort, M. Jean-David Ciot, M. David Comet, Mme Catherine Coutelle, M. Guy Delcourt, Mme Marianne Dubois, Mme Geneviève Fioraso, M. Yves Foulon, M. Sauveur Gandolfi-Scheit, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Serge Grouard, Mme Edith Gueugneau, M. Christophe Guilloteau, M. Francis Hillmeyer, M. Laurent Kalinowski, M. Patrick Labaune, M. Marc Laffineur, M. Jacques Lamblin, M. François Lamy, M. Charles de La Verpillière, M. Gilbert Le Bris, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Christophe Léonard, M. Jean-Pierre Maggi, M. Alain Marleix, M. Alain Marty, M. Damien Meslot, M. Philippe Meunier, M. Jacques Moignard, M. Alain Moyne-Bressand, M. Philippe Nauche, Mme Nathalie Nieson, M. Joaquim Pueyo, Mme Marie Récalde, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Thierry Solère, M. Jean-Michel Villaumé, M. Philippe Vitel, M. Michel Voisin

Excusés. - Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Laurent Cathala, M. Lucien Degauchy, Mme Carole Delga, M. Philippe Folliot, M. Éric Jalton, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Alain Rousset

Assistaient également à la réunion. - Mme Geneviève Gaillard, M. Jean-François Lamour

 

Télécharger Audition, commune avec la commission des Affaires étrangères, de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 20:55
photo EMA

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18/11/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le 17 novembre 2015, le général d’armée Pierre de Villiers a reçu le Premier ministre, Manuel Valls, au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) à Balard, pour lui faire un point des engagements de l’armée française dans la lutte contre le terrorisme, en France et à l’étranger.

 

Repère

 

Depuis le 19 juin 2015, le commandement des opérations a rejoint Balard.

 

Lors de l’inauguration des nouveaux locaux du ministère de la Défense le 5 novembre 2015, le Président de la République s’était fait présenté le CPCO au sein du nouveau cœur opérationnel.

 

Après la réorganisation des états-majors d’armée puis celle de l’état-major des armées, ce regroupement constitue une nouvelle étape de la transformation du commandement des armées. Le chef d’état-major des armées (CEMA) voit son équipe de commandement regroupée en un même lieu autour de lui.

 

Entouré des chefs d’état-major d’armée qui le conseillent et l’assistent, il s’appuie par ailleurs sur les capacités désormais concentrées au sein du nouveau pôle opérationnel construit au cœur de Balard. Organisé autour du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), le « Pôle ops » regroupe l’ensemble des équipes ou fonctions qui contribuent aux travaux d’anticipation stratégique, ainsi qu’à la planification et la conduite de nos engagements opérationnels (états-majors opérationnels, commandement interarmées de l’espace, cyberdéfense, renseignement, soutiens,…).

 

Le CPCO, à la fois état-major d’aide à la décision et centre de commandement, est connecté 7 jours sur 7 et 24h sur 24 avec l’ensemble des théâtres d’opération. Il permet au CEMA d’assurer le commandement des opérations militaires, de conseiller le gouvernement dans le champ des opérations et de proposer des options stratégiques au Président de la République, chef des armées.

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